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Dossier HACKATHON #7 : Le hackathon, une belle illustration de la ligne des Miss “Collaborer, apprendre et travailler autrement”

22 mars 2018 par Miss RH Dvt Veille 148 visites 0 commentaire

Un article repris de https://missmoocparis.wordpress.com...

Un article repris du site Miss Mooc Päris, et publié par Miss DRH ele 14 décembre 2017

le h2 style="text-align:left ;">Retour d’une spécialiste de hackathons – Alexandra CAUCHARD

Croisée lors d’un hackathon et recroisée lors d’un autre, la parole est donnée à Alexandra Cauchard.

Alexandra est la fondatrice de Shaker, agence de conseil en innovation collaborative qui accompagne les organisations à impliquer les collaborateurs dans leurs démarches d’innovation et leurs projets de transformation.

Aujourd’hui Alexandra nous parle hackathon, cette pratique qui fait bouger les lignes dans les entreprises en permettant d’apprendre, de collaborer et de travailler autrement.

Tester, expérimenter et échouer pour apprendre

“Le Hackathon est une méthode qui facilite l’apprentissage et favorise l’engagement actif.”

Un hackathon permet de rassembler des personnes aux histoires, aux compétences et aux formations différentes pour trouver des solutions ensemble sur un problème concret, rencontré par une entreprise ou un utilisateur. Ainsi, chaque participant recherche, comprend le problème, propose des idées, les remets en cause, rebondit sur les idées de celles des autres. Il n’est pas derrière son ordinateur ou devant un professeur. Il est acteur de son propre apprentissage. En posant des questions, en développant sa créativité, la hackathon est un modèle d’apprentissage expérientiel et actif. Car apprendre se fait dans et par l’action.

Le hackathon est un moyen qui aide le groupe a vivre concrètement l’intérêt du “Test and Learn”. Le retour est immédiat sur toutes les propositions, la dynamique du groupe permet ainsi d’ajuster rapidement le tir lorsqu’ils prennent le mauvais chemin. Il a un rôle de régulateur. Ainsi, au regard des neurosciences qui invitent à capter l’attention, à faire de l’apprenant un acteur et à multiplier les retours d’information suite aux erreurs, le hackathon est un modèle pédagogique qui facilite l’engagement cognitif des participants.

Empathie et altruisme

Le déroulé d’un hackathon se fait selon une méthodologie bien précise, issue notamment du Design Thinking et des pédagogies actives. Ce strict respect d’une méthode assure ainsi la bonne réussite de l’événement.

Un des premiers points dans la recherche de solution, que ce soit un service, un outil, un logiciel est la compréhension du besoin utilisateur.

“Cela consiste à se mettre à la place de l’utilisateur pour comprendre ses besoins et ses freins au regard du problème qu’il rencontre. Ce travail de projection développe ainsi l’empathie et l’altruisme des participants. Cette étape est cruciale car elle permet d’éviter de projeter sa seule perception du problème pour imaginer des solutions. Ainsi, la solution, le produit que vous imaginez correspond vraiment à votre cible, à son contexte, à ses contraintes et à ses usages.

Cette initiation à la démarche d’empathie permet de développer le réflexe de “se mettre à la place de”. Ainsi, les managers en touchant du doigt l’efficacité d’une telle méthode pourront l’intégrer dans leur posture managériale, en étant à l’écoute des collaborateurs, en tenant compte de leurs besoins et de leurs freins. Ce réflexe permet d’identifier les richesses de chacun, d’adapter sa communication aux sensibilités et aussi d’imaginer des solutions en accord avec l’identité des membres de son équipe. ”

Compétence du XXIe siècle, l’empathie est une soft-skills indispensable dans le développement de l’intelligence collective au travail.

Open innovation et engagement au travail

Le hackathon est aussi un outil efficace d’Open Innovation.

L’Open innovation ? Pour vous éclairer, chers lecteurs, je dirais qu’il s’agit d’appliquer à l’innovation le principe informatique de l’open source : partages, échanges et accent mis sur la diffusion maximale au détriment de l’aspect purement « propriétaire ».

Et pour l’entreprise et l’organisation qui le met en place, qu’est-ce que l’open innovation ?

Beaucoup de hackathons rassemblent des salariés mais aussi des start-up, des étudiants, des chercheurs…. La multiplicité et l’interdisciplinarité des profils « permet ainsi à l’entreprise de bénéficier de la culture scientifique, du regard de la génération z qui viennent bousculer et compléter la compréhension fine du problème des salariés de l’entreprise qui souhaite résoudre un défi grâce au hackathon. C’est donc là vraiment un modèle d’open innovation hyper puissant. »

Le hackathon permet ainsi de dessiloter les fonctions internes de l’entreprise, silos qui sont très souvent parmi les causes internes au fonctionnement des entreprises qui créent le désengagement au travail. Causes de désengagement on retrouve“l’incompréhension des changements en cours, le manque de méthode des managers pour embarquer le collectif, la centralisation de l’innovation et des décisions, le développement de la solitude au travail et le manque de communication entre les départements : le hackathon impacte l’ensemble de ces causes.

