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jean-marie.barbier

Professeur émérite au Cnam
Président de l’association Biennale internationale de l’éducation, de la formation et des pratiques professionnelles

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Articles de cet auteur (77)

  • La création comme expérience de transformation conjointe de l’activité, du produit de l’activité, et du sujet-en-activité.

    Le pas a été franchi au détour du siècle/millénaire (21ème siècle) : la créativité, censée fondée sur l’autodétermination du sujet dans l’engagement de son action, est devenue une nouvelle prescription, orchestrée par de multiples relais sociaux, aussi bien dans le domaine des ressources humaines, du management, de la gestion, de l’organisation, que de l’ergonomie ou de l’éducation/formation.

    Présentée à la fois comme une responsabilité du sujet dans l’engagement de l’action, et comme invention de soi dans l’action, elle est promue aujourd’hui dans les discours managériaux comme la qualité cardinale des sujets au travail. Le modèle de l’artiste devient figure de référence du discours managérial.

    6 novembre 2020 par jean-marie.barbier Outils d’analyse 2569 visites 1 commentaire
  • Devenir soi-même comme les autres : l’injonction de subjectivité

    L’injonction de subjectivité est un outil d’analyse des actions développées par des acteurs en position de pouvoir sur l’engagement d’activité d’autrui, et visant à obtenir d’autrui une activité de construction de sens autour de leur propre activité.
    De telles actions d’influence sont présentes aussi bien dans le discours social que dans le discours de formation. Elles peuvent être résumées par la formule : « se mobiliser pour se construire », et être rapprochées de deux autres modes contemporains d’articulation entre production et mobilisation des sujets : « se construire pour être mobilisable » et « se construire en se mobilisant ».
    Cet outil permet d’identifier les conceptions de rapports sociaux et les intérêts d’acteurs ; il ne permet pas pour autant d’analyser les rapports sociaux eux-mêmes, et leur évolution. L’analyse des interactions effectives en situation reste toujours à faire.
    Promouvoir l’arrivée d’un ‘nouveau monde’, centré sur la subjectivité et sur le plaisir d’être cause de cause de ses propres actes ne s’inscrit-il pas dans l’histoire de la culture occidentale…

  • Affects, émotions, sentiments : quelles différences ?

    Reprenant sans le savoir une habitude de pensée de la culture occidentale, les sciences humaines et sociales contemporaines tendent en majorité à proposer une vision séparée, sinon opposée de la vie émotionnelle des sujets et de leurs actions sur le monde.

    Les disciplines académiques par exemple se sont constituées d’une part en disciplines cliniques ou de la subjectivité, d’autre part en disciplines de l’activité (Rochex, 1995) ou du comportement, notamment cognitif.

    11 mars 2018 par jean-marie.barbier Outils d’analyse 5317 visites 1 commentaire
  • Indispensable travail empirique

    Dans une approche privilégiant l’entrée activité en sciences humaines, la recherche est elle-même considérée comme une activité. Ce qui conduit à faire le constat que ce sont les opérations empiriques qui permettent de préciser l’objet réel des recherches.
    Des confusions apparaissent entre ce à quoi on croit accéder et ce à quoi on accède effectivement. L’usage fréquent de l’analyse de contenu des discours conduit à faire l’hypothèse que l’on croit accéder à des activités alors qu’on accède en réalité à des discours d’intentions. Les constructions discursives (énoncés) et les constructions mentales (représentations) ne se recouvrent pas, même si les constructions discursives sont souvent un moyen d’accès aux constructions mentales. Il convient de distinguer objet et moyen d’accès.
    Les questions à se poser deviennent simples : sur quoi j’ai voulu produire des représentations et des savoirs ? Sur quoi j’en ai produit effectivement ? La recherche telle qu’elle se fait, se situe dans l’empan de cette interrogation.

  • Apprendre par, dans, à partir de la situation de travail

    Rapprocher travail et formation est un vieux projet qui prend aujourd’hui une forme impérative et incantatoire. Cet allant de soi mérite d’être doublement interrogé. C’est moins former qui compte qu’apprendre en situation de travail. La valorisation sociale actuelle des AFEST (Actions de formation en situation de travail) occulte le plus souvent la diversité de fait des modes d’articulation entre apprendre et travailler.

