Innovation Pédagogique et transition
Institut Mines-Telecom

Une initiative de l'Institut Mines-Télécom avec un réseau de partenaires

Le mouvement du libre accès en Afrique : opportunités et défis

Un article repris de http://journals.openedition.org/rfs...

Depuis quelques années, le libre accès prend de l’ampleur en Afrique. Né au début des années 1990 grâce au développement de l’internet, le mouvement du libre accès a été bien accueilli en Afrique qui a découvert les opportunités qu’il offre aux institutions d’enseignement supérieur et aux universitaires. L’Afrique a marqué, par divers moyens, l’histoire du mouvement et ceci grâce au soutien de ses partenaires. Différentes activités sont organisées par le mouvement sur le continent de même que des campagnes de sensibilisation et des ateliers de plaidoyer en faveur du libre accès. Ils ont contribué à la vulgarisation et à la compréhension de ce nouveau concept ainsi qu’à la sensibilisation des chercheurs et des bibliothécaires africains sur l’importance et les moyens de la diffusion des travaux académiques et des publications scientifiques en libre accès. Cependant, il ya encore une fracture numérique entre les pays développés et les pays africains, et surtout les pays francophones. Les statistiques des différents répertoires consultés en ligne le prouvent, mais ne l’expliquent pas. L’Afrique accuse un grand retard dans ce domaine. L’analyse des causes de ce retard montre qu’il y a encore des défis à relever par le mouvement en Afrique. Ainsi, pour sortir de son indigence numérique, l’Afrique doit saisir les opportunités que lui offre le mouvement du libre accès et relever les défis auxquels elle fait face. Dans ce texte, nous présentons tout d’abord un bref historique du mouvement du libre accès. Nous nous intéressons particulièrement aux initiatives des institutions et particuliers qui ont marqué l’histoire du mouvement et ont contribué à son émergence. Puis, nous nous intéressons au concept du libre accès, à ses avantages et moyens. Enfin, nous proposons une réflexion sur les opportunités et les défis du mouvement du libre accès en Afrique. Nous citons ici quelques archives ouvertes, bibliothèques numériques et revues en libre accès créées en Afrique afin de valoriser la production scientifique du continent. Nous proposons aussi des solutions pour aider l’Afrique à relever les défis auxquels elle fait face.

Un articlede Niclaire Prudence Nkolo repris de la Revue Française des Sciences de l’Information et de la Communication, publié sous licence CC by sa nc

Introduction

Du 22 au 28 octobre 2018 a été célébrée la 11e édition de la semaine internationale du libre accès (Open Access Week) sur le thème « Designing Equitable Foundations for Open Knowledge » dans plusieurs pays du monde. A partir de ce thème, le mouvement du libre accès invitait les parties prenantes et les acteurs du libre accès à « Concevoir des bases équitables pour des savoirs libres ». Ce thème reflète le système scolaire en transition dans lequel les politiques du libre accès sont progressivement adoptées par les gouvernements, universités et éditeurs et où se pose la question de leur mise en œuvre. Établi en 2008 par la Scholarly Publishing and Academic Resources Coalition (SPARC) et ses partenaires, ce rendez-vous, devenu annuel, est célébré par des individus, des organisations et des institutions partout dans le monde. La semaine internationale du libre accès offre l’opportunité au mouvement du libre accès de poser des actions visant à rendre visibles les résultats de la recherche et à sensibiliser les différentes parties prenantes. L’OpenCon global et les OpenCon Satellite events organisés chaque année à travers le monde ont également été l’occasion pour le mouvement du libre accès de promouvoir le concept aussi bien en Occident qu’en Afrique.

Sujet de nombreux colloques internationaux, de conférences et d’ateliers, le libre accès ne cesse de prendre de l’ampleur au regard de l’intérêt croissant que lui porte la communauté internationale et les projets y relatifs qui ne cessent de se multiplier. Nous pouvons citer l’augmentation du nombre d’archives ouvertes, de bibliothèques numériques, de revues scientifiques et livres académiques publiés en libre accès et le nombre de politiques du libre accès adoptées et répertoriées dans le monde. En effet, le nombre de politiques du libre accès adoptées et répertoriées par le Registry of Open Access Repositories Mandates and Policies (ROARMAP) est passé de 898 au 8 février 2018à 960 au 14 février 2019 (roarmap.eprints.org). De même, le nombre de revues scientifiques en libre accès et d’articles répertoriés par le Directory of Open Access Journals (DOAJ) est passé de 11 247 pour les revues provenant de 123 pays et de 2 973 195 pour les articles au 21 mars 2018 à 12 608 revues provenant de 128 pays dont 776 en Afrique et 3 748 429 articles au 14 février 2019 (doaj.org). Également, le nombre de livres scolaires en libre accès validés par les pairs et répertoriés par le Directory of Open Access Books (DOAB) est passé de 11 497 livres provenant de 261 éditeurs au 21 mars 2018à 15 659 livres dont 289 en Afrique provenant de 307 éditeurs au 14 février 2019 (doabooks.org). D’après le Directory of Open Access Repositories (OpenDOAR), le top 10 est occupé par les pays occidentaux avec pour tête de liste, les États-Unis d’Amérique (USA) qui totalise 547 archives ouvertes au 14 février 2019 suivi par le Royaume-Uni (282), l’Allemagne (227), le Japon (224), l’Espagne (140), la France (135), l’Italie (134), la Croatie (116), la Pologne (102) et le Brésil (99). Le pays africain en tête de liste est, sans contestation, l’Afrique du Sud avec 38 archives ouvertes [1].

Après avoir connu une croissance non négligeable dans les pays occidentaux au regard de l’augmentation du nombre de revues et d’articles scientifiques en libre accès répertoriés par DOAJ ou encore des politiques de libre accès adoptées et répertoriées par ROARMAP, le mouvement du libre accès a posé ses valises en Afrique. L’Afrique, berceau de l’humanité, n’a pu rester indifférente face au phénomène du libre accès qui ne cessait de prendre de l’ampleur. Elle a ainsi entrepris de rejoindre le mouvement afin de promouvoir sur son sol un concept considéré aujourd’hui comme une solution importante aux barrières que rencontrent les chercheurs et chercheuses, les universités, les bibliothèques et les centres de documentation pour accéder à la connaissance et à la littérature scientifique locale.

De plus en plus de projets sont initiés pour rendre visibles les travaux des chercheurs africains et améliorer leur accessibilité en ligne gratuitement et librement. Plusieurs acteurs ont ainsi contribué à la promotion du libre accès en Afrique : les associations des bibliothécaires, les consortiums des bibliothèques universitaires, les organisations et institutions telles que l’Electronic Information for Libraires (EIFL), l’Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture (UNESCO), l’OpenCon, le Goethe Institut, l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF), les éditeurs et éditrices, etc. Les bibliothécaires, archivistes et documentalistes regroupés au sein des associations nationales ou locales ont joué un grand rôle dans la prise de conscience de la communauté universitaire et des pouvoirs publics de l’importance du libre accès pour la recherche. Au Cameroun, l’Association des Bibliothécaires, Archivistes et Documentalistes du Cameroun (ABADCAM) organise régulièrement des ateliers de sensibilisation sur l’importance du concept [2]. L’ABADCAM participe également à des événements nationaux ou internationaux visant la promotion du libre accès. Elle a ainsi pris part à la célébration de l’Open Access Week 2014 au Cameroun organisé par le Consortium des bibliothèques universitaires et de recherche du Cameroun (COCUREL) sur le thème « Generation Open ».

EIFL fait partie des organisations qui ont contribué à l’émergence du mouvement du libre accès en Afrique. En témoigne, le nombre de projets qu’elle a soutenus et son action sur le terrain. Cette organisation s’intéresse de manière particulière aux pays en développement et aux pays en transition notamment les pays africains dont la plupart sont en quête d’émergence [3] et œuvrent pour leur développement. Elle travaille avec les consortiums de bibliothèques dans les pays partenaires. De nombreux pays africains sont des partenaires d’EIFL notamment le Botswana, le Congo, l’Éthiopie, le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Kenya, le Lesotho, le Malawi, la Namibie, le Sénégal, l’Afrique du Sud, la Tanzanie, l’Ouganda, la Zambie, le Zimbabwe et le Soudan. Par conséquent, dans chacun de ces pays, il existe un consortium des bibliothèques universitaires :

  • Botswana Library Consortium (BLC) ;
  • Consortium des bibliothèques académiques du Congo (COBAC) ;
  • Consortium of Ethiopian Academic and Research Libraries (CEARL) ;
  • Consortium of Academic and Research Libraries in Ghana (CARLIGH) ;
  • Consortium des bibliothèques de l’Enseignement Supérieur de la Côte d’Ivoire (COBES) ;
  • Kenya Library and Information Services Consortium (KLISC) ;
  • Lesotho Library Consortium (LELICO) ;
  • Malawi Library and information Consortium (MALICO) ;
  • Namibia Library Consortium (NALICO) ;
  • Consortium des bibliothèques de l’Enseignement Supérieur du Sénégal (COBESS) ;
  • Consortium of Tanzanian Universities and Research Libraries (COTUL) ;
  • Zambia University Libraries Consortium (ZALICO) ;
  • Zimbabwe University Libraries Consortium (ZULC).

