Innovation Pédagogique
Institut Mines-Telecom

Une initiative de l'Institut Mines-Télécom avec un réseau de partenaires

L’évaluation : rôle de synchroniseur des multiples temporalités dans les formations en régime numérique ?

Un article repris de http://dms.revues.org/1690

Numéro thématique coordonné par Christophe Gremion et François Larose, IFFP, Lausanne, Suisse et Université de Sherbrooke, Canada.

Thème de l’appel à contributions

Les technologies de l’information et de la communication prennent de plus en plus de place dans notre société, changeant notre rapport à l’espace ainsi qu’au temps et modifiant considérablement les rythmes de travail et de collaboration des acteurs. Les formations en régime numérique utilisent les nombreuses possibilités offertes par ces innovations technologiques pour (ré)inventer des ingénieries (Cottier & Lanéelle, 2016). En effet, avec la numérisation des outils pédagogiques et l’essor des cours à distance, apprentissage mixte [1] ou autre classe inversée, avec la multiplication des outils de communication synchrones et asynchrones, le temps ne se conçoit plus de la même manière dans les nombreuses formes de dispositifs hybrides (Lebrun, Peltier, Peraya, Burton, & Mancuso, 2014). Il est ainsi possible de s’inscrire et de démarrer à n’importe quel moment certaines formations à distance, de valider un cours lorsque cela semble le plus opportun à l’apprenant, de s’octroyer du temps supplémentaire pour certains apprentissages ou certaines tâches ou encore de rendre un travail voire de recevoir une rétroaction hors des temporalités habituelles.

Mais bien que pouvant potentiellement offrir plus de liberté et de flexibilité, il arrive également que ces dispositifs représentent des occasions de se perdre ou d’abandonner comme il est fréquemment constaté dans les MOOC, que l’ingénierie n’offre que peu de choix à l’apprenant ou encore qu’elle lui impose une temporalité très contraignante. Dans ces cas, la dimension chronophage de l’appropriation des technologies nécessaires au suivi de certains cours (Audet, 2012) ajoutent encore une difficulté.

Ce numéro thématique - qui fait suite à un symposium présenté lors de l’ADME-Europe 2017 à Dijon - s’intéresse au rôle que jouent les modalités d’évaluation dans ces dispositifs de formation en régime numérique, ainsi qu’à l’influence qu’elle a sur les diverses temporalités, particulièrement entre le mésotemporel institutionnel propre à l’ingénierie de formation et le microtemporel propre à l’apprentissage de chaque individu (Roquet, 2013, p. 14).

Souvent avancé comme une valeur-ajoutée des dispositifs hybrides, les dimensions spatiales et temporelles plus souples peuvent faciliter l’individualisation des parcours de formation. Mais cette individualisation est-elle compatible avec une certaine standardisation des temps et des formes d’évaluation ? Comment la périodicité propre à l’évaluation permet-elle la structuration et l’exploitation par les acteurs de ces instants non institutionnels qui nourrissent leur connaissance en développement (Ross & Collier, 2016) ? Quel effet l’évaluation sous toutes ses formes produit-elle en termes d’apprentissage dans ces dispositifs ? Dans quelle mesure fait-elle plutôt partie du temps qui s’impose, du temps enfermant ou au contraire du temps qui orchestre et permet de combiner les temps pluriels (Grossin, 1996) ? Parce que nous le voyons bien, entre le temps de la formation, le temps de l’apprentissage, le temps de l’évaluation, le temps de l’institution, le temps privé, difficile de permettre à l’apprenant de rester maître de son temps, difficile de lui éviter la schizo-chronie qui le guette… (Pineau, 2000)

Les articles attendus, objet de cet appel à contributions externes, présenteront des dispositifs de formation en régime numérique et interrogeront le rôle de la temporalité de l’évaluation sur 1) les ingénieries de formations ainsi que sur 2) le développement professionnel des formateurs et/ou les modes d’apprentissage des personnes en formation. A travers ces présentations, une tension entre les temporalités de l’évaluation institutionnelle et celles du processus formatif est également mise en évidence.

Bibliographie

Audet, L. (2012). Regards sur l’évolution de la formation à distance au Canada francophone. Distances et savoirs, 9(3), 313‑330.

Cottier, P., & Lanéelle, X. (2016). Enseignement et formation en régime numérique  : nouveaux rythmes, nouvelles temporalités  ? Distances et médiations des savoirs. Distance and Mediation of Knowledge. Consulté à l’adresse https://dms.revues.org/1168

Lebrun, M., Peltier, C., Peraya, D., Burton, R., & Mancuso, G. (2014). Un nouveau regard sur la typologie des dispositifs hybrides de formation. Propositions méthodologiques pour identifier et comparer ces dispositifs. Education et Formation, (e-301), 55‑74.

Pineau, G. (2000). Temporalités en formation : vers de nouveaux synchroniseurs. Paris : Anthropos  : Diffusion Economica.

Roquet, P. (2013). Temporalités et temps vécus. In P. Roquet, M. J. Gonçalves, L. Roger, & A. P. Viana-Caetano (éd.), Temps, temporalité et complexité dans les activités éducatives et formatives (p. 11-21). Paris : L’Harmattan.

Ross, J. & Collier, A. (2016). Complexity, mess, and not-yetness : teaching online with emerging technologies. In G. Veletsianos (éd.), Emergence and innovation in digital learning. Foundations and applications (p. 17-35). Edmonton : Athabasca University Press

Remarques concernant la rédaction des textes

Les articles devront se plier aux exigences scientifiques : formulation des hypothèses ou objectifs de recherche, méthodologie ou méthodes mises en œuvre, références aux travaux comparables, mention des contextes (dont publics, institutions, dispositifs, technologies, etc.), résultats obtenus et mis en perspective. Les articles doivent être lisibles par les spécialistes, chercheurs et experts appartenant aux différentes disciplines visées par Distances et médiations des savoirs.

Les propositions d’articles doivent respecter le format et la ligne éditoriale demandés par la revue Distances et Médiations des Savoirs : http://dms.revues.org/75 ; soit des articles de recherche, généralement de 20 à 25 pages, 30 000 à 50 000 signes (notes et espaces compris) répondant aux exigences académiques. Ces articles seront évalués en double aveugle par les membres du comité scientifique et ne seront publiés qu’après acceptation et révisions éventuelles.

Calendrier des étapes de l’appel

Pour ce numéro thématique, une manifestation d’intérêt sur la base d’un résumé d’environ 6000 signes doit être envoyée avant le 30 juin 2017, conjointement à :

Christophe Gremion, christophe.gremion@iffp.swiss

François Larose, francois.larose@usherbrooke.ca

DMS, dms-dmk@cned.fr

  • Manifestation d’intérêt par les auteurs potentiels sur base d’un texte de 6000 signes (espaces inclus) maximum : 30 juin 2017.
  • Notification aux auteurs de l’acceptation de leur projet : 15 jours après la manifestation d’intérêt.
  • Réception des contributions pour expertise en double aveugle : 31 novembre 2017.
  • Retour des experts : début 2018.
  • Texte définitif : fin mars 2018.

Sortie du numéro thématique : courant 2018, selon calendrier de la revue DMS.

Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut)

Notes

[1Souvent connue dans l’univers franco-européen sous le vocable de blended learning.

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