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L’engagement ingénieur Cultures d’ingénieurs et formations, le 15 mars 2024, IMT Atlantique, Nantes

10 mars 2024 par Michel Briand Initiatives 138 visites 0 commentaire

Cette journée d’étude porte sur la question de l’engagement des étudiants et anciens étudiants en ingénierie. Elle est organisé en collaboration avec l’École Centrale de Nantes et l’École nationale supérieure Mines-Telecom Atlantique (IMT). Ce sera l’occasion grâce aux élèves-ingénieurs d’entendre parler de ce que sont devenus d’anciens élèves engagés sur des causes sociales et/ou écologiques pendant leur cursus, mais également d’écouter les restitutions d’une enquête menées avec l’Observatoire des Formations Citoyennes à l’École Centrale de Nantes et l’ENSTA Bretagne.

Un article repris de Calenda et publié sous licence CC 0

Les ingénieurs ne sont pas forcément connus pour leurs prises de positions publiques, ou quand ils le font, c’est – ou c’était – sans mettre en avant leur appartenance à ce groupe professionnel. Mais la question climatique semble rebattre les cartes et les prises de parole de jeunes ingénieurs nous interpellent.

Les remises de diplôme sont autant de tribunes où des ingénieurs interpellent leur école, leur employeur, leurs enseignants. Une petite fraction d’entre eux, dès leur entrée à l’école, s’engagent dans la cause environnementale et climatique. Pourquoi le font-ils et comment le font-ils ? Quels sont les élèves-ingénieurs qui s’engagent dans la cause climatique et avec quelle interprétation de la question ? Avec quelles motivations (participer à une action collective, répondre à une stratégie individuelle ? Au nom de quoi le font-ils ? Un sentiment de responsabilité ? Un idéal techniciste ? une injonction extérieure ? Comment se traduit leur engagement dans l’action au sein de leur établissement ?

Nous interpellent aussi les récentes prises de position de la Commission des Titres d’Ingénieurs (CTI) enjoignant les écoles à valoriser les activités extra-scolaires et l’engagement. L’injonction à s’engager est-elle compatible avec la notion même d’engagement ? Tous les engagements ont-ils la même légitimité au sein des établissements ? La reconnaissance et le soutien à l’engagement sont-ils les mêmes, quelles que soient les causes choisies.

Comment cet engagement est-il capitalisé ou non dans les trajectoires professionnelles ? Quitte-t-on ses habits d’engagé lorsqu’on endosse son habit d’ingénieur ? L’engagement était-il une parenthèse dans la construction de l’identité de l’ingénieur·e ou cela perdure-t-il après le temps d’école ? Sous quelle forme le retrouve-t-on ?

Inscription

Inscription gratuite mais obligatoire pour se rendre sur le site et/ou obtenir le lien pour suivre la journée à distance : Inscription au séminaire de printemps

Programme

 9h00 Accueil des participants
 9h10 Lancement de la journée par Emmanuel Rozière (Centrale Nantes) et Sarah Ghaffari (IMT Atlantique)
 9h10 Introduction de la matinée « Ingénieurs, élite scolaire et écologie » par Hadrien Coutant

 9h30 Communication d’Erwan Franchon, présenté par Emilien Jacob

Des élites scolaires face à l’enjeu écologique Erwan Franchon

A partir d’une enquête qualitative menée à Polytechnique, cette communication met en réflexion la socialisation et l’engagement étudiant à propos de l’écologie. En particulier, cette recherche souligne les tensions autour de la définition des engagements écologique légitimes chez les étudiants.

Erwan Franchon est doctorant en sociologie, diplômé du master Etudes Environnementales de l’EHESS en 2022. Sous la direction de Jean-Baptiste Comby, il prépare une thèse sur l’investissement des enjeux écologiques dans le champ des grandes écoles et les mobilisations de leurs élèves.

