Innovation Pédagogique et transition
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jean-marie.barbier

Professeur émérite au Cnam
Président de l’association Biennale internationale de l’éducation, de la formation et des pratiques professionnelles

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Articles de cet auteur (77)

  • L’expérience : une transformation simultanée de l’activité et du sujet-en-activité

    L’expérience peut être définie comme une transformation simultanée de l’activité et du sujet-en-activité. Elle présente trois formes sociales interdépendantes d’émergence : le vécu, l’expérience représentée, l’expérience communiquée. On peut y accéder notamment par trois voies : le rappel, le récit, la confrontation à des traces d’activité.
    Pour accéder à l’expérience en train de se faire, les moments privilégiés sont les moments de transformation de l‘expérience, marqués par l’incertitude, l’agitation et l’émotion ; on peut qualifier comme des moments de bascule. Ils ouvrent des faisceaux d’activité repérables comme organisés autour de cinq fonctions : alerte, prise de hauteur, mise en perspective, enchâssement-concaténation, formalisation.

  • Peut-on parler de dynamique identitaire ?

    C’est devenu une question-clé pour les professionnels de l’éducation, du travail social, de la santé, du conseil, de l’orientation, du handicap, lorsqu’ils s’éloignent d’une culture d’évaluation des ’manques’ de leurs publics et conçoivent leur espace d’action professionnelle comme un couplage d’activités entre eux-mêmes et leurs publics.

    14 mai 2020 par jean-marie.barbier Outils d’analyse 21753 visites 1 commentaire
  • Modes de présence des sujets au monde et du monde aux sujets

    Les rapports entre sujets et objets du monde peuvent être considérés comme des retraductions successives d’expériences antérieures.
    On peut ainsi faire les hypothèses suivantes :
    - Les expériences de sensation ont comme produit chez les sujets qui les éprouvent l’existence d’entités du monde qui leur sont externes.
    - Les expériences de perception ont pour produit l’existence d’objets pour l‘activité des sujets.
    - Les expériences de représentations sont donc des transformations d’entités externes en entités internes aux sujets, susceptibles de survenir en leur absence immédiate.
    - Les expériences de découverte ont comme produit des transformations d’objets donnant lieu à représentations, et plus précisément des objets de savoirs et de connaissances.
    - Les expériences de conduite (ou d’ingénierie) des actions sont des expériences de transformation de représentations relatives à la conduite des actions.

  • L’organisation de l’action comme mobilisation d’une configuration d’énergies

    Loin d’apparaître seulement comme un effort de rationalisation et planification de la mise en œuvre de moyens en référence à une fin, représentation sociale habituelle, le travail d’organisation est le travail complexe, de reconfiguration de configurations d’énergie. A ce titre, il a, comme l’ergonomie, un statut de discipline de travail sur le travail ou d’activité sur l’activité.

  • Le mystérieux cycle itératif de la conduite des actions

    La conduite des actions s’analyse comme une mise en relation cyclique, itérative entre représentations finalisées et finalisantes.
    Les représentations finalisées sont les représentations que se font des sujets de leur environnement, d’eux-mêmes ou de leurs propres activités, orientées par les processus de transformation dans lesquels ils sont déjà engagés. Les représentations finalisantes sont les représentations que se font les sujets de ce qui est souhaitable pour leurs activités, pour eux-mêmes, pour leurs environnements.
    La distinction finalisé/finalisant est un outil théorique pour analyser les activités de conduite des actions, pas pour les concevoir ou pour les évaluer. Le discours managérial, très présent dans les formations professionnelles tend à énoncer et à valider les activités professionnelles sous forme de tâches, de fonctions à remplir, formalisées dans des fiches de postes. La distinction finalisé/finalisant n’est pas une distinction linéaire, temporelle, relative à l’organisation de l’action. Ce n’est que l’organisation de l’action qui suppose une logique temporelle des activités constitutives de l’action : organisation d’étapes successives susceptibles d’ordonner leur performation.

