Innovation Pédagogique
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Jusqu’où êtes-vous prêt à aller pour gagner ?

Un article repris de http://theconversation.com/jusquou-...

Tiger Woods, un incroyable come-back. Shutterstock

Cette chronique est dans la droite ligne et se nourrit des recherches et rencontres publiées sur mon site Les cahiers de l’imaginaire.

Si vous demandiez conseil à Tiger Woods sur la stratégie pour remporter une victoire importante, il vous demanderait jusqu’où vous êtes prêt à aller, laissant entendre qu’il y aura des épreuves à surmonter. Des peurs à combattre. Des limites à dépasser.

L’un des plus grands golfeurs de tous les temps sait de quoi il parle. Qu’il s’agisse d’épreuves physiques ou psychologiques, il en a connu plusieurs au long de sa carrière.

Tiger Woods fournit des efforts depuis qu’il est tout petit. L’enfant prodige a reçu l’appui d’un père exigeant, ex-militaire, assez habile au golf pour commencer à enseigner à son fils dès qu’il a pu marcher, rappelant, même si c’était à une autre époque et dans un autre domaine, la relation entre Mozart et son père musicien, un violoniste et un pédagogue tout aussi exigeant.

Lawrence J. Londino, l’auteur de Tiger Woods : A Biography écrit que, bébé, sa mère le nourrissait régulièrement à chaque coup de golf de son père, lors desquels le jeune Tiger ouvrait la bouche. Son père affirme qu’il a assisté à au moins 1 000 heures de golf au cours de sa première année.

Enfant prodige, Tiger a un équilibre exceptionnel depuis la naissance et copie le swing de son père à seulement onze mois. Rappelant Mozart qui révèle, dès l’âge de trois ans, des dons prodigieux pour la musique ayant probablement l’oreille absolue, comme l’écrit E.O. Deutsch dans Mozart : A Documentary Biography.

Coaching et travail

Ces deux enfants prodiges auraient-ils développé leurs talents avec autant d’éclat sans une pratique assidue et un coaching parental exceptionnel ?

Dans son ouvrage The Creative Curve, Allen Gannett démonte le mythe de l’enfant prodige qui aurait reçu ce don et aurait composé très jeune sans efforts. Comme l’a mentionné le critique de cinéma, Roger Ebert, les auteurs du film Amadeus ont voulu montrer que les enfants prodiges faisaient peu de cas de leur don parce que créer leur vient très facilement. Mais le film ne reflète pas vraiment l’histoire de Mozart.

En réalité, Mozart travaillait de longues heures et d’une manière très itérative, revenant constamment en arrière. Il est faux également de croire qu’il écrivait à une table et voyait apparaître la symphonie. Il avait besoin d’entendre la note avant de l’écrire, il écrivait avec un clavier devant lui.

Wolfgang Amadeus Mozart. New York Public Library

Le génie sans effort est un mythe. Les plus grands artistes, athlètes et scientifiques sont souvent entièrement investis dans leur art. Tiger est le surnom que lui a donné son père. Si on dit que nommer les choses aide à les faire arriver, Tiger est une illustration de cette affirmation. Dès l’âge de trois ans, son père n’avait plus besoin de lui dire de pratiquer. Tiger allait de lui-même dans le garage faire et refaire les mêmes mouvements. Encore et encore.

C’est l’âge où il réalise un score de 48 coups sur neuf trous joués sur le parcours de golf de Cypress Navy. À cet âge, il s’entraîne du matin au soir, gagnant même de l’argent face à des joueurs bien plus âgés que lui jusqu’à ce que son père le lui interdise.

Audace et créativité

La force de Tiger Woods n’est pas seulement sa détermination, sa discipline et son esprit compétitif, mais sa créativité ! Au sommet de sa carrière, il causa l’étonnement général, lorsqu’il a osé prendre des décisions contre-intuitives comme changer certains réglages de son swing.

Qui, au sommet de son sport ou de son art, aurait l’audace de conduire de telles expériences dans le but d’être encore plus fort ?

Quand le champion mondial a connu une spectaculaire dégringolade, certains ont pensé que c’était la fin d’une si belle carrière : de violents maux de dos, certes, mais aussi de sérieux problèmes psychologiques. Il a dû affronter ces deux problèmes en même temps.

Et de nouveau, à 43 ans, il vient d’être sacré champion du monde. Pour s’en sortir, il s’est fixé une ligne de conduite très claire et des objectifs précis. Les athlètes de haut niveau connaissent la routine.

Mais se pencher sur les secrets d’une telle remontée, et tenter d’en tirer des leçons, quel que soit notre domaine d’activités ou le niveau d’excellence auquel nous pouvons prétendre, nous force à aborder les questions suivantes : jusqu’où sommes-nous prêts à aller ? Sommes-nous en mesure, comme le souligne Tiger Woods, de donner tout ce que nous avons ? De ne jamais lâcher ? Quels que soient les obstacles ?