 10h20 Communication de Yann Le Lann, présenté par Antoine Bouzin

Refuser de travailler pour les entreprises polluantes. La conscience écologique des étudiant·es de l’élite scolaire face à leurs valeurs du travail Yann Le Lann

En mars 2018, un groupe d’étudiant·es de grandes écoles lance un « Manifeste étudiant pour un réveil écologique » qui réunit plus de 30 000 signataires. En parallèle, le groupe se propose d’évaluer la responsabilité environnementale des grandes entreprises pour guider les signataires dans le choix de leur futur employeur. Au-delà du succès de la pétition, cette communication analyse les difficultés à mettre en œuvre, concrètement, le refus de travailler pour les entreprises polluantes. La volonté de sélectionner écologiquement son employeur se confronte, notamment dans les écoles de commerce, à des modes de valorisation du travail en contradiction avec une approche éthique du travail. De plus, les signataires les plus impliqué·es dans la cause de l’écologie préfèrent se détourner de l’emploi dans les grands groupes et privilégier les secteurs non marchands.

Yann Le Lann est maître de conférence en sociologie à l’Université de Lille, chercheur au CeRIES, coordinateur du collectif de chercheurs Quantité Critique qui entend promouvoir une approche quantitative des mobilisations et des mouvements sociaux.

 11h30 Communication de Jean-Baptiste Comby, présenté par Hugo Paris

Derrière le « capitalisme vert », la bourgeoisie Jean-Baptiste Comby

Les politiques de l’écologie sont dominées par une philosophie réformatrice. Celle-ci est le produit d’un goût de l’équilibre et de la juste-mesure caractéristique des traits culturels de la bourgeoisie. Loin d’accentuer les distances voire les clivages entre les différentes fractions des classes dominantes, le « capitalisme vert » tend plutôt à les rapprocher. Si les membres de la bourgeoisie culturelle et ceux de la bourgeoisie économique poursuivent bien leurs écologisations sur des chemins différents, leurs positionnements sur les enjeux environnementaux montrent qu’ils se rejoignent sur une même conception de la bonne manière d’être dominant. Il s’ensuit une reconduction de l’ordre social ajustée à la morale écologique.

Jean-Baptiste Comby est sociologue, maître de conférences à l’université Paris 2, chercheur au Carism et associé au Cens. Il étudie depuis une vingtaine d’années les rapports de classe en jeu sur le terrain écologique. Il publie en avril 2024 chez Raisons d’Agir un nouvel ouvrage intitulé « Écolos, mais pas trop...Les classes sociales face à l’enjeu environnemental ».

 12h20 Conclusion de la matinée par Christelle Didier

 12h30 Pause déjeuner, possibilité d’accès au restaurant du campus

 13h30 Introduction de l’après-midi « Quand les ingénieurs s’engagent... » par Christelle Didier

 13h45 Que sont devenus les élèves ingénieurs s’étant engagés dans des causes pendant leur formation ? Intervention de Léo Squizzato et Tiphaine Hamot (IMT Atlantique, Transition Energie et Environnement), suivie d’un temps d’échange et d’étonnement

 15h15 Quelles sont les aspirations des élèves ingénieurs ? Retour sur l’enquête menée avec l’Observation des formations citoyennes par des étudiants de Centrale Nantes, suivi d’un temps d’échange et d’étonnement

 16h30 Conclusion de la journée par Jean-Baptiste Comby, grande témoin Clôture de la journée

 17h00 clôture de la journée

Organisation de la journée

IMT Atlantique : Sarah Ghaffari (dpt. Sciences sociales), Lotfi Lakehal-Ayat (dpt. DELMA, responsable de l’UE DD&RS), Angélique Adam (pôle scolarité DFVS) Centrale Nantes : Emmanuel Rozière (dir. DD) EPSI : Antoine Bouzin, Christelle Didier, Hugo Paris

Lieux

IMT Atlantique Bretagne-Pays de la Loire 4 Rue Alfred Kastler
Nantes, France (44)

Licence : CC0

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