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La recherche en école d’ingénieurs, créatrice de valeur pour la formation

Un article repris de http://theconversation.com/la-reche...

La recherche apporte à une formation par nature professionnalisante, la perspective de nouveaux espaces de savoirs. Shutterstock

La formation des ingénieurs « comporte une activité de recherche fondamentale ou appliquée. Elle doit permettre à l’élève ingénieur d’accéder à des équipements de pointe, de conduire un raisonnement inductif associant rigueur scientifique, vertus du doute et capacité à se remettre en question », selon la Commission des titres d’ingénieur. Une direction dans laquelle la grande majorité des écoles d’ingénieurs privées se sont donc engagées ces dernières années.

Cette dynamique a été jugée globalement très positive et bénéfique. Néanmoins, certaines interrogations persistent, tant au sein des écoles que chez les parties prenantes. La recherche pèserait-elle excessivement sur les budgets des institutions ?

Les droits de scolarité couvrent plus des trois quarts des ressources des écoles privées, parfois même la quasi-totalité. Dans ces conditions, comment justifier que les contributeurs, généralement les parents, financent de fait la recherche alors que leur demande porte principalement sur une formation de qualité qui garantisse la meilleure employabilité de leurs enfants ?

Une mise en perspective des cours

La recherche apporte à une formation par nature professionnalisante, la perspective de nouveaux espaces de savoirs. Elle permet un accès au doctorat et, dans de nombreux cas, aux carrières d’ingénieur-chercheur. Elle contribue à l’émergence d’un ingénieur qui ne soit plus seulement « technologue », mais contribue aussi à l’écriture d’un futur différent.

Les nombreux apports de la recherche dans la formation des élèves ingénieurs font l’objet d’observations quotidiennes, en particulier à l’occasion des hackatons, défis ou multiples challenges dans lesquels les étudiants s’engagent avec passion. La participation active des enseignants-chercheurs dans les activités de formation contribue à les mettre en perspective.

Le financement de l’investissement de recherche peut être partiellement assuré grâce aux appels à projets de recherche nationaux ou internationaux. Ces équipements, destinés en général aux activités scientifiques, permettent l’accueil des élèves dans le cadre de leurs travaux pratiques, de projets pédagogiques ou personnels et des stages. Ils peuvent susciter l’intérêt de partenaires académiques ou industriels et contribuent ainsi au rayonnement de l’école et de ses diplômés.

On peut citer l’exemple du campus EPF à Troyes qui a pu acquérir, grâce à l’aide des collectivités locales (Troyes Champagne Métropole, Conseil départemental de l’Aube, région Grand Est) et de fonds européens un mannequin instrumenté pour l’étude du confort et des normes de confort dans l’habitat. Cette technologie, unique en France dans sa configuration, intéresse de nombreux industriels (équipementiers, industriels du sport et du textile…) et offre des opportunités de stages, de thèses CIFRE et d’emplois aux élèves-ingénieurs.

Des tremplins vers l’entreprise

Pour bénéficier de synergies optimales, de nombreuses écoles privées d’ingénieurs ont fait le choix d’internaliser leurs activités de recherche, et de créer un laboratoire en propre, éventuellement labellisé de manière volontaire. Les moyens expérimentaux et numériques sont alors regroupés dans des « plates-formes de recherche et de technologie », avec parfois une mise en commun d’équipements cofinancés avec un partenaire académique ou industriel.

Ces plates-formes animent la relation entre les élèves-ingénieurs et les ingénieurs-chercheurs de R&D, mais également avec les services marketing et juridiques. On peut citer le cas d’une élève de l’EPF ayant effectué son stage de quatrième année chez un grand industriel de l’électroménager, sur une plate-forme de recherche et de technologie dédiée aux problématiques de traitement de l’eau. Son stage lui a permis d’être co-inventrice d’un brevet étendu à l’international, puis co-auteure d’un article international dans une revue à comité de lecture. Après une thèse, elle a décroché un emploi d’ingénieur-chercheur à l’étranger.

À l’EPF, les élèves ont aussi la possibilité, dès les premières années, de participer à l’animation des TechLab (les plates-formes de recherche et de technologie) et à l’encadrement des utilisateurs en tant que « Techies ». En troisième année d’école, les enseignants-chercheurs animent une unité d’enseignement (UE) dédiée à la formation par la recherche, permettant aux élèves de disposer d’une véritable ouverture scientifique et d’acquérir des outils et des compétences qui leur seront utiles pour toute leur carrière.

Une démarche de réindustrialisation

La recherche constitue également, outre une ouverture scientifique, une professionnalisation des élèves-ingénieurs. Selon la CTI,

« c’est non seulement en s’appuyant sur l’activité recherche que la formation se déploie de manière la plus naturelle mais également en mettant en œuvre des formations plus spécifiques orientées vers la création ou la reprise d’activité en liaison forte avec le monde économique et les structures de transfert et d’incubation ».

L’implication des élèves-ingénieurs dans des activités d’innovation peut se faire en s’appuyant directement sur les activités de recherche de l’école, ou sans lien direct avec ces activités mais en sollicitant les compétences des enseignants-chercheurs et des moyens expérimentaux et numériques de l’école. L’objectif de nombreuses écoles d’ingénieurs est d’offrir à des élèves motivés des opportunités qui pourront les conduire, s’ils le souhaitent, vers l’entrepreneuriat.

Pour les accompagner à développer leur projet, de plus en plus d’écoles d’ingénieurs développent des structures de « pré-incubation » au sein de laquelle les apprentis entrepreneurs pourront tester et confirmer leur idée. Une telle structure vise à réunir non seulement des compétences dans le domaine de l’ingénierie, mais également dans les domaines financiers, juridique et comptable, avec l’appui de « business Angels », de cabinets d’avocats et de brevets, et d’experts-comptables. Cette démarche s’inscrit clairement dans une stratégie de réindustrialisation de la France par l’innovation.

The Conversation

Olivier Horner ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son poste universitaire.

Licence : CC by-nd

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