Les consortiums de bibliothèques existent également dans plusieurs autres pays africains notamment, l’Égypte, le Mali, le Nigéria, le Cameroun, etc. Nous pouvons citer :

  • Le Consortium Malien des Bibliothèques (COMBI),
  • The Nigerian University Libraries Consortium (NULIB),
  • The ’Egyptian University Libraries Consortium (EULC),
  • Le Consortium des Bibliothèques Universitaires et de Recherche du Cameroun (COCUREL).

Signalons ici que les bibliothèques universitaires créent généralement les consortiums pour financer en commun leurs achats ou pour avoir accès à l’information sous forme électronique et en texte intégral.

L’impact de l’action d’EIFL dans ses pays partenaires à travers le monde est important : plus de 4 000 revues en libre accès publiées, plus de 850 archives ouvertes établies et de nombreuses politiques du libre accès adoptées [4]. En Afrique, elle soutient, par exemple, le projet de l’Université de Nairobi de développer une politique du libre accès [5] de même que le lancement d’un plaidoyer national pour le libre accès visant à transformer le paysage de la recherche en Zambie par le Zambia Library Consortium (ZALICO). Ce projet du ZALICO vise l’adoption d’une politique nationale du libre accès en Zambie avec pour but de faciliter l’accès aux résultats de la recherche et les rendre visible au niveau national et international [6]. Dans le plan d’action 2016-2017 du Programme EIFL-Open Access géré par Iryna Kuchma, il était prévu de soutenir le développement des politiques du libre accès dans tous les pays partenaires d’EIFL afin d’accélérer la recherche scientifique, le progrès technologique et le bien-être social, et de vérifier que les archives ouvertes et les revues en libre accès développées dans ces pays fonctionnent normalement [7].

Les initiatives des consortiums de bibliothèques en faveur du libre accès en partenariat avec d’autres organisations comme le Goethe Institut, les ONG, les universités, les associations et l’AUF ne sont pas négligeables. Nous pouvons citer la célébration de l’Open Access Week, l’organisation des ateliers de formation des bibliothécaires, etc. Au Cameroun, le premier Open Access Week a été organisé en 2014 par le Consortium des bibliothèques universitaires et de recherche du Cameroun (COCUREL) en partenariat avec l’Université de Yaoundé I, l’École Supérieure des Sciences et Technologies de l’Information et de la Communication (ESSTIC), l’Institut de Formation et de Recherche Démographique (IFORD) sur le thème « Generation Open ». En 2015, l’Open Access Week a été organisé à nouveau par COCUREL sur le thème « Open for collaboration » en partenariat avec le Goethe Institut de Yaoundé, l’ONG IT KOLA et l’Université de Yaoundé I.

Les OpenCon satellite events organisés en Afrique sont également des occasions de promouvoir le libre accès. Au Cameroun, le tout premier OpenCon satellite event organisé à Yaoundé a eu lieu en octobre 2016 durant l’Open Access Week sur le thème « Quelle action en faveur de l’Open Access au Cameroun ? » [8]. L’OpenCon2016 Yaoundé a été organisé le 29 octobre 2016 au Goethe Institut de Yaoundé par le Projet Soha en partenariat avec le Goethe Institut de Yaoundé, l’OpenCon global, l’Association science et bien commun et la bibliothèque numérique des thèses, mémoires et rapports THEMERATHEQUE [9]. La même année un autre OpenCon satellite event a été organisé à Buéa, une ville de la région du Sud-ouest Cameroun, l’OpenCon2016 Buea. En 2017, l’OpenCon 2017 Yaoundé a été organisé par le Laboratoire camerounais d’Études et de Recherches sur les Sociétés Contemporaines (CERESC) de l’Université de Yaoundé I en partenariat avec l’OpenCon global et l’AUF [10]. Au Bénin et précisément à Parakou, ville située au nord dans le Département de Borgou, s’est tenu l’OpenCon 2017 Parakou le 16 septembre 2017 sur le thème « Réflexion autour de la nécessité d’un logiciel libre de gestion des études et scolarités en Afrique Francophone ». Les autres OpenCon satellite events célébrés en Afrique en 2017 sont : OpenCon 2017 Jimma (Éthiopie), OpenCon 2017 Nyeri (Kenya), OpenCon 2017 Ife (Nigéria), OpenCon 2017 Cape Town (Afrique du Sud), OpenCon 2017 Kumasi (Ghana), OpenCon 2017 Calabar (Nigéria), OpenCon 2017 Mbarara (Ouganda), OpenCon 2017 Accra (Ghana) et OpenCon 2017 Juja (Kenya)1 [11].

Aujourd’hui, le mouvement du libre accès est en pleine expansion en Afrique, mais des défis restent à relever. Dans ce texte, nous présentons, dans une première section, un survol de l’historique du mouvement du libre accès et du concept de libre accès. Puis, dans une seconde section, nous proposons une réflexion sur les opportunités et défis du mouvement en Afrique.

Pour ce faire, de nombreux articles écrits par des experts du libre accès tels qu’Iryna Kuchma, Romy Beard, Peter Suber, Antonin Benoit Diouf, etc., ont été mobilisés [12]. Nous avons également consulté les sites internet d’organisations et de réseaux qui assurent la promotion du libre accès en Afrique comme EIFL [13], OpenCon [14] et ABADCAM [15]. Nous avons également visité les sites internet de certaines archives ouvertes comme arXiv [16] et de plateformes de revues en libre accès comme SCIELO [17], etc.

Les statistiques présentées proviennent de plusieurs sources : DOAJ, OpenDOAR, DOAB et ROARMAP. Grâce à ces statistiques, nous pouvons voir une évolution globale du mouvement et faire une comparaison entre les continents, entre les pays développés et les pays sous-développés, entre les pays africains anglo-saxons et les pays francophones, entre les différentes régions de l’Afrique et enfin, entre les pays. Nous avons ainsi remarqué une disparité et un retard accusé par les pays africains et en particulier les pays francophones. Nous avons cherché à identifier les causes de ce retard, ce qui nous a conduits à identifier quelques défis à relever en Afrique.

Historique du mouvement et concept de libre accès

Nous présenterons d’abord l’historique du mouvement du libre accès avant de nous pencher sur les contours du concept du libre accès.

Historique du mouvement du libre accès

Nous présenterons la naissance du mouvement en occident (1) et son développement en Afrique (2).

La naissance du mouvement du libre accès

Né dans les années 1990, le mouvement du libre accès s’est développé grâce à l’essor de l’internet et des technologies de l’information et de la communication. Cependant, on note, bien avant 1990, quelques initiatives visant à diffuser gratuitement la production scientifique. Nous pouvons citer la création de l’Educational Resources Information Center (ERIC) lancé par le Département de l’Éducation des États-Unis d’Amérique et la Bibliothèque Nationale de l’Éducation en 1966 (Suber 2004). Nous pouvons aussi citer le projet Advanced Research Project Agency Network (ARPANET) lancé par le Département américain de la défense en 1969 [18]. On peut également mentionner le Projet Gutenberg lancé le 4 juillet 1971 par Michael Hart (Suber 2004). Signalons également le lancement, en 1987, d’une revue en ligne gratuite, New Horizons in Adult Éducation (NHAE) par le Syracuse University Kellogg Project [19].

Cependant, il faut reconnaitre que c’est véritablement à partir des années 1990 que le mouvement du libre accès a pris de l’ampleur grâce à l’essor de l’internet. En effet, c’est dans les années 1990 qu’on verra apparaître des revues scientifiques en libre accès : l’Electronic Journal of Communication (EJC) lancée en 1990, la revue Postmodern culture (PMC) lancée en 1990 par Eyal Amiran, Greg Dawes, Elaine Orr et John Unsworth et la revue Surfaces lancée en 1991 par Jean Claude Guédon [20]. La première archive ouverte, arXiv, est lancée le 16 août 1991 par Paul Ginsparg [21]. Elle est spécialisée en physique, mathématique, informatique, biologie quantitative, finance qualitative, statistique, ingénierie électrique, économie et science de système. Au 21 mars 2018, arXiv donne accès à 1 371 804 documents en libre accès dans les domaines cités [22]. En mars 1997, la Sao Paulo Science Foundation (FAPESP) et le Latin America and Caribbean Center on Health Sciences Information (BIREME) ont lancé la Scientific Electronic Library Online (SciELO). Au 21 mars 2018, 1 285 revues, 745 182 articles, 16 943 454 citations ont été répertoriés par SciELO. L’Afrique du Sud est le seul pays africain dont la production scientifique est recensée par SciELO. Les domaines de recherche couverts par SciELO sont : les sciences agricoles, les sciences sociales, les sciences biologiques, l’ingénierie, les sciences exactes et de la terre, les sciences de la santé, les sciences humaines, la littérature et arts [23]. Signalons également le lancement de l’archive ouverte Cogprints le 16 août 1997 modéré par Stevan Harnad [24].

Le développement du mouvement du libre accès en Afrique

En Afrique, un tournant décisif a eu lieu en mai 1998 avec le lancement de l’African Journal Online (AJOL) par le Réseau international pour la disponibilité des publications scientifiques (INASP). AJOL est une organisation à but non lucratif basée en Afrique du Sud considérée comme la plus grande bibliothèque en ligne des revues scientifiques africaines avec validation par les pairs. Elle a pour mission d’augmenter la visibilité en ligne, l’accès et l’utilisation des résultats de la recherche des africains publiés afin de soutenir la qualité de la recherche africaine et l’enseignement supérieur. Au 17 février 2019, AJOL compte 523 revues incluant 256 revues en libre accès et 163 247 articles en texte intégral pour téléchargement dont 104 194 sont en libre accès contre 521 revues africaines incluant 245 revues en libre accès, 151 073 articles en texte intégral dont 93 679 sont publiés en libre accès au 22 avril 2018 [25]. Ces revues proviennent de 32 pays africains [26] dont le top 10 des pays ayant plus de revues recensées est occupé par le Nigéria avec 222 revues suivi par l’Afrique du Sud avec ses 96 revues, l’Ethiopie avec 30 revues, le Kenya avec 29 revues, le Ghana avec 27 revues, la Tanzanie avec 19 revues, l’Egypte avec 14 revues, l’Ouganda et le Zimbabwe avec 12 revues pour chacun et en 10e position, le Cameroun avec ses 08 revues [27]. Parmi les revues recensées, l’on peut citer la Revue d’information scientifique et technique, Journal of Social Development of Africa, South African Journal of Child Health, Journal of Research in Forestry, Wildlife and Environment, Journal of Sustainable Development Law and Policy, Research Journal of Health Sciences, African Scholarly Science Communications Trust, etc. [28]

La même année, on peut mentionner le lancement de la Scholarly Publishing and Academic Resources Coalition (SPARC) par l’Association of Research Libraries (ARL) en juin 1998 [29]. Le mouvement du libre accès a pris de l’ampleur en 1999 avec le lancement de l’Open Archives Initiative (OAI) et l’Electronic Information for Libraries Direct (eIFL Direct) par l’Open Society Institute (OSI) [30]. C’est aussi en 1999, précisément le 26 avril, que BioMed Central a annoncé qu’il allait offrir l’accès libre et en ligne à toutes ses revues et qu’a été adoptée la Convention Santa FE le 22 octobre [31]. Signalons, enfin, que c’est le 15 janvier 2001 qu’a été lancée la célèbre encyclopédie libre Wikipédia par Jimmy Wales [32].

L’une des premières déclarations visant à soutenir le mouvement du libre accès est incontestablement l’Initiative de Budapest pour l’accès ouvert (Budapest Open Access Initiative –BOAI) lancé officiellement par l’OSI le 14 février 2002. Elle donne une définition du concept qui fait toujours foi et prévoit deux voies de diffusion des œuvres en libre accès : la voie verte et la voie dorée. Il convient ici de rappeler que c’est le 16 mai 2002 qu’ont été lancées les licences Creative Commons (CC) par Lawrence Lessig [33].

Par ailleurs, en 2003, d’autres initiatives visant la promotion du libre accès ont vu le jour. Nous pouvons citer DOAJ lancé le 12 mai 2003 par la Lund University grâce au financement d’OSI et de SPARC [34]. Le 20 juin 2003 a été publiée la Déclaration de Bethesda sur l’édition en libre accès. Une autre déclaration digne d’intérêt est la Déclaration de Berlin sur le libre accès du 1ermars 2 005 qui a également apporté son soutien au mouvement.

Nous venons de voir comment depuis l’avènement de l’internet au début des années 1990, le mouvement du libre accès est né et s’est développé au fil du temps grâce à de nouvelles initiatives. L’historique du libre accès présenté, il convient aussi d’apporter des précisions sur les contours du concept du libre accès.

Le concept de libre accès

Le concept de libre accès a fait couler beaucoup d’encre. Les définitions sont nombreuses.

Définition du libre accès

Nous pouvons citer ici la contribution de Lkhagva Gantulga, Directeur général du Consortium des bibliothèques mongoliennes et Coordonnateur National du Programme EIFL-Open Access en Mongolie. Selon lui, le libre accès est « la liberté d’accéder et de publier la connaissance scientifique, et de renforcer le développement durable » (Gantulga 2013, traduction libre) [35]. Une autre contribution digne d’intérêt est celle donnée par Nicholas Kamusiime de la Bibliothèque de l’Université chrétienne de l’Ouganda et Coordonnateur National du Programme EIFL-Open Access en Ouganda. D’après lui, le libre accès signifie que « tout résultat de la recherche est rendu librement visible à ceux qui en ont besoin sans aucun délai ni restriction » (Kamusiime 2013, traduction libre) [36]. Il soutient, en effet, que « quand la recherche est faite et la connaissance générée, elle doit être rendue publique avec l’utilisation de l’internet sans aucune limitation ». Pour Rania M. H. Baleela, Professeur auxiliaire du Département de Zoologie de la Faculté des Sciences de l’Université de Khartoum et Coordonnatrice Nationale du Programme EIFL-Open Access au Soudan, le libre accès est un « accès libre et illimité à la connaissance » (Kuchma 2013, traduction libre) [37].

Selon Iryna Kuchma, le libre accès peut être défini comme « la disponibilité immédiate, en ligne, libre et illimitée des résultats de la recherche » [38]. L’EIFL soutient que le libre accès est une solution efficace aux barrières que les chercheurs et chercheuses des pays en développement et des pays en transition rencontrent pour accéder et partager les résultats de la recherche pouvant améliorer la vie des populations. En effet, le libre accès peut aider les universitaires à partager leur connaissance au profit de nombreuses personnes [39].

Selon Christelle Chapelot de l’ONG française Bibliothèques Sans Frontières, « La notion d’Open Access […] caractérise la mise à disposition gratuite en ligne de la littérature numérique. Il permet à tous les utilisateurs de consulter, télécharger, copier, ou imprimer les contenus sans aucun obstacle financier, juridique ou technique. Les seules contraintes à la reproduction et à la distribution sont le copyright et le droit d’auteur » [40].

Il est clair que le libre accès demeure un concept ambigu et parfois difficile à cerner. Cependant, la définition du libre accès la plus claire, la plus influente et la mieux partagée est sans aucun doute celle qu’on trouve dans les trois déclarations fondatrices du mouvement du libre accès [41] et en particulier celle de l’Initiative de Budapest pour l’accès ouvert :

Par « accès libre » à [la littérature de recherche validée par les pairs], nous entendons sa mise à disposition gratuite sur l’Internet public, permettant à tout un chacun de lire, télécharger, copier, transmettre, imprimer, chercher ou faire un lien vers le texte intégral de ces articles, les disséquer pour les indexer, s’en servir de données pour un logiciel, ou s’en servir à toute autre fin légale, sans barrière financière, légale ou technique autre que celles indissociables de l’accès et l’utilisation d’Internet. La seule contrainte sur la reproduction et la distribution, et le seul rôle du copyright dans ce domaine devrait être de garantir aux auteurs un contrôle sur l’intégrité de leurs travaux et le droit à être correctement reconnus et cités (Initiative de Budapest pour l’accès ouverte 2 002) [42].

Suivant la Déclaration de Bethesda et celle de Berlin pour qu’une œuvre soit en libre accès, le détenteur du droit d’auteur doit consentir à l’avance à ce que les usagers « copient, utilisent, diffusent, transmettent et affichent l’œuvre publiquement, qu’ils créent et diffusent des œuvres dérivatives dans tout médium numérique ayant un objectif responsable, avec attribution adéquate de l’œuvre à son auteur […] » (Suber, traduction libre) [43].

