Innovation Pédagogique
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Un château fort, des expositions et des syndicats de mécanique ou deux étudiantes en stage aux Archives nationales du Monde du Travail

Un article repris de https://ahl.hypotheses.org/1019

Marie Chieus (M2) et Forence Blot (M1) sont en stage aux Archives nationales du monde du travail. La première se consacre à des missions de valorisation ; la seconde travaille au classement du fonds d’un syndicat industriel.

Les Archives nationales du monde du travail (ANMT) sont avec les sites de Paris et Pierrefitte-sur-Seine (Archives nationales) et d’Aix-en-Provence (ANOM) l’un des trois services à compétences nationales (SCN) dépendant du ministère de la Culture. Les ANMT ont pour origine un « déficit » en matière d’archivistique, notamment en matière d’archives privées. Les ANMT sont précédées par la Section des archives privées, économiques et du microfilm ainsi que par le Comité de sauvegarde des archives économiques créés en 1949 par le directeur des Archives de France de l’époque, Charles Braibant. Néanmoins, très vite, dans les années 1970-1980, le gouvernement français, poussé par le développement exponentiel de l’histoire des entreprises et plus spécialement la Commission des archives industrielles, décide de créer en 1983 plusieurs Centres des archives du monde du travail (CAMT) à vocation interrégionale. Ainsi, en 1984, l’usine Motte-Bossut, alors âgée de plus de 120 ans, est choisie comme site d’implantation pour le premier d’entre eux. L’usine Motte-Bossut est construite sur le bord du canal de Roubaix par Louis Motte-Bossut ; elle comporte cinq étages d’où le surnom de « filature monstre » ou « usine monstre ». L’usine est touchée par de nombreux incendies causés par l’omniprésence du bois. Ainsi, à la suite d’un nouvel incendie, Louis Motte-Bossut décide de transférer son activité dans une annexe construite de l’autre côté du bras Nord du canal. C’est dans ce bâtiment que se trouvent actuellement les ANMT. Pour éviter de reproduire les mêmes erreurs, l’annexe est construite selon le procédé Fireproof (exclusion de tous matériaux inflammables grâce à un système de poutres et de colonnes, encore observables aujourd’hui). Tout au long du XIXe siècle, l’usine se développe et privatise la rue de filatures dans le but de réunir les deux corps de l’usine. La façade est mythique puisqu’elle fait appel à l’imaginaire médiéval avec ses cheminées et ses créneaux mais symbolise également l’emprise sur Roubaix de la famille Motte-Bossut.

La fin des années 1970 et la crise économique, provoque un déclin de l’usine et pousse à sa liquidation en 1982. L’intérieur est donc partiellement démoli, conservant uniquement les façades, classées Monuments historiques. Le ministère de la Culture lance alors un concours d’architecte pour la reconversion du bâtiment abandonné en centre d’archives. Le gagnant est Alain Sarfati, choisi grâce à son souhait de réserver 1800 m² pour l’activité culturelle. Le projet fait aussi une allusion à une métaphore maritime, faisant des ANMT un navire qui « vogue vers l’avenir » et que certains éléments rappellent, tels que le mobilier de la salle de lecture type «  mouette », les puits de lumière de l’aile de l’Ouest, le plafond de la salle de lecture pourvu d’une toile bleue évoquant les vagues, le bow-window et l’entrée imaginée par l’architecture comme une passerelle entre le navire et la ville, notamment avec la mise en place d’un auvent. Néanmoins, pour la plupart des personnes, cet auvent représente plutôt un pont-levis. Ainsi, les travaux commencent en 1989, l’aile Est complètement évidée dans le but d’accueillir une structure de béton ainsi que huit étages capables de supporter de fortes charges au sol. Le bâtiment est inauguré le 5 octobre 1993 par le ministre de la Culture et de la Francophonie, Jacques Toubon.

L’entrée principale des ANMT

Les ANMT accueillent donc les documents d’archives conservés dans 35 magasins d’une capacité d’un à deux kilomètres linéaires chacun. Quant à son corps central (correspondant à l’ancienne rue des Filatures privatisée par la famille Motte-Bossut), il est initialement conçu comme un lieu de passage pour les habitants mais pour des raisons de sécurité, il reste désormais fermé. En 1995, il est décidé que le CAMT de Roubaix devienne le seul de France, et les ANMT deviennent donc, en 2007, un SCN.

