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Commun d’Accompagnement des Transitions

21 février 2024 par Michel Briand Ressources 261 visites 0 commentaire

Commun des ressources d’Accompagnement et de Facilitation de l’Intelligence Collective multi-acteurs dans les territoires

 https://pad.lescommuns.org/s/presentationCAT#

Porté par Université Paris 8, Consortium d’Accompagnement des Transitions (CAT)

Un texterepris du wiki Résilience des territoires de l’Ademe

Description :

Le Commun d’Accompagnement des Transitions, porté par un Consortium du même nom, met en commun, développe et accélère le déploiement des savoirs et savoir-faire socio-relationnels nécessaires au dialogue et à la coopération entre différents acteurs dans les territoires afin d’accélérer la transition pour atteindre les objectifs de résilience et de sobriété. Son ambition est d’augmenter le taux de réussite et aussi l’envergure des initiatives de coopérations territoriales. Ce qui est attendu :
 un meilleur retour sur investissement des ressources et subventions investies partout dans les transitions en réduisant les situations de blocages sur le terrain et le taux d’échec des transformations à opérer
 un gain considérable d’efficacité, de rythme et d’ampleur dans la conduite des transformations à opérer partout pour aboutir à la mise en résilience et à la sobriété.

Résilience et sobriété

La résilience d’un territoire est sa capacité à retrouver son équilibre favorable à la vie et à la prospérité après un choc, une catastrophe ou une crise, qu’elle soit climatique, économique, géopolitique ou provoquée par des fractures de la cohésion sociale et culturelle. Ici, la résilience sera comprise comme intégrant la notion de robustesse face à ces crises en tenant compte des différents scénarios prospectifs, mais aussi la capacité à (re-)construire des équilibres locaux mieux adaptés au monde présent et futur, plutôt que de revenir à des situations antérieures désormais inadaptées. La transition vers la résilience passe par des crises qui, anticipées par les acteurs et grâce aux ressorts de dynamiques de transformation collective locales, participent à l’adaptation à un monde changeant. La sobriété énergétique, en ressource et en investissement, d’adaptation d’un territoire dépend quant à elle des capacités de ses acteurs à repenser, à réduire et à optimiser les flux de ressources, de transport, et de régénération des déchets, des sols, du tissu social, etc, et en fait de la capacité des acteurs de la société civile à re-concevoir collectivement les activités, les structures, les flux et l’espace en fonction de leurs besoins et aspirations, mais aussi des limites planétaires. Il s’agit d’un changement colossal, à la fois culturel et de pratiques que seules des approches systémiques complètes déclinées localement peuvent espérer accélérer et surtout faciliter la réussite. Le Commun se donne pour mission de démocratiser cette culture systémique de transformation, là où il en est besoin.

Faciliter et accompagner les transformations systémiques

Ces transformations sont impossibles à atteindre par la puissance publique seule, par la simple loi du marché ou par les seuls communs ou les initiatives citoyennes. La régénération des designs systémiques des territoires vers la résilience et la sobriété n’est possible que par une mise en coopération effective du plus grand nombre possible de parties prenantes/donnantes concernées qu’il convient de mobiliser et d’accompagner. Il s’agit de modifier leur regard sur le présent et le futur, de faciliter leur mise en dialogue, et en coopération, pour limiter les résistances, les peurs ou les illusions simplificatrices qui provoquent des blocages et l’échec du passage à l’échelle des projets de transformation.

Métiers de la facilitation, de l’accompagnement et de la formation

Face à ce défi, de nouveaux métiers sont apparus ainsi que des progrès décisifs obtenus pour nous permettre de mieux le relever. Les capacités à faciliter l’intelligence collective et à accompagner des processus de transformation en co-construction sont des clés essentielles du succès sur le terrain. Ces savoir-faire transmis par des formations initiales, des Moocs et des DU d’Intelligence Collective commencent à être présentes un peu partout sur le territoire français, mais encore en trop petit nombre. Les facilitateurs et animateurs de transition dans les territoires ont aussi souvent besoin d’être soutenus par des pairs expérimentés et des récits provenant d’autres territoires pour monter en savoir-faire ou surmonter des blocages. Des instances professionnelles et des communautés apprenantes de facilitateurs s’emploient déjà à accompagner des collectifs de toute nature : collectivités, institutions, entreprises, associations, groupes informels, etc. pour favoriser le dialogue et les changements. Il convient maintenant de mieux pouvoir faciliter partout et en nombre les mises en coopération multi-acteurs, en incluant les citoyens. Ces métiers ont besoin de nouveaux modèles économiques et de financement adaptés à la mise en coopération de compétences de haut niveau plutôt qu’à leur mise en concurrence pour répondre à ce défi.

