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	<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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	<description>Un site participatif, lieu de partage et d'&#233;change autour des initiatives en transitions et des innovations p&#233;dagogiques dans l'enseignement sup&#233;rieur francophone.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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		<title>Comprendre le d&#233;veloppement humain comme un processus &#233;cologique de traduction</title>
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		<dc:date>2021-09-20T16:01:54Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Quentin Magogeat, St&#233;phane Simonian</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Deux ph&#233;nom&#232;nes interd&#233;pendants sont ici questionn&#233;s : ce qui permet, &#233;cologiquement, la mise en relation sujet-environnement puis, la dynamique de cette mise en relation. Pour ce faire, deux courants scientifiques sont mobilis&#233;s : l'affordance dans son acception actuelle et la sociologie de la traduction. Si chacun de ces courants &#224; sa propre s&#233;mantique et &#233;pist&#233;mologie, tous deux initient des ruptures dans la mani&#232;re d'appr&#233;hender ce qui se produit au sein d'une activit&#233; humaine et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique3.html" rel="directory"&gt;Veille&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Deux ph&#233;nom&#232;nes interd&#233;pendants sont ici questionn&#233;s : ce qui permet, &#233;cologiquement, la mise en relation sujet-environnement puis, la dynamique de cette mise en relation. Pour ce faire, deux courants scientifiques sont mobilis&#233;s : l'affordance dans son acception actuelle et la sociologie de la traduction. Si chacun de ces courants &#224; sa propre s&#233;mantique et &#233;pist&#233;mologie, tous deux initient des ruptures dans la mani&#232;re d'appr&#233;hender ce qui se produit au sein d'une activit&#233; humaine et concourent &#224; une approche &#233;cologique bas&#233;e sur un principe fondamental : toute activit&#233; humaine est situ&#233;e et dynamique, caract&#233;risant les processus mis en &#339;uvre par les acteurs en fonction des propri&#233;t&#233;s, pour parties, per&#231;ues de leur environnement socioculturel. Toute logique d&#233;terministe est alors mise de c&#244;t&#233; pour placer, sur un m&#234;me plan, l'ensemble des entit&#233;s dynamiques pr&#233;sentes au sein d'un environnement, qu'elles soient per&#231;ues ou non par les acteurs de terrain.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/edso/15113&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article&lt;/a&gt; repris de la revue &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/edso&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Education et socialisation&lt;/a&gt;, une publication sous licence CC by sa nc&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;St&#233;phane Simonian et Quentin Magogeat, &#171; Comprendre le d&#233;veloppement humain comme un processus &#233;cologique de traduction &#187;, &#201;ducation et socialisation [En ligne], 61 | 2021, mis en ligne le 12 septembre 2021, consult&#233; le 20 septembre 2021. URL : &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/edso/15113&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://journals.openedition.org/edso/15113&lt;/a&gt; ; DOI : &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.4000/edso.15113&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.4000/edso.15113&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Introduction&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'approche &#233;cologique &#233;tudie les conditions qui organisent un environnement dont sa sp&#233;cificit&#233; d&#233;pend des propri&#233;t&#233;s qui le constituent. Lorsque l'objet d'&#233;tude concerne l'environnement humain, celui-ci peut &#234;tre pris au pi&#232;ge entre un environnement qu'il tente d'expliciter ind&#233;pendamment de lui (cas des lois fondamentales de physique, par exemple), tout en sachant qu'il en fait pleinement partie (impliquant parfois une surd&#233;termination de l'influence des actions humaines). Partant de l'id&#233;e que l'environnement existe uniquement si une relation peut &#234;tre &#233;tablie avec les sujets qui s'y organisent, il ne peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme une entit&#233; ind&#233;pendante des humains, ni comme l'unique produit de la pens&#233;e humaine ; r&#233;ciproquement, un humain ne peut &#234;tre consid&#233;r&#233; qu'&#224; partir de son environnement ph&#233;nom&#233;nal ou des actions qu'il y r&#233;alise. Pour tenter de r&#233;soudre cette tension, l'approche &#233;cologique propose que toutes les entit&#233;s pr&#233;sentes dans un environnement peuvent &#234;tre, sous certaines conditions, mises en relation et produire des propri&#233;t&#233;s sp&#233;cifiques. Le concept philosophique permettant d'&#233;clairer ce positionnement est certainement celui de rhizome (Deleuze et Guattari, 1980) o&#249; l'organisation entre les entit&#233;s n'est ni hi&#233;rarchique, ni d&#233;terministe ; elle est form&#233;e par des entit&#233;s h&#233;t&#233;rog&#232;nes sans qu'un ordre pr&#233;alable ne puisse &#234;tre &#233;tabli avant que ces entit&#233;s entrent en relation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'inter-relation indique que deux &#233;l&#233;ments peuvent &#234;tre en relation sans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (Haeckel, 1870 ; M&#246;bius&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Moebius (1877) &#233;tudie les causes de l'&#233;puisement des bancs d'huitre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, 1877). Il est d'ailleurs admis que toute entit&#233; pr&#233;sente au sein d'un environnement est susceptible d'entrer en relation avec une autre entit&#233; de ce m&#234;me environnement puisqu'elles seraient th&#233;oriquement compatibles par des propri&#233;t&#233;s qui y sont pr&#233;sentes. Toute entit&#233; pourrait ainsi entrer en relation avec une multitude d'autres entit&#233;s, sans que soient pour autant pr&#233;d&#233;termin&#233;es les formes des futures relations ni ses cons&#233;quences. Il s'agit alors d'interroger moins les caract&#233;ristiques intrins&#232;ques des entit&#233;s pr&#233;sentes dans un environnement que les configurations organisationnelles &#224; partir des interrelations se constituant entre entit&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Trois questions centrales se posent ici : Quelles sont les conditions qui permettent &#224; une entit&#233; de se d&#233;velopper en agissant avec &#8211; et sur &#8211; d'autres entit&#233;s pr&#233;sentes dans l'environnement ? Ces relations entre entit&#233;s modifient-elles des propri&#233;t&#233;s de l'environnement, puisqu'il est possible qu'une propri&#233;t&#233; de l'environnement change sans que l'environnement se modifie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les &#233;checs du plan informatique pour tous, des cartables num&#233;riques en sont (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? Si la r&#233;ponse est positive, ces modifications sont-elles b&#233;n&#233;fiques ou n&#233;fastes pour l'entit&#233; concern&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour fournir des &#233;l&#233;ments de r&#233;ponse &#224; ces questions, les recherches qualifi&#233;es d'&#233;cologiques identifient les propri&#233;t&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une propri&#233;t&#233; est un invariant structurel d'une entit&#233; : la gravit&#233; par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui permettent &#224; une entit&#233; d'&#234;tre pr&#233;sente dans l'environnement et celles qui &#233;mergent de ses relations avec l'environnement. C'est une des raisons pour lesquelles, l'&#233;cologie se comprend comme un processus d'adaptation dynamique et r&#233;ciproque, d'un &#234;tre vivant &#224; son milieu (Lamarck, 1779, 1809 ; Darwin, 1888) &#224; partir de l'identification d'entit&#233;s vivantes et non vivantes pr&#233;sentes dans ce m&#234;me environnement. Elle vise la compr&#233;hension de ce qui permet leurs mises en relation, puis leurs inter-relations, pour comprendre &#8211; in fine &#8211; les modifications de propri&#233;t&#233;s de l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour se d&#233;gager d'une acception commune du terme &#171; &#233;cologique &#187;, souvent mobilis&#233; comme synonyme de contexte, voire pour qualifier des recherches dites &#171; situ&#233;es &#187;, il semble n&#233;cessaire de revenir sur ce courant scientifique. Dans cette perspective, sans pr&#233;tendre &#234;tre exhaustif &#224; propos des travaux traitant de la relation sujet-contexte, deux cadres th&#233;oriques seront mobilis&#233;s pour montrer leur convergence &#233;pist&#233;mologique : l'affordance et la sociologie de la traduction. Le premier, l'affordance, est un cadre th&#233;orique ph&#233;nom&#233;nologique et &#233;cologique qui a fait l'objet de travaux scientifiques cons&#233;quents depuis presque un si&#232;cle (Gibson et Crooks, 1938 ; Gibson, 1979 ; Reed, 1983 ; Norman, 1988 ; Turvey, 1992 ; Stoefreggen, 2003 ; Niveleau, 2006 ; Morgagni, 2011 ; Simonian, 2021), mettant en &#233;vidence la dimension socioculturelle de la perception de l'environnement par un &#234;tre vivant &#224; partir d'un artefact&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L artefact est la partie neutre de l'instrument (Rabardel, 1985 ; Simonian, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (et non d'un instrument). Le second, la sociologie de la traduction (Akrich, Callon &amp; Latour, 2006), s'inscrit en rupture avec toute ancrage sociologique qui ferait fi des artefacts en fournissant une compr&#233;hension exclusivement &#224; partir de groupes humains (Callon, 1986). Dans ces deux cadres th&#233;oriques, l'artefact et, plus largement, toute entit&#233; (humaine, naturelle ou artificielle) participe &#224; la production d'un ensemble de propri&#233;t&#233;s pouvant entrer en relation et modifier, parfois, les propri&#233;t&#233;s de l'environnement. Ces deux courants, bien qu'appartenant &#224; des registres diff&#233;rents (ph&#233;nom&#233;nologie et sociologie) visent la compr&#233;hension des ph&#233;nom&#232;nes se produisant dans un environnement &#224; partir des conditions qui permettent la mise en relation d'entit&#233;s ; ph&#233;nom&#232;nes &#233;tudi&#233;s &#224; partir des propri&#233;t&#233;s des entit&#233;s humaines et non humaines sans que l'une de ces entit&#233;s soient consid&#233;r&#233;es a priori comme surd&#233;terminantes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;L'approche &#233;cologique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En sciences de l'&#233;ducation et de la formation (SEF), il est g&#233;n&#233;ralement admis que l'unit&#233; sujet-environnement est constitutif d'une &#233;cologie de l'esprit (Bateson, 1977) o&#249; une pr&#233;dominance est donn&#233;e &#224; l'&#234;tre humain qui a la capacit&#233; d'entrer en relation avec un grand nombre de ces entit&#233;s et d'y (r&#233;)organiser ses propres structures cognitives (Linard, 1994, 2001). Il est ici consid&#233;r&#233; que le processus de signification de l'acteur, plus ou moins conscientis&#233;, guide autant la relation &#224; l'environnement, que l'environnement agit sur la signification des acteurs (Varela et al., 1989 ; Gu&#233;rin, 2012). Comment alors tenir compte des propri&#233;t&#233;s d'un environnement, pour partie, ext&#233;rieur au sujet et, pour une autre partie, d&#233;pendantes de lui sans consid&#233;rer que les entit&#233;s humaines auraient davantage d'influence que celles non humaines ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cologie suppose qu'un environnement est une niche &#233;cologique, du moment qu'un &#234;tre vivant peut y exercer certaines de ses capacit&#233;s (Lamarck, 1809 ; M&#246;bius, 1877 ; Darwin, 1888/1922). Brofenbrenner (1979) propose ainsi diff&#233;rents niveaux d'analyse pour comprendre le d&#233;veloppement des interrelations entre l'&#234;tre vivant et les propri&#233;t&#233;s de l'environnement. Il s'agit, en premier lieu, d'&#233;tudier les conditions qui permettent, a minima, &#224; deux entit&#233;s de se mettre en relation pour, ensuite, &#233;tudier les dynamiques relationnelles &#224; partir des propri&#233;t&#233;s qu'elles produisent dans l'environnement. Pour savoir si une propri&#233;t&#233; de l'environnement est modifi&#233;e, il est n&#233;cessaire de conna&#238;tre les propri&#233;t&#233;s constituant l'environnement, avant m&#234;me l'intervention de l'acteur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Notons que dans le champ de l'&#233;ducation et de la formation, tout d&#233;ploiement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce sont donc les propri&#233;t&#233;s pr&#233;sentes dans l'environnement puis celles qui &#233;mergent de la rencontre sujet-environnement qui caract&#233;risent le courant &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;L'affordance : synth&#232;se&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le cadre th&#233;orique de l'affordance &#233;tudie ce qu'un &#234;tre vivant per&#231;oit comme ce qui lui est possible de faire en fonction d'un certain nombre d'invariants structurels de l'environnement dans lequel il se situe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La perception de la stabilit&#233; du sol permet l'action de se d&#233;placer, par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (Gibson, 1979 ; Reed, 1988 ; Turvey, 1992 ; Stoffregen, 2003 ; Niveleau, 2006 ; Morineau, 2010 ; Simonian, 2019, 2020). Au fil des recherches, l'affordance a diversifi&#233; ses ancrages pour inscrire la perception comme un processus s&#233;miotique, plus ou moins conscientis&#233;, et rompt avec toute approche strictement perceptivo-motrice. Ainsi, qu'ils s'agissent des travaux en ergonomie cognitive (Norman, 1988), en psychologie (Turvey, 1992 ; Stoffregen, 2003 ; Morineau, 2010), ou encore en SEF (Simonian, 2019, 2020), une des principales caract&#233;ristiques de l'affordance vise &#224; &#233;tudier ce qui est per&#231;u comme possible pour un &#234;tre vivant &#224; partir de propri&#233;t&#233;s pr&#233;sentes dans un environnement et des conditions qui rendent ce possible effectif. C'est pourquoi le possible est un ph&#233;nom&#232;ne sp&#233;cifique, situ&#233; entre un &#234;tre vivant et son environnement pour &#233;tudier l'&#233;cart entre ce qui est per&#231;u comme n&#233;cessaire pour agir et ce qui est &#224; disposition. La perception du possible &#233;tant consid&#233;r&#233;e comme l'identification d'une propri&#233;t&#233; &#233;mergente de l'environnement, r&#233;alit&#233; temporellement et spatialement pr&#233;sente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fur et &#224; mesure des travaux conduits, le concept d'affordance s'est donc enrichi d'un cadre th&#233;orique s&#233;miotique pour analyser la s&#233;lection des &#233;l&#233;ments pertinents, op&#233;r&#233;e par un syst&#232;me cognitif int&#233;gr&#233; dans un ensemble socioculturel (Norman, 1988 ; Stoffregen, 2003 ; Niveleau, 2006 ; Morgagni, 2011 ; Simonian, 2019, 2021). C'est pourquoi, les mod&#232;les actuels de l'affordance int&#232;grent l'environnement socioculturel de mani&#232;re interd&#233;pendante &#224; deux niveaux : celui des processus de perception s&#233;miotique propres au sujet ; celui de l'environnement ext&#233;rieur au sujet (Reed, 1988 ; Turvey, 1992 ; Norman, 1988 ; Morineau, 2010 ; Morgagni, 2011 ; Simonian et al., 2019). C'est ainsi que la signification attribu&#233;e &#224; un artefact par un acteur int&#232;gre la situation dans laquelle se produit le processus de perception (appel&#233;e &#171; affordance &#187;), toujours li&#233;e &#224; une action &#224; venir, &#224; partir d'une propri&#233;t&#233; consid&#233;r&#233;e comme un invariant structurel de l'environnement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Exemple d'invariants structurels per&#231;us : je me d&#233;place sur un sol car je (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce n'est que dans un second temps que cette signification peut &#234;tre distribu&#233;e dans l'environnement et, donc, qu'il est possible d'&#233;tudier les transformations de certaines propri&#233;t&#233;s de l'environnement suite &#224; l'action humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'ensemble des courants actuels de l'affordance, une orientation sociologique se d&#233;veloppe, prenant pour origine les premiers travaux de Gibson sur les cartes routi&#232;res (Gibson et Crooks, 1938) jusqu'&#224; ceux de Norman (1988) et Morgagni (2011). C'est pr&#233;cis&#233;ment ici qu'il est possible de voir un rapprochement avec la sociologie de la traduction : si l'innovation technologique r&#233;pond &#224; un construit social (Callon, 1986 ; Latour, 1992, 1993), la sociologie de la traduction consid&#232;re l'innovation comme des processus dynamiques co-d&#233;pendants des propri&#233;t&#233;s de leur environnement et de leurs relations avec des individus, en positionnant les humains et les non humains sur un m&#234;me plan (Akrich et al., 2006). Si la sociologie de la traduction ne se focalise pas sur les processus de perception &#224; partir d'invariants structurels de l'environnement tel que le propose l'affordance, elle &#233;tudie ce qui permet la mise en r&#233;seau &#224; partir des propri&#233;t&#233;s offertes par une soci&#233;t&#233; (une innovation technique, une r&#233;forme, etc.), jusqu'&#224; la stabilisation de ce r&#233;seau par les acteurs concern&#233;s. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle la sociologie de la traduction est aussi appel&#233;e &#171; sociologie de l'acteur r&#233;seau &#187; (Actor Network Theory).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Sociologie de la traduction : synth&#232;se&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1980, la sociologie de la traduction rompt avec les recherches sociologiques qui &#233;tudient l'innovation exclusivement &#224; partir de groupes humains, mettant au second rang les objets techniques. Akrich, Callon et Latour (2006), proposent le &#171; principe de sym&#233;trie &#187; pour penser diff&#233;remment les relations entre science et technique mais aussi entre science et nature, science et soci&#233;t&#233; (Serres, 2002). Ce principe, bien que discut&#233; par d'autres sociologues inscrits dans des courants diff&#233;rents (Grossetti, 2006), remet en cause une &#233;pist&#233;mologie de la science qui accorderait une sup&#233;riorit&#233; de la m&#233;thode explicative &#224; celle compr&#233;hensive et, plus g&#233;n&#233;ralement, toute dichotomie entre science et soci&#233;t&#233;, politique et science, science humaine et science technique. Le &#171; principe de sym&#233;trie &#187; suppose que ni la soci&#233;t&#233;, ni la &#171; nature &#187;, ni les objets techniques, ne peuvent rendre compte &#224; eux seuls de faits sociaux et r&#233;ciproquement. Chacune de ces entit&#233;s, appel&#233;s &#171; actants &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le terme actant renvoie aux acteurs humains et non-humains pr&#233;sents dans le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;pour mettre sur m&#234;me niveau les humains et non humains, est consid&#233;r&#233;e comme prenant une part &#233;gale dans la co-production de la science, de la nature et de la soci&#233;t&#233;. Cette &#171; socio-structure &#187;, tel que le propose Latour (2006), s'inscrit dans une orientation &#233;cologique en tant qu'intrication totale de la nature, du technique et du social. Un des enjeux pour les sociologues est donc de prendre en compte les objets techniques avec autant d'importance que les humains, pour se saisir des associations multiples auxquelles elles donnent lieu. Humains et non humains ne peuvent donc ni &#234;tre &#233;tudi&#233;s s&#233;par&#233;ment, ni comme un &#171; couple &#187;, mais comme une unit&#233; sp&#233;cifique selon le r&#233;seau qu'ils constituent (Callon, 1986 ; Callon et al., 1999). Dit autrement, ce principe de sym&#233;trie conduit &#224; renseigner les conditions et les processus se produisant au sein d'un environnement tant pour les entit&#233;s humaines que non humaines (Akrich, Callon et Latour, 2006) jusqu'&#224; proposer une &#233;cologie politique (Latour, 2006). Se pose alors la question de savoir comment &#171; faire parler &#187; un artefact en le consid&#233;rant comme aussi influant qu'un humain. La sociologie de la traduction propose d'&#233;tudier les diff&#233;rentes controverses et compromis entre actants, pour produire des savoirs sur les formes relationnelles que prennent ce r&#233;seau constitu&#233; de propri&#233;t&#233;s effectives (Meier et Missonier, 2012)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce cadre th&#233;orique est aussi mobilis&#233; en sciences de l'&#233;ducation et de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ces propri&#233;t&#233;s &#233;mergent dans des &#171; centres de traduction &#187; (Callon et Law, 1988, p. 102), espace-temps mat&#233;riels ou virtuels d&#233;di&#233;s aux &#233;changes, laissant libre l'expression des points de vue et permettant d'initier des coop&#233;rations inter-organisationnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la sociologie de la traduction reste en tension entre des traductions qui ne l'&#233;loigneraient pas trop de son but initial et la n&#233;cessaire adaptabilit&#233; du projet afin que les acteurs se l'approprient et le d&#233;veloppent. L'approche ph&#233;nom&#233;nologique de l'affordance, comprise dans sa dimension socioculturelle semble ici compl&#233;mentaire pour identifier les propri&#233;t&#233;s de l'environnement &#224; partir des cat&#233;gories propos&#233;es par la sociologie de la traduction.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Recourir &#224; l'ethnographie pour saisir un processus &#233;cologique de traduction des propri&#233;t&#233;s per&#231;ues de l'environnement&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'ethnographie, en tant que d&#233;marche m&#233;thodologique permet la compr&#233;hension de faits sociaux &#224; partir d'observations directes et prolong&#233;es dans le temps (Malinowski, 1963, 1985), en visant une &#171; &#233;tude compl&#232;te des ph&#233;nom&#232;nes &#187; (Malinowski, 1963, p. 68). Elle exige une &#171; patiente enqu&#234;te descriptive [qui] permet, a&#768; terme, l'&#233;mergence de th&#232;mes ordonnateurs pr&#233;ludant a&#768; la formation de concepts &#171; enracin&#233;s &#187; qui s'articulent enfin au sein d'une th&#233;orie &#187; (Woods, 1990, p. 7). L'ethnographie engage le chercheur dans un &#171; processus de travail quotidien, ordinaire, sensible &#187; (Payet, 2016, p. 14) avec une pr&#233;sence prolong&#233;e sur le terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette perspective, de nombreux mat&#233;riaux peuvent &#234;tre recueillis gr&#226;ce &#224; une diversit&#233; de techniques bas&#233;es sur les traces de l'activit&#233; mais aussi par un travail d'investigation et de recension qui constituent les archives du d&#233;veloppement d'un groupe social permettant la mise en perspective de certaines propri&#233;t&#233;s d'un groupe humain et de son environnement (Erny, 1991 ; Hutchins, 1995 ; Laplantine, 2001). Ce positionnement vise la compr&#233;hension de ph&#233;nom&#232;nes dans leur contexte &#171; naturel &#187;. Ainsi, le chercheur analyse l'importance des faits observ&#233;s en les mettant en relation avec les propri&#233;t&#233;s identifi&#233;es de l'environnement ant&#233;c&#233;dent avec celles se produisant en situation pour &#233;tudier des processus, comme le propose l'affordance (Morineau et al., 2009 ; Morineau, 2010) et la sociologie de la traduction (Akrich, Callon et Latour, 2006) .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le d&#233;ploiement du num&#233;rique, de nouveaux indices sont disponibles. En s'inspirant des principes propres &#224; l'ethnographie, la cyber-ethnographie (Ward, 1999) ou aussi nomm&#233;e netnographie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La netnographie provient d'une combinaison des termes anglais network et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (Kozinets, 2008) permet d'&#233;tudier ce qui constitue les inter-relations entre les membres d'un groupe. M&#234;me si la cyber-ethnographie montre des limites (impossibilit&#233; parfois d'avoir des d&#233;tails biographiques ou sociologiques de l'ensemble des acteurs pr&#233;sents dans le groupe par exemple), elle est une m&#233;thode int&#233;ressante qui se focalise sur les relations dynamiques s'op&#233;rant entre des acteurs par l'interm&#233;diaire d'un artefact sp&#233;cifique (Hutchins, 1995).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, mobiliser l'ethnographie et/ou la cyber-ethnographie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'ethnographie est un travail descriptif qui consiste &#224; r&#233;pertorier (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; permet d'appr&#233;hender des processus dynamiques et situ&#233;s entre acteurs et leur environnement &#224; partir d'un travail descriptif qui consiste &#224; r&#233;pertorier exhaustivement des mat&#233;riaux empiriques. Cette m&#233;thodologie semble ainsi particuli&#232;rement f&#233;conde pour appr&#233;hender le d&#233;veloppement humain compris comme un processus &#233;cologique de traduction. En effet, elle permet d'identifier des faits pour, ensuite, &#171; disjoindre l'aspect visible de l'objet technique en tant que support ou moyen d'action, du syst&#232;me de symboles et de repr&#233;sentations qui sous-tend ses usages ainsi que des relations aux autres dimensions de l'activit&#233; humaine qui le rendent socialement significatifs &#187; (Albero, 2010, p. 2). C'est la raison pour laquelle, il s'agit, dans un premier temps d'&#171; &#233;tudier les faits tels qu'ils apparaissent, pour eux-m&#234;mes, en cherchant &#224; les d&#233;crire, &#224; les comprendre, &#224; les comparer et &#224; les expliquer &#187; (Erny, 1981, p. 8). Ce n'est qu'ensuite qu'il s'agira de comparer ces faits avec la perception qu'en ont les acteurs et les propri&#233;t&#233;s de leur environnement socioculturel qui lui sont ext&#233;rieures. L'analyse concerne donc les faits socioculturels tels qu'ils se pr&#233;sentent &#224; des individus se coordonnant pour r&#233;aliser une m&#234;me activit&#233; (m&#234;me si ceux-ci ne sont pas visibles dans l'environnement o&#249; celle-ci se r&#233;alise) o&#249; l'enjeu est de rep&#233;rer, &#224; partir de traces r&#233;elles de l'activit&#233;, le rapport au monde que les acteurs rapportent pour objectiver des invariants socioculturels comme conditions et propri&#233;t&#233;s sp&#233;cifiques qui les poussent &#224; agir (affordances).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Exemple de caract&#233;risation des donn&#233;es &#224; partir d'une &#233;tude ethnographique virtuelle&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le processus de traduction est compos&#233; de 4 &#233;tapes : probl&#233;matisation, int&#233;ressement, enr&#244;lement et mobilisation (ou stabilisation). Pour que chacune de ces &#233;tapes puisse se produire, il est n&#233;cessaire d'&#233;tudier ce qui permet les mises en relation entre les actants conduisant &#224; la formulation du probl&#232;me et les r&#233;ponses associ&#233;es (probl&#233;matisation), les alliances qui se constituent lors de la phase d'int&#233;ressement mais aussi leur acceptation de la probl&#233;matisation en fonction de leur propre logique (enr&#244;lement), l'organisation des actants en un r&#233;seau sociotechnique et, pour certains, d'en devenir porte-parole (mobilisation). En effet, lorsque les acteurs d'un r&#233;seau ont trouv&#233; un compromis, ou un &#233;quilibre, semblant suffisamment &#171; robuste &#187; pour reprendre un terme d&#233;velopp&#233; par Callon (1986), &#233;merge alors le &#171; porte-parole &#187; qui, au nom du r&#233;seau, tente &#171; d'exprimer dans son propre langage, ce que les autres disent, veulent&#8230; A la fin, on entend plus que des voix parlant &#224; l'unissons et se comprenant mutuellement &#187; (Callon, 1986, p. 204). Ainsi, les &#233;tapes propos&#233;es par la sociologie de la traduction sont th&#233;oriquement une mani&#232;re de cat&#233;goriser les propri&#233;t&#233;s constituant, &#224; terme, un environnement &#224; partir de la constitution d'un r&#233;seau : des possibles per&#231;ues &#224; ceux effectifs (affordances).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous reprenons ici une &#233;tude conduite sur la r&#233;forme &#171; Plus de ma&#238;tres que de classes &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Plus de ma&#238;tres que de classes &#187; (Circulaire 2012-201) repose sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; au sein d'&#233;coles primaires (Magogeat, 2017) et, plus sp&#233;cifiquement, sur le r&#244;le des ma&#238;tres suppl&#233;mentaires dans le processus de traduction en analysant les raisons qui fondent la mobilisation d'un artefact sp&#233;cifique (Facebook) par les ma&#238;tres suppl&#233;mentaires dans la traduction de ce dispositif (Magogeat, 2019). Les enseignants ont cr&#233;&#233; au d&#233;but de la mise en &#339;uvre de cette r&#233;forme un groupe Facebook de leur propre initiative pour essayer de r&#233;pondre &#224; leurs besoins. Cette r&#233;forme a engendr&#233; beaucoup de flou et d'incertitudes sur la mani&#232;re dont ils devaient assurer cette mission de ma&#238;tre suppl&#233;mentaire. La mobilisation d'un r&#233;seau social &#8211; Facebook &#233;tant un des r&#233;seaux les plus connus en 2017 &#8211; leur est apparu comme un actant pertinent pour tenter d'&#233;changer avec de tr&#232;s nombreux autres ma&#238;tres suppl&#233;mentaires et, plus g&#233;n&#233;ralement, sur les mani&#232;res de mettre en &#339;uvre cette r&#233;forme. Rappelons que dans l'&#233;cole, le ma&#238;tre suppl&#233;mentaire &#233;tait souvent le seul &#224; &#234;tre inform&#233; des contours de cette r&#233;forme sans n&#233;cessairement savoir comment la mettre en &#339;uvre (flou sur la r&#233;partition du temps de travail du ma&#238;tre suppl&#233;mentaire, classes concern&#233;es par des modalit&#233;s de co-intervention, etc.). Avant de pouvoir expliquer et enr&#244;ler les autres enseignants de l'&#233;cole dans le dispositif, les ma&#238;tres suppl&#233;mentaires ont exprim&#233; des besoins de formation et d'&#233;changes entre pairs pour v&#233;ritablement saisir la nature de leur nouvelle fonction et les modalit&#233;s pratiques de leur travail. A partir de besoins propres et par cette action, ils ont ouvert un espace-temps de traduction (appel&#233;e &#171; centre de traduction &#187;, cf. section suivante) pour enclencher les processus permettant de faire &#233;merger les conditions permettant &#224; cette r&#233;forme d'&#234;tre mise en &#339;uvre &#224; partir des propri&#233;t&#233;s per&#231;ues dans leur environnement socioculturel, en consid&#233;rant ces propri&#233;t&#233;s comme des invariants structurels qui leur permettent d'agir. Ce sont ces propri&#233;t&#233;s sur lesquelles nous nous focaliserons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enqu&#234;te sur la mise en &#339;uvre de cette r&#233;forme men&#233;e au sein d'&#233;coles primaires a commenc&#233; par une observation non participante durant 11 mois. Cette observation longitudinale a permis d'identifier des modifications des conditions pr&#233;existantes &#224; l'environnement classe et d'identifier les raisons pour lesquelles le r&#233;seau social Facebook a &#233;t&#233; per&#231;u par les enseignants comme permettant le d&#233;veloppement du dispositif &#171; Plus de ma&#238;tres que de classes &#187;. L'&#233;tude cyber-ethnographique sur Facebook a repos&#233; sur l'analyse de l'ensemble des notes prises par le chercheur &#224; partir de l'observation de cette communaut&#233; virtuelle dans l'identification des propri&#233;t&#233;s per&#231;ues comme perturbant l'environnement des enseignants (besoin d'acculturation dans la collaboration des deux enseignants pr&#233;sents dans une m&#234;me classe, par exemple) pour, ensuite, renseigner les propri&#233;t&#233;s per&#231;ues par les enseignants de l'artefact &#171; Facebook &#187; comme permettant la mise en &#339;uvre de cette r&#233;forme (se &#171; sociabiliser &#187;, par exemple). L'analyse textuelle s'est effectu&#233;e sur 772 publications du r&#233;seau Facebook sur une dur&#233;e de 17 mois (Magogeat, 2019). Cet espace virtuel, initi&#233; par les ma&#238;tres suppl&#233;mentaires, peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme un des centres de traduction essentiels dans la mise en &#339;uvre de cette r&#233;forme o&#249; s'est jou&#233;, plus sp&#233;cifiquement, diff&#233;rentes potentialit&#233;s per&#231;ues (affordances) de cet espace virtuel pour stabiliser les propri&#233;t&#233;s d'un environnement n&#233;cessaire &#224; la traduction du dispositif &#171; Plus de ma&#238;tres que de classes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la base de cette recherche cyber-ethnographique, nous proposons ici de r&#233;interroger bri&#232;vement ces r&#233;sultats sous l'angle d'une analyse des inter-relations sujets-artefacts-environnement &#224; partir de la perception d'invariants socioculturels qui ont &#224; la fois permis la mise en relation (besoin &#233;prouv&#233;e dans la perception du d&#233;s&#233;quilibre) et la stabilisation de l'environnement des actions (propri&#233;t&#233;s per&#231;ues comme un potentiel d'action pour stabiliser l'environnement &#171; plus de maitres que de classes &#187;). C'est &#224; partir des verbes d'action utilis&#233;s par les enseignants que nous avons pu saisir leurs perceptions de propri&#233;t&#233;s de l'environnement traduisant leur capacit&#233; &#224; se mettre en lien et, in fine, &#224; agir pour mettre en &#339;uvre la r&#233;forme &#171; Plus de ma&#238;tres que de classes &#187; dans leur &#233;cole. Les principaux r&#233;sultats sont les suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;seau social a &#233;t&#233; per&#231;u comme un espace de socialisation professionnelle pour des enseignants, qui rappelons-le, constituaient une cat&#233;gorie un peu &#224; part dans la mesure o&#249; ils &#233;taient l&#224;, en plus dans l'&#233;cole, sans avoir la responsabilit&#233; d'une classe mais avec pour mission de co-intervenir dans celles d'autres coll&#232;gues. Le groupe Facebook permet une &#171; sociabilit&#233; &#187; li&#233;e &#224; un processus d'acculturation de ma&#238;tre suppl&#233;mentaire. En livrant une part de soi, de v&#233;cu professionnel, en proposant des conseils voire des marques d'attention, le groupe a pu jouer un r&#244;le propice au renforcement d'un sentiment d'appartenance &#224; une communaut&#233; (virtuelle) de ma&#238;tres suppl&#233;mentaires permettant, in fine, &#224; ces enseignants d'en devenir porte-parole. Cette propri&#233;t&#233; de sociabilit&#233; a ainsi favoris&#233; l'int&#233;ressement des nouveaux enseignants devenant ma&#238;tre suppl&#233;mentaire dans le dispositif et, en cas de succ&#232;s de cette premi&#232;re phase, leur enr&#244;lement, avec la possibilit&#233; d'&#233;changer sur les normes et valeurs propres &#224; une identit&#233; professionnelle sp&#233;cifique de ma&#238;tre suppl&#233;mentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe Facebook a &#233;galement &#233;t&#233; per&#231;u comme un espace propice &#224; la circulation de savoirs, favorisant une autre forme d'int&#233;ressement et d'enr&#244;lement. Les enseignants &#8211; qui dans leurs publications utilisaient des verbes tels que &#171; partager &#187;, &#171; diffuser &#187;, &#171; transmettre &#187;, etc. &#8211; l'ont investi comme un espace dans lequel la compr&#233;hension, la r&#233;&#233;laboration et l'adaptation des injonctions en faveur d'un travail &#224; plusieurs ont &#233;t&#233; possibles. Ils ont interagi de mani&#232;re asynchrone avec d'autres enseignants notamment &#224; partir de ressources mises en ligne : emploi du temps, fiche r&#233;capitulative des diff&#233;rentes modalit&#233;s d'organisation du travail en co-enseignement/co-intervention, des exemples de rapports d'activit&#233; &#224; pr&#233;senter lors d'une inspection, etc. autant d'actants non-humains essentiels &#224; la mise en &#339;uvre du dispositif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe Facebook a &#233;t&#233; identifi&#233; comme un espace de soutien propice &#224; l'&#233;change de difficult&#233;s professionnelles rencontr&#233;es dans l'exercice de leur nouvelle mission de ma&#238;tre suppl&#233;mentaire. D&#232;s lors, les ma&#238;tres suppl&#233;mentaires ont pu faire &#233;tat de doutes, difficult&#233;s, questionnements &#224; travers le r&#233;cit de brefs &#233;pisodes professionnels, consid&#233;rant que cet espace priv&#233; leur permettait d'&#233;changer entre pairs pour obtenir l'avis ou les conseils d'autres enseignants concern&#233;s par les m&#234;mes r&#233;alit&#233;s et qui auraient pu vivre des situations plus ou moins similaires. Facebook a donc &#233;t&#233; per&#231;u comme propice au soutien moral, troisi&#232;me forme d'enr&#244;lement et d'int&#233;ressement, caract&#233;ris&#233;e notamment par des marques d'empathie et de r&#233;confort dans le partage d'exp&#233;rience. Pour certains enseignants, l'absence de soutien aurait pu conduire &#224; un d&#233;sinvestissement du dispositif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;sultats, pr&#233;sent&#233;s de mani&#232;re tr&#232;s synth&#233;tique, sont une illustration de la compl&#233;mentarit&#233; entre l'affordance et la sociologie de la traduction, pour proposer une intelligibilit&#233; du d&#233;veloppement humain en consid&#233;rant que les relations sont &#224; &#233;tudier &#224; partir d'un ensemble de propri&#233;t&#233;s constituant la relation sujet-environnement. Ils permettent de montrer l'importance de ne pas d&#233;tacher l'humain des artefacts techniques, la culture de l'acteur (soci&#233;t&#233;) de l'injonction (politique) en &#233;tudiant, d'une part, les conditions qui &#233;mergent de la r&#233;forme (modification des propri&#233;t&#233;s environnementales) et, d'autre part, ce que produisent les acteurs sur l'environnement (modification des propri&#233;t&#233;s des conditions environnementales). Ces propri&#233;t&#233;s sont ici immat&#233;rielles, caract&#233;risant des rapports id&#233;o-prax&#233;ologiques &#224; l'environnement et donc &#224; l'artefact mobilis&#233;. En effet, les processus de traduction montrent la perception de plusieurs propri&#233;t&#233;s de l'environnement socioculturel qui d&#233;passent la potentialit&#233; m&#234;me de l'artefact Facebook. Si celui-ci pr&#233;sente des sp&#233;cificit&#233;s (mise en r&#233;seau, interaction synchrone et asynchrone, &#233;changes de ressources), cette offre de possibles n'est per&#231;ue qu'en fonction d'une activit&#233; et de situations-probl&#232;mes particuli&#232;res, qui caract&#233;risent les conditions environnementales, tels que l'isolement des maitres suppl&#233;mentaires, une acculturation &#224; ce dispositif r&#233;cent, le besoin de se former pour co-enseigner ou co-intervenir, etc. ; la transformation des conditions existantes permet la perception d'un ensemble de propri&#233;t&#233;s : se sociabiliser, &#234;tre soutenu socialement, produire des savoirs. L'enr&#244;lement et l'int&#233;ressement permettent donc de renseigner des processus contenant les propri&#233;t&#233;s susmentionn&#233;es ; propri&#233;t&#233;s per&#231;ues par les acteurs comme des invariants structurels permettant d'agir (affordances).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Discussion en guise de conclusion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Percevoir les propri&#233;t&#233;s de &#171; soutien social &#187;, &#171; sociabilit&#233; &#187;, &#171; production de savoirs &#187; s'explique, premi&#232;rement, par une situation de d&#233;s&#233;quilibre (ici cr&#233;&#233; par l'injonction &#224; travailler &#224; plusieurs via le dispositif &#171; Plus de ma&#238;tres que de classes &#187;) ; et deuxi&#232;mement, par une stabilisation de l'environnement produit par les propri&#233;t&#233;s du couplage sujet-artefact. L'approche (cyber)ethnographique se r&#233;v&#232;le particuli&#232;rement f&#233;conde en ce qu'elle a permis de d&#233;crire la constitution du r&#233;seau socio-technique en s'int&#233;ressant aux relations sujets-artefacts dans un environnement socio-culturel sp&#233;cifique dont les propri&#233;t&#233;s peuvent &#234;tre d&#233;crites, tout en permettant une analyse des op&#233;rations de traduction par lesquelles les actants stabilisent l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus g&#233;n&#233;ralement, en consid&#233;rant que toute relation sujet-artefact-environnement se caract&#233;rise par ce qui est possible ou non pour un acteur dans une situation donn&#233;e, dans une organisation socioculturelle particuli&#232;re, dans un projet sociopolitique pr&#233;cis, il est alors possible d'&#233;tudier les artefacts comme des potentiels &#171; r&#233;gulateurs &#187; de l'environnement, avant de savoir s'ils en sont transformateurs. C'est ainsi qu'il est possible de comprendre les dynamiques qui se produisent au sein d'un environnement &#224; partir d'une cat&#233;gorisation de donn&#233;es qui met en relation des sources compl&#233;mentaires : celles fournies par les acteurs de terrain et le chercheur sur les propri&#233;t&#233;s de l'environnement. Ce dernier se saisit alors de la situation r&#233;elle pour &#233;tudier des processus dynamiques entre des propri&#233;t&#233;s qui permettent d'agir simultan&#233;ment l'une avec l'autre, mais aussi avec un milieu (socioculturel ou physique) en vue d'&#233;quilibrer, ou/et reconfigurer, un environnement lui-m&#234;me dynamique. Le processus d'&#233;quilibration s'effectuerait par la propagation de propri&#233;t&#233;s qui &#233;chapperaient aux seules relations entre entit&#233;s, pr&#233;cis&#233;ment parce qu'elle est une &#233;mergence de relations entre des entit&#233;s qui cr&#233;ent des espace-temps de connaissances, comp&#233;tences, cultures, organisations, relations sociales. Ces propri&#233;t&#233;s (physiques, cognitives, socioculturelles) constituent des savoirs sp&#233;cifiques sur ce qui relie un humain &#224; son environnement mais aussi sur ce que produisent les humains en agissant. La relation sujet(s)/environnement ou sujet(s)-artefact-environnement ne pouvant &#234;tre comprise qu'&#224; partir d'une dynamique socioculturelle continue, perp&#233;tuant des propri&#233;t&#233;s socioculturelles, voire les modifiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains travaux actuels en SEF semblent s'inscrire, pour partie, dans cette orientation scientifique notamment les approches qui &#233;tudient l'activit&#233; humaine &#224; partir du couplage sujet-environnement (Gu&#233;rin, 2012) et, plus largement, celles sociotechniques (Albero, 2004, 2010 ; Albero et al., 2009, 2019 ; Akrich et al., 2006). Ces approches se focalisent sur les aspects mat&#233;riels ou/et sur ce qui est fait, pour mieux comprendre les finalit&#233;s sous-jacentes aux actions humaines et politiques. C'est en ce sens que &#171; l'usage fait retour sur la technique qui, loin d'&#234;tre stabilis&#233;e d&#233;finitivement dans un objet se transforme &#224; mesure qu'elle p&#233;n&#232;tre la soci&#233;t&#233; &#187; (Chambat, 1994, p. 257). Cependant, les recherches produites s'inscrivent souvent dans un paradigme syst&#233;mique pour &#233;tudier les modifications entre des entit&#233;s des syst&#232;mes (par exemple, en se focalisant sur le syst&#232;me d'activit&#233; d'un acteur), en minorant l'&#233;tude de propri&#233;t&#233;s qui caract&#233;risent son environnement. Un autre champ de recherche concerne les th&#233;ories de l'activit&#233; dans lequel on cherche &#224; savoir si la dynamique d'un sujet, son processus de transformation, implique une modification de la propri&#233;t&#233; de son environnement et r&#233;ciproquement. Ainsi, le regard se porte sur les propri&#233;t&#233;s qui se d&#233;placent, se propagent, se transforment et permettent de p&#233;renniser (ou non) un groupe humain organis&#233; autour d'une activit&#233;. Pour se saisir de ces propri&#233;t&#233;s, une compl&#233;mentarit&#233; est n&#233;cessaire entre le &#171; poids &#187; accord&#233; &#224; la pens&#233;e de l'acteur (qui ne peut avoir conscience de toutes les propri&#233;t&#233;s offertes par son environnement soit par manque de connaissances, soit en raison du but qu'il poursuit), &#224; celui de ses actions non conscientis&#233;es ainsi qu'aux donn&#233;es fournies par le chercheur sur les propri&#233;t&#233;s de l'environnement (ind&#233;pendamment des acteurs).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Bibliographie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Des DOI (Digital Object Identifier) sont automatiquement ajout&#233;s aux r&#233;f&#233;rences par Bilbo, l'outil d'annotation bibliographique d'OpenEdition.&lt;br class='autobr' /&gt;
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DOI : 10.1007/s12124-010-9125-8&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Serres, A. (2002). Posture critique et sociologie de la traduction. Les Cahiers du CERCOR, Universit&#233; Rennes 2, 76-84.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Serres, M. (1974). La traduction : Herm&#232;s III. Les &#233;ditions de Minuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simonian S. (2014). R&#233;habiliter l'homme avec la technologie, Recherches en &#201;ducation, 18, 104-113.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simonian, S. (2019). Changer de paradigme : Approche &#233;cologique et probl&#233;matique de l'affordance. Dans B. Albero, S. Simonian et J. Eneau (&#201;ds.). Des humains &amp; des machines : Hommage aux travaux d'une exploratrice (p. 431-443). &#201;ditions Raison et Passions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simonian, S. (2020). Approche &#233;cologique des environnements instrument&#233;s : Comprendre le ph&#233;nom&#232;ne d'affordance socioculturelle. Savoirs, 1, 93-108, &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.3917/savo.052.0093&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.3917/savo.052.0093&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.3917/savo.052.0093&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simonian, S. (2021, &#224; para&#238;tre). L'affordance socioculturelle des objets techniques. PURH.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simonian, S., Chaker, R., &amp; Kaplan, J. (2019). Affordance en e-formation et r&#233;gulation de l'apprentissage : Une exploration dans un contexte d'&#233;tudes universitaires. TransFormations, 19, &lt;a href=&#034;https://transformations.univ-lille.fr/index.php/TF/article/view/247&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://transformations.univ-lille.fr/index.php/TF/article/view/247&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Stoffregen, T. A. (2003). Affordances as properties of the animal-environment system. Ecological psychology, 15(2), 115&#8211;134. &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.1207/S15326969ECO1502_2&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.1207/S15326969ECO1502_2&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.1207/S15326969ECO1502_2&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Theureau, J. (2004). Le cours d'action. Octar&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Turvey, M. (1992). Affordances and prospective control : An outline of the ontology. Ecological psychology, 4(3), 173&#8211;187, &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.1207/s15326969eco0403_3&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.1207/s15326969eco0403_3&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.1207/s15326969eco0403_3&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ward, J. (1999). Cyber-Ethnography and the Emergence of the Virtually New Community. Journal of Information Technology, 14(1), 95-105, &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.1080/026839699344773&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.1080/026839699344773&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.1080/026839699344773&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Woods, P. (1990). L'ethnographie de l'e&#769;cole. Armand Colin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Auteurs&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
St&#233;phane Simonian&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Universit&#233; Lumi&#232;re Lyon 2, Laboratoire &#201;ducation, Cultures et Politiques&lt;br class='autobr' /&gt;
Quentin Magogeat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Universit&#233; Lumi&#232;re Lyon 2, Laboratoire &#201;ducation, Cultures et Politiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Articles du m&#234;me auteur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/edso/8520&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Socialisation professionnelle en ligne : &#233;tude cyber-ethnographique d'une communaut&#233; virtuelle de ma&#238;tres suppl&#233;mentaires&lt;/a&gt;[Texte int&#233;gral]&lt;br class='autobr' /&gt; Paru dans &#201;ducation et socialisation, 54 | 2019&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'inter-relation indique que deux &#233;l&#233;ments peuvent &#234;tre en relation sans pour autant s'influencer r&#233;ciproquement tel que le suppose l'interaction. Dans une approche &#233;cologique, il est possible qu'une entit&#233; de l'environnement soit modifi&#233;e sans que l'autre ne le soit (sens unidirectionnel, par exemple).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Moebius (1877) &#233;tudie les causes de l'&#233;puisement des bancs d'huitre Schleswig-Holstein. La d&#233;termination de causalit&#233; est une posture scientifique qui exclut les processus r&#233;cursifs en cherchant &#224; d&#233;terminer une hi&#233;rarchisation dans les relations.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les &#233;checs du plan informatique pour tous, des cartables num&#233;riques en sont des exemples.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une propri&#233;t&#233; est un invariant structurel d'une entit&#233; : la gravit&#233; par exemple. Cependant certaines propri&#233;t&#233;s caract&#233;risant une activit&#233; humaine (comme une loi ) peuvent &#234;tre modifi&#233;es suite &#224; l'action humaine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L artefact est la partie neutre de l'instrument (Rabardel, 1985 ; Simonian, 2014) : Un artefact (arte factum) est un construit mat&#233;riel ou symbolique qui offre une forme, plus ou moins, signifiante qui varie en fonction des rapports qu'entretiennent des sujets-avec leur environnement. L'artefact n'est pas r&#233;duit &#224; ses fonctions intrins&#232;ques et ancillaires.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Notons que dans le champ de l'&#233;ducation et de la formation, tout d&#233;ploiement d'un artefact (une r&#233;forme, un outil num&#233;rique, etc.), est une entit&#233; pouvant modifier certaines propri&#233;t&#233;s de l'environnement et donc les conditions environnementales.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La perception de la stabilit&#233; du sol permet l'action de se d&#233;placer, par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Exemple d'invariants structurels per&#231;us : je me d&#233;place sur un sol car je per&#231;ois que la solidit&#233; du sol permettra de supporter mon poids. C'est la raison pour laquelle l'affordance du sol est effective : &#171; se d&#233;placer &#187;. Cette effectivit&#233; peut avoir lieu que le sujet se d&#233;place &#224; pied ou avec une &#171; machine &#187; roulante (voiture, moto, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le terme actant renvoie aux acteurs humains et non-humains pr&#233;sents dans le r&#233;seau sociotechnique. Latour (1986) a pr&#233;f&#233;r&#233; utiliser ce terme pour &#233;viter le mot acteur qu'il juge &#171; trop anthropomorphique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce cadre th&#233;orique est aussi mobilis&#233; en sciences de l'&#233;ducation et de la formation pour analyser le devenir de certaines r&#233;formes comme celle concernant le d&#233;veloppement d'une politique d'&#233;valuation externes des &#233;coles en Belgique (Maroy et al., 2012), l'interpr&#233;tation et l'adaptation des injonctions li&#233;es aux r&#233;formes par les enseignants de lyc&#233;es professionnels en fonction de leur environnement de travail (Lantheaume et al., 2008) ou, plus r&#233;cemment, pour &#233;tudier la mise en &#339;uvre d'une injonction minist&#233;rielle &#171; Plus de ma&#238;tres que de classes &#187; dans les &#233;coles primaires fran&#231;aises (Magogeat, 2017).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La netnographie provient d'une combinaison des termes anglais network et ethnograhy afin de rendre compte d'une m&#233;thodologie, largement inspir&#233;e par l'ethnographie, mais adapt&#233;e aux sp&#233;cificit&#233;s des terrains de recherche en ligne (Kozinets, 2009). A l'origine, elle s'est d&#233;velopp&#233;e pour &#233;tudier et comprendre le comportement de consommateurs en ligne (Kozinets, 2002).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'ethnographie est un travail descriptif qui consiste &#224; r&#233;pertorier exhaustivement des mat&#233;riaux empiriques. Il est aujourd'hui possible d'utiliser cette m&#233;thodologie, pour toute ou partie, en prenant les traces pr&#233;sentes sur les environnements num&#233;riques (Hine, 2000 ; Berry, 2012). Cette cyber-ethnographie, encore appel&#233; &#171; ethnographie du virtuel &#187;, vise &#224; comprendre les pratiques de sociabilit&#233; (Berry, 2012) o&#249; les seules donn&#233;es des traces informatiques semblent encore aujourd'hui insuffisantes pour identifier les dimensions r&#233;f&#233;rentielles et inf&#233;rentielles (Audran et al., 2007).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Plus de ma&#238;tres que de classes &#187; (Circulaire 2012-201) repose sur l'affectation d'un ma&#238;tre suppl&#233;mentaire dans des &#233;coles primaires pour mieux pr&#233;venir les difficult&#233;s scolaires des &#233;l&#232;ves et &#224; y rem&#233;dier. L'ajout d'un ma&#238;tre dans l'&#233;cole devait permettre la mise en &#339;uvre de nouvelles organisations p&#233;dagogiques dans certaines classes sur la base d'un travail &#224; deux enseignants.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



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