Innovation Pédagogique
Institut Mines-Telecom

Une initiative de l'Institut Mines-Télécom avec un réseau de partenaires

Dunkerque, son port, sa halle aux sucres et son CCAS

Un article repris de https://ahl.hypotheses.org/1173

Entre deux cartons, Cyrielle Jean (M2) profite de l’air du large. En stage au Centre de la mémoire urbaine d’agglomération, elle s’est vue confié le traitement du fonds du Centre communal d’action social de la ville.


Un écrin sucré pour conserver les archives

Le Centre de la Mémoire Urbaine d’Agglomération est un lieu très original et unique en son genre en France. Il regroupe les archives de la commune de Dunkerque, les archives des villes associées (Malo-les-Bains, Petite-Synthe, Rosendaël…) et les archives de la Communauté Urbaine de Dunkerque. Sont également conservées les archives de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Dunkerque (1700-2010) et plusieurs fonds privés dont ceux d’architectes, d’érudits, d’associations ou d’entreprises, comme le Port de Dunkerque depuis 1993. L’histoire de Dunkerque et de son agglomération est désormais conservées dans la « Halle aux Sucres », situé sur l’ancien espace portuaire et industriel du Môle1.

La Halle aux sucres, toute de verre et de briques

La CUD est la première communauté urbaine volontaire en France, créé en 1968. Au total, 21 communes se sont associées pour partager un certain nombre de compétences, et mutualiser leurs services. Parmi ces services, les archives. Les réflexions, entamées dans les années 1990, résultent d’une problématique de saturation des locaux de la ville de Dunkerque. Le projet s’organise autour d’une volonté de création d’un lieu de mémoire de l’agglomération urbaine, qui prendra rapidement le nom de « centre de la mémoire ».

Depuis 2014, c’est le bâtiment « La Halle aux Sucres » qui préserve l’ensemble des archives, environ 7,5km linéaires y sont conservés. Cet ancien entrepôt portuaire de la ville, construit entre 1897 et 1902, servait pour l’exportation du sucre, Dunkerque devenant le premier espace de transit sucrier en France (70 mille tonnes de sucre).

Le bâtiment, presque entièrement détruit par les bombardements de la Première, puis de la Seconde Guerre mondiale est restauré et retrouve sa vocation de stockage de marchandises jusque dans les années 1990.

Totalement déserté durant cette décennie, des artistes commencent à s’intéresser à ce lieu et à l’espace portuaire alentour. La ville à son tour va s’intéresser à cette ancienne friche industrielle et va investir le lieu pour un projet d’envergure. La rénovation et réhabilitation commence en 2011. La Halle aux Sucres devient un espace partagé, dont une des vocations principales est tourné vers l’accueil du public. A l’intérieur, s’y côtoie les archives, l’agence d’urbanisme (cf le billet d’Hélène Orange) et les services d’habitat et environnement de la CUD, ainsi qu’un Learning center tourné vers le développement durable de la ville.


Archiver la mémoire sociale de la ville

En tant que stagiaire pour la section des archives contemporaines de la ville, la mission principale qui m’a été attribuée est le classement du fonds du CCAS (Centre communal d’action social) de Dunkerque. Ce service est chargé de mettre en œuvre les solidarités et organiser l’aide sociale au profit des habitants de la commune. Il instruit les dossiers de nombreuses aides sociales légales (RSA, APA, FSL…) et prend également des initiatives au niveau local afin de lutter contre l’exclusion et soutenir les populations les plus fragiles. Pour mettre en œuvre l’ensemble de ses missions, le CCAS est donc un gros producteur de documents, futures archives publiques de la commune. C’est également un service qui se trouve régulièrement confronté à de lourdes problématiques de stockage de ses documents et de gestion documentaire. Les archivistes en poste ont régulièrement eu à traiter ces questions avec le service.

Mon poste de travail, avec tous les attributs d’un travail de qualité à portée de main

En 2020, le CCAS a déménagé de son bureau central, situé rue de la Maurienne à Dunkerque. Les archivistes ont été appelé en urgence pour aider les employés à déménager les caves, à l’origine servant de lieux de stockage de bananes pour l’importation, dorénavant remplies d’archives. A l’issu d’un travail de longue haleine, 110 mètres linéaires ont été éliminées et environ 60 mètres linéaires ont été versées au CMUA.

C’est ce fonds sur lequel je travaille depuis le 15 mars 2021, pour une durée de quatre mois, afin d’en produire un classement final. À cela va s’ajouter la production d’un tableau de gestion pour le service. Je vais mettre en place des réunions avec les différents services du CCAS afin de récolter les avis et besoins des agents sur la question d’archivage de leurs documents. Au quotidien, en plus de cette mission principale, j’accompagne l’archiviste de la ville, Cécile Garbe (promo 2012 du Master lillois), dans ses différentes missions de recherches et de collecte pour les services, afin de mieux saisir l’ensemble du métier et de ses enjeux au quotidien dans une commune.

La vue depuis mon bureau

Licence : CC by-nc-sa

Répondre à cet article

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom