Une année s’achève… l’heure du bilan. Comme vous avez pu le lire cette année, et/ou le relire ici, la Chaire UNESCO RELIA a été particulièrement active en 2025. La conjonction de deux choses : un besoin ressenti qui a entrainé beaucoup de sollicitations et une belle énergie qui nous a permis de relever des défis, d’aller parler, animer des ateliers, donner des formations, émettre des analyses et proposer des projets.
L’Intelligence Artificielle a encore augmenté sa pression sur l’éducation. Nos analyses sont renforcées par les nombreux partenariats que nous avons sur cette question et sur les projets (européens en particulier) que nous menons. C’est donc sans surprise que nous sommes sollicités sur ces questions. Mais nous avons également lancé de fortes initiatives sur l’éducation ouverte.
L’énergie de l’équipe vient des personnes qui l’intègrent (en 2025, Andréane, Jotsna, Julie, Lucie, Mélanie et Solenn, avec les visites cette année d’Aldo Pisano, Alessandra Brafa et Carolina Rodríguez Enríquez) mais aussi avec toutes celles et tous ceux avec qui nous avons collaboré sur un projet, sur une action, sur un article… Merci à toutes et à tous !
Janvier
L’année 2025 a démarré fort, en particulier avec l’Italie, qui a développé des initiatives marquantes autour de l’IA en éducation, fondées sur une forte collaboration entre personnes informaticiennes, philosophes, chercheures en sciences de l’éducation et lycéennes. L’événement national NextGen-AI a réuni 1000 élèves pour expérimenter l’IA et formuler des recommandations au ministère. Les échanges ont mis en évidence la maturité et la profondeur des questionnements existentiels des jeunes sur l’IA. Cette approche participative illustre une vision non descendante du futur de l’éducation, plaçant la jeunesse au cœur des transformations.
Février
En février, la Nuit Blanche des chercheur·es à Nantes a été l’occasion pour la Chaire de mettre en lumière, à travers l’atelier L’éducation, terrain de jeu pour l’épanouissement, les transformations profondes que l’IA opère dans nos façons d’apprendre. Co-construit avec des enseignant·es du Collège de la Coutancière, de la Chapelle sur Erdre, et des chercheur·es de Nantes Université, cet atelier a invité le public à expérimenter, discipline par discipline, trois approches d’apprentissage : l’expérimentation concrète, l’échange avec un·e expert·e, et l’interaction avec une IA. Les retours ont confirmé l’importance de la confiance, de la formulation des prompts, et du rôle de l’IA comme outil d’accompagnement — jamais de substitution — à la réflexion pédagogique.
S’adresser à un public de jeunes ados ? C’est le défi que Colin a relevé, en acceptant de participer à l’émission de France Info Junior. Il a ainsi répondu à des questions d’enfants de 8 à 12 ans autour de l’IA à l’école. Cette intervention s’est inscrite dans la continuité de la semaine du Sommet pour l’action sur l’IA, à laquelle nous avons également participé.
Mars
Qui dit mars, dit mois de l’éducation ouverte (EO). Comme les années précédentes, la Chaire a souhaité apporter sa contribution à la OE Week (Open Education Global) et au mois de l’EO (initiative franco-canadienne).
Convaincre d’opter pour l’éducation ouverte, tel a été l’objectif de notre opération des « 23 Bonnes Raisons ». Pour la mener à bien, nous avons fait appel à notre communauté internationale en leur proposant d’écrire un article sur une des 23 bonnes raisons en faveur de l’éducation ouverte que nous avions identifiées au préalable.
La diffusion des articles s’est étalée sur tout le mois de mars et révélait chaque jour à heure fixe la bonne raison du jour. Nous avons ainsi constitué une collection internationale de contributions rédigées en langue originale, traduites et publiées sous licence CC BY sur ce blog, sur celui du réseau UNOE et sur celui de l’Université européenne du bien-être EUniWell.
Avril
Le mois d’avril est arrivé avec une très belle nouvelle : le manuel “AI for Teachers”, co-écrit par Colin de la Higuera et Jotsna Iyer, a remporté le prix Merlot 2025. Ce prix récompense chaque année les meilleures ressources éducatives. Le jury a souligné que « Le manuel commence par les bases de l’intelligence artificielle et construit les connaissances de manière séquentielle. Les concepts sont bien reliés entre eux et les utilisateurs peuvent améliorer leur compréhension grâce aux vidéos et aux activités d’apprentissage fournies, ce qui permet un apprentissage efficace. ». Ce manuel est destiné à former les enseignant.e.s à l’IA.
