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« Ce que les SIC font aux controverses environnementales, ce que les controverses environnementales font aux SIC »

Un article repris de http://journals.openedition.org/rfs...

Dans ce travail, nous explorons les interrelations et effets réciproques des Sciences de l’Information et de la Communication (SIC) avec les controverses environnementales. Objet scientifique et sillon de recherche en SIC depuis les années 1990, la question environnementale se focalise bien souvent sur les crises et sur des objets par nature « controversés ». Cette étude, sans chercher l’exhaustivité ou à épuiser le sujet, s’attache à analyser la littérature scientifique, les projets de recherche et les travaux de chercheurs essentiellement francophones (France, Belgique, Canada, etc.) sur les controverses environnementales en SIC avec une double interrogation : D’une part, quelles sont les spécificités épistémologiques d’une approche en SIC sur les controverses environnementales ? D’autre part, dans une perspective réflexive, qu’est-ce que les recherches sur les controverses environnementales apportent aux SIC en général ?

Référence électronique

François Allard-Huver, « « Ce que les SIC font aux controverses environnementales, ce que les controverses environnementales font aux SIC » », Revue française des sciences de l’information et de la communication [En ligne], 21 | 2021, mis en ligne le 01 janvier 2019, consulté le 04 mars 2021. URL : http://journals.openedition.org/rfsic/10215 ; DOI : https://doi.org/10.4000/rfsic.10215

Les controverses environnementales font aujourd’hui l’objet d’une attention nouvelle et renforcée au sein des sciences humaines et sociales alors que l’imminence de la catastrophe écologique est devenue le nouvel « état normal » des sociétés post-industrielles (Beck, 2008 : 43). L’analyse des controverses environnementales s’inscrit précisément dans un sillon de recherche où la multiplicité des discours, des productions textuelles – au sens large de récit, images, vidéos, actions médiatisées –, des acteurs mobilisés et des enjeux soulevés (politiques, économiques, sociaux, culturels, etc.) se fait bien souvent dans un contexte de polarisation, voire d’affrontement idéologique entre des visions du monde – des Weltanschauungen (Vattimo, 1992) – devenues, en apparence, irréconciliables. À l’instar d’autres espaces en crise, les chercheurs se retrouvent confrontés à des terrains complexes, ancrés dans des controverses scientifiques longues et des polémiques médiatiques intenses qui en retour produisent des travaux de recherche passionnants et engageants. Alors que les travaux sur les controverses constituent historiquement une tradition de recherche importante et féconde pour de nombreuses disciplines (sociologie des controverses, sciences politiques, sciences du langage, etc.), les Sciences de l’Information et de la Communication (SIC) témoignent d’un dynamisme important sur ce sujet d’autant plus lorsqu’il croise la question de l’environnement et du développement durable (Carlino & Stein, 2019 ; Catellani et al., 2019 ; Pascual Espuny, 2014). Ce sillon de recherche semble être caractérisé par la diversité des objets (eau, pollution, nucléaire, pesticides, publicité, etc.), des approches méthodologiques (analyse des discours, approche sémio-politique, ethnographie participante, etc.) tout comme des ancrages théoriques mobilisant et empruntant des concepts à de nombreuses autres disciplines (sciences politiques, sociologie, philosophie, sciences du langage, etc.). Si la question environnementale dans la littérature scientifique française en SIC se caractérise par une focalisation, au début des années 1990, sur les crises et sur des objets par nature « controversés » (Catellani et al., 2019) aujourd’hui, de nombreux travaux poursuivent ces pistes de recherches au travers du prisme de la communication. Cette dernière y est pensée à la fois comme pratique professionnelle (Libaert, 2010), comme discours d’escorte du développement durable (D’Almeida et Peliz, 2012 ; Jeanneret, 2010), ou comme objet scientifique à part entière (Libaert, 2016 ; Tremblay et al., 2018). Dès lors, notre interrogation est double. D’une part, quelles sont les spécificités épistémologiques d’une approche en SIC sur les controverses environnementales ? D’autre part, dans une perspective réflexive, qu’est-ce que les recherches sur les controverses environnementales apportent aux SIC en général ?