La culture et les pratiques du dialogue

Les difficultés liées à la régulation du dialogue et des tensions ont été identifiées comme une source d’échec majeure dans les projets coopératifs qui rassemblent différents acteurs. Par exemple, une étude sur les Oasis (bilan du sommet des Oasis 2021) montre que 90% des projets collectifs d’écolieux échouent ou ne tiennent pas dans la durée pour différentes causes dont les principales sont les dissensions, les difficultés de se doter d’une gouvernance adaptée ou à coopérer en confiance.

L’époque actuelle est particulièrement marquée par de multiples appels au dialogue de toutes parts. Ces incantations ne suffisent pas à générer des dialogues de qualité et à dépasser les controverses paralysantes : nous avons besoin d’une large appropriation des technologies sociales et relationnelles pour créer une culture du dialogue, la faire vivre et la voir fleurir sur le terrain pour dépasser les blocages et devenir créatifs et constructifs ensemble.

Une expérimentation d’apport de compétences de mise en dialogue localement, initiée par l’université de Toulouse, a déjà démarré. Comme en témoigne Georges Dhers ici cette pratique, génère un terreau relationnel propice à l’émergence de coopérations nouvelles.

Le consortium vise à :

 produire et animer des parcours et des modules de formations à l’accompagnement des processus et aux pratiques de dialogue adaptés à différents contextes et objectifs, de les diffuser dans des bassins territoriaux où favoriser les coopérations ;
 à recueillir les expériences et les récits de ces dialogues et mises en coopération dans le Commun partagé avec tous les acteurs du changement et de la science ouverte ;
 à contribuer à diversifier et à intégrer les modèles économiques des professionnels de la facilitation et de l’accompagnement à un écosystème du savoir ouvert et partagé, afin de pouvoir démocratiser la diffusion de la culture de la mise en dialogue et de la coopération au service des transformations collectives.

Constitution du Commun

Le Commun, pour le moment constitué des initiateurs, des porteurs et de leurs réseaux, est lui-même une communauté apprenante destinée à s’élargir à de multiples acteurs publics, privés ou de la société civile et à des représentants de communautés locales souhaitant initier ou contribuer à des rencontres pour se renforcer et réussir à mieux coopérer. À cette mission est associée la collecte, l’enrichissement mutuel, le partage et la diffusion ouverte des connaissances produites via des outils numériques que la mise en coopération aura aussi pour tâche de mettre en synergie au service des transitions.

L’ensemble des membres du Consortium participent à la gouvernance du Commun et de ses pôles d’activité autonomes et coordonnés. Les parties prenantes/donnantes au consortium veilleront à établir une charte de fonctionnement de la communauté pour assurer une bonne fluidité et régulation des relations entre membres, pour prendre soin de l’intégration de nouveaux acteurs entrants et pour fonctionner comme une communauté apprenante. Ils édicteront ensemble les modalités de leur gouvernance partagée. Celle-ci est destinée à garantir une bonne coordination dans la conduite des missions (livrables) portées par le CAT, une écoute des besoins et l’équité dans l’accès aux ressources produites mais aussi à veiller au respect de la subsidiarité et des rythmes de prises d’initiative au service du Commun.

Raison d’être du Commun

 Contribuer à mettre en coopération et en intelligence collective les réseaux et les acteurs de transformation motivés pour s’impliquer dans l’accélération du changement d’échelle des transformations éco-systémiques à opérer dans les territoires et dans les organisations.
- Accompagner l’accélération du changement d’échelle des transitions sur les territoires en formant à la mise en coopération horizontale par la mise en dialogue multi-acteurs, multi-niveaux, et en formant à l’accompagnement des processus de transformation en co-construction, à des fins de transition : assurer la montée en compétence et en qualité de posture, d’alignement, d’adaptation et de savoir-faire par une pédagogie interactive et expérientielle et animer une communauté apprenante de facilitateurs de mise en dialogue des transitions.
 Contribuer à faciliter numériquement la collecte et la publication ouverte des ressources et connaissances produites, des expériences et des fruits de ces mises en dialogues dans les territoires sous la forme de récits et de connaissances/ méthodologies transmissibles afin de les donner en contribution à la Science Ouverte (enseignement-recherche) et à la communauté des transitions territoriales et sectorielles.
 Construire et expérimenter les ressources produites en coopération avec les institutions d’enseignement-recherche en lien avec plusieurs territoires d’expérimentation dont la Seine-Saint-Denis avec l’association HALAGE, Microville 112 à Courcy près de Reims, la Biovallée dans la Drôme (liste non limitative)...

 Organisations utilisatrice ou intéressée par utiliser la ressource : Association "La démarche CodeSocial", Association EUTOPIC, CollabWork, Dialogue En Intelligence Collective, Halage

 Contributeurs : ANNETTE MONNOURY, Anna Szeremeta, CHRISTINE SAUSSE, Cora KLEIN, Elisabethm, Lorenzo Favia, Pascal68, Pierre Paris, Soundari, Teajay, lena Bouzemberg, Elisabeth Martini

 Type de licence ? Creative Commons BY SA 4.0, ODC Open Database License (ODbL)

Licence : CC by-sa

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