Mai
Le 23 mai, la Chaire a eu l’honneur d’accueillir à Nantes Bhavani Rao, titulaire de la Chaire UNESCO Gender Equality & Women Empowerment. Dans le cadre d’un séminaire organisé en partenariat avec la mission Égalité Diversité du LS2N, elle a partagé les innovations de son équipe à l’Université Amrita (Inde) : des dispositifs technologiques à faible coût — IA, réalité virtuelle, robotique — déployés depuis plus de 15 ans dans des contextes défavorisés, bénéficiant à plus de 300 000 femmes. Son approche, à la fois scientifique et ancrée dans les réalités locales, vise à construire une résilience collective tout en engageant les hommes dans la transformation sociale. Une rencontre enrichissante, en continuité de notre collaboration initiée en 2019, et qui réaffirme notre engagement à promouvoir une IA équitable, inclusive et au service de l’ODD 5.
Juin
En juin, nous avons participé à la conférence internationale OER25, le rendez-vous de référence en Europe pour les acteur·ices de l’éducation ouverte, organisé cette année à Londres, sur le thème : Speaking Truth to Power, Open Education and AI in the age of populism. Beaucoup d’interventions et d’exposés très riches ont été proposés autour de ce thème, révélant notamment les nombreuses ambiguïtés de l’IA pour le monde de l’éducation ouverte.
Côté Chaire, nous proposions deux contributions : une discussion autour de notre opération des « 23 bonnes raisons en faveur de l’éducation ouverte » et un atelier participatif : le losange de l’éducation ouverte, qui invite les participant·es à argumenter collectivement afin de convaincre une personne du monde de l’éducation d’adopter l’éducation ouverte.
Nous avons reçu des retours très positifs, soulignant le caractère collaboratif et international de nos projets ainsi que la richesse des échanges suscités par nos contributions.
Juillet
Lancé en 2024, le GTnum GenIAL (Generative artificial intelligence and large language models in education) était lancé sous l’impulsion de la Chaire UNESCO RELIA de Nantes Université, en partenariat avec Class’Code, les académies de Nantes, Versailles, Aix-Marseille et Nice, Canopé, et des EdTech comme Vittascience ou Lalilo.
Ce groupe de travail numérique, piloté par la Direction du Numérique pour l’Éducation, vise à explorer les impacts profonds de l’IA générative sur les pratiques pédagogiques, les rôles des enseignant·es, les apprentissages des élèves, et les dispositifs éducatifs — en questionnant notamment l’autonomie, la créativité, l’équité et la protection des données.
Depuis, une série de webinaires a permis d’ouvrir le débat avec des chercheur·es, enseignant·es et praticien·nes :
24 mars 2025 : La créativité humaine face à la génération de contenu
3 avril 2025 : IA génératives et scénarisation pédagogique
4 juin 2025 : Comment accompagner les établissements vers l’appropriation de l’IA pour enseigner ?
Les travaux se poursuivent selon trois axes : impacts sur les enseignant·es, les apprenant·es et les dispositifs éducatifs. Sont à venir : un cahier d’expériences enseignantes, une plateforme PASIA de cartographie des outils LLM et une synthèse finale sur les enjeux éthiques, juridiques et pédagogiques.
En savoir plus : page du GTnum GenIAL
Août
Tout au long de l’année, la Chaire RELIA a donné la parole aux étudiant·es de Nantes Université pour imaginer l’éducation de demain et réfléchir à la question : « Maintenant que l’IA fonctionne, a-t-on encore besoin d’apprendre ? » Au fil des discussions et des débats, trois raisons principales ont émergé : On apprend par plaisir, on apprend pour socialiser, on apprend pour pouvoir construire son esprit critique. Cela a donné lieu à un rapport écrit par les étudiant.es.
D’autres groupes étudiants du réseau international UNOE ont travaillé en parallèle sur les mêmes thématiques dans leur pays. Une première phase s’est achevée par une visioconférence où nos étudiant·es ont confronté leurs idées avec celles d’étudiant·es du Liban.
