Innovation Pédagogique et transition
Institut Mines-Telecom

Une initiative de l'Institut Mines-Télécom avec un réseau de partenaires

Comment cheminer vers un numérique robuste et émancipateur ?

3 mars 2026 par Métacartes Coopérations 48 visites 0 commentaire

Un article repris de https://www.metacartes.cc/comment-c...

Il y a deux mois nous vous présentions un aspect de la boite à outil numérique éthique : son usage comme outil pédagogique à destination des enseignants et formateurs (Comment éduquer à un numérique acceptable à l’heure de l’IA et des GAFAM ?). Aujourd’hui nous vous montrons un autre angle de cette boite à outil compacte et surpuissante : l’usage de couteau suisse à destination des professionnels de l’accompagnement à la transformation numérique.

Et si la vie numérique de votre organisation s’arrêtait demain ?

Il est difficile de mesurer à quel points nos outils et nos usages numérique dépendent d’une poignée d’acteurs, essentiellement des entreprises américaines. Or, l’hypothèse (autrefois hautement improbable) que les USA coupent l’accès des européens aux services numérique des entreprises américaines du numérique existe désormais.

 

Se voir couper ces accès vous semble irréaliste ? C’est pourtant exactement ce qui est arrivé à Nicolas Guillou, juge français à la Cour Pénale Internationale, qui enquête sur les évènements en Palestine.

Cette histoire montre que nous nous trouvons désormais dans un contexte où des décisions politiques peuvent, avec le relais des fournisseurs des services connectés et les éditeurs d’applications, avoir des conséquences conduisant – selon les mots du magistrat – à « mener une existence des années 1990 ». Voilà la confirmation que les acteurs du monde numérique jouent également un rôle politique et que la maîtrise de la souveraineté technologique est une nécessité.

Et si cette hypothèse de coupure délibérée est de moins en moins improbable, elle n’est pas la seule. Avec la centralisation très forte des services numériques autour de quelques géants de la tech, la possibilité de pannes massives devient elle aussi plus probable et surtout plus risquée. Panne géante du logiciel Windows de Microsofts en juillet 2024, panne géante de Amazon Web services en octobre 2025, panne géante de Cloudfare en novembre 2025, toutes ces pannes mettent en exergue la dépendance excessive d’Internet à une poignée d’acteurs.

 

Image générée via GéGé, générateur de Grise bouille : https://framalab.org/gknd-creator/

L’importance d’un numérique robuste

Notion popularisée par le biologiste Olivier Hamant, la robustesse désigne la capacité d’un système à se maintenir stable (sur le court terme) et viable (sur le long terme) malgré les fluctuations. Or quelle soient politiques, sociales, environnementales, énergétiques, les fluctuations sont nombreuses et certainement destinées à s’amplifier.

Comme le précise Infogreen Factory dans le livre Voyage vers la robustesse, une question devient cruciale pour toute organisation :
comment garantir la continuité des activités quand le numérique, devenu indispensable, devient aussi une grande vulnérabilité ?

Que ce soient des entreprises, mairies, des associations, des centres sociaux, toutes les organisations, petites ou grandes, vont être amenées tôt ou tard à s’interroger sur la robustesse de leur dispositifs numériques au risque de se retrouver paralysées ( Si le sujet vous intéresse, testez cet outil d’auto-évaluation de la robustesse de votre système d’information). Ce sujet éminemment politique a fait même l’objet d’un cahier de 10 propositions pour une désescalade numérique à destination des listes aux municipales.

L’importance d’un numérique émancipateur

Depuis des années, certaines personnes, dont nous faisons partie, alertent sur l’importance d’un numérique émancipateur, c’est à dire qui libère ou affranchit d’une autorité, contrainte ou limitation.

Longtemps cette réflexion est restée à la marge, beaucoup de personnes ou d’organisations privilégiant le confort d’un outil ergonomique et clé en main au contrôle d’un outil libre et convivial mais parfois moins évident à prendre en main au premier abord.

La force de l’habitude, la difficulté de changer nos usages individuellement, mais surtout collectivement (difficile de quitter Whatsapp quand tout votre entourage l’utilise) ont souvent relégué la possibilité de changement au second plan.

Mais aujourd’hui il semble plus important que jamais de se poser la question de nos dépendances numériques et de comment reprendre le contrôle de notre vie numérique dès maintenant !