Cette étude, sans chercher l’exhaustivité ou à épuiser le sujet, s’appuie sur l’analyse transversale de la littérature scientifique, des projets de recherche et travaux de chercheurs essentiellement par des chercheurs francophones (France, Belgique, Canada, etc.) sur les controverses environnementales et spécifiquement en SIC. En premier lieu, nous avons constitué un corpus de références scientifiques (articles, ouvrages, communications, etc.). D’un point de vue méthodologique, les mots clés « controverse* » (singulier/pluriel), « développement durable » et « environnement » ont été soumis aux principaux agrégateurs de littérature scientifique (HAL, Cairn, Persée, OpenEditions.org) afin d’identifier des travaux et des chercheurs. L’identification de ces textes a permis de constituer un corpus premier de références qui nous a ensuite permis de raffiner et de déterminer des thématiques, sous-thématiques et objets de recherches spécifiques aux controverses que nous analysons ci-après. Si nous concentrons notre analyse aux revues inscrites et apparentées aux sciences de l’information et de la communication (71e section du Conseil national des universités, CNU), la nature pluridisciplinaire de l’objet environnemental nous invite à considérer d’autres revues en sciences humaines et sociales qui peuvent parfois illustrer la circulation et les parcours de chercheurs inscrits en SIC. Ainsi, l’utilisation de « L’archive ouverte pluridisciplinaire HAL » nous a également permis de lister et d’ajouter à notre corpus des travaux en cours, des communications et des productions de vulgarisations qui échappent au cadre d’une recherche simplement centrée sur l’analyse de la littérature scientifique et des textes publiés dans les revues. Nonobstant, si la recherche sur ces moteurs de recherche permet de donner une image à un moment donné de la production des chercheurs sur un sujet, elle projette également des zones d’ombre en excluant de fait de nombreux travaux en cours dont les résultats ne sont pas publiés ou communiqués, tout comme les logiques de recherches collectives qui forment une part importante de l’activité scientifique sur les controverses tant par leur nature que par les objets qu’elles mobilisent. C’est pourquoi nous avons fait le choix, en deuxième lieu, d’ajouter à notre corpus l’étude de l’ouvrage Dynamiques des recherches en sciences de l’information et de la communication produit par la Conférence permanente des directeurs·trices des unités de recherche en sciences de l’information et de la communication (CPDIRSIC) a également permis d’identifier un certain nombre de chercheurs et laboratoires engagés dans des projets en lien avec les controverses environnementales (CPDIRSIC, 2019) même si cette analyse met en exergue d’autres questions transversales qui ne sont pas sans lien avec notre sujet comme l’espace public ou la circulation médiatique (CPDIRSIC, 2019 : 28). Enfin, dans une perspective réflexive, nous mobilisons également des travaux de recherche personnels et menés en équipe sur les controverses environnementales. L’enjeu de cet article est alors de montrer que la dimension polymorphique des controverses environnementales nécessite la construction d’approches méthodologiques et de corpus théoriques spécifiques à même d’embrasser – de « trianguler » – la complexité inhérente de ces objets « en train de se faire » pour produire des « objets scientifiques » à part entière et ce, plus encore, dans un environnement médiatique en changement que les SIC sont à même d’appréhender. Comme le rappelle Bruno Ollivier, les sciences de l’information et de la communication se distinguent d’autres approches par leur capacité à s’emparer de « phénomènes d’ordre politique et d’ordre sémiotique » qui préexistent et structurent l’espace phénoménologique des « terrains » où la communication advient (Ollivier, 2000 : 19). En retour, la construction d’approches méthodologiques et théoriques spécifiques nourrit les SIC et leur permet d’explorer et de questionner des dimensions épistémologiques nouvelles. Ainsi, à l’ère de l’anthropocène, les recherches sur les controverses environnementales contribuent également à signifier la spécificité et à souligner l’importance des SIC comme discipline à part entière au sein des sciences humaines et sociales. Enfin, par la nature des questionnements qu’elles portent, les controverses environnementales sont pour les chercheurs en SIC une source de réflexivité importante tant sur leurs pratiques de recherche que dans leur rapport au monde et aux autres.

Controverses, polémiques, affaires & environnement : de quoi parle-t-on ?