Enfin, il faut souligner que le libre accès aux documents diffusés en ligne dans des archives ouvertes, des bibliothèques numériques, des revues en libre accès ou encore des blogues, ne signifie pas ipso facto un accès universel à la connaissance. En effet, malgré les efforts du mouvement du libre accès, certaines barrières subsistent et semblent difficiles à supprimer : la langue de publication d’un document, la censure imposée dans certaines institutions et par certains États, l’accès au réseau internet, la maîtrise de l’utilisation des équipements informatiques, la maîtrise de la recherche sur le web, l’accès à l’électricité de manière permanente, l’analphabétisme, la pauvreté, etc.

Avantages et moyens de diffusion de la littérature scientifique en libre accès : la voie verte et la voie dorée

L’initiative de Budapest pour l’accès ouvert prévoit deux voies de diffusion des œuvres en libre accès sur internet : la voie verte et la voie dorée. La voie verte concerne l’auto archivage d’un travail académique ou de tout autre document par leurs auteurs dans une archive ouverte. Rappelons ici qu’une archive ouverte peut être institutionnelle ou privée, disciplinaire ou générale c’est-à-dire couvrant plusieurs domaines de recherche. Les manuscrits – les prépublications (preprint) et les post publications (postprint) – peuvent être auto archivées par leurs auteurs sous réserve des autorisations nécessaires pour les versions post publications. En effet, l’auto archivage d’un document suppose que l’auteur détient les droits d’auteur. Cette exigence concerne surtout les articles publiés dans les revues scientifiques à comité de relecture ou encore des livres publiés dans une maison d’édition dont l’auteur veut déposer une copie dans une archive ouverte. La personne qui dépose un document dans une archive ouverte doit être titulaire des droits d’auteur ou recevoir l’accord des titulaires des droits.

La voie dorée concerne la diffusion des articles scientifiques dans les revues en libre accès avec comité de relecture. Rappelons ici que seules les versions validées par les pairs (post publications) sont publiées dans les revues en libre accès avec comité de lecture. Dans certaines revues, l’auteur qui souhaite publier son article en libre accès est tenu au paiement des frais de publication dont le montant est variable. Les revues qui reçoivent des subventions d’une institution dispensent, le plus souvent, les auteur-e-s du paiement des frais de publication. Par ailleurs, certains éditeurs notamment BioMed Central (BMC) et la Public Library of Science (PLoS) ne demandent pas aux auteurs affiliés à des institutions ayant souscrit un abonnement annuel, le paiement des frais de publication [44]. D’autres revues, surtout en sciences humaines et sociales, ne demandent aucuns frais aux auteurs.

Le libre accès est très avantageux aussi bien pour les œuvres valorisées que pour l’auteur et son institution, les chercheurs et les citoyens. Il est démontré aujourd’hui que le libre accès permet d’augmenter la visibilité des travaux de recherche et assure une renommée internationale à leurs auteurs [45]. Avec l’essor de l’internet et la maîtrise de l’outil informatique par les jeunes, les documents publiés en libre accès sont plus visibles que ceux publiés par des moyens conventionnels [46]. Sans le moindre doute, cela contribue à l’accélération et à l’amélioration de la recherche en particulier dans les pays africains où le revenu par habitant est très faible comparé à celui des pays développés. Les chercheurs africains sont souvent confrontés à la difficulté d’accès à la documentation nécessaire sur leur thème de recherche lié à l’absence d’abonnement à des périodiques dans leur institution, au coût des livres académiques, au mode de fonctionnement des bibliothèques universitaires, à l’absence d’une base de données locale, etc. Ces difficultés d’accès aux ressources documentaires nécessaires pour leur travail de recherche sont l’une des causes du retard accusé par les chercheurs. Autrement dit, plus les chercheurs sont un accès facile à la documentation, plus ils avancent vite avec leur thèse, leur mémoire ou leur article scientifique et peuvent améliorer la qualité de leur travail académique. Pour les universités, le libre accès augmente la visibilité de leur corps enseignant et de leurs chercheurs, réduit les dépenses engagées par les bibliothèques universitaires pour les abonnements aux revues conventionnelles et contribue ainsi à la mission essentielle des universités, à savoir, le partage des connaissances [47].

Dans cette première section, nous avons tout d’abord présenté un survol de l’historique du mouvement du libre accès depuis sa naissance au début des années 1990 grâce à l’essor de l’internet ainsi que quelques initiatives ayant précédé sa naissance. Nous avons ensuite présenté les définitions du concept de libre accès proposées par certains experts du domaine et par des organisations de même que celles qui sont présent dans les déclarations officielles qui ont contribué à la fondation du mouvement. Puis, nous nous sommes intéressés aux moyens utilisés pour diffuser la littérature scientifique en libre accès (la voie verte et la voie dorée) et aux avantages du libre accès, en particulier pour l’Afrique. Dans la deuxième section, nous présentons les opportunités et les défis du mouvement du libre accès en Afrique.

Les opportunités et défis du mouvement du libre accès en Afrique

Dans une de ses déclarations, Cheikh Anta Diop [48] soutenait que « la recherche africaine manque surtout d’information à un moment où, toute capacité intellectuelle mise à part, la fécondité du chercheur est fonction de ses moyens de documentation » [49]. Il revient donc aux Africains de saisir les opportunités qu’offre le libre accès pour sortir de l’indigence numérique qui nuit à la recherche et à la renommée des chercheurs et des institutions. En effet, comme le rappelle Antonin Benoit Diouf, « l’Afrique doit se servir des opportunités pour pouvoir surmonter les défis de l’indigence numérique qui caractérise l’Afrique par rapport à l’opulence des autres continents » [50]. Les universitaires africains doivent apprendre à partager les résultats de leur recherche avec les universitaires d’autres continents.

Ce partage n’est possible que si l’Afrique saisit les opportunités que lui offre le libre accès : la création des archives ouvertes, des bibliothèques numériques et des revues en libre accès. En effet, les archives ouvertes, les revues en libre accès, les bibliothèques numériques sont les principaux moyens de valorisation des publications scientifiques des Africains aujourd’hui largement accessibles. Ce sont des moyens utilisés le plus souvent par les institutions universitaires dans la plupart des cas afin de rendre visible et accessible les travaux des chercheurs locaux. Il existe d’autres moyens utilisés par les chercheurs comme les blogs personnels mais ils sont peu utilisés et de nombreux chercheurs ignorent souvent cette voie [51]. Nous présenterons d’abord, le développement des archives ouvertes, des bibliothèques numériques et des revues en libre accès et ensuite, nous réfléchirons à la question de l’amélioration de la qualité de la recherche.

Les opportunités du libre accès en Afrique

Le développement des archives ouvertes, des bibliothèques numériques et des revues en libre accès

L’un des buts du mouvement du libre accès en Afrique est de valoriser la production scientifique et les travaux académiques des universitaires africains. L’on estime qu’environ 4 000 thèses en langue française sont soutenues chaque année en Afrique, mais elles manquent de visibilité et ne sont pas facilement accessibles [52]. Rappelons que pour assurer la valorisation des travaux académiques, l’Initiative de Budapest suggère la voie verte et la voie dorée.

Depuis quelques années, l’on assiste à l’augmentation du nombre d’archives ouvertes. En date du 27 juillet 2016, 140 archives ouvertes étaient répertoriées en Afrique par OpenDOAR [53]. Ce chiffre a augmenté pour atteindre 155 archives ouvertes en Afrique au 8 février 2018. Moins de deux mois plus tard, précisément le 26 mars 2018, deux nouvelles archives ouvertes sont répertoriéesdans 22 pays. L’Afrique du Sud détient toujours le record continental avec ses 38 archives ouvertes répertoriées au 14 février 2019. Elles proviennent de 22 pays africains : Afrique du Sud (33), Kenya (29), Nigéria (21), Algérie (13), Tanzanie (11), Zimbabwe (11), Soudan (09), Égypte (05), Ghana (04), Éthiopie (02), Sénégal (02), Maroc (02), Rwanda (02), Cap Vert (02), Namibie (02), Ouganda (02), Botswana (02), Cameroun (01), Lesotho (01), Mozambique (01), Tunisie (01), Zambie (01 [54].

Pour plus de détails, voir : http://www.eprints-campuce.org/view/divisions/.
Au Cameroun, seule une archive ouverte a été répertoriée. Il s’agit d’Eprint-campuce créée en 2011 par l’Association Campuce. On y trouve 35 documents provenant presque uniquement de l’Afrique [55]. Au Nigéria, parmi les 21 archives ouvertes répertoriées au 26 mars 2018, on peut citer : « Afe Babalola University Repository » de l’Afe Babalola University, Ahmadu Bello University Institutional Digital Repository, American University of Nigeria (AUN) Digital Repository, Covenant University Electronic Theses and Dissertation Repository de la Covenant University, Institutional Repository of the Federal University Ndufu Alike-Ikwo, etc. Au Sénégal, la première archive ouverte répertoriée par OpenDOAR est « Biens culturels africains (BCA) » [56] qui a été développée par l’Institut Fondamental d’Afrique Noire Cheikh Anta Diop (IFAN) de l’Université Cheikh Anta Diop(UCAD) en partenariat avec l’Université de Toulouse le Mirail de France. Cette archive, lancée en 2007, a permis la numérisation d’une partie importante de fonds de l’IFAN. On y trouve des articles, des rapports de conférences, des documents non publiés, des livres et des documents multimédias [57]. La deuxième archive ouverte répertoriée est celle de l’Institut Africain de Développement Économique et de Planification (IDEP). Elle contient des articles, des thèses, des livres, des rapports de conférence, et des documents multimédias.

On peut également citer le projet de valorisation de la littérature grise de l’Afrique centrale supervisé par le Centre International de Recherche et de Documentation sur les Traditions et les Langues Africaines (CERDOTOLA), porteur du projet, en partenariat avec six universités d’Afrique Centrale : l’Université de Bangui (République centrafricaine), l’Université de Marien Ngouabi à Brazzaville (République du Congo), l’Université du Burundi (Burundi), l’Université de Kinshasa (République Démocratique du Congo), l’Université de N’Djamena (Tchad) et l’Université de Yaoundé I (Cameroun) [58]. Ce projet a pour objet la numérisation et la mise en ligne des thèses et mémoires soutenus dans les universités des pays membres du CERDOTOLA. Malheureusement, le projet a été suspendu.

Il existe également des projets de création de bibliothèques numériques visant la valorisation de la littérature grise. Au Sénégal, nous pouvons citer la bibliothèque numérique du Département d’histoire de l’UCAD qui possède un fonds documentaire très riche sur l’esclavage et 484 thèses et mémoires en ligne en texte intégral [59]. LaBibliothèque universitaire de l’UCAD (BUCAD) a également lancé un projet de création d’une nouvelle bibliothèque électronique afin d’archiver, de sauvegarder et de rendre accessibles tous les documents issus des trois premiers projets n’ayant pas marché : Cyberdocs, DATAD, SIST [60].

De revues en libre accès sont aussi mises en place. Suivant les statistiques du DOAJ, 616 articles ont été répertoriés en Afrique au 8 février 2018 et ce chiffre est passé à 776 au 14 février 2019 (DOAJ, 2019). Au Cameroun, une seule revue a été répertoriée, la revue de médecine et des sciences de la santé « Health Sciences Diseases ». Elle a été créée parla Faculté de Médecine et des Sciences Biomédicales (FMBS) de l’Université de Yaoundé I. Les documents sont publiés en format PDF et HTML, en français et en anglais. Elle demande des frais de publication aux auteurs dont le montant s’élève à 100 000 F CFA (DOAJ 2018). Au Nigeria, six (06) revues en libre accès ont été répertoriées par DOAJ au 22 avril 2018 dont “Journal of Sustainable Development Law and Policy” de l’Afe Babola University ajouté le 19 janvier 2017, “Nigerian Journal of Technological Development” of The University of Ilorin, Faculty of Engineering and Technology, ajouté le 19 décembre 2016, “Research Journal of Health Sciences” of the Osun State University ajouté le 9 février 2018, “Journal of Experimental Research” of Enugu State University of Science of Technology (DOAJ 2018). En RDC, une (01) revue a été répertoriée par DOAJ notamment les “Annales Africaines de médecine” de l’Université de Kinshasa, Faculty de médecine. Au Kenya, trois (03) revues ont été répertoriées notamment the “Journal of Animal, Plant Sciences” of the ELEWA Biosciences, the “Journal of Applied Biosciences” of the Elewa Biosciences et the “African Journal of Food, Agriculture, Nutrition and Development” of the African Scholarly Science Communications Trust (DOAJ 2018). En Algérie, 17 revues en libre accès ont été répertoriées par DOAJ dont la “Revue des sciences sociales” de l’Université Sétif 2 ajoutée le 4 février 2017, “Sciences et Technologie” de l’Université Mentouri, “Annale du patrimoine” de l’Université de Mostaganem ajouté le 9 septembre 2016, “Algeria Journal of Natural Products” de l’Université de Bejaia ajouté le 15 mai 2016, “Nutrition et Santé” de l’Université d’Oran 1 Ahmed Ben Bello ajouté le 4 avril 2017 (DOAJ 2018).

Il existe d’autres plateformes recensant des revues africaines notamment Revues.org, SciELO South Africa, Erudit.org ou encore African Journal Online (AJOL). La plateforme Revues.org héberge 19 revues sur l’Afrique dont « Afriques », « Cahiers d’études africaines » et le « Journal des africanistes ». SciELO South Africa héberge, quant à lui, 28 revues électroniques africaines. Erudit.org, une plateforme canadienne, héberge plusieurs revues sur l’Afrique dont « Études littéraires africaines » éditée par l’Association pour l’étude des littératures africaines (APELA) [61].

Une autre opportunité du mouvement du libre accès en Afrique est l’amélioration de la recherche produite dans les universités.

L’amélioration de la qualité de la recherche

Il existe un lien entre la valorisation et la facilitation de l’accès aux résultats de la recherche et l’amélioration de la qualité de la recherche en cours et même son accélération. En effet, aucune recherche sérieuse, aucune thèse, aucun mémoire ne peut être rédigé sans une revue préalable de la littérature. Cette revue de la littérature permet de faire le point sur ce qui a été écrit dans le domaine qu’on veut aborder. On s’appuie sur ce qui existe pour faire avancer les connaissances. Or, il s’avère qu’en Afrique, les chercheurs font face à certaines difficultés pour accéder à la connaissance. Lors de l’Open Access Week 2016 au Cameroun [62], certaines difficultés rencontrées par les chercheurs ont été relevées notamment : le fonctionnement inadéquat des bibliothèques, l’anachronisme des ouvrages, la non maitrise de l’outil informatique, l’absence du financement de la recherche, l’indigence des chercheurs et l’égoïsme de certains chercheurs, etc.

Les bibliothèques universitaires de l’Afrique, malgré leur bonne volonté, n’arrivent pas à satisfaire les besoins documentaires de leurs usagers compte tenu de leur faible budget annuel qui est réduit d’année en année et de l’absence d’une politique de libre accès dans les universités. Par conséquent, cela affecte la qualité et la durée de la recherche. Ceci peut expliquer pourquoi un mémoire dont la durée normale de rédaction est d’un an va dépasser le délai et souvent sa qualité n’est pas bonne. Le libre accès se présente donc aujourd’hui comme une solution efficace pour contribuer à l’amélioration de la qualité de la recherche et à la réduction de sa durée.

Après avoir présenté les opportunités du mouvement du libre accès en Afrique notamment la création d’archives ouvertes, de bibliothèques numériques et de revues en libre accès, de même que les possibilités d’amélioration de la qualité de la recherche reliées au mouvement du libre accès, il convient de présenter les défis du mouvement du libre accès en Afrique.

Les défis du mouvement du libre accès en Afrique

En comparant les statistiques obtenues en consultant DOAJ, DOAB, OpenDOAR ou encore ROARMAP pour les pays occidentaux et pour les pays africains, nous avons noté une grande disparité de chiffres : l’Afrique accuse un grand retard face à l’Europe, l’Amérique et même l’Asie au regard du nombre d’archives ouvertes développées, de politiques de libre accès adoptées ou encore de revues scientifiques en libre accès créées et de livres académiques diffusés en libre accès. La recherche des causes de ce grand retard qu’accuse l’Afrique nous a amenés à découvrir les défis à relever par le mouvement du libre accès sur le continent. Les principaux défis du mouvement du libre accès en Afrique sont : la réduction des coûts des frais de publication, la protection des droits d’auteur et la pérennisation des projets de création d’archives ouvertes, de revues en libre accès ou de bibliothèques numériques.

Nous analyserons d’abord les défis de réduction des coûts des frais de publication et de la protection des droits d’auteur avant d’analyser le problème de la pérennisation des projets visant la promotion du libre accès.

