Si la formation à distance a été proposée initialement par des institutions dédiées telles que l’Université d’Athabasca, la TELUQ, l’Open University, nous observons depuis une trentaine d’années un développement d’une offre à distance par des universités dites « campus » conduisant au constat que 83 % de l’offre canadienne de cours à distance est proposée par des universités dites bimodales, c’est-à-dire qui offre à la fois des cours sur campus et à distance (1 350 cours proposés par des universités qui sont uniquement à distance et 6 450 cours proposés par des universités bimodales).
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Nous proposons dans cette contribution d’analyser la dynamique par laquelle une université « campus » est passée d’aucun cours proposé à distance depuis sa création en 1852 dans la lignée du premier établissement d’enseignement de la Nouvelle-France, jusqu’en 1983, à plus de 800 cours proposés en 2016, représentant 18 % des crédits délivrés au cours de l’année 2015-2016.
Didier Paquelin
Professeur titulaire,
Chaire de Leadership en Pédagogie de l’Enseignement Supérieur,
Université Laval (Québec)


Cet article propose d’étudier le rôle de l’accompagnement des apprenant-e-s dans le cadre des centres de formation. Ce type d’apprentissage, encadré par des personnes formatrices en entreprise qui consacrent l’entier de leur temps à cette tâche, privilégie un accompagnement laissant progressivement la place à l’autonomie, tout en amenant des feedbacks réguliers sur le travail effectué. Il encourage les apprenant-e-s à s’impliquer dans leur formation, mais avec le risque de les éloigner de l’activité de production. En s’appuyant sur une recherche qualitative auprès d’apprenant-e-s en automatisation, cette contribution s’intéresse à comprendre comment ces jeunes en formation en alternance vivent leur accompagnement en entreprise et quel est son rôle dans leur construction identitaire.