On observe aujourd’hui une multiplication importante des controverses environnementales ou, pour être plus précis, on pourrait dire qu’on observe une attention croissante de l’opinion et du champ scientifique pour ces sujets. Cette attention croissante accompagnée, voire encouragée de longue date par les médias (Turner, 1982), n’est pas décorrélée d’une évolution de la conscience environnementale dans la sphère publique. Ces controverses concernent tout autant des objets environnementaux « classiques » ancrés dans les prémisses d’une conscience écologique comme les pesticides (Carson, 1962) et le nucléaire (Juan, 2011) que des objets « nouveaux » comme les OGM (Foyer, 2006) ou encore le gaz de schiste (Mercado et al., 2014 ; Stein, 2018b). Nonobstant ces objets, les controverses environnementales peuvent aussi se cristalliser (Pascual Espuny, 2017) autour de personnes particulières dans des « affaires » comme l’« Affaire Chapela » (Foyer, 2010), l’« Affaire Séralini » (Allard-Huver, 2015, 2020) ou autour du réchauffement climatique devenu « L’Affaire du Siècle » (Febvre-Issaly, 2019). Les travaux sur les controverses ont montré que si ces dernières appartiennent à la vie « normale » de la science (Kuhn, 2012), le propre de l’écriture médiatique est de faire de ces controverses, scientifiques ou sociotechniques, un évènement voire une crise qui les extrait de l’infraordinaire du champ scientifique et de ses pratiques (Montety & Souchier, 2009 ; Véron, 1981). Elles se transforment alors en « polémiques médiatiques » qui, sans appartenir à proprement parler à la controverse, peuvent tout de même l’influencer. On remarque aussi l’irruption au sein de la controverse d’autres publics et acteurs qui s’en emparent à leur tour (Callon et al., 2001 ; Chateauraynaud, 2011). De nombreux chercheurs (sociologues, linguistes, historien des sciences, etc.) ont alors cherché à montrer que ce que nous appelons le passage de la « controverse scientifique » à la « polémique médiatique » relève de processus complexes traduisant notamment un changement de registre argumentatif et de discours (Amossy & Burger, 2011), la convocation de tiers qui n’appartient pas au champ scientifique (Lemieux, 2007) tout comme la circulation des discours scientifiques dans la sphère publique, c’est-à-dire en dehors de la sphère des discours et du « champ » dont ils sont originaires (Bourdieu, 1976, 1997).

Les travaux sur les controverses en sciences de l’information et de la communication s’inscrivent dans la lignée de traditions de recherche développées par d’autres disciplines comme la sociologie, l’histoire des sciences ou bien encore les sciences du langage pour observer ces formes de « communication verbale conflictuelle dans les espaces publics contemporains » (Amossy & Burger, 2011 : 7). Elles portent cependant un regard différent sur les déplacements, les espaces et les « béances » qui vont se créer entre des discours, des pratiques, des institutions, c’est-à-dire entre des manières de faire, de dire, d’écrire mais aussi de « vivre » la science (Babou & Le Marec, 2008 ; Jeanneret, 1998). Les travaux menés par la CPDIRSIC inscrivent d’ailleurs cette thématique dans le domaine de la communication scientifique (CPDIRSIC, 2019 : 9, 175) mais également en lien avec la question des risques. Dans un article synthétique sur la nature communicationnelle des controverses en général, Joëlle Le Marec et Igor Babou mettent en avant plusieurs « paradigmes » et « inspirations » qui caractérisent ces traditions de recherche très centrées sur l’analyse des médias et des discours (Le Marec et Babou, 2015). Leur réflexion, tout en reconnaissant l’importance de la nature discursive ou médiatique de l’analyse des controverses, met en avant la nécessité de prendre en compte la dimension « sensible » de ces dernières en intégrant les engagements, les présences, les tensions et les passions que ces objets génèrent. La réflexion de Françoise Bernard sur « l’anthropocène comme problème sociotechnique, culturel et communicationnel » et notamment comme problème épistémique en SIC (Bernard, 2018), ne pose pas un regard différent sur l’enjeu d’une approche spécifique en SIC sur l’environnement à même de (se) poser les bonnes questions sur les « interrelations entre technique, culture, sciences et société élargies à la nature » (Bernard, 2018 : 59). Les controverses, polémiques ou affaires environnementales nécessitent cependant la construction d’objets spécifiques à la croisée de différentes approches méthodologiques et théoriques en SIC.

