Innovation Pédagogique
Institut Mines-Telecom

Une initiative de l'Institut Mines-Télécom avec un réseau de partenaires

Cnam - living lab

https://living-lab.cnam.fr

Articles

  • La collaboration entre experts et apprenants, un autre usage de Padlet

    Le living lab Sofa s’était déjà penché sur l’application Padlet pour montrer son rôle dans la création d’une communauté d’apprentissage. Il est utilisé au Cnam dans de nombreuses unités d’enseignement à distance pour se présenter au reste du groupe. Mais la dimension collaborative avait été peu abordée dans l’article. Pourtant cette possibilité est toute aussi intéressante. C’est ce que nous enseigne l’expérience de Nathalie François, formatrice à l’Iforis*, qui a utilisé Padlet pour faire travailler ensemble des publics différents.

    Sofa : Dans quel contexte as-tu eu recours à Padlet ?

    Nathalie : j’ai commencé à l’utiliser dans le cadre de journées d’études que j’organise chaque année pour l’Iforis. Ce sont des rencontres entre étudiants, enseignants et des professionnels du secteur de la solidarité. Ils viennent échanger sur des thématiques en lien avec l’insertion par le logement, par l’activité économique… et je voulais qu’il reste une trace de ces rencontres, voire même que se développe un lien entre les participants.

    Sofa : Comment en es-tu arrivée à utiliser Padlet ?

    Nathalie : je cherchais d’abord un outil pour présenter la synthèse des ateliers qui se déroulent pendant ces journées. Je trouve que les restitutions en plénière sont parfois redondantes et n’apportent pas de plus-value. Je cherchais un outil qui permette à chacun d’avoir la synthèse en ligne. Donc chaque rapporteur mettait directement sur le Padlet ce qui se produisait dans l’atelier : prise de notes, lien vers des ressources, des vidéos, des schémas… Les autres pouvaient aller voir en direct ce qui se produisait dans chaque atelier.

    Sofa : Donc un espace pour garder trace en quelque sorte…

    Nathalie : Oui, mais pas seulement. Je voulais que ça aille au-delà, puisque c’était aussi un moyen de mettre à disposition des ressources complémentaires en lien avec la thématique. Si un enseignant faisait référence à un ouvrage ou à une biblio ou même une vidéo, hop, on la mettait aussitôt en ligne sur le Padlet ! C’est comme ça que je l’ai utilisé la première fois. Et nous avions donné le lien à tous les participants.

    Sofa : Des apports complémentaires donc, et des interactions également ?

    Nathalie : Absolument. C’est le dernier usage, moins prévu initialement, que Padlet a permis. En fait on avait mis une rubrique « et maintenant qu’est-ce qu’on fait ensemble ? ». Comme il y avait 200 participants, ce n’était pas facile de prendre la parole. Et donc les participants pouvaient donner leur point de vue sur le Padlet et faire des contributions. Et c’est très utile pour les professionnels, je sais que certains y retournent pour chercher des références, même deux ans après.

    Sofa : un moyen de prolonger la journée en quelque sorte ?

    Nathalie : Oui. Et de préparer les suivantes. Récemment nous avons organisé une nouvelle rencontre avec l’UNAFAM*. Nous avons demandé aux étudiants de préparer la journée en postant l’état de leurs recherches sur Padlet. Les enseignants vérifiaient simplement au fur et à mesure des publications la pertinence de ce qu’ils postaient. Le matin de la rencontre, on a distribué un post-it aux participants avec le lien du Padlet. Et on l’a complété au fur et à mesure de la journée comme les fois précédentes. En terme d’ergonomie, c’est plutôt facile pour le remplir, tout le monde est capable de le faire, c’est vraiment sympa. En plus l’ingénieur pédagogique qui nous as accompagné avait fait une présentation très belle esthétiquement (rires).

    *IFORIS : Institut de Formation et de Recherche en Intervention Sociale

    * UNAFAM : Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques

    21 février par Living Lab Sofa
  • Haîku Deck, des images pour refléter ses idées

    Haïku Deck est un outil en ligne pour réaliser des présentations simples et originales. Il peut être utilisé par les enseignants pour faire cours, mais aussi par des élèves pour rendre compte d’un travail en groupe par exemple. Un concurrent au Powerpoint ? Une illustration par l’exemple.

    Une image = une idée
    Un haïku est un petit poème japonais très court qui a pour vocation de mettre en mots la beauté et l’évanescence des choses.

    Rafales de vent
    les parapluies retournés
    araignées urbaines

    Un haïku mobilise donc spontanément l’imaginaire, et c’est à partir de ce principe que le service en ligne Haïku Deck a été créé. Proposer une présentation simple permettant de refléter une idée par une image.
    Sur le modèle du PowerPoint, des diapositives s’enchainent avec une zone de texte. Mais la particularité d’Haïku Deck, et ce qui fait son intérêt, c’est que chaque diapositive comporte une image de fond, qui reflète l’idée du message porté.
    Voici le lien vers le pas à pas pour l’utiliser https://living-lab.cnam.fr/index.php/index/outils-du-web-2/haiku-deck/

    Pour préparer des restitutions de groupes
    Lors d’un Hackathon* d’entreprise qui s’est déroulé récemment au Cnam, les participants ont été invités à réfléchir en sous-groupe aux services qu’il serait souhaitable de développer pour pérenniser leurs activités. A partir de scénarios les projetant dans le futur, ils devaient répondre en sous-groupe à un certain nombre de questions : quels apports du numérique pour les clients ? Quels nouveaux services développer ? Etc.

    Les facilitatrices.teurs ont eu recours à Haïku Deck pour les aider à préparer leur restitution. Les participants ont identifié des mots clés faisant la synthèse de leurs idées. La recherche des images correspondantes à ces mots clés était l’occasion de nouvelles discussions controverses intéressantes. La synthèse s’est ainsi faite rapidement et dans une ambiance bon enfant. L’outil a mobilisé l’enthousiasme du groupe et de leur facilitateur.
    Ce qui a été réalisé pendant cet Hackathon est transposable à un cours. Un enseignant peut demander à son groupe d’élèves de restituer leur travail par cet outil. Cela permet de reformuler et synthétiser des idées, de proposer une présentation visuelle « jolie » très simplement même avec un public peu à l’aise avec le numérique, de garder trace d’un travail de groupe, de sortir des habituelles listes à puce de Power Point, d’obliger les apprenants à se mettre d’accord sur les mots clefs de leur travail, etc. Cela évite enfin des soutenances où l’élève lit son support.

    Le point fort de Haïku Deck : une banque d’images énorme dans laquelle puiser des illustrations impactantes. Des images libres de droits. Attention toutefois, la recherche d’une illustration pour qu’elle soit pertinente doit se faire en anglais. Il est aussi possible d’importer ses propres images.
    La présentation peut être conservée dans un cloud ou en local au format PDF ou PowerPoint.

    ce soir, le vent souffle
    au chaud dans mon appli
    j’écris un haïku

    *Hackathon : Concaténation de “hack” et de “marathon”, un hackaton est un événement généralement initié par une communauté se réunissant dans un même lieu durant plusieurs heures ou plusieurs jours pour former des équipes développant des projets innovants sur une thématique donnée.

    14 février par Living Lab Sofa
  • Rendre une vidéo plus apprenante avec VideoAnt

    Un retour d’expérience de Nicolas, formateur intervenant en FOAD.
    Living Lab Sofa : Nicolas, pouvez-vous nous parler de VideoAnt ?
    VideoAnt est une plateforme collaborative en ligne, gratuite créée par l’université du Minnesota qui permet l’annotation des vidéos You Tube. J’augmente une vidéo en la chapitrant grâce à des repères sur les passages que j’estime essentiels et auxquels je vais joindre des commentaires ou des questions.

    A quelles fins pédagogiques l’utilisez-vous ?
    Dans une séance à distance intitulée Processus cognitifs et comportementaux, j’ai invité les apprenants à se connecter via un lien que je leur ai envoyé au préalable. Ils pouvaient alors visionner la vidéo que j’avais déjà traitée en amont.  Le marquage interpellait les apprenants sur des notions clés. Je les questionnais sur le contenu de la vidéo. De leur côté, ils avaient la possibilité de répondre, commenter et interagir avec les autres élèves de manière asynchrone.
    En l’occurrence, dans cette activité, ce qui m’intéressait c’était de comprendre la « démarche réflexive » de chacun mais aussi du groupe. En effet, grâce à cet outil, les interactions entre pairs sont rendues possibles. Une fois l’exercice réalisé, j’ai évalué le processus réflexif des apprenants révélant une très grande richesse des réponses. Ces échanges entre pairs s’avèrent extrêmement importants dans les apprentissages.
    En déposant une vidéo sur notre plateforme pédagogique avec un simple questionnaire, cela n’aurait pas impacté les apprenants de la même façon, cela participe donc également à l’implication et la motivation de l’élève.

    Avez-vous rencontré des contraintes ou bien des limites ?
    Ma seule réserve quant à cet outil c’est que les utilisateurs doivent renseigner une adresse mail pour commenter la vidéo. Cependant cette adresse ne sera pas vérifiée, il n’est donc pas nécessaire de créer un compte !

    Pour vous Nicolas, quels sont les points positifs de cet outil ?
    D’une part, j’ai enrichi ma séance en la rendant plus interactive. D’autre part, cette plateforme collaborative est vraiment simple et accessible que ce soit du côté enseignants ou bien du côté apprenants.
    D’autre part, la vidéo reste accessible en ligne, les élèves peuvent revenir la consulter à tout moment. J’en suis vraiment satisfait d’autant plus que cela facilite les échanges entre pairs participant de l’intelligence collective.
    Pour moi, cela évite le clivage que peut générer les enseignements à distance et aide les apprenants à rompre avec l’isolement.

    Tutoriel VideoAnt

    Exemple VideoAnt

    10 février par Living Lab Sofa
  • Un TP virtuel à base de vidéos et de photos à 360° sur les procédés

    Le living lab Sofa avait déjà rencontré Marie Debacq il y a quelques temps pour qu’elle présente l’escape game « des yaourts carnivores » qu’elle a créé pour animer un de ses Travaux Pratiques sur les procédés industriels.

    Or cette chercheuse au Laboratoire SayFood, férue d’innovation et de pédagogie, ne s’est pas arrêtée là ! Elle a également créé un TP virtuel dans un cours sur les réacteurs polyphasiques. Un projet financé en partie par UNIT*.

    A partir de vidéos et de photos à 360° prises principalement dans le laboratoire du Cnam, les élèves sont invités à recueillir des informations et « faire » des mesures pour simuler des expériences de mesures de transfert de matière d’un gaz vers un liquide.

    « Les photos ont été prises par une caméra à 360° et mises dans le logiciel Uptale, explique Marie Debacq. Ce logiciel offre un système de portes que l’on peut ouvrir pour aller d’une « scène » à l’autre. Il y a une porte qui donne sur mon bureau et où les élèves peuvent voir une vidéo où je leur explique les consignes et ce qu’ils doivent faire ; une autre porte donne accès à une bibliothèque où ils peuvent chercher des informations dans les livres. Le lieu principal est le laboratoire du Cnam où ils ont accès à des équipements, différents objets et produits dont ils ont besoin pour « réaliser » les expériences. En fait, des petites vidéos présentent les expériences qu’ils auraient pu faire dans ce laboratoire s’ils avaient pu s’y rendre. L’essentiel se passe virtuellement au laboratoire du Cnam, mais ils vont aussi chercher des résultats d’expérience dans d’autres laboratoires à Nancy et à Toulouse pour enrichir les informations ».

    Le principe est donc de reconstituer ce que ferait les élèves s’ils étaient en laboratoire : écouter les consignes de l’enseignant, chercher des informations dans des ouvrages ou sur internet, faire des mesures… Le dispositif doit toutefois s’inscrire dans une formation hybride car s’ils voient les résultats des manipulations faites en laboratoire, ils ne les réalisent pas eux-mêmes.

    « L’idée n’est pas de remplacer complètement la possibilité de faire des expériences, précise Marie Debacq, il y a des manipulations que les élèves doivent faire par eux-mêmes. Mais il y a des méthodes que l’on peut apprendre de manière virtuelle, en amont. Cela permet d’accéder à davantage d’expériences différentes et de mieux préparer les expériences faites physiquement en laboratoire. Lorsqu’ils arrivent en TP à Paris, les élèves connaissent déjà un peu l’équipement, ils savent comment faire les calculs, quelles sont les mesures dont ils auront ensuite besoin. C’est important pour eux de réduire les temps de présentiel, quand on connaît leurs contraintes de travail, de déplacements… »

    https://my.uptale.io/Experience/Launch?id=EGcxwF2cNkWtF6vQkpLCw

    Ce TP va être bientôt être expérimenté avec des élèves. Il correspond à un TP de 4 heures. Le living lab Sofa restera bien sûr en veille pour savoir comment cela s’est passé…

    *UNIT est une Fondation Partenariale qui regroupe environ 40 Universités, Grandes Ecoles d’Ingénieurs et Entreprises.

    7 février par Living Lab Sofa
  • Le Cnamathon, une autre façon d’apprendre

    Les 12 et 13 décembre dernier, plus de 500 élèves du Cnam Grand Est ont vécu le Cnamathon, le Hackathon du Cnam.

    Pendant deux jours, en simultanée à Mulhouse, Nancy, Reims et Strasbourg, ils se sont challengés en équipes pour imaginer et inventer les produits ou services innovants de demain. Aucune limite à leur imagination ! Le thème de l’édition 2019 : penser et agir local !
    À la fin de ces deux jours, chaque équipe a réalisé un pitch mis en ligne sur le site https://www.cnam-grandest.fr/le-cnamathon. Les équipes seront départagées par un jury de professionnels qui évalueront les pitchs au travers de plusieurs indicateurs (dynamisme, respect du sujet, ressenti personnel, respect du temps) et par le vote des internautes qui pourront voter pour leur projet préféré.
    Rencontre avec Aurélien Ferry, chef de projet pédagogique au Cnam grand Est, pour en tirer des enseignements en terme de pédagogie.

    Living Lab Sofa : un cnamathon, qu’est-ce que c’est ?
    Aurélien Ferry : C’est un hakathon, un évènement pendant lequel les auditeurs du cnam, toutes filières confondues, ont travaillé en groupes (de 5 ou 6) pour inventer un produit ou un service de l’avenir. Le livrable est une vidéo dans laquelle les auditeurs pitchent le produit ou l’idée qu’ils ont inventé en groupe. Les internautes votent en ligne pour le meilleur projet, les auditeurs qui gagneront se verront remettre un assistant vocal et un casque de réalité virtuelle, ce qui donne le challenge.
    Avec la thématique de cette année, « penser et agir local », les projets ont été d’une richesse infinie :


    Living Lab Sofa : quel est l’intérêt d’un point de vue pédagogique ? C’est un jeu ?
    Aurélien Ferry : Oui, mais pas seulement ! En passant dans les différents workshops (ateliers), le but est de faire évoluer le portefeuille de compétences des élèves : créativité, idéation, immersion, business Modele Canvas, Pitch. Ils vont apprendre des méthodes et des outils qu’ils pourront réutiliser dans leur activité professionnelle plus tard. Par exemple les techniques de créativité pourront être réutilisées dans un projet de création d’entreprise ou un projet de développement d’activité au sein de leur entreprise. Ils repartent d’ailleurs avec un fascicule qui détaille l’ensemble des outils expérimentés pendant les deux jours. D’autre part, le fait de mixer les élèves de différentes filières permet une ouverture qu’ils devront avoir dans leur avenir professionnel : faire collaborer un ingénieur avec un commercial, un RH et un comptable. Enfin, l’exercice Cnamathon tire son essence du Design Thinking. Cela permet aux participants d’expérimenter l’intelligence collective en réel. L’enjeu de ces deux jours, c’est de s’amuser, mais aussi de développer leurs compétences transverses.

