L’expérience constitue à la fois la matière première et la visée du travail social : elle en fonde la légitimité, l’éthique et la transmission. Mais à mesure que les formations se sont engagées dans un processus d’universitarisation, sa place s’est déplacée. Ce qui relevait autrefois d’un savoir implicite, forgé dans la pratique et transmis par compagnonnage, tend désormais à être soumis aux cadres de validation académique. Ce mouvement, s’il ouvre des possibilités inédites de reconnaissance scientifique, introduit également des tensions nouvelles entre l’expérience vécue et les formes instituées du savoir.