Ce que les SIC font aux controverses environnementales

En confrontant notre corpus avec des « objets de recherche » et des thématiques de recherches propres aux SIC (Davallon, 2004), nous nous intéressons ici aux spécificités épistémologiques et aux apports des sciences de l’information et de la communication dans la compréhension des controverses environnementales. Ces dernières, par leurs problématiques présentent des phénomènes qui échappent aux frontières d’un seul corpus théorique et disciplinaire. Dès lors, les SIC se distinguent par la construction d’objets de recherche et scientifique spécifiques, en particulier des « objets environnementaux ». Plus encore la nature des phénomènes observés invite les chercheurs à renouveller et dépasser l’analyse « classique » de processus et de phénomènes par nature communicationnels.

En premier lieu, c’est au niveau de la construction des objets mêmes qu’il faut porter notre regard. En effet, au début des années 2000, au-delà du « phénomène sociétal » de la communication environnementale, les SIC font de l’environnement un objet de recherche à part entière. Plusieurs textes et projets de recherche tout comme des thèses actent de la nature holistique de l’environnement et des controverses environnementales (Catellani et al., 2019). Certains chercheurs ont alors proposé, lors d’un travail sur les rejets polluants, l’idée d’un « objet environnemental » convoquant « plusieurs logiques et plusieurs rhétoriques renvoyant à plusieurs principes de légitimité : un objet politique, scientifique, éthique, économique et même esthétique » (Jeanneret et al., 2005 : 7). Il s’agit là non seulement d’une démarche intéressante d’importation de la question environnementale, des controverses et de leurs « objets » dans le champ des sciences de l’information et de la communication mais également d’une explicitation des héritages et des enjeux épistémologiques propres à notre discipline qui s’est construite comme une interdiscipline (Bocquet & Ollivier, 2018 ; Cheveigné, 2003 ; Davallon, 2004 ; Ollivier, 2000). L’exemple des travaux sur la controverse nucléaire est à ce titre intéressant. Certains convoquent l’épaisseur historique de l’objet et son inscription dans des traditions de luttes pour expliciter des processus de publicisation d’une controverse et ses conséquences sur le fonctionnement des médias, de l’espace public et sur la constitution même de mouvements sociaux (Chambru, 2014). D’autres questionnent en quoi l’objet environnemental « nucléaire » pose un problème d’ordre phénoménologique, politique et communicationnel sur les rapports difficiles de nos sociétés avec le temps long, la technique et la nature (Carlino, 2018). Enfin, en croisant l’analyse de l’ouverture des données numériques, de corpus de cartes et de la catastrophe de Fukushima, on peut renouveler la manière d’observer l’apparition de sous-controverses et de polémiques propres aux controverses environnementales tout en intégrant des objets de recherches nouveaux et représentatifs de la culture numérique (Plantin, 2014). On retrouve ici la volonté de contribuer à une approche holistique du nucléaire et des risques environnementaux et humains qu’il présente. Il est alors nécessaire de croiser des approches et des corpus théoriques empruntés à l’histoire, la philosophie, les sciences politiques, l’informatique, la géographie sans oublier les sciences naturelles, pour réussir à « trianguler » pleinement un objet aussi complexe et controversé que le nucléaire. De même, les controverses environnementales, parce qu’elles sont aujourd’hui pleinement « happées » par les évolutions de l’environnement médiatique, technique et culturel global (Castells, 2006 ; Doueihi, 2008), dépassent une opposition classique entre « science faite » et « science en train de se faire » (Latour, 2010). Elles présentent à l’analyse des objets « techno-sémiotiques » et travaillés « de l’intérieur par une complexité et une hétérogénéité qui en fait des hybrides de science et de technologie » (Davallon, 2004 : 33) qui ne sont pas étrangers aux sciences de l’information et de la communication. Par exemple, des travaux récents sur les mobilisations militantes par le biais des réseaux sociaux comme Facebook et l’internet collaboratif comme Wikipédia ont permis de se saisir de controverses environnementales vives, très actives et réunissant des formes textuelles variées (Andrianasolo, 2019 ; Doutreix, 2019).‬‬‬‬ L’intérêt d’une approche en SIC est de pouvoir s’appuyer dans ce cadre sur les acquis d’une sémiotique communicationnelle (Boutaud & Berthelot-Guiet, 2013) et de la techno-sémiotique des controverses (Julliard, 2015) pour mieux appréhender des objets qui circulent et s’inscrivent dans des espaces (physiques/numériques) et des temporalités mouvantes.‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬

En deuxième lieu et directement en lien avec la constitution d’objets et de méthodologies nouvelles, les chercheurs en SIC ont cherché à démontrer que les controverses environnementales nécessitent de poser la question de la nature même de la communication comme principe instituant des organisations et de la sphère publique. Le propre des travaux en SIC sur les rapports entre organisations, phénomènes organisationnels et controverses environnementales a été de montrer que les difficultés de communiquer sur l’environnement dans les organisations traduisent en réalité des problèmes plus profonds sur ce qui fait « organisation » (Jalenques-Vigouroux, 2007). En effet, pensée comme pratique professionnelle, la communication sur les objets environnementaux – a fortiori lorsqu’ils sont controversés – peut non seulement renouveler le faire organisationnel tout autant que mettre l’organisation face à ses contractions voire face à ses injonctions paradoxales. Loin de créer uniquement de nouveaux « grands récits » dans des entreprises désenchantées, communiquer sur les controverses environnementales, le développement durable ou le dérèglement climatique force les organisations tant publiques que privées à repenser profondément leurs axiologies, la nature potentiellement « écocide » de leurs activités ou encore la manière dont elles interagissent avec leurs publics internes quand ils lancent l’alerte (Bessières, 2016 ; Catellani, 2009 ; Libaert, 2015 ; Pascual Espuny, 2014). Plus encore, les sciences de l’information et de la communication, par la création d’un objet scientifique sur les controverses environnementales suscitées par la publicité au travers du phénomène du « blanchiment vert », du « greenwashing » ou de « l’éco-blanchiment », offrent un témoignage rare sur la prise de conscience d’une profession de son impact sociétal sur l’environnement et face à la catastrophe écologique (Dagenais, 2010 ; Libaert, 2012 ; Pascual Espuny, 2016 ; Pierlot, 2010 ; Poivre-Le Lohé, 2016). Plus encore, les travaux des chercheurs en SIC, loin de se limiter à une perspective agonistique des objets environnementaux, questionnent la nature même du concept d’« espace public ». Au-delà d’un espace public conflictuel d’inspiration habermasienne qui cherche la négociation et se pense au travers de la publicité des débats et des échanges (Pascual Espuny, 2010), d’autres travaux ont montré que les objets environnementaux, notamment en situation de risques, peuvent non seulement engendrer des luttes et des conflits importants pour redéfinir la nature même de ce qui fait « espace public » (Suraud, 2006) mais aussi susciter des formes de conflits et de contestation dont la violence est constitutive de l’investissement dans l’objet environnemental en question (Carlino, 2018 ; Mabi, 2016 ; Stein, 2018a). Ainsi, alors que d’autres disciplines cherchent à inscrire les controverses environnementales dans des espaces publics ou à y suivre leurs trajectoires, les SIC prennent en compte la nécessité de considérer l’action (au sens fort du terme), la prise de parole des acteurs mais aussi leurs affects comme les véritables principes constitutifs de « l’espace public » et des publics qui s’en emparent (Ballarini, 2015 ; Libaert & Pierlot, 2005).‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬

Ce que les controverses environnementales font aux SIC

S’inscrivant pleinement dans le courant de recherche sur la communication environnementale, les travaux sur les controverses environnementales contribuent à leur tour à nourrir le corpus théorique des sciences de l’information et de la communication en général. Dans une perspective réflexive deux dimensions de ces apports nous intéressent : d’une part, les liens et les échanges créés entre communication comme pratique professionnelle et discipline universitaire ; d’autre part les interrogations sur l’éthique et l’engagement du chercheur face à des objets « sensibles ».