    Living lab Sofa : comment ça se déroule concrètement ?
    Aurélien Ferry : Pendant deux jours, ils passent par des ateliers successifs : pour les aider à concevoir leur projet (technique de créativité), pour élaborer un business modèle au regard de la réalité du marché, pour conceptualiser et matérialiser un service, et pour en parler et le vendre. Nous avons mobilisé tout un panel de méthodes relevant du design thinking pour animer ces ateliers. Lors de cette édition, c’est 24 facilitateurs qui ont accompagné les 500 élèves sur les 4 sites (Reims, Nancy, Mulhouse et Strasbourg). Pour garder le cap, bénéficier d’une trame commune et permettre une animation homogène, nous avons créé un kit pédagogique pour les enseignants-facilitateurs (support détaillé avec préconisations des sessions passées, canevas précis de la journée…).

    Living lab Sofa : comment faire travailler ensemble des auditeurs aux profils différents ?
    Aurélien Ferry : C’est tout l’enjeu de ce Cnamathon. On mélange les promotions pour croiser les compétences. Il faut donc trouver un thème suffisamment large pour que tout le monde puisse s’y retrouver. Pour la dernière édition, nous avions proposé un thème fédérateur : passer d’une économie de la possession à une économie d’usage responsable. Il s’agit d’imaginer d’autres modèles économiques où la responsabilité sociétale est mise en avant. Cela peut être un nouveau produit, qu’on n’avait pas imaginé jusqu’à présent, ou un produit déjà existant dont on change le modèle économique. Le thème a été choisi par des référents des différents centres du Cnam.

    Des élèves lors d’un atelier du Cnamathon.  Aurélien Ferry présente le déroulé des journées.

    Living lab Sofa : quels enseignements tirer de cette expérience ?

    Aurélien Ferry : On voit tout l’intérêt de la pédagogie par projet à l’œuvre. Les élèves s’approprient très vite les objectifs et le déroulé et sont très engagés pendant ces journées. Ils mobilisent et développent des compétences transverses : Ils apprennent à être créatifs, à coopérer avec des personnes qu’ils ne connaissent pas nécessairement et qui ont d’autres compétences.
    Et surtout, ils créent des liens avec des auditeurs d’autres filières, se constituent un réseau relationnel et découvrent d’autres métiers. Cela participe aussi à rendre les centres cnam plus conviviaux, plus agiles et plus apprenants.

     

    29 janvier par Living Lab Sofa
  • Des yaourts carnivores ! Un escape game pour faciliter un TP au Cnam.

    Retour d’expérience sur le jeu « des yaourts carnivores », créé par Marie Debacq, qui a enseigné au Cnam en génie des procédés, avec Astrid Rosso et Lilian Bezard du Ludo Lab.
    Marie Debacq a imaginé un jeu pour faciliter le déroulement de travaux pratiques pour ses élèves ingénieurs en génie des procédés et pour les rendre plus autonomes. Ce jeu est un escape game réalisé à partir de cartes, qui délivrent des énigmes et des indices pour accéder au laboratoire où auront lieu les manipulations. Elle raconte la genèse, le scénario et les mécanismes du jeu. Le jeu est publié sur HAL archives-ouvertes.fr. Il a également fait l’objet d’un article sur le site https://scape.enepe.fr/yaourts-carnivores.html.

    Living lab Sofa : Pourquoi avoir choisi de concevoir cet escape game ?
    Marie Debacq : Je n’étais pas satisfaite d’un des TP que je faisais dans le cadre de l’unité d’enseignement « CGP111 : TP Génie des procédés : Opérations Unitaires Fondamentales ». Les manipulations y étaient relativement simples et les élèves s’ennuyaient un peu. En revanche ils rencontraient des difficultés à mobiliser les formules nécessaires à l’exploitation de ces manipulations, ils ne savaient pas comment retravailler les équations vues en cours pour obtenir celles utiles en TP. Aussi je me suis dit qu’on pouvait peut-être trouver une façon plus sympathique de le faire. Et c’est comme ça que j’ai eu l’idée de créer un escape game sous forme de cartes, qui leur permet d’aborder différemment ce TP.
    Living lab Sofa : Comment est né ce jeu ?
    Marie Debacq : Pour le créer, nous nous sommes inspirés de jeux de cartes existants dans le commerce, du genre Exit et Unlock. Nous avons d’abord joué à l’un de ces jeux avec des collègues de mon équipe et des ingénieurs pédagogiques ; quelques-uns d’entre nous y ont également joué en famille ; pour comprendre comment fonctionnaient ces jeux. Cela nous a paru pertinent pour répondre aux objectifs que j’avais élaborés. On a créé des cartes correspondant aux contenus nécessaires au TP. J’ai été accompagnée par le Ludo Lab pour m’aider dans l’élaboration du jeu, des énigmes et du matériel.
    Living lab Sofa : Sur quoi porte le TP ?
    Marie Debacq : Le TP « agitation » se déroule autour d’une cuve qui sert à mélanger des liquides, à mettre en suspension des solides… Ce genre d’équipement est utile dans toutes les industries de procédés. C’est une opération extrêmement répandue, donc c’est important que les élèves sachent comment ça fonctionne. Comme pour toutes les opérations de génie des procédés, c’est compliqué de les amener devant une installation industrielle, il faut trouver des moyens différents de les faire pratiquer, nous avons donc des installations pilotes au laboratoire de TP : elles ressemblent beaucoup aux installations industrielles, mais sont de plus petite taille et souvent en verre, pour que les élèves « voient » à l’intérieur, ce qui les aide à comprendre.
    Living lab Sofa : Quels sont les objectifs du jeu ?
    Marie Debacq : L’objectif premier, c’est de favoriser l’autonomie des élèves pendant le TP, qu’ils sachent faire les manipulations et les calculs seuls. Le jeu doit donc les aider à trouver par eux-mêmes les équations dont ils ont besoin pour exploiter les mesures faites au laboratoire. C’est en jouant qu’ils vont comprendre comment faire la manipulation ensuite. Par exemple, ils vont apprendre toute une mécanique de montage et d’installation de la cuve.
    Living lab Sofa : Quel est le scénario du jeu ?
    Marie Debacq : Les élèves sont dans une usine qui fabrique des yaourts. Et survient un problème : certains yaourts dans les supermarchés se sont mis à dévorer les consommateurs ! Donc situation de crise. Le directeur doit faire une conférence de presse dans 4 heures : il faut trouver une solution pour que la cuve agitée qui sert à préparer les yaourts fonctionne à nouveau normalement. A travers cette contextualisation, il s’agit de donner une ambiance un peu décalée. Et en même temps c’est une situation qui peut arriver dans l’industrie : il y a une crise sanitaire grave, et il faut régler le problème très rapidement. Quand les joueurs arrivent, il y a déjà quelqu’un qui a travaillé sur ce problème, qui a laissé des objets, des cartes… ça fait des heures qu’il travaille sur le problème, il faut qu’il aille se reposer, et les élèves qui arrivent doivent finir le travail et régler le problème de la cuve qui ne fonctionne pas.