  • Comprendre les espaces intéressant les parcours individuels de formation

    La construction des sujets s’accomplit dans tous les espaces où les sujets développent leur activité, y compris dans la vie quotidienne https://www.innovation-pedagogique.fr/article24400.html . Cette construction est souvent silencieuse, mais elle constitue aussi souvent l’horizon de construction de soi dans ces espaces spécialisés que sont les espaces de la formation et les espaces de la pédagogie.
    Pour la formation d’adultes salariés, quatre espaces de référence contribuent à l’élaboration des objectifs et des projets :

    • L’espace de la production des moyens d’existence et de la détermination de la valeur sociale des sujets concernés
    • L’espace du travail, de la production d’utilités sociales, et de détermination de la valeur professionnelle
    • Le champ de la formation comme espace de production d’ensembles de capacités déterminés institutionnellement
    • Le champ de la pédagogie comme processus même de transformation de capacités précise et autonomisées dans le face à face éducateurs/apprenants

    Ces espaces font selon les cas l’objet d’incessantes transitions et retraductions entre champs ou espaces ; quand les espaces sont très institués on tend à parler de champs, quand ils font l’objet d’une simple appropriation, on parle plutôt d’espaces .
    La référence aux espaces et champs est particulièrement explicitée dans les opérations d’analyse des besoins et de transfert des résultats de la formation.

  • La vie quotidienne : émergence d’une nouvelle culture d’action

    Les activités familiales créent un espace-temps d’intentions et de pratiques spécifiques à leur champ et peuvent faire, en tant que telles, l’objet d’approches historiographiques.
    Pour autant, resituées dans une anthropologie de la construction des activités et de la construction des sujets dans les activités, elles peuvent permettre de mettre épistémologiquement en relation, au-delà de la recherche d’invariants, singularité des constructions de sens des acteurs et production d’une fonction élargie : la construction d’identités sociales différenciées et différenciantes.
    A deux conditions, d’une part de découper des objets de recherche en termes d’activité, d’autre part de recourir à une épistémologie du vivant qui interprète les dynamiques sociales non plus seulement en termes en terme de relation causale mais en termes de corrélation circulaire : une corrélation généré-générant https://www.innovation-pedagogique.fr/article16434.html.

    21 novembre 2025 par jean-marie.barbier Outils d’analyse 1333 visites 3 commentaires
  • Expérience, transformation de soi, construction du moi, affirmation du je

    Une culture de pensée relativement partagée aujourd’hui, présente aussi bien dans le monde académique que dans le monde professionnel, tend à privilégier l’énoncé de postures « constructivistes », faisant de la construction des activités et de la construction des sujets par et dans les activités des constructions conjointes.

    L’influence nouvelle de ce paradigme est probablement à mettre en lien avec la pression sociale contemporaine exercée sur l’engagement personnel dans les activités, pression parfois désignée en termes d’« injonction de subjectivité ».

    10 janvier 2018 par jean-marie.barbier Outils d’analyse 2286 visites 0 commentaire
  • Savoirs, connaissances, capacités, compétences : une question sociale et politique ?

    Les débats publics en matière d’éducation et plus généralement dans les « métiers de l’humain » butent souvent sur l’imprécision et la polysémie du vocabulaire de base utilisé.

    Ces glissements sémantiques ne sont pas de simples approximations ou erreurs. Ils jouent des fonctions sociales.

    19 février 2018 par jean-marie.barbier Outils d’analyse 14698 visites 1 commentaire
  • Développer une vie intellectuelle professionnelle

    La vie intellectuelle professionnelle décrit la vie intellectuelle d’acteurs engagés en même temps dans des processus de production d’utilités sociales, se représentant et communiquant entre eux sur, autour et pour ces processus.
    Elle se reconnait à partir des formes de discours dans lesquels l’homme se représente son faire ou délibère sur son faire : narrations, récits, formalisations d’expérience, de pratiques, recherches-actions, etc.
    Les concepts caractéristiques de la vie professionnelle jouent un rôle fonctionnel dans l’établissement d’un lien entre représentation d’un existant et représentation d’un souhaitable.
    Ils sont relatifs à la conduite de l’action et se situent, souvent simultanément, sur plusieurs registres : représentationnel, affectif, conatif. Ils comportent l’établissement de liens entre espace de l’action concernée et d’autres espaces d’action. Ces concepts entretiennent entre eux des liens d’inter-action qui ont fait dire à P. Ricoeur qu’ils fonctionnent en réseau. Ce réseau conceptuel fonctionne comme producteur d’une totalité signifiante, se transformant de façon continue.

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