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Le codage est un langage, mais pourquoi et comment ?

8 janvier 2019 par binaire Coopérer 99 visites 0 commentaire

Un article repris de http://binaire.blog.lemonde.fr/2019...

L’informatique est sujet bien trop sérieux pour n’être réservé qu’aux informaticien·ne·s. Et si en France, l’apprentissage du code est une activité qui invite au collège les enseignant.e.s de mathématique et de technologie à se rencontrer, la pluridisciplinarité va bien au delà. Le codage est un langage disait Jean-Michel Blanquer en tant que ministre français de l’éducation nationale. Pour mieux comprendre ce lien donnons la parole à, Rupert Meurice de Dormale, qui propose de Belgique un éclairage et des solutions pour mettre en œuvre cette idée.Thierry Viéville.

Un article de Rupert Meurice de Dormale, info@fadagogo.com repris du site
epi.asso.fr/revue, sous licence Creative Commons-BY-ND via le blog Binaire.

Profs de français, dans l’intérêt de vos élèves, apprenez-leur à coder !

- Mais le codage, c’est pour les matheux…
- Pas vraiment, en codage, on parle de langage, de syntaxe et même de grammaire, mais jamais de dérivée ni d’intégrale…
- Le codage, c’est compliqué et c’est long à apprendre…
- Pas toujours, tout dépend de la méthode utilisée. Nous y reviendrons ci-dessous.
- Et qu’est-ce que le codage peut apporter à mes élèves ?
- Aux excellents élèves, juste de comprendre ce qu’est l’informatique. À tous les autres, beaucoup plus.

Le codage est un langage

Le codage est omniprésent. Prenons le code de la route. Si le sens donné aux panneaux routiers varie d’un usager à l’autre, c’est l’incompréhension et l’accident.
Il en est de même dans la communication. Certains mots structurent le message. Si le sens donné à ces mots varie entre vous et certains de vos élèves, c’est l’incompréhension et l’accident. Illustrons cela.

Dans l’exemple utilisé, les parties de la phrase ont trois statuts différents :

« la boulangère tranche le pain » est une action simple ;

« le client le demande » est une condition ;

« Quand » est une structure de contrôle qui subordonne l’action à la condition. C’est une variante du «  Si… alors… sinon…  » comme le sont les mots «  lorsque, dans le cas où…  ».

Si cet exemple peut paraître simpliste, il n’est pas certain que tous les élèves en comprennent réellement le sens. Chaque «  mot-plan  » fait appel à l’un ou l’autre schéma mental, une «  tournure d’esprit  » établissant un rapport entre certaines parties du message perçu. Chacune des erreurs d’interprétation d’un «  mot-plan  » est un nouveau handicap pour l’élève et, ces mots particuliers, il y en a vraiment beaucoup dans nos messages, qu’ils soient oraux ou écrits.

Le codage est un levier pédagogique

Comme avec Classcode.fr on apprend à coder pour développer sa pensée. ©vsp.fr

En Belgique, lorsque qu’un élève en difficulté est repéré, il est généralement orienté vers un cours de soutien à l’attention d’un·e enseignant·e qui va redoubler d’efforts, d’exemples, d’exercices… en restant au niveau d’une communication abstraite. Mais le problème de l’élève est le décodage de cette abstraction, du sens attribué aux mots. Doubler ou tripler les messages abstraits risque de s’apparenter à un «  pédalage dans le vide  ».

Est-il possible de réaliser des jonctions «  Abstrait ↔ Concret  » ? Des situations dans lesquelles la pensée de l’élève se concrétiserait, lui montrant de façon patente si son raisonnement est correct ou non et pourquoi ? La réponse est OUI. C’est le cas notamment en robotique. L’élève imagine un programme, lance le robot et celui-ci, imperturbablement, va effectuer le code reçu de la même façon, effectuant sa tâche avec succès ou reproduisant opiniâtrement la même erreur jusqu’à ce que celle-ci soit corrigée de façon adéquate. L’élève est alors amené à remanier ses schémas mentaux jusqu’à ce que ceux-ci permettent la réalisation correcte de la tâche par le robot.

Vous me direz que tout cela est bien sympathique de réaliser des carrés, des ronds, voire des rosaces, mais que c’est un peu faible et peu en rapport avec la maîtrise du langage naturel. Exact ! C’est ici qu’intervient la «  robotique virtuelle  » créant des «  univers  » variés adaptés à la maîtrise de trois types de «  mots-plans  » :

Les structures conditionnelles telles que celle rencontrée dans l’exemple ;

Les opérateurs logiques « et, ou » et leurs contraires ;

Les structures répétitives et leurs conditions d’arrêt.

