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La pédagogie de l’enseignement supérieur, la science du physicien Marcel Lebrun, présentation du dernier numéro de la revue

7 février 2019 par Michel Briand Veille 327 visites 0 commentaire

Un article de Christelle Lison repris de la revue Ripes, Revue Internationale de Pédagogie de l’Enseignement Supérieur, un article sous licence CC by sa nc

Lorsqu’il est question de la pédagogie de l’enseignement supérieur, force est de constater que plusieurs collègues se demandent encore si elle peut être qualifiée de sciences. À la lumière des très nombreux travaux que RIPES reçoit et publie, la réponse est oui, sans le moindre doute ! Elle est une science en partie construite à partir de différentes disciplines et qui intéresse des disciplinaires de différentes natures. C’est probablement l’une des sciences les plus mobilisées par des collègues d’autres disciplines… Si ce sujet nous interpelle particulièrement aujourd’hui, c’est parce que nous fêtons le départ à la retraite de l’un des disciplinaires, provenant des sciences dites dures, les plus populaires du domaine de l’enseignement supérieur… Marcel Lebrun. Eh oui, celui qui a été président de l’Association internationale de pédagogie de l’enseignement supérieur entre 2014 et 2018 va entreprendre une nouvelle vie, mais nous sommes tous persuadés que nous aurons encore la chance de le croiser dans divers « événements pédagogiques » ou des conférences. Au cours des années, notre illustre collègue a quitté son laboratoire de physique pour s’intéresser aux questions liées à l’enseignement, à l’apprentissage et à l’utilisation des technologies pour ces deux activités. Nous vous mettons au défi de rencontrer quelqu’un s’intéressant à la pédagogie de l’enseignement supérieur qui ne connaît pas les travaux sur la classe inversée de Marcel Lebrun ou son modèle d’apprentissage. Voilà sans le moindre doute la preuve que la pédagogie de l’enseignement supérieur est une science qui interpelle nos collègues disciplinaires parce qu’elle leur permet de penser leur métier d’enseignant autrement. Cela les amène également à nourrir différemment la recherche en éducation en pensant des collaborations souvent fort fructueuses entre sciences de l’éducation et discipline autre. Ce dernier numéro 2018 de RIPES est une occasion de voir les résultats de ce type de collaborations…

Le premier article est intitulé Pédagogie universitaire et classe inversée : vers un apprentissage fructueux en travaux pratiques. Rédigé par Fatima Lakrami, Ouidad Labouidya et Najib Elkamoun, collègues du Maroc, cet article propose un retour d’expérience sur l’utilisation de classes inversées pour renforcer la préparation préalable des étudiants aux travaux pratiques dans le cadre d’un cours pourtant sur l’électromagnétisme dans le vide. L’analyse des résultats obtenus sont encourageants et amènent quelques idées pour améliorer le dispositif. Vous constaterez sans surprise que cet article s’appuie sur les travaux de Marcel Lebrun…

Le deuxième article a été rédigé par Amélie Duguet et Sophie Morlaix de l’Université de Bourgogne Franche-Comté (France) et s’intitule Le numérique à l’université : facteur explicatif des méthodes pédagogiques ? A partir des données recueillies au travers une enquête empirique menée auprès d’un échantillon composé de 248 enseignants d’une université française, il vise premièrement à mettre l’accent sur les méthodes pédagogiques déployées à l’université par les enseignants en cours magistral et en travaux pratiques et travaux dirigés. Il s’intéresse deuxièmement à l’utilisation du numérique par les enseignants, pendant et en dehors des heures de cours, comme facteur explicatif des méthodes pédagogiques mises en place. Les auteures mettent en évidence un effet positif et significatif de l’utilisation de certaines technologies numériques sur le déploiement de pédagogies destinées à rendre les étudiants davantage acteurs de leurs apprentissages, ouvrant le débat sur la manière dont les enseignants pourraient être formés pour prendre en compte l’hétérogénéité du public étudiant dans leurs pratiques pédagogiques numériques.