La réduction du coût de publication et la protection des droits d’auteurs

Le financement des revues en libre accès se fait en amont soit par une subvention institutionnelle soit en fracturant les frais de publication demandés aux auteurs. Ces derniers varient d’une revue à l’autre. Par exemple, au Cameroun, Health Sciences Diseases, la revue de médecine et des sciences de la santé de la Faculté de Médecine et des Sciences Biomédicales (FMBS) de l’Université de Yaoundé I exige 100 000 FCFA (hsd-fmsb.org). Au Nigéria, Nigerian Journal of Surgery demande 5 000 INR, Arid Zone Journal of Engineering Technology and Environment exige 6 000 NGN, Nigerian Journal of Technological Development demande 5 000 INR, Journal of Sustainable Development Law and Policy impose 500 $ US, Tropical Journal of Pharmaceutical Research demande 150 $ US (DOAJ 2018).

D’autres revues en libre accès comme Journal of Paediatric Surgery demande 150 $ US, BioMed Central, un éditeur britannique (UK) racheté par Springer en 2008 et financé par les fondations (Wellcome Trust) et les auteurs et qui édite 206 revues en libre accès spécialisées dans les domaines des sciences, techniques et médecine (STM) exige entre 540 et 1 740 euros soit en moyenne 1 135 euros (Deboin and Sauvajon 2010, 13). Quant à PLoS, une organisation américaine à but non lucratif (USA) financée exclusivement par les auteurs des publications et qui édite environ 7 revues en libre accès spécialisées dans les domaines de la Biologie, médecine, génétique, maladies humaines tropicales, demande de 287 à 2 108 euros soit en moyenne 1 600 euros. Hindawi, un éditeur commercial américain (USA) financé exclusivement par les auteurs de publication et qui publie environ 200 revues en libre accès dans les domaines des Sciences, techniques et médecine (STM) dont Agriculture, impose, de 143, pour la majorité de ses revues, à 1 450 euros (Deboin and Sauvajon 2010, 13). Il convient de signaler ici que des réductions sont possibles pour les chercheurs des institutions qui payent des droits d’adhésion. Par exemple, les publications des chercheurs du CIRAD bénéficient d’une réduction de 15 % à BioMed Central et 10 % à PLoS. Toutefois, ce montant est très élevé pour les universitaires africains et peut les décourager à publier en libre accès surtout s’ils n’ont aucun financement.

Une solution à ce problème serait d’encourager la création des revues nationales ou institutionnelles ne chargeant pas de frais aux citoyens ou chercheurs de l’institution. L’on peut également suggérer aux chercheurs africains de publier leurs travaux dans les revues des petits éditeurs qui ne demandent pas les frais de publication. Il existe, en Afrique, des revues en libre accès qui ne chargent pas les auteurs des frais de publication. Nous pouvons citer ici, en RDC, les “Annales africaines de médecine” de la Faculté de médecine de l’Université de Kinshasa, qui est une revue institutionnelle (DOAJ 2018). Les autres universités de cette sous-région devraient s’inspirer de ce genre d’initiative pour encourager les chercheurs de leur institution à publier en libre accès afin de valoriser les résultats de leurs travaux de recherche. En Algérie, il existe aussi des revues en libre accès ne chargeant pas les auteurs de ces frais notamment “Nutrition et santé” de l’Université d’Oran 1 Ahmed Ben Bello, “Algeria Journal of Natural Products” de l’Université de Bejaia, les “Annales du Patrimoine” de l’Université de Mostaganem (DOAJ 2018). Au Nigéria, l’on peut citer Journal of Experimental Research, Journal of Sustainable Development Law and Policy, HIV § AIDS Review ; International Journal of HIV-Related Problems.

Un autre défi à relever par le mouvement du libre accès est d’assurer la protection des droits d’auteur. Cette question a été largement débattue lors des conférences organisées au Cameroun en 2015 et 2016 à l’occasion de l’Open Access Week. Cette question a été posée par des chercheurs et étudiants désirant publier leurs travaux en libre accès. Certains chercheurs estimaient que libre accès ne protège pas assez leurs travaux académiques et que tout ce qui est publié sur le web est vulnérable et peut être vite plagié sans moyen de contrôle. Ceci montre que c’est une inquiétude majeure des chercheurs africains face à ce nouveau concept du libre accès. Les chercheurs ont souvent manifesté clairement leur réticence à publier en libre accès par peur de perdre leur droit d’auteur. Certains estiment que leurs œuvres sont mieux protégées lorsqu’elles sont publiées de manière “conventionnelle” et font moins confiance aux éditeurs qui proposent une publication en libre accès [63].

Une solution à ce problème est de rassurer les chercheurs sur la protection de leur droit d’auteur et de leur rappeler qu’il existe des moyens de lutter contre le plagiat. En effet, il existe des logiciels anti-plagiat utilisé dans certaines universités. Un tel logiciel existe à l’Université de Yaoundé II-Soa où 12 thèses ont récemment été rejetées pour plagiat. L’information a été relayée par les médias et la presse écrite locale. Seulement, peu d’universités africaines sont dotées de tel logiciel. Ceci montre bien que le libre accès est compatible avec les droits d’auteurs, car ces derniers sont respectés. Publier ses travaux en libre accès n’implique pas de perdre ses droits d’auteur sur l’œuvre ni que le mot plagiat n’existe plus. Par conséquent, il est important de citer les auteurs des œuvres publiées en libre accès et dont on a pris connaissance. Il est important de signaler ici que les œuvres publiées en libre accès sur internet le sont le plus souvent sous les licences Creative Commons dont la plus utilisée actuellement est la CC BY-NC-ND (DOAJ 2018). Les licences Creative Commons permettent de préciser les conditions d’exploitation des œuvres diffusées en libre accès sur le web.

Par ailleurs, avant qu’une œuvre ne soit déposée dans une archive ouverte, qu’elle soit institutionnelle, nationale, disciplinaire ou générale, l’auteur de l’œuvre en question doit être titulaire des droits d’auteur sur l’œuvre. S’il s’agit d’un manuscrit ou d’une version non publiée de l’œuvre, aucune autorisation n’est nécessaire pour son auto archivage, car le consentement de l’auteur est suffisant. Cependant, la situation devient plus compliquée pour l’auto archivage d’une version déjà publiée. En effet, lorsque l’auteur a cédé ses droits d’auteur à un éditeur, l’autorisation de ce dernier est requise et est préalable avant tout dépôt dans une archive ouverte [64].

Au départ, les éditeurs étaient réticents à donner leurs autorisations aux auteurs mais de nos jours, plusieurs acceptent de donner leur accord surtout lorsque l’institution à laquelle appartient l’auteur ou l’organisme qui a financé sa recherche exige le dépôt d’un exemplaire dans l’archive institutionnelle. Ceci arrive dans les institutions disposant déjà d’une politique du libre accès qui conditionne souvent l’obtention du diplôme ou l’avancement en grade au dépôt effectif de la thèse, mémoire ou article scientifique dans l’archive ouverte appartenant à l’institution. Heureusement, de nos jours, 60 % des éditeurs donnent leur accord pour l’auto archivage des archives scientifiques [65]. Par ailleurs, certains organismes de financement de la recherche notamment le Welcome Trust et les National Institutes of Health (NIH) exigent des auteurs qu’ils conservent l’essentiel de leurs droits lorsqu’ils publient leurs articles dans des revues. Dans certaines universités notamment la Harvard University et le Massachusetts Institute of Technology (MIT), les enseignants-chercheurs accordent d’office à l’université le droit non exclusif de diffuser leurs publications scientifiques en libre accès. La politique de libre accès adoptée par l’institution précise au mieux les contours d’une telle autorisation [66].

En Afrique, la situation est un peu plus compliquée car dans certains pays, il n’existe aucune politique du libre accès adoptée qu’elle soit institutionnelle ou nationale. C’est notamment le cas dans l’ensemble des pays de l’Afrique centrale : Cameroun, RDC, Congo Brazzaville, Gabon, Guinée Equatoriale, Tchad, République Centrafricaine (ROARMAP 2018). Par ailleurs, de nombreuses institutions universitaires d’Afrique n’ont pas de dépôt institutionnel. Lorsqu’il existe des bibliothèques spécialisées dans les facultés et une bibliothèque centrale dans une université, les thèses et mémoires sont déposés à bibliothèque de la faculté du chercheur. Très souvent, seule la copie imprimée des thèses et mémoires soutenus dans l’institution est souvent déposée à la bibliothèque ; seules les bibliothèques universitaires qui envisagent de créer une bibliothèque numérique demandent aussi une copie numérique du document. Par ailleurs, les chercheurs publient souvent leurs travaux académiques ou articles scientifiques chez des éditeurs étrangers et seuls l’auteur et la maison d’édition maitrisent le contenu de leur contrat de diffusion.

