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Quatre axes pour distinguer les méthodes mixtes

5 janvier 2017 par Matthieu Cisel Veille 213 visites 0 commentaire

Un article repris de https://numpedago.hypotheses.org/63

Dans la continuité du dernier billet, je vous propose de continuer notre réflexion sur les méthodes mixtes en nous attardant sur une typologie proposée par Creswell, un des auteurs les plus prolixes en la matière.

Creswell et al. (2003) proposent quatre axes pour discriminer les différentes approches. Le premier est la séquentialité (Timing) ; il s’agit ici de déterminer l’ordre dans lequel seront récoltées données qualitatives et quantitatives, et le cas échéant, si elles seront collectées de manière concomitante. Le second est le poids respectif (Weighing) de la démarche quantitative et de la démarche qualitative. Il s’agit de répondre aux questions suivantes. L’une des deux démarches vient-elle en soutien de l’autre ? Quelle démarche est-elle prioritaire ? Le troisième réside dans les modalités d’articulation des deux démarches (Mixing), en particulier dans les phases finales d’interprétation des données. Cette question a fait l’objet d’un certain nombre de travaux (Creswell & Plano Clark, 2007), qui ont permis de déboucher sur trois grandes catégories : l’intégration, la connexion, et l’imbrication (traduction du terme embed).

Si les résultats d’un questionnaire sont utilisés pour identifier un enquêté avec qui un entretien qualitatif sera réalisé, nous dirons des données qu’elles sont connectées. On parle d’intégration si les données issues des deux approches sont intimement combinées, les unes servant de matrice à la construction des secondes. C’est notamment le cas lorsqu’un travail qualitatif permet de générer des catégories qui seront ensuite quantifiées via une étude quantitative. Enfin, il y a imbrication lorsqu’une forme de donnée vient en support d’une autre forme, qui constitue alors la donnée principale. Par exemple, un extrait d’entretien qui viendrait illustrer une catégorie issue d’un travail de fouille de données préalable. Le dernier axe est celui du degré d’explicitation des théories qui sous-tendent le travail réalisé, un aspect qui a été développé notamment par Mertens (2003) dans le contexte des méthodes mixtes.

Sur la base de ces quatre axes de description, Creswell et al. (2003) proposent de ranger les approches mixtes en six grandes catégories : le design séquentiel explicatif (sequential explanatory), le design séquentiel exploratoire (sequential exploratory), le désign séquentiel transformatif (sequential transformative), le design concomitant par triangulation, concomitant avec imbrication, et concomitant transformatif. Nous nous proposons de revenir sur chacune de ces six catégories dans les billets à venir.

Nous commencerons par les stratégies dites séquentielles, où l’utilisation de phases distinctes facilite la collecte, la description, et l’analyse des données, pour revenir ensuite sur les stratégies concomitantes et conclure sur les stratégies transformatives.

PS : La bibliographie associée à cet article est disponible dans ce billet.

Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut)

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