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De l’éducation ouverte et de l’intelligence artificielle en Suisse

18 juin 2026 par Colin de la Higuera Coopérer 42 visites 0 commentaire

Un article repris de https://chaireunescorelia.univ-nant...

Retour de deux jours en Suisse pour parler IA et Éducation ouverte

Lundi 8 juin, Brig (Brigue)

Journée d’étude  : Les compétences en IA générative pour apprendre  : quelles ressources dans les universités ? (lien)

UniDistance est une Université à distance en Suisse. C’est aussi un lieu dans lequel on s’intéresse beaucoup aux mêmes interactions que nous (Chaire RELIA), entre l’IA et l’éducation ouverte. On y trouve en particulier Jean-Michel Jullien et Henrietta Carbonel qui ont, ces derniers mois, mené le projet CAILL (Critical AI Literacy for Learning) en collaboration avec l’Université Cadi Ayyad de Marrakech (le projet).

Ce projet vise à combler de façon originale un problème que toutes les Universités ont aujourd’hui : celui de proposer une formation à l’IA générative à tou·tes les étudiant·es.

Leur solution : un MOOC aussi ouvert que possible (il faut quand même s’inscrire sur leur plateforme Kairos : https://kairos-edu.ch/front/#/referential/14). Et là, un MOOC à double entrée : une entrée par les cours, une entrée par les tests : à tout moment on peut basculer, très simplement, d’une modalité à l’autre.

Cinq chapitres / thématiques dans CAILL :

  • Le fonctionnement des Gen IA
  • Les interactions avec Gen IA
  • Les méthodes d’apprentissage et l’IA
  • Intégrité et Gen IA
  • Regard critique sur les Gen IA

La journée de lundi s’inscrivait dans une logique de lancement : le MOOC est maintenant disponible en français, anglais et allemand. Et la journée a permis de mieux comprendre les besoins de formation des établissements, de voir quelques solutions et de beaucoup échanger.

Jean-Michel et Henrietta m’ont demandé de donner l’exposé d’ouverture et j’ai choisi le thème de la pensée critique. J’ai essayé de comprendre pourquoi les IA génératives nous amenaient à en parler avec tant d’insistance. Puis, de proposer quelques pistes pour à la fois permettre d’enseigner la pensée critique mais également -et c’est plus important- de mettre les étudiant·es en condition de la développer.

Parmi les autres exposés, celui de Dolorès Grossemy, du Téluq, a retenu mon attention. Le Téluq est une université à distance, au Québec. Leur formation a également servi de modèle ailleurs. Mais ce qui m’a paru important est que la formation est basée sur des règles adoptées par leur communauté universitaire. Autrement dit, un bon cours d’IA doit s’appuyer sur des règles, pas seulement des conseils pieux.

Après discussion, il apparait que ces règles ont été établies collectivement au Téluq. Mais que tout·e enseignant·e, ou groupe d’enseignants (un département par exemple) peut y déroger. A condition de le faire de façon ouverte : en rendant publique leur décision motivée. C’est, je crois, la bonne façon de procéder.

Pour plus d’informations, un lien sur un ensemble de ressources partagées ce jour.

Mardi 9 juin, Lausanne

Aujourd’hui, c’est à la HEP Vaud que je me rends, dans le belle ville de Lausanne. C’est une superbe école de formation des enseignant·es avec une vue fabuleuse sur le lac Léman. Il me parait évident qu’un·e apprenti·e enseignant·e doit y ressentir une certaine fierté et peut croire les paroles de ses dirigeants politiques disant que son rôle (futur) est important.

Le thème du jour : les liens entre Évaluation et Éducation ouverte et libre.

Ouverte et libre  ? Oui, c’est bien entendu Barbara Class qui est derrière cette journée, avec Mathilde Panès. Le duo a invité Yann Mercier-Brunel, Spécialiste de docimologie à l’UMA et moi-même à débattre. Docimologie ? Oui, la science des évaluations.

Cela était organisé comme une pièce de théâtre en trois actes : nous avons d’abord instruit le procès de l’évaluation : Yann en insistant sur le fait que cette évaluation n’a rien de moderne et qu’on la doit essentiellement à la recherche d’un mécanisme visant à gérer des questions d’accès des élites aux Grandes Écoles. Et moi, constatant (avec lui) que l’IA venait renforcer les inégalités et injustices du système actuel. Dans l’acte 2, nous avons essayé d’être plus positifs et de partager des pistes sur ce qu’une évaluation plus intelligente pouvait être.

Si Yann Mercier-Brunel nous a proposé des scénarios de contrôle continu vrai (et non des accumulations d’épreuves) dans lesquels les apprenant·es pouvaient trouver l’envie de mieux faire, j’étais bien plus critique du système actuel et j’ai défendu l’idée que si l’évaluation formative pouvait bénéficier de l’aide de l’intelligence artificielle et qu’il était nécessaire de garantir la qualité des apprentissages à travers une évaluation certificative menée de façon extrêmement professionnelle, on pouvait douter de l’utilité de l’accumulation de notes de toutes sortes dont un trop grand nombre sont devenues inutiles ou suspectes.

Et l’acte 3 nous a permis de parler de nos projets en cours sur le sujet : pour la Chaire j’ai parlé du projet européen ASSAI, de nos tentatives de comprendre l’évaluation depuis le point de vue des étudiant·es et de mes propres essais (depuis vingt ans quand même) à encourager les étudiant·es à écrire des antisèches pour mes examens.

La seconde partie de la journée était composée d’un atelier de co-construction, pensé par Barbara Class, Mathilde Manès et Gregoire Serikoff, et animé par ce dernier. Où les participants étions invité·es à revisiter nos propres évaluations vues du point de vue de l’étudiant·e.

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