Le troisième article s’inscrit dans le contexte belge. Rédigé par Karim Boumazguida, Gaëtan Temperman et Bruno De Lièvre de l’Université de Mons, il s’intitule Questionner les traces d’activités en ligne pour mieux comprendre l’expérience d’apprentissage des étudiants. À partir d’un traçage sur la plateforme Moodle, les auteurs mettent en évidence que plusieurs variables liées aux activités en ligne des apprenants contribuent à expliquer le degré de maîtrise du contenu atteint. Par ailleurs, leurs analysent les amènent à distinguer trois profils d’apprenants : les participants observateurs, les participants passifs et les participants actifs. Par ailleurs, l’opinion des étudiants recueillie à partir d’un questionnaire de perceptions concorde avec ce qu’ils réalisent effectivement dans l’environnement en ligne.

Le quatrième article nous emmène dans un autre univers qui est celui de l’apprentissage par problèmes. Avec leur article intitulé Innovation pédagogique à l’université : comparaison entre apprentissage par problèmes et cours traditionnel, Perrine Martin et Philippe Padula d’Aix Marseille Université nous proposent une réflexion sur l’efficacité de l’apprentissage par problèmes par rapport à un cours traditionnel dans un cursus Master ingénierie. Leurs résultats tendent à montrer que le dispositif proposé est efficace, même pour des étudiants qui n’ont pas l’habitude d’être actifs.

Le cinquième article est proposé par des collègues du Québec, Priscilla Boyer, Geneviève Messier, Christian Dumais et Sylvie Viola. Intitulé Le profil motivationnel d’étudiants en formation initiale à l’enseignement au Québec au regard du développement de la compétence à communiquer oralement : premiers résultats d’une étude longitudinale, cet article propose de décrire le profil motivationnel d’étudiants de l’Université du Québec à Trois-Rivières et de l’Université du Québec à Montréal en lien avec la compétence à communiquer oralement, et ce, en début de formation.

Le sixième article s’inscrit dans l’actualité de l’enseignement supérieur français. En effet, Sacha Kiffer, de l’Université de Rennes, propose un article intitulé Apprendre à enseigner dans le supérieur : quels modèles pour la construction des compétences des universitaires novices ?. L’auteur tente dans celui-ci d’identifier les pratiques d’apprentissage que les enseignants universitaires novices mettent en œuvre pour construire leurs compétences en enseignement. A partir d’un questionnaire administré à 376 maîtres de conférences en France, les résultats de cette recherche engagent à une réflexion sur une formation pédagogique des universitaires qui prendrait en compte la diversité des pratiques et l’aspiration des novices à l’autonomie.

Finalement, pour ce dernier numéro de l’année 2018, Josée-Anne Côté, étudiante au doctorat à l’Université de Sherbrooke (Québec), nous propose la recension d’un ouvrage de Guy Le Boterf, intitulé Développer et mettre en œuvre la compétence. Comment investir dans le professionnalisme et les compétences. Bien que le discours de la formation de professionnels compétents soit de plus en plus ancré dans le milieu de l’enseignement supérieur, qu’en est-il réellement de sa mise en place et de ses effets sur le terrain ? Comment promouvoir cet esprit de professionnalisation dans les entreprises et les organisations ? Comment reconnaître qu’un professionnel est compétent et comment développer cette compétence ? Ce sont là des questions auxquelles se propose de répondre Guy Le Boterf.

Référence électronique

Christelle Lison, « La pédagogie de l’enseignement supérieur, la science du physicien Marcel Lebrun », Revue internationale de pédagogie de l’enseignement supérieur [En ligne], 34-3 | 2018, mis en ligne le 20 novembre 2018, consulté le 07 février 2019. URL : http://journals.openedition.org/ripes/1825

Licence : CC by-nc-sa

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