Innovation Pédagogique
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Coopérer pour apprendre, les changements de posture de la coopération ouverte, l’ére du co et de l’open : 3 conférences autour de la coopération au colloque QPES 2019 à Brest

17 juin 2019 par Michel Briand QPES 2019 209 visites 0 commentaire

Pour ce 10 éme colloque 2019 de "« Questions de pédagogies dans l’enseignement supérieur » " le thème choisi est "’(Faire) coopérer pour (faire) apprendre" 3 conférences sont proposées autour de la coopération.

En attendant une mis en ligne des conférences en voici les présentations issues du site du colloque.

Coopérer pour apprendre : Atouts et Challenges

Jacques Lanarès [1]

Même si l’idée n’est pas nouvelle, la coopération et le travail en groupes prennent une place croissante dans l’enseignement supérieur à la faveur de l’évolution des méthodes et stratégies d’enseignement. La montée en puissance d’approches de l’enseignement centrées sur les étudiants ne fait qu’accentuer le phénomène. Pour autant, s’agit-il d’un effet de mode ou est-ce le résultat d’une nouvelle ou meilleure compréhension des mécanismes de l’apprentissage ? De fait cela peut être l’un ou l’autre selon que l’on en fait une panacée ou un dispositif privilégié dans des contextes spécifiques. Pour apporter des éléments de réponse à cette question, l’intervention reviendra tout d’abord sur les fondements psychologiques et pédagogiques de l’utilisation du groupe dans l’enseignement, en particulier supérieur, puis s’attachera à faire ressortir les conditions d’efficacité de ces dispositifs en revenant notamment sur les principaux éléments à retirer des recherches sur le fonctionnement des petits groupes et des équipes. Ceci sera l’occasion de souligner quelques éléments clés de la coopération.
Enfin, l’intérêt de ces dimensions /aspects dans une perspective d’employabilité ainsi que les conditions à créer pour favoriser le transfert seront abordées.

Coopérer, d’abord un changement de posture

Michel Briand [2]

La coopération, la capacité à innover, la créativité, figurent en tête des référentiels des compétences attendues dans ce 21ème siècle d’une société transformée par nos usages du numérique et confrontée à l’urgence des transitions. L’abondance des contenus numériques, des innovations sociales et des initiatives locales appellent à des changements de posture pour "faire avec", "être en attention", "donner à voir", apprendre à coopérer et développer les communs. Des années d’expérience dans le développement des pratiques collaboratives dans la société nourriront cette présentation centrée sur l’apport de la coopération ouverte.

Freins et facilitations seront illustrés et déclinés dans le domaine de la formation au travers d’interviews d’acteurs.

L’ère du "co" et de l’open : entre solutions concrètes et imaginaires numériques.

Célya Gruson-Daniel [3]

La coopération, l’ouverture, le partage ou encore la co-construction sont au coeur des discours qui décrivent nos sociétés et les dispositifs numériques qui les accompagnent. L’enseignement supérieur et la recherche (ESR) n’y dérogent pas, ce qui bouscule les pratiques pédagogiques et les modes d’organisation au sein de nos instituts.

Or, une rapide rétrospective sur les attentes initiales portées sur les MOOC à partir de 2012 - comme espace de coopération et d’ouverture- à la réalité des plateformes et des usages actuels amène à s’interroger sur les possibilités concrètes d’une coopération tout autant que des valeurs et des objectifs qui y sont associés.
Entre coquille creuse des discours institutionnels et mise en oeuvre de dispositifs (véritablement ?) coopératifs et ouverts/libres, des pistes de réponse se trouvent dans l’analyse de la pluralité des significations que ce terme recouvre.

En revenant sur la polysémie d’une formule voisine l’open, Célya Gruson-Daniel détaillera les différentes conceptions qui y sont associées afin d’éclairer ce que coopérer peut vouloir dire aujourd’hui. Cette présentation sera une invitation à un regard réflexif au sein de l’ESR sur les imaginaires du "co" et de l’open et les moyens de leur implémentation, ce qui nécessite au delà de l’aspect technique "numérique" des changements d’ordre cognitifs sur nos modes de penser et faire société aujourd’hui.

Licence : CC by-sa

Notes

[1acques Lanarès a été Vice-Recteur de l’Université de Lausanne de 2006 à 2016. Il était en charge de la Qualité, des ressources humaines, du développement de l’enseignement et du E-learning. Il est très impliqué dans les questions de Qualité, que ce soit au niveau national ou international. Il a présidé pendant 9 ans le Réseau Qualité des universités suisses et la Délégation Qualité de la conférence des recteurs, il est membre du Conseil Suisse d’Accréditation et expert auprès de plusieurs organisations telles que l’EUA ou la Banque mondiale et pour diverses agences d’accréditation (Belgique, Finlande, France, Irlande, Lituanie, ENQA).

[2Michel Briand est professeur émérite à l’IMT Atlantique et animateur du site contributif « Innovation Pédagogique » sur l’enseignement supérieur francophone. Il a été membre du Conseil National Numérique (2013-16). Élu au numérique, à la démocratie locale puis à l’économie sociale et solidaire à Brest, de 1995 à 2014, il a développé une démarche facilitant l’implication, le pouvoir d’agir avec le souci d’une e-inclusion. Acteur des réseaux coopératifs et des communs il édite un blogsur les démarches contributives et donne à voir ce qui motive les personnes à coopérer et participer aux communs. Il co-anime les sites ouverts « a-brest.net », « Bretagne-creative.net » et les événements tels Brest en communs ou le Forum des usages coopératifs.

Plus d’informations : http://www.cooperations.infini.fr/

[3Célya Gruson-Daniel est docteure en sciences sociales (STS/SIC), diplômée du CRI (Centre de Recherches Interdisciplinaires). Ses recherches questionnent la place des savoirs dans nos sociétés modernes et le rôle des imaginaires technoscientifiques sur leurs façonnages. Elle s’ancre dans une approche interdisciplinaire (master en neurosciences, doctorat en SIC/STS) avec une démarche pragmatique ("par le faire") et entreprenariale afin d’éprouver les transformations de nos modalités de penser et d’agir avec et par les technologies numériques.

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