    Living lab Sofa : Comment se déroule le jeu ?
    Marie Debacq : Le TP dure 4 heures. La première heure, ils jouent, et ils manipulent les trois heures qui suivent.
    Ils jouent en binômes, ils doivent jouer ensemble, mobiliser leurs compétences et leur complémentarité. Un des principes du jeu est d’associer des cartes par paires. Chaque carte a un numéro, et c’est l’ajout de ces numéros qui va donner une nouvelle carte. S’ils n’associent pas les bons objets, ils ont des messages d’erreur et perdent des points. Mais on leur donne aussi un indice pour corriger l’erreur. Une des difficultés de la conception du jeu a été d’anticiper les erreurs ; les deux premiers groupes « crash-test » ont permis de peaufiner cet aspect du jeu.

    Living lab Sofa : Quelles sont ses étapes ?
    Marie Debacq : Le premier niveau leur permet de faire le montage de la cuve ensuite. Ils trouvent des objets, qu’ils doivent associer pour trouver des informations. Par exemple, ils vont trouver une carte avec une cuve, une autre carte avec un réglet, en associant les deux, ils obtiennent les dimensions de la cuve, ce qui est un élément important pour optimiser le fonctionnent d’une cuve agitée. Il y a des petits focus sur les aspects sécurité et les points de vigilance. C’est très simple. Mon fils qui a 11 ans a fait le premier niveau du jeu ! (avec quelques indications de ma part sur ce que l’on appelle la cuve standard, connaissance qu’on n’est pas censé avoir en 6e !). Il y a des petites énigmes assez accessibles. Le but c’est qu’ils rentrent dans le flow*.
    Les niveaux suivants sont les fameux calculs qu’ils avaient du mal à trouver seuls. Je n’avais pas envie de leur donner la formule, je voulais qu’ils apprennent à la retrouver par eux-mêmes. A ce niveau-là, les énigmes sont plus difficiles. Elles demandent de mettre en commun plus de cartes. Mais comme ils ont passé le premier niveau qui est relativement simple, ils sont entrés dans le flow : ils ont envie d’aller au bout et se creusent les méninges.
    A la fin du jeu, ils ont le droit de rentrer dans le laboratoire pour faire des manipulations. C’est l’inverse d’un escape game, ils peuvent rentrer et non sortir quand ils ont trouvé les énigmes. C’est un escape gamme inversé, en quelque sorte !

    Living lab Sofa : Quel retour des élèves ?
    Marie Debacq : Ils ont vécu ça très bien, ils ont accroché à l’idée de jouer. Quel que soit leur âge, ils ont adhéré aux techniques de jeu. Ils sont fatigués après l’heure de jeu, ce qui est un indicateur qu’ils étaient bien dans le flow ; ils ont donc droit à une petite pause avant d’aller dans le laboratoire, et c’est un bon moment pour faire le debriefing avec les ingénieurs pédagogiques. Quand ils ont terminé le TP, ils ont compris que cela leur avait permis d’être plus efficaces dans leurs manipulations. Pour ma part j’ai observé qu’ils étaient désormais totalement autonomes. A la fin de la séance, ils savent comment faire, avec quels outils, c’est bien le principe d’un TP.
    *Le flow est un état dans lequel les individus sont tellement impliqués dans ce qu’ils font que plus rien d’autre ne compte. L’expérience est tellement agréable et satisfaisante qu’ils sont prêts à la faire à n’importe quel prix. La concentration est tellement forte qu’il ne reste plus d’attention pour penser à des choses non-pertinentes ou pour penser à ses problèmes. La conscience de soi disparaît et la notion du temps est déformée. La satisfaction que produit ce genre d’activité est telle que les personnes sont prêtes à le faire sans penser à ce qu’ils pourront en tirer et cela même lorsque les situations sont difficiles ou dangereuses (Csikszentmihalyi, M. (1990). Flow : The Psychology of Optimal Experience, Harper and Row, New York).