Septembre
Du 2 au 5 septembre, s’est tenue la traditionnelle Digital Learning Week de l’UNESCO, autour notamment de l’IA et des Ressources Éducatives Libres. Plusieurs débats impliquaient ministres, personnes expertes et industrielles. Les questions autour de l’intégrité et de l’explicabilité de l’IA en éducation ont notamment été abordées. Nous y sommes intervenus lors de réunions et d’ateliers dédiés à l’Éducation Ouverte.
En septembre, une autre actualité était du côté de la Nantes Digital Week. En effet, forte d’une première édition réussie (Nantes Digital Week 2024 : « Penser face à l’IA, à quoi bon ? »), la Chaire s’est de nouveau associée à la Halle 6 Ouest, au Rectorat de Nantes et à des acteurs et actrices de l’enseignement supérieur pour organiser la journée :
« Apprendre face à l’IA : à quoi bon ? ». Au programme :
- Une matinée consacrée aux élèves de 3 classes de troisième, leur proposant un parcours d’ateliers animés par des chercheur·ses en sociologie, sciences de l’éducation, linguistique et informatique, explorant ce que l’intelligence artificielle vient transformer dans nos façons d’apprendre.
- Un après-midi grand public avec des ateliers pour questionner nos manières d’apprendre à l’ère de l’IA
- Un café jasette s’est également tenu l’après-midi : moment privilégié de discussions spontanées au cours duquel chercheur·ses, professionnel·les de l’éducation, étudiant·es, citoyen·nes ont réfléchi à ce que l’IA transforme dans notre contrat éducatif.
Octobre
Tel Amiel, Glenda Cox et Colin de la Higuera ont partagé pour l’UNESCO une analyse des risques que font peser l’IA propriétaire et les technologies éducatives fermées sur l’équité et la durabilité de l’éducation. Ils dénoncent en effet les logiques de performance, d’optimisation et de “boîtes noires” qui réduisent l’éducation à des métriques simplifiées. L’ouverture est essentielle afin d’orienter l’IA vers le bien commun plutôt que vers le profit.
Novembre
Une fin d’année riche en émotions car nous avons eu l’immense plaisir de voir acceptées nos candidatures à l’ensemble des projets européens. En effet, c’est un bingo : 4/4 projets au sein desquels la Chaire est partenaire. Certains comme AI-DL et Integrity-AI sont déjà lancés. D’autres, comme ASSAI et GenAI4Schools le seront dès le premier trimestre 2026. Au programme : des livrables en lien avec l’IA dans l’Éducation, l’éthique, la question des examens et ce, du primaire jusqu’à l’enseignement supérieur.
Novembre 2025 a marqué le coup d’envoi du projet CHAMS (Classe à Horaires Aménagés en Mathématiques et en Sciences) au collège Anne Frank de Saint-Herblain. En tant que partenaire, la Chaire UNESCO RELIA s’est engagée pour ouvrir les portes de l’université et de la recherche aux collégien·nes, en démystifiant l’IA et ses usages concrets. Au programme : des séances mêlant mathématiques, technologie et recherche documentaire, pour aborder l’IA non comme une boîte noire, mais comme un outil à comprendre et à maîtriser. Ce partenariat, qui s’étendra sur toute l’année scolaire, vise à éveiller l’esprit critique des élèves tout en les initiant aux enjeux techniques et éthiques de l’intelligence artificielle. Une aventure pédagogique à suivre en 2026 !
Décembre
Pour clôturer l’année, nous avons organisé, en collaboration avec la Fondation de Nantes Université, une rencontre intitulée “Éducation, ouverture, IA : des synergies à inventer” au siège de l’UNESCO, à Paris. Des échanges ont eu lieu autour des enjeux de l’IA dans l’éducation, de la marchandisation du savoir et de l’usage critique de l’IA. L’occasion pour la Chaire de célébrer officiellement son renouvellement pour 4 années supplémentaires et de réaffirmer son rôle dans la réflexion et l’anticipation des futurs de l’éducation.
2025 s’achève avec quatre nouveaux projets européens, dont trois qui se lancent en 2026, des opérations en préparation (Chut, un secret, un teaser… le mot « partager » risque d’être « notre mot de l’année » 2026) des collaborations qui continuent, d’autres qui commencent. Et toujours la même envie de rencontrer des personnes, des organisations avec qui partager, justement, un bout de chemin.

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