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Comment faire une école de gestion « zéro déchet »

Un article repris de http://theconversation.com/comment-...

Vue du bâtiment GEM. © Copyright Agence Prisme / Pierre Jayet, CC BY-SA

Une grande école aujourd’hui – c’est ce que je considère comme prioritaire pour GEM – doit être utile à la société. Elle doit être exemplaire dans ses relations avec son bassin d’emploi, en aidant ceux qui sont aux marges du marché du travail. Elle doit être aussi à la pointe de la RSE. C’est pour cela que GEM s’est fixé comme objectif d’être en 2020 la première grande école européenne zéro déchet.

Ces objectifs – je reviendrai sur le premier dans un autre article – est né d’une évidence : les business schools doivent évoluer. Plus précisément, comme nous l’avons défini pour GEM dès 2012, les business schools doivent évoluer de business school à school for business for society.

Les écoles de gestion doivent être au service de la société

Dit autrement, si les business schools ne faisaient que de la formation et de la recherche, elles seraient très utiles mais passeraient à côté de l’essentiel. Le monde dans lequel nous vivons désormais n’est plus le monde d’hier. Un monde où, comme l’écrivait Camus dans son discours aux Nobel, chaque génération pouvait « se croire vouée à refaire le monde ». Non, dans le monde qui est le nôtre, et comme Camus l’avait anticipé, notre tâche est peut-être plus grande encore. Elle consiste à « empêcher que le monde se défasse ».

C’est bien cela, comme je l’écrivais dans « L’Éloge du bien-être au travail », que nous devons réussir. Faire que rien de grave n’arrive pour reprendre un mot de Karl Popper. Nous battre avec toutes nos forces contre l’instauration des « royaumes de la mort », contre le Pré des Asphodèles.

Les business schools, désormais, ne doivent plus ambitionner de seulement travailler pour les étudiants, les participants en formation continue, le monde académique, les entreprises. Les business schools doivent ambitionner d’être tout autant au service de l’ensemble de leurs parties-prenantes, au premier rang desquelles la société.

Leur ambition ne doit plus seulement être d’accompagner la performance des organisations en leur fournissant des compétences (par la formation) et des connaissances (par la recherche). Leur ambition la plus haute doit être de contribuer à améliorer le bien-être de la société. Comment ? Par leur capacité à donner une vision, à proposer des solutions concrètes aux défis humains – générationnels, économiques, géopolitiques, sociaux, environnementaux.

C’est dans ce cadre, dans cette évidence à porter attention au monde de demain, que nous nous sommes fixés l’objectif de faire de GEM la première business school zéro déchet en Europe, d’ici 2020.

Notre approche et notre ambition, avec cet objectif « zero waste », comme l’exprime Jacklyn Rosebrook, responsable du projet à GEM, ne se limite pas aux évidences que sont les questions environnementales. Bien qu’elles restent la partie la plus visible et la plus urgente pour beaucoup d’entre nous et pour notre planète : réduire, réutiliser, recycler.

« Zero waste » : un concept large

Notre conception des « déchets » selon Jacklyn Rosebrook couvre un spectre bien plus large et concerne :

  • Les ressources et les énergies : nous devons préserver et réduire le gaspillage de l’eau, du gaz, de l’électricité et d’autres ressources naturelles, agir pour le climat ;

  • Les déchets matériels : nous devons réduire le gaspillage de la nourriture, la consommation de papier, de plastique, de verre ; recycler les appareils électroniques, les biens de consommation ;

  • la mobilité et les transports : nous devons réduire les déplacements professionnels et pendulaires de nos étudiants et de nos collaborateurs : promouvoir les mobilités douces et alternatives, le télétravail, les réunions et les cours à distance.

Toujours selon Jacklyn Rosebrook cela comprend également les questions sociétales urgentes et tout aussi importantes :

  • Les déchets immatériels : nous devons remettre en question les systèmes économiques, de gouvernance et de gestion qui utilisent trop de ressources pour accroître la productivité de peu de personnes et ont un coût : perte de temps, de talents, de motivations, etc. Créer des programmes de mécénat, de formations internes, faire de la recherche sur le bien-être, la paix économique, les formes alternatives de marchés et d’organisations ;

  • Le gaspillage social : nous devons contribuer à une économie locale qui fonctionne bien. Préserver les bons emplois et permettre de mesurer l’autosuffisance. Réduire la précarité et contribuer à la réinsertion sociale. Prendre en compte le handicap et la différence, aider les migrants et les réfugiés, créer des synergies avec l’écosystème local, l’économie de partage, sociale et solidaire ;

  • Les gaspillages culturels : Encourager le respect des styles de vie et la collaboration entre les cultures. Promouvoir les valeurs de responsabilité, d’éthique, d’engagement et d’actions. Dans nos formations, nos recherches, nos opérations au service et à destination de l’ensemble de nos parties prenantes au premier rang desquelles la société.

Les objectifs internationaux de développement durable établis par l’ONU pour 2020, les 17 ODD (objectifs de développement durable) sont également très ambitieux. Zéro pauvreté, zéro faim, zéro inégalités entre les hommes et les femmes, etc.

Depuis 2008 GEM s’est engagée publiquement auprès de l’ONU dans le cadre du Global Compact et du PRME (principles for responsible management education) pour promouvoir ces principes de responsabilité sociétale et globale. Cette nouvelle ambition « zero waste » renforce encore cet engagement historique.

The Conversation

Loïck Roche est Directeur de Grenoble École de Management

Licence : CC by-nd

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