Innovation Pédagogique
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Écran total pour les élèves

11 novembre 2020 par binaire Coopérer 70 visites 0 commentaire

Un article repris de https://www.lemonde.fr/blog/binaire...

Binaire s’intéresse particulièrement à l’apport du numérique dans l’enseignement, ici la mise à disposition de tablettes et de PC. Dans ce cadre, Serge Abiteboul et Guy Daroles interviewent Bertrand Caillaud, directeur technique de Unowhy, un des gros fournisseurs français de tels objets pour l’enseignement. A l’heure des confinements et de l’enseignement à distance, le sujet est certainement d’actualité.
Nous sommes bien en présence d’une entreprise française qui montre que la dépendance aux grands fabricants mondiaux de matériel informatique n’est pas inéluctable.

Un article repris du blog binaire, sur un fournisseur de tablettes et PC pour l’enseignement qui s’il concerne principalement des colléges et lycées peut aussi avoir un intérêt pour l’enseignement sipérieur

binaire : Vous avez commencé en fabriquant la Tablet QOOQ pour les recettes de cuisine. Maintenant Unowhy est un des acteurs incontournables dans le domaine du matériel informatique pour l’éducation en France.

BC : En 2019, nous avons fourni 40 000 PC et 160 000 tablettes dans des lycées, collèges et écoles. Un de nos gros clients, c’est la région Île-de-France.

binaire : Ça fait au moins deux systèmes d’exploitation à faire vivre, un pour PC, un pour tablette.

BC : Oui. Nous avons choisi Windows 10 pour PC et Android pour tablettes.
Tablette et PC pour l’Île-de-France, Site web de Unowhy

binaire : Des PC et des tablettes. Qui choisit entre les deux ? Et comment choisit ?

BC : Ce sont deux usages très différents l’un, la tablette, plus orienté sur une production simple et la consultation de contenu tel que les manuels, l’autre, le PC, plus complexe à appréhender pour les élèves mais facilitant la production de contenus. On peut aussi considérer que la robustesse et la mobilité de la tablette sied mieux à certains usages (enfant plus jeune, usage en atelier …).

Pour les jeunes élèves (jusqu’à la fin du collège) la majorité des demandes va vers la tablette, là ou pour les plus âgés lycéen et supérieur la tendance penche largement vers le PC. Le PC est me semble-t-il un bon outil pour le lycéen et lui propose un outil qu’il utilisera avec certitude dans sa future vie professionnelle ou étudiante

binaire : Pourquoi pas Linux ?

BC : On a essayé une distribution Linux : Ubuntu dans nos premières expérimentations éducatives. Mais le catalogue d’applications disponibles ne suffisait pas aux besoins. Les applis historiques de l’Éducation nationale sont sur Windows. Par exemple, quasiment aucun des lecteurs de manuels scolaires n’est disponible sur Linux.

binaire : Est-ce que le logiciel est une partie importante du coût de vos machines ? Qu’est-ce que vous mettez comme logiciels ?

BC : Le logiciel et les services c’est environ 30% du coût. Il y a l’OS. Pour l’enseignement, Windows 10 et Android ne sont pas chers du tout. Vous avez aussi des applications et puis le logiciel Unowhy qui permet d’inventorier les machines, de déployer des logiciels, de gérer le parc, et en particulier suivre chaque machine. Un agent peut piloter tous ces matériels depuis nos bureaux. On veut aussi pouvoir adapter un look and feel aux demandes d’un client, par exemple, quand vous avez entre les mains une tablette fournie par une région IdF, vous savez immédiatement d’où elle vient

binaire : De quels outils dispose-t-on sur un de vos PC ?

BC : Typiquement, l’OS Windows 10, Libre office, une dizaine d’applications open source, l’accès en ligne à l’ENT (Espace numérique de travail). Et puis, un prof peut déployer un logiciel particulier, par exemple Scratch, sur les machines de tous les élèves d’une classe, ou juste un groupe. Nous mettons à disposition des dizaines d’applications sur notre outil de gestion de parc, ce volume augmente en permanence.

binaire : Et pour ce qui est de la sécurité ?

