Qu’elles soient en-acte, éprouvées ou déclarées, les valeurs sont relatives à des engagements d’activité de sujets en situation. C’est dans l’activité que les objets du monde, physiques, sociaux, symboliques, sont appréciés, et deviennent chargés de sens/significations. Sans l’exercice d’une activité, il n’y a pas de substrat possible pour les valeurs. Il n’y a donc ni objectivité, ni universalité des valeurs, sinon en discours. Elles sont obligatoirement rapportées à des sujets et à des situations. La valeur n’est ni un objet, ni un concept, elle n’est connue que si elle est vécue.



Notre étude analyse l’influence du numérique sur la transmission des savoir-faire de l’ébéniste fortement imprégnés par les valeurs de tradition. L’apprentissage du métier est confronté à la rencontre entre deux dynamiques. La première est la construction des connaissances liées aux nouvelles technologies des sujets en formation. La seconde concerne le contexte d’apprentissage fortement hétérogène. Quand certains artisans prennent la voie du numérique, d’autres priorisent les outils traditionnels. Dans un tel contexte, la transmission de l’utilisation du numérique dans l’instrumentation des gestes professionnels soulève de nombreuses questions d’ordre didactique. Comment l’apprenti peut-il se construire et acquérir une identité de métier au contact des professionnels rencontrés ? Comment les milieux de la formation parviennent-ils à adapter les programmes et à se doter des outils numériques nécessaires ?