Un autre souci avec le libre accès concerne le problème de la vulnérabilité sur le web. Lors de l’Open Access Week 2016 au Cameroun, la question de la vulnérabilité des contenus publiés en libre accès sur le web a été soulevée. Ce fut l’occasion de réfléchir sur ce problème considéré comme l’un des défis du mouvement du libre accès [67]. À cet effet, on peut se demander comment protéger les auteurs du plagiat et des utilisations à usage commercial sans autorisation. Même l’institution qui crée l’archive ouverte, la revue en libre accès ou la bibliothèque numérique ne peut vraisemblablement pas empêcher le plagiat ou la vente illicite. L’Afrique doit donc relever ce grand défi pour émerger.

En plus des défis qui concernent la nécessaire réduction des frais de publication demandés aux auteurs dans les revues en libre accès et la protection du droit d’auteur, le mouvement du libre accès doit également relever le défi de la pérennisation des projets de création d’archive ouverte, de revues scientifiques en libre accès ou de bibliothèques numériques en Afrique.

La pérennisation des projets d’archives ouvertes et de bibliothèques numériques

Plusieurs projets en faveur du libre accès sont initiés en Afrique, mais ne durent pas longtemps. Certains de ces projets sont suspendus pendant des années malgré leur avancée et l’espoir de les voir continuer diminue au fil du temps. C’est le cas du projet de valorisation de la littérature grise des universités des pays membres du CERDOTOLA ou encore de l’archive ouverte Biens culturels africains.

Au Sénégal, plusieurs projets de numérisation et de mise en place d’archives institutionnelles visant à faciliter l’accès à l’information scientifique et technique produite par les chercheurs africains ont été mis en veilleuse. C’est le cas du projet Cyberdocs, initialement appelé cyberthèses, mis de côté du fait du manque de pérennité des financements. Ce projet avait été initié par l’Université Lumière Lyon 2 et son serveur pour l’Afrique de l’Ouest se trouvait à la BUCAD. Il visait la mise en ligne des thèses et mémoires au format PDF des étudiants de l’UCAD depuis 2002 avec l’accord des auteurs de ces documents. Nous pouvons également citer le Projet DATAD de l’Association des Universités Africaines géré par la BUCAD qui, tout comme Cyberdocs, a été mis en veilleuse à cause du problème de la pérennité des financements [68]. Un autre projet n’a pas achevé son parcours : le Projet Système d’Information Scientifique et Technique (SIST). Ce projet visait la valorisation des travaux académique de l’UCAD et avait pour opérateur technique l’UCAD elle-même. Selon le responsable du service de numérisation de la BUCAD, ce projet n’est plus d’actualité.

Il arrive parfois que les sites internet de certaines bibliothèques numériques ne fonctionnent plus. Par conséquent, les chercheurs n’ont plus accès à la documentation qui y était accessible en ligne librement ou gratuitement, en tout temps et en tout lieu. En plus, lorsque les chercheurs se rendent à la bibliothèque, ils découvrent, malheureusement, que certains documents en ligne, thèses, livres numériques ou articles, ne sont pas disponibles en version papier. Cela signifie que si le site internet de la bibliothèque numérique ou de l’archive ouverte ne fonctionne plus, ils n’ont aucun autre moyen d’accéder à la documentation.

Plusieurs raisons peuvent expliquer cet état de fait : l’absence de financement ou des financements non pérennes des projets, le problème d’accès à l’électricité qui cause l’extinction des serveurs, la faiblesse de la bande passante internet et son coût élevé, la non-maîtrise des logiciels documentaires libres utilisés par les membres de l’équipe projet, l’absence d’infrastructures adéquates. Le coût élevé de la bande passante internet et sa faiblesse empêche les universités africaines d’abriter des archives ouvertes. Par exemple, les universités africaines payent environ 10 000 dollars par mois pour la même bande passante internet qui coûtera moins de 100 dollars en Amérique du Nord ou en Europe [69]. Le coût de la bande passante internet est ainsi 100 fois plus élevé que celui pratiqué dans les pays occidentaux. Par ailleurs, peu de bibliothèques universitaires ont accès à l’internet.

Un constat a été fait par l’organisation EIFL selon lequel les revues et les archives ouvertes créées dans les pays partenaires d’EIFL ne satisfont plus la demande des chercheurs et ne fonctionnent pas correctement. Ces projets semblaient pourtant avancer. Afin de remédier à ce problème, un audit des dits projets a été prévu dans le plan d’action 2016/2017 du Programme EIFL-Open Access en collaboration avec les Coordonnateurs Nationaux du Programme [70]. Nous préconisons comme solution, en plus des audits, l’impression et la sauvegarde de la version papier des documents publiés en ligne dans la bibliothèque numérique ou dans l’archive ouverte. Par ailleurs, un contrôle régulier du projet, des rapports d’état d’avancement du projet envoyés aux organismes de financement, l’étude sur le terrain, un bon plan d’affaires, l’implication des spécialistes du domaine, la formation du personnel recruté ou impliqué dans le projet, un matériel adéquat et l’accès à une bonne connexion internet peuvent être suggérés comme solutions pour la pérennisation des projets de promotion du libre accès en Afrique.

Conclusion

l ressort de notre étude que le mouvement du libre accès est présent en Afrique et continue ses activités grâce au soutien de quelques institutions nationales et de certaines organisations internationales. Le mouvement du libre accès offre à l’Afrique de nombreuses opportunités notamment la création des archives ouvertes, des revues en libre accès, des bibliothèques numériques, l’amélioration de la qualité de la recherche et son accélération. Cependant, de nombreux défis doivent encore être relevés notamment la réduction des frais de publication demandés aux auteurs et la pérennisation des projets de mise en place de différentes initiatives comme les archives ouvertes, les revues en libre accès et les bibliothèques numériques. Les causes de ce problème non négligeables ont été présentées et des solutions ont été suggérées afin d’y remédier.

L’Afrique a beaucoup avancé dans la promotion du libre accès au regard des projets qui naissent et des initiatives qui ne cessent de se multiplier. Visiblement, la campagne de sensibilisation menée sur le continent africain pour le sortir de son « indigence numérique » a porté ses fruits. Mais, le berceau de l’humanité va-t-il s’arrêter là ?

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Niclaire Prudence Nkolo, « Le mouvement du libre accès en Afrique : opportunités et défis », Revue française des sciences de l’information et de la communication [En ligne], 16 | 2019, mis en ligne le 20 mai 2019, consulté le 28 mai 2019. URL : http://journals.openedition.org/rfsic/6026 ; DOI : 10.4000/rfsic.6026

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Niclaire Prudence Nkolo est la Coordinatrice Nationale du Programme EIFL-Open Access au Cameroun. Elle a organisé trois éditions de l’Open Access Week au Cameroun (2014, 2015 et 2016) et deux OpenCon satellite event à Yaoundé (OpenCon 2016 Yaoundé et OpenCon 2017 Yaoundé). Elle est également Jeune Leader Bibliothèques Sans Frontière (BSF) du Cameroun et la fondatrice et promotrice de la Bibliothèque numérique Thèmérathèque. Elle est bibliothécaire et travaille à l’Université de Yaoundé I. Elle est également doctorante en droit international à l’Université de Yaoundé II-Soa.

Licence : CC by-nc-sa

Notes

[2Nous pouvons citer ici deux ateliers organisés par l’ABADCAM. Le premier est l’atelier de formation de deux jours sur le thème « L’accès aux ressources électroniques dans les bibliothèques » organisé en partenariat avec l’Ambassade des États-Unis au Cameroun à la James Baldwin Information Resources Center du 7 au 8 mai 2014. Nous pouvons également citer l’atelier organisé en partenariat avec le Goethe Institut de Yaoundé du 17 au 18 octobre 2014 sur le thème « La gestion des connaissances et technologies ».

[3C’est le cas du Cameroun, pays d’Afrique centrale, avec sa Vision 2035 pour un pays émergent.

[4Iryna Kuchma, « Looking ahead : EIFL Open Access Programme plans for 2016-2017 »

Building on past achievements to strengthen OA in our partner countries » dans EIFL en ligne, 28 janvier 2016. http://www.eifl.net/blogs/looking-ahead-eifl-open-access-programme-plans-2016-2017.

[5Iryna Kuchma, « University of Nairobi opens up their research to the world : Students and faculty discuss how Open Access is transforming how they access and share knowledge at their institution » dans EIFL en ligne, 9 mars 2015. http://www.eifl.net/blogs/video-university-nairobi-opens-their-research-world.