    13 décembre 2019 par Living Lab Sofa
  • Warm-up et ice breaker, reveillez vos élèves en début de séance

    Lorsque les élèves arrivent en cours ou les stagiaires en formation, ils sont souvent, soit stressés, soit endormis : ils ont parfois dû courir pour arriver à l’heure et trouver le lieu de formation, ils s’inquiètent de ce qui les attend et se demandent s’ils seront à la hauteur, se demandent s’ils ne seraient pas mieux ailleurs, à répondre à leurs e-mails en retard par exemple. Bref, ils ne sont pas disponibles à l’apprentissage.
    Pour le formateur, il peut donc être utile de réaliser une activité brise-glace (aussi appelée « ice breaker ») ou de réveil ou réchauffement (warm-up) pour stimuler les participants, les mettre dans de bonnes conditions pour apprendre et travailler ensemble.
    Nous avons demandé à un facilitateur expérimenté, Jean-Christophe Vinel (en photo ci-dessous), consultant au Cnam, d’expliquer en quoi consiste ces activités, comment et quand les utiliser ?

    Q : C’est quoi un Ice breaker ?
    JCV : C’est une activité qui permet à des participants de se connecter les uns avec les autres. Cela permet de faire un minimum connaissance pour commencer à échanger, à travailler ensemble. Cela sert à créer un lien, un climat de confiance, d’écoute, de respect mutuel. On sait l’importance d’une bonne ambiance pour bien apprendre.

    Q : Quand peut-on l’utiliser ?
    R : Il doit être utilisé en fonction des objectifs pédagogiques et des méthodes d’apprentissage envisagés ensuite. Les Ice breaker sont particulièrement pertinents si on entre dans une logique de pédagogie intégrative ou participative. Les formateurs peuvent les utiliser surtout lorsque les apprenants vont devoir interagir, travailler, produire, créer ensemble. C’est adapté pour des formations courtes, d’une demi-journée ou d’une journée. Pour un parcours de formation plus long, il faudra davantage qu’un ice breaker pour créer un collectif. Une séance complète d’intégration sera nécessaire.

    Q : Un exemple d’ice breaker ?
    JCV : Un des plus connus et des plus faciles à mettre en place, c’est la présentation croisée. Le formateur donne quelques questions du genre « présentez-vous en commençant la phrase par « je suis… », « j’ai fait… », « ma relation au thème… ». Et il met les participants en binôme, chacun doit se présenter à l’autre, et la restitution au groupe se fait par le binôme. On peut aussi utiliser une balle pour casser le tour de table habituel dans la présentation, sur le modèle du bâton de parole. Attention toutefois à ne pas prendre une balle trop dure pour ne pas tout casser !

    Q : Doit-il être en lien avec le thème de la formation ?
    JVC : C’est mieux, mais ce n’est pas obligatoire. Il sert d’abord et avant tout à mettre les apprenants dans un contexte favorable à l’apprentissage. On peut aussi l’utiliser pour identifier les attendus vis-à-vis de la formation. Par exemple, on peut préparer des phrases en lien avec le thème (des idées reçues sur le thème par exemple) qu’on va découper en deux morceaux. Chaque participant aura un morceau de la phrase et devra retrouver l’autre partie. Cela met les participants en mouvement, cela leur permet d’amorcer un contact, et en même temps d’introduire un peu le thème. Cela demande davantage de préparation.

    Q : Quelle limite à l’usage des ice breaker ?
    JVC : Savoir en fonction du public jusqu’où l’on peut aller pour forcer le contact. Certains ice breaker sont très intrusifs, lorsqu’il s’agit notamment de toucher l’autre. On peut faire par exemple un nœud humain : les participants sont regroupés, serrés les uns contre les autres, doivent se tenir par les mains, et se démêler sans lâcher la main des autres participants. Je ne suis pas très fan de ce genre de pratique. A titre personnel, je n’aime pas le vivre, donc je n’ai pas envie de l’imposer à d’autres. En fait, ce niveau d’intimité me dérange un peu, mais sans doute l’acceptation de cet exercice varie-t-elle selon les professions.

    Q : Quelle différence avec le warm up ?
    JVC : l’ice breaker est fait pour connecter les participants, le warm-up est fait pour les mettre en dynamique. C’est un petit exercice qui va permettre de « calibrer » le cerveau en mode apprentissage. Souvent quand ils viennent en formation, les élèves ou stagiaires ont en tête les modèles classiques : ils s’assoient, ils sont dans un mode passif. Le warm-up vise à les mettre en mode actif. Il est quasiment obligatoire si on entre en pédagogie active ensuite. Si le formateur veut demander aux apprenants de produire, de livrer une réflexion, il faut pouvoir l’amorcer dès le début. On peut aussi choisir un warm-up qui sert aussi d’Ice breaker.

    Q : Un exemple de warm up ?
    JCV : Imaginons que dans le cadre d’une formation, on veuille entrer dans des schémas un peu utopiques pour imaginer l’avenir d’une entreprise. Il va falloir libérer les esprits, leur permettre de se lâcher pour être créatif. On va leur donner un temps et une consigne, par exemple : « imaginez le monde aujourd’hui si les chaussures n’avaient pas été inventées ». On cherche une situation un peu déstabilisante, bizarre, utopique, et qui incite à réfléchir hors champ de contrainte. Et ensuite, c’est plus facile de réintroduire les éléments qui vont leur permettre de travailler sur leur propre questionnement. Après, il y a aussi des énigmes qui sont utilisées comme warm up, cela permet de voir comment les apprenants se comportent et éventuellement d’adapter sa pédagogie en conséquence. J’utilise aussi parfois des vidéos très courtes ou des publicités un peu décalées… qui seront connexes avec le thème et qui vont permettre ce travail de réveil.

