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Réfléchir aux démarches qualité dans l’enseignement supérieur : partage d’expériences

Un article repris de http://theconversation.com/reflechi...

Pour améliorer leur qualité, institutions de recherche, écoles et laboratoires sont encouragés à se faire accréditer par des experts indépendants. felixioncool/Pixabay

À l’occasion du colloque annuel de l’Agence Universitaire de la Francophonie, tenu à Beyrouth les 7 et 8 novembre autour du thème « la Francophonie universitaire face au défi de la qualité : pour un rapprochement des forces », plusieurs participants francophones réagissent sur la question de la démarche-qualité. Vue de l’Université de Genève, membre du G3.


Partout dans le monde, l’assurance qualité des institutions de l’enseignement supérieur, et notamment des programmes d’études universitaires, est largement reconnue comme une composante essentielle du système d’éducation. En Europe tout comme en Amérique du Nord, il existe des lieux d’échange dans ce domaine. Toutefois, la très grande majorité des activités se tient généralement en langue anglaise.

Or, l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF) avait déjà, en 2013, exprimé le besoin de développer des dispositifs qualité dans le monde de la francophonie (Déclaration AUF 2013 de Sao Paulo).

Dès 2012, de part leur communauté d’esprit et d’intérêts sur ces questions d’assurance qualité les universités du G3, Université de Genève, Université de Montréal et l’Université libre de Bruxelles, s’étaient lancées dans des réflexions sur cette thématique, menées notamment par leurs trois responsables qualité – Claude Mailhot (UdM,) Laurence Rosier (ULB) et Stéphane Berthet (UNIGE).

Ces universités sont unies par une communauté d’intérêts et d’objectifs dans les domaines de l’enseignement, de la recherche et des services à la société. Elles entretiennent entre elles des liens particulièrement féconds, et sont soucieuses de leur positionnement international. Ce partenariat donne lieu au développement d’actions conjointes dans plusieurs domaines comme l’archéologie, la chimie, la biologie, le droit, les études internationales, la médecine, la santé publique, les neurosciences, les sciences de l’éducation, les sciences politiques, etc.

L’importance des collaborations internationales francophones.

Le G3 s’est ainsi engagé dans l’organisation de colloques sur les démarches qualité avec l’objectif de créer un espace de réflexion et d’échanges au sein du monde francophile sur la qualité dans les institutions d’enseignement supérieur, en traitant notamment les évaluations des programmes d’études et les démarches d’amélioration des services. Le G3 cherche également à promouvoir le développement de politiques et pratiques qualité innovantes, et de les partager grâce à une collaboration renforcée entre les différents acteurs tels que les enseignants, les étudiants, les directions d’université, les spécialistes « qualité » des universités ou les agences d’assurance qualité.

Avec le premier colloque du G3 sur La qualité dans tous ses états, qui s’est déroulé à Bruxelles en octobre 2014, quatre thématiques ont été particulièrement traitées : perception et représentation de la qualité, appropriation des démarches qualité, méthodes, mesures et mise en œuvre d’une politique ou d’une culture qualité au sein d’une institution et enfin, gestion et organisation de la qualité.

S’approprier la démarche qualité

Il est ainsi apparu que tous les « systèmes qualité » sont des systèmes en tension entre les objectifs de contrôle (« redevabilité », reddition de compte) et ceux d’amélioration continue des programmes et des apprentissages qui s’inscrivent plutôt dans une démarche d’évaluation formative.

Les participants ont également débattu de l’intérêt, pour une institution d’enseignement supérieur, de disposer d’une politique qualité clairement définie et pleinement portée par la direction, afin qu’elle puisse s’améliorer en permanence dans ses missions de formation, de recherche et de service à la collectivité, mais également dans sa gestion.

Pour qu’une politique qualité soit efficace, il est important que les résultats acquis notamment par les procédures d’évaluation soient valorisés par une communication auprès de la communauté universitaire.

Utiliser les bonnes techniques

En 2016, le G3 a souhaité aller plus loin dans la réflexion, et dans un colloque à Genève, nous avons abordé la thématique centrale des outils de la démarche qualité, à savoir les outils mis en œuvre au sein des institutions de l’enseignement supérieur et leur intégration dans différentes approches qualité.

Parmi ces dernières on compte : l’accréditation d’institution, de systèmes qualité ou encore de programmes de formation (incluant la formation continue) ; l’accréditation de laboratoires de recherche ou de services administratifs ; l’audit de système qualité ; l’évaluation d’enseignement, de programmes de formation de base ou continue, d’entités académiques ou administratives, ou encore d’institutions.

Les outils (procédures pour l’accréditation, l’audit ou l’évaluation) peuvent être utilisés et définis par des experts externes aux institutions (agences, cabinets d’audit) ou par des experts internes (personnel dédié aux questions d’assurance qualité). Parmi les outils on trouve les documents explicitant au sein de chaque institution les démarches d’évaluation, les critères d’évaluation pris en compte qui peuvent varier selon le type d’évaluation, les tableaux de bord qui permettent de suivre l’état des évaluations ou encore les documents qui précisent les responsabilités des différents acteurs du processus qualité activé.

Vu de Genève

Ainsi, à l’Université de Genève, nous développons nos propres procédures et outils d’évaluation et ce que nous essayons de faire c’est de simplifier au maximum la procédure d’évaluation de programme afin d’alléger le travail d’auto-évaluation parfois assez lourd pour le directeur ou la directrice de programme. Cela nous a permis de faire adhérer plus facilement les professeurs soumis à cet exercice d’évaluation de programme systématique.

C’est une expérience que nous partageons lors des colloques. L’objectif poursuivi dans l’évaluation de programmes est généralement d’analyser le positionnement du programme dans le paysage régional, national et international, d’identifier les forces, faiblesses, opportunités et menaces du programme, de dégager des éléments permettant de soutenir le développement et l’amélioration continus du programme et par conséquent de l’institution.

Ces outils sont évolutifs, ils sont amenés à être enrichis constamment par l’évolution de l’environnement de l’enseignement supérieur, par les nouvelles tendances de l’assurance qualité et par le retour des personnes engagées dans les démarches qualité.

Indicateurs de qualité

Ces outils s’appuient le plus souvent sur des valeurs, des critères et des indicateurs de qualité. Ils permettent de traduire une vision de la qualité et une démarche propre à chaque établissement, mais aussi d’améliorer l’organisation et la gestion de l’institution et de mieux répartir le partage des responsabilités dans le cadre d’une démarche qualité.

Les nombreux participants au colloque de Genève ont ainsi pu comparer différentes approches et des différents contextes dans lesquels se déploient ces outils d’évaluation, faire une collecte d’idées ou de méthodologies à mettre en pratique et acquérir des pistes de développements d’outils ou même des outils pour leur propre environnement.

En organisant ces colloques, c’est plus de 180 personnes en provenance de tout le monde francophile, y compris des participants du Brésil, de l’Ukraine et du Vietnam qui sont venues échanger sur ces questions d’assurance qualité. Soutenu par l’AUF, dans l’organisation de ses événements, le G3 a pu montré, grâce à ces colloques, le dynamisme et la richesse des expertises et des mécanismes disponibles au sein de la francophonie pour développer et faire évoluer les démarches qualité dans l’enseignement supérieur.

En 2018, il organisera, toujours avec le soutien de l’AUF, un 3e colloque qui se déroulera du 24 au 26 octobre à Montréal sur le thème : « Les démarches qualité en enseignement supérieur : quels en sont les effets ? »

The Conversation

Stéphane Berthet ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son poste universitaire.

Licence : CC by-nd

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