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Prise de notes : faut-il privilégier le stylo ou le clavier ?

Un article repris de http://theconversation.com/prise-de...

Sur papier, le texte est fixe, ce qui aide le lecteur à établir des repères. Unsplash, CC BY

Cette chronique est dans la droite ligne et se nourrit des recherches et rencontres publiées sur mon site Les cahiers de l’imaginaire.

Lorsqu’il s’agit de lire ou de prendre des notes, papier et écran ne logent pas à la même enseigne. Lorsque nous lisons, si la longueur du texte ne dépasse pas une page ou, en d’autres termes, si le texte n’a pas besoin d’être déroulé à l’écran, il n’y a aucune différence de compréhension entre les deux supports.

Toutefois lorsque le texte dépasse les 500 mots, le recours aux outils de navigation entame la qualité de la compréhension.

Certaines études précisent toutefois que le papier et l’écran sont sur un pied d’égalité lorsqu’il s’agit d’évaluer la compréhension générale d’un texte, quelle que soit sa longueur, si on n’exige pas du lecteur de fournir un compte rendu détaillé ou nuancé. Cela est particulièrement vrai pour les adolescents confrontés à des textes longs et complexes.

Les avantages écologiques et pratiques de l’écran remportent de plus en plus de succès. De plus, ils ont beaucoup évolué au fil des ans, prenant progressivement l’allure d’une feuille de papier. Alors, comment expliquer l’avantage « cognitif » que semble conserver le support papier ?

Conceptualisation

Parmi les hypothèses avancées, voici celles qui sont les plus souvent invoquées. Sur papier, le texte est fixe. Cette fixité permet au lecteur de construire une représentation spatiale du texte qui sert de repères pour la mémoire. La répartition physique du texte sur le papier permet de naviguer à travers une cartographie de mots.

Subrepticement, l’écran se présente à l’utilisateur comme un outil doté d’une performance innée et rend le lecteur trop confiant face à ses capacités. Ainsi, la tâche lui semble facile, alors qu’inversement, le support papier est traditionnellement associé à un processus d’apprentissage plus ardu.

Qu’en est-il de la prise de notes ? Des expériences ont été menées pour y voir plus clair. Utiliser un portable permet d’enregistrer un plus grand nombre de mots que sur le papier.

La prise de notes sur portable s’apparente à une transcription ; alors que la prise de notes sur papier, plus courte, se concentre sur les concepts. Par conséquent, la prise de notes sur papier favoriserait le traitement des données.

Pour savoir à quoi s’en tenir, on a demandé à ceux qui ont pris des notes sur papier et à ceux qui ont pris des notes sur un portable de se soumettre à un examen trente minutes après la prise de notes.

S’agissant de données factuelles, ceux qui ont pris des notes sur un portable obtiennent une meilleure performance que ceux qui ont pris des notes sur papier. Par contre, lorsqu’il s’agit de mémoriser des données conceptuelles, ceux qui ont pris des notes sur papier surclassent de manière significative ceux qui ont pris des notes sur un portable.

Un nouveau test, réalisé cette fois-ci une semaine après, confirme cette tendance. Ceux qui ont pris des notes sur papier ont obtenu un meilleur résultat.

Il semblerait que la prise de notes sur papier facilite le traitement cognitif de l’information en sélectionnant les concepts les plus importants, en synthétisant et en transcrivant ces données dans leurs propres mots. La prise de notes sur papier favoriserait en quelque sorte la pensée critique.

Révisions

La prise de notes sur papier favoriserait également la mémorisation de l’information en facilitant leur révision. La révision est effectivement un élément important pour stimuler la mémoire et fait écho aux recommandations pour renforcer notre mémoire publiées dans la revue New Scientist :

  • Soyez actifs : faites de l’exercice quelques heures après un cours ou un séminaire, cela vous aidera à retenir les concepts que vous avez appris.

  • Révisez les notes que vous avez prises. Et prêtez-vous à des jeux-questionnaires pour tester vos connaissances.

  • Faites une pause. Vous apprendrez mieux si vous faites des pauses fréquentes.

  • Choisissez les meilleurs moments : les adolescents retiendront plus facilement sur ce qu’ils ont appris le matin, alors que les adultes seront plus efficaces en après-midi ou en soirée.

  • Dormez : si vous en avez l’occasion, un petit somme après un apprentissage aidera le cerveau à consolider ce qu’il vient de mémoriser. Cela est particulièrement vrai si le lendemain est un jour d’examen.

The Conversation

Disclosure

Sylvie Gendreau, intervenante à Polytechnique Montréal, accompagne des dirigeants, des entrepreneurs et des créateurs dans la conduite de leurs projets et offre des cours en ligne dans le cadre de son entreprise, La Nouvelle École de Créativité.

Licence : CC by-nc-sa

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