Innovation Pédagogique et transition
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jean-marie.barbier

Professeur émérite au Cnam
Président de l’association Biennale internationale de l’éducation, de la formation et des pratiques professionnelles

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Articles de cet auteur (77)

  • L’expérience : une transformation simultanée de l’activité et du sujet-en-activité

    L’expérience peut être définie comme une transformation simultanée de l’activité et du sujet-en-activité. Elle présente trois formes sociales interdépendantes d’émergence : le vécu, l’expérience représentée, l’expérience communiquée. On peut y accéder notamment par trois voies : le rappel, le récit, la confrontation à des traces d’activité.
    Pour accéder à l’expérience en train de se faire, les moments privilégiés sont les moments de transformation de l‘expérience, marqués par l’incertitude, l’agitation et l’émotion ; on peut qualifier comme des moments de bascule. Ils ouvrent des faisceaux d’activité repérables comme organisés autour de cinq fonctions : alerte, prise de hauteur, mise en perspective, enchâssement-concaténation, formalisation.

  • Devenir soi-même comme les autres : l’injonction de subjectivité

    L’injonction de subjectivité est un outil d’analyse des actions développées par des acteurs en position de pouvoir sur l’engagement d’activité d’autrui, et visant à obtenir d’autrui une activité de construction de sens autour de leur propre activité.
    De telles actions d’influence sont présentes aussi bien dans le discours social que dans le discours de formation. Elles peuvent être résumées par la formule : « se mobiliser pour se construire », et être rapprochées de deux autres modes contemporains d’articulation entre production et mobilisation des sujets : « se construire pour être mobilisable » et « se construire en se mobilisant ».
    Cet outil permet d’identifier les conceptions de rapports sociaux et les intérêts d’acteurs ; il ne permet pas pour autant d’analyser les rapports sociaux eux-mêmes, et leur évolution. L’analyse des interactions effectives en situation reste toujours à faire.
    Promouvoir l’arrivée d’un ‘nouveau monde’, centré sur la subjectivité et sur le plaisir d’être cause de cause de ses propres actes ne s’inscrit-il pas dans l’histoire de la culture occidentale…

  • Le mystérieux cycle itératif de la conduite des actions

    La conduite des actions s’analyse comme une mise en relation cyclique, itérative entre représentations finalisées et finalisantes.
    Les représentations finalisées sont les représentations que se font des sujets de leur environnement, d’eux-mêmes ou de leurs propres activités, orientées par les processus de transformation dans lesquels ils sont déjà engagés. Les représentations finalisantes sont les représentations que se font les sujets de ce qui est souhaitable pour leurs activités, pour eux-mêmes, pour leurs environnements.
    La distinction finalisé/finalisant est un outil théorique pour analyser les activités de conduite des actions, pas pour les concevoir ou pour les évaluer. Le discours managérial, très présent dans les formations professionnelles tend à énoncer et à valider les activités professionnelles sous forme de tâches, de fonctions à remplir, formalisées dans des fiches de postes. La distinction finalisé/finalisant n’est pas une distinction linéaire, temporelle, relative à l’organisation de l’action. Ce n’est que l’organisation de l’action qui suppose une logique temporelle des activités constitutives de l’action : organisation d’étapes successives susceptibles d’ordonner leur performation.

  • Résultat et résultante : conduite et/ou analyse de l’action ?

    L’étude de l’impact d’une action peut se faire par deux voies :
    - Une voie d’évaluation quand elle reprend les catégories mentales de la conduite des actions
    - Une voie d’analyse quand elle est l’occasion de l’expérimentation d’autres catégories mentales, de faire, en quelque sorte, un pas de côté.

    31 octobre 2024 par jean-marie.barbier Outils d’analyse 3653 visites 0 commentaire
  • Quels enjeux pour l’analyse des activités ?

    L’analyse des activités est une opération mentale/discursive qui a pour produit spécifique l’énoncé de relations entre les différentes composantes de ce qu’un sujet considère être son activité.
    Elle prend de multiples formes : analyse des pratiques, analyse ou retour d’expérience, analyse du travail, écriture sur le travail, réflexion, etc.

