Innovation Pédagogique
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Un hackaton pour imaginer l’université en 2035 : Hack’apprendre © du Louvain Learning Lab

27 novembre 2016 par admin Veille 1048 visites 1 commentaire

Un article repris de http://lebrunremy.be/WordPress/?p=787

Que sera « l’école » au XXIème siècle ?

Quelles sont les tendances actuelles dans lesquelles se nichent les formes de l’enseignement supérieur en ce début de troisième millénaire ? Quelles compétences pour les dirigeants et les enseignants pour à la fois contribuer à l’émergence de l’innovation et participer à son instauration dans les structures ? Une littérature autour du thème 21st century universities se développe tantôt visionnaire tantôt éclairée pour tenter d’en définir les contours. A l’occasion de ces 20 ans d’existence, notre institut (précédemment, IPM, Institut de Pédagogie universitaire et des Multimédiasa et dorénavant LLL, Louvain Learning Lab) a mis en place une formule originale pour préparer dès à présent les 20 ans à venir : Imaginer l’université en 2035. Basée sur les principes de l’innovation ouverte, à mi-chemin entre un hackathon et un thinktank, l’activité Hack’Apprendre est conçue comme un laboratoire, un espace où explorer le futur de la pédagogie pour susciter l’inspiration et encourager l’action. C’est ainsi que pendant toute une journée (préparée au préalable et collectivement par un large recueil d’idées dans lequel les participants étaient invités à piocher ou « hacker ») environ 80 participants (responsables, administratifs, enseignants et étudiants … entrepreneurs) travaillant en 8 groupes tutorés ont problématisé la thématique (à l’aide de différentes techniques de créativité : Creative Problem solving (CPS), PPCo (Pluses, Potentials, Concerns), Concept Box, Design Thinking … ) avant d’émettre leurs solutions. Le scénario constitué de différents temps de divergence et de convergence était fortement marque par le CQFD (ne pas Critiquer, favoriser l’émergence du Quantité d’idées, idées Farfelues bienvenues et Développement d’idées communes) propre au brainstorming. La journée s’est clôturée par une présentation brève des « projets » de chaque groupe par un pitch de 180 secondes et la remise de coups de cœur par des acteurs de l’innovation résolus à continuer l’accompagnement de certaines propositions.

8 groupes au travail

Nous présentons graphiquement ci-dessous les résultats des travaux de ces 8 groupes (Responsables, administratifs, enseignants et étudiants … entrepreneurs, qui ont travaillé de manière indépendante mais en profitant de Hackers) en les résumant déjà ici synthétiquement  :

  • L’université n’est plus seulement un lieu de transmission de savoir, c’est un lieu où se tissent des liens forts entre les individus, un lieu ouvert sur la société où l’on accueille des projets impliquant les citoyens, les entreprises…
  • L’université propose des parcours à la carte, en décloisonnant les disciplines. Tout individu (quelque soit son âge et son parcours de vie) peut venir y chercher une formation courte ou plus longue correspondant à son besoin : “la bonne formation au bon moment”, et ceci tout au long de la vie. Les périodes de vie ne sont plus autant cloisonnées mais c’est bien une imbrication entre vie, travail, études qui est à l’œuvre.
  • L’université est un lieu où l’on vient trouver du sens, construire du sens, trouver son projet et construire son projet avec les autres.

 

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Voici, en résumé, les idées émises par les 8 groupes (numérotés comme sur la figure de 1 à 8) :

Groupe 1 : En 2035, plusieurs métiers d’aujourd’hui n’existent plus. Pour s’adapter aux besoins en évolution permanente, l’Université est modulaire, les modules sont courts et ciblés … de l’emboîtement de ces modules naissent des parcours individualisés … L’étudiant de 8 à 108 ans construit son parcours.

