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à propos de PIX qui se généralise à cette rentrée : " Le bien commun numérique" Questions à Benjamin Marteau

8 novembre 2020 Veille 278 visites 0 commentaire

Un article repris de http://www.cahiers-pedagogiques.com...

Pix se généralise à la rentrée 2020 dans les collèges et lycées à partir de la 5e. Mais connaissez-vous Pix ? Présentation d’un nouveau service public par son directeur, Benjamin Marteau.

Qu’est-ce que c’est que Pix ?

C’est un nouveau service public en ligne, dont l’objectif est de valoriser et développer les compétences numériques en ligne des Français dans leur ensemble. Il s’agit d’éviter le décrochage, professionnel et dans la vie de tous les jours, car ces compétences numériques sont chaque jour plus utiles et ne se résument pas à la bureautique, on l’a vu pendant le confinement : il faut savoir collaborer à distance, rechercher une information fiable, etc.

Pour cela, nous cherchons à favoriser les apprentissages, sur la plateforme ou en étant accompagné par des formateurs ou des enseignants. Notre plateforme propose une évaluation, pour permettre à chacun et chacune de savoir où il ou elle en est. Il y a peu de moyens de formation, c’est important de bien les cibler pour les adapter et les proportionner aux besoins et ne pas décourager.

Pix s’adresse aux élèves à partir de la 5e, aux étudiants et étudiantes, et également aux adultes, qu’ils soient des professionnels en activité, demandeurs d’emploi, retraités, etc. Et dans le cadre du compte formation, il sera possible, à partir du début de 2021, de passer un test calibré par Pix et d’avoir des droits augmentés et ciblés.

Quelle est votre philosophie ?

Notre outil est un bien commun, mutualisé entre différentes administrations et même entre plusieurs pays, puisque nous sommes partenaires de l’Unesco (Organisation des Nations unies pour l’éducation) dans le cadre de la Coalition mondiale pour l’éducation. Pix est ainsi utilisé en Afrique, au Maghreb, au Liban, etc. Nous recherchons cette reconnaissance internationale, pas dans une logique d’export mais dans une logique de partage et nous utilisons des logiciels libres dans cette même logique.

On avait identifié le besoin de repères partagés entre enseignants et professionnels sur ces compétences en constante évolution, dans une logique de formation tout au long de la vie. Cela suppose un langage commun entre eux, et donc la construction de standards pour ces compétences. Et ce langage commun devait relever de la sphère publique, pour ne pas dépendre d’intérêts privés ou de certificats anglo-saxons (comme c’est le cas, par exemple, pour les tests de langue).

Pix a donc une mission d’intérêt général, et apporte les garanties du service public. Comme nous avons commencé assez tôt (la première certification a été délivrée en décembre 2017), et parce que le marché a surtout traité les compétences en bureautique, nous sommes plutôt en avance sur les compétences numériques.

C’est un service public de conquête, qui s’hybride avec du commun, du participatif. Pix est un bien commun, car tout le monde a son mot à dire dans l’élaboration de ce standard. On construit et on améliore en permanence l’outil, et on se donne les moyens de prendre en compte les signalements (critiques, problèmes de formulation) et les demandes de fonctionnalités nouvelles des utilisateurs. Il y en a 500 par jour aujourd’hui.

Comment se traduit la généralisation de l’outil à partir de la 5e cette année ?
Cela se fait selon deux axes : une utilisation dans le cadre des apprentissages avec des parcours pour tous dès la 5e, et une certification obligatoire pour les élèves de 3e, de terminale, de BTS et de classes préparatoires. Là aussi, on a fait évoluer la plateforme qui leur est dédiée sur la base des retours d’établissements (il y avait un peu plus de 1 200 établissements pionniers l’an dernier).

Les parcours de rentrée se sont mis en place avant les vacances de la Toussaint, et les certifications interviendront entre janvier et mars pour les terminales et entre mars et mai pour les 3es. On peut commencer en classe et finir chez soi. Il nous semble qu’il faut au maximum leur faire jouer les épreuves dans « la vraie vie », c’est-à-dire sur leur propre tablette ou ordinateur.

Les élèves auront un compte personnel gratuit dans Pix qu’ils garderont tout au long de leur vie, pour capitaliser les certifications au fur et à mesure. Il existe également une plateforme Pix orga dédiée aux enseignants, qui leur permet d’organiser à la carte des parcours de tests toute l’année, à partir de modules prêts à l’emploi et adaptés à leurs objectifs pédagogiques (par compétence, proximité disciplinaire et thématique, etc.). Pix orga propose aussi un onglet « Analyse », dans lequel on suggère sur la base des résultats des élèves (collectifs ou individuels) des parcours pour aller plus loin et pour différencier. À terme, il y aura aussi des fonctionnalités pour que les enseignants coopèrent entre eux, mais nous n’avons pas encore fini de les développer. On pourra sans doute notamment suggérer des binômes d’élèves aux profils assez complémentaires pour s’entraider.

À quoi ressemblent les épreuves ?

Le principe, c’est de ne pas faire des QCM (questionnaires à choix multiples) bêtes et méchants, mais plutôt de petits jeux, des petits défis pour développer l’envie d’apprendre (voire pour apprendre en faisant) et faire de l’évaluation un bon moment, utile, ludique et motivant. Par exemple, on va demander de répondre à une question du genre : « Qui a modifié la page Wikipédia sur Einstein tel jour à telle heure ? » Nous partons du principe qu’on ne peut pas évaluer la recherche d’informations en milieu fermé. Ici, pour trouver la réponse, il faut apprendre le fonctionnement de ce type de plateforme collaborative. Autre exemple : on propose quatre images, certaines sont des montages et d’autres non, il faut retrouver les originaux pour repérer s’il y a truquage. Ou bien encore : « Où a été prise la photo ? »

Même si l’élève (ou l’adulte) ne réussit pas l’épreuve, on essaye d’utiliser l’envie d’apprendre qu’on a générée chez lui. Et ça marche, on le voit en panel de tests.

Les compétences évaluées par Pix sont très larges et relèvent de cinq grands domaines, en lien avec le référentiel de compétences européen : informations et données, communication et collaboration ; création de contenu ; protection et sécurité et environnement numérique [1]. En tout, 650 acquis sont évalués dans Pix. Nous avons enregistré cinq millions de réponses d’utilisateurs à nos défis l’an dernier. Les épreuves sont travaillées avec l’ANSI (Agence nationale de la sécurité informatique) et la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés).

Une partie des collaborateurs de Pix accompagne les usages et le déploiement du service, notamment pour éviter mésusages de la plateforme, qui, je le redis, ne sert pas à évaluer pour évaluer, mais veut être utile aux apprentissages et aider à accéder à des formations. Nous voulons être à la pointe de l’innovation en matière de pédagogie : cela nécessite de fonctionner sous logiciel libre et dans un service public, parce que les choix pédagogiques ne sont pas des choix techniques mais éducatifs, donc politiques.

Propos recueillis par Cécile Blanchard


Pour en savoir plus, le site de Pix : https://pix.fr/


[1] Pour en savoir plus, on peut se rapporter au référentiel en ligne : https://pix.fr/competences.

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Licence : CC by-nc-nd

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