Cela permettra déjà à l’élève de vérifier ses schémas mentaux pour une quantité importante de «  mots-plans  ». Suffisamment en tout cas pour que les cours de soutien, s’ils sont toujours nécessaires, retrouvent de leur efficacité.

Un outil au service d’une seconde chance scolaire

On l’aura compris, la prévention est préférable à la remédiation, la pratique du codage est souhaitable pour la totalité des élèves à partir de 10-11 ans. Tout le monde semble convaincu du fait que le codage représente l’avenir de la Nation, même si les raisons invoquées ne sont pas toujours nécessairement les mêmes. Mais qu’à cela ne tienne si c’est «  bon pour plein de choses  », il n’y a plus qu’à mettre cela en œuvre.

Et, concrètement, comment faire ? Passons sur la pléthore des nouvelles méthodes, leurs qualités et leurs défauts étant à découvrir derrière leurs brillants emballages. La méthode proposée est l’aboutissement de plus de 50 années d’expérience cumulée de deux pédagogues ayant enseigné à plusieurs centaines d’élèves, d’étudiants et d’adultes. La méthode est interactive, à utiliser seul.e ou en groupe, accessible en ligne de façon anonyme, libre et gratuite.

La première étape, essentielle et la plus intéressante, est l’acquisition de l’algorithmique, c’est-à-dire l’art d’organiser «  les choses  » pour arriver au résultat escompté. Cette étape sera capitale pour la restauration des structures organisationnelles des messages chez les élèves en difficulté, mais pas seulement. Pour l’ensemble des élèves, l’algorithmique développera la rigueur de la pensée, la logique, l’abstraction, l’analyse et l’anticipation. Tout pratiquant de l’algorithmique améliorera sensiblement sa façon de penser, de s’exprimer, sa compréhension à la lecture et son apprentissage dans toutes les matières faisant appel à l’application de règles (grammaire, mathématiques, sciences,…), règles qui sont elles-mêmes… des algorithmes. Des progrès importants ont été constatés, notamment chez des enfants malentendants.

Il est essentiel pour l’élève de savoir quelles parties du message doivent être escamotées ou prises en compte (structures conditionnelles), quelles sont celles qu’il faut répéter (structures répétitives), le sens d’un «  et  » et d’un «  ou  » et de leurs contraires (opérateurs logiques). Quand la méthode utilisée est bonne, le codage permet cela de manière pédagogique pour les élèves ayant un faible sens de l’abstraction.

Une méthode est une ressource librement utilisable

La méthode préconisée va permettre d’aborder les trois structures définies ci-dessus au moyen de 25 exercices progressifs présentés comme des défis. Ces 25 défis sont regroupés en trois chapitres, chacun organisé de la façon suivante :

Quelques notions de théorie ;

Des questions sur ces notions de théorie avec correction immédiate ;

Les défis correspondant au chapitre.

Chaque défi consiste en un robot virtuel à piloter. Les capacités du robot et sa tâche sont décrites de façon précise afin de fixer son «  univers de fonctionnement  ». Cette précision permet de tirer parti aussi bien des réussites que des erreurs, celles-ci pouvant servir de contre-exemples. Les messages d’erreur sont soignés afin de permettre à l’élève de fonctionner au maximum en autonomie. L’enseignant.e est ainsi libéré.e des tâches de transmission et peut jouer son rôle d’expert en focalisant son attention sur les difficultés et la progression de chaque élève. Vous pourrez trouver plus de détails sur les avantages de cette méthode en explorant «  Le coin pédagogique  » du site. Un «  Manuel d’accompagnement pédagogique  » vous facilitera la tâche en vous prodiguant tous les conseils nécessaires au suivi de vos élèves… et les solutions détaillées de chaque défi.

Il ne vous reste plus qu’à essayer et surtout à évaluer la pertinence de cette approche. Il est essentiel pour nous de pouvoir profiter d’un retour sur «  votre aventure de codeuse ou codeur  ». Rendez-vous sur le site :

http://fadago.com et cliquez sur le bouton «  Introductions au codage  »

Comptez 4 à 5 heures de travail pour maîtriser les fondements de l’algorithmique, matière essentielle pour vos élèves.

Cet apprentissage peut se prolonger de manière facultative pour les élèves motivé.e.s par la gestion des variables, la programmation en pseudo-code et l’initiation à un langage. Cet apprentissage supplémentaire est conçu pour être abordé en autonomie, vous ne devez donc pas entamer ces matières si vous les jugez superflues.

N’hésitez pas à nous contacter sur info@fadagogo.com en cas de souci ou pour nous tenir au courant de votre expérience tant personnelle qu’avec vos élèves, cela nous intéresse au plus haut point.

Nous vous souhaitons beaucoup de plaisir à tester cette méthode et une heureuse découverte du domaine du codage qui vous semblait peut-être, jusqu’ici, inaccessible.

Licence : CC by-nd

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