Les 12 travaux de l'implication

Préalable sur "L'implication"
Commençons par un petit point sémantique. En Français, le verbe impliquer n'a que 2 sens :
- Engager : Se trouver impliqué dans une affaire désagréable.
- Avoir pour conséquences : un déjeuner chargé implique une digestion lourde
Utiliser impliquer en tant que "faire participer" est un usage impropre. Plus précisément, on n'implique pas une personne (sauf dans une affaire fâcheuse) :
- soit on la mobilise (souvent via un contrat de travail) ;
- soit elle s'implique d'elle-même.
Le rôle de l'animateur·rice est alors de travailler sur les conditions de l'implication de cette personne.
Dans un groupe, on distingue quatre types de posture d’implication, que l’on retrouve généralement avec les ratios suivants :
- Les proactifs & proactives qui prennent des initiatives – 1 à 5% du groupe
- Les réactifs & réactives qui réagissent lorsqu'on les sollicite – 10 à 50% du groupe
- Les observateur·ices qui suivent les travaux du groupe & les inactif·ves qui représentent le reste – 50 à 90% du groupe. De notre place d'animateur·ice, la difficulté est qu'on ne peut pas faire la différence entre les observateur·ices et les inactif·ives, puisque ni l'un·e ni l'autre ne donne signe de vie. Par contre, en facilitant son implication, on pourra permettre à un·e observateur·ice de basculer dans l'action pour devenir réactif·ive.
Ainsi, il y a une gradation dans les rôles, plus ou moins actifs, que peut prendre un·e participant·e, lui permettant de s'impliquer de plus en plus… ou de moins en moins.
Quelques idées à retenir à ce niveau
- On parle bien de postures dans un projet particulier et pas de cases où enfermer les personnes. Réfléchissez pour vous-même : vous êtes sûrement proactive dans certains projets et observatrice ou réactive dans d’autres, non ?
- Viser les 100% de proactivité ou de réactivité n’est pas possible (est-ce seulement souhaitable ?), notamment quand on parle d’un groupe dépassant une douzaine de personnes.
- Distinguer les observateurs des inactifs est quasi impossible : est-ce que ces personnes n’en ont rien à faire ou est-ce qu’elles regardent les infos sans réagir ? Pas évident… mais gardons la distinction en tête.
- Gardez en tête qu’il s’agit de ratio, ce qui a 2 conséquences :
- L’une des erreurs les plus fréquentes est de commencer à envoyer les infos à tout le monde puis de réduire le groupe aux seul·es réactif·ves et proactif·ves (en pensant que tous les autres sont inactif·ves). Dans ce cas là, le groupe diminue et on se retrouve bien souvent comme seul·e proactif·ve à la fin
- À l’inverse, une des premières pistes pour augmenter l’implication est de se demander à qui rendre visible ce que l’on fait, qui cela pourrait intéresser.
1-4 Fluidifier l'implication
Les 4 premiers travaux sont issus de la méthode REPI de Jean- Michel Cornu. REPI est un acronyme de Rencontres régulières, Envoi d’invitations (ou Échanges entre les rencontres), espace de Partage et flux d’Information. L’objectif de cette méthode est de fluidifier la montée et la descente de l’escalier de l’implication. Même si cela peut sembler contre-intuitif, faciliter aussi la descente (voire la sortie) peut favoriser la montée (et l’entrée) ! N’êtes-vous pas rassuré·e, lorsque vous entrez dans une pièce, de savoir où est la sortie en cas de besoin ? Si les marches sont trop hautes, ou s’il en manque, on n’arrive pas non plus à grimper.
1. un flux d’Information
Le flux d’information a pour objectif de rendre visible ce que votre groupe fait et de donner envie à d’autres personnes de vous rejoindre.
2. un espace de Partage
Il s’adresse aux membres de votre groupe. C’est un espace matériel ou numérique qui rassemble toutes les infos utiles de votre projet : trombinoscope des membres, compte-rendu de réunions, projets en cours, philosophie... Rendre visible ce qui se passe permet aux inactif·ves de devenir observateur·ices !
3. Envoi d’invitations
L’espace de partage est un outil « de stock » où l’on trouve toutes les informations mais où les membres doivent faire l’effort d’aller. Il est important d’avoir également un outil « de flux » pour pouvoir échanger entre les rencontres. Parmi ces échanges, ceux qui sont primordiaux pour l’implication sont l’envoi d’invitations qui permet aux observateur·ices de participer et donc de devenir réactif·ves. Idéalement, cela prend la forme d’un message court (lisible en moins de 2 minutes) avec toutes les infos pratiques pour participer.
4. Rencontres régulières
C’est le cœur d’un collectif, les rencontres régulières ne concernent pas toujours l’ensemble du collectif mais permettent aux réactif·ves de participer et donc de devenir proactif·ves.
5-8 Prendre soin des personnes
5. Identifier les freins et motivations de chacun·e = seuil d’implication
Le seuil d’implication pour une personne n’est que la balance entre ses motivations et ses freins. Pour favoriser l’implication, il est donc important de prendre régulièrement le temps de questionner les membres.
6. Accueillir
On y pense souvent mais on le fait plus ou moins bien. L’accueil est primordial pour que les nouveaux et nouvelles comprennent comment le groupe fonctionne, quels sont les outils utilisés, comment s’en servir, quels sont les projets en cours, les lieux d’implication possibles...
7. Accompagner la désimplication
Ça, on n’y pense moins souvent et on le fait très peu. Pourtant, c’est une étape très utile pour au moins deux raisons. D’abord pour remercier les personnes qui s’en vont, pour le temps de vie qu’elles ont consacré au projet. Ensuite pour recueillir leurs retours sur le projet (les langues se délient souvent en partant) et les raisons de leur désimplication (et ainsi voir s’il y a des choses à améliorer).
8. Prendre soin des réactives et réactifs
On ne peut pas tout faire et les journées ne font que 24h. Le conseil est donc de prendre particulièrement soin des réactif·ves (celles & ceux qui sont là aux rencontres) pour comprendre leurs motivations, leurs freins et leurs envies. La réactivité d’aujourd’hui est la proactivité de demain.
9-12 Prendre soin du groupe
9. Identifier la raison d’être
Sur notre infographie, la raison d’être est matérialisée par le soleil qui rayonne sur l’ensemble du groupe. C’est la réponse à la question Pourquoi ? Pourquoi passons-nous du temps de vie ensemble ? Quel est le projet de ce collectif ? Identifier la réponse à cette question est importante, la rendre visible et la rappeler régulièrement aussi.
10. Co-construire le projet
Pour favoriser l’implication, la co-construction est primordiale. En effet, si tout est défini par moi-même, je cherche plus des exécutant·es pour mon projet que d’autres personnes pour mener à bien un projet collectif.
11. Rendre visible les lieux d’implication
Parfois la seule chose qui manque, c’est de rendre visible les différentes manières de s’impliquer. L’idée est simple : créer un point de rencontre entre les besoins du groupe et la bonne volonté des individus.
12. Célébrer les réussites
Il est récurrent d’avoir la tête dans le guidon. Alors gardez en tête qu’il est important de savoir marquer des pauses pour prendre le temps de regarder le chemin réalisé, célébrer les réussites (voir lettre H) et ainsi rendre le groupe visible à lui-même.
- Animation de réunions présentielles
- Prise de décision
- Communs et partage de connaissance
- Non



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