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Neurosciences, quel intérêt pour l’entreprise ?

3 mai 2017 par Miss RH Dvt Veille 298 visites 0 commentaire

Un article repris de https://missmoocparis.wordpress.com...

Ce que les neurosciences apportent au management

Comprendre que le cerveau est infiniment plus efficient en mode collaboratif, que le stress a des impacts extrêmement néfastes, induit un management plus tourné vers le bien-être social, favorisant la performance humaine et donc celle de l’entreprise.

Le terme de « neuromanagement » est ainsi apparu il y a peu et s’intéresse à l’intelligence humaine dans les entreprises, notamment pour les accompagner dans la conduite du changement permanent qui est le leur, mais aussi pour améliorer la productivité à travers le développement de la qualité de vie au travail (QVT).

Mieux accompagner l’entreprise 

En donnant les clés de fonctionnement du cerveau, les neurosciences apportent un éclairage intéressant pour accompagner l’entreprise sur des points qui la touche fortement :

  • la création d’une dynamique de coopération,
  • l’art de responsabiliser les collaborateurs,
  • la conduite du changement.

Changement cloudLa conduite du changement est notamment l’exercice auquel les organisations sont de plus en plus soumises, que ce soit en anticipation ou en réaction.

Changer c’est modifier des comportements et donc désapprendre. Si l’on parle souvent de l’apprentissage l’on parle beaucoup plus rarement du désapprentissage.

La difficulté de l’apprentissage et des changements dans une entreprise est de changer des habitudes avec toute la difficulté de savoir inhiber les dispositifs cognitifs qui ne sont plus adaptés et deviennent obsolètes.

Pourquoi est-ce compliqué ?

Prendre conscience que « dans telle situation mon mode de fonctionnement ne marche pas« , peut être source de curiosité ou au contraire éveiller une inquiétude.

Les neurosciences apportent un éclairage intéressant par les explications sur le fonctionnement des mécanismes d’apprentissage qui accompagnent le changement.

Changer c’est désapprendre et c’est mobiliser :

  • La perception : en allant chercher des éléments que l’on n’a pas l’habitude de voir
  • Donner de la valeur différemment : valoriser d’autres critères que ceux que nous utilisons habituellement. Vivre des émotions et trouver des gains, accepter des pertes.
  • Entrer dans un processus d’essai erreur pour transformer notre mémoire et changer des habitudes complètement rodées, par d’autres, nouvelles.

Désapprendre et modifier que nous avons en mémoire et automatiser est une raison pour laquelle les changements dans une entreprise s’avèrent difficiles. Les modes de fonctionnement sont intégrés dans la mémoire procédurale et leur utilisation est devenue automatique.

Par exemple dans le cas d’une messagerie informatique et le passage de Outlook à Gmail. J’ai Outlook depuis des années et je n’ai pas à réfléchir pour ouvrir ma messagerie et trouver mes mails , je le fais sans y prêter attention, je me concentre sur leur lecture. Si l’on me change ma messagerie en passant sur Gmail, dans premier je vais les chercher comme je le faisais avec outlook alors que le classement s’opére par intitulé d’objet. Combien de temps vais-je être déstabilisé, perdre du temps avant de comprendre et d’intégrer une organisation qui finalement me permet de mieux suivre ma messagerie ?

Ainsi pour donner envie de changer, il est important de donner du sens, de fixer un but. Le changement induit naturellement des freins. Créer un projet et y associer du collectif contribue à accompagner et faciliter le changement en lui donnant une dimension collaborative et émotionnelle positive. Nous changeons tous de messagerie, les plus à l’aise vont aider les autres et démontrer que c’est possible. Le fait de pouvoir chatter avec gmail, de mettre sa photo, va introduire une dimension ludique et des émotions positives.

Les clés d’analyse du cerveau pour manager différemment

Les nouvelles techniques d’imagerie médicale remettent en question beaucoup d’idées reçues.