La transformation numérique n’est pas (seulement) un problème technique

Or transformer nos dispositif numérique, ce n’est pas juste passer d’un outil à un autre. Cela implique aussi une transformation des usages à l’échelle individuelle et surtout à l’échelle collective. A ce sujet, le livre Voyage vers la robustesse, propose de distinguer la Résilience du numérique et la Robustesse d’une organisation (en relation avec le numérique) pour montrer qu’il ne faut pas seulement travailler sur les aspects techniques, mais aussi sur les aspects organisationnels :

Résilience du numérique

La capacité d’un système numérique à résister aux perturbations (pannes, cyberattaques, crises) et à revenir à un état fonctionnel après l’incident. Cette disposition est limitée par la dépendance du système à des ressources externes (énergie, matériaux, infrastructures) sur lesquelles il n’a pas de contrôle
direct et qui pourront manquer dans l’avenir.

Robustesse d’une organisation (en relation avec le numérique)

La capacité d’une organisation à maintenir ses fonctions essentielles de manière stable et viable face aux défaillances du numérique, en créant les conditions pour ne pas tomber. Cette robustesse, dimensionnée pour assurer la pérennité souhaitée par l’organisation, repose sur l’hétérogénéité des solutions, la redondance des moyens, l’acceptation d’une lenteur relative et le maintien d’alternatives faiblement technologiques.

Cette distinction permet de reconnaître que la résilience concerne uniquement les systèmes techniques alors que la robustesse relève de l’organisation, c’est à dire ses modes de fonctionnement.

Or travailler sur les modes de fonctionnement n’a rien d’évident : par où commencer ?

Un parcours structuré pour cheminer pas à pas

Conscient de la difficulté de changer les modes de fonctionnements individuels et surtout collectifs, nous avons conçu un parcours qui amène un groupe à passer à travers plusieurs étapes clés pour aller vers une transformation des usages numériques à l’échelle d’un groupe ou d’une organisation :

Ce parcours propose de passer à travers les étapes suivantes, chaque étape servant à faire un pas en direction d’un numérique plus émancipateur et plus robuste :

  • prendre conscience des enjeux (première condition pour avoir la volonté de changer)
  • faire le point (sur ses outils et ses usages numériques, ses valeurs et ses besoins non remplis)
  • définir ses critères (pour prioriser le périmètre de travail et les changements à effectuer)
  • découvrir et tester des alternatives (pour se former et prototyper le changement)
  • faire évoluer ses pratiques (en mettant en place de nouveaux usages
  • évaluer (ce qui revient à faire le point avant de repartir dans un nouveau cycle de changements).

Pour chacune de ces étapes, le set Numérique éthique propose une ou plusieurs méthodes listées dans un tableau récapitulatif. Destiné aux accompagnateurs, qu’il soient des coach/consultants professionnels ou bien des amateurs éclairés, ce tableau vous indique quelles cartes choisir et donc quelles méthodes mobiliser en fonction de votre objectif et de votre état d’avancement.

Une démarche à animer

Une telle transformation nécessite du temps et de nombreux changements. Il s’avère donc essentiel qu’une personne interne ou externe au groupe anime et fasse vivre cette démarche. Dans les petits groupes certaines personnes plus sensibilisées jouent souvent ce rôle en plus de leur travail.

Dans les organisations plus grandes, une intervention extérieure s’avère nécessaire pour garantir des temps de travail collectifs de qualité et une régularité de travail.

Heureusement il existe de nombreux professionnels qui peuvent accompagner la transformation numérique des organisations. Citons à ce sujet l’annuaire Emancip asso qui recense des prestataires de confiance formé·es aux enjeux du monde associatif, le collectif CHATONS qui propose des solution techniques alternatives aux GAFAM, le collectif designers éthiques qui explore les pratiques de conception numérique, le collectif Info green factory qui propose conseil et formation pour un numérique plus responsable ainsi qu’une multitude de professionnels, consultants, développeurs….

Une boite à outils pour les professionnels de la transformation numérique

Si nos cartes peuvent déjà apporter une utilité certaine à de petits groupes, elles constituent aussi une boite à outils très puissante pour les professionnels de la transformation numérique. Amenant des propositions d’ateliers, des questions à poser, des notions à discuter, des propositions d’alternatives à tester, elle cache derrière leur simplicité apparente une mine de ressources.

Si vous aussi, vous accompagnez des organisations dans la transformation de leurs usages numériques, les Métacartes « Numérique Éthique » sont faites pour vous. Elles vous proposent un outil de médiation pour structurer les discussions avec les différentes parties prenantes et et faciliter vos accompagnements. Les Métacartes peuvent ainsi être vues comme une boîte à outils sous forme de cartes : vous utiliserez une partie des outils, selon vos besoins, que ce soit pour un atelier d’une heure ou un accompagnement de plusieurs mois, les Métacartes démultiplie votre action.