    3 décembre 2017 par jean-marie.barbier Outils d’analyse 962 visites 0 commentaire
  • ENGAGEMENT DES INTERACTIONS ET CONCEPT DE TRANSACTION

    Singulièrement pertinent pour l’analyse des situations contemporaines, le concept de transaction est un outil qui permet d’interpréter toutes les interactions dans leur triple dimension de rapport de place, de rapport de sens et de rapport négocié.

  • L’activité comme procès de travail et rapports entre sujets-en-activité

    S’inscrivant dans le cadre d’une problématique croisant construction des activités et construction des sujets-en-activité, le présent texte fait l’hypothèse que l’activité s’effectue toujours dans le cadre de rapports sociaux dont l’analyse peut se faire à partir de la logique d’un procès de travail. Ces rapports ne peuvent être appréhendés et décrits que dans le cadre d’une relation d’implication sujets-activités. Ils sont une construction interne à l’activité. Quand ces rapports ne sont pas conscients pour les sujets concernés, ce qui est souvent le cas, on peut parler de rapports-en-acte. Les rapports-en-acte sont des rapports établis de fait entre les sujets et les composantes de leur environnement physique et social à l’occasion de leur activité. Ils sont inférables à partir de l’observation et de l’analyse de « ce que les sujets en font ». Ils font l’objet d’appréciations sociales et de discours des sujets en termes de rapports de force.

    12 mars 2025 par jean-marie.barbier Outils d’analyse 1483 visites 0 commentaire
  • La création comme expérience de transformation conjointe de l’activité, du produit de l’activité, et du sujet-en-activité.

    Le pas a été franchi au détour du siècle/millénaire (21ème siècle) : la créativité, censée fondée sur l’autodétermination du sujet dans l’engagement de son action, est devenue une nouvelle prescription, orchestrée par de multiples relais sociaux, aussi bien dans le domaine des ressources humaines, du management, de la gestion, de l’organisation, que de l’ergonomie ou de l’éducation/formation.

    Présentée à la fois comme une responsabilité du sujet dans l’engagement de l’action, et comme invention de soi dans l’action, elle est promue aujourd’hui dans les discours managériaux comme la qualité cardinale des sujets au travail. Le modèle de l’artiste devient figure de référence du discours managérial.

    6 novembre 2020 par jean-marie.barbier Outils d’analyse 2757 visites 1 commentaire
  • Transformer les champs de pratiques en champs de recherches

    Le tournant semble avoir été pris il y a cinquantaine d’années environ en France : l’enseignement supérieur a vu se développer en son sein un certain nombre de disciplines correspondant à des champs de pratiques professionnelles : sciences de l’ingénieur, ergonomie, gestion, santé, éducation, information et communication, travail social, activité physique et sportive, par exemple. Ces disciplines de « transformation du monde » sont souvent en relation ambiguë sinon difficile avec les disciplines « classiques » correspondant, elles, davantage à des objets-états du monde (le physique, le vivant, la terre, le collectif, l’individuel, etc.), et n’ont pas le même statut épistémologique et social.

    2 décembre 2018 par jean-marie.barbier Outils d’analyse 856 visites 0 commentaire
  • Analyser les actions éducatives : approche globale

    Depuis une trentaine d’années environ, un courant international puissant s’est développé dans les ‘métiers de l’humain’ (soin, éducation, social, médico-social) , porté à la fois par des institutions, par les professionnels eux-mêmes, et par des intervenants spécialisés en analyse des pratiques.

    Ce courant présente aux yeux de ses différents promoteurs un intérêt social évident : la « mise en mots » par les praticiens de leur propre activité favorise le développement de leurs activités réflexives et de leurs activités de communication d’expérience . Elle peut faciliter coopération et conduite collective des actions, et ce faisant contribuer à l’affirmation des identités professionnelles. Ces enjeux prennent aussi sens dans le courant contemporain de la professionnalisation : la fonction recherchée est d’assurer une transformation continue des compétences liées à sa propre activité (faire, ‘gestion’ du faire , ‘rhétorique’ du faire).

    L’analyse des pratiques est-elle pour autant un outil d’intelligibilité des actions éducatives ?

    28 mai 2020 par jean-marie.barbier Outils d’analyse 10147 visites 0 commentaire

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