    17 février 2020 par jean-marie.barbier Outils d’analyse 4231 visites 0 commentaire
  • Quelques hypothèses sur les rapports entre anticipation, formation et engagement de l’action

    A l’occasion du 50 ème anniversaire de la revue, et du rappel du centième anniversaire de son fondateur, B. Schwartz, la revue Education Permanente http://www.education-permanente.fr a organisé et publié une double réflexion : quelles anticipations pour "former demain" ? Quelle place pour la démarche d’anticipation elle-même en formation des adultes ?

    © G.Auroi-Jaggi

    En se focalisant moins sur l’avenir de la formation des adultes que sur la pensée anticipatrice en formation et plus globalement sur les rapports entre anticipation, formation et engagement dans l’action, il est possible de formuler cinq constats ou hypothèses intéressant plus généralement l’innovation pédagogique.

    21 octobre 2019 par jean-marie.barbier Outils d’analyse 1613 visites 2 commentaires
  • Placer les apprenants au centre des dispositifs...

    Placer les apprenants au centre des dispositifs de formation peut être une préconisation inopérante si elle ne s’accompagne pas d’une analyse précise des engagements et couplages effectifs d’activité des acteurs de la formation.
    Ce qui est vrai de la formation l’est également de tous les métiers de l’humain largement soumis dans les cultures occidentales à une injonction de subjectivité.

    La réflexion sur la part effective des modèles affichés de rapports sociaux et sur les engagements effectifs d’activité peut se porter à la fois :

    • au niveau des outils d’approche des publics,
    • au niveau de la construction des dispositifs,
    • au niveau de la distribution des rôles d’acteurs,
    • au niveau des fonctions des dispositifs.
  • Activité, interactivité, action, interaction

    Dans ses usages académiques, le concept d’action reste souvent lié à son usage social. Il qualifie un acte : on ‘entre’ dans l’action. Est célébré le ‘pouvoir d’agir’. Les référentiels de compétence apparaissent comme un désir de maitrise de l’agir, alors même que celui-ci reste largement une énigme. Dans les travaux de recherche contemporains sur les champs de pratiques professionnelles activité et action sont largement pris l’un pour l’autre.
    Pour chercher à clarifier les échanges sur les champs de pratiques, ce texte a pour objectif de proposer quelques définitions de concepts relatifs au domaine de l’agir, propositions entrant plus généralement dans le cadre d’une entrée ‘activité’, entrée à la fois épistémologique et théorique.

    14 avril 2021 par jean-marie.barbier Outils d’analyse 4661 visites 2 commentaires
  • Les actions d’optimisation

    Dans la culture occidentale, les rapports entre science et action font habituellement l’objet d’un discours mythique : la science serait capable de ’fonder’ ; d’’éclairer’, d’’appuyer’ les pratiques. Une représentation moins naïve consisterait probablement à distinguer intelligibilité et optimisation dans l’approche des actions.

    L’intention de ce texte est précisément de s’interroger sur les actions d’optimisation : leurs contours, leur statut, leur définition, leur place dans les constructions intellectuelles relatives à l’activité humaine, leur organisation avant leur rapport à la recherche, les activités qu’elles recouvrent, et tout particulièrement les rapports qu’elles entretiennent avec les intérêts d’acteurs.

    1er juillet 2020 par jean-marie.barbier Outils d’analyse 2875 visites 0 commentaire
  • La pensée comme action ?

    Tout nous y pousse dans les catégories du langage quotidien : la pensée aurait les caractéristiques inverses de celles de l’action. Et, la pensée serait relativement transparente au langage.
    Ces attributions ne sont que des déclinaisons d’une opposition/complémentarité présente aussi bien dans la langue académique que dans la langue ordinaire : le clivage théorie/pratique, si puissant dans les cultures occidentales. La pensée organiserait l’action ; l’action réaliserait la pensée. Ce clivage serait au fondement du rapport conception/application.
    Si l’on appelle activité un processus de transformation du monde caractérisé par la spécificité de son produit, et action l’organisation d’activités ordonnée autour la survenance de ce produit spécifique, alors la pensée est un espace spécifique de survenance d’activités, les activités de pensée, et un espace spécifique d’organisation d’actions, les actions de pensée.
    Les pensées sont des activités adressées à soi.
    Penser, c’est transformer ses représentations.

    1er septembre 2021 par jean-marie.barbier Outils d’analyse 4347 visites 1 commentaire

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