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	<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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	<description>Un site participatif, lieu de partage et d'&#233;change autour des initiatives en transitions et des innovations p&#233;dagogiques dans l'enseignement sup&#233;rieur francophone.</description>
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		<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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		<title>Concevoir une formation en ligne &#224; partir d'une &#233;tude sur les enjeux interculturels des ing&#233;nieurs</title>
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		<dc:date>2021-02-17T07:45:37Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M&#233;lanie Le Forestier</dc:creator>


		<dc:subject>Hybridation</dc:subject>

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&lt;p&gt;Dans cet article, nous pr&#233;senterons le processus de conception d'une formation en ligne appel&#233;e POMI (Pr&#233;parer et Optimiser sa Mobilit&#233; Internationale) destin&#233;e &#224; des &#233;l&#232;ves-ing&#233;nieurs, mais qui peut &#234;tre transpos&#233;e dans d'autres contextes de formation. Le principal objectif p&#233;dagogique est d'accompagner les apprenants dans le d&#233;veloppement d'une d&#233;marche interculturelle en s'appuyant sur leur exp&#233;rience de mobilit&#233; internationale, obligatoire en formation d'ing&#233;nieur. La particularit&#233; de ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/mot43.html" rel="tag"&gt;Hybridation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans cet article, nous pr&#233;senterons le processus de conception d'une formation en ligne appel&#233;e POMI (Pr&#233;parer et Optimiser sa Mobilit&#233; Internationale) destin&#233;e &#224; des &#233;l&#232;ves-ing&#233;nieurs, mais qui peut &#234;tre transpos&#233;e dans d'autres contextes de formation. Le principal objectif p&#233;dagogique est d'accompagner les apprenants dans le d&#233;veloppement d'une d&#233;marche interculturelle en s'appuyant sur leur exp&#233;rience de mobilit&#233; internationale, obligatoire en formation d'ing&#233;nieur. La particularit&#233; de ce projet a &#233;t&#233; d'articuler ce travail d'ing&#233;nierie p&#233;dagogique &#224; une recherche visant &#224; identifier, au pr&#233;alable, les besoins sp&#233;cifiques des formations d'ing&#233;nieur en mati&#232;re d'interculturalit&#233;. Nous proposons donc une conceptualisation du d&#233;veloppement interculturel dans un mod&#232;le de &#171; d&#233;marche interculturelle &#187; qui a permis de construire un dispositif de formation adapt&#233; aux enjeux interculturels rencontr&#233;s par les ing&#233;nieurs professionnels. En premi&#232;re partie d'article, nous pr&#233;ciserons la fa&#231;on dont nous nous saisissons du champ de l'interculturalit&#233; et comment cela nous a permis de proposer une conceptualisation de ce que nous appelons une d&#233;marche interculturelle dans un contexte ing&#233;nieur. Nous montrerons ensuite comment le mod&#232;le de d&#233;marche interculturelle a servi &#224; construire le sc&#233;nario et le cheminement p&#233;dagogique du dispositif POMI. La formation &#233;tant toujours en cours de construction, nous conclurons l'article en pr&#233;sentant la p&#233;dagogie privil&#233;gi&#233;e et qui correspond &#224; celle que nous proposons aux enseignants et responsables p&#233;dagogiques qui souhaitent int&#233;grer la dimension interculturelle dans leur pratique enseignante.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;un &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/ripes/3085&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article&lt;/a&gt;repris de la revue RIPES, une publication sous licence CC by sa nc&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;f&#233;rence &#233;lectronique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;lanie Le Forestier, &#171; Concevoir une formation en ligne &#224; partir d'une &#233;tude sur les enjeux interculturels des ing&#233;nieurs &#187;, Revue internationale de p&#233;dagogie de l'enseignement sup&#233;rieur [En ligne], 37(1) | 2021, mis en ligne le 15 f&#233;vrier 2021, consult&#233; le 17 f&#233;vrier 2021. URL : &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/ripes/3085&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://journals.openedition.org/ripes/3085&lt;/a&gt; ; DOI : &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.4000/ripes.3085&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.4000/ripes.3085&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;1. Introduction&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans cet article, nous proposons de revenir sur le processus de conception d'une formation en ligne que nous avons &#233;t&#233; amen&#233;e &#224; d&#233;velopper pour l'IDEFI DEFI Diversit&#233;s, un projet inter-&#233;tablissements co-pilot&#233; par des &#233;coles d'ing&#233;nieur toulousaines et albigeoises&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les &#233;coles portant ce projet sont l'INP Toulouse, l'INSA Toulouse, l'ISAE (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce cours, intitul&#233; POMI (Pr&#233;parer et Optimiser sa Mobilit&#233; Internationale), a pour principal objectif p&#233;dagogique d'accompagner les &#233;l&#232;ves-ing&#233;nieurs dans le d&#233;veloppement d'une d&#233;marche interculturelle en s'appuyant sur leur projet de mobilit&#233; internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.1. Un contexte d'internationalisation de l'enseignement sup&#233;rieur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un contexte de mondialisation &#233;conomique acc&#233;l&#233;r&#233;e (Rosa, 2010), l'internationalisation est devenue un enjeu important pour l'enseignement sup&#233;rieur, conjuguant &#224; la fois des &#171; consid&#233;rations politiques, &#233;conomiques, socioculturelles et acad&#233;miques &#187; (De Wit et al., 2015). Ce qu'on appelle internationalisation de l'enseignement sup&#233;rieur (IES) renvoie &#171; au processus d'int&#233;gration de cette dimension internationale dans l'enseignement, la recherche et les services administratifs de l'institution &#187; (Knight, 1999, p. 13). Dans sa manifestation la plus contemporaine (Huang, 2007, De Wit et Merkx, 2012), l'IES est un ph&#233;nom&#232;ne qui s'inscrit dans les processus de mondialisation des march&#233;s &#224; la fois comme r&#233;ponse et comme agent de cette m&#234;me mondialisation (Knight, 2003), dans la mesure o&#249; elle accompagne et participe &#224; l'internationalisation des march&#233;s de l'emploi et &#224; la demande croissante des recruteurs de personnels et d'employ&#233;s au profil multiculturel (Cosnefroy et al., 2020, p. 11).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;pondre aux enjeux li&#233;s &#224; cet &#171; environnement acad&#233;mique globalis&#233; et concurrentiel &#187; (Motard, 2017, p. 2), les &#233;tablissements de l'enseignement sup&#233;rieur, dont les &#233;coles d'ing&#233;nieurs, ont mis en place des dispositifs d'enseignement visant &#224; former des &#233;tudiants performants dans un contexte international et multiculturel. Cela s'inscrit dans un contexte largement incitatif puisque les recommandations des organismes institutionnels fran&#231;ais (comme la Commission des Titres d'Ing&#233;nieurs - CTI), europ&#233;ens (Conseil de l'Europe) et internationaux (UNESCO) s'inscrivent pleinement dans cette dynamique. Ces attentes institutionnelles et professionnelles en mati&#232;re d'internationalisation ont contribu&#233; &#224; l'&#233;mergence de formations &#224; l'interculturel visant &#224; former des &#171; intellectuels interculturels &#187; (Conseil de l'Europe, 2008). Dans l'enseignement sup&#233;rieur, comme dans les formations professionnelles, l'objectif est le plus souvent de former &#224; la communication interculturelle ou au management interculturel afin que les apprenants acqui&#232;rent des comp&#233;tences interculturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.2. &#192; l'origine du projet : de la n&#233;cessit&#233; de former les &#233;l&#232;ves-ing&#233;nieurs &#224; l'interculturalit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre des &#233;coles d'ing&#233;nieurs, cela s'inscrit dans une politique internationale des &#233;tablissements qui fait partie des orientations strat&#233;giques majeures &#233;tudi&#233;es par la CTI pour l'accr&#233;ditation des &#233;coles (CTI, 2020, p. 58). L'ouverture internationale et multiculturelle occupe une place centrale dans l'offre de formation, que ce soit &#224; travers l'internationalisation &#224; domicile (Beelen et Jones, 2015) avec l'&#171; accueil des &#233;tudiants internationaux sur place, [l']&#233;laboration de programmes d'&#233;tudes internationalis&#233;s et [l']int&#233;gration de dimensions internationales dans les activit&#233;s d'enseignement, d'apprentissage et de recherche men&#233;es dans les &#233;tablissements nationaux &#187; (Huang, 2007, p. 52), ou que ce soit par la mobilit&#233; internationale des &#233;l&#232;ves-ing&#233;nieurs, des enseignants et des chercheurs. Cette exp&#233;rience internationale est d'ailleurs obligatoire pour l'obtention du dipl&#244;me d'ing&#233;nieur et &#171; doit permettre de fournir aux &#233;l&#232;ves-ing&#233;nieurs un apprentissage multiculturel, interculturel et linguistique n&#233;cessaire dans le contexte actuel d'internationalisation des entreprises et donc du recrutement des cadres &#187; (CTI, 2020, p. 58).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, les chercheurs du champ de l'internationalisation de l'enseignement sup&#233;rieur ont mis en &#233;vidence que les &#233;changes entre les &#233;tudiants locaux et internationaux sur les campus s'av&#232;rent souvent limit&#233;s et l'immersion dans un contexte multiculturel n'est pas garante du d&#233;veloppement des comp&#233;tences interculturelles (Knight, 1999, De Wit et al., 2015). En effet, peu de dispositifs p&#233;dagogiques accompagnent ces mobilit&#233;s entrantes ou sortantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.3. Question de recherche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partant de ce constant, notre mission au sein de l'IDEFI DEFI Diversit&#233;s a pour objectif de pallier ce manque. La particularit&#233; de notre travail a &#233;t&#233; d'articuler ce projet de conception p&#233;dagogique &#224; une recherche visant &#224; identifier les besoins sp&#233;cifiques des formations et du contexte professionnel des ing&#233;nieurs en mati&#232;re d'interculturalit&#233;. Le travail dont nous rendons compte dans cet article s'appuie sur une approche m&#233;thodologique qui doit nous permettre de r&#233;pondre &#224; la question de recherche suivante : Quelle conceptualisation du d&#233;veloppement interculturel permet de construire un dispositif de formation adapt&#233; aux enjeux interculturels rencontr&#233;s par les ing&#233;nieurs professionnels ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous commencerons par pr&#233;senter notre cadre th&#233;orique sur l'interculturalit&#233;, ainsi que la m&#233;thodologie de recherche qui a permis la conceptualisation du mod&#232;le g&#233;n&#233;ral de d&#233;marche interculturelle. Nous poursuivrons avec une pr&#233;sentation de la formation en ligne en soulignant la fa&#231;on dont ce travail de recherche sur l'interculturalit&#233; a fortement contribu&#233; &#224; la construction du sc&#233;nario p&#233;dagogique de POMI.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;2. Une approche renouvel&#233;e de l'interculturalit&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Notre cadre th&#233;orique s'inscrit dans une approche renouvel&#233;e de l'interculturalit&#233; (Abdallah-Pretceille, 2003, Dervin, 2017, Jullien, 2016) qui se d&#233;partit d'une approche culturaliste et essentialiste des relations interculturelles. Nous souhaitions aussi &#233;viter une deuxi&#232;me approche tout autant r&#233;pandue, qualifi&#233;e de &#171; janusienne &#187; par Dervin (2017), qui affirme &#171; haut et fort la labilit&#233; des cultures [mais qui continuent de tenir] des propos essentialistes, culturalistes, voire d&#233;terministes &#187; (Debono et Dervin, 2012) &#8211; par exemple, &#171; Je ne veux pas g&#233;n&#233;raliser, mais il faut reconna&#238;tre que les Fran&#231;ais sont&#8230; &#187;. De fait, cette deuxi&#232;me approche a du mal &#224; se d&#233;tacher des tendances objectivantes et g&#233;n&#233;ralisantes de la premi&#232;re. Notre approche th&#233;orique s'inscrit dans un troisi&#232;me et plus r&#233;cent paradigme qui s'appuie sur un &#171; mod&#232;le des r&#233;f&#233;rences plurielles &#187; (Pierre, 2017). Partant d'une perspective critique des pr&#233;c&#233;dents courants, cette approche constructiviste et interactionniste remet en question l'id&#233;e de culture comme &#171; sujet &#187; (Wikan, 2002), pour examiner les identit&#233;s individuelles plurielles (Sen, 2006, Kaufmann, 2004) et &#171; l'intention des individus quand ils font appel &#224; la culture ou plus exactement &#224; certains &#233;l&#233;ments culturels &#187; (Abdallah-Pretceille, 2003, p. 20). Ce paradigme &#171; se situe dans la question des co-constructions de soi, du &#034;m&#234;me&#034; (individus du m&#234;me pays) et de l'Autre &#187; (Dervin, 2017, p. 90).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dernier paradigme permet aussi de prendre des distances avec une conception de l'interculturel centr&#233;e sur la question des diff&#233;rences, des probl&#232;mes, des conflits, des &#171; rencontres entre cultures &#187; (Dervin, 2017, p. 37), ou encore sur la perception et la description des individus selon une seule particularit&#233; sociale ou culturelle et la suppos&#233;e homog&#233;n&#233;it&#233; des groupes d'appartenance ou de r&#233;f&#233;rence. Dans le prolongement des travaux d'Abdallah-Pretceille (2003) et de Dervin (2017) dans le champ de l'&#233;ducation interculturelle, il s'agit pour nous d'insister sur l'id&#233;e que les interactions interculturelles sont avant tout des interactions interpersonnelles o&#249; nous mettons en sc&#232;ne et n&#233;gocions une pluralit&#233; de marqueurs identitaires comme &#171; notre classe sociale, notre appartenance ethnique, notre sexe, notre profession, nos opinions politiques &#187; (Sen, 2015, p. 27), ou encore &#171; les visions du monde (worldviews) [et] les sp&#233;cificit&#233;s individuelles de chacun (&#233;motions, sensibilit&#233;s etc.) &#187; (Dervin, 2017, p. 101). Notre approche de l'interculturalit&#233; s'appuie donc sur une d&#233;finition qui insiste sur &#171; la dimension processuelle, contextuelle et interactionnelle inh&#233;rentes aux relations dites &#034;interculturelles&#034; &#187; (Lavanchy et al., 2011, p. 25) : &#171; On entre alors dans la rencontre entre des individus pluriels, qui se co-construisent &#224; travers/au-del&#224; des identit&#233;s solides et des diff&#233;rences culturelles apparentes, imagin&#233;es et/ou impos&#233;es, dans une historicit&#233;, une intersubjectivit&#233; et des contextes sp&#233;cifiques d'interaction &#187; (Lavanchy et al., 2011).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet de recherche et celui d'ing&#233;nierie p&#233;dagogique se rejoignent ainsi dans l'objectif de ne pas se focaliser &#171; sur la culture comme d&#233;terminant les comportements [mais plut&#244;t de comprendre] &#8230;la mani&#232;re dont l'individu utilise les traits culturels pour dire et se dire, pour s'exprimer verbalement, corporellement, socialement, personnellement &#187; (Abdallah-Pretceille, 2003, p. 20-21).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.1. L'identit&#233; collective et individuelle est plurielle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette perspective, il est n&#233;cessaire de prendre en compte que l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; ne se situe pas uniquement &#224; un niveau inter- ou intra-groupal, mais qu'elle est &#233;galement individuelle. Nous souhaitons ici insister sur la &#171; reconnaissance du caract&#232;re pluriel de notre identit&#233; &#187; (Sen, 2015, p. 42), car la mani&#232;re dont l'identit&#233; est per&#231;ue et d&#233;finie impacte consid&#233;rablement les interactions. L'identit&#233;, concept largement discut&#233; dans le champ des sciences humaines et sociales dans la seconde moiti&#233; du XXe si&#232;cle, est un processus dynamique et relationnel (Erikson, 1968, Kaufmann, 2004, Kunnen et Bosma, 2006). Cette approche permet d'&#233;viter trois principales erreurs communes commises dans une approche substantialiste de l'identit&#233; et qui reste de nos jours &#171; la conception actuellement dominante &#187; (Kaufmann, 2014). La premi&#232;re erreur consiste &#224; &#171; croire que l'identit&#233; renvoie &#224; l'histoire, &#224; notre m&#233;moire, &#224; nos racines &#187; alors qu'en fait elle est &#171; du c&#244;t&#233; de la subjectivit&#233; et de la production de sens &#187; individuelle (Kaufmann, 2014, p. 22). La deuxi&#232;me repose sur la confusion entre l'identit&#233; d'un individu et son &#171; identit&#233; administrative, fond&#233;e sur des caract&#233;ristiques objectives de l'individu et la production du sens de sa vie &#187; (Kaufmann, 2014). Si l'identification consiste &#224; classer et finalement &#224; figer l'identit&#233; des individus, la production de sens rel&#232;ve d'un travail subjectif labile et en constante &#233;volution. En lien avec cette id&#233;e, la troisi&#232;me erreur repose sur une d&#233;finition de l'identit&#233; comme &#233;tant fixe, homog&#232;ne et stable alors qu'il ne s'agit nullement d'une essence ou d'une substance &#224; proprement parler (Kaufmann, 2014, p. 23).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne tenir compte que d'un crit&#232;re unique d&#233;finissant l'identit&#233; d'un individu est une erreur qu'on retrouve dans une approche qu'Amartya Sen d&#233;finit comme &#171; solitariste &#187; (2015), c'est-&#224;-dire que &#171; les &#234;tres humains sont envisag&#233;s comme les membres d'un seul et unique groupe &#187; (Sen, 2015, p. 12). Or, aucune des cat&#233;gories sociales et culturelles pr&#233;c&#233;demment cit&#233;es ne saurait d&#233;finir une personne de mani&#232;re exclusive et dans son enti&#232;ret&#233;. Repartant de l'approche th&#233;orique de notre recherche, il importe que notre projet p&#233;dagogique permette aux apprenants de r&#233;fl&#233;chir &#224; la question du choix des individus dans la construction et l'affirmation de leur identit&#233; plurielle. C'est une composante essentielle dans l'apprentissage d'une d&#233;marche interculturelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est toutefois important de noter qu'un individu n'est pas &#171; libre de tout, capable de choisir ses identifications &#187; au-del&#224; de toute contrainte externe (Dervin et Tournebise, 2012). L'environnement social et culturel et les exp&#233;riences pass&#233;es participent &#224; la construction des cadres de r&#233;f&#233;rence des individus (Abdallah-Pretceille, 2003) et il s'agit d'&#233;viter un &#171; &#034;z&#233;ro culturel&#034;, c'est-&#224;-dire l'ignorance ou la n&#233;gation de la dimension culturelle de la formation [comme un] &#034;tout culturel&#034;, c'est-&#224;-dire une survalorisation de la culture comme facteur d&#233;terminant les conduites et les apprentissages &#187; (Abdallah-Pretceille, 2003, p. 10).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.2. De l'utilit&#233; didactique de la notion de comp&#233;tence interculturelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s largement discut&#233;e et conceptualis&#233;e dans le champ de l'interculturel (Byram, 1997, Berardo et Deardorff, 2012, Bartel-Radic 2009, Faust, 2015), la notion de comp&#233;tence interculturelle a constitu&#233; un point de d&#233;part th&#233;orique utile dans la construction de notre projet p&#233;dagogique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une perspective culturaliste, l'interculturalit&#233; est souvent r&#233;duite aux comp&#233;tences linguistiques et &#224; l'acquisition de connaissances descriptives et globalisantes sur les pays ou les cultures des autres. Or ces &#171; grammaires de culture &#187; (Dervin, 2017, p. 89) ne rendent pas les individus interculturellement comp&#233;tents mais tendent &#224; renforcer des st&#233;r&#233;otypes sur les individus appartenant &#224; d'autres groupes sociaux et culturels que nous. Cela &#233;vacue non seulement le fait que chaque personne poss&#232;de ses propres r&#233;f&#233;rences et ressources culturelles (Jullien 2016), mais cela laisse aussi de c&#244;t&#233; le fait que l'interculturalit&#233; exige avant tout un travail analytique et r&#233;flexif sur soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe ainsi de multiples d&#233;finitions d'une comp&#233;tence interculturelle, parfois contradictoires. Certaines mentionnant une seule comp&#233;tence interculturelle, alors que d'autres en identifient plusieurs, mais toutes partagent n&#233;anmoins une m&#234;me volont&#233; d'application concr&#232;te. On retrouve l'objectif d'&#234;tre capable &#171; de communiquer efficacement et de fa&#231;on appropri&#233;e dans des situations interculturelles &#224; partir de ses propres connaissances, capacit&#233;s et attitudes interculturelles &#187; (Deardorff, 2006, p. 238).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La comp&#233;tence interculturelle a donc &#233;t&#233; pens&#233;e pour prouver l'efficacit&#233; interculturelle des individus, particuli&#232;rement en contexte de mobilit&#233; internationale. Or, parler d'efficacit&#233; implique la n&#233;cessit&#233; et la capacit&#233;, de juger si ces individus communiquent effectivement de fa&#231;on interculturellement efficace. La comp&#233;tence interculturelle se doit donc d'&#234;tre &#233;valuable. Et pour cela, nous avons adapt&#233; le mod&#232;le de Michael Byram (1997) pr&#233;sent&#233; dans le Tableau 1. Ce mod&#232;le s'appuie sur cinq composantes (savoirs, savoir-&#234;tre, savoir-comprendre, savoir-faire et savoir-engager) qui correspondent chacune &#224; des objectifs d'apprentissage et d'enseignement.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5824 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L500xH274/t1-84a6f.jpg?1691685281' width='500' height='274' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce mod&#232;le a l'avantage de &#171; fixer des objectifs d'enseignement-apprentissage plus ou moins pr&#233;cis &#224; partir des diff&#233;rents types de savoirs &#187; (Dervin, 2007, p. 105). Nous rejoignons toutefois la r&#233;serve de Dervin (2017) &#224; l'&#233;gard de ce mod&#232;le, au sujet de la possibilit&#233; d'&#233;valuer tous ces savoirs. Cela concerne plus particuli&#232;rement l'inclusion des savoir-&#234;tre dans les r&#233;f&#233;rentiels de comp&#233;tences et qui correspondent &#224; des attitudes telles que la curiosit&#233;, l'ouverture d'esprit, ou encore la tol&#233;rance et l'honn&#234;tet&#233;. Ces &#233;l&#233;ments, de l'ordre du jugement personnel et subjectif, sont difficilement &#233;valuables par les enseignants, car ils renvoient aux dimensions affectives et &#233;motionnelles des comp&#233;tences (et non &#224; la dimension cognitive, plus g&#233;n&#233;ralement &#233;valu&#233;e). Qui pourraient, en effet, juger de l'honn&#234;tet&#233; ou de l'authenticit&#233; dans une d&#233;marche de curiosit&#233;, d'ouverture d'esprit ou de tol&#233;rance ? Dans notre projet, la comp&#233;tence interculturelle est donc consid&#233;r&#233;e, comme relevant plut&#244;t &#171; de l'ordre des savoir-faire que des savoirs &#187; (Abdallah-Pretceille, 2003, p. 11).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.3. De la notion de comp&#233;tence interculturelle &#224; celle de d&#233;marche interculturelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ce premier cadrage, la notion de comp&#233;tence interculturelle reste fortement ambig&#252;e. En effet, comme le souligne &#224; juste titre Dervin (2007), parler de comp&#233;tence interculturelle, au singulier comme au pluriel, laisse sous-entendre l'id&#233;e, un peu paradoxale, qu'il existe une incomp&#233;tence interculturelle. Or, il n'est pas simple de pouvoir juger, ni d'affirmer l'incomp&#233;tence interculturelle d'une personne, si bien que nous avons travaill&#233; sur une conceptualisation qui facilite l'observation des &#233;tapes d'une d&#233;marche interculturelle, pr&#233;sent&#233;e dans la section suivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;2.3.1. D&#233;finition d'une d&#233;marche interculturelle&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de d&#233;passer les limites de la notion de comp&#233;tence interculturelle, nous lui avons pr&#233;f&#233;r&#233; celle de d&#233;marche interculturelle, qui a aussi l'avantage de rendre compte du caract&#232;re dynamique de l'interculturel (Ogay, 2001). Nous concevons une d&#233;marche interculturelle comme relevant &#224; la fois du champ de l'action et celui de la perception et associ&#233;e &#224; une motivation &#224; agir et &#224; des comportements. Elle est donc autant dans l'agir et le faire que dans l'&#234;tre-au-monde (selon la ph&#233;nom&#233;nologie de Merleau-Ponty [1976]). Nous proposons de la d&#233;finir de la fa&#231;on suivante : dans une interaction per&#231;ue comme interculturelle par les acteurs de cette interaction, une d&#233;marche interculturelle consiste &#224; savoir mobiliser, de fa&#231;on adapt&#233;e, ses comp&#233;tences communicationnelles et sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;marche interculturelle s'inscrit dans le champ de la perception (Merleau-Ponty, 1976) et de la repr&#233;sentation sociale (Moscovici, 2003, Jodelet, 2003). En effet, nous souhaitons insister sur le fait qu'une situation interculturelle ne l'est pas par essence, elle le devient quand les acteurs d'une interaction se per&#231;oivent comme appartenant &#224; des groupes de r&#233;f&#233;rence diff&#233;rents et que cela implique des strat&#233;gies communicationnelles et comportementales visant &#224; la r&#233;ussite de cette interaction. Et si l'interculturalit&#233; rel&#232;ve de la perception en tant que relation au monde, elle ne peut se situer qu'en action, c'est-&#224;-dire qu'elle rel&#232;ve aussi du champ de l'exp&#233;rience (Rogers, 2005, Dewey, 2004).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;3. M&#233;thodologie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Comme notre objectif &#233;tait l'identification des enjeux interculturels dans un contexte ing&#233;nieur, afin de construire un mod&#232;le de d&#233;marche interculturelle &#224; m&#234;me d'inspirer des dispositifs de formation adapt&#233;, nous nous sommes tout d'abord appuy&#233;e sur les r&#233;sultats d'une &#233;tude de cas descriptive men&#233;e par notre coll&#232;gue&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cet &#233;tat des lieux a &#233;t&#233; men&#233; par Lydia B&#233;douret, ing&#233;nieure p&#233;dagogique, et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui visait &#224; faire un &#233;tat des lieux des projets p&#233;dagogiques autour de l'interculturel dans les &#233;coles de l'IDEFI. Cette &#233;tude pr&#233;liminaire (&#233;tude 0) a &#233;t&#233; suivie par :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. une recherche exploratoire qualitative (&#233;tude 1) que nous avons men&#233;e &#224; partir d'entretiens courts avec des enseignants et des &#233;l&#232;ves-ing&#233;nieurs de l'INSA Toulouse et d'observations non participantes &#224; des &#233;v&#233;nements organis&#233;s autour de cette th&#233;matique et en lien avec le monde professionnel. L'objectif &#233;tait de rep&#233;rer la fa&#231;on dont l'interculturalit&#233; &#233;tait comprise et mobilis&#233;e dans un contexte ing&#233;nieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. une &#233;tude autour d'entretiens compr&#233;hensifs longs (Kaufmann, 2011) men&#233;s avec huit ing&#233;nieurs en poste (&#233;tude 2), tous anciens &#233;l&#232;ves des &#233;coles IDEFI, afin d'identifier les enjeux interculturels propres au contexte professionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. une &#233;tude quantitative aupr&#232;s d'&#233;l&#232;ves-ing&#233;nieurs de l'INSA Toulouse (&#233;tude 3) visant &#224; faire une analyse des besoins dans la pr&#233;paration et le retour d'une mobilit&#233; internationale. La participation &#224; cette enqu&#234;te, &#224; partir d'un questionnaire semi-directif en ligne, &#233;tait uniquement sur la base du volontariat et aucune question n'&#233;tait obligatoire. Cent soixante-trois &#233;tudiants, de diff&#233;rentes promotions et sp&#233;cialit&#233;s, ont accept&#233; d'y r&#233;pondre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les donn&#233;es des &#233;tudes 1 &#224; 3 ont &#233;t&#233; &#233;tudi&#233;es &#224; partir d'une analyse du discours (Maingueneau, 2014) et nous ont permis de conceptualiser un mod&#232;le g&#233;n&#233;ral de d&#233;marche interculturelle qui reposait sur trois conditions :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la n&#233;cessit&#233; de partir d'une d&#233;finition &#233;largie de l'interculturalit&#233; afin de prendre en compte les diverses diversit&#233;s de chacun (Dervin, 2017) et de mettre en &#339;uvre une d&#233;construction des st&#233;r&#233;otypes et des biais implicites qui peuvent s'exprimer dans les discours. Les &#233;tudes 0, 1, 2 ont en effet montr&#233; que la limite rencontr&#233;e dans les dispositifs p&#233;dagogiques &#233;tudi&#233;s est que les relations interculturelles s'inscrivent majoritairement dans le paradigme du &#171; mod&#232;le des r&#233;f&#233;rences nationales &#187; (Pierre, 2017), avec l'utilisation r&#233;currente de comparaisons et de &#171; descriptions solides et statiques des &#034;cultures&#034; ou identit&#233;s &#187; (Pierre, 2017). Cette m&#233;thode a pour d&#233;savantage de figer le comportement et les r&#233;actions des individus &#224; des traits qui seraient partag&#233;s par l'ensemble des membres d'un pays ou d'un groupe, au d&#233;triment de la personnalit&#233; et de l'identit&#233; plurielle de chaque individu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; faire prendre conscience aux apprenants les m&#233;canismes des interactions interculturelles et en particulier, de la dynamique communicationnelle, qui reposent sur : une mise en sc&#232;ne de chacun, une perception mutuelle et des variables d'identification mobilis&#233;es pour soi et les autres. Les r&#233;sultats de l'&#233;tude 2 ont mis en &#233;vidence que les comp&#233;tences mobilis&#233;es dans les situations interculturelles sont les m&#234;mes que pour tous types d'interaction, mais elles sont sp&#233;cifiquement utilis&#233;es comme strat&#233;gies pour r&#233;ussir &#224; communiquer ou collaborer avec des personnes per&#231;ues comme diff&#233;rentes, de par leur nationalit&#233;, leur m&#233;tier, leur secteur d'activit&#233; professionnelle ou leur champ d'expertise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; inviter les apprenants &#224; penser la mobilit&#233; internationale en termes de comp&#233;tences professionnelles, autant techniques qu'humaines et sociales. L'&#233;tude 3 a en effet r&#233;v&#233;l&#233; que les &#233;tudiants per&#231;oivent leur mobilit&#233; comme une exp&#233;rience de d&#233;veloppement personnel et non comme une exp&#233;rience professionnalisante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mod&#232;le est pr&#233;sent&#233; dans la section suivante.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;4. Conceptualisation d'un mod&#232;le g&#233;n&#233;ral de d&#233;marche interculturelle&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Partant du cadre th&#233;orique et des r&#233;sultats des &#233;tudes 0 &#224; 3, nous proposons de conceptualiser un mod&#232;le g&#233;n&#233;ral de la d&#233;marche interculturelle adapt&#233; &#224; un contexte ing&#233;nieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4.1. Mod&#232;le g&#233;n&#233;ral d'une d&#233;marche interculturelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la d&#233;finition de la d&#233;marche interculturelle, nous int&#233;grons les enjeux sp&#233;cifiques au contexte ing&#233;nieur identifi&#233;s dans l'enqu&#234;te aupr&#232;s des ing&#233;nieurs professionnels (&#233;tude 2). Cette recherche nous a permis d'&#233;largir la notion d'interculturalit&#233; &#224; des situations professionnelles dont l'objectif est, par d&#233;finition, de produire quelque chose. La d&#233;marche interculturelle concerne donc aussi des activit&#233;s professionnelles comme la gestion de projet et la conception et fabrication d'un produit ou de tout autre livrable. Comme nous l'avons pr&#233;c&#233;demment indiqu&#233;, en tant que mani&#232;re de faire, la d&#233;marche interculturelle est pleinement une d&#233;marche professionnelle et se retrouve &#224; tous les niveaux dans la pratique professionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5825 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L500xH375/f1-4bf0b.jpg?1613547939' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Comme l'illustre ce sch&#233;ma (figure 1), une d&#233;marche interculturelle comporte plusieurs types de composantes qui se divisent, &#224; un premier niveau, en deux grandes familles d'actions : des situations d'interaction d'un c&#244;t&#233; et des situations d'activit&#233;s d'ing&#233;nierie de l'autre. &#192; un deuxi&#232;me niveau, chacune de ces familles comporte deux types de situations interculturelles. Pour les interactions, on trouve des situations de communication au sens g&#233;n&#233;ral, directes ou indirectes, verbales ou non verbales, ainsi que des situations de collaboration ou coop&#233;ration entre &#233;quipes, avec des partenaires, des collaborateurs ou encore avec des fournisseurs ou des clients. Cette premi&#232;re grande famille regroupe les situations habituellement prises en compte dans les recherches ou les formations interculturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partant de cette mod&#233;lisation, il est alors possible d'inclure dans ce sch&#233;ma les diff&#233;rents enjeux professionnels interculturels sous forme de six composantes (5 savoir-faire et un 1 savoir-agir). Dans le but de r&#233;ussir &#224; communiquer, collaborer ou coop&#233;rer, il est tout d'abord important d'analyser et de comprendre son environnement de travail, les repr&#233;sentations symboliques qui circulent, les comportements, les discours et les attitudes des interlocuteurs ainsi que de faire un travail r&#233;flexif sur ses propres actions et r&#233;actions. L'objectif principal d'une d&#233;marche interculturelle, dans ce contexte, est de se d&#233;conditionner (objectif 1), c'est-&#224;-dire d'arriver &#224; d&#233;construire et comprendre ses propres sch&#233;mas de pens&#233;e ainsi que ceux des autres. Ces deux savoir-faire constituent une premi&#232;re &#233;tape n&#233;cessaire dans l'apprentissage interculturel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir effectu&#233; ce premier travail analytique et r&#233;flexif, l'&#233;tape suivante, concernant plus particuli&#232;rement les situations de collaboration, de coop&#233;ration et de gestion de projet, consiste &#224; faire un travail de d&#233;centrement (savoir-agir) et de n&#233;gociation (savoir-faire) afin de prendre en compte la pluralit&#233; des points de vue et des m&#233;thodes de travail. L'objectif de d&#233;centrement (objectif 2) permet de s'appuyer sur cette diversit&#233; pour co-construire une vision collective d'un projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, une troisi&#232;me et derni&#232;re &#233;tape regroupe la capacit&#233; de contextualiser et de s'adapter aux besoins et aux attentes par rapport &#224; un contexte et un public cible. Au-del&#224; des interactions communicationnelles et sociales entre personnes, il s'agit ici de mettre en &#339;uvre les pr&#233;c&#233;dentes &#233;tapes de d&#233;conditionnement et de d&#233;centrement dans la gestion d'un projet et dans la conception et fabrication d'un produit, m&#234;me dans le cadre d'un contexte industriel marqu&#233; par des enjeux de standardisation. Ces deux savoir-faire ouvrent la d&#233;marche interculturelle vers des consid&#233;rations &#233;thiques et humanistes en int&#233;grant la question du sens de ce qui est produit (objectif 3).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4.2. L'interculturalit&#233; en contexte ing&#233;nieur : une d&#233;marche professionnelle et &#233;thique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent, la d&#233;marche interculturelle a &#233;t&#233; principalement consid&#233;r&#233;e &#224; partir de sa dimension communicationnelle, c'est-&#224;-dire dans le cadre d'interactions directes ou indirectes entre plusieurs individus ou groupes. Nous souhaitons d&#233;sormais insister sur l'importance de l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; culturelle au sein m&#234;me de la question scientifique et dans la fa&#231;on d'appr&#233;hender l'ing&#233;nierie. L'accent mis sur &#171; la pluralisation du monde et l'individualisation des choix &#187; (Abdallah-Pretceille, 2020, p. 187) permet de r&#233;v&#233;ler une pluralit&#233; de cultures scientifiques et techniques, autant dans la probl&#233;matisation et la contextualisation des questions d'ing&#233;nierie, que dans la conception et la r&#233;alisation des solutions techniques apport&#233;es. Au-del&#224; d'une base commune dans un m&#234;me champ disciplinaire (telles des formules math&#233;matiques ou de chimie par exemple), il existe de multiples fa&#231;ons de concevoir l'innovation technique. &#192; titre d'exemple, nous pouvons citer les diff&#233;rents mod&#232;les alternatifs d'innovation que sont le low tech ou le wild tech (Grimaud et al., 2017) ou encore, pour prendre un sujet plus pr&#233;cis, la mani&#232;re dont les processus d'automatisation et la robotique r&#233;pondent &#224; des enjeux soci&#233;taux et id&#233;ologiques diff&#233;rents selon les contextes g&#233;ographiques, &#233;conomiques, politiques et sociaux (en guise d'exemple nous pouvons citer Stiegler (2015) pour le monde occidental et Robertson (2017) pour le Japon).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tude aupr&#232;s des ing&#233;nieurs professionnels (&#233;tude 2) a aussi r&#233;v&#233;l&#233; que la question interculturelle est de nature &#233;thique, ce que d&#233;fendait d&#233;j&#224; Martine Abdallah-Pretceille dans le champ de l'&#233;ducation (2003) et de la communication (2020). L'interculturalit&#233; met en effet en &#233;vidence que le fait de nommer, de classer dans des cat&#233;gories sociales et culturelles ou des typologies, n'est pas un acte descriptif neutre, mais implique une consid&#233;ration &#233;thique qui interroge ce constitue la norme (Abdallah-Pretceille 2020). De ce fait, la d&#233;marche interculturelle insiste sur l'importance de contextualiser ses actes, ses propos et sa pratique professionnelle dans un r&#233;seau d'intersubjectivit&#233;s situ&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le contexte ing&#233;nieur, la dimension &#233;thique concerne aussi la mani&#232;re de concevoir le m&#233;tier d'ing&#233;nieur et &#171; le sens de leur action dans le monde &#187; (Chouteau et al., 2015). Dans la perspective d'un humanisme technique tel que pens&#233; par les philosophes Gilbert Simondon et Gaston Berger, l'&#233;thique interculturelle &#171; renvoie &#224; la n&#233;cessit&#233; de contextualiser les savoirs et de donner du sens aux actions humaines, &#224; partir du r&#244;le que chacun exerce dans la soci&#233;t&#233;, enseignant comme ing&#233;nieur &#187; (B&#233;chet et al., 2015, p. 2). Cela r&#233;pond au &#171; besoin de comprendre les implications de la science et la technique pour l'homme &#187; (B&#233;chet et al., 2015), selon des contextes vari&#233;s et que permet le d&#233;veloppement d'une &#171; culture technique &#187;, telle que l'a con&#231;ue par exemple G. Simondon (Guchet, 2015). Celle-ci renvoie au fait &#171; que les techniques comprennent des dispositions culturelles, incluent des rapports sociaux, [et] impliquent des d&#233;cisions politiques, &#233;conomiques et sociales &#187; (Chouteau et al., 2015).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce projet d'ing&#233;nierie p&#233;dagogique vise donc &#224; prendre en compte cette dimension professionnelle et &#233;thique afin de mettre en &#233;vidence l'int&#233;r&#234;t pratique et professionnel de l'interculturalit&#233; pour les ing&#233;nieurs. Cela r&#233;pond plus particuli&#232;rement &#224; un objectif p&#233;dagogique autour de la transf&#233;rabilit&#233; des apprentissages en articulant les comp&#233;tences techniques et les comp&#233;tences humaines et sociales. Tout l'enjeu est de r&#233;ussir &#224; int&#233;grer les questions interculturelles dans les enseignements en sciences de l'ing&#233;nieur, ce que nous avons cherch&#233; &#224; faire via le mod&#232;le de d&#233;marche culturelle dont nous proposons une application p&#233;dagogique ci-dessous.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;5. De la recherche &#224; la conception p&#233;dagogique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette conceptualisation de la d&#233;marche interculturelle nous a permis de construire un dispositif de formation en ligne &#224; l'interculturalit&#233; adapt&#233; au contexte professionnel des ing&#233;nieurs. Nous cherchions par l&#224; &#224; d&#233;construire un mythe bien &#233;tabli qui repose sur l'id&#233;e que la mobilit&#233; internationale suffit &#224; elle seule pour d&#233;velopper des comp&#233;tences interculturelles (Knight, 2011). Il s'agissait donc de partir du projet de mobilit&#233; internationale obligatoire pour les &#233;l&#232;ves-ing&#233;nieurs, pour proposer une formation qui favorise un apprentissage interculturel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5.1. Transposition didactique dans une perspective &lt;strong&gt;fonctionnelle&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re &#233;tape m&#233;thodologique dans la conception de cette formation en ligne a &#233;t&#233; de proc&#233;der &#224; une transposition didactique de ce travail de recherche en objet d'enseignement. C'est bien une question de transposition puisque, comme le rappelle notamment Perrenoud (1998), cela implique une transformation et un changement partiel de la forme des savoirs scientifiques afin qu'ils deviennent des savoirs &#171; &#034;enseignables&#034; et susceptibles d'&#234;tre appris &#187; (Perrenoud, 1998). Il s'agit ici de porter notre attention sur les objectifs p&#233;dagogiques de cette formation POMI qui doit permettre aux apprenants une mise en &#339;uvre pratique de la d&#233;marche interculturelle dans le cadre de leurs exp&#233;riences formatrices, puis professionnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;5.1.1. Favoriser un apprentissage interculturel&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier objectif p&#233;dagogique transversal de cette formation consiste &#224; permettre aux apprenants de d&#233;velopper une d&#233;marche interculturelle, c'est-&#224;-dire de mettre en pratique la conceptualisation th&#233;orique pr&#233;c&#233;demment pr&#233;sent&#233;e. Notre travail de conception p&#233;dagogique vise donc &#224; favoriser un apprentissage interculturel. Dans un mod&#232;le constructiviste et dynamique de l'apprentissage (Lebrun, 2007), nous concevons l'apprentissage interculturel comme la combinaison de plusieurs temps exp&#233;rientiels qui s'appuie non seulement sur la &#171; cha&#238;ne de transposition didactique &#187; (Perrenoud, 1996), mais aussi sur le cycle de l'apprentissage exp&#233;rientiel de Kolb (1984). En voici une proposition sch&#233;matique articulant ces diff&#233;rents temps &#224; la formation (comprise &#224; la fois en tant qu'espace &#8211; la plateforme en ligne qui proposera le contenu de formation &#8211; et en tant que temporalit&#233; &#8211; le suivi m&#234;me de cette formation) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Les connaissances et exp&#233;riences pr&#233;alables&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque apprenant dispose de connaissances et d'exp&#233;riences ant&#233;rieures acquises dans un environnement social et culturel particulier et de fait les &#171; apprentissages impliquent que les connaissances pr&#233;alables soient mobilis&#233;es et que les nouvelles soient r&#233;utilis&#233;es, fr&#233;quemment, dans des situations diverses &#187; (Musial et al., 2011, p. 19).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Le temps p&#233;dagogique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le suivi de la formation (individuel ou collectif, en autonomie ou en classe) entra&#238;ne la transformation des connaissances ant&#233;rieures et la construction de connaissances nouvelles (Musial et al., 2011, p. 19), &#224; travers un travail de d&#233;construction des biais et le d&#233;veloppement d'une d&#233;marche interculturelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. La mobilit&#233; internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arrive ensuite le temps d'une nouvelle exp&#233;rience qui permet la mise en &#339;uvre pratique des connaissances acquises. Dans le cadre de POMI, il s'agit plus sp&#233;cifiquement de la mobilit&#233; internationale sortante ou entrante des &#233;l&#232;ves-ing&#233;nieurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Un temps r&#233;flexif&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la suite de cette nouvelle exp&#233;rience v&#233;cue, ce cycle de l'apprentissage interculturel se conclut par un temps de r&#233;flexivit&#233;, individuelle ou collective, avec une mise en regard de cette nouvelle exp&#233;rience par rapport aux exp&#233;riences ant&#233;rieures. Nous souhaitons insister sur l'importance de ce travail r&#233;flexif qui fait partie inh&#233;rente de la d&#233;marche interculturelle en ce qu'elle participe &#224; son internalisation chez les apprenants ainsi qu'&#224; la construction durable de nouvelles habitudes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La question de l'internalisation et de la durabilit&#233; de ce nouvel habitus (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;5.1.2. Une approche p&#233;dagogique anti-biais&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce premier objectif transversal est accompagn&#233; d'un second visant &#224; favoriser un travail de d&#233;construction des biais de jugement implicites et explicites &#224; travers une approche p&#233;dagogique anti-biais. C'est en effet une &#233;tape essentielle dans le d&#233;veloppement d'une d&#233;marche interculturelle. Repartant de notre d&#233;finition conceptuelle de cette d&#233;marche, cette formation vise &#224; permettre aux apprenants de rep&#233;rer et d'analyser les processus perceptifs dans le cadre d'interactions interculturelles, afin de d&#233;construire les st&#233;r&#233;otypes, les pr&#233;jug&#233;s et les biais de jugement et de valeur que les individus peuvent exprimer de mani&#232;re implicite ou explicite, que ce soit dans le contexte de la formation d'ing&#233;nieur ou dans un contexte professionnel. Comme le pr&#233;cise Abdallah-Pretceille, l'objectif n'est &#171; pas de s'arr&#234;ter sur les caract&#233;ristiques auto-attribu&#233;es ou h&#233;t&#233;ro-attribu&#233;es des autres, mais d'op&#233;rer, dans le m&#234;me temps, un retour sur soi. [&#8230;] L'interrogation identitaire de soi par rapport &#224; autrui fait partie int&#233;grante de la d&#233;marche interculturelle &#187; (Abdallah-Pretceille, 2003, p. 10).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cela, il s'agit de proposer aux apprenants de rep&#233;rer, pour mieux les &#233;carter, les diff&#233;rents biais souvent associ&#233;s &#224; l'interculturel : &#171; Le biais diff&#233;rentialiste (l'interculturel veut toujours dire diff&#233;rence de culture et de langue), le biais comparativiste (l'interculturel m&#232;ne syst&#233;matiquement &#224; la comparaison des cultures, des valeurs, des habitudes etc.), le biais individualiste (c'est toujours la faute et la responsabilit&#233; de l'un des interlocuteurs alors qu'il partage cette responsabilit&#233; avec l'Autre), le biais probl&#233;miste (l'interculturel fonctionne avant tout autour de probl&#232;me, de communication, de &#171; clash &#187; des cultures et des valeurs) &#187; (Dervin, 2017, p. 3-4).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour favoriser ce travail de d&#233;construction, nous privil&#233;gions notamment l'articulation de deux processus d'apprentissage compl&#233;mentaires. Il s'agit, pour le premier, de la compr&#233;hension qui correspond &#224; &#171; l'interpr&#233;tation (vraie ou fausse) que fait quelqu'un de quelque chose, &#224; un moment donn&#233;, en fonction de ses connaissances ant&#233;rieures (des concepts, des connaissances sp&#233;cifiques de situation) mais aussi de ses souvenirs &#187; (Musial et al. 2011, p. 20). Le second porte sur une prise de conscience qui est la &#171; mise en &#339;uvre par les activit&#233;s d'analyse de ce que les apprenants produisent eux-m&#234;mes, mais aussi dans l'analyse d'autres productions, notamment de productions qui ne respectent pas la r&#232;gle qui est la cible de la prise de conscience &#187; (Musial et al. 2011, p. 25).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5.2. Sc&#233;narisation p&#233;dagogique &#224; partir du mod&#232;le de d&#233;marche interculturelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous souhaitons d&#233;sormais pr&#233;senter concr&#232;tement le sc&#233;nario p&#233;dagogique que nous avons con&#231;u pour cette formation POMI. Ce travail de sc&#233;narisation s'est d&#233;velopp&#233; &#224; partir du mod&#232;le g&#233;n&#233;ral d'une d&#233;marche interculturelle (figure 1). Si ce mod&#232;le s'inscrit ici dans un contexte ing&#233;nieur, il est suffisamment g&#233;n&#233;ral pour &#234;tre transpos&#233; et adapt&#233; &#224; une grande vari&#233;t&#233; de situations professionnelles et de m&#233;tiers. De m&#234;me, cette formation s'appuie sur les projets de mobilit&#233; internationale des &#233;tudiants. Toutes les formes de mobilit&#233; sont prises en compte, entrante ou sortante, semestre d'&#233;tude, stage &#224; l'&#233;tranger ou encore projet humanitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;5.2.1. Le cheminement p&#233;dagogique&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mod&#232;le g&#233;n&#233;ral d'une d&#233;marche interculturelle se veut avant tout pratique. Notre approche m&#233;thodologique s'appuie sur une perspective fonctionnelle (en r&#233;f&#233;rence &#224; la p&#233;dagogie fonctionnelle de John Dewey [Tsuin-Chen, 1958]) puisqu'il s'agit de r&#233;pondre au contexte des formations d'ing&#233;nieur o&#249; l'approche par comp&#233;tences est le mod&#232;le d'apprentissage pr&#233;conis&#233; par la CTI. Dans le cadre de ce nouveau paradigme, l'apprentissage est &#171; centr&#233; sur l'appropriation de ces savoirs et sur leur insertion dans des probl&#233;matiques pratiques &#187; (Chauvign&#233; et Coulet, 2010, p. 15).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce fait, le cheminement p&#233;dagogique propos&#233; dans cette formation POMI vise &#224; faire travailler les apprenants sur les trois grands objectifs d'apprentissage pr&#233;sent&#233;s dans le mod&#232;le, &#224; partir de six modules (tableau 2) : les deux premiers modules r&#233;pondent &#224; l'objectif de d&#233;conditionnement ; les modules 3 et 4 visent l'objectif de d&#233;centrement ; enfin les modules 5 et 6 proposent de r&#233;fl&#233;chir &#224; ce qu'est une d&#233;marche professionnelle interculturelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'apprentissage interculturel se d&#233;roule en trois temps. Les quatre premiers modules pr&#233;parent les apprenants &#224; la mobilit&#233; internationale, &#224; travers un travail de d&#233;construction des st&#233;r&#233;otypes et d'une prise de conscience du caract&#232;re multiculturel de leur campus &#224; domicile. S'en suit le temps de la mobilit&#233; m&#234;me, o&#249; les apprenants tenteront de mettre en &#339;uvre une d&#233;marche interculturelle (le temps de l'exp&#233;rience). Puis au retour de leur mobilit&#233;, les &#233;tudiants sont invit&#233;s &#224; suivre les deux derniers modules qui visent, dans un travail r&#233;flexif, &#224; penser leur mobilit&#233; comme une exp&#233;rience professionnalisante. Ce dernier temps de la formation renvoie plus particuli&#232;rement &#224; l'interculturalit&#233; en tant que d&#233;marche professionnelle et &#233;thique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5826 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L500xH280/t2-3ac7d.jpg?1691685281' width='500' height='280' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je pense une question scientifique dans une perspective interculturelle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;5.2.2. Comp&#233;tences mobilis&#233;es pour chaque objectif d'apprentissage&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de faire travailler les &#233;tudiants sur les trois objectifs d'une d&#233;marche interculturelle, six composantes &#224; acqu&#233;rir ont &#233;t&#233; identifi&#233;es et r&#233;parties dans les diff&#233;rents modules de formation (tableau 3). Nous nous sommes inspir&#233;e du mod&#232;le des comp&#233;tences interculturelles propos&#233;es par Dervin (2007) qui comprend deux savoir-faire et un savoir-r&#233;agir/agir, correspondant aux trois premi&#232;res composantes du tableau ci-dessous. Les trois composantes suivantes (savoir-faire 3 &#224; 5) ont &#233;t&#233; pens&#233;es pour r&#233;pondre aux besoins sp&#233;cifiques identifi&#233;s dans le cadre de notre recherche. D&#232;s lors que l'apprenant est en mesure de rep&#233;rer et de d&#233;construire les repr&#233;sentations st&#233;r&#233;otyp&#233;es et biais&#233;es, il lui est &#233;galement n&#233;cessaire d'&#234;tre capable de prendre en consid&#233;ration la pluralit&#233; des points de vue et des m&#233;thodes de travail (savoir-faire 3). C'est une comp&#233;tence indispensable pour tout travail en &#233;quipe et dans la gestion de projet. Enfin, il est tout aussi important d'insister sur le r&#244;le de la d&#233;marche interculturelle dans la pratique professionnelle des ing&#233;nieurs, afin de sortir d'une approche bien trop souvent technocentr&#233;e. Pour cela, le module 6 propose aux &#233;tudiants de travailler sur deux composantes qui leur permettront de penser la technique de fa&#231;on contextualis&#233;e (savoir-faire 4) et de fa&#231;on &#233;thique (savoir-faire 5).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5827 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L500xH385/t3-0aed0.jpg?1613547940' width='500' height='385' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ces six composantes sont pr&#233;sent&#233;es de fa&#231;on d&#233;taill&#233;e aux apprenants dans le cadre du module 5. Celui-ci propose une activit&#233; de r&#233;flexivit&#233; sur la mobilit&#233; internationale en incitant les apprenants &#224; penser leur exp&#233;rience en termes de comp&#233;tences. Pour cela, l'activit&#233; prend la forme d'un guide d'auto-&#233;valuation que nous avons &#233;labor&#233; &#224; partir du mod&#232;le des comp&#233;tences interculturelles propos&#233;es par Dervin (2007) et que nous avons compl&#233;t&#233; pour l'adapter &#224; notre mod&#232;le d'une d&#233;marche interculturelle. Nous avons notamment repris la fa&#231;on dont sont pr&#233;sent&#233;es les composantes dans le mod&#232;le de Dervin, car elle r&#233;pond &#224; un besoin que nous partageons. Il s'agit en effet de permettre aux apprenants de &#171; v&#233;rifier si [leurs] propres actions/r&#233;actions/strat&#233;gies sont ad&#233;quates ou, le cas &#233;ch&#233;ant, [de] se fixer des objectifs &#224; remplir &#187; (Dervin, 2007, p. 115).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce guide, chacune des six composantes est introduite par un paragraphe de cadrage, suivi de plusieurs items &#233;crits &#224; la premi&#232;re personne du singulier visant &#224; faciliter le travail d'auto-&#233;valuation (figure 2). Lorsque les apprenants consid&#232;rent un ou plusieurs items acquis, ils les cochent et r&#233;digent un court paragraphe r&#233;flexif expliquant comment ils ont d&#233;velopp&#233; cette comp&#233;tence. L'objectif est que les apprenants puissent se servir de ce guide tout au long de leur parcours de formation, au-del&#224; de la seule mobilit&#233; internationale et qu'ils puissent y revenir pour le compl&#233;ter en fonction de leurs diverses exp&#233;riences interculturelles.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5828 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L500xH320/f2-66a7f.jpg?1613547940' width='500' height='320' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;r&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;6. Conclusion : d&#233;cloisonner l'interculturalit&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans cet article, nous avons souhait&#233; montrer l'importance des enjeux interculturels pour la formation d'ing&#233;nieur &#224; travers la conceptualisation d'un mod&#232;le de d&#233;marche interculturelle. Avec ce travail de d&#233;finition et son r&#244;le dans la conception p&#233;dagogique du cours POMI, il s'agissait pour nous de souligner le fait qu'&#171; on ne peut enseigner directement des comp&#233;tences, mais seulement cr&#233;er les conditions de leur d&#233;veloppement, au gr&#233; de dispositifs d'entra&#238;nement &#187; (Perrenoud, 1998). Nous avons focalis&#233; notre pr&#233;sentation sur l'articulation entre un travail de recherche, de mod&#233;lisation de la d&#233;marche interculturelle et son application p&#233;dagogique. Une premi&#232;re phase de test de la plateforme en ligne, pr&#233;vue au printemps 2021, devrait nous fournir des retours pr&#233;cieux sur les apports et les limites de cette approche. N&#233;anmoins, nous pouvons d'ores et d&#233;j&#224; observer que ce va-et-vient constant entre recherche et conception p&#233;dagogique constitue une v&#233;ritable plus-value qui rend possible la cr&#233;ation de contenus originaux adapt&#233;s aux sp&#233;cificit&#233;s du m&#233;tier d'ing&#233;nieur, notamment pour cette th&#233;matique interculturelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'attente de ces premiers retours d'exp&#233;rience, nous souhaitons conclure cet article sur l'id&#233;e qu'un d&#233;cloisonnement de l'interculturalit&#233; dans l'enseignement sup&#233;rieur est n&#233;cessaire. Dans les formations d'ing&#233;nieur, l'interculturel se retrouve traditionnellement dans des cours sp&#233;cifiques comme les cours de langue, ou les cours en sciences humaines et sociales avec la communication interculturelle ou le management interculturel. Si ces enseignements participent &#224; l'apprentissage interculturel des &#233;l&#232;ves-ing&#233;nieurs, ils restent trop souvent dans une approche culturaliste centr&#233;e sur un apprentissage de faits culturels. Sans remettre en question leur pertinence et leur efficacit&#233;, il est important de ne pas restreindre l'interculturalit&#233; &#224; une question de contenu disciplinaire. L'interculturalit&#233; se construisant comme un champ de recherche pluridisciplinaire, nous souhaitons souligner l'importance d'adopter une approche transversale similaire dans l'enseignement. Ceci n'est d'ailleurs pas limit&#233; aux formations d'ing&#233;nieur et peut &#234;tre transpos&#233; dans d'autres formations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des enjeux de formation importants de cette transversalit&#233;, est d'assurer la transf&#233;rabilit&#233; des apprentissages en d&#233;cloisonnant les enseignements en sciences humaines et sociales et les cours de langue pour permettre aux &#233;tudiants de comprendre les articulations possibles entre ces cours et ceux de leur sp&#233;cialit&#233;. C'est dans cette perspective que se situe notre d&#233;finition d'une d&#233;marche interculturelle. Elle permet d'ouvrir les enjeux interculturels en les int&#233;grant dans une approche transversale de l'ing&#233;nierie, autant du c&#244;t&#233; de la formulation d'un probl&#232;me technique et scientifique, que du c&#244;t&#233; des r&#233;ponses techniques propos&#233;es &#224; des besoins sp&#233;cifiques et contextualis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Remerciements&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La recherche de M&#233;lanie Le Forestier a &#233;t&#233; financ&#233;e par l'IDEFI DEFI Diversit&#233;s qui a b&#233;n&#233;fici&#233; d'un financement dans le cadre du Programme d'Investissements d'Avenir (PIA) et une gestion op&#233;rationnelle de l'ANR.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Bibliographie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Des DOI sont automatiquement ajout&#233;s aux r&#233;f&#233;rences par Bilbo, l'outil d'annotation bibliographique d'OpenEdition.&lt;br class='autobr' /&gt;
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&lt;p&gt;Abdallah-Pretceille, M. (2017). L'&#233;ducation interculturelle (5e &#233;dition). Presses Universitaires de France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abdallah-Pretceille, M. (2003). Former et &#233;duquer en contexte h&#233;t&#233;rog&#232;ne : Pour un humanisme du divers. Economica.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abdallah-Pretceille, M. (2020). La communication interculturelle. Entre pertinence et impertinence. L'Harmattan.&lt;/p&gt;
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DOI : 10.7202/038582ar&lt;/p&gt;
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		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cet &#233;tat des lieux a &#233;t&#233; men&#233; par Lydia B&#233;douret, ing&#233;nieure p&#233;dagogique, et actuellement doctorante en psychologie cognitive des apprentissages &#224; l'Universit&#233; Toulouse 2 Jean Jaur&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La question de l'internalisation et de la durabilit&#233; de ce nouvel habitus est d&#233;velopp&#233;e dans le cadre de la th&#232;se d&#233;j&#224; cit&#233;e de Lydia B&#233;douret, &#224; partir d'une d&#233;construction des biais implicites.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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