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	<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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	<description>Un site participatif, lieu de partage et d'&#233;change autour des initiatives en transitions et des innovations p&#233;dagogiques dans l'enseignement sup&#233;rieur francophone.</description>
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		<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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		<title>Le d&#233;veloppement des comp&#233;tences interculturelles au moyen du jumelage international dans des universit&#233;s fran&#231;aise et canadienne</title>
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		<dc:date>2021-03-12T07:51:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lucie Le Callonnec</dc:creator>



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&lt;p&gt;Cette &#233;tude s'int&#233;resse au parcours en mobilit&#233; internationale d'&#233;tudiants et, plus particuli&#232;rement, &#224; l'une des pratiques mise en place par leurs universit&#233;s d'accueil pour d&#233;velopper leurs comp&#233;tences interculturelles et faciliter leur int&#233;gration &#224; la communaut&#233; &#233;tudiante locale : le jumelage international. Pour cela, elle s'appuie sur deux s&#233;ries d'entretiens men&#233;s aupr&#232;s de neuf &#233;tudiants internationaux au d&#233;but et &#224; la fin de leur s&#233;jour dont cinq d'entre eux sont partis &#233;tudier &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique33.html" rel="directory"&gt;RIPES&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cette &#233;tude s'int&#233;resse au parcours en mobilit&#233; internationale d'&#233;tudiants et, plus particuli&#232;rement, &#224; l'une des pratiques mise en place par leurs universit&#233;s d'accueil pour d&#233;velopper leurs comp&#233;tences interculturelles et faciliter leur int&#233;gration &#224; la communaut&#233; &#233;tudiante locale : le jumelage international. Pour cela, elle s'appuie sur deux s&#233;ries d'entretiens men&#233;s aupr&#232;s de neuf &#233;tudiants internationaux au d&#233;but et &#224; la fin de leur s&#233;jour dont cinq d'entre eux sont partis &#233;tudier &#224; Ottawa (Canada) et quatre, &#224; Montpellier (France). &#192; leur retour dans leur pays d'origine, ils ont &#233;galement r&#233;pondu &#224; un questionnaire. Enfin, des entrevues ont aussi &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;es aupr&#232;s de sept membres de bureaux internationaux canadiens et fran&#231;ais. Au regard des r&#233;sultats obtenus, il est int&#233;ressant de voir que les membres des bureaux internationaux mettent, majoritairement, un point d'honneur &#224; int&#233;grer l'&#233;tudiant international en prenant appui sur sa population &#233;tudiante locale via des programmes tels que le jumelage international. Pourtant, malgr&#233; l'int&#233;r&#234;t qu'ont pu montrer des &#233;tudiants internationaux &#224; l'&#233;gard de ce dispositif, les r&#233;sultats ont soulign&#233; que si l'&#233;tudiant international entend entrer en contact et cr&#233;er des relations avec la communaut&#233; locale &#224; son arriv&#233;e dans le pays d'accueil, la r&#233;alit&#233; est telle que, souvent, &#224; la fin de son s&#233;jour, celui-ci admet avoir &#233;t&#233;, finalement, peu en contact avec les &#233;tudiants locaux. Il est donc pertinent de s'attarder sur l'int&#233;gration et les comp&#233;tences interculturelles qu'ont pu d&#233;velopper les &#233;tudiants internationaux durant leur s&#233;jour et sur le r&#244;le qu'a pu jouer le jumelage dans ce processus d'apprentissage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Lucie Le Callonnec, &#171; Le d&#233;veloppement des comp&#233;tences interculturelles au moyen du jumelage international dans des universit&#233;s fran&#231;aise et canadienne &#187;, Revue internationale de p&#233;dagogie de l'enseignement sup&#233;rieur [En ligne], 37(1) | 2021, mis en ligne le 14 f&#233;vrier 2021, consult&#233; le 14 mars 2021. URL : &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/ripes/3056&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://journals.openedition.org/ripes/3056&lt;/a&gt; ; DOI : &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.4000/ripes.3056&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.4000/ripes.3056&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;1. Introduction&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette recherche met l'accent sur certaines pratiques d'accompagnement p&#233;dagogiques qui ont &#233;t&#233; mises en place par des universit&#233;s d'accueil canadienne et fran&#231;aise en vue de r&#233;duire le foss&#233; qui subsiste entre les &#233;tudiants locaux et internationaux et de faciliter ainsi l'int&#233;gration de ces derniers. Plus pr&#233;cis&#233;ment, &#224; partir de l'exp&#233;rience v&#233;cue par neuf &#233;tudiants internationaux partis &#233;tudier &#224; l'Universit&#233; d'Ottawa, au Canada ou dans l'une des universit&#233;s de Montpellier, en France et de sept membres de bureaux internationaux canadiens et fran&#231;ais, au travers de cet article, nous pr&#233;senterons et discuterons d'une pratique particuli&#232;re &#224; savoir le jumelage international qui, pour d&#233;velopper les comp&#233;tences interculturelles des &#233;tudiants internationaux et locaux, prend appui et encourage la collaboration entre ces &#233;tudiants. D&#232;s lors, les r&#233;sultats pr&#233;sent&#233;s dans cet article visent &#224; r&#233;pondre aux questions suivantes : est-ce que le jumelage a permis de r&#233;duire le foss&#233; entre les &#233;tudiants locaux et internationaux &#224; l'UO et aux UM ? A-t-il permis de d&#233;velopper les comp&#233;tences interculturelles des &#233;tudiants internationaux et locaux et donc, en ce sens, a-t-il facilit&#233; l'int&#233;gration de ces nouveaux arrivants ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;2. Probl&#233;matique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs &#233;tudes ont d&#233;montr&#233; que les &#233;tudiants ne sont pas &#233;gaux lorsqu'ils se trouvent en plein c&#339;ur d'un environnement interculturel (Campbell, 2016 ; De Carlo et Diamanti, 2013 ; Gonz&#225;lez-Monteagudo, 2016 ; Murphy-Lejeune, 2001). En effet, &#224; elle seule, la mobilit&#233; ne permet pas l'acquisition automatique des comp&#233;tences interculturelles. Selon Nanaki (2009), le contexte, les conditions de vie, les strat&#233;gies adopt&#233;es, les capacit&#233;s d'adaptation, le projet et le parcours ant&#233;rieur d&#233;terminent le d&#233;roulement et les effets de l'exp&#233;rience. Face &#224; cette in&#233;galit&#233; des &#233;tudiants en mati&#232;re de capital de mobilit&#233;, l'intervention des institutions dans la pr&#233;paration et la formation des &#233;tudiants &#224; l'interculturalit&#233; est n&#233;cessaire (Anquetil, 2008 ; Dervin, 2017). La formation des &#233;tudiants qui se pr&#233;parent &#224; partir &#233;tudier &#224; l'&#233;tranger est d'autant plus importante qu'elle leur permettrait d'&#233;viter de s'enfermer dans des st&#233;r&#233;otypes d&#232;s leur arriv&#233;e, d'apprendre &#224; recourir &#224; la m&#233;diation avec d'autres cultures et de mieux se pr&#233;parer au processus d'acculturation (De Carlo et Diamanti, 2013 ; Dervin, 2004). Comme a pu le montrer Papatsiba (2003), pendant leur s&#233;jour, les &#233;tudiants internationaux &#171; &#233;mettent des jugements en restituant les traits communs per&#231;us chez les habitants du pays d'accueil &#187; (p. 139) et tendent &#224; brosser un portrait de cette population &#224; partir de dimensions psychosociales qui seraient construites sur les fondations d'une culture commune. Autrement dit, la singularit&#233; de l'habitant de ce pays d'accueil et la variation individuelle qui am&#232;ne les individus &#224; v&#233;hiculer leur(s) culture(s) de diff&#233;rentes fa&#231;ons ne sont pas prises en compte par l'&#233;tudiant international au risque que cette g&#233;n&#233;ralisation, cette fa&#231;on de voir l'Autre, ne soit que st&#233;r&#233;otyp&#233;e. Pour reprendre les mots de Dervin (2008), cette repr&#233;sentation d'autrui r&#233;duit ce dernier &#224; &#171; une entit&#233; exotique, une &#233;tranget&#233; artificielle et parfois simpliste &#187; (p. 46). Or, selon Papatsiba (2003), ces perceptions construites pendant le s&#233;jour n'&#233;voluent g&#233;n&#233;ralement pas, au moins durant la premi&#232;re ann&#233;e qui suit le retour de l'&#233;tudiant dans son pays d'origine. Cette vision de l'autre, et non sa rencontre, nourrit des repr&#233;sentations et un exercice de pouvoir entre les individus qui se c&#244;toient (Dervin, 2008).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Amin (2012) et Dunne (2009) ajoutent que si la rencontre interculturelle a des effets sur l'&#233;tudiant international, elle en a &#233;galement sur l'&#233;tudiant local qui peut, lui aussi, avoir une vision restreinte et st&#233;r&#233;otyp&#233;e de l'&#233;tudiant international. Bauer (2008), Gonz&#225;lez-Monteagudo (2016) et Nanaki (2009) constatent que l'environnement de l'&#233;tudiant international, notamment la population locale, voit ce dernier comme un &#233;tudiant peu investi dans ses &#233;tudes, qui pr&#233;f&#232;re faire la f&#234;te avec d'autres &#233;tudiants internationaux et qui s'exprime avec difficult&#233; dans la langue du pays d'accueil. Or, cette vision est loin de repr&#233;senter l'int&#233;gralit&#233; des &#233;tudiants internationaux dont certains ne s'identifient ni aux membres, ni aux comportements qui caract&#233;risent ce groupe st&#233;r&#233;otyp&#233; (Bauer, 2008 ; Gonz&#225;lez-Monteagudo, 2016). Dunne (2009) constate, en fait, que les &#233;tudiants de la communaut&#233; d'accueil ont un haut niveau d'anxi&#233;t&#233; vis-&#224;-vis de la diff&#233;rence culturelle et entretiennent ainsi peu de contacts avec les &#233;tudiants internationaux. God et Zhang (2018) ajoutent que si les &#233;tudiants internationaux estiment qu'il peut &#234;tre intimidant, stressant et fatigant de communiquer avec les locaux dans la langue du pays d'accueil, pour les &#233;tudiants locaux, les diff&#233;rences de langue r&#233;duisent leur degr&#233; de confort et leur souhait d'interagir avec les &#233;tudiants internationaux. De plus, en raison des diff&#233;rences culturelles, &#171; [l]es &#233;tudiants ont souvent du mal &#224; se comprendre ou &#224; d&#233;couvrir des int&#233;r&#234;ts communs, ce qui rend difficile, pour une conversation, d'aller au-del&#224; du superficiel. Pendant ce temps, aucun groupe n'est fortement motiv&#233; pour se rapprocher &#187; (God et Zhang, 2018, p. 2, traduction libre). Enfin, cette motivation &#224; nouer des contacts interculturels est &#233;galement entach&#233;e par le fait que lorsque les &#233;tudiants internationaux et locaux interagissent, ils ont tendance &#224; chercher &#224; minimiser leurs diff&#233;rences linguistiques et culturelles (God et Zhang, 2018). Pour ce faire, au lieu d'essayer de n&#233;gocier un terrain commun dans lequel seraient mises en avant des significations partag&#233;es, des normes et des pratiques flexibles adapt&#233;es &#224; la communication interculturelle, ils essayent de la faire fonctionner comme une communication intra-culturelle. Ainsi, si les &#233;tudiants internationaux et locaux sont conscients des diff&#233;rences linguistiques et culturelles, beaucoup ne sont pas bien pr&#233;par&#233;s aux d&#233;fis g&#233;n&#233;r&#233;s par la suite. C'est pourquoi, &#171; tout en essayant de promouvoir les avantages de la communication interculturelle, les universit&#233;s devraient probablement [&#8230;] s'efforcer d'&#233;tablir des normes de communication interculturelle qui lib&#232;reraient les &#233;tudiants des contraintes intra-culturelles afin de leur permettre de mieux utiliser les strat&#233;gies de communication et de b&#233;n&#233;ficier d'une communication de meilleure qualit&#233; &#187; (God et Zhang, 2018, p. 1-16, traduction libre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, la comp&#233;tence interculturelle est avant tout le fruit d'un travail personnel impuls&#233; par l'&#233;tudiant. N&#233;anmoins, le professeur ou le responsable du programme d'&#233;changes ou du bureau des relations internationales de l'universit&#233; a la responsabilit&#233; de lui servir de guide ou d'accompagnateur pour assurer le d&#233;veloppement de ces comp&#233;tences (De Carlo et Diamanti, 2013 ; Dervin, 2004 ; Dervin, 2017 et Dunne, 2009). Certaines mesures, telles que la mise en place du programme de jumelage international, ont pu &#234;tre prises dans ce sens par nombre d'universit&#233;s, notamment au Canada et en France.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;3. Cadre conceptuel&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Notre recherche s'int&#233;resse au jumelage entre les &#233;tudiants internationaux et locaux et, plus particuli&#232;rement, au r&#244;le que joue cette pratique dans l'int&#233;gration des nouveaux arrivants et dans le d&#233;veloppement des comp&#233;tences interculturelles entre les jumel&#233;s. Ainsi, les principaux concepts relev&#233;s et pr&#233;sent&#233;s dans cette deuxi&#232;me section sont, tout d'abord, les concepts de communaut&#233; d'accueil, d'interculturalit&#233;, de comp&#233;tences interculturelles et, enfin, les concepts d'apprentissage par les pairs et de jumelage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3.1. Communaut&#233; d'accueil, interculturalit&#233; et comp&#233;tences interculturelles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Ward (2001), la communaut&#233; d'accueil regroupe les ressortissants d'un pays qui accueille des &#233;trangers. Or, comme le souligne Gouirand (1994), &#171; [l]'accueil est une m&#233;diation qui comprend un ensemble d'attitudes, de gestes et de choses qui fait passer une personne ou une id&#233;e de l'ext&#233;rieur &#224; l'int&#233;rieur d'un lieu ou d'une communaut&#233;, et qui transforme l'&#233;tranger en une personne ou une id&#233;e, connue et accept&#233;e &#187; (p. 11).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La communaut&#233; d'accueil fait parfois l'objet de diff&#233;rentes appellations selon les chercheurs. Par exemple, Berry (2006), Dunne (2009) et Wagner-Guillermou, Tisserant et Bourhis (2013) la mentionnent comme &#233;tant le groupe majoritaire dominant dans un espace donn&#233;. Autrement dit, c'est le groupe qui poss&#232;de les &#233;l&#233;ments culturels propres au pays qui accueille les &#233;tudiants internationaux tels que la langue, la pratique religieuse, le mode de vie, etc. Pour parler de cette communaut&#233; d'accueil, Bauer (2008) emploie le vocable de communaut&#233; autochtone en r&#233;f&#233;rence &#224; une population qui est n&#233;e dans le pays o&#249; elle r&#233;side. Dans le contexte universitaire, parmi les membres de la communaut&#233; d'accueil, on retrouve, notamment, les acteurs de l'universit&#233; du pays d'accueil &#224; savoir les &#233;tudiants et les professeurs locaux, les responsables des programmes d'&#233;changes et les responsables du bureau international. Cependant, comme le souligne Dalley (2003), &#171; [v]ivre l'accueil interculturel exige un compromis de part et d'autre ainsi que la construction d'un espace discursif entre les deux cultures &#187; (p. 68). Ces propos rapport&#233;s sur la communaut&#233; d'accueil nous incitent &#224; nous attarder sur la notion de culture et, plus particuli&#232;rement sur celle d'interculturalit&#233;. Comme le font remarquer Raynal et Ferguson (2008), &#171; [o]n habite tous sur la m&#234;me plan&#232;te, mais on ne vit pas dans le m&#234;me monde, ce qui fait notre richesse mais aussi engendre des difficult&#233;s pour vivre ensemble &#187; (p. 78). En effet, selon eux : &#171; La culture d&#233;signe et d&#233;termine les modes de penser, de sentir, de percevoir, de communiquer, d'agir et de produire des objets concrets pour un groupe donn&#233;. Elle se compose d'un certain nombre de codes, de symboles, de langues, de mythes, de croyances et de valeurs qui lui donnent [sic] sa morphologie sp&#233;cifique. L'ensemble de ces &#233;l&#233;ments constitue un cadre qui formalise notre rapport &#224; nous-m&#234;mes, aux autres et au monde ext&#233;rieur &#187; (p. 85-86).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, conditionnant la perception et le v&#233;cu des exp&#233;riences et des situations auxquelles sont confront&#233;es les individus, ces codes nourrissent ce diff&#233;rentiel qui subsiste dans les attentes et dans les interpr&#233;tations des propos et des comportements que l'on retrouve au cours d'un &#233;change interculturel (DeVoss, Jasken et Hayden, 2002). Par &#233;change interculturel, nous entendons ainsi la rencontre directe entre des individus dont la fa&#231;on de communiquer (langues, symboles, etc.), les valeurs, les attentes, les perceptions, les comportements, la vision du monde ; en bref, la culture diff&#232;re (Reisinger et Dimanche, 2009). Aussi, plus les diff&#233;rences culturelles sont marqu&#233;es entre les individus, plus les &#233;changes interculturels ont tendance &#224; &#234;tre difficiles, inefficaces et peuvent conduire &#224; des tensions, des mauvaises interpr&#233;tations, des incompr&#233;hensions qui g&#232;lent toute communication (Dunne, 2009 ; Reisinger et Dimanche, 2009). Pour reprendre les mots de Reisinger et Dimanche (2009), &#171; [l]orsque les diff&#233;rences culturelles sont petites ou insignifiantes, les rencontres interculturelles ne sont pas affect&#233;es par les diff&#233;rences culturelles. Cependant, lorsque les diff&#233;rences culturelles sont grandes et significatives, la probabilit&#233; que les rencontres interculturelles conduisent &#224; des probl&#232;mes et &#224; des conflits culturels est &#233;lev&#233;e &#187; (p. 211, traduction libre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces pourquoi ces deux chercheurs ont mis en avant l'id&#233;e qu'il existe trois types d'&#233;changes interculturels, lesquels d&#233;pendent &#233;troitement de l'origine culturelle des individus qui se trouvent au c&#339;ur de ces &#233;changes. En effet, selon eux, les rencontres interculturelles ont lieu entre : des individus partageant une culture relativement similaire (rencontre proche de l'intra-culturelle) ; des individus dont les cultures sont diff&#233;rentes mais ces diff&#233;rences sont minimes ou compl&#233;mentaires ; et des personnes qui ont des origines culturelles diff&#233;rentes et, contrairement au second cas, ces diff&#233;rences sont importantes et incompatibles. Alors que dans les deux premiers types de rencontres, le degr&#233; d'interculturalit&#233; de la rencontre est plus faible, les individus en contact se comprennent et les &#233;changes sont agr&#233;ables et efficaces contrairement au troisi&#232;me type o&#249; l'interculturalit&#233; est marqu&#233;e et bloquante aux interactions.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6154 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L480xH354/img-1-small480-26-9d6f9.png?1615717439' width='480' height='354' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Figure 1. Les diff&#233;rents types d'&#233;changes interculturels&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, selon Dervin (2007) et Murphy-Lejeune (2000), dans le cadre d'une mobilit&#233; &#233;tudiante internationale, l'interculturalit&#233; s'apprend et les comp&#233;tences interculturelles s'acqui&#232;rent de trois fa&#231;ons, &#224; savoir par l'observation, par la participation et par la communication explicite. Avant de pr&#233;ciser davantage ces trois m&#233;thodes d'apprentissage de l'interculturalit&#233;, il nous semble opportun de nous attarder sur cet autre concept mobilis&#233; par notre &#233;tude &#224; savoir celui des comp&#233;tences interculturelles. Eu &#233;gard aux travaux de Le Boterf (2000 ; 2002 ; 2013), la comp&#233;tence ne se r&#233;sume pas en l'accumulation de savoirs, de savoir-faire et de savoir-&#234;tre par un individu, mais plut&#244;t en la capacit&#233; de combiner et de mobiliser ces ressources (connaissances, habilet&#233;s, exp&#233;riences, &#233;motions, etc.), puis de les s&#233;lectionner et de les organiser de fa&#231;on pertinente selon le contexte, en vue d'atteindre l'objectif vis&#233;. C'est en ce sens que Le Boterf propose de consid&#233;rer la comp&#233;tence comme &#233;tant un processus dynamique de construction, cette perception permettant de mieux comprendre le m&#233;canisme qui donnera lieu &#224; l'agir comp&#233;tent. Dans la m&#234;me veine que Le Boterf, Dervin (2017) d&#233;fend l'id&#233;e que les comp&#233;tences interculturelles r&#233;sident dans la capacit&#233; des individus &#224; penser et &#224; agir pour eux-m&#234;mes. Pour reprendre les mots de Dervin (2017), les comp&#233;tences interculturelles reposent sur trois crit&#232;res essentiels. D'abord, la prise de conscience de l'individu que l'interculturalit&#233; est un ph&#233;nom&#232;ne complexe et que notre position &#224; son &#233;gard est mouvante en ce sens o&#249; &#171; influenc&#233;s par les relations de pouvoir qui nous s&#233;parent, nos impressions, nos croyances, nos &#233;motions, nos attitudes, etc. &#187; (p. 10), nous sommes aptes &#224; appliquer nos comp&#233;tences interculturelles dans certains contextes, avec certains individus, mais pas dans d'autres situations. Il nous faut donc avoir conscience que nous ne pouvons acqu&#233;rir pleinement les comp&#233;tences interculturelles. L'interculturalit&#233; est un apprentissage qui dure toute la vie et qui s'effectue tout au long de celle-ci. Le second crit&#232;re sur lequel reposent les comp&#233;tences interculturelles est la n&#233;cessit&#233; de reconna&#238;tre, de pr&#233;senter, de d&#233;fendre et de n&#233;gocier les identit&#233;s plurielles des individus en pr&#233;sence, c'est-&#224;-dire les n&#244;tres et celles des autres. Enfin, les comp&#233;tences interculturelles renvoient au besoin de &#171; permettre &#224; chacun [de nous] de [nous] sentir plus ou moins &#224; l'aise dans nos interactions avec eux &#187; (Dervin, 2017, p. 30). Or, pour ce faire, il nous faut prendre le temps d'interagir avec l'Autre, de nous &#233;couter nous-m&#234;me et d'accepter que, parfois, l'exp&#233;rience interculturelle peut &#234;tre un &#233;chec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, pour en revenir aux trois m&#233;thodes d'apprentissage de l'interculturalit&#233; propos&#233;es par Dervin (2007) et Murphy-Lejeune (2000), l'observation, qui est la technique d'apprentissage dominante au d&#233;but du s&#233;jour, implique, de la part de l'&#233;tudiant, la formulation d'hypoth&#232;ses, de d&#233;ductions et de consid&#233;rations personnelles. Mais dans cette forme d'apprentissage, celui-ci a tendance &#224; s'isoler. La participation sous-entend de passer &#224; l'action et d'interagir, souvent de fa&#231;on exp&#233;rimentale. En effet, dans cette seconde forme d'apprentissage, l'&#233;tudiant exp&#233;rimente divers comportements et &#233;value leur validit&#233; &#224; partir des r&#233;actions de ses h&#244;tes. Comme le souligne Murphy-Lejeune (2002), &#171; [l]es formes de participation vont de formes minimales, telles que les transactions commerciales dans les magasins pour survivre, &#224; des formes plus complexes, telles que l'adoption de r&#244;les habituellement occup&#233;s par des autochtones, par exemple en tant qu'enseignants &#187; (p. 164, traduction libre). Enfin, la communication avec les locaux et les autres &#233;trangers constitue la troisi&#232;me forme d'apprentissage de l'interculturalit&#233;. Celle-ci devrait s'op&#233;rer, g&#233;n&#233;ralement, dans &#171; la langue de la culture nationale cible &#187; (Dervin, 2007, p. 26) et implique donc de tenir compte des connaissances linguistiques des &#233;tudiants internationaux, de leurs motivations, de la politique linguistique dans la culture cible, de leurs capitaux sociaux (Dervin, 2007). Il ressort de ce troisi&#232;me mode d'apprentissage de l'interculturalit&#233; que la langue montre, ind&#233;niablement, &#171; un caract&#232;re vital dans la vie &#224; l'&#233;tranger &#187; (Murphy-Lejeune, 2002, p. 164, traduction libre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3.2. L'apprentissage par les pairs et le jumelage&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de r&#233;pondre au probl&#232;me d'int&#233;gration des &#233;tudiants internationaux &#224; la communaut&#233; &#233;tudiante locale et d'optimiser le d&#233;veloppement des comp&#233;tences interculturelles en leur sein, certaines universit&#233;s ont avanc&#233; une solution qui repose sur la pratique p&#233;dagogique de l'apprentissage par les pairs, aussi appel&#233;e l'apprentissage coop&#233;ratif, une pratique d&#233;velopp&#233;e par Mazur aupr&#232;s d'&#233;tudiants nord-am&#233;ricains. Il s'agit de pratiques p&#233;dagogiques dans lesquelles les &#233;tudiants interagissent entre eux en vue d'atteindre un objectif commun tant sur le plan cognitif qu'affectif (Lefebvre et Deaudelin, 2001). Les connaissances sont ainsi activement coconstruites par les &#233;tudiants. Aussi, comme ont pu le souligner plusieurs &#233;tudes, les apprentissages effectu&#233;s via cette pratique p&#233;dagogique se r&#233;v&#232;lent &#234;tre sup&#233;rieurs &#224; ceux faits individuellement car, en plus de favoriser les interactions entre ces derniers, cette pratique p&#233;dagogique influence positivement leur motivation et la qualit&#233; de leurs apprentissages scolaires (Buchs, 2008 ; Garrett, 1998 ; Johnson et Johnson, 1989). Dans notre recherche, la pratique d'apprentissage par les pairs pour laquelle ont, essentiellement, opt&#233; les universit&#233;s d'Ottawa et de Montpellier, a pris la forme d'un jumelage (aussi appel&#233; parrainage) entre les &#233;tudiants internationaux et les &#233;tudiants locaux. Comme le souligne Martin (2002), &#224; l'instar du mentorat, le jumelage a un d&#233;but, un d&#233;roulement et une fin, bien que, parfois, selon plusieurs facteurs circonstanciels et d'affinit&#233;s qui unissent les jumel&#233;s, la dur&#233;e peut fluctuer. Par ailleurs, &#171; la relation de jumelage comporte une dimension d'apprentissage dans la poursuite de son objectif d'aider le nouvel arrivant &#224; progresser rapidement dans son insertion sociale et son adaptation &#224; la soci&#233;t&#233; [canadienne]. En ce sens, la relation de jumelage est [&#8230;] asym&#233;trique et se d&#233;partit difficilement de cette caract&#233;ristique &#187; (Martin, 2002, p. 83).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, Martin (2002) ajoute que si, g&#233;n&#233;ralement, les objectifs d'apprentissage ne sont pas clairement &#233;tablis dans l'esprit des jumel&#233;s, l'intention de d&#233;velopper une relation d'amiti&#233; qui, souvent, habite ces derniers, pourrait conduire &#224; une relation sym&#233;trique empreinte de r&#233;ciprocit&#233;. Il est &#224; noter que chacun d'eux joue le r&#244;le de passeur. L'&#233;tudiant local, lui, en tant que parrain ou marraine, partage avec le nouvel arrivant ses connaissances, ses valeurs, les normes culturelles et les us et coutumes de son pays. L'&#233;tudiant international (le/la filleul[e]), quant &#224; lui, s'ouvre &#224; l'&#233;tudiant local en lui donnant des informations sur lui et sur son pays d'origine. En d&#233;finitive, &#171; [l]a relation de jumelage est donc une rencontre interpersonnelle, produite et reproduite qui s'&#233;chelonne dans le temps de fa&#231;on non d&#233;termin&#233;e, et se transforme. Une interrelation qui procure l'occasion d'&#233;changer et de d&#233;couvrir l'autre dans l'espace relationnel informel &#187; (Martin, 2002, p. 84).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;4. M&#233;thodologie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que cette &#233;tude s'int&#233;resse &#224; l'int&#233;gration et au d&#233;veloppement des comp&#233;tences interculturelles des &#233;tudiants internationaux et locaux via la pratique p&#233;dagogique de l'apprentissage par les pairs. Aussi, pour comprendre ce ph&#233;nom&#232;ne social, notre recherche s'inscrit dans une posture constructiviste et suit une d&#233;marche qualitative. Men&#233;e sur les territoires fran&#231;ais et canadien, cette &#233;tude de cas pr&#233;sente des donn&#233;es collect&#233;es aupr&#232;s de 16 participants (9 &#233;tudiants internationaux et 7 responsables de bureaux internationaux) rattach&#233;s &#224; deux universit&#233;s &#224; savoir, d'une part, les universit&#233;s de Montpellier, c'est &#224; dire l'Universit&#233; de Montpellier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette universit&#233; offre des formations en sciences de la nature et de la sant&#233;.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et l'Universit&#233; Paul-Val&#233;ry Montpellier 3&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Celle-ci offre des formations en arts, langues et sciences humaines et sociales.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ces universit&#233;s &#233;tant compl&#233;mentaires au plan des disciplines enseign&#233;es, elles font partie d'un m&#234;me ensemble que nous appelons les UM. D'autre part, nous nous int&#233;ressons &#224; l'Universit&#233; d'Ottawa que nous appelons l'UO, qui, elle, inclut une diversit&#233; de disciplines autant scientifiques que sociales enseign&#233;es dans l'une ou l'autre des deux langues officielles du pays, soit le fran&#231;ais et l'anglais. Apr&#232;s avoir obtenu l'aval du comit&#233; d'&#233;thique de l'Universit&#233; d'Ottawa (obligatoire dans les universit&#233;s et centres de recherche canadiens), nous avons invit&#233;, via les r&#233;seaux sociaux et les bureaux internationaux des UM et de l'UO, les &#233;tudiants internationaux de ces institutions &#224; participer &#224; notre recherche sur la base des crit&#232;res suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#202;tre un &#233;tudiant international (c'est-&#224;-dire un &#233;tudiant inscrit dans une institution pour compl&#233;ter un programme : baccalaur&#233;at/licence, ma&#238;trise/master, doctorat) ou un &#233;tudiant inscrit dans un programme d'&#233;changes pour une session/un semestre ou une ann&#233;e universitaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ainsi, dans le cadre de notre recherche, nous regroupons sous le vocable &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#202;tre capable de s'exprimer en fran&#231;ais&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; nous souhaitions effectuer un suivi du cheminement culturel de l'&#233;tudiant et &#233;voquer avec lui son exp&#233;rience en mobilit&#233; dans son int&#233;gralit&#233; (c'est-&#224;-dire avant, pendant et apr&#232;s son s&#233;jour &#224; l'&#233;tranger), d'autres crit&#232;res ont &#233;t&#233; pr&#233;cis&#233;s :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'&#233;tudiant inscrit dans une institution pour compl&#233;ter un programme devait avoir entam&#233; la derni&#232;re ann&#233;e de son cursus et le terminer dans l'ann&#233;e en cours&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Celui-ci devait retourner dans son pays d'origine une fois le dipl&#244;me en poche&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'&#233;tudiant devait accepter de contribuer &#224; l'int&#233;gralit&#233; de la recherche en participant &#224; deux entrevues pendant son s&#233;jour et en r&#233;pondant &#224; un questionnaire une fois de retour dans son pays d'origine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, 9 &#233;tudiants internationaux (5 &#224; l'UO et 4 aux UM) r&#233;pondant aux crit&#232;res de s&#233;lection ont accept&#233; de participer (leur profil est pr&#233;sent&#233; dans le tableau 1 ci-dessous). Il est &#224; noter que ce groupe de participants est constitu&#233; exclusivement de femmes &#226;g&#233;es de 20 &#224; 30 ans au moment de la collecte de donn&#233;es. Aussi, &#224; l'exception des &#233;tudiantes de l'UO pour lesquelles le fran&#231;ais est la langue maternelle, pour les quatre autres participantes, le fran&#231;ais est leur deuxi&#232;me ou leur troisi&#232;me langue.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6155 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L412xH500/tab1-7-9d8cf.jpg?1615717760' width='412' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Outre les &#233;tudiants internationaux, afin d'apporter un autre regard &#224; l'exp&#233;rience en mobilit&#233; estudiantine, nous avons &#233;galement donn&#233; la parole &#224; quelques personnes travaillant au sein des bureaux internationaux (BI) de l'UO et des UM. Si certains d'entre eux ont la possibilit&#233; d'&#233;voquer l'exp&#233;rience internationale avec une certaine proximit&#233; issue de leurs contacts directs, intimes et continus avec les &#233;tudiants internationaux, d'autres sont plus &#224; m&#234;me de nous fournir une vision g&#233;n&#233;rale et organisationnelle de l'exp&#233;rience internationale et des dispositifs mis en place pour int&#233;grer ces &#233;tudiants et d&#233;velopper leurs comp&#233;tences interculturelles. Aussi, &#224; l'instar des &#233;tudiants internationaux, une lettre d'invitation a &#233;t&#233; envoy&#233;e par courrier &#233;lectronique &#224; tous les membres des BI de ces deux institutions. En plus de travailler pour un BI, il leur &#233;tait demand&#233; de pouvoir s'exprimer en fran&#231;ais pour participer &#224; l'&#233;tude. D&#232;s lors, 3 membres du BI de l'UO et 4 des UM ont accept&#233; de participer (leur profil est pr&#233;sent&#233; dans le tableau 2 ci-dessous). Pour trois de ces participants, travailler pour le BI est une t&#226;che annexe &#224; leur activit&#233; principale (&#233;tudiants et professeur).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6156 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L399xH335/tab2-4-97288.jpg?1615717760' width='399' height='335' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Comme nous l'avons mentionn&#233; plus t&#244;t, les 9 &#233;tudiants internationaux ont particip&#233; individuellement &#224; deux entrevues semi-dirig&#233;es en personne ou en vid&#233;oconf&#233;rence : une au d&#233;but de l'ann&#233;e scolaire (soit d&#232;s leur arriv&#233;e au Canada pour les &#233;tudiants de l'UO, soit, en raison de difficult&#233;s rencontr&#233;es lors de leur recrutement, quelques mois apr&#232;s leur arriv&#233;e pour les &#233;tudiants des UM). Durant cette entrevue, ils nous ont fait part de leur v&#233;cu et de leurs impressions &#224; l'&#233;gard de leur exp&#233;rience en mobilit&#233; avant et au d&#233;but du s&#233;jour ; une deuxi&#232;me entrevue a &#233;t&#233; men&#233;e &#224; la fin du s&#233;jour, durant laquelle ils ont dress&#233; un bilan de leur exp&#233;rience et partag&#233; leurs impressions &#224; propos de leur retour dans leur pays d'origine. Enfin, un mois apr&#232;s &#234;tre retourn&#233; dans leur pays d'origine, les &#233;tudiants ont r&#233;pondu &#224; un court questionnaire portant sur leur exp&#233;rience du retour. Ceux-ci devaient r&#233;pondre &#224; 8 questions dont 5 &#233;taient ferm&#233;es et reposaient : sur des questions par ordre de rang qui invitaient le r&#233;pondant &#224; classer ses r&#233;ponses par ordre d'importance ; sur des questions &#224; &#233;num&#233;ration graphique o&#249; le participant indiquait son appr&#233;ciation &#224; l'&#233;gard d'un &#233;nonc&#233; sur une &#233;chelle bipolaire allant de 0 &#224; 10 ; enfin, sur des listes de pointage o&#249; le r&#233;pondant devait effectuer un choix parmi une liste d'&#233;nonc&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sept membres des BI ont, quant &#224; eux, particip&#233; &#224; une entrevue individuelle semi-dirig&#233;e en face-&#224;-face durant laquelle nous les questionnions sur la fa&#231;on dont ils percevaient l'exp&#233;rience v&#233;cue par les &#233;tudiants internationaux avant, pendant et apr&#232;s leur s&#233;jour au Canada ou en France. Les participants sont ainsi amen&#233;s &#224; parler des pratiques p&#233;dagogiques d'accompagnement propos&#233;es aux &#233;tudiants durant ces trois &#233;tapes et de celles qui m&#233;riteraient d'&#234;tre am&#233;lior&#233;es. Ces questions les conduisent &#233;galement &#224; partager avec nous leur perception de l'exp&#233;rience estudiantine &#224; partir de ce qu'ils voient ou de ce que leur racontent les &#233;tudiants internationaux et locaux qu'ils c&#244;toient mais aussi de leur ressenti et de leurs exp&#233;riences personnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In fine, toutes les entrevues ont &#233;t&#233; retranscrites dans leur int&#233;gralit&#233; puis analys&#233;es via le logiciel d'analyse qualitative NVivo selon une logique inductive mod&#233;r&#233;e (Savoie-Zajc, 2011). Les questions pos&#233;es &#224; travers le questionnaire portant sur l'exp&#233;rience du retour ont &#233;t&#233;, quant &#224; elles, enti&#232;rement incorpor&#233;es &#224; l'analyse des entrevues. &#192; l'instar des entrevues, elles ont donc fait l'objet d'une codification pr&#233;alablement &#233;tablie &#224; partir de notre corpus th&#233;orique qui, au fur et &#224; mesure que nous avancions dans notre analyse, a &#233;t&#233; r&#233;vis&#233;e &#224; travers NVivo. En effet, de nouveaux codes ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s, souvent &#224; partir des mots et expressions employ&#233;s par les participants (codes in vivo). Les questions ferm&#233;es ont &#233;galement fait l'objet d'une analyse statistique descriptive compl&#233;mentaire qui nous a permis de d&#233;crire et de r&#233;sumer nos donn&#233;es brutes via des tests statistiques. Nous avons ensuite cr&#233;&#233; une distribution de fr&#233;quences, c'est-&#224;-dire que nous avons organis&#233; et class&#233; ces donn&#233;es sous la forme de graphiques r&#233;alis&#233;s via le logiciel Excel pour en faciliter la lecture et la compr&#233;hension.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;5. Pr&#233;sentation des r&#233;sultats&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans cette section, les r&#233;sultats portant sur le processus d'int&#233;gration &#224; la communaut&#233; &#233;tudiante locale via le programme de jumelage international &#224; l'UO et aux UM sont pr&#233;sent&#233;s dans un premier temps. Dans un deuxi&#232;me temps, les comp&#233;tences acquises par les &#233;tudiantes internationales pendant leur s&#233;jour sont mises en &#233;vidence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5.1. L'int&#233;gration des &#233;tudiants internationaux &#224; la communaut&#233; &#233;tudiante locale via le jumelage international &#224; l'UO et aux UM&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'il a &#233;t&#233; demand&#233; aux 9 &#233;tudiantes si elles avaient connaissance du programme de jumelage propos&#233; par leur institution d'accueil avant d'arriver au Canada ou en France et si elles avaient souhait&#233; en b&#233;n&#233;ficier, 7 ont affirm&#233; avoir eu connaissance de l'existence de ce programme (5 &#224; l'UO, 2 aux UM) et, parmi ces 7 &#233;tudiantes, 6 ont d&#233;clar&#233; avoir souhait&#233; y prendre part (5 &#224; l'UO, 1 aux UM). Les deux sous-sections suivantes pr&#233;sentent ainsi ce programme &#224; l'UO et dans les UM en prenant appui sur l'exp&#233;rience des participantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;5.1.1. Le jumelage &#224; l'UO : un second souffle donn&#233; &#224; ce programme&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rendu officiel en 2013, le programme de jumelage est offert par le BI de l'UO &#224; tous les &#233;tudiants internationaux nouvellement admis et ce, quel que soit leur cycle (baccalaur&#233;at, ma&#238;trise et doctorat). Ceux-ci sont parrain&#233;s par un &#233;tudiant canadien ou international (qui &#233;tudie &#224; l'UO depuis au moins deux trimestres) de deuxi&#232;me, troisi&#232;me ou quatri&#232;me ann&#233;e, qui s'est engag&#233; &#224; &#234;tre disponible et &#224; garder le contact avec son filleul durant un trimestre, et &#224; participer &#224; une formation obligatoire avant le d&#233;but du trimestre. L'objectif vis&#233; par la mise en place de ce programme est triple : am&#233;liorer les comp&#233;tences linguistiques ; aider les &#233;tudiants locaux qui reviennent d'un &#233;change &#224; l'&#233;tranger &#224; att&#233;nuer les effets du choc culturel du retour en leur permettant de partager avec les &#233;tudiants internationaux leur propre exp&#233;rience ; d&#233;velopper la rencontre interculturelle (Universit&#233; d'Ottawa, s.d.). Il est &#224; noter qu'&#224; plusieurs reprises, les &#233;tudiantes de l'UO insistent sur ce dernier objectif durant les entrevues. En effet, toutes cherchaient &#224; entretenir durablement des relations avec des &#233;tudiants locaux pour s'int&#233;grer plus facilement et d&#233;velopper leurs comp&#233;tences interculturelles. N&#233;anmoins, &#224; l'exception de Charlotte qui s'est li&#233;e d'amiti&#233; avec sa marraine une ann&#233;e durant (jusqu'&#224; ce que sa marraine quitte l'&#233;tablissement), pour les quatre autres participantes le jumelage a &#233;t&#233; &#233;court&#233;, voire inexistant. Deux d'entre elles, ont rencontr&#233; une fois leur marraine au d&#233;but de l'ann&#233;e, l'une d'elles a &#233;chang&#233; quelques messages t&#233;l&#233;phoniques avec sa marraine et la derni&#232;re n'a jamais eu de retour de son parrain. Selon elles, c'est principalement, premi&#232;rement, par manque de temps de la part du parrain qui a son groupe d'amis et sa vie d&#233;j&#224; &#233;tablie &#224; Ottawa et, deuxi&#232;mement, par manque de temps de leur part. Celles-ci soulignent &#234;tre tr&#232;s occup&#233;es par leurs sorties, par leur installation et par leurs nouveaux amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour s'inscrire au programme, l'&#233;tudiant remplit un formulaire dans lequel il donne des pr&#233;cisions quant au profil du parrain ou du filleul souhait&#233;. Les paires sont ainsi cr&#233;&#233;es selon un algorithme qui prend appui sur divers crit&#232;res tels que le pays d'origine, la langue, les centres d'int&#233;r&#234;t, la facult&#233; d'attache et le niveau d'&#233;tudes. Pour certaines participantes, ces crit&#232;res avaient peu d'importance et elles pr&#233;f&#233;raient laisser le hasard d&#233;cider de leur jumelage en ne cochant aucune attente particuli&#232;re quant &#224; leur parrain. En revanche, pour l'une d'elles, il &#233;tait primordial de partager les m&#234;mes centres d'int&#233;r&#234;t et d'&#233;tudier dans la m&#234;me discipline. Ces deux crit&#232;res n'ayant pas &#233;t&#233; remplis, elle a pr&#233;f&#233;r&#233; ne pas s'investir dans une relation avec sa marraine. A contrario, Charlotte, qui partageait une passion commune (la natation synchronis&#233;e) avec sa marraine, s'est vue invit&#233;e par cette derni&#232;re &#224; int&#233;grer le club de natation de l'universit&#233;. Durant les entrevues, L&#233;na et Maxime ont d&#233;clar&#233; &#234;tre conscients de ces &#171; petits p&#233;pins &#187; (L&#233;na) dans la cr&#233;ation des paires et pr&#233;cisent qu'il arrive, parfois, que l'&#233;tudiant international contacte le bureau et demande &#224; changer de parrain. Le BI r&#233;pond alors favorablement &#224; sa demande s'il dispose de suffisamment de b&#233;n&#233;voles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon L&#233;na, l'engouement pour ce programme est tel que, chaque ann&#233;e, plus de 1400 &#233;tudiants s'y inscrivent. N&#233;anmoins, la mise en place en 2018 d'un nouveau programme intitul&#233; uOGlobal, pourrait donner un second souffle au programme de jumelage selon L&#233;na et Maxime. Durant cette formation, les &#233;tudiants internationaux et locaux sont amen&#233;s &#224; &#233;changer et &#224; participer, ensemble, &#224; des activit&#233;s internationales, &#224; des ateliers qui les am&#232;nent &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; leur propre culture et &#224; celle des autres, &#224; les sensibiliser sur l'interculturalit&#233;, &#224; comprendre et &#224; accepter les divergences d'opinion entre les individus appartenant &#224; des cultures diff&#233;rentes ou similaires. Bas&#233;e sur le principe du volontariat, il s'agit d'une formation non acad&#233;mique qui d&#233;coule, non pas sur l'obtention d'une note ni de cr&#233;dits, mais sur la d&#233;livrance d'une attestation indiquant sur leur relev&#233; de notes qu'ils ont particip&#233; &#224; ce programme. Cette formation, ouverte &#224; tous les &#233;tudiants de l'UO, a attir&#233;, en 2018, 200 &#233;tudiants puis 300 l'ann&#233;e suivante. Or, il s'av&#232;re que le programme de jumelage a &#233;t&#233; int&#233;gr&#233; &#224; cette nouvelle formation en ce sens o&#249; celui-ci est, pour les &#233;tudiants qui participent &#224; uOGlobal, une activit&#233; obligatoire. &#171; Les &#233;tudiants qui font uOGlobal ils ont cette ouverture d'esprit, la formation, la r&#233;flexion, l'encadrement. C'est eux qui vont rencontrer et &#234;tre jumel&#233;s avec les &#233;tudiants. [Cela devrait ainsi] augmenter la qualit&#233; du jumelage et du programme &#187; (L&#233;na). D'autant plus que, comme le fait remarquer la participante, le plan de communication pour ce nouveau programme est in&#233;dit car il est de grande ampleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;5.1.2. Le jumelage dans les UM : un programme n&#233;buleux&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la diff&#233;rence de l'UO, il n'existe pas, dans les UM, un seul BI qui chapeaute l'int&#233;gration des &#233;tudiants &#224; la communaut&#233; d'accueil. Ce sont principalement les facult&#233;s elles-m&#234;mes qui se chargent de leurs propres &#233;tudiants, amenant celles-ci &#224; d&#233;ployer chacune un BI dans ses locaux. Ainsi, dans la mesure o&#249; Luke, Sol&#232;ne, Victor et Alice travaillent pour des facult&#233;s diff&#233;rentes, ceux-ci ont pu t&#233;moigner du fonctionnement interne de quatre BI diff&#233;rents. Outre la fragmentation des BI, les UM font partie d'une communaut&#233; r&#233;unissant des universit&#233;s et &#233;tablissements de la r&#233;gion appel&#233;e ComUE LR-Universit&#233;s [Communaut&#233; d'universit&#233;s et &#233;tablissements-Languedoc-Roussillon Universit&#233;s]. Cherchant &#224; favoriser le dialogue et la concertation entre ces institutions, cet organisme a pour objectif premier de &#171; faciliter l'&#233;mergence et la mise en place d'actions communes &#187; (Halbout, s.d., p. 1). Or, parmi ces actions communes, se trouve le programme de parrainage international. En effet, comme le soulignent Alice et Sol&#232;ne, leurs facult&#233;s n'offrent aucun programme de jumelage direct &#233;tant donn&#233; que c'est la ComUE qui a la charge de cette pratique. Ainsi, depuis 2011, celui-ci a permis &#224; 2 600 parrains d'accueillir plus de 5 900 filleuls venant de 90 pays diff&#233;rents (ComUE Languedoc-Roussillon Universit&#233;s, 2020).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parrain, &#233;tudiant fran&#231;ais ou &#233;tranger (qui &#233;tudie depuis au moins une ann&#233;e dans l'&#233;tablissement d'accueil), doit parler fran&#231;ais et avoir des comp&#233;tences linguistiques en anglais et/ou espagnol. Il est attendu de lui qu'il soit disponible les premiers mois suivant l'arriv&#233;e de l'&#233;tudiant international et qu'il accueille et accompagne son filleul durant un trimestre (ComUE Languedoc-Roussillon Universit&#233;s, 2019). Ce dernier point a fait d&#233;faut &#224; Sofia, la seule participante des UM &#224; s'&#234;tre inscrite &#224; ce programme &#233;tant donn&#233; qu'elle a rencontr&#233; sa marraine un mois apr&#232;s la rentr&#233;e scolaire. En effet, &#233;tudiant dans une autre discipline, la rentr&#233;e n'avait pas eu lieu en m&#234;me temps pour les deux &#233;tudiantes. Sofia avait donc d&#233;j&#224; effectu&#233; toutes les d&#233;marches administratives n&#233;cessaires et d&#233;couvert la vie &#224; Montpellier gr&#226;ce, principalement, &#224; son tuteur Erasmus qui l'a &#233;paul&#233;e d&#232;s son arriv&#233;e. Elle s'est aussi inscrite dans une association Erasmus qui lui a permis de faire des rencontres et des activit&#233;s diverses dans la ville. Ses &#233;changes avec sa marraine ne sont donc pas all&#233;s au-del&#224; de cette rencontre. Pour les trois autres participantes, une avait connaissance de ce programme, mais ne souhaitait pas y participer parce que, d'une part, &#224; son arriv&#233;e, elle &#233;tait accompagn&#233;e par un parent qui l'a aid&#233;e &#224; s'installer et, d'autre part, comme elle &#233;tait originaire d'un pays europ&#233;en limitrophe, elle retrouvait certaines similarit&#233;s dans le fonctionnement de ces deux pays et estimait qu'il &#233;tait facile d'effectuer toutes ses d&#233;marches seule. Les deux derni&#232;res participantes n'&#233;taient pas au courant que ce dispositif existait. Alors que l'une d'elles regrettait de ne pas avoir pu participer &#224; ce programme auquel elle participait dans son pays d'origine, l'autre, dont l'objectif &#233;tait de se focaliser uniquement sur ses &#233;tudes, ne ressentait aucun besoin d'&#234;tre jumel&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que la mise en place du programme de jumelage ne soit pas de leur ressort, certains participants des BI tels que Victor et Alice n'h&#233;sitent pas &#224; prendre des initiatives personnelles en mati&#232;re de jumelage. Alice, par exemple, a cr&#233;&#233; un groupe Facebook sur lequel s'inscrivent les &#233;tudiants internationaux avant d'arriver et les &#233;tudiants sortants de sa facult&#233; (c'est-&#224;-dire les &#233;tudiants Fran&#231;ais qui partent &#233;tudier &#224; l'&#233;tranger). Elle demande &#224; chacun de se pr&#233;senter et les met en contact selon les destinations et pays d'origine de chacun. Dans le m&#234;me ordre d'id&#233;es, Victor, de par sa double casquette de professeur et de directeur p&#233;dagogique au BI, tente, quant &#224; lui, de mettre en place un syst&#232;me de jumelage &#224; distance entre les &#233;tudiants de son &#233;tablissement (c'est-&#224;-dire locaux et internationaux) et des &#233;tudiants d'une universit&#233; &#233;trang&#232;re via la cr&#233;ation d'un dipl&#244;me hybride d'apprentissage du fran&#231;ais langue &#233;trang&#232;re (FLE). Selon lui, la mise en place de ce jumelage virtuel encouragera et d&#233;veloppera les contacts et les &#233;changes interculturels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5.2. L'int&#233;gration &#224; la communaut&#233; &#233;tudiante locale et les comp&#233;tences interculturelles acquises pendant le s&#233;jour&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que pour la majorit&#233; des participantes le jumelage fut &#233;court&#233; ou inexistant, celles-ci ont n&#233;anmoins soulign&#233; au cours des entrevues et du questionnaire, avoir acquis des comp&#233;tences culturelles durant leur s&#233;jour. En effet, comme nous allons le voir dans cette section, leur s&#233;jour leur a permis de nourrir leur capital de mobilit&#233; en portant un nouveau regard sur elles-m&#234;mes et sur leurs comportements vis-&#224;-vis d'autrui, sur les &#233;tudiants locaux, sur les &#233;tudiants internationaux et sur les &#233;changes interculturels qu'ils peuvent entretenir. En ce sens, elles soulignent avoir pris de conscience de leur r&#244;le en tant que passeurs de culture et envisagent ainsi de s'impliquer davantage dans l'int&#233;gration des &#233;tudiants internationaux une fois de retour dans leur pays d'origine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Huit des participantes ont mis l'accent sur le fait que leurs exp&#233;riences internationales ant&#233;rieures, c'est-&#224;-dire leurs pr&#233;c&#233;dents s&#233;jours &#224; l'&#233;tranger (tourisme, b&#233;n&#233;volat, s&#233;jour linguistique, &#233;tudes) ou l'implication de leur famille dans la mobilit&#233; internationale (accueil d'&#233;tudiants ou de travailleurs &#233;trangers au domicile, membres de la famille r&#233;sidant &#224; l'&#233;tranger), leur ont permis d'appr&#233;hender plus ais&#233;ment leur s&#233;jour en France ou au Canada puisqu'elles avaient d&#233;j&#224; &#233;t&#233; au contact d'un environnement interculturel. Aussi, outre la richesse de leur capital culturel, &#224; l'exception de Romane, originaire d'Ha&#239;ti, pour qui il s'agissait d'un d&#233;fi majeur, celles-ci &#233;taient rassur&#233;es &#224; l'id&#233;e d'&#233;tudier dans un pays occidental dans lequel elles retrouvaient des pans de leur culture d'origine. Autrement dit, elles voyaient dans cette exp&#233;rience une occasion de vivre l'interculturalit&#233; tout en conservant une zone de confort. N&#233;anmoins, malgr&#233; ce sentiment et cette comp&#233;tence interculturelle acquise par le pass&#233;, elles ont entretenu peu d'&#233;changes avec les &#233;tudiants locaux durant l'ann&#233;e. En effet, en dehors de la salle de classe et de leur logement, les interactions entre elles et les locaux &#233;taient quasi-inexistantes. La plupart soulignent avoir d&#233;ploy&#233; plusieurs strat&#233;gies d'int&#233;gration telles que le jumelage et la participation &#224; des activit&#233;s sociales en d&#233;but d'ann&#233;e pour se lier d'amiti&#233; avec des &#233;tudiants locaux, mais en vain. Ce sont principalement avec d'autres &#233;tudiants internationaux et, essentiellement, avec des &#233;tudiants de leur pays d'origine qu'elles ont nou&#233; des relations d'amiti&#233;. Quand il leur a &#233;t&#233; demand&#233;, lors de la deuxi&#232;me entrevue, comment elles avaient v&#233;cu leur int&#233;gration &#224; la communaut&#233; locale et d'&#233;valuer celle-ci sur une &#233;chelle de 1 &#224; 5, la moyenne obtenue a &#233;t&#233; de 3,5. En effet, pour les &#233;tudiantes de l'UO, si elles ont re&#231;u un accueil agr&#233;able, 4 d'entre elles ont mis en avant le caract&#232;re superficiel de ces relations. Selon elles, en plus d'&#234;tre renferm&#233;s sur eux-m&#234;mes, il est difficile de cr&#233;er des relations solides et durables avec les &#233;tudiants canadiens. Pour certaines &#233;tudiantes des UM, leur note est attribu&#233;e principalement au fait que la diff&#233;rence culturelle &#233;tait plus marqu&#233;e qu'elles ne le pensaient au d&#233;part et au manque d'efforts des &#233;tudiants fran&#231;ais &#224; communiquer avec elles en fran&#231;ais. Ceux-ci auraient eu tendance &#224; &#233;changer avec elles en anglais quand bien m&#234;me celles-ci voulaient d&#233;velopper leurs comp&#233;tences linguistiques en fran&#231;ais. N&#233;anmoins, &#224; la fin de leur s&#233;jour, &#224; l'exception de Charlotte qui, pourtant, est celle qui semble avoir le plus b&#233;n&#233;fici&#233; du programme de jumelage international, aucune participante ne garde de ranc&#339;ur ou n'a d&#233;peint une image n&#233;gative de l'&#233;tudiant local durant les entrevues. Au contraire, plusieurs ont soulign&#233; comprendre leur distanciation avec les &#233;tudiants internationaux et, notamment, avec leurs parrains, puisqu'elles disaient faire la m&#234;me chose dans leur pays d'accueil avec les nouveaux arrivants. En ce sens, le jumelage les a, indirectement, incit&#233;es &#224; porter un autre regard sur les &#233;tudiants locaux et &#224; passer outre leurs comportements distants envers les internationaux. Cela leur a permis de prendre conscience des difficult&#233;s d'int&#233;gration que peuvent vivre les &#233;tudiants internationaux dans leur pays d'origine. C'est pourquoi plusieurs d'entre elles ont pour objectif de s'investir, &#224; leur retour dans leur pays d'origine, dans un programme de jumelage ou dans des associations pour venir en aide aux &#233;tudiants internationaux nouvellement arriv&#233;s dans leur facult&#233;. Chacune d'elles consid&#232;re &#234;tre ressortie grandie de cette exp&#233;rience. Elles se disent &#234;tre capables d'affronter des &#233;preuves qu'elles n'auraient pas forc&#233;ment r&#233;ussi &#224; surmonter par le pass&#233; (voyager et vivre seule &#224; l'&#233;tranger, communiquer dans une langue &#233;trang&#232;re avec une personne d'une autre culture par exemples). Ainsi, si de tels changements les ont conduites &#224; rectifier leur comportement &#224; l'&#233;gard de l'Autre, c'est gr&#226;ce &#224; eux qu'elles se d&#233;clarent d&#233;sormais aptes &#224; accompagner d'autres &#233;tudiants internationaux durant leur s&#233;jour.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;6. Discussion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;finitive, est-ce que le jumelage a permis de r&#233;duire ce foss&#233; qui subsiste entre les &#233;tudiants locaux et internationaux &#224; l'UO et aux UM ? A-t-il permis de d&#233;velopper les comp&#233;tences interculturelles des &#233;tudiants internationaux et locaux et donc, en ce sens, a-t-il facilit&#233; l'int&#233;gration de ces nouveaux arrivants ? L'exp&#233;rience v&#233;cue et cont&#233;e par ces 9 &#233;tudiants internationaux et le t&#233;moignage rapport&#233; par les 7 membres des BI laissent entendre que le foss&#233; entre les &#233;tudiants internationaux et locaux persiste, mais que, malgr&#233; cela, le jumelage international a permis, n&#233;anmoins, de nourrir les comp&#233;tences interculturelles de certaines participantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;6.1. Un foss&#233; qui persiste entre les &#233;tudiants internationaux et les &#233;tudiants locaux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au regard des t&#233;moignages apport&#233;s par les &#233;tudiantes internationales interrog&#233;es, il appara&#238;t que, malgr&#233; la participation au programme de jumelage, il y a eu peu de rapprochement entre elles et les &#233;tudiants locaux durant leur s&#233;jour. Pourtant, celles ayant b&#233;n&#233;fici&#233; du programme de jumelage ont montr&#233; un engouement pour cette pratique &#224; leur arriv&#233;e dans le pays d'accueil. Il est &#224; noter qu'&#224; l'exception de Romane, toutes cherchaient le contact avec les locaux. D&#232;s lors, pour celles ayant b&#233;n&#233;fici&#233; du programme de jumelage, ce dernier &#233;tait la cl&#233; pour d&#233;couvrir leur nouveau milieu et s'int&#233;grer plus facilement &#224; l'universit&#233; et &#224; la ville d'accueil, pour rencontrer des locaux ou, tout simplement, pour avoir une &#233;paule sur laquelle s'appuyer au d&#233;but du s&#233;jour, lorsque l'adaptation au nouvel environnement interculturel &#233;tait difficile. Pourtant, malgr&#233; ce d&#233;sir apparent d'&#233;tablir une relation d'amiti&#233; durable, le jumelage &#233;tait court (voire inexistante) et ponctuel dans le sens o&#249; elles estimaient avoir eu besoin de soutien &#224; un moment pr&#233;cis de leur s&#233;jour, &#224; savoir &#224; leur arriv&#233;e dans le pays d'accueil. Ainsi, soit parce qu'elles s'&#233;taient d&#233;j&#224; cr&#233;&#233; un groupe d'amis, soit parce que le parrain &#233;tait absent ou peu pr&#233;sent, les services de ce dernier n'&#233;taient plus requis par la suite. Autrement dit, elles se sont adapt&#233;es &#224; leur nouvel environnement interculturel par leurs propres moyens et ne ressentaient plus le besoin d'&#234;tre parrain&#233;es. Or, dans leurs travaux, Guillot et Dera&#238;che (2019) constatent que le jumelage interculturel n'est efficient qu'&#224; condition qu'il ne soit pas ponctuel mais p&#233;renne. Aussi, &#224; l'instar de De Carlo et Diamanti (2013), Dervin (2004 ; 2017) et Dunne (2009) qui d&#233;fendent l'id&#233;e que le professeur ou le responsable du programme d'&#233;changes ou du bureau des relations internationales de l'universit&#233; doit servir de guide ou d'accompagnateur aux &#233;tudiants pour que ces derniers puissent d&#233;velopper leurs comp&#233;tences interculturelles, Guillot et Dera&#238;che (2019) ajoutent que, pour ce faire, il est indispensable que l'institution accorde un soutien pour assurer cette p&#233;rennit&#233; et alimenter la motivation des &#233;tudiants &#224; son &#233;gard. Il semblerait que dans le cas de nos participantes, ce crit&#232;re n'ait pas &#233;t&#233; satisfait puisque, en n'entretenant pas d'&#233;changes avec le filleul, les parrains n'auraient pas r&#233;pondu aux attentes de leur universit&#233; &#224; l'&#233;gard du r&#244;le qu'ils doivent jouer. Cela laisserait donc sous-entendre que ce soutien institutionnel &#233;tait absent, creusant ainsi un peu plus le foss&#233; entre les participantes et les &#233;tudiants locaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme nous l'avons soulign&#233; plus t&#244;t, Dervin (2017) d&#233;fend l'id&#233;e que l'acquisition et le d&#233;veloppement des comp&#233;tences interculturelles des &#233;tudiants sont avant tout le fruit d'un accompagnement institutionnel. En effet, selon le chercheur, il est imp&#233;ratif que les universit&#233;s d'accueil ou d'origine offrent aux &#233;tudiants une formation interculturelle au cours de laquelle l'&#233;tudiant est amen&#233; &#224; s'interroger de fa&#231;on critique et r&#233;flexive sur lui-m&#234;me, sur l'Autre et sur l'interculturalit&#233; dans le cadre d'une mobilit&#233;. Si cela semble moins apparent dans les UM, les d&#233;marches effectu&#233;es par l'UO semblent s'inscrire dans cette optique lorsqu'elle ins&#232;re, d'une part, le jumelage dans un programme de formation &#224; l'interculturalit&#233; tel que l'uOGlobal et exige, d'autre part, de ses parrains, qu'ils suivent une formation obligatoire avant le d&#233;but du semestre pour mieux appr&#233;hender leurs fonctions de passeurs de cultures (Martin, 2002 ; Pleyers et Guillaume, 2008). En revanche, quand bien m&#234;me une telle formation aiderait l'&#233;tudiant international &#224; mieux se pr&#233;parer au processus d'acculturation (De Carlo et Diamanti, 2013 ; Dervin, 2004), si l'UO impose cette formation aux &#233;tudiants locaux, les &#233;tudiants internationaux en sont dispens&#233;s, ce qui peut renforcer ce d&#233;s&#233;quilibre en mati&#232;re de comp&#233;tences interculturelles entre les &#233;tudiants locaux et internationaux. Par ailleurs, comme le fait remarquer l'une de nos participantes, le d&#233;fi est tel que des programmes comme celui du jumelage attirent une minorit&#233; d'&#233;tudiants locaux. Ce sont principalement ceux qui ont un capital de mobilit&#233; riche, qui reviennent d'une exp&#233;rience &#233;tudiante &#224; l'&#233;tranger ou qui envisagent de partir &#224; l'&#233;tranger qui s'impliquent dans ces programmes. C'est pourquoi plusieurs membres des BI ont &#233;mis le souhait de sensibiliser davantage ces futurs passeurs de culture &#233;ventuels &#224; travers des campagnes de communication au sein de leur institution (par exemples, faire de la publicit&#233; de masse pour ces programmes internationaux et mobiliser les professeurs pour qu'ils en fassent la promotion pendant leurs cours). N&#233;anmoins, comme le font remarquer les participants des BI des UM, &#233;tant donn&#233; que la gestion du programme de jumelage leur &#233;chappe, il leur est difficile de comprendre pleinement le fonctionnement de ce programme et d'en faire ainsi la promotion aupr&#232;s de leurs &#233;tudiants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons &#233;galement soulign&#233; au travers de nos r&#233;sultats que les UO et UM offrent aux &#233;tudiants internationaux diff&#233;rents services pour faciliter leur int&#233;gration &#224; la communaut&#233; &#233;tudiante locale. Cependant, la multiplication des services aurait tendance &#224; faire ombrage, finalement, au programme de jumelage. Comme le souligne Sofia, le fait de s'&#234;tre inscrite &#224; une association &#233;tudiante destin&#233;e aux &#233;tudiants internationaux, mais, surtout, d'&#234;tre accompagn&#233;e toute l'ann&#233;e par un tuteur, lui ont permis de s'int&#233;grer &#224; son environnement interculturel et l'ont ainsi amen&#233;e &#224; renoncer au programme de jumelage. En somme, ce n'est pas par le biais de ce dernier qu'elle a r&#233;duit ce foss&#233; entre elle et la communaut&#233; &#233;tudiante locale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;6.2. Int&#233;gration et acquisition des comp&#233;tences interculturelles sous l'impulsion du jumelage internationa&lt;/strong&gt;l&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charlotte est la seule participante &#224; s'&#234;tre sentie int&#233;gr&#233;e &#224; son environnement interculturel d&#232;s son arriv&#233;e, gr&#226;ce, notamment, &#224; sa marraine qui l'a invit&#233;e &#224; participer au club de natation de l'UO. Or, contrairement aux autres paires, une passion commune unissait les deux jumel&#233;es &#224; savoir la natation synchronis&#233;e. En effet, les encouragements de sa marraine lui ont donn&#233; l'impulsion dont elle avait besoin pour int&#233;grer le club de natation de l'universit&#233; et rencontrer d'autres &#233;tudiants locaux. Ce constat fait &#233;cho aux travaux de God et Zhang (2018) que nous &#233;voquions plus t&#244;t et qui laissent entendre que, sur la base de la diff&#233;rence culturelle, les &#233;tudiants ont souvent des difficult&#233;s &#224; se comprendre et &#224; trouver des int&#233;r&#234;ts communs, ce qui les conduit &#224; entretenir des conversations de l'ordre du superficiel et &#224; ne pas chercher &#224; d&#233;couvrir l'Autre davantage. Il est envisageable de penser que la rencontre entre certaines participantes et leurs marraines n'ait pas &#233;t&#233; &#171; concluante &#187; car elles ne se sont d&#233;couvert aucun atome crochu contrairement &#224; Charlotte et sa marraine. Cela peut &#233;galement expliquer le fait que les 6 participantes qui ont particip&#233; &#224; ce programme se sont finalement rapproch&#233;es davantage des autres &#233;tudiants internationaux, mais, principalement, d'&#233;tudiants ayant les m&#234;mes origines qu'elles, avec lesquels elles consid&#233;raient partager plus de points communs. Comme le soutiennent Paquin et Hock (2014), les &#233;tudiants d'une m&#234;me culture auraient tendance &#224; se regrouper et &#224; rester entre eux au profit des &#233;changes intra-culturels. Pour illustration, dans son &#233;tude portant sur les &#233;tudiants en mobilit&#233;, Dunne (2009) a constat&#233; que les deux crit&#232;res qui cr&#233;aient cette &#171; similarit&#233; &#187; entre les &#233;tudiants internationaux et les incitaient &#224; rester entre eux &#233;taient l'&#226;ge et la nationalit&#233;. Ainsi, en plus de partager des points communs avec des &#233;tudiants qui ont la m&#234;me culture qu'eux, le comportement homophile des &#233;tudiants internationaux est &#233;troitement associ&#233; au caract&#232;re facilitant de la communication qu'ils entretiennent avec ces &#233;tudiants et au caract&#232;re s&#233;curisant que repr&#233;sentent ces &#233;changes intra-culturels (Dunne, 2009). N&#233;anmoins, si durant leur s&#233;jour la plupart d'entre elles se sont investies exclusivement dans des relations avec des &#233;tudiants ayant les m&#234;mes origines qu'elles et avec d'autres &#233;tudiants internationaux, il n'en demeure pas moins qu'elles ont pris sur elles pour s'ouvrir &#224; eux, d&#233;velopper des comp&#233;tences interculturelles et vivre une exp&#233;rience positive aupr&#232;s de ces &#233;tudiants. En effet, participer &#224; des activit&#233;s sociales avec des inconnus, s'inscrire sur des r&#233;seaux sociaux pour rencontrer d'autres &#233;tudiants, parler dans une autre langue sont autant de d&#233;fis qu'elles n'avaient pas l'habitude de rencontrer dans leur pays d'origine, mais que les &#233;tudiantes disent avoir d&#251; relever durant leur s&#233;jour pour s'int&#233;grer &#224; leur environnement interculturel. Rappelons que l'individu est plus &#224; m&#234;me d'appliquer et de d&#233;velopper ses comp&#233;tences interculturelles dans certains contextes et avec certains individus que dans d'autres situations, comme cela a pu &#234;tre le cas des participantes (Dervin, 2017). Cependant, leurs efforts pour s'int&#233;grer &#224; la communaut&#233; locale n'auront pas &#233;t&#233; vains. Rappelons que, selon Dervin (2017), l'apprentissage interculturel n&#233;cessite de la part de l'individu qu'il &#233;coute l'Autre, mais &#233;galement lui-m&#234;me et accepte que son exp&#233;rience interculturelle soit un &#233;chec (ce qui a &#233;t&#233; le cas des cinq participantes avec leurs parrains). Or, d'un point de vue personnel, &#224; la fin de leur s&#233;jour, les neuf participantes ont soulign&#233; les bienfaits d'avoir &#233;t&#233; immerg&#233;es dans une autre culture et d'avoir d&#233;couvert un nouveau mode de vie. Elles se sentent aujourd'hui plus autonomes et plus fortes pour affronter les &#233;preuves qu'elles rencontreront dans le futur. Aussi, de par le fait qu'elles ont &#233;t&#233; peu en contact avec les &#233;tudiants locaux et, notamment, avec leurs parrains, certaines d'entre elles ont &#233;t&#233; amen&#233;es &#224; se questionner sur leur propre comportement &#224; l'&#233;gard des &#233;tudiants internationaux nouvellement arriv&#233;s dans leur universit&#233; d'origine. Celles-ci ont pris conscience que, &#224; l'instar des &#233;tudiants locaux qu'elles ont rencontr&#233;s &#224; l'UO et aux UM, elles ont tendance &#224; &#233;viter le contact avec les &#233;tudiants internationaux de leur universit&#233; d'origine. Or, ce constat a conduit la majorit&#233; d'entre elles &#224; &#233;mettre le souhait de s'engager dans des associations ou dans un programme de jumelage international &#224; leur retour dans leur universit&#233; d'origine pour accompagner ces &#233;tudiants et les aider &#224; s'int&#233;grer &#224; leur nouvel environnement.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;7. Conclusion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir du t&#233;moignage rapport&#233; par 9 &#233;tudiants internationaux et 7 membres de bureaux internationaux, l'objectif principal de cette &#233;tude &#233;tait de mettre l'accent sur le programme de jumelage international mis en place dans des universit&#233;s canadienne et fran&#231;aise. Plus pr&#233;cis&#233;ment, nous cherchions &#224; mettre en lumi&#232;re le r&#244;le jou&#233; par cette pratique unissant des &#233;tudiants locaux avec des &#233;tudiants internationaux dans l'int&#233;gration de ces derniers &#224; leur nouveau contexte interculturel et sur le d&#233;veloppement des comp&#233;tences interculturelles de ces paires. Les r&#233;sultats de l'&#233;tude ont montr&#233; que, bien que 6 &#233;tudiantes aient particip&#233; au programme de jumelage, pour 5 d'entre elles, la relation avec leur parrain a &#233;t&#233; &#233;court&#233;e d&#232;s le d&#233;but de leur s&#233;jour pour diverses raisons (pas de retour du parrain &#224; leur message, absence de points communs, manque de motivation et de temps de part et d'autre). Le jumelage n'aurait donc pas contribu&#233; &#224; l'int&#233;gration de huit des participantes. C'est pourquoi il serait pertinent de s'int&#233;resser au programme de jumelage lorsque celui-ci est pr&#233;par&#233; avant le s&#233;jour de l'&#233;tudiant et d'initier des &#233;tudes &#224; ce sujet. En effet, il peut-&#234;tre opportun d'encourager cette collaboration entre le parrain et son filleul avant m&#234;me que celui-ci n'arrive dans son pays d'accueil en leur proposant de participer &#224; des ateliers virtuels, semblables &#224; ceux propos&#233;s par le programme uOGlobal de l'UO, au cours desquels ceux-ci pourraient se rencontrer, travailler de concert sur des projets interculturels et se d&#233;couvrir ou d&#233;velopper des int&#233;r&#234;ts communs qui semblent essentiels au bon fonctionnement du jumelage selon nos r&#233;sultats. Le r&#244;le jou&#233; par le jumelage dans l'int&#233;gration de l'&#233;tudiant international serait peut-&#234;tre tout autre. N&#233;anmoins, l'&#233;chec du parrainage, la distanciation avec les &#233;tudiants locaux et le rapprochement que les participantes ont pu avoir avec des &#233;tudiants internationaux et avec des &#233;tudiants issus du m&#234;me pays d'origine qu'elles, ont permis aux neuf &#233;tudiantes de prendre conscience qu'elles ont tendance &#224; cr&#233;er, elles aussi, ce foss&#233; dans leur pays et universit&#233; d'origine. En effet, malgr&#233; un capital de mobilit&#233; d&#233;velopp&#233; pour la plupart des participantes, elles ont r&#233;alis&#233;, au cours de leur s&#233;jour en France ou au Canada, qu'elles n'entretenaient aucun &#233;change avec les &#233;trangers ni avec les &#233;tudiants internationaux qui &#233;tudiaient dans leur universit&#233; d'origine. Aussi, ayant pris conscience des lacunes du jumelage international et du foss&#233; qui subsiste entre les &#233;tudiants locaux et internationaux, chacune d'elles souhaitent mettre &#224; profit son exp&#233;rience dans son pays d'origine en s'ouvrant aux &#233;trangers, en s'investissant dans des associations ou en s'inscrivant dans un programme de jumelage international. Il va donc sans dire que leur exp&#233;rience universitaire &#224; l'UO et aux UM ont permis &#224; ces neuf passeurs de cultures de d&#233;velopper leurs comp&#233;tences interculturelles durant leur s&#233;jour.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Bibliographie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Des DOI sont automatiquement ajout&#233;s aux r&#233;f&#233;rences par Bilbo, l'outil d'annotation bibliographique d'OpenEdition.&lt;br class='autobr' /&gt;
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DOI : 10.1177/1028315308329787&lt;/p&gt;
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DOI : 10.1080/10437797.1998.10778920&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;God, Y. T. et Zhang, H. (2018). Intercultural challenges, intracultural practices : How Chinese and Australian students understand and experience intercultural communication at an Australian university. Higher Education, 1&#8209;18. &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.1007/s10734-018-0344-0&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.1007/s10734-018-0344-0&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.1007/s10734-018-0344-0&lt;/p&gt;
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DOI : 10.3917/pp.041.0111&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Le Boterf, G. (2002). De quel concept de comp&#233;tence avons-nous besoin ? Soins cadres, 41, 1-3.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Boterf, G. (2013). Construire les comp&#233;tences individuelles et collectives. &#201;ditions d'Organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lefebvre, S. et Deaudelin, C. (2001). Les interactions et la performance &#224; l'&#233;crit d'&#233;l&#232;ves du primaire dans une situation d'apprentissage avec les pairs soutenu par ordinateur. Revue des sciences de l'&#233;ducation, 27(3), 621-648. &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.7202/009967ar&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.7202/009967ar&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.7202/009967ar&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Martin, A. (2002). Le jumelage entre les nouveaux arrivants et les Qu&#233;b&#233;cois de la soci&#233;t&#233; d'accueil [th&#232;se de doctorat, Universit&#233; Laval]. CorpusUL. &lt;a href=&#034;https://corpus.ulaval.ca/jspui/bitstream/20.500.11794/17780/1/19806.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://corpus.ulaval.ca/jspui/bitstream/20.500.11794/17780/1/19806.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Murphy-Lejeune, E. (2002). Student mobility and narrative in Europe : The new strangers. Routledge.&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.4324/9780203167038&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Pleyers, G. et Guillaume, J-F. (2008). Exp&#233;riences de mobilit&#233; &#233;tudiante et construction de soi. Agora d&#233;bats/jeunesses, 50(4), 68-78. &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.3917/agora.050.0068&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.3917/agora.050.0068&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.3917/agora.050.0068&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Raynal, S. et Ferguson, L. B. (2008). L'int&#233;gration : Du multiculturel &#224; l'intraculturel. Humanisme et entreprise, 287(2), 77&#8209;95. &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.3917/hume.287.0077&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.3917/hume.287.0077&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.3917/hume.287.0077&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reisinger, Y. et Dimanche, F. (2009). International tourism : Cultures and behavior. Routledge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Savoie-Zajc, L. (2011). La recherche qualitative/interpr&#233;tative en &#233;ducation. Dans T. Karsenti et L. Savoie-Zajc (dir.), La recherche en &#233;ducation : &#201;tapes et approches (3e &#233;d., p. 123-147). &#201;ditions du Renouveau P&#233;dagogique (ERPI).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Universit&#233; d'Ottawa. (s.d.) Programme de jumelage. &lt;a href=&#034;https://international.uottawa.ca/fr/etudier-a-uottawa/programme-jumelage&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://international.uottawa.ca/fr/etudier-a-uottawa/programme-jumelage&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Wagner-Guillermou, A.-L., Tisserant, P. et Bourhis, R. Y. (2013). Propension &#224; discriminer et acculturation. Revue Internationale de Psychologie Sociale, 26(1), 5&#8209;34.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;&lt;strong&gt;auteur&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Lucie Le Callonnec&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Universit&#233; d'Ottawa, Ottawa, Canada / Universit&#233; Paul-Val&#233;ry Montpellier 3, Montpellier, France, lleca089@uottawa.ca&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette universit&#233; offre des formations en sciences de la nature et de la sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Celle-ci offre des formations en arts, langues et sciences humaines et sociales.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ainsi, dans le cadre de notre recherche, nous regroupons sous le vocable &#171; &#233;tudiant international &#187; autant des &#233;tudiants pr&#233;sents plusieurs ann&#233;es dans l'institution &#233;trang&#232;re pour compl&#233;ter un programme (baccalaur&#233;at/licence, ma&#238;trise/master, doctorat) que ceux inscrits dans un programme d'&#233;changes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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