Innovation Pédagogique et transition
Institut Mines-Telecom

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Comment aborder la soutenabilité pour le numérique éducatif ?

Un article repris de https://tipes.wordpress.com/2024/01...

Je présentais récemment mon habilitation à diriger des recherches, et j’indiquais dans mes perspectives qu’il y a des questions (de recherche) spécifiques aux EIAH. Pour cela, je proposais de prendre comme cadre de référence le donut de Raworth, qui illustre la soutenabilité comme une zone soutenable entre deux types de limites : d’une part, un cercle extérieur qui représente les limites planétaires, et d’autre part un cercle intérieur qui permet de garantir une vie décente pour toute la population mondiale, notamment pour l’éducation.

Quelques jours plus tard, la lettre du CNRS Sciences informatiques proposait un billet de Florence Maraninchi, Quelle recherche en informatique pour un numérique inscrit dans les limites planétaires ? qui se base sur le même cadre. L’idée est de permetrez de prendre du recul par rapport aux promesses liées aux apports du numérique, et de proposer d’analyser le développement de l’informatique entre efficacité et diminution au prisme de l’impact des usages.

Une recherche sur la soutenabilité du numérique éducatif, pourrait donc se positionner dans cette logique, entre sobriété et impact des usages. Reste donc à mener cette exploration au prisme des usages.

Une première piste est celle de l’éducation de qualité prônée par l’UNESCO dont j’ai déjà parlé ici. Une seconde piste, d’après mon analyse (manuscrit à paraître), est de prendre en compte la question de l’ouverture de ces EIAH.

Un EIAH peut en effet contraindre les choix pédagogiques pour l’enseignant, en intégrant dans sa conception un modèle pédagogique. Or, au-delà des contenus liés à la transition écologique et sociétale à intégrer dans les formation, il y a bien un enjeu de transformation de la pédagogie. Nous avons ainsi dans le cadre de l’initiative « Riposte Créative Pédagogique » identifié le souhait des enseignants de s’engager dans la transition, tout en étant garant d’un projet pédagogique visant un changement de la société. Logiquement, la structure d’un EIAH devra en tenir compte, notamment en intégrant des principes de collaboration ouverte et de convivialité (au sens de Illich).

Pour l’apprenant, l’enjeu principal est bien de développer son esprit critique au travers de son libre-arbitre et son pouvoir d’agir. L’ouverture des EIAH, et le caractère capacitant de ces environnements font donc bien partie des questions à examiner pour qualifier des EIAH soutenables.

Une dernière piste à considérer, qui est une suite des deux premières, est la question de la construction des savoirs, de leur émergence, tant il est vrai que les connaissances évoluent et que leur appropriation dans des contextes spécifiques est un véritable enjeu.

Travailler sur un programme de recherche d’EIAH soutenables consiste donc à emprunter une étroite ligne de crête (pour reprendre la formule de Florence Maraninchi) entre les exigences de soutenabilité, au sens respect des limites planétaires, et la nécessité d’une éducation de qualité porteuse de changement de société.

Un donut pour les EIAH, par Jean-Marie Gilliot , inspiré du donut de Raworth

Licence : CC by

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