Les SIC en tant que discipline universitaire entretiennent bien souvent des relations proches et fréquentes avec les acteurs qui « pratiquent » la communication. Qu’ils soient chargés de relations publiques, publicitaires, « dircom » ou plus récemment « community manager », les communicants en général sont également à la recherche de ces liens avec le monde universitaire (Brulois et al., 2014 ; Mégard & Rigaud, 2012 ; Walter, 1995). Ces liens sont d’autant plus cruciaux lorsque les communicants se retrouvent face à des phénomènes globaux qui remettent en cause la nature même de leurs activités (Klein, 2000 ; Libaert, 2020). Plus encore, loin d’être seulement les coupables et responsables toutes désignées des désordres environnementaux, les organisations s’appuient sur la proximité entre communicants et chercheurs en communication pour questionner leurs impacts et remettre en cause leur manière « d’être au monde ». Le nombre important d’ouvrages (Adary et al., 2013 ; Libaert, 2016 ; Tremblay et al., 2018) et de lieux de rencontres (Journées Communication & Développement Durable du CELSA, Académie Scientifique « Communication & Entreprise », Séminaire de l’Académie des Controverses et de la Communication Sensible, etc.) permet également aux entreprises d’exprimer leurs interrogations et leurs difficultés à intégrer l’injonction de « responsabilité illimitée » auxquelles elles sont soumises (D’Almeida, 1996) face à un objet qui reste parfois assez flou pour elles (Charpentier, 2016). Ces réflexions font écho aux critiques adressées aux pratiques de certains professionnels des relations publiques (Dagenais, 2015 ; Oreskes & Conway, 2011) et croisent une réflexion plus large sur l’éthique de la communication abordée en communication des organisations et en communication environnementale. L’enjeu d’un « impératif éthique » propre aux chercheurs (Catellani et al., 2019) se diffuse également au sein d’une communauté professionnelle. ‬‬Ainsi, les travaux sur les controverses environnementales offrent une plateforme d’échanges entre professionnels de la communication et chercheurs sur la communication. Cette plateforme complète bien souvent les initiatives menées sur la communication des organisations, les relations publiques, la communication politique, la communication scientifique ou encore la communication sur la santé. Elle offre néanmoins l’originalité d’une approche où la nature même d’un travail sur des objets controversés est propre à susciter une réflexion des SIC sur leur perspective critique et le décalage nécessaire entre pratique, recherche et théorie tout autant que sur la question de l’engagement des chercheurs (Bernard, 2016). ‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬

Nous ne souhaitons pas revenir ici sur les débats qui ont pu animer la discipline sur la question de l’engagement du chercheur (Fleury-Vilatte & Walter, 2002, 2003), sur sa « neutralité engagée » (Heinich, 2002) ou non (Neveu, 2003). Nonobstant, force est de constater que les travaux sur les controverses environnementales ne manquent pas de soulever ou de raviver ce débat. En effet, si les objets environnementaux font l’objet d’un questionnement éthique pour les praticiens de la communication, ils sont aussi au cœur d’un questionnement éthique pour les chercheurs et la pratique de la recherche en SIC. Ainsi, les travaux de recherches sur les controverses environnementales, parce qu’ils se font sur des terrains en tension et sur des sujets « sensibles », interrogent directement l’éthique du chercheur et des recherches en SIC à plusieurs titres. En premier lieu, les objets environnementaux observés dans des contextes agonistiques conduisent bien souvent les chercheurs à être confrontés à des pratiques de communication « limites » et à devoir étudier les « limites » de la communication. Par exemple, les travaux engagés par la communication sur les sujets sensibles (Libaert & Allard-Huver, 2014) mettent les chercheurs face à des situations complexes où ils doivent explorer des phénomènes où les acteurs mentent, masquent volontairement la nature de leurs activités et sont loin d’agir dans la défense de l’intérêt commun (Allard-Huver, 2016). En explorant des sujets comme l’astroturfing (Boulay, 2012, 2015) et les fake-news en lien avec l’environnement (Allard-Huver, 2018 ; Stein, 2018b) les travaux sur les controverses environnementales ont amené les chercheurs à développer une éthique de recherche, des tactiques de décryptage/déminage du terrain et un certain « flair sémiotique » pour avancer dans un environnement dominé par la « guerre du faux » où les discours des acteurs « masquent leur propre inconsistance, leur propre contradiction ou leur propre impossibilité » (Eco, 2008). À l’instar d’autres pistes de recherches consacrées aux « côtés obscurs » de la communication (Carayol et al., 2020), les travaux sur les controverses environnementales sont confrontés à des terrains où la mauvaise foi et la tromperie dominent. En deuxième lieu, les controverses amènent à considérer une autre dimension du « sensible », celle du chercheur comme un être sensible et agissant au sein de l’anthropocène. D’une part, comme le rappellent Andréa Catellani, Céline Pascual-Espuny, Pudens Malibabo Iavu et Béatrice Jalenques Vigouroux, la question de l’environnement en SIC se caractérise par des parcours de chercheurs où « la continuité de la démarche scientifique » peut être « qualifiée d’engagement » (Catellani et al., 2019). Face à des phénomènes qui mettent en jeu son existence même et l’existence des sociétés humaines, il est difficile de rester passif ! L’envie d’engagement dans une controverse environnementale peut alors être « vue d’en bas » avec une pratique de « recherche impliquée » (Stein, 2020), mais elle ravive toujours la question sur la manière dont les chercheurs en SIC approchent, interrogent et intègrent les acteurs dans un processus scientifique. De plus, comment « chercher » alors que les controverses environnementales, à l’instar d’autres types de controverses, questionnent la « neutralité » de l’approche scientifique et du chercheur ? Quelle attitude le chercheur doit-il adopter face à des processus d’« adoubement » où il est alternativement testé et interrogé sur ses intentions voire son positionnement idéologique face à l’objet environnemental (Allard-Huver, 2015) ? Comment réagir face aux tentatives de « recrutement », où le chercheur est tenté de « rejoindre la lutte », invité à « rejoindre un camp » ? Comment rechercher lorsque ses travaux peuvent être utilisés – à bon ou mauvais escient – par les acteurs des controverses pour devenir des objets à part entière du débat ? Autant de questions que les travaux sur les controverses environnementales posent à leurs chercheurs et aux SIC en général.