La première d’entre elles : contrairement à ce que l’on a longtemps pensé, le cerveau est un organe qui ne cesse de créer des connexions et de se régénérer, entraînant des possibilités importantes de changement dans nos pensées et nos comportements.

Et donc qui ne cesse d’apprendre et de s’adapter en permanence.

Second point intéressant : le cerveau ressent la douleur sociale (l’ostracisme, le rejet, l’incertitude) de la même manière qu’une douleur physique. Par exemple, un collègue injustement exclu d’une discussion importante subit une stimulation des régions du cerveau qui sont aussi le siège de la souffrance corporelle.

Le cerveau biologique a une façon automatique et primitive (les spécialistes disent : « reptilienne » ou « limbique ») d’appréhender ces stimuli douloureux.

Le célèbre « combat, fuite ou paralysie« , que les managers redoutent chez leurs collaborateurs, est une réaction limbique. La compréhension et la prise en compte de ces mécanismes leur permettent une approche plus fine, plus pertinente et plus efficace de leurs équipes pour libérer leur potentiel de créativité, d’autonomie et d’innovation.

 

En mettant en avant l’importance de l’intelligence émotionnelle, notamment à travers la mise en évidence de neurones miroirs, il apparaît évident que mieux un manager saura faire preuve d’empathie et décrypter les comportements d’autrui, au plus il pourra agir sur l’humeur et le niveau de motivation.meeting-1702638_1920

Il doit être capable d’anticiper les réactions de ses collaborateurs face à des sollicitations particulières comme le changement, ou encore le conflit, par le biais d’une sensibilité et d’un sens de l’intuition accrus. Les Softs skills prennent ainsi toute leur dimension, notamment à l’ère du digital où le rôle du manager évolue.

Ainsi, au mieux il saura analyser les résistances au changement et maîtriser le stress, au plus il pourra stimuler la motivation de son équipe et asseoir son leadership.

Quand la qualité de vie au travail favorise l’engagement au travail

C’est avant tout la satisfaction qui génère la performance – bien plus que l’inverse. Managers et dirigeants ont ainsi tout intérêt à favoriser la satisfaction des salariés.

De nombreuses études rappellent que les employés « heureux » sont plus productifs, plus engagés, s’absentent moins et risquent moins de démissionner. Quand on sait que le « turn over » coûte extrêmement cher aux entreprises – frais de recrutement, de formation et impact économique lié à la rupture de la continuité du travail-, on imagine sans mal les économies possibles que pourrait engendrer la satisfaction au travail.
Certaines entreprises sont connues pour investir de façon notable dans le bien-être des collaborateurs – par l’environnement de travail, la souplesse horaire, la mise à disposition de services à la personne rendant le quotidien plus aisé.

blur-1852927_1920.jpgD’autres ont fait parler d’elles pour des initiatives inattendues : jeux vidéo ou tables de ping-pong en libre-service, cafétéria haut de gamme gratuite et ouverte à toute heure, etc…

Pour autant certaines entreprises offrent des conditions de travail confortables… mais une ambiance de travail exécrable ! Or le stress au travail peut mener à l’effondrement par épuisement professionnel et les journaux en font leurs gros titres : l’épuisement professionnel est un phénomène bien présent dans l’entreprise.

Les récentes avancées des neurosciences permettent d’élargir la compréhension du management, du stress et du travail. A l’ère du digital le rôle du manager évolue pour être de plus en plus au service de son équipe (et non l’inverse), en veillant à développer les compétences de chacun et à créer un climat favorable à l’engagement et au bien être.

Il s’agit d’adapter le monde du travail à la réalité du fonctionnement cérébral, et non l’inverse. Ce que font les entreprises de nombreux pays qui ont introduit la méditation auprès de leurs employés comme de leurs managers.

Aller plus loin

sac Miss RH dvt

Miss RH Dvt


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