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	<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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	<description>Un site participatif, lieu de partage et d'&#233;change autour des initiatives en transitions et des innovations p&#233;dagogiques dans l'enseignement sup&#233;rieur francophone.</description>
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		<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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		<title>Manifeste pour penser la communication environnementale &#224; la lumi&#232;re des liens humains/non-humains</title>
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		<dc:date>2021-03-02T15:34:43Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Am&#233;lie Coulbaut-Lazzarini, Fr&#233;d&#233;ric Couston</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;silience et Education</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;R&#233;f&#233;rence &#233;lectronique &lt;br class='autobr' /&gt;
Am&#233;lie Coulbaut-Lazzarini et Fr&#233;d&#233;ric Couston, &#171; Manifeste pour penser la communication environnementale &#224; la lumi&#232;re des liens humains/non-humains &#187;, Revue fran&#231;aise des sciences de l'information et de la communication [En ligne], 21 | 2021, mis en ligne le 01 janvier 2021, consult&#233; le 01 mars 2021. URL : http://journals.openedition.org/rfsic/10021 ; DOI : https://doi.org/10.4000/rfsic.10021 &lt;br class='autobr' /&gt;
Les contenus de la Revue fran&#231;aise des sciences de l'information et de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique31.html" rel="directory"&gt;Revue Fran&#231;aise des Sciences de l'information et de la communication&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/mot53.html" rel="tag"&gt;R&#233;silience et Education&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;f&#233;rence &#233;lectronique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Am&#233;lie Coulbaut-Lazzarini et Fr&#233;d&#233;ric Couston, &#171; Manifeste pour penser la communication environnementale &#224; la lumi&#232;re des liens humains/non-humains &#187;, Revue fran&#231;aise des sciences de l'information et de la communication [En ligne], 21 | 2021, mis en ligne le 01 janvier 2021, consult&#233; le 01 mars 2021. URL : &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/rfsic/10021&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://journals.openedition.org/rfsic/10021&lt;/a&gt; ; DOI : &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.4000/rfsic.10021&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.4000/rfsic.10021&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les contenus de la Revue fran&#231;aise des sciences de l'information et de la communication sont mis &#224; disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Partage dans les M&#234;mes Conditions 4.0 International.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; &#171; Malgr&#233; les nuages d'encre projet&#233;s par la tradition jud&#233;o-chr&#233;tienne pour la masquer, aucune situation ne parait plus tragique, plus offensante pour le c&#339;ur et l'esprit, que celle d'une humanit&#233; qui coexiste avec d'autres esp&#232;ces vivantes sur une Terre dont elles partagent la jouissance, et avec lesquelles elle ne peut communiquer. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Claude L&#233;vi-Strauss&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L&#233;vi-Strauss C., Eribon D., De pr&#232;s et de loin, Odile Jacob, Paris, 2001, p. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Introduction&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;cent article de Catellani et al. (Catellani et al. 2019) fait &#233;tat de la recherche en mati&#232;re de communication environnementale dans le domaine francophone. Selon les diff&#233;rentes d&#233;finitions que les auteurs y passent en revue (&#167; 15 &#224; 23), il appara&#238;t que cette recherche concerne l'&#233;tude de la communication sur la relation entre les hommes et leur environnement. Les analyses portent sur la mani&#232;re de dire et de concevoir cette relation telle qu'elle transpara&#238;t dans les m&#233;dias, les discours politiques et manag&#233;riaux ou encore dans la communication scientifique. Une branche de cette communication environnementale a une vis&#233;e plus pratique et vise la communication &#233;cocitoyenne et les changements de comportement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans n&#233;gliger l'importance ni l'apport de ces &#233;tudes, nous proposons ici une autre voie qui repose sur (a) une hypoth&#232;se induisant &#224; la fois (b) un changement de paradigme et (c) un positionnement sp&#233;cifique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'hypoth&#232;se premi&#232;re est l'urgence de changer, elle-m&#234;me fond&#233;e sur l'hypoth&#232;se de plus en plus v&#233;rifi&#233;e que le mode de vie de la civilisation occidentalo-capitaliste impos&#233; par l'acc&#233;l&#233;ration de la mondialisation n'est pas soutenable. Nous ne reviendrons pas sur cette hypoth&#232;se d&#233;velopp&#233;e par de nombreuses recherches depuis le rapport Meadows jusqu'aux travaux du GIEC notamment. Malgr&#233; les controverses scientifiques, l'heure n'est plus au scepticisme, mais &#224; un renouvellement du pari pascalien qui nous engage &#224; l'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Nous devons donc changer notre rapport au monde. Cela passe par un changement de paradigme : nous devons passer d'un paradigme r&#233;ductionniste-s&#233;paratiste fond&#233; sur la dichotomie (objet/sujet, nature/culture, naturel/artificiel) et la domination (ma&#238;trise, exploitation, possession, marchandisation) &#224; un paradigme &#233;cologique-complexe (Couston &#224; para&#238;tre) fond&#233; sur la pens&#233;e complexe, la prise en compte de l'activit&#233; autopoi&#233;tique et auto-organisatrice des syst&#232;mes naturels, humains et hybrides et l'adaptation, la collaboration. Il s'agit &#233;galement de penser la profonde modification de l'environnement de l'humanit&#233; et des hommes qui ne correspond plus seulement &#224; la biosph&#232;re qui nous a vus na&#238;tre, mais qui se trouve transform&#233;e et augment&#233;e par l'&#233;mergence des NBIC (nanotechnologies, biotechnologies, informatiques et sciences cognitives). Tout cela implique un changement &#233;pist&#233;mologique profond dont certaines orientations des Sciences de l'Information et de la Communication (SIC) portent les germes (Qu&#233;r&#233; 1991).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La volont&#233; de changement implique un changement de positionnement du chercheur qui ne peut plus se contenter d'observer la r&#233;alit&#233; depuis son laboratoire, mais qui doit s'engager dans un processus de recherche-action par lequel le savoir se co-construit et vise une certaine efficacit&#233; (Meyer 2006). Cela implique aussi et surtout une prise de position et un choix de valeurs par rapport aux possibles ouverts par l'&#233;volution de la science et aux diff&#233;rentes interpr&#233;tations technophiles ou humanistes que peut engendrer la pens&#233;e complexe. Il s'agit de sortir de la pseudo-neutralit&#233; scientifique tout en continuant &#224; affirmer les exigences de rigueur et d'humilit&#233; de la recherche (Segers 2018, Vigoureux 2020).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enjeu est de passer d'une &#233;tude de la communication sur la relation homme/environnement &#224; l'&#233;tude de la communication entre humains et non humains (expression incluant les entit&#233;s non cr&#233;&#233;es par l'homme, les artefacts et les objets hybrides tels que d&#233;crits par Latour 1991) et sur ses cons&#233;quences sur les relations interhumaines ; de passer de la position du chercheur sur &#224; celle du chercheur dans, c'est-&#224;-dire &#224; rien de moins qu'&#224; une communication engag&#233;e. Le programme est tr&#232;s ambitieux et nous ne pourrons ici donner que quelques pistes apr&#232;s avoir pr&#233;cis&#233; notre cadre de pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Soi et l'autre : penser la relation plut&#244;t que la s&#233;paration&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La modernit&#233; a cr&#233;&#233; le concept d'environnement qu'elle a d&#233;clin&#233; de deux mani&#232;res diff&#233;rentes dans la pens&#233;e scientifique d'une part et les repr&#233;sentations sociales de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce concept permet en science de s&#233;parer un syst&#232;me de ce qui l'entoure. En r&#233;alit&#233;, dans la majorit&#233; des cas, le syst&#232;me est d&#233;fini arbitrairement par le projet scientifique de celui qui l'&#233;tudie, tant les relations entre l'int&#233;rieur et l'ext&#233;rieur sont nombreuses et vari&#233;es. Dans les repr&#233;sentations sociales&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans le sens donn&#233; par Denise Jodelet (1989/2003, 53) : &#171; Forme de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; sur lesquelles vont principalement se fonder des disciplines comme le droit, la sociologie, la politique et les SIC, le concept d'environnement vient se substituer &#224; celui de nature afin de prendre en compte les &#233;l&#233;ments critiques des relations que l'homme entretient avec elle (transformations de tous ordres, exploitation, pollutions, risques&#8230;) et permettant de perp&#233;tuer sa sanctuarisation (Couston 2005). Dans les deux cas, parler ainsi d'environnement revient &#224; prolonger la vision r&#233;ductionniste et s&#233;paratiste du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, un syst&#232;me ne peut &#234;tre compris sans ses relations avec son environnement. Le syst&#233;misme prolonge le r&#233;ductionnisme par son incapacit&#233; &#224; concevoir l'interp&#233;n&#233;tration r&#233;ciproque du syst&#232;me et de l'environnement. Selon Morin (2014, 34), la th&#233;orie des syst&#232;mes &#171; n'a gu&#232;re explor&#233; du c&#244;t&#233; de l'auto-organisation et de la complexit&#233; &#187;. Cette derni&#232;re repose sur trois principes : le principe dialogique qui permet de maintenir la dualit&#233; au sein de l'unit&#233;, la r&#233;cursivit&#233; ou r&#233;cursion organisationnelle qui fait que les &#171; produits et les effets sont en m&#234;me temps causes et producteurs de qui les produit &#187; (Morin, 2014, 99)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La r&#233;cursion est le fondement de l'auto-production et de l'auto-organisation (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et le principe hologrammique selon lequel la partie est dans le tout et le tout dans la partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; propos de la pens&#233;e, Bateson &#233;crit (1955-1970, 1990, 241) :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; Les ordinateurs pensent-ils ? Je dirai tout de suite : non. Ce qui &#171; pense &#187; et qui est engag&#233; dans un processus d'essai-et-erreur, c'est &#171; l'homme plus l'ordinateur plus l'environnement &#187;. Les lignes de s&#233;paration entre l'homme, ordinateur et environnement sont compl&#232;tement artificielles et fictives. Ce sont des lignes qui coupent les voies le long desquelles sont transmises l'information et la diff&#233;rence. Elles ne sauraient constituer les fronti&#232;res du syst&#232;me pensant. Je le r&#233;p&#232;te : ce qui pense, c'est le syst&#232;me entier.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Nous pourrions &#233;crire la m&#234;me chose &#224; propos de la vie en reprenant les concepts traditionnels : ce qui vit c'est l'homme plus l'environnement plus la nature. En d'autres termes, il n'est pas possible de penser s&#233;par&#233;ment les syst&#232;mes humains et la biosph&#232;re, l'humain et le non-humain. Notre pens&#233;e ne doit plus se focaliser sur l'essence des diff&#233;rents syst&#232;mes (ce qui les diff&#233;rencie et permet de les d&#233;finir), mais sur l'interrelation g&#233;n&#233;ratrice de nouvelles formes d'organisation, autrement dit sur l'entit&#233; syst&#232;me + environnement. Cela &#233;quivaut encore &#224; ne jamais isoler le syst&#232;me (et ses sous-syst&#232;mes) du m&#233;ta-syst&#232;me auquel il appartient. C'est ce qui permettrait de respecter le principe dialogique : l'homme est naturellement d&#233;natur&#233; ; le principe de r&#233;cursivit&#233; : l'humanit&#233; transforme la biosph&#232;re qui la transforme &#224; son tour dans une co-&#233;volution ; le principe hologrammique : l'homme est dans la soci&#233;t&#233; qui est dans la culture qui est dans la biosph&#232;re et inversement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Au principe hologrammique devrait sans doute s'ajouter un principe scalaire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la r&#233;solution d'un probl&#232;me, le r&#233;ductionnisme ne devrait intervenir que comme une &#233;tape n&#233;cessaire &#224; la conceptualisation, mais devrait obligatoirement &#234;tre d&#233;pass&#233; par une &#233;tape de recomplexification sans laquelle aucun ph&#233;nom&#232;ne ne peut &#234;tre compris. Cette vision complexe du monde n'est pas naturelle pour l'homme. Bateson (1980, T.2, 190) souligne cette &#171; curieuse d&#233;formation de la nature syst&#233;mique de l'individu qui fait que la conscience est, presque n&#233;cessairement, aveugle &#224; la nature syst&#233;mique de l'homme lui-m&#234;me. La conscience, attach&#233;e au but, extrait de l'esprit global des s&#233;quences qui ne pr&#233;sentent pas la structure en boucle qui caract&#233;rise l'ensemble de la structure syst&#233;mique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, tout syst&#232;me de nature ou d'origine organique tend &#224; se perdiff&#233;rencier, &#224; d&#233;velopper une conscience de soi qui lui fait rejeter l'autre (ce que Morin nomme le computo&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le computo est la base biologique du soi est la facult&#233; de reconnaitre les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), &#224; d&#233;finir son environnement dont il ne retient que ce qui r&#233;pond &#224; ses buts et dont il occulte la complexit&#233;. Morin recourt au concept d'auto-&#233;co-organisation qui exprime &#224; la fois la d&#233;pendance de tout &#234;tre vivant envers son environnement et sa capacit&#233; d'auto-organisation, son ouverture et sa fermeture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, une erreur serait de concevoir tous les syst&#232;mes comme autopo&#239;&#233;tiques, c'est-&#224;-dire comme des syst&#232;mes produisant eux-m&#234;mes leur propre limite, en rupture avec leur environnement. En r&#233;alit&#233;,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; De nombreux syst&#232;mes vivants complexes ne correspondent pas &#224; ces caract&#233;ristiques &#8212; en particulier en ce qui concerne la production de fronti&#232;res. Les d&#233;finitions typiques des &#233;cosyst&#232;mes, par exemple, notent la nature floue des fronti&#232;res des &#233;cosyst&#232;mes dans les dimensions spatiales et temporelles (par exemple, Golley 1993, Noss 1995, Agee 1996). Bien que les fronti&#232;res puissent &#234;tre d&#233;limit&#233;es par un observateur si des crit&#232;res et une &#233;chelle particuliers sont choisis, ces fronti&#232;res sont alors produites par l'observateur et non par lui-m&#234;me. (Dempster, 2000)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux syst&#232;mes correspondent plut&#244;t &#224; ce que Dempster nomme la sympo&#239;&#232;se, soit la capacit&#233; de se co-produire en relation &#224; la fois avec ses composants int&#233;rieurs (qui peuvent &#234;tre des syst&#232;mes autopo&#239;&#233;tiques) et les syst&#232;mes environnants. La science moderne a longtemps consid&#233;r&#233; l'humanit&#233;, voire l'individu humain, comme autopo&#239;&#233;tique. Consid&#233;rer l'humanit&#233; comme un syst&#232;me sympo&#239;&#233;tique et non plus comme un syst&#232;me autopo&#239;&#233;tique, ouvre la possibilit&#233; de penser sa co-&#233;volution avec un syst&#232;me plus large que l'on peut nommer Ga&#239;a &#224; la suite de Lovelock (Lovelock, 1999). C'est aussi l'occasion de repenser la mani&#232;re dont se produisent et se perdiff&#233;rencient les diff&#233;rents syst&#232;mes &#224; l'int&#233;rieur de la soci&#233;t&#233; et de r&#233;concilier l'incommunicabilit&#233; syst&#233;mique de Luhmann et la communication proc&#233;durale d'Habermas (pour avoir une id&#233;e de cette pol&#233;mique, voir Kerv&#233;gan, 2003).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, nous reconnaissons avec Virginie Maris (Maris 2018), le danger contenu dans une conception totalement sympo&#239;&#233;tique de la nature qui pourrait faire de l'anthropoc&#232;ne non plus seulement le nom d'une &#232;re, mais celui d'un projet de pilotage de la nature par l'homme per&#231;u comme naturel.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Des modes de relations entre soi et l'autre&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Reconnaissance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La reconnaissance de l'autre comme une fin en soi est le fondement de la morale kantienne (Kant 1785, 1993). Mais cette reconnaissance est r&#233;serv&#233;e aux alter ego, &#224; ceux &#224; qui on reconna&#238;t la m&#234;me raison dont nous sommes dou&#233;s. Aujourd'hui, nous commen&#231;ons &#224; comprendre qu'il convient de ne pas r&#233;server ce respect aux &#234;tres humains, mais de l'&#233;tendre &#224; tout le vivant. Jusqu'&#224; la fin du si&#232;cle dernier, nous peinions &#224; fonder ce respect sur la morale, sur quelque chose comme le principe de responsabilit&#233; cher &#224; Jonas. Aujourd'hui, de nombreuses sciences, dont la thermodynamique, la physique, la biologie, d&#233;crivent le lien ind&#233;fectible et pourtant longtemps ni&#233; de l'homme et de ses cr&#233;ations avec le monde physique et biologique. L'&#233;cologie et la climatologie finissent de lui prouver sa d&#233;pendance (rapports du GIEC). La d&#233;couverte de la co-&#233;volution de la nature et de l'homme finit de transformer l'&#233;thique de la responsabilit&#233; en une &#233;thique de la prudence. Les sc&#233;narios, souvent catastrophiques et culpabilisants, que nous projetons sur l'avenir de notre existence sur Terre ne nous disent rien des liens que nous devons nouer ici et maintenant pour vivre en bonne intelligence avec l'ensemble de l'&#234;tre. Au contraire, nous devons, comme le sugg&#232;re Donna J. Haraway, vivre avec et dans le trouble de nos relations pr&#233;sentes et incertaines et &#234;tre attentifs aux liens (Haraway, 2020).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela commence par la reconnaissance de l'alt&#233;rit&#233; dans les mani&#232;res d'&#234;tre au monde. Nous pouvons en distinguer au moins deux esp&#232;ces : l'alt&#233;rit&#233; de perception-intelligence et l'alt&#233;rit&#233; de finalit&#233;. La premi&#232;re est celle de toutes les formes d'intelligence parmi les humains et chez les non-humains. L'humain ne peut plus s'arroger &#224; lui seul la seule forme d'intelligence possible &#8211; ce qu'on appelle v&#233;ritablement l'arrogance. Il doit reconna&#238;tre, et commence &#224; le faire, que chaque organisme a sa propre forme d'intelligence qui le relie (intelligence vient de inter-ligere = relier) &#224; son environnement, c'est-&#224;-dire au syst&#232;me auquel il appartient et avec lequel il co-&#233;volue. Chez les humains aussi, il convient de reconna&#238;tre l'int&#233;r&#234;t d'autres formes d'intelligences que celles fond&#233;es sur la seule raison : l'intelligence sensible, esth&#233;tique du monde doit de nouveau &#234;tre prise en compte ainsi que tous les autres modes de pens&#233;e que nous avons pris l'habitude de qualifier &#224; la suite de L&#233;vi-Strauss de sauvages. De nombreuses cultures nous offrent des exemples d'un rapport au monde diff&#233;rent du n&#244;tre. C'est ainsi que les &#201;gyptiens r&#233;v&#233;raient Sia, et les Grecs admiraient M&#233;tis. Tous deux incarnent cette intelligence intuitive compl&#233;mentaire du logos qui se fonde sur une connaissance et une exp&#233;rience de multiples types d'informations int&#233;gr&#233;es et permet, par l'adaptation, une prise de d&#233;cision imm&#233;diate et efficace. Cette &#171; pens&#233;e-dormant-au-c&#339;ur-de-l'&#234;tre &#187; (Gaudel et Daumas, 1956, 87) implique ainsi d'autres relations &#224; l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons aussi prendre en compte la diversit&#233; des fins selon les &#234;tres. Les &#234;tres non-humains ont des finalit&#233;s propres qui &#233;chappent &#224; nos vis&#233;es utilitaristes (Maris 2018, 207). Il est aujourd'hui d&#233;montr&#233; que chaque organisme vivant (en r&#233;alit&#233;, c'est le cas de tout syst&#232;me, m&#234;me physique ou chimique) s&#233;lectionne et traite en fonction de ses propres fins des informations qui lui parviennent de son environnement. Les nombreux travaux des botanistes et forestiers ne cessent d'approfondir les connaissances de ces communications (Hall&#233;, 2005 ; Wollenben, 2017). La somme de ces informations constitue la perception qu'il se constitue du monde et de lui-m&#234;me. &#192; chaque &#234;tre appartient un monde diff&#233;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La reconnaissance des alt&#233;rit&#233;s de perception-intelligence et de finalit&#233; s'ouvre &#224; nous comme un &#233;largissement du monde et de ses possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;conciliation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une des &#233;tapes possibles d'&#233;volution des modes de relations entre soi et l'autre, entre l'humain et ce qui l'entoure passe par la notion de r&#233;conciliation, telle que d&#233;velopp&#233;e par Fleury et Pr&#233;vot-Julliard (2012). Si cette notion demeure largement anthropocentr&#233;e, elle permet de prendre en compte une dynamique relationnelle qui peut tendre vers une conception plus &#233;cosyst&#233;mique. En s'appuyant sur les services &#233;cosyst&#233;miques d&#233;finis par le MEA (Millenium Ecosystem Assessment) de 2005, la notion de r&#233;conciliation met au c&#339;ur de la r&#233;flexion les processus &#224; l'&#339;uvre et qui fa&#231;onneront le monde de demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, la notion de service, tr&#232;s utilitariste, serait plus int&#233;ressante si elle &#233;tait compl&#233;t&#233;e par sa r&#233;ciproque : le soin, l'attention port&#233;e &#224; ce qui nous rend service, ce que Baptiste Morizot appelle les &#233;gards (Morizot 2019, 279 sqq). Pour bien faire, ce m&#234;me soin ou tout au moins cette m&#234;me attention devrait &#234;tre &#233;tendu &#224; l'ensemble de l'&#234;tre, ne serait-ce que parce que justement, nous n'en percevons pas l'utilit&#233; et que le sens nous en &#233;chappe. Selon Morizot, porter des &#233;gards aux &#234;tres permettrait de surmonter le dualisme de la nature et de la culture, du sacr&#233; et du profane, de la protection et de l'exploitation, des moyens et des fins en faisant porter la focale non plus sur l'un ou l'autre des termes oppos&#233;s, mais sur leur relation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Penser-sentir dans, penser-sentir avec, penser-sentir comme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une premi&#232;re &#233;tape pour ressentir le lien, consisterait &#224; penser l'inclusion. Cependant, afin de permettre cette capacit&#233; de penser-sentir dans, encore faudrait-il s'y exercer d&#232;s le plus jeune &#226;ge. Or le syst&#232;me &#233;ducatif int&#232;gre par fragments l'apprentissage de logiques globales, cha&#238;n&#233;es, notamment au travers des sciences de la vie et de la terre qui enseignent d&#232;s le CP les notions de cha&#238;nes alimentaires ou boucles du vivant, mais o&#249; bien souvent l'humanit&#233; ne figure pas. La place de l'humain comme partie int&#233;grante de la biosph&#232;re reste peu abord&#233;e. La construction mentale d'une appartenance et d'une communication avec des &#233;l&#233;ments non-humains demeure par cons&#233;quent difficile &#224; mettre en &#339;uvre. Le remplacement dans les directives onusiennes et leurs d&#233;clinaisons nationales d'une &#233;ducation relative &#224; l'environnement, souvent pens&#233;e comme une &#233;ducation dans et par l'environnement, par une &#233;ducation au d&#233;veloppement durable &#224; la teinte nettement utilitariste ne va d'ailleurs pas dans ce sens (Sauv&#233; 2007).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, si les programmes scolaires, tout comme les disciplines scientifiques, peut-&#234;tre &#224; cause de leur cloisonnement, peinent &#224; se saisir v&#233;ritablement de cette id&#233;e de penser-sentir dans, ces &#233;l&#233;ments existent pourtant depuis plusieurs d&#233;cennies, avec des programmes supranationaux comme le programme Man and Biosphere (UNESCO, 1971), dont l'objectif est d'&#171; am&#233;liorer les relations entre les gens et leur environnement au niveau mondial &#187;. L'une des difficult&#233;s d'application de ce type de programme provient sans doute en partie au moins du niveau d'&#233;chelle, spatiale et temporelle auquel on se situe. Ce qui demeure loin dans l'espace et le temps reste difficile &#224; concevoir, &#224; appr&#233;hender. D&#232;s lors, pour se penser dans l'environnement, la mobilisation d'&#233;l&#233;ments plus proches reste incontournable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les modes de relations entre soi et l'autre s'&#233;laborent dans diff&#233;rents contextes, dans lesquels la temporalit&#233; incarne un param&#232;tre essentiel. En effet, il est largement &#233;tabli que chacun prend conscience des ph&#233;nom&#232;nes qui l'entourent d'autant plus ais&#233;ment qu'ils s'inscrivent dans une temporalit&#233; en phase avec son rythme de vie. Deux exemples peuvent &#234;tre mobilis&#233;s pour &#233;clairer la sensibilisation de l'humain &#224; son environnement naturel et aux liens qu'il peut &#233;tablir avec lui. Le premier s'inscrit dans le temps court d'une activit&#233; de loisir, quand le second n&#233;cessite un temps long, jusqu'&#224; une g&#233;n&#233;ration humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier cadre d'interpr&#233;tation est constitu&#233; par les activit&#233;s physiques de nature ou pratiques r&#233;cr&#233;atives, ludiques, de loisirs, regroup&#233;es chez les anglo-saxons sous l'appellation outdoor activities. Leur pratique permet de passer rapidement d'une conception encore classique de domination de la nature par l'homme &#224; une horizontalit&#233; des relations, essentielle pour pouvoir penser-sentir avec et non plus penser sur. En effet, tout pratiquant d'activit&#233; physique de nature est rapidement amen&#233; &#224; constater que l'introduction d'un rapport de force ne saurait lui &#234;tre favorable. Que ce soit sur la neige, sur l'eau ou dans les airs, la ma&#238;trise de la pratique physique choisie passe par une connaissance des &#233;l&#233;ments, une compr&#233;hension de leur fonctionnement et, plus que tout, une communication physique, proprioceptive, sensible qui vise &#224; mettre le pratiquant en symbiose avec l'environnement dans lequel s'inscrit son activit&#233;. Toutes les pratiques physiques de nature incluent un lexique comprenant les notions d'incorporation, de sensations, d'&#234;tre &#171; en phase &#187;, d'harmonie, de fluidit&#233;. Au travers de ce lexique, se d&#233;voile la notion de lien, qui permet de penser-sentir avec. De tr&#232;s nombreux travaux en STAPS &#233;voquent ces liens (Bessy, 2008 ; Chanvallon et H&#233;as, 2011 ; Call&#232;de et al., 2014 ; Mounet, 2007, Ponting et O'Brien, 2015&#8230;). De mani&#232;re pragmatique, la construction de ces liens nourrit l'exp&#233;rience de chaque pratiquant. Le d&#233;butant, ax&#233; sur l'acquisition d'une technique &#171; hors-sol &#187;, lutte contre l'&#233;l&#233;ment socle de sa pratique. Il ressent la force de cet &#233;l&#233;ment contre lequel il se bat et qui le domine. Peu &#224; peu, sa ma&#238;trise technique lui permet d'ouvrir sa perception &#224; son environnement de pratique, de le ressentir, de faire corps avec. Son degr&#233; de r&#233;ception des informations &#233;volue et une communication peut se mettre en place. Sa prise d'information permet l'ajustement des gestes, qui en retour donnent des informations suppl&#233;mentaires. Si cette &#233;volution des perceptions peut s'inscrire sur un temps long, la compr&#233;hension de l'inefficience, voire de la dangerosit&#233; d'une tentative de domination de l'humain sur le non-humain est quasi-imm&#233;diate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans d'autres contextes, en revanche, cette compr&#233;hension peut prendre plus de temps, car la visibilit&#233; de ses cons&#233;quences rel&#232;ve de processus s'&#233;talant sur plusieurs ann&#233;es, voire dizaines d'ann&#233;es. Ainsi en est-il de l'agriculture, dont la nuisance des intrants sur les sols se per&#231;oit sur le temps long, tout comme le b&#233;n&#233;fice d'une agriculture plus respectueuse de l'&#233;cosyst&#232;me (Rabbhi, 1996).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tape ultime est de penser-sentir comme. Cette pratique est souvent mise en &#339;uvre par les chasseurs, les p&#234;cheurs, parfois m&#234;me les jardiniers : il s'agit de comprendre et de s'approprier le mode d'&#234;tre au monde de l'autre afin de communiquer, voire de communier avec lui. Cela peut pourtant s'av&#233;rer insuffisant. Aldo Leopold nous invitait &#224; &#171; penser comme une montagne &#187; (Leopold 1944, 2019), c'est-&#224;-dire &#224; s'&#233;lever au-del&#224; du point de vue du berger, du chasseur, du cerf ou du loup, pour adopter celui de leur milieu et de leur interd&#233;pendance secr&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Penser comme le cerf, le loup ou la montagne suppose d'abord de leur pr&#234;ter une pens&#233;e et d'essayer de s'y conformer. Cela rel&#232;ve de l'animisme tel que le d&#233;crit Descola (Descola 2005) et rompt avec nos habitudes dualistes. N&#233;anmoins, il convient de ne verser ni dans l'anthropo- ni dans le bio-centrisme. Penser-sentir comme demeure de l'ordre de l'empathie et/ou de la repr&#233;sentation. Penser-sentir avec l'autre ne peut signifier penser-sentir contre soi, ni annihiler l'alt&#233;rit&#233; (Maris, 2018). Penser-sentir comme ouvre la possibilit&#233; d'une mutuelle adaptation, d'une n&#233;gociation ou d'une diplomatie (Morizot 2017, 25) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Voil&#224; l'intensit&#233; du projet diplomatique envers les non-humains, et en particulier les vivants : ils se l&#232;vent parmi nous comme des cohabitants n&#233;glig&#233;s, et exigent qu'on traite avec eux, qu'on n&#233;gocie, qu'on compose. Le diplomate est celui qui se pr&#233;sente aux non-humains qui se sont lev&#233;s, et qui doit trouver pratiquement comment &#233;laborer avec eux un monde commun meilleur. Avec ceux qui ont la singuli&#232;re manie de se taire, de ne pas raisonner avec notre logos, de ne pas formuler avec notre parole, de ne pas passer de pactes et d'accords suivant nos modes de convention. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Hic et nunc&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le font remarquer Haraway (2020) et Morizot (2015), ce n'est pas sur le mode abstrait de l'anthropoc&#232;ne que peut s'&#233;prouver le lien avec l'alt&#233;rit&#233;, mais dans l'&#233;paisseur, le trouble du moment et du lieu. Le changement de paradigme se veut total : la science ne peut plus se contenter de rechercher la nettet&#233; de la distinction et de la s&#233;paration, ni se pr&#233;occuper de tenir un discours universellement vrai tenu pour objectif. Elle doit se frotter &#224; l'&#233;paisseur des lieux et &#224; la fugacit&#233; des moments quitte &#224; se transformer elle-m&#234;me et &#224; accepter sa contingence (Latour et Woolgar, 2006).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;La part des SIC&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans ce grand chamboulement paradigmatique qui fait que nous devons nous inclure dans notre objet d'&#233;tude et nous centrer non plus sur les essences, mais sur les liens, la communication environnementale ne peut plus se contenter d'&#233;tudier les discours sur le monde. Elle doit assumer le fait que, comme toute activit&#233; humaine, elle contribue &#224; le modifier en permanence et d'une mani&#232;re devenue aujourd'hui critique. Dans l'urgence du trouble, les sciences de l'information et de la communication doivent faire leur part&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En r&#233;f&#233;rence &#224; la l&#233;gende am&#233;rindienne du colibri, souvent utilis&#233;e dans la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour en revenir &#224; notre projet initial, comment passer d'une &#233;tude de la communication sur la relation homme/environnement &#224; l'&#233;tude de la communication entre humains et non humains et sur ses cons&#233;quences sur les relations interhumaines ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est difficile &#224; ce jour, en dehors de pratiques chamaniques dont se font &#233;cho les anthropologues, de penser les relations humains-non humains. Nous pouvons analyser la circulation des informations &#224; l'int&#233;rieur des diff&#233;rents syst&#232;mes humains et non humains et entre eux, nous pouvons accumuler des donn&#233;es, mais il reste utopique, si l'on exclut les quelques cas d'empathie que peuvent &#233;prouver entre eux les humains, les animaux domestiques, et quelques rares esp&#232;ces d'oiseaux ou de reptiles, de parler de communication, c'est-&#224;-dire de co-construction d'un sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant les nouvelles technologies, par l'accumulation de datas et leur traitement par l'intelligence artificielle, accroissent chaque jour notre connaissance et notre compr&#233;hension du monde. C'en est &#224; un point tel que le communicologue se trouve aujourd'hui devant la n&#233;cessit&#233; de faire un choix entre deux anthropoc&#232;nes : l'anthropoc&#232;ne cybern&#233;tique cher &#224; Wiener (1950, 2014) dans laquelle, gr&#226;ce &#224; une gestion fine des informations, l'homme devient le pilote du vaisseau Terre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous ne pensons pas que l'homme puisse jamais piloter la Terre. Nous pensons (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et peut, selon les r&#234;ves transhumanistes changer sa nature propre ; ou l'anthropoc&#232;ne humaniste, o&#249; l'homme s'&#233;tant rendu sensible au reste du non-humain est capable de cr&#233;er des liens respectueux et durables intra- et extra-sp&#233;cifiques. Nous faisons quant &#224; nous le second choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois pistes pour repenser la communication environnementale &#224; la lumi&#232;re des liens humains/non-humains s'offrent d&#233;j&#224; &#224; nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le choix de la pens&#233;e complexe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prise en compte des syst&#232;mes sympo&#239;&#233;tiques devrait orienter les SIC vers un mod&#232;le complexe de la communication dans lequel l'information n'est pas seulement &#233;chang&#233;e entre deux syst&#232;mes, mais co-construite et joue un r&#244;le dans la modification mutuelle des syst&#232;mes ainsi que du m&#233;ta-syst&#232;me dont et auquel ils participent. L'&#233;change d'information ne contribue pas seulement &#224; &#233;tablir et &#224; modifier la relation, il cr&#233;e aussi une nouvelle r&#233;alit&#233; qui d&#233;termine les &#233;changes &#224; venir. Conform&#233;ment aux pr&#233;suppos&#233;s de la s&#233;miotique et du pragmatisme peirciens, le monde est foisonnant d'&#234;tres et de faits qui nous demeurent inconnus et que nous ignorons tant qu'une situation pratique particuli&#232;re ne les fait advenir comme perception nouvelle. Nous les transformons alors en informations et notre rapport au monde et &#224; nous-m&#234;mes s'en trouve chang&#233;. Les informations que nous tirons du monde qui nous entoure sous forme de donn&#233;es et de liens sont les produits d'une recherche orient&#233;e par une id&#233;ologie sous-jacente. Autrement dit, nous n'avons de connaissance du monde que celle que nous voulons en avoir, jusqu'au jour o&#249; un nouvel aspect de ce monde jaillit comme une perturbation du syst&#232;me que nous avons construit. Le syst&#232;me a ainsi n&#233;cessairement toujours un temps de retard sur le m&#233;tasyst&#232;me qu'il produit avec son environnement. D'autre part, seuls les liens &#233;tablis cr&#233;ent une r&#233;alit&#233;, de m&#234;me qu'une mol&#233;cule n'existe que par ses liaisons atomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'approche syst&#233;mique et relationnelle qui d&#233;finit la pens&#233;e complexe induit deux cons&#233;quences directes, d&#233;j&#224; connues, mais qui m&#233;ritent d'&#234;tre rappel&#233;es, concernant le chercheur et sa pratique :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Le chercheur est inclus dans les syst&#232;mes qu'il &#233;tudie, voire ces syst&#232;mes le constituent.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Il a une position et une fonction sp&#233;cifique &#224; l'int&#233;rieur de ces syst&#232;mes.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;De l&#224; d&#233;coulent les deux pistes suivantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le choix d'une recherche situ&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant l'acc&#233;l&#233;ration technologique et l'urgence &#233;cologique, revendiquer une neutralit&#233; n'est plus possible, il y a n&#233;cessit&#233; d'affirmer des valeurs tout en gardant un positionnement diff&#233;rent du militantisme. D'ailleurs la science a-t-elle jamais &#233;t&#233; neutre ? Nous avons pris conscience du fait que la science moderne relevait d'une ontologie particuli&#232;re et que sa revendication d'objectivit&#233; relevait en fait d'une id&#233;ologie s&#233;paratiste pr&#244;nant l'exception humaine. Plus qu'une impossible objectivit&#233;, y compris dans les sciences dures, nous devrions rechercher le d&#233;centrement : sortir des valeurs &#171; centr&#233;es &#187; (bio-, anthropo-, techno-) pour aller vers des valeurs situ&#233;es. Comme pour tout acte de communication, la situation d'une recherche scientifique implique quatre rep&#232;res : moi, l'autre, ici, maintenant. C'est ainsi notamment que la th&#233;orie de l'acteur r&#233;seau con&#231;oit la fabrication du fait scientifique (Akrich, Callon, Latour 2006).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En SIC, la communication engageante, dont le mod&#232;le est issu de th&#233;ories psycho-sociales, est l'exemple type d'une communication qui agit justement dans ce cadre situ&#233;. Utilis&#233;e en communication environnementale, elle ne se contente pas d'analyser un discours ou des comportements, mais vise &#224; op&#233;rer chez les individus des changements de comportement. Selon Fran&#231;oise Bernard (Bernard, 2016), &#171; La &#171; communication engageante &#187; propose une th&#233;orisation du sujet social en situation de communication. Le sujet est alors d&#233;fini comme &#233;tant plut&#244;t h&#233;t&#233;rod&#233;termin&#233;, habit&#233; par la pr&#233;sence r&#233;elle et imaginaire de l'autre, influenc&#233; par l'autre et les situations sociales qu'il vit, ce qui le conduit bien souvent &#224; rationaliser ses actes (trouver de bonnes raisons pour agir comme il l'a fait). Le sujet social est ainsi d&#233;fini en rupture avec certains pr&#233;suppos&#233;s dominants, souvent psychologisants : un humain introd&#233;termin&#233;, rationnel et guid&#233; essentiellement par ses &#171; id&#233;es &#187; (vs ses actes) &#187;. Il s'ensuit que &#171; Dans ces travaux, la question de l'action, est coupl&#233;e &#224; celles de la signification et de la symbolisation. Le couple action-symbolisation mobilise notamment les cat&#233;gories de l'altruisme (pour les g&#233;n&#233;rations &#224; venir&#8230;), d'une conscience et d'une empathie &#233;largies (les autres esp&#232;ces vivantes et naturelles&#8230;). Il s'agirait en quelque sorte d'&#8220;attaquer la forteresse de l'&#233;go&#239;sme psychologique&#8221; (formulation emprunt&#233;e aux travaux de Terestchenko, 2004 : 7) &#187;. (F. Bernard, 2020)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet engagement fructueux des SIC dans l'&#233;paisseur des situations ne repose pas seulement sur une d&#233;marche d&#233;centr&#233;e, mais &#233;galement sur des valeurs d'ordre philosophique et &#233;thique qui convainquent le chercheur de mettre son art au service d'une cause. La communication engageante, souvent utilis&#233;e pour faire adopter des comportements &#233;co-citoyens, se r&#233;v&#232;le situ&#233;e et engag&#233;e. Nous pourrions retrouver ce m&#234;me type de positionnement dans l'&#233;ducation relative &#224; l'environnement, en particulier dans ses formes dites d'&#233;ducation &#171; par et dans l'environnement &#187;, h&#233;riti&#232;res de l'&#233;ducation nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le choix de l'engagement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire de la recherche situ&#233;e en SIC, c'est bien souvent s'engager dans de la recherche-action en favorisant les mod&#232;les prax&#233;ologiques et interactionnistes. Le chercheur n'est pas situ&#233; &#224; l'ext&#233;rieur du syst&#232;me qu'il &#233;tudie, mais en son sein. Il en est un des acteurs et son r&#244;le est double. Il &#233;tablit des proc&#233;dures qui &#233;tablissent la validit&#233; du savoir produit et assure une r&#233;flexivit&#233; par rapport aux conditions de cette production (Meyer 2006). Cette posture &#224; la fois int&#233;rieure et distanci&#233;e permet une compr&#233;hension plus fine, source de liens et int&#232;gre de ce fait le chercheur comme partie prenante de la r&#233;alit&#233; &#233;tudi&#233;e. Mais contribuant aussi &#224; faire advenir une nouvelle r&#233;alit&#233;, le chercheur doit non seulement parler sur elle, mais aussi pour elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que les SIC doivent continuer &#224; analyser les discours et la circulation des savoirs afin de saisir les logiques en cause dans les jeux d'acteurs, mais elles doivent aussi, selon nous, contribuer &#224; cr&#233;er de nouveaux modes de r&#233;cits et &#224; rendre efficace la parole des nouveaux diplomates : &#171; L&#224; o&#249; les modernes ne voient qu'indiff&#233;rence ou nuisibilit&#233;, il s'agit de faire lever des alliances vitales. La diplomatie commence par faire saillir les int&#233;r&#234;ts enchev&#234;tr&#233;s, y cherche ensuite les causes communes, pour les transmuter enfin en alliances vitales, et travaille au bien de la relation m&#234;me entre une communaut&#233; humaine chaque fois locale et ses cohabitants vivants non humains &#187; (Morizot 2016, 36). Morizot montre ainsi &#224; propos des controverses autour de la r&#233;introduction de l'ours dans les Pyr&#233;n&#233;es comment une reconfiguration du r&#244;le des actants dans le r&#233;cit peut modifier le sens de ce dernier. Parler au nom de l'ours peut permettre de changer les rapports entre les hommes eux-m&#234;mes (Morizot 2016, 37).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diplomatie selon Morizot se pr&#233;sente comme une traduction de l'imp&#233;ratif de respect &#224; l'&#233;gard du non-humain en termes politiques. Elle s'ins&#232;re dans les controverses comme un outil &#233;ristique de n&#233;gociation et d'adaptation qui non seulement bouleverse notre rapport aux non-humains, mais aussi les rapports des hommes entre eux. Elle se veut une parole efficace propre &#224; faire advenir un nouveau mode de perception et de relation.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Conclusion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La communication environnementale, sous les formes par exemple de l'&#233;ducation relative &#224; l'environnement, de la communication engageante ou de la communication prax&#233;ologique, est d&#233;j&#224; engag&#233;e sur certaines des pistes que nous &#233;voquons dans le pr&#233;sent article. Nous pensons n&#233;anmoins que ces voies doivent &#234;tre approfondies et que d'autres, comme celles de la diplomatie trans sp&#233;cifique esquiss&#233;e par Morizot et qui visent un changement &#233;pist&#233;mique plus profond, doivent &#234;tre explor&#233;es. Elles concernent notamment le passage d'un syst&#233;misme d&#233;j&#224; pr&#233;sent vers une pens&#233;e du complexe et la r&#233;vision d&#233;sinhib&#233;e du statut d'un chercheur que l'on voudrait plus impliqu&#233; dans son objet, partie prenante de la n&#233;cessaire modification de notre rapport au monde. Ce monde serait &#224; penser et &#224; vivre comme un monde de relations, de liens, d'interactions seuls &#224; m&#234;me de permettre une projection vers un &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des DOI (Digital Object Identifier) sont automatiquement ajout&#233;s aux r&#233;f&#233;rences par Bilbo, l'outil d'annotation bibliographique d'OpenEdition.&lt;br class='autobr' /&gt;
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&lt;p&gt;Akrich, Madeleine, Callon, Michel et Latour Bruno. (&#233;d.). Sociologie de la traduction : textes fondateurs, Paris, Mines ParisTech, les Presses, &#171; Sciences sociales &#187;, 2006. Textes rassembl&#233;s par le Centre de sociologie de l'innovation, laboratoire de sociologie de Mines ParisTech.&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.4000/books.pressesmines.1181&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bateson, Gregory. Vers une &#233;cologie de l'esprit, Tome II, 1955-1970, traduction de F&#233;rial Drosso, Laurencine Lot, Eug&#232;ne Simion, Christian Cler, Nouvelle &#233;dition revue et corrig&#233;e, Paris, &#201;ditions du Seuil, 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard, Fran&#231;oise, &#171; Communication environnementale &#187; Publictionnaire. Dictionnaire encyclop&#233;dique et critique des publics. Mis en ligne le 24 f&#233;vrier 2020. Derni&#232;re modification le 05 mars 2020. Acc&#232;s : &lt;a href=&#034;http://publictionnaire.huma-num.fr/notice/communication-environnementale&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://publictionnaire.huma-num.fr/notice/communication-environnementale&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bessy, Olivier, Sport, loisir, tourisme et d&#233;veloppement durable des territoires. Voiron : Presses universitaires du sport. &#233;d. 2008.&lt;/p&gt;
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DOI : 10.4000/communication.10559&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chanvallon, St&#233;phanie et H&#233;as, St&#233;phane. &#171; L'Homme et la Nature : en qu&#234;te/enqu&#234;te sensible &#187;, Natures Sciences Societes, vol. 19 (4)2011, pp. 355&#8209;364.&lt;br class='autobr' /&gt;
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&lt;p&gt;Couston, Fr&#233;d&#233;ric. &#171; Crise environnementale ou crise conceptuelle ? &#187;, &#201;cologie &amp; politique, (N&#176; 30), 2005, p. 133-139. DOI : 10.3917/ecopo.030.0133. URL : &lt;a href=&#034;https://www.cairn-int.info/revue-ecologie-et-politique1-2005-1-page-133.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cairn-int.info/revue-ecologie-et-politique1-2005-1-page-133.htm&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
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&lt;p&gt;Couston, Fr&#233;d&#233;ric. &#171; Les SIC : une discipline ouverte sur le nouveau paradigme &#233;cologique-complexe ? &#187;, Sciences de la soci&#233;t&#233;, &#224; para&#238;tre.&lt;/p&gt;
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DOI : 10.3406/bude.1956.3717&lt;/p&gt;
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DOI : 10.4000/communicationorganisation.3455&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Morin, Edgar. Introduction &#224; la pens&#233;e complexe, Points, Paris, 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Morizot, Baptiste. Mani&#232;res d'&#234;tre vivant, Arles, Actes Sud, 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Morizot Baptiste. &#171; Nouvelles alliances avec la terre. Une cohabitation diplomatique avec le vivant &#187;, Trac&#233;s. Revue de Sciences humaines [En ligne], 33 | 2017, mis en ligne le 19 septembre 2017, consult&#233; le 22 ao&#251;t 2020. URL : &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/traces/7001&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://journals.openedition.org/traces/7001&lt;/a&gt; ; DOI : &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.4000/traces.7001&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.4000/traces.7001&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.4000/traces.7001&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mounet, Jean-Pierre. &#171; Sports de nature, d&#233;veloppement durable et controverse environnementale &#187;. Natures Sciences Soci&#233;t&#233;s, 2007, vol. 15 (2) : 162&#8209;66.Mounet, J-P. 2007. &#171; Sports de nature, d&#233;veloppement durable et controverse environnementale &#187;. Natures Sciences Soci&#233;t&#233;s vol. 15 (2) : 162&#8209;66.&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.1051/nss:2007043&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ponting Jess et O'Brien, Danny. &#171; Regulating &#171; Nirvana &#187; : Sustainable surf tourism in a climate of increasing regulation &#187;, Managing Sport for Social Change, 18 (1), 2015, pp. 99&#8209;110.&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.1016/j.smr.2014.07.004&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu&#233;r&#233;, Louis. &#171; D'un mod&#232;le &#233;pist&#233;mologique de la communication &#224; un mod&#232;le prax&#233;ologique &#187;. R&#233;seaux. Communication &#8211; Technologie &#8211; Soci&#233;t&#233; 9, 1991, n&#176; 46, pp. 69&#8209;90. &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.3406/reso.1991.1832&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.3406/reso.1991.1832&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.3406/reso.1991.1832&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rabhi, Pierre. Parole de terre : Une initiation africaine. Albin Michel, Paris, 1996.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauv&#233;, Lucie. &#171; L'&#233;quivoque du d&#233;veloppement durable &#187;, Chemin de traverse, n&#176; 4 : 31-47, 2007. &lt;a href=&#034;https://ise.unige.ch/isdd/IMG/pdf/SauveUQAM.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://ise.unige.ch/isdd/IMG/pdf/SauveUQAM.pdf&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Segers, Ian. &#171; R&#233;cit prax&#233;ologique : une approche &#233;thique pour accompagner les transformations socio&#233;cologiques &#187;. &#201;thique publique. Revue internationale d'&#233;thique soci&#233;tale et gouvernementale, vol. 20, n&#176; 2 (1 d&#233;cembre 2018). &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.4000/ethiquepublique.3935&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.4000/ethiquepublique.3935&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.4000/ethiquepublique.3935&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vigoureux, Jean-Marie. D&#233;tournement de science. &#202;tre scientifique au temps du lib&#233;ralisme, Collection r&#233;guli&#232;re. &#201;cosoci&#233;t&#233;, 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Wiener, Norbert. Cybern&#233;tique et soci&#233;t&#233;. L'usage humain des &#234;tres humains, 1952, traduction de P-Y. Mistoulon, &#233;d. Seuil, Coll. &#171; Points &#187;, 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Wohlleben, Peter. La Vie secr&#232;te des arbres. Paris, Les Ar&#232;nes, 2017.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L&#233;vi-Strauss C., Eribon D., De pr&#232;s et de loin, Odile Jacob, Paris, 2001, p. 193, cit&#233; par Morizot 2020, p. 35.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans le sens donn&#233; par Denise Jodelet (1989/2003, 53) : &#171; Forme de connaissance socialement &#233;labor&#233;e et partag&#233;e, ayant une vis&#233;e pratique et concourant &#224; la construction d'une r&#233;alit&#233; commune &#224; un ensemble social &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La r&#233;cursion est le fondement de l'auto-production et de l'auto-organisation de soi.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Au principe hologrammique devrait sans doute s'ajouter un principe scalaire permettant d'envisager l'emboitement des structures (de la micro- &#224; l'astro- physique), des syst&#232;mes, des spatialit&#233;s et des temporalit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le computo est la base biologique du soi est la facult&#233; de reconnaitre les substances nocives venues de l'ext&#233;rieur afin de les &#233;liminer.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En r&#233;f&#233;rence &#224; la l&#233;gende am&#233;rindienne du colibri, souvent utilis&#233;e dans la communication environnementale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nous ne pensons pas que l'homme puisse jamais piloter la Terre. Nous pensons en revanche qu'il peut croire fermement le faire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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