[6Iryna Kuchma, « Open access advocacy in Zambia : New EIFL advocacy project helps improve accessibility and visibility of research » dans EIFL en ligne, 23 juillet. 2015. http://www.eifl.net/blogs/open-access-advocacy-zambia.

[7Iryna Kuchma, « Looking ahead : EIFL Open Access Programme plans for 2016-2017 ».

Building on past achievements to strengthen OA in our partner countries », op. cit.

[9Niclaire Prudence Nkolo, Rapport de l’OpenCon 2016 Yaoundé, Yaoundé, Projet Soha, 2016, p. 1.

[11Ibidem

[12De plus, ma propre expérience comme Coordonnatrice Nationale du Programme EIFL-Open Access au Cameroun et comme hôte de deux OpenCon Satellite events à Yaoundé (OpenCon 2016 Yaoundé et OpenCon 2017 Yaoundé) et comme organisatrice et coordinatrice de trois Open Access Week au Cameroun (2014, 2015 et 2016) a été d’une grande utilité pour mieux appréhender le sujet et présenter certaines réalités et initiatives du mouvement du libre accès au Cameroun.

[19Peter Suber, « Timeline of the Open Access Movement », dans Earlham Education, 2004 mise à jour 9 février 2009. https://legacy.earlham.edu/~peters/fos/timeline.htm.

[20Ibidem

[21Ghislaine Chartron. « Stratégie, politique et reformulation de l’Open Access », Revue française des sciences de l’information et de la communication [En ligne], N° 8, 2016, mis en ligne le 24 mars 2016, consulté le 17 février 2018. URL : http://journals.openedition.org/rfsic/1836 ; DOI : 10.4000/rfsic.1836.

[22ttp :// :www.arxiv.org.

[26Afrique du Sud (96), Algérie (05), Benin (01), Botswana (03), Burkina Faso (03), Cameroun (08), Côte d’Ivoire (04), Égypte (14), Érythrée (01), Éthiopie (30), Ghana (27), Île Maurice (03), Kenya (29), Lesotho (01), Libye (02), Madagascar (01), Malawi (04), Mozambique (01), Nigeria (222), Ouganda (12), RDC (01), Rwanda (05), Sénégal (06), Sierra Leone (01), Sud Soudan (01), Soudan (03), Swaziland (03), Tanzanie (19), Togo (01), Tunisie (02), Zambie (02) et Zimbabwe (12).

[28Ibidem

[29Peter Suber, « Timeline of the Open Access Movement », op. cit.

[30Ibidem

[31Ibid.

[32J. J. Wilson and Antonia Clare, « The World Largest Encyclopaedia ». Dans J. J. Wilson and Antonia Clare, New Total English Advanced Student’s Book, Edinburg Gate, Pearson Education Limited, 2012, p. 26.

[33Peter Suber, « Timeline of the Open Access Movement », op. cit.

[34Ibidem.

[35ryna Kuchma, « What does Open Access mean to you ? » dans EIFL en ligne, 21 octobre 2013. http://:www.eifl.net/blogs/what-does-open-access-mean-you.

[36Ibidem

[37Ibid

[38Iryna Kuchma, « Looking ahead : EIFL Open Access Programme plans for 2016-2017 »

Building on past achievements to strengthen OA in our partner countries », op. cit.

[39Iryna Kuchma, « Open access advocacy in Zambia : New EIFL advocacy project helps improve accessibility and visibility of research », op. cit.

[40Chapelot Christelle. « Prudence Niclaire Nkolo : une jeune leader engagée dans la promotion de l’Open Access » dans BSF Campus [en ligne], 12 février 2016. http://www.bsfcampus.org/index.php/charity-blog/276-prudence-nicalire-nkolo-une-jeune-leader-engagee-pour-la-promotion-de-l-open-access.

[41L’Initiative de Budapest pour l’accès ouvert (2002), la Déclaration de Bethesda sur l’édition en libre accès (2003) et la Déclaration de Berlin sur le Libre Accès à la Connaissance en Sciences exactes, Sciences de la vie, Sciences humaines et sociales (2003).

[42Roseline Bawack and Prudence Nkolo. « Open Access Movement : Reception and Acceptance by Academic Libraries in Developing Countries » in Library Philosophy and Practice, 2018, p. 3. http://digitalcommons.unl.edu/libphilprac/2023.

[43eter Suber, « Open Access Overview : Focusing on open access to peer-reviewed research articles and their preprints » dans Legacy Earlham College [en ligne], 2012, 5 December 2015. https://legacy.earlham.edu/~peters/fos/overview.htm.

[44Peter Suber, « Open Access Overview : Focusing on open access to peer-reviewed research articles and their preprints ». Op. cit.

[45Christelle Chapelot. « Open Access et valorisation des publications scientifiques : les défis de l’Afrique francophone » dans BSF Campus en ligne, 2016. http://www.bsfcampus.org/index.php/charity-blog/282-open-access-et-valorisation-des-publications-scientifiques-les-defis-de-l-afrique-francophone.

[46Niclaire Prudence Nkolo, « Open Access et valorisation des publications scientifiques : les défis de l’Afrique francophone », Op. cit., p. 91.

[47Peter Suber, « Open Access Overview : Focusing on open access to peer-reviewed research articles and their preprints », op. cit.

[48Cheikh Anta Diop (1923-1986) est un historien, anthropologue, égyptologue, spécialiste de physique nucléaire et homme politique sénégalais.

[49Kane Khardiatou, Réalités sur l’accès à l’information scientifique numérique dans les bibliothèques des universités du Sénégal : l’exemple de l’université de Dakar, op. cit., p. 7.

[50Antonin Benoit Diouf, « Bibliothèques numériques en Afrique : opportunités et défis ». Communication lors du séminaire Bibliothèques africaines nouvelle génération. Yaoundé, 30-31 mars 2012.

[51Christelle Chapelot. « Open Access et valorisation des publications scientifiques : les défis de l’Afrique francophone », op. cit.

[52Kane Khardiatou, Réalités sur l’accès à l’information scientifique numérique dans les bibliothèques des universités du Sénégal : l’exemple de l’université de Dakar, op. cit., p. 10.

[53Niclaire Prudence Nkolo, « Open Access et valorisation des publications scientifiques : les défis de l’Afrique francophone », op. cit., p. 89.

[55Pour plus de détails, voir : http://www.eprints-campuce.org/view/divisions/.

[56Le contenu de l’archive n’est actuellement pas disponible en ligne (http://bca.ucad.sn/jspui/).

[57Kane Khardiatou, Réalités sur l’accès à l’information scientifique numérique dans les bibliothèques des universités du Sénégal : l’exemple de l’université de Dakar, op. cit., p. 11.

[58CERDOTOLA. Rapport général de l’atelier international de formation et de concertation pour la mise en œuvre du projet de valorisation de la littérature grise de l’Afrique centrale, Yaoundé 8-11 mai 2012, 2013, 50 p.

[59Kane Khardiatou, Réalités sur l’accès à l’information scientifique numérique dans les bibliothèques des universités du Sénégal : l’exemple de l’université de Dakar, op. cit., p. 11.

[60Ibidem

[61Soline Lau-Suchet, Marine Defosse et Fanny Mion-Mouton, « Open Access et ressources en libre accès sur le continent africain », Op. cit.

[62Niclaire Prudence Nkolo, Rapport de l’Open Access Week 2016 au Cameroun, Yaoundé, Projet Soha, 2016, p. 17.

[63Niclaire Prudence Nkolo, Rapport de l’Open Access Week 2015 au Cameroun, Yaoundé, COCUREL, 2015, p. 18. Voir aussi. Niclaire Prudence Nkolo, Rapport de l’Open Access week 2016 au Cameroun, Op. cit., p. 20.

[64Peter Suber, « Open Access Overview : Focusing on open access to peer-reviewed research articles and their preprints », Op. cit.

[65Ibidem

[66Peter Suber, « Open Access Overview : Focusing on open access to peer-reviewed research articles and their preprints », op. cit.

[67Niclaire Prudence Nkolo, Rapport de l’Open Access Week 2016, op. cit., p. 20.

[68Kane Khardiatou, Réalités sur l’accès à l’information scientifique numérique dans les bibliothèques des universités du Sénégal : l’exemple de l’université de Dakar, op. cit., p. 7.

[69Access Publishing and Scholarly Communications in Nigeria, [en ligne], Lagos, University of Lagos, 2003, p. 17. https://pdfs.semanticscholar.org/549e/27bb4dfa239be7f88a0859af6c2f4d685bc0.pdf.

[70Iryna Kuchma, « Looking ahead : EIFL Open Access Programme plans for 2016-2017. Building on past achievements to strengthen OA in our partner countries », op. cit.

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