On peut parler de poly fonctionnalité des dispositifs de recherche et d’écriture sur les activités, tant en ce qui concerne la production de savoirs, que l’action et que la construction des sujets.
Même si elles sont guidées par des intentions précises, les actions produisent d’autres résultats et effets que ceux qu’elles sont censées produire. Les actions de recherche et d’écriture favorisent à l’évidence chez ceux qui les engagent l’exercice d’activités discursives et mentales sur leur propre activité, largement transférées par la suite.
La fonction dominante de la recherche et de l’écriture sur les pratiques n’est-elle pas finalement une fonction de formation, de professionnalisation et plus largement d’influence sur la construction des sujets professionnels et sociaux. Et n’en est-il pas de même des recherches-interventions ?


Comme praticienne et chercheure, j’ai axé mon travail de recherche et de réflexion sur la manière dont se construit l’expérience des acteurs. Pour rendre compte de l’expérience j’ai été amenée à adopter un mode de travail de recherche similaire à celui qui fait que l’expérience se construit, c’est-à-dire en rendant compte de transformations simultanées de l’action et de la pensée de l’action, dans les aspects microsociaux d’un continuum de transformations. Ce récit d’expérience est la résultante de faits collectés dans des situations d’écoute et ne prétend pas rendre compte de catégories psychiatriques, notamment celles caractérisant les types de productions délirantes en lien avec une nomenclature des maladies psychiques.