Innovation Pédagogique et transition
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Articles

  • Démocratie, communs et éducation : dialogues philosophiques et didactiques

    Lorsque Francis Fukuyama publia en 1992 un ouvrage qui fit date, La fin de l’histoire et le dernier homme (1992/2018), il pouvait apparaitre à beaucoup que le destin des démocraties occidentales d’abord, et celui d’une globalisation progressive de leur modèle ensuite, était de communier dans un même individualisme libéral, avant tout soluble dans une même logique de marché, qui ne se limiterait pas, loin s’en faut, à la seule sphère économique.

    Il convient dans cette logique de s’en tenir, pour penser les rapports de l’individuel et du collectif, du privé et du public, à une forme de commun minimal - les droits individuels, la justice redistributive et le marché (Dworkin, 1985/1997 ; Rawls, 1993/1995) - que ce type de libéralisme politique (et souvent moral) reconnait comme le maximum légitimement exigible dans une démocratie pluraliste et tolérante. Si l’on accepte ce postulat, la ligne de force majeure pour penser et pratiquer l’éducation peut (pouvait ?) alors apparaitre comme cel...

    31 août par Céline Chauvigné, Michel Fabre, Catherine Huchet, Camille Roelens
  • La formation du citoyen à l’épreuve de l’anthropologie libérale : apprendre à faire des choix ou développer des vertus ?

    Cette contribution entend examiner les présupposés anthropologiques sous-tendant l’argumentation critique de Philippe Foray à l’égard du rôle de l’école dans la formation du citoyen. Si nous partageons ses constats relatifs à la prétention de l’école à former des citoyens, nous divergeons cependant sur son argumentation. Nous refusons que la dimension politique de l’homme soit envisagée comme un choix de vie. Nous soutenons au contraire que l’être humain est un être naturellement politique et que son humanité passe par la participation à la vie sociale et politique. Critiquant l’anthropologie libérale, nous proposons de renouer avec une perspective vertuiste plus à même de redonner du sens à l’éducation comme à la vie ordinaire. Dans cette perspective, la citoyenneté apparaît alors comme une vertu. Dès lors, c’est la question de « l’éducation civique » qui est posée à nouveaux frais : non seulement il n’est plus possible d’enseigner la citoyenneté comme un simple ensemble de savoirs...

    31 août par Pierre Gégout
  • Le commun et le conflit dans l’éducation au politique

    L’introduction des questions socialement vives dans le curriculum scolaire exige une éducation au politique ayant pour but la compréhension des problèmes de l’anthropocène. Dans cette perspective je privilégierai l’étude des controverses et des conflits sociaux. Cette stratégie est prise dans une tension entre la visée du bien commun et le pluralisme des conceptions du bien qui s’exprime, de manière conflictuelle, dans une société démocratique. Comment, dans l’éducation, prendre en charge à la fois cette visée idéale du bien et la réalité des conflits sociaux ? Et comment éviter de reproduire la controverse avec les élèves au lieu de l’élucider ? De telles tensions sont au centre de la philosophie politique de Dewey. Cet article s’efforce de montrer que l’explicitation de ces tensions entre commun et conflit s’avère extrêmement instructive pour une éducation au politique basée sur l’élucidation des controverses concernant des questions socialement vives et permet de définir une pers...

    31 août par Michel Fabre