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	<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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	<description>Un site participatif, lieu de partage et d'&#233;change autour des initiatives en transitions et des innovations p&#233;dagogiques dans l'enseignement sup&#233;rieur francophone.</description>
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		<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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		<title>&#192; l'&#233;cole de la Commune de Paris : l'histoire d'une autre &#233;cole. De Jean-Fran&#231;ois Dupeyron (2020)</title>
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		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Mole</dc:creator>



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&lt;p&gt;Un article repris de la revue Education et socialisation, une publication sous licence CC by sa nc &lt;br class='autobr' /&gt;
Fr&#233;d&#233;ric Mole, &#171; &#192; l'&#233;cole de la Commune de Paris : l'histoire d'une autre &#233;cole. De Jean-Fran&#231;ois Dupeyron (2020) &#187;, &#201;ducation et socialisation [En ligne], 61 | 2021, mis en ligne le 19 septembre 2021, consult&#233; le 16 d&#233;cembre 2021. URL : http://journals.openedition.org/edso/15445 ; DOI : https://doi.org/10.4000/edso.15445 &lt;br class='autobr' /&gt;
L'ouvrage de Jean-Fran&#231;ois Dupeyron montre comment, port&#233;e par des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/edso/15445&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article&lt;/a&gt; repris de la revue &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/edso&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Education et socialisation&lt;/a&gt;, une publication sous licence CC by sa nc&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr&#233;d&#233;ric Mole, &#171; &#192; l'&#233;cole de la Commune de Paris : l'histoire d'une autre &#233;cole. De Jean-Fran&#231;ois Dupeyron (2020) &#187;, &#201;ducation et socialisation [En ligne], 61 | 2021, mis en ligne le 19 septembre 2021, consult&#233; le 16 d&#233;cembre 2021. URL : &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/edso/15445&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://journals.openedition.org/edso/15445&lt;/a&gt; ; DOI : &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.4000/edso.15445&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.4000/edso.15445&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouvrage de Jean-Fran&#231;ois Dupeyron montre comment, port&#233;e par des courants libertaires, socialistes et syndicalistes, une conception r&#233;volutionnaire de l'&#233;ducation et de l'&#233;cole s'est d&#233;ploy&#233;e au cours du XIXe si&#232;cle jusqu'&#224; la Premi&#232;re Guerre mondiale. Cette &#171; &#233;ducation nouvelle &#187; devait s'incarner dans une &#233;cole soustraite au pouvoir d'&#201;tat et accompagnant l'affranchissement social, &#233;conomique et politique de la classe ouvri&#232;re. L'auteur analyse les principes qui fondent cette &#233;cole r&#233;volutionnaire et les tentatives pratiques auxquelles elle a donn&#233; lieu. Il explique comment la Commune de Paris &#8211; en d&#233;pit de son &#233;ph&#233;m&#232;re existence &#8211; a constitu&#233; un moment crucial dans l'&#233;laboration de cette perspective &#233;ducative, dont il observe aussi les prolongements durant la phase d'essor du syndicalisme r&#233;volutionnaire, notamment &#224; partir de la cr&#233;ation de la CGT. En explorant les obstacles que ce mouvement en faveur d'une r&#233;volution scolaire a rencontr&#233;s, il met au jour les forces de pouvoir qui se sont employ&#233;es &#224; en emp&#234;cher la r&#233;alisation, mais aussi les pr&#233;suppos&#233;s historiographiques qui ont ensuite contribu&#233; &#224; en occulter la connaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouvrage n'est donc pas exclusivement centr&#233; sur ce moment r&#233;volutionnaire majeur du mouvement ouvrier (mars-mai 1871) mais cherche plut&#244;t &#224; inscrire le projet &#233;ducatif et scolaire de la Commune dans un d&#233;veloppement plus long, en amont en en aval. Diff&#233;rentes