Conclusion

En somme, dans un contexte d’urgence d’une prise de conscience écologique, les controverses environnementales invitent à la constitution de corpus théoriques et d’objets spécifiques en SIC à même de permettre de comprendre et d’analyser des pratiques communicationnelles et des formes de savoirs nouvelles qui sont les prémisses d’ « humanités environnementales » (Bernard, 2018). Loin d’être exhaustif, ce travail explore certaines dimensions sans jamais vouloir enlever à d’autres champs de recherche des SIC leurs apports sur ces points. D’autres questions demeurent et croisent les recherches sur les controverses et les travaux sur la communication environnementale.

À ce titre, nous n’avons pas évoqué ici le rôle du travail des chercheurs sur les controverses environnementales par rapport à la question de l’expertise scientifique lorsqu’elle intervient en situation de controverse ou d’incertitude (Bouzon, 2002 ; Breton, 2003) ce qui traduit notamment des incompréhensions croissantes entre chercheurs et société et qui pose la question d’un état « post-normal » de la science (Catellani et al., 2018). Nous aurions aussi pu envisager les travaux sur les controverses environnementales au travers du prisme de l’affect qui touche tout autant les objets recherchés par les SIC (Alloing & Pierre, 2020) que les chercheurs dans leur pratique de la recherche et leurs rapports aux controverses (Quemener, 2018). Enfin, au cœur des premiers questionnements théoriques de notre discipline (Jurdant, 2009) et des travaux actuels sur les liens entre science et société (Babou et Le Marec, 2008) et la dimension constitutive de la communication en science (Bonnet et al., 2010 ; Raichvarg, 2008), les problématiques de la vulgarisation scientifique figurent également au cœur des réflexions sur les controverses environnementales. Mais c’est peut-être là une forme de réponse réflexive aux questions précédentes de l’engagement que de questionner la place des chercheurs dans la cité, et à plus forte raison la place des chercheurs en SIC dans les médias et au contact des militants et des mobilisations qui font les controverses. ‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬

Ainsi, par les circulations et les emprunts autorisés, en ne se recroquevillant pas sur un corpus théorique, des « sociétés du discours » trop étanches (Foucault, 2009) ou des frontières disciplinaires trop rigides (Fleury-Vilatte et Hert, 2003), les sciences de l’information et de la communication sont à même d’appréhender le caractère holistique des controverses environnementales et les impacts que ces dernières ont sur nos sociétés post-industrielles en ne se limitant jamais – en tant que discipline – à la perception d’un seul aspect d’un phénomène. Les sciences de l’information et de la communication prennent pleinement acte de la complexité et de la trivialité c’est-à-dire des carrefours épistémologiques et phénoménologiques de l’« objet environnemental » en controverse (Jeanneret, 2014) tout comme elles prennent aussi leur responsabilité à un moment crucial du rapport entre humanité et environnement.

Carlino Vincent, « Temporalités de la controverse sur le nucléaire en Lorraine », Questions de communication, n° 34.2, 2018, p. 155‑172.

Bibliographie

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