Lorsqu’une entreprise organise un hackathon, avec tous les départements représentés, en dehors des murs, cela représente un signal fort de partage de l’initiative d’innover avec ses collaborateurs et de confiance en leurs idées et en leurs propositions. Parce que les projets qui verront le jour à la suite de l’évènement auront été initiés et imaginés par des hommes et des femmes de terrain, obligatoirement l’adhésion au changement sera beaucoup plus simple. Et comme ils auront été pensés, réfléchis et intégrés avec les collaborateurs, chacun se sentira davantage acteur et engagé dans le projet d’entreprise.

Faire bouger les lignes en entreprise

Vivre un hackathon, c’est vivre une expérience. Difficile à raconter à ceux qui ne l’ont pas vécu …

Vivre un hackathon en interne, c’est accepter de faire bouger les lignes de l’entreprise.

Un hackathon avec “tous les salariés d’une même entreprise mais de départements différents qui vont travailler sur un même problème, sur un problème RH ou tout autre sujet, et qui co-construisent ensemble une réponse se rendent vite compte de l’importance de tout anticiper ensemble en amont. Ce type d’expérience créer des prises de consciences quant à la nécessité de travailler de façon transversale et matricielle. Non, il ne faut pas intégrer le commercial et le marketing à la fin d’un projet. Parce que le risque est clair : le marketing dira “mais attendez là votre idée ça ne correspond pas du tout au marché” et le commercial protestera “ça ne correspond pas du tout à mon type de client”. Et si le projet a été imaginé dans une tour d’ivoire, il ne verra ainsi jamais le jour. Ce sera juste une perte de temps et d’énergie. On a l’impression que c’est évident mais cela ne correspond pas toujours aux pratiques et automatismes actuels.”

L’intelligence collective au service de la performance.

Si le hackathon permet de diffuser ces réflexes, l’entreprise travaille de manière beaucoup plus fluide et gagne du temps. C’est donc un moyen d’utiliser et de développer l’intelligence collective pour développer l’innovation en interne. Le hackathon, s’il est bien porter par le top management et intégré à sa stratégie, est un vecteur de performance. Mais une performance inclusive et écologique pour les collaborateurs. Parce que chacun sort de sa case, se libère de la répétition de tâches, et se reconnecte à sa créativité. Et être créatif, c’est de la joie, c’est du vivant. Et c’est aussi démocratiser l’innovation et montrer que tout le monde peut être créatif car chacun a des idées pour faire avancer l’entreprise mais trop peu de temps et d’espaces pour les exprimer.”

Détecter des compétences.

Le hackathon permet à chacun de proposer, d’imaginer, de résoudre des problèmes qu’ils identifient dans leurs entreprises. Ceux qui vont proposer des idées aux défis ne sont pas forcément ceux qu’on aurait attendu. Là encore, la méthode d’animation est importante “quand on fait de l’innovation, de la créativité, il y en a certain qui se mettront naturellement en avant, d’autres resteront plus introvertis”, il faut donc savoir réguler le groupe et adopter une pédagogie qui aide chaque profil et chaque talent dans sa singularité à s’exprimer. Le rôle de facilitateur est ainsi essentiel.

Faire évoluer la position du manager

Pour embarquer tout le monde, le principe et l’ambition du hackathon doit être porté par le top management. Ce type d’exercice permet aux managers d’expérimenter la puissance de l’intelligence du groupe et la posture de facilitateur qu’ils doivent de plus en plus assumer. Ça les aide à sortir de leurs croyances : si je donne, je perds et si je leur fais faire ça à mon équipe, à quoi je sers en tant que personne ?

“C’est une peur, très franco française, le savoir c’est le pouvoir, or plus on partage le savoir, plus on fait grandir ceux qui sont autour de nous. Ce qu’on appelle le servant leadership”

Les Etats Unis sont très sensibles à cette posture du servant leadership, les managers sont formés à la méthode dans les écoles de commerce. Ce qui n’existe pratiquement pas en France où la détention du savoir participe de sa légitimité et de son identité professionnelle, or nous sommes dans une économie collaborative où la connaissance est partagée et c’est justement ça le nouveau manager, c’est celui qui saura développer la capacité d’apprendre et de réapprendre, de partager et de grandir ensemble ». Bref, passer du contrôle et de l’individualité à la confiance et à la collaboration.

Merci Alexandra pour ce partage auprès de nos lecteurs. Alors qu’en pensez-vous ? Le Hackathon c’est bien “collaborer, apprendre et travailler autrement, non ? »

Miss RH Dvt

 

 

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