circonstances favorables &#224; une autonomie ouvri&#232;re sont &#233;voqu&#233;es, au cours desquelles des individus ou des groupes font l'exp&#233;rience de leur capacit&#233; &#224; se soustraire aux rapports de domination, &#224; produire les conditions de leur autonomie et &#224; inventer les conditions &#233;ducatives adapt&#233;es &#224; la formation des g&#233;n&#233;rations nouvelles susceptibles de participer &#224; une profonde transformation de la soci&#233;t&#233; dans le sens de la justice sociale. Dans l'histoire du mouvement ouvrier, cette cr&#233;ativit&#233; p&#233;dagogique rel&#232;ve de dynamiques associatives et/ou syndicales plut&#244;t que de logiques d'appareils. Les faisceaux d'influences sont multiples. Si les &#171; utopies scolaires &#187; ont bien constitu&#233; des mod&#232;les, c'est surtout durant des phases de conqu&#234;tes ouvri&#232;res que les projets p&#233;dagogiques se font jour, lorsque la classe des producteurs comprend qu'elle d&#233;tient par elle-m&#234;me un pouvoir souverain sur sa destination sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nourrie par les analyses de Proudhon sur la capacit&#233; politique des classes ouvri&#232;res, port&#233;e par des membres de l'Association internationale des Travailleurs (AIT), notamment durant la Commune, cette orientation scolaire est identifi&#233;e &#224; travers plusieurs d&#233;nominations selon les contextes : &#233;cole-atelier, &#233;cole syndicale ou encore &#233;cole rouge. Elle s'inscrit dans une tradition ouvri&#232;re d'autodidaxie o&#249; l'&#233;mancipation n'est pas pens&#233;e d'abord comme une cons&#233;quence de l'instruction mais au contraire comme une d&#233;cision des acteurs eux-m&#234;mes de reconqu&#233;rir leur libert&#233; en marge de toute institution asservissante. Face &#224; un &#201;tat qui, m&#234;me r&#233;publicain, incarne et garantit les int&#233;r&#234;ts du capitalisme dominant, diverses tendances du mouvement ouvrier acqui&#232;rent la conviction que le processus d'&#233;mancipation de la classe des producteurs r&#233;clame une &#233;cole &#233;labor&#233;e en toute ind&#233;pendance et qui corresponde pleinement &#224; ses propres int&#233;r&#234;ts. C'est la &#171; prise de conscience de la souverainet&#233; ouvri&#232;re &#187; &#8211; et donc une &#171; &#233;mancipation d&#233;j&#224; r&#233;alis&#233;e &#187; &#8211; qui conduit au d&#233;sir d'instruction (p. 51).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux sc&#232;nes, &#224; la fois historiques et hautement symboliques, sont mises en regard par l'auteur pour rendre compte de la continuit&#233; p&#233;dagogique entre la p&#233;riode de la Commune et celle du syndicalisme r&#233;volutionnaire des ann&#233;es 1895-1914. La premi&#232;re est celle du 1er avril 1871, o&#249; l'Assembl&#233;e communale tout r&#233;cemment &#233;lue &#224; Paris d&#233;cide d'approuver le projet port&#233; par une association &#8211; la soci&#233;t&#233; L'&#201;ducation nouvelle &#8211; en faveur d'une &#233;ducation &#171; rationnelle &#187;, fond&#233;e sur une &#171; m&#233;thode exp&#233;rimentale ou scientifique &#187;, qui aurait pour fin de &#171; pr&#233;parer la jeunesse au gouvernement d'elle-m&#234;me &#187; (p. 8). La seconde concerne la publication en 1913 d'une recension de l'ouvrage de John Dewey L'&#233;cole et l'enfant dans le journal La Vie Ouvri&#232;re. Par leur mise en exergue, ces deux moments permettent &#224; l'auteur de dessiner une trajectoire militante interne au mouvement ouvrier qui, &#224; partir d'un premier &#233;lan autodidactique, entre en concordance avec certaines th&#233;orisations majeures de l'&#233;ducation nouvelle susceptibles de fournir des outils p&#233;dagogiques adapt&#233;s aux finalit&#233;s ouvri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise au jour des lignes de force de cette autre histoire de l'&#233;cole repose sur des enqu&#234;tes qui montrent le grand r&#244;le jou&#233; par des acteurs jusqu'alors d&#233;laiss&#233;s. O&#249; trouve-t-on par exemple dans les histoires de l'enseignement les noms de Maria Verdure, de Jean Rama, ou m&#234;me de Gustave Lefran&#231;ais ? L'auteur explique que