Groupe 2 : En 2035, l’université fait confiance et applique la présomption de compétences. Une bonne nouvelle : une formation basée sur des projets individuels … avec des équipes pluridisciplinaires dans une université qui suit 3 grands principes : partir des expériences de chacun-e pour co-construire des connaissances, des équipes d’étudiants d’âges et d’expériences différents, des étudiants acteurs, producteurs, auteurs … plus de certificats, de diplômes mais la reconnaissance par les pairs …

Groupe 3 : L’université en 2035 contribuera à l’émergence de nouveaux jobs et à mieux répondre à la question déjà actuelle « vous avez terminé votre parcours à l’UCL en 2035 ? Qu’est-ce que cela vous apporté qui serait utile dans mon entreprise ? » (1) Travailler ensemble, être créatif, créer et fonctionner en réseau, se développer en y trouvant du plaisir, (2) Se sentir utile au service de la Société en lien avec les défis écologiques, climatiques, démographiques … c’est multidisciplinaire, ces sujets-là !

Groupe 4 : La société évolue vite … même plus vite que la technologie. L’université en 2035 sera systémique. Elle forme des étudiants « réactifs » capables de s’adapter à cette société et « proactifs » pour la faire évoluer, et ceci de manière continue et … circulaire.

Groupe 5 : L’université en 2035 sera plus fluide, poreuse. Notre personnage, Céleste, donne cette image d’un clair de Lune, elle rayonne à la fois par ses apprentissages et ses envies d’apprendre … C’est une adulte avec une longue expérience professionnelle qui souhaiterait retourner à l’Université, un homme ou une femme, une personne âgée … elle vient en questionnement . Mais comment les étudiants universitaires vont aider, accompagner Céleste dans ses apprentissages … et profiter de ses questions perpétuelles ?

Groupe 6 : L’université a plus de 600 ans, va-t-elle encore vivre 20 ans ? L’université en 2035 est une « intersité » (ou encore une inter-cité), un lieu de création, de transmission des savoirs arcbouté sur la recherche au service du public ! Mais tout le monde n’y est pas, ne rate-t-on pas quelque chose ? Une certaine exclusion, certains mots ne sont pas assez riches pour exprimer tout cela ! L’université en 2035 sera davantage ouverte, tournée vers le vécu des humains bien au-delà « des sciences humaines ».

Groupe 7 : L’université en 2035 accompagnera les projets des individus. Pour ce faire, elle propose une cartographie de ses enseignements en proposant des liens entre les savoirs et aussi entre les savoirs, les expériences, les projets … Le personnage s’appelle Dominique … il ou elle arrête l’école en quatrième secondaire, n’a pas de diplôme, bosse depuis 20 ans comme maraicher … pas beaucoup d’argent, peut pas quitter son boulot … pourtant son projet à elle c’est la permaculture ! Il n’est pas évident (pas de diplôme, pas de temps …) que l’Université puisse l’aider ! Mais un jour, elle fait une rencontre … avec une accompagnatrice à l’Université (sur le réseau social Magellan) : la cartographie devient ainsi un programme à la carte !

Groupe 8 : En 2035, L’université sera confrontée à une grande hétérogénéité des étudiants (parcours, origine …). Les étudiants seront « pluri » … des parcours professionnels parfois riches souvent chaotiques. Le groupe constate une inadéquation des formations avec les besoins de la société telle qu’elle se construit déjà maintenant. Les formations auront-elles encore du sens, correspondront-elles encore avec les valeurs … des mondes professionnel, associatif, culturel … Les métiers deviennent composites, on assiste à un décloisonnement de la société, à de nouvelles formes d’hybridation aussi perceptibles à l’université par le mouvement rapide des savoirs, des connaissances et des techniques … tous en interaction.

Référence

Cette activité a été l’objet d’une communication dans le cadre du 29ème Congrès International de l’AIPU (Association Internationale de Pédagogie Universitaire). Celui-ci s’est déroulé du lundi 6 au jeudi 9 juin 2016 à l’Université de Lausanne (UNIL).

Lebrun, M. et al. (2016). Hack’apprendre, l’Université en 2035 : comment la préparer ensemble dès aujourd’hui ? Congrès de l’Association Internationale de Pédagogie Universitaire. Lausanne, Juin 2016.

Remerciements

Nous remercions les participants et tous les membres du Louvain Learning Lab qui ont mis en place cette activité avec en particulier Ella Hamonic, Nathalie Kruyts, Julie Lecoq, Véronique Bosschaert, Coralie Delhaye, Françoise Docq, Nathalie Catinus, Léticia Warnier et notre président, Benoît Raucent.

Notre Vidéo sur YouTube

 

Licence : CC by-nc-sa

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