    Q : La durée ?
    JCV : Dix à quinze minutes maximum, au-delà ça prend trop de place dans la formation.

    Q : Un dernier conseil pour un bon usage ?
    JCV : Avoir donné des consignes très claires ! Quelques recommandations sur des valeurs d’écoute, de bienveillance. Le warm up est plus pertinent pour des groupes dont les participants se connaissent déjà, le brise-glace l’est moins évidemment. On peut leur poser la question au début de formation et adapter son activité en fonction.

    13 décembre 2019 par Living Lab Sofa
  • Créer des groupes de manière aléatoire : un usage de Keamk en formation

    En cours, que ce soit en Foad ou en présentiel, l’enseignant demande de plus en plus aux élèves de travailler en sous-groupes pour varier les activités pédagogiques. Or, les apprenants se regroupent souvent par proximité ou par affinités avec les mêmes personnes, ce qui limite la confrontation des points de vue interpersonnels et des expériences.
    Par ailleurs, lorsque l’enseignant crée lui-même les sous-groupes en amont du cours, cela peut questionner les élèves sur les critères qui ont prévalu à leur composition.
    Jusqu’à présent, si un enseignant voulait constituer des sous-groupes de manière aléatoire, il devait mettre les noms des participants dans un chapeau et demander à une main innocente de tirer au sort. Et s’il voulait constituer ces sous-groupes selon des critères plus précis, il devait croiser des données en amont et bricoler avec un tableau Excel.
    Mais ça c’était avant ! Avant que Keamk ne propose un outil pour créer des équipes et des groupes aléatoires.

    Un outil simple de génération de sous-groupes
    Keamk est une application qui permet de générer des « équipes » totalement de manière aléatoire, tout en prenant en compte différents critères choisis par l’enseignant parmi ceux proposés : critère de mixité (femmes/hommes), critère de niveaux sur un sujet donné et selon une échelle de 1 à 5. Il suffit d’intégrer les listes d’élèves et de laisser faire les algorithmes.
    L’accès est relativement simple sans création de compte, sauf dans le cas où l’enseignant souhaite sauvegarder la liste des sous-groupes pour un nouvel usage en formation, auquel cas une connexion via une adresse e-mail ou un réseau social est nécessaire.

    Un témoignage de l’usage en formation
    Afin de comprendre l’intérêt de l’outil, nous avons rencontré Nadia AUBRY-GUELLEC, qui exerce notamment la fonction de facilitatrice pédagogique dans plusieurs formations au Cnam. Elle nous a fait part de son retour d’expérience de Keamk : « Nous avons un nombre important d’élèves en licence RH et c’est important pour nous d’alterner cours magistral en grand groupe et pédagogie active en sous-groupes. Or, j’ai remarqué que souvent les élèves se regroupaient avec leurs copains ou leurs voisins. Il était donc important pour nous de disposer d’un outil rapide et visuel pour constituer les sous-groupes directement en classe sans perdre de temps. Mais surtout pour mettre de la mixité et de la diversité dans ces groupes ».
    Nadia utilise l’outil pour faire rapidement des répartitions en équipes équilibrées, mais aussi en tenant compte d’autres indicateurs : « Par exemple en début d’année, j’ai utilisé l’outil en intégrant la taille de l’entreprise dans laquelle ils font leur alternance et leur implantation géographique. On pourrait aussi imaginer d’associer les niveaux à des thématiques exercées en mission par les alternants : par exemple, formation = niveau 1, recrutement = niveau 2, dialogue social = niveau 3, paye = niveau 4…). Ainsi, je serais sûre que toutes les thématiques seront représentées dans chaque sous-groupe. Ce mélange permet d’avantage d’échanges et de partages d’expérience lors des retours sur expérience que nous organisons en centre de formation tous les lundis lorsque les élèves reviennent de leur période en entreprise ».
    Autrement dit, cet outil permet de gagner du temps et de varier les groupes pour des échanges plus riches. Il peut aussi s’appuyer sur des tests de niveaux en amont, par exemple en langue, pour concevoir des groupes de niveaux homogènes ou volontairement hétérogènes.

    And the cherry on the cake…
    L’inquiétude de Nadia, c’était d’avoir à saisir de nouveau tous les noms de ses élèves dans l’application, or ça n’a pas été nécessaire : « la bonne surprise, c’est que c’est très facile d’importer les listes dans la base, l’application accepte beaucoup de formats différents et reconnait bien les noms et prénoms, pas besoin de les réécrire ! ». Thanks Keamk.

    13 décembre 2019 par Living Lab Sofa
  • Détournement de l’usage d’un outil de classe virtuelle par les élèves en FOAD

    L’unité d’enseignement (UE) de la filière formation des adultes « Outils, usages et pratiques du numérique en pédagogie », est dispensée au Cnam Pays de la Loire en formation ouverte et à distance (Foad).

