L’interdisciplinarité suscite de nombreux intérêts scientifiques et théoriques. Même si elle est souvent prônée par les acteurs institutionnels, les exemples réussis se font rares dans la littérature. Cet article présente les résultats d’une étude menée sur 3 ans sur un modèle de formation interdisciplinaire articulant de la gestion de projet et du design dans une école d’ingénieurs. L’étude présentée met en lumière les modalités, les apports et les limites de la formation via une triangulation de données : des entretiens avec les étudiants, un questionnaire auprès des enseignants participants et un retour d’expérience des responsables de (…)


Cet article propose une contribution au sujet de l’élaboration des outils conceptuels et méthodologiques de cette réflexivité. Toutefois, mon intérêt dans cette problématique est également pragmatique : j’exerce depuis 2013 des activités de formation et d’accompagnement d’adultes, et durant 6 années j’ai pris part à la coordination d’une école alternative. Cela incluait le management d’une équipe de bénévoles et salariés, ou encore la relation avec des élèves et leurs parents, souvent inquiets de ce que leur enfant allait devenir à la suite d’une période de scolarité « hors normes ». Comment ce qu’il vivait et faisait dans cette école contribuait-il à son développement vers la vie adulte et le monde du travail ? Sans que le concept ne soit employé, il y avait un réel questionnement autour du processus de socialisation de l’enfant.
Dans une recherche dite qualitative et suivant un paradigme interprétatif, le chercheur ne peut considérer comme neutre le processus de construction de données. Dans une relation de progressive confiance avec les acteurs et selon un processus long d’acculturation au terrain, le chercheur doit-il prendre alors en compte ce qui « fait expérience » pour lui ?