Les ANMT ont pour mission de collecter et de conserver les archives d’entreprises industrielles, commerciales, bancaires, de syndicats ou encore d’associations œuvrant dans le monde du travail. On retrouve ainsi des fonds emblématiques tels que celui de la Compagnie des chemins de fer du Nord (cote : 48 AQ), de la Banque Rothschild (132 AQ) ou encore d’Emmaüs international (2000 50, 2005 34 et 2010 4). Les ANMT conservent actuellement environ 50 kml d’archives, on peut y trouver des documents écrits, manuscrits, imprimés mais également des photographies, des plans (fonds d’architectes), des affiches, des documents sonores et audiovisuels. La majorité de ces fonds sont des dons et des dépôts.

Dans cet immense « château de l’industrie », on réalise différentes missions dans les espaces de travail dédiés.

Missions de Marie Chieus :

La mission principale est d’assurer la pérennité de l’exposition « Les gens du rail ». C’est-à-dire, après s’être approprié l’exposition (son dossier, le catalogue, le parcours), de sélectionner les documents et objets archives à conserver et demander l’autorisation des prêteurs pour l’utilisation de leurs documents, d’adapter les textes, etc. La mission consiste également à son adaptation sous format d’exposition itinérante et virtuelle pour alimenter le site internet des ANMT.

Mon poste de travail

Parallèlement à la mission principale, des missions secondaires prévues. Il s’agit notamment de la rédaction d’une fiche pédagogique sur un thème au choix et qui fait suite de la participation au groupe de travail sur la création d’un modèle de fiche pédagogique pour les ANMT, la rédaction d’un document du mois sur le thème de « l’agriculture en temps de guerre ». Une autre mission secondaire consiste à créer l’album virtuel de l’exposition « Plus tard, je parlerai 5 langues ». Pour finir, une mission permettra de créer un fichier qui rassemble l’ensemble des contacts des ANMT.

Au-delà, de toutes ses missions, des opportunités sont présentes, notamment pour participer à des différentes activités du service dans le but de disposer d’une vue d’ensemble du métier de l’archiviste, notamment en assistant aux réunions de service, ou en observant le fonctionnement quotidien du service (salle de lecture, relations avec les propriétaires d’archives, la gestion du site internet, magasinage…).

La vue extérieure de ma fenêtre

Missions de Florence Blot :

La principale mission de ce stage est le classement d’un fonds sur le syndicat FIM-Énergétique. D’un point de vue juridique, ce fonds est un don, c’est-à-dire que dorénavant le fonds appartient à l’État, et ce depuis 2015. Avant d’aborder la FIM-Énergétique, il faut tout d’abord parler de la Fédération des industries mécaniques (FIM). La FIM regroupe plusieurs syndicats qui touchent à la mécanique en général, on peut donc aller du syndicat spécialisé dans les entreprises de construction de moteurs à des syndicats de fabricants de turbines. En tant que fédération, elle sert de passerelle entre les syndicats, il est donc commun de retrouver des partenariats intersyndicaux. La FIM-Énergétique est créée en 2006 et devient une branche de la FIM. 

Aperçu du fonds

Ce nouveau syndicat regroupe 3 syndicats de la FIM : le Syndicat des constructeurs de moteurs à combustion interne (SCMCI), le Syndicat des constructeurs de petites turbines hydrauliques (SCPTH) et le Syndicat des turbines et de matériels énergétiques lourds (SYTEMEL). Le fonds contient ainsi les archives des 3 syndicats ainsi que les archives du syndicat FIM-Énergétique. Les archives des 3 syndicats nous montrent les liens avant l’unification, que ce soit entre eux ou avec la FIM. Le fonds doit être trié, classé et reconditionné pour ainsi disposer d’une cote et être conservé dans les magasins. La finalité de ce travail est d’arriver à élaborer un instrument de recherche, répondant aux normes ISAD(G), ici, un inventaire méthodique.

Mon poste de travail

Parallèlement, j’ai également une mission de valorisation, qui est le document du mois. Chaque mois, le département des publics publie une présentation d’un sujet lié à un thème spécifique. Le thème de cette année est l’agriculture ; nous avons, par exemple, l’agriculture en Amérique du Nord ou bien l’agriculture au féminin. Mon sujet est la mécanisation de l’agriculture. Pour pouvoir produire un document du mois, il faut tout d’abord faire quelques recherches sur le sujet, à travers les « ressources basiques » (site internet, Persée…). Ensuite, viennent les recherches dans les archives des ANMT, et une fois les informations récoltées, il est temps de choisir les sources iconographiques les plus adéquates. Le texte accompagne les photos et non l’inverse. En effet, le but de ces documents est de mettre en valeur les archives. Le document du mois ne peut contenir que dix photos maximum, il faut donc choisir celles qui attirent le plus l’œil et qui donneront envie au lecteur d’approfondir le sujet.

La vue de ma fenêtre

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