    Lors d’une séance, Nicolas Thibault et Jean Baptiste Bocar Diouf, formateurs sur cette UE, recourent à la pédagogie active et proposent des travaux de groupes à leurs apprenants à partir de thématiques.
    En termes d’organisation pédagogique, chaque groupe a pour consigne de travailler sur l’un des thèmes proposés, à partir d’une base documentaire mise à disposition. Le livrable à produire par les apprenants est une synthèse au format vidéo, avec l’outil Screencast-O-Matic préconisé par les formateurs. Cette vidéo est à déposer sur la plate-forme Moodle à destination de l’ensemble de la promotion (après validation par les formateurs bien sûr, en tant que garant du savoir). Aussi, chaque groupe apprend des autres.
    La contrainte majeure de cet exercice est l’éloignement géographique des élèves répartis sur tout le territoire national, voire au-delà. Dès lors, ils doivent s’organiser pour échanger, mobiliser leurs connaissances et organiser leur production à distance. BigBlueButton (BBB), est l’outil de visioconférence proposé par les formateurs pour travailler en groupe en synchrone.
    A la grande surprise de Jean Baptiste et Nicolas, un groupe d’élèves va utiliser BBB, non seulement pour faciliter leur travail préparatoire en mode collaboratif, mais aussi pour produire la vidéo finale de manière beaucoup plus dynamique qu’avec Screencast-O-matic, détournant ainsi l’usage préconisé.
    En effet, ils ont utilisé la fonction « enregistrement classe virtuelle » pour produire leur synthèse vidéo avec interventions des différents protagonistes du groupe de manière interactive, au même titre que s’ils avaient dû présenter leur travail collectif en présentiel.
    Les élèves ont effectué un travail collaboratif efficace où chacun a pu apporter ses compétences en éliminant les contraintes géographiques.

    10 décembre 2019 par Living Lab Sofa
  • 2Reply, un outil de sondage simple et rapide pour interagir avec les auditeurs en formation

    2Reply est une application qui permet en quelques clics de poser une ou plusieurs questions courtes avec réponses rapides et anonymes. Développée par l’université de Lille, elle est parfaite pour sonder un groupe d’élèves de façon spontanée, pour recueillir un avis.
    Le Living Lab Sofa a rencontré Thierry Koscielniak, directeur de la direction nationale des usages du numérique (DN1) au Cnam, qui a utilisé depuis de nombreuses années ce service en ligne lors d’interventions à des conférences. Il témoigne notamment d’une expérience lors d’une leçon inaugurale à l’École Boulle sur l’apprentissage avec le numérique.

     

     

     

     

     

     

     

    Twitter @tkoscielniak

    Une application de sondage gratuite, sans inscription et sans pub !
    Première caractéristique de l’application, la solution est gratuite, sans publicité et ne nécessite aucune inscription. « Ce qui m’a plu dans 2Reply, c’est sa simplicité d’accès, il n’y a pas de compte à créer, pas besoin de transmettre son identité numérique, tout est en ligne gratuitement et sans conditions » explique Thierry. « Mais ce que j’ai aimé également, c’est que c’est une production d’une université française, l’Université de Lille, c’est à souligner ».

    De fait, pour l’utiliser il suffit de se connecter à l’adresse http://2reply.net et de choisir à l’accueil ce que l’on souhaite faire et le type de questions que l’on souhaite poser.

    Les questions étant posées en direct, le système est minimaliste. L’enseignant peut créer des questions de types choix binaire (vrai/faux ; oui/non), choix unique, choix multiple. Une fois le type de choix sélectionné, le système fournit pour chaque question un numéro à communiquer aux élèves et même un « QR code » pour faciliter la connexion sur smartphone en pointant directement sur la question sans entrer le numéro !

    Les participants n’ont plus qu’à entrer le numéro qui leur est donné et répondre à la question. Du côté enseignant, un code de gestion de deux lettres permet de visualiser les résultats en direct.

    Un simple navigateur suffit et la solution est donc fonctionnelle sur tout système. Pour le public, la vue des résultats sous forme d’histogrammes est on ne peut plus claire.

    Une application légère pour dynamiser un cours en présentiel
    Outre sa facilité d’accès, on peut noter sa simplicité d’usage. « L’intérêt principal d’un tel outil, explique encore Thierry, c’est de pouvoir dynamiser un cours ou une conférence sans avoir une préparation très longue en amont, comme c’est le cas avec des outils commerciaux plus sophistiqués, et dont l’accès est conditionné, notamment par une inscription, gratuite ou par paiement d’une licence d’utilisation ».

    On sait aujourd’hui l’importance des interactions avec le groupe en pédagogie. 2Reply répond à ce besoin. Thierry a eu l’occasion de l’expérimenter à de nombreuses reprises, et notamment, lors d’une conférence donnée le 5 septembre 2019 à l’École Boulle intitulée « Peut-on mieux apprendre avec le numérique ? » vers les étudiants de première et deuxième année de Licence, dans le cadre du Diplôme National des Métiers d’Arts et du Design.

    Extrait de la conférence « Peut-on mieux apprendre avec le numérique ? », Thierry Koscielniak

    « j’ai utilisé 2Reply pour sonder les étudiants de l’école Boulle sur différentes questions ayant trait au numérique. Je leur ai d’abord communiqué l’adresse d’accès, puis j’ai montré la question en direct avec le numéro de la question plus le QR code pour se connecter. Et il était très facile ensuite de leur présenter les résultats en direct. 
    ».

    Extrait de la conférence « Peut-on mieux apprendre avec le numérique ? », Thierry Koscielniak

    On trouvera ici d’autres témoignages d’usage. Alors n’hésitez pas à vous en emparer et à faire des retours de vos expériences !

    6 décembre 2019 par Living Lab Sofa

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