les tendances historiographiques dominantes sur les questions scolaires contribuent &#224; cette occultation en ce qu'elles font pr&#233;valoir les politiques scolaires d'&#201;tats, les acteurs jug&#233;s majeurs (les grands p&#233;dagogues) et surtout&#8230; les vainqueurs. D'abord, l'histoire de l'&#233;ducation tend &#224; occulter le fait que la Commune de Paris constitue bien la premi&#232;re &#339;uvre de la&#239;cisation de l'enseignement scolaire (en pr&#233;tendant accorder cette primaut&#233; &#224; l'&#233;cole de Jules Ferry). Ensuite elle laisse souvent entendre que les divers mouvements d'&#233;ducation nouvelle se seraient d&#233;velopp&#233;s apr&#232;s l'instauration de l'&#233;cole de la R&#233;publique afin d'en corriger les imperfections, ce qui revient &#224; refuser de prendre compte la cr&#233;ativit&#233; p&#233;dagogique qui, au sein du mouvement ouvrier r&#233;volutionnaire, tend &#224; soustraire l'enfant &#224; l'ob&#233;issance servile et &#224; le rendre actif dans son rapport aux savoirs. L'invisibilisation, par la R&#233;publique dite &#171; d'ordre &#187;, de l'essor p&#233;dagogique ouvrier aura donc &#233;t&#233; redoubl&#233;e par celle que produit l'historiographie dominante elle-m&#234;me. Les historiens de l'&#233;ducation sont ici clairement interpel&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur rappelle que la politique scolaire de la IIIe R&#233;publique constitue bien une r&#233;ponse &#224; l'&#233;branlement r&#233;volutionnaire de la Commune, mais au sens o&#249; l'un des principaux objectifs des lois Ferry est de contrer la menace r&#233;volutionnaire et d'endiguer la puissance revendicative du mouvement ouvrier en bornant l'&#233;mancipation politique &#224; la seule mise en &#339;uvre de la la&#239;cisation de l'enseignement. Mais cette la&#239;cisation s'av&#232;re elle-m&#234;me illusoire dans la mesure o&#249; l'&#233;ducation morale et civique mise en &#339;uvre rel&#232;ve d'une &#171; gouvernementalit&#233; scolaire &#187; (p. 27) et d'une entreprise de conservation de l'ordre social. Deux mondes scolaires rivaux se dessinent : celui qui incarne un r&#233;publicanisme conservateur et celui qui accompagne l'&#171; &#233;lan f&#233;brile vers la R&#233;publique sociale &#187; (p. 51).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le grand m&#233;rite de ce livre riche et passionnant est de donner &#224; voir et de faire conna&#238;tre en d&#233;tail une histoire de l'id&#233;e d'&#233;cole &#233;mancipatrice et des engagements auxquels cette id&#233;e a donn&#233; lieu. Il invite aussi &#224; la r&#233;flexion critique et au d&#233;bat. Les quelques remarques et interrogations qui suivent se situent dans cette perspective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet d'une &#233;cole au service de la classe ouvri&#232;re, d&#233;sign&#233;e comme une &#171; &#233;cole rouge &#187;, a suscit&#233; au sein m&#234;me des courants r&#233;volutionnaires des interrogations qui m&#233;ritent d'&#234;tre analys&#233;es. Il faut d'ailleurs remarquer que l'expression &#171; &#233;cole rouge &#187;, syntagme r&#233;current dans le livre, semble n'avoir &#233;t&#233; utilis&#233;e que tr&#232;s rarement durant la p&#233;riode &#233;tudi&#233;e. Comme le rappelle Jean-Fran&#231;ois Dupeyron, les instituteurs syndicalistes &#8211; m&#234;me r&#233;volutionnaires &#8211; ne se sont en effet pas ralli&#233;s &#224; cette conception &#171; syndicale &#187; de l'&#233;cole. Il &#233;voque &#224; ce sujet les soup&#231;ons exprim&#233;s dans les Bourses du Travail et les milieux ouvriers &#224; l'endroit des instituteurs, qu'on disait trop conformes &#224; une id&#233;ologie la&#239;que jug&#233;e illusoire, voire soumis &#224; l'&#171; &#233;cole d'&#201;tat &#187; par int&#233;r&#234;t corporatif. Mais quand on examine en d&#233;tail les p&#233;riodiques syndicaux et p&#233;dagogiques r&#233;volutionnaires dans lesquels ils &#233;crivent ou qu'ils ont fond&#233;s &#8211; L'&#201;cole r&#233;nov&#233;e, L'&#201;cole &#233;mancip&#233;e et les bulletins syndicaux d&#233;partementaux &#8211;, on s'aper&#231;oit que les instituteurs syndicalistes r&#233;volutionnaires ont engag&#233; d&#232;s les premi&#232;res ann&#233;es du si&#232;cle d'importants d&#233;bats sur la question de savoir comment l'&#233;cole devait pr&#233;parer des esprits critiques. S'ils se sont en effet majoritairement d&#233;marqu&#233;s de l'id&#233;e d'&#171; &#233;cole syndicale &#187;, c'est notamment parce qu'ils s'inqui&#233;taient d'un possible pros&#233;lytisme socialiste, qu'ils rejetaient autant que les pros&#233;lytismes confessionnels ou bourgeois. Ils exprimaient par l&#224; un fort attachement au principe la&#239;que tel que l'avait &#233;nonc&#233; avec vigueur la Commune de Paris elle-m&#234;me, lorsqu'elle affirmait que l'e&#769;cole la&#239;que avait pour &#171; devoir strict &#187; de veiller a&#768; ce que l'enfant ne puisse pas &#171; e&#770;tre violente&#769; par des affirmations que son ignorance ne lui permet point de contro&#770;ler ni d'accepter librement &#187;, et qu'elle devait lui apprendre que &#171; toute conception philosophique doit subir l'examen de la raison et de la science &#187;, comme le rappelle Jean-Fran&#231;ois Dupeyron (p. 157). Or, l'enthousiasme r&#233;volutionnaire a pu conduire parfois &#224; des pratiques &#233;ducatives pros&#233;lytes (p. 252).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Choisissant de se r&#233;approprier et de r&#233;interpr&#233;ter l'id&#233;al la&#239;que, les instituteurs militants ont fait le pari qu'une &#233;cole dans l'&#201;tat n'&#233;tait pas fatalement une &#233;cole d'&#201;tat, et qu'une institution scolaire investie par des instituteurs &#233;mancip&#233;s pouvait s'&#233;carter des objectifs contre-r&#233;volutionnaires qui avaient pu &#234;tre &#224; l'origine de sa cr&#233;ation. Au nom du principe d'action directe, fondement du syndicalisme r&#233;volutionnaire, certains instituteurs pensaient qu'il leur &#233;tait possible de faire usage de leur libert&#233; p&#233;dagogique dans le cadre des programmes scolaires, de transformer de l'int&#233;rieur l'institution et de contribuer &#224; la r&#233;alisation d'une R&#233;publique sociale, tout en s'interdisant d'endoctriner les enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Fran&#231;ois Dupeyron interroge aussi les filiations possibles entre les projets scolaires de la R&#233;volution fran&#231;aise et cette &#233;cole r&#233;volutionnaire dont il reconstitue la g&#233;n&#233;alogie. &#192; rebours d'un r&#233;publicanisme cherchant volontiers dans les projets de Condorcet l'expression la plus nette d'une &#233;cole &#233;mancipatrice, il insiste plut&#244;t sur la remarquable ambition &#233;galitaire du projet de Lepeletier, adopt&#233; par la Convention en 1793, et y voit des parent&#233;s avec l'&#233;cole r&#233;volutionnaire. Mais n'oublions pas que Lepeletier demandait aussi que les enfants se trouvent &#171; continuellement sous l'&#339;il et dans la main d'une active surveillance &#187;, et il assurait que, &#171; ploy&#233;s tous les jours et &#224; tous les instants sous le joug d'une r&#232;gle exacte, les &#233;l&#232;ves de la patrie se trouveront tout form&#233;s &#224; la sainte d&#233;pendance des lois et des autorit&#233;s l&#233;gitimes &#187;. &#192; la lecture de ces lignes, il est plus difficile de voir en Lepeletier un mod&#232;le quant au &#171; marqueur la&#239;que &#187; et un des fondements de l'&#171; &#201;ducation nouvelle &#187; (pp. 65-66). Signalons que les auteurs du Manifeste des instituteurs syndicalistes de 1905 s'&#233;taient inspir&#233;s pour leur part de Condorcet et de l'id&#233;e d'une &#171; institution scolaire aussi inde&#769;pendante que possible de la puissance publique &#187; (Premier m&#233;moire sur l'Instruction publique) pour expliquer qu'ils ne conf&#233;raient pas leur enseignement &#171; au nom du gouvernement, m&#234;me r&#233;publicain &#187;, ni &#171; au nom de l'&#201;tat &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant les dispositifs p&#233;dagogiques novateurs dont le mouvement ouvrier a pu &#234;tre porteur, le livre ouvre d'int&#233;ressantes pistes de recherche qui m&#233;riteraient d'&#234;tre explor&#233;es et approfondies. L'id&#233;e d'&#233;ducation int&#233;grale, en particulier, est en effet centrale dans cette dynamique r&#233;volutionnaire. Elle exige de d&#233;passer la distinction traditionnelle entre activit&#233;s intellectuelles et activit&#233;s manuelles, elle subvertit la division du travail et elle a pour horizon l'abolition des hi&#233;rarchies sociales. Mais on pourrait avoir l'impression, &#224; la lecture du livre, que cette id&#233;e est interpr&#233;t&#233;e de mani&#232;re unanime et qu'elle traverse les p&#233;riodes sans discordances ni alt&#233;rations. Or cette notion, d&#233;j&#224; polys&#233;mique et discut&#233;e au sein des gauches r&#233;volutionnaires, a &#233;t&#233; largement recycl&#233;e et r&#233;interpr&#233;t&#233;e au sein du r&#233;formisme radical-socialiste en faveur de l'&#233;cole unique, en particulier &#224; l'initiative de Buisson, r&#233;interpr&#233;tation qui conduisit nombre de r&#233;volutionnaires &#224; renoncer &#224; son usage au d&#233;but du 20e si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait aussi faire remarquer que la mise en exergue de la seconde sc&#232;ne autour de laquelle s'articule le livre (la recension d'un ouvrage de Dewey en 1913) &#8211; qui t&#233;moigne en effet de l'int&#233;r&#234;t des syndicalistes pour les approches philosophiques et scientifiques de l'&#233;ducation &#8211; pourrait tendre &#224; faire &#233;cran &#224; la diversit&#233; des liens que les instituteurs entretiennent avec les acteurs des sciences de l'&#233;ducation alors en voie de constitution. Quelques exemples caract&#233;ristiques parmi les instituteurs syndicalistes : Louis Roussel secr&#233;taire de la Soci&#233;t&#233; libre pour l'&#233;tude psychologique de l'enfant (d'Alfred Binet) d&#232;s 1906 ; Gabriel Persigout intervenant au congr&#232;s de p&#233;dologie de Bruxelles en 1911 pr&#233;sid&#233; par Ovide Decroly ; M.-T. Laurin se rendant &#224; l'Institut Jean-Jacques Rousseau &#224; Gen&#232;ve la m&#234;me ann&#233;e et invitant &#201;douard Clapar&#232;de &#224; une conf&#233;rence &#224; Bourg-en-Bresse en 1913.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, le livre tend &#224; opposer une &#233;cole contre l'autre, une &#233;cole qui &#233;manerait de mani&#232;re autonome d'un monde domin&#233; s'affranchissant de cette domination et qui n'aurait donc aucune partie li&#233;e avec celle qui se trouve inscrite dans les institutions politiques et sociales en place. On pourrait discuter cette &#233;tanch&#233;it&#233;. Les instituteurs syndicalistes ont construit toute leur strat&#233;gie en faisant le pari qu'il &#233;tait possible de surmonter l'apparente incompatibilit&#233; entre institution et p&#233;dagogie r&#233;volutionnaire, m&#234;me s'il savait qu'une &#233;cole r&#233;volutionnaire ne pourrait &#234;tre vraiment r&#233;alis&#233;e sans une transformation sociale radicale. On peut d'ailleurs penser que deux figures &#233;minemment pr&#233;sentes dans le livre incarnent un possible d&#233;passement dialectique de cette contradiction : Ferdinand Buisson a-t-il trahi ses convictions sociales profondes, exprim&#233;es notamment durant la Commune (comme le rappelle l'auteur), en d&#233;cidant d'agir au c&#339;ur de la fondation de l'institution scolaire de la IIIe R&#233;publique et en cherchant ensuite inlassablement &#224; la r&#233;former ? James Guillaume lui-m&#234;me n'a-t-il rien fait d'autre que suspendre ses propres convictions r&#233;volutionnaires durant les d&#233;cennies de production intellectuelle aupr&#232;s de Buisson en faveur de cette m&#234;me &#233;cole ? On peut raisonnablement penser que ces acteurs &#233;taient convaincus de la coh&#233;rence de leurs engagements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces quelques interrogations n'ont d'autre but que d'insister sur la port&#233;e et la richesse r&#233;flexive de ce livre et de r&#233;pondre &#224; son invitation &#224; ouvrir un d&#233;bat historiographique et politique sur la question de savoir comment a &#233;t&#233; pens&#233;e &#8211; et pourrait se penser encore &#8211; une &#233;cole r&#233;volutionnaire, &#233;mancipatrice aux plans intellectuel, social, &#233;conomique et politique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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