BC : Un sujet complexe est celui de l’authentification. Pour l’Île-de-France, on utilise les comptes de l’ENT, un logiciel d’authentification open-source, et un pont avec les systèmes d’authentification de Microsoft et Android. Ensuite, on doit obéir au RGPD pour la protection des données personnelles. On applique le principe de minimisation des données personnelles : une application n’a accès qu’aux données dont elle a absolument besoin. Et puis, toutes nos données sont stockées en France, dans les data centers sécurisés d’OVH.

binaire : Et le matériel. Comment et où est-il construit ?

BC : On a essayé la conception et la fabrication, tout en France. Et puis tout en Asie. À chaque fois, on a été confronté à de nombreux soucis. Aujourd’hui la fabrication est en Chine, mais la conception et le contrôle qualité sont français. On veut des matériels hyper résistants pour des raisons évidentes. Ça fonctionne bien. On considère aussi la possibilité de réaliser l’assemblage en France pour le matériel « Île-de-France », ce qu’on fait déjà pour les tablettes destinées aux écoles et au collèges. Mais ça ce n’est pas simple à cause du coût supérieur de la main d’œuvre. Il faut introduire plus d’automatisation.

binaire : Qu’en est-il du développement durable ?

BC : Le numérique durable et éco-responsable est un enjeux important pour nous. Outre le gain immédiat et un peu évidement de la possibilité du presque zéro papier dans un système éducatif numérique, nous portons une attention particulière à :

– l’utilisation de matières recyclées quand c’est possible ; cela nous demande des efforts en particulier quand nous produisons en Asie où ces préoccupation sont loin d’être d’actualité.
– la réduction des emballages au maximum ; nous privilégions pour tous nos client « Éducation » la livraison dans un emballage bulk de 5 ou 10 machines par cartons, ce qui diminue les volumes transportés et le volume d’emballage.
– la durabilité et la réparabilité des produits ; comme nous travaillons avec les collectivités sur un temps long (au delà de 5 ans, parfois) avec une maintenance incluse dans nos offres, c’est aussi notre intérêt de faire des choix de conceptions dans ce sens, même si c’est parfois un challenge face au désir d’avoir des machines toujours plus fines et plus intégrées.

binaire : L’écosystème des matériels éducatifs est complexe. Le fait que différents ENT, différentes entreprises développent indépendamment des solutions en concurrence, n’est-ce pas une cause d’inefficacité ? Et puis, la distribution des responsabilités entre différents acteurs, l’Éducation nationale, les régions, les départements, n’est-ce pas aussi une cause d’inefficacité ?

BC : Cette concurrence est un aiguillon pour aller vers plus d’innovation, de créativité. Par contre, le fait que les responsabilités soient partagées complique parfois les choses. Par exemple, le fait que les collectivités aient autant d’espace de décision dans le dispositif. C’est super quand vous avez à faire à une collectivité dynamique qui a placé le numérique dans ses priorités. Mais ce n’est pas toujours le cas. Cela induit des inégalités considérables entre les territoires.

binaire : Dans votre gros contrat avec la région Île-de-France, vous intervenez comme sous-traitant de La Poste. Ça peut paraître surprenant.

BC : Le projet est énorme et c’est bien de pouvoir s’appuyer sur une entreprise de la taille de La Poste, très motrice dans le numérique. Et puis quand vous devez déployer du matériel dans 600 lycées en 3 semaines, vous êtes contents de pouvoir vous appuyer sur un réseau de postiers qui couvre le territoire.

Serge Abiteboul, Inria et ENS, Paris, Guy Daroles, Directeur de projet Monlycee.net Région Île-de-France

Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut)

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