Intelligence émotionnelle

Nous considérons trop souvent que la connaissance de soi est un acquis. Or, il n’en est rien. Ce que nous sommes évolue constamment, et il est impératif de refaire, sur papier, à intervalle régulier, le portrait de soi.

Ce que nous sommes se révèle au fur et à mesure de nos expériences et des épreuves que nous surmontons. Il arrive, face à un problème, que nous découvrions une facette complètement ignorée de nous-mêmes.

Des talents cachés émergent. C’est la somme de ces révélations qui redessine au quotidien notre portrait. Une connaissance précise de ce que nous sommes est indispensable si nous voulons développer ce potentiel qui est en nous.

Tiger Woods a remporté son cinquième titre Masters après une traversée du désert qui a duré dix ans. À 43 ans, Woods est devenu le deuxième vainqueur du titre à l’âge de 43 ans.

Un retour en force, marqué par des épreuves personnelles et professionnelles, y compris un aveu d’infidélité qui a finalement mis fin à son mariage, ainsi que de nombreuses blessures graves, opérations et même une dépendance aux analgésiques.

Dans son article, le fondateur de Insight, Justin Bariso, explique que Joe LaCava a accepté de travailler avec Woods en tant que caddie du golfeur en 2011, au beau milieu des ennuis de Woods. Il est resté fidèle à son patron, refusant catégoriquement de partir, même lorsque Woods le lui a conseillé.

Bariso relate un fait intéressant : « Le soutien sans faille de LaCava a finalement porté ses fruits puisqu’il a eu l’occasion de donner à Woods un puissant conseil pour les dernières joutes : « Intense mais détendu », a déclaré LaCava dans une interview publiée par Golfdigest.com. En surface, ces trois mots semblent être un simple conseil. Mais ils ont une base scientifique, ils sont un exemple parfait d’intelligence émotionnelle dans le monde réel.

L’intelligence émotionnelle est la capacité d’identifier, de comprendre et de canaliser ses émotions, c’est une méga-intelligence qui permet à toutes nos autres formes d’intelligence de mieux fonctionner

Tous ceux qui obtiennent des résultats remarquables font preuve d’une mentalité de croissance comme l’explique Carole Dweck dans son ouvrage, Changer d’état d’esprit : Une nouvelle psychologie de la réussite.

Le grand défi, après des victoires, et surtout après des échecs cuisants, c’est la capacité de garder sa confiance en soi et la force mentale qui vous conduira au niveau suivant. Le moment où l’intelligence émotionnelle entre en jeu, rappelle Baruso :

« Les conseils de LaCava ont aidé Woods à recadrer ce que nous considérons généralement comme des émotions “négatives” (comme la nervosité et l’anxiété) pour obtenir une concentration accrue – sans pour autant se figer. »

Dans son livre, EQ Applied : The Real-World Guide to Emotional Intelligence, un guide de l’intelligence émotionnelle dans le monde réel, Baruso cite des recherches dont une étude où une série de tâches ont été présentées aux individus, notamment au karaoké et pour parler en public. Les participants ont été priés de dire « je suis enthousiaste (excited) ou rien avant de chanter ou de parler. Les participants « enthousiastes » ont parlé avec plus de confiance et de persuasion que leurs homologues.

Aller de l’avant

Dans la lettre quotidienne que j’écris à mes abonnés, la veille de la prodigieuse victoire de Tiger Woods à Augusta, je leur donnais le conseil de choisir un bon coach. Si nous souhaitons réaliser de grandes choses, nous avons tous besoin d’être coachés. Sauf qu’il est essentiel de prendre le temps de bien choisir ses coaches, tous ne se valent pas. Je leur disais également que le succès dépend d’une adéquation entre trois axes :

  • Votre nature, vos forces, vos compétences, vos intérêts (ou vos passions).

  • Les problèmes, besoins et attentes des personnes que vous désirez servir.

  • Les tendances, les technologies et les stratégies.

Cette semaine, je vous propose un exercice pour transformer vos émotions en émotions intelligentes en mettant en pratique l a formule magique : « Intense mais détendu. »

Et pour ceux qui souhaitent commencer un travail sur eux, j’offrirai une classe de maître dans quelques semaines Le jour où j’ai compris. Pour recevoir votre premier cahier d’exercices et une invitation, c’est ici.

The Conversation

Disclosure

Sylvie Gendreau, intervenante à Polytechnique Montréal, accompagne des dirigeants, des entrepreneurs et des créateurs dans la conduite de leurs projets et offre des cours en ligne dans le cadre de son entreprise, La Nouvelle École de Créativité.

Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut)

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