Une boite à outils pour de multiples usages

Besoin de mettre un peu de participatif dans votre démarche ? Explorer les cartes et piochez en une ou deux pour un atelier clé en main. Vous accompagnez des démarches sur plusieurs mois ? Nous vous aidons à tirer le meilleur de notre parcours de transformation numérique.

Aujourd’hui les cartes Numérique Éthique ont été utilisées par des entreprises, des tiers-lieux, des centres sociaux, des associations, des communautés de communes, des développeurs, des designers, des formateurs, des médiateurs, des enseignants…. Voici quelques uns des retours d’usages que nous avons pu collecter.

Animer un atelier sur le Numérique Éthique et Responsable

Par Techsys, Entreprise de Services Numériques techno-éco-socio-utile des Hauts-de-France. Le Grand Mix, TECHSYS et les Métacartes : 🔥Encore un atelier ...

Former à l’écoconception de produits/services numériques en entreprise

Jean-Pascal Boignard, coach professionnel expert en agilité, cartographie systémique des organisations et numérique responsable. Retour d’expérience : Les métacartes en ...

Questionner les usages de l’IA dans l’entreprise

Adeline Agut, consultante et formatrice en transition environnementale et sociale. Ouvrir la parole sur les usages de l’IA dans l’entreprise, ...

Questionner les usages du numérique dans l’éducation populaire

Associations Framasoft et CEMEA France. Du 14 au 16 janvier 2023, les Ceméa France et Framasoft ont tenu le séminaire ...

Sensibiliser des étudiants à l’éthique du numérique.

Chloë Breuillé, Designer UX/UI à impact, Formatrice et animatrice. Chloé a utilisé les cartes pour animer un atelier sur les ...

Sensibiliser à la sobriété numérique dans l’enseignement agricole

Christian Resche, formateur Service Ressources et Dynamiques Collaboratives de l’établissement d’enseignement agricole Agro Florac « Je fais usage de Faire ensemble ...

Questionner les outils, usages et enjeux éthiques du numérique en travail social

Morgane Quilliou-Rioual, Formatrice /Autrice / Intervenante / Consultante / Éducatrice Spécialisée de formation initiale pratiques numériques en travail social. Dans ...

Discuter les enjeux éthiques du numérique dans les institutions de recherche

Mathieu Payn enseignant-chercheur Digital ethic. Pour créer des discussion et débats sur le sujet de l’éthique du numérique, Mathieu Payn, ...

Développer l’esprit critique des étudiant·e·s en design

Gabriel Trouvé, ingénieur pédagogique à l’école de design de Nantes Atlantique. Comment développer un esprit critique et porter les enjeux ...

Engager des étudiants ingénieurs dans le questionnement du numérique

Stéphane Crozat, enseignant-chercheur à l’UTC, université et école d’ingénieur à Compiègne. L’objectif de cette activité est de faire animer des ...

Former des conseiller-es numériques

Julie Brillet, formatrice et médiatrice numérique. Dans le cadre de la formation des conseiller-es numériques, Julie Brillet, bibliothécaire, formatrice et ...

Nous vous aidons à mettre de la participation dans vos ateliers

Vous organisez des ateliers sur le numérique responsable, l’écoconception, la transformation numérique ? Nous pouvons vous aider à rendre vos ateliers plus dynamiques et participatifs ! Faites nous part de votre besoin et nous accompagnerons vos projets !

contactez nous par mail à contact@metacartes.cc ou via le formulaire ci-dessous

Café Métacartes

Vous voulez nous connaître ou en savoir plus sur nos outils ? Venez nous rencontrer pour un café ! Le café Métacartes, c’est trente minutes d’échange en visio, ouvert à tous.tes et gratuit, sans ordre du jour préalable.

Venez échanger, découvrir les usages des cartes, poser des questions ou partager des retours d’expérience avec nous.

Prochain rendez vous le vendredi 6 mars, 13h30 en ligne (sur inscription, limité à 10 places). Au plaisir de vous rencontrer !

Lien d’inscription à l’évènement :

https://mobilizon.fr/events/65fdf73e-0099-483d-9eb3-d1ab2b148556

 


Photo de Shekai sur Unsplash

Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut)

Répondre à cet article

Qui êtes-vous ?
[Se connecter]
Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom