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	<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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	<description>Un site participatif, lieu de partage et d'&#233;change autour des initiatives en transitions et des innovations p&#233;dagogiques dans l'enseignement sup&#233;rieur francophone.</description>
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		<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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		<title>Hospitalit&#233; &#233;pist&#233;mique et p&#233;dagogie universitaire : l'&#233;galit&#233; et ses probl&#232;mes</title>
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		<dc:creator>Christophe Point</dc:creator>



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&lt;p&gt;Depuis les travaux de L&#233;vinas et Derrida, l'hospitalit&#233; n'est pas une valeur nouvelle. Cependant, elle reste &#233;trangement peu mobilis&#233;e au sein des questions relatives &#224; l'&#233;thique et &#224; la p&#233;dagogie universitaire. Or, nous souhaitons d&#233;fendre ici que l'hospitalit&#233;, pens&#233;e par la philosophie pragmatiste, peut &#234;tre une notion cl&#233; pour r&#233;soudre la question suivante : quelle &#233;galit&#233; voulons-nous &#224; l'universit&#233; ? L'objectif de notre argumentation est double. Tout d'abord, nous montrerons en quoi le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis les travaux de L&#233;vinas et Derrida, l'hospitalit&#233; n'est pas une valeur nouvelle. Cependant, elle reste &#233;trangement peu mobilis&#233;e au sein des questions relatives &#224; l'&#233;thique et &#224; la p&#233;dagogie universitaire. Or, nous souhaitons d&#233;fendre ici que l'hospitalit&#233;, pens&#233;e par la philosophie pragmatiste, peut &#234;tre une notion cl&#233; pour r&#233;soudre la question suivante : quelle &#233;galit&#233; voulons-nous &#224; l'universit&#233; ? L'objectif de notre argumentation est double. Tout d'abord, nous montrerons en quoi le lib&#233;ralisme &#224; l'&#339;uvre actuellement au sein des universit&#233;s en vient &#224; mettre dangereusement en tension l'&#233;galit&#233; et la diversit&#233;, et ce au c&#339;ur m&#234;me de nos pratiques p&#233;dagogiques quotidiennes. Puis, contre cette orientation lib&#233;rale, nous proposons des pistes pour une autre &#233;thique universitaire s'articulant autour de la notion d'hospitalit&#233; &#224; soi, aux autres et aux savoirs. Cela dans le but de promouvoir &#224; l'universit&#233; une &#233;galit&#233;, qui cro&#238;t et se nourrit des diff&#233;rences plut&#244;t que de leur d&#233;ni ou leur rejet.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/edso/13112&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article&lt;/a&gt; repris de la revue Education et socialisation, une publication sous licence CC by nc nd&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Introduction : l'&#233;galit&#233; contre la diversit&#233; ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#201;galit&#233; des chances ou &#233;galit&#233; des r&#233;ussites &#224; l'universit&#233; ? Cette question nous &#233;voque deux souvenirs diff&#233;rents d'universitaire. Le premier est celui du grand hall d'entr&#233;e d'un b&#226;timent d'une prestigieuse universit&#233; canadienne. Sur les murs de celui-ci sont accroch&#233;s des tableaux bien particuliers. Il s'agit des tableaux d'honneur o&#249; posent, promotion apr&#232;s promotion, les &#233;tudiants gradu&#233;s. Robes aux couleurs de l'universit&#233;, dipl&#244;mes en main, sourires&#8230; chacun est dans son petit espace ovale individuel, fier d'avoir r&#233;ussi. Chaque portrait est &#224; &#233;galit&#233;, dans un espace identique aux autres mais isol&#233; et clairement d&#233;termin&#233;. Aucune trace des autres, ceux qui n'ont pas &#233;t&#233; gradu&#233;s cette ann&#233;e-l&#224;. Le second souvenir est un jour de printemps, sur la pelouse d'universit&#233; fran&#231;aise. Sur une petite butte enherb&#233;e, nous, les enseignants, avions organis&#233; une &#171; s&#233;ance photo &#187; pour la promotion des &#233;tudiants de premi&#232;re ann&#233;e en licence Sciences de l'&#233;ducation. Il faut alors imaginer une centaine de jeunes filles principalement, qui, se tenant par les bras et penchant la t&#234;te les unes vers les autres, sourient et chahutent joyeusement. Elles ne connaissent pas encore leurs r&#233;sultats du premier semestre, mais elles sont toutes l&#224;, 102 pr&#233;sentes exactement sur 102 inscrites, occupant une place &#233;gale sur cette photo collective. Toutes heureuses d'avoir leur place sur la photo, croyant en leur chance de valider leur ann&#233;e. Ces deux souvenirs illustrent bien deux conceptions de l'&#233;galit&#233; &#224; l'universit&#233;. Et l'objectif de cette contribution est de proposer une argumentation en faveur de l'une par rapport &#224; l'autre, &#224; partir de la notion d'hospitalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, pour les philosophes pragmatistes, dont John Dewey, l'universit&#233; doit chercher &#224; tout prix &#224; d&#233;velopper une vertu bien particuli&#232;re chez les &#233;tudiants et leurs enseignants : l'hospitalit&#233; &#233;pist&#233;mique [&#171; hospitality of mind &#187; (Dewey, 1924, p. 201)]. Cette derni&#232;re peut se d&#233;finir rapidement comme un processus &#224; la fois &#233;thique et r&#233;flexif o&#249; : 1/ l'on reconnait de l'existence d'une diversit&#233; d'entit&#233;s toutes diff&#233;rentes les unes des autres (James, 1909 ; Addams, 1913), 2/ l'on accepte que la rencontre de ces entit&#233;s les transforme conjointement, chacune diff&#233;remment, par un apport mutuel de leurs particularit&#233;s (Cometti, 2001 ; Garreta, 2007), et 3/ apr&#232;s le temps de la rencontre, qu'une nouvelle s&#233;paration de ces entit&#233;s vienne enrichir encore la diversit&#233; de celles-ci. En un mot, cette vertu croit en la richesse de la diversit&#233; et de la n&#233;cessit&#233; de l'accroitre ind&#233;finiment, faisant ainsi la promotion d'un &#171; pluralisme fort &#187; (Bohman, 1999). De plus, cette derni&#232;re n'est possible qu'&#224; condition de croire &#233;galement en l'&#233;gale dignit&#233; et le droit de chacun &#224; acc&#233;der &#224; l'enseignement sup&#233;rieur. Affirmons-le sans d&#233;tour : sans cette &#233;galit&#233;-l&#224;, aucune v&#233;ritable hospitalit&#233; n'est possible &#224; l'universit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le p&#233;dagogue cherchant &#224; transmettre cette vertu &#224; ses &#233;tudiants, l'universit&#233; pourrait sembler a priori &#234;tre un lieu id&#233;al d'enseignement (Paivandi, Younes, et Romainville, 2019). En effet, la diversit&#233; des programmes d'&#233;tudes, des objets de savoirs et des &#233;tudiants eux-m&#234;mes est un &#233;l&#233;ment souvent nouveaux pour les &#233;tudiants de premi&#232;re ann&#233;e et qui pourrait &#234;tre l'objet d'une valorisation &#233;thique, p&#233;dagogique et scientifique de la part des enseignants-chercheurs. Malheureusement, c'est au contraire l'effet inverse qui peut s'observer au sein des pratiques p&#233;dagogiques, et ce, souvent au nom de l'&#233;galit&#233; elle-m&#234;me. Qu'il s'agisse des travaux &#224; faire en groupe, de l'&#233;valuation des travaux ou encore des modalit&#233;s d'organisations des groupes de TD entre eux, partout l'&#233;galit&#233; est invoqu&#233;e contre les tentatives d'innovation ayant trait &#224; la diff&#233;rentiation p&#233;dagogique (Fornasieri et al., 2003 ; Perrenoud, 2015 ; Troncin, 2011). Comment une telle tension entre l'&#233;galit&#233; et la diversit&#233; est-elle possible ? Et surtout, face &#224; ce constat, comment promouvoir une hospitalit&#233; &#233;pist&#233;mique au sein d'une p&#233;dagogie universitaire (Prairat, 2014 ; Kolly, 2018) sans l'opposer aux revendications, parfois l&#233;gitimes, d'&#233;galit&#233; entre les diff&#233;rents acteurs du milieu universitaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ce probl&#232;me, nous faisons l'hypoth&#232;se que, durant les d&#233;cennies qui nous s&#233;parent de l'&#233;poque de John Dewey, une certaine conception lib&#233;rale de la p&#233;dagogie universitaire s'est peu &#224; peu diffus&#233;e, et est venue mettre en tension l'&#233;galit&#233; et la diversit&#233; au quotidien. Cette conception lib&#233;rale, dont l'&#233;tude occupera le premier temps de notre r&#233;flexion, repose, selon nous, sur une logique extractiviste qui ne peut que promouvoir un &#171; pluralisme faible &#187;, alors que l'hospitalit&#233; &#233;pist&#233;mique du pragmatisme (et l'accord entre l'&#233;galit&#233; et la diversit&#233; qui en d&#233;coule) n&#233;cessite un &#171; pluralisme fort &#187;. Aussi, pour contrebalancer la conception p&#233;dagogique lib&#233;rale actuelle, nous pr&#233;sentons dans un second temps une autre &#233;thique universitaire possible. Ethique, construite &#224; partir de la philosophie pragmatiste, qui rend possible une p&#233;dagogie universitaire orient&#233;e vers l'hospitalit&#233; envers les savoirs inconnus, soi-m&#234;me, et enfin autrui. Ainsi, nous esp&#233;rons que cette d&#233;marche m&#233;thodologique qui s'inscrit dans l'histoire des id&#233;es contribuera &#224; penser de nouvelles ressources p&#233;dagogiques &#224; l'universit&#233; pour articuler diff&#233;remment l'&#233;galit&#233; et la diversit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;L'&#233;galit&#233; et ses probl&#232;mes : les limites du lib&#233;ralisme p&#233;dagogique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La croissance du champ universitaire au XX&#232;me si&#232;cle, avec la multiplication des universit&#233;s, l'expansion de la population &#233;tudiante et la mise en place progressive de grands r&#233;seaux d'universit&#233;s entre pays, est un processus sociologique qui fait partie de ce grand mouvement historique complexe que nous appelons d&#233;sormais la globalisation (Gibson-Graham, 1996, p. 121). Le point de d&#233;part de notre hypoth&#232;se consiste ici &#224; soutenir que, lors de cette croissance, la p&#233;dagogie universitaire au XX&#232;me si&#232;cle a peu &#224; peu &#233;t&#233; influenc&#233;e, et a fini par partiellement adopter la plupart des paradigmes propres au lib&#233;ralisme (Blanchet, 2019).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne sommes pas les premiers &#224; &#233;tudier la relation qu'entretiennent les valeurs propres &#224; l'universit&#233; et celles qui &#233;mergent de cette logique &#233;conomique lib&#233;rale. Cette &#171; market orientation &#187; (Badley, 2002, p. 447) influence la recherche, l'enseignement et la formation universitaire (Badley, 2016, 485) et de nombreux universitaires la critiquent (Shumar, 1997, p. 24&#8209;40 ; Laval, 2012). Aussi, en 2002, Paul Axelrod &#233;met l'id&#233;e selon laquelle la logique &#233;conomique lib&#233;rale actuelle reconstruirait nos conceptions de ce qu'est le travail et l'identit&#233; de l'universit&#233;. Il remarque la tendance des &#233;tudiants et des enseignants &#224; se consid&#233;rer, respectivement et de plus en plus, comme des consommateurs et des producteurs de connaissances ou de comp&#233;tences (Axelrod, 2002, p. 86&#8209;87). Nous ne pouvons &#233;tudier ici l'ensemble des impacts de cette conception de l'universit&#233;, cependant, nous pouvons observer ce qu'il en est pour la promotion de l'&#233;galit&#233; et du pluralisme, valeurs ch&#232;res au projet pragmatiste&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En effet, la promotion de l'&#233;galit&#233; et du pluralisme est une des convictions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, il nous semble que ce processus du lib&#233;ralisme, que permet la logique production/consommation ne peut se passer d'une conception pluraliste du monde. Ici, la r&#233;alit&#233; est un ensemble complexe r&#233;unissant une grande pluralit&#233; d'&#233;l&#233;ments. Cependant, si cette logique part bien du constat, quasiment ontologique, de la diversit&#233; du monde, elle ne la promeut pas. Entre la production de biens consommables et la consommation de ces biens produits, aucune de ces deux dynamiques ne valorise la diversit&#233; (des biens en question) au-del&#224; de la r&#233;action de l'autre dynamique. C'est dire que l'on ne produira que les biens qui seront consomm&#233;s et l'on ne consommera que les biens qui auront &#233;t&#233; produits. La diversit&#233; des biens produits ainsi que la diversit&#233; des envies du consommateur ne se soutiennent que faiblement, car ces deux dynamiques s'auto-limitent. L'offre et la demande semblent &#234;tre incapables de s'assurer mutuellement de leur int&#233;r&#234;t pour la diversit&#233;. Il s'agit donc d'un &#171; pluralisme faible &#187; se d&#233;finissant par le fait que la diversit&#233; de l'un (l'offre) se trouvera limit&#233;e par la normativit&#233; de l'autre (la demande) et vice-versa. L'&#233;galit&#233; promue ici devient alors homog&#233;n&#233;it&#233;, une &#233;galit&#233; sans diff&#233;rences, o&#249; chaque &#233;tudiant demande &#224; &#234;tre semblable &#224; l'autre, pour &#234;tre trait&#233; de fa&#231;on identique. Ce pluralisme faible ouvre alors la porte &#224; toutes les critiques anticapitalistes que l'on conna&#238;t au sujet de la globalisation : ce processus aurait tendance &#224; uniformiser les biens rendus universellement commensurables, &#233;changeables et sans autre valeur que celle de leur consommation (destruction) imm&#233;diate par des envies standardis&#233;es et appauvries.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans nous prononcer sur les limites du bien-fond&#233; de ces critiques, parfois et paradoxalement peu &#171; critiques &#187; sur leurs propres argumentations, nous ne pouvons que constater que ce pluralisme &#171; faible &#187; port&#233; par le lib&#233;ralisme, ne peut que s'opposer au &#171; pluralisme fort &#187; pr&#244;n&#233; par le pragmatisme. En effet, celui-ci part du constat d'une diversit&#233; de la r&#233;alit&#233;, mais cherche &#233;galement &#224; l'accro&#238;tre (a) subjectivement, (b) moralement et (c) politiquement. Ainsi, (a) une attitude pragmatiste sera r&#233;guli&#232;rement en faveur de l'augmentation d'une pluralit&#233; des int&#233;r&#234;ts, des projets possibles de chacun (Rorty, 1995, p. 117&#8209;18). Elle se prononcera &#233;galement en faveur (b) d'une &#171; pluralit&#233; intotalisable de conduites vertueuses &#187; (Statius, 2009, p. 122), irr&#233;ductible &#224; une unit&#233; morale. Enfin (c), sur le plan politique, c'est la pluralit&#233; des avenirs collectifs possibles qui sera valoris&#233;e par les individus adoptant cette attitude, plut&#244;t qu'un seul id&#233;al pr&#233;d&#233;fini (Rorty, 2001, p. 30). Nous faisons donc l'hypoth&#232;se que le processus du lib&#233;ralisme vient mettre en p&#233;ril ce pluralisme &#171; fort &#187; pr&#244;n&#233; par le pragmatisme et que l'universit&#233; est un lieu de ce danger. Nous soutenons que ce lib&#233;ralisme p&#233;dagogique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce lib&#233;ralisme p&#233;dagogique est ici d&#233;fini en tant qu'ensemble coh&#233;rent de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; o&#249; l'&#233;tudiant se dote d'une posture de consommateur et l'enseignant d'une posture de producteur nuit, d'une part, &#224; la diversit&#233; &#233;pist&#233;mique de ce milieu &#233;cologique particulier qu'est l'universit&#233;, et, d'autre part, cr&#233;e une &#233;galit&#233; sans diff&#233;rence, une homog&#233;n&#233;isation appauvrissante des rapports p&#233;dagogiques. Notre argument pour soutenir cette hypoth&#232;se rel&#232;ve de l'analyse d'une logique sous-tendant ce processus : l'extractivisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Christine Musselin, l'organisation de l'universit&#233; &#233;tait pens&#233;e durant les ann&#233;es 1960-1970 sur le mod&#232;le dit &#171; de la poubelle &#187;, c'est-&#224;-dire une sorte d'anarchie organis&#233;e (1997), sans v&#233;ritable orientation h&#233;g&#233;monique quant &#224; ses finalit&#233;s. Mais ce mod&#232;le a ensuite c&#233;d&#233; le pas en 1980 au mod&#232;le de l'entreprise (Raucent, Verzat, et Villeneuve, 2013, p. 514&#8211;15), mod&#232;le pr&#244;nant une logique bien particuli&#232;re : l'extractivisme. Aussi, si la critique de la marchandisation moderne du savoir et ses cons&#233;quences sur l'universit&#233; est vaste et bien connue (Barrot, 2011 ; Bourricaud, 1971 ; Freitag, 1995), il nous semble que notre critique du lib&#233;ralisme p&#233;dagogique ne s'y r&#233;duit pas&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En effet, le concept de marchandisation et celui d'extractivisme ne (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, car la critique de la logique de l'extractivisme et ses implications pour la p&#233;dagogie universitaire reste encore &#224; faire. Esquissons ici cette critique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concept d'extractivisme cherche &#224; cerner l'attitude d'une entit&#233; dont la survie d&#233;pend de sa capacit&#233; &#224; extraire de son milieu &#233;cologique les biens n&#233;cessaires, mais dont l'exc&#232;s de cette capacit&#233; a pour cons&#233;quence de d&#233;truire, d'&#233;puiser, son milieu. Cette attitude, fondamentalement in&#233;galitaire, a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; identifi&#233;e au sein des dynamiques imp&#233;rialistes, colonisatrices, des exploitations de mati&#232;res premi&#232;res, mais &#233;galement au sein des dynamiques patriarcales &#233;tudi&#233;es par le courant mat&#233;rialiste de l'&#233;co-f&#233;minisme (Allard, Assemat, et Dhaussy, 2017, p. 10&#8209;12). Partout, nous observons la m&#234;me attitude chez celui qui vient extraire, piller, exploiter, violer quelque chose : celui qui extrait se sent en droit de r&#233;aliser son action, ne se pr&#233;occupe pas, ou peu, des cons&#233;quences de son action sur son milieu, et ne cherche pas &#224; s'y adapter, mais &#224; le consommer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, si cette logique se r&#233;alise au sein du processus de consum&#233;risation, alors l'universit&#233; moderne n'&#233;chappe pas &#224; cette derni&#232;re. Sur le terrain de la recherche, il est relativement ais&#233; de concevoir le &#171; terrain &#187; des &#233;tudes ou le &#171; champ &#187; des disciplines comme des lieux o&#249; il importe aux chercheurs d'extraire ses analyses et ses id&#233;es, et ce avec une fr&#233;n&#233;sie d&#233;cupl&#233;e par la concurrence accrue des chercheurs entre eux. Au niveau de l'enseignement, l'&#233;tudiant peut lui aussi concevoir son travail o&#249; il s'agit d'extraire de ses cours, des ouvrages de la biblioth&#232;que ou de ses lectures les connaissances et les comp&#233;tences n&#233;cessaires &#224; ses projets. Une fois cette consommation r&#233;compens&#233;e par la notation de sa copie, il pourra ensuite investir une autre mati&#232;re &#224; travailler. Enfin, dans le domaine de la formation, les politiques universitaires peuvent voir dans les demandes d'orientation et de formation des &#233;tudiants cherchant &#224; se professionnaliser des &#171; niches &#187;, des &#171; territoires &#187; ou encore des &#171; filons &#187; &#224; exploiter. Ici, ouvrir des formations selon l'offre et la demande peut facilement s'apparenter &#224; des mouvements de colonisation ou de conqu&#234;te o&#249; l'&#233;galit&#233; n'est plus qu'un mot sans valeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, au-del&#224; de la m&#233;taphore g&#233;n&#233;rale que cette logique extractiviste permet, l'int&#233;r&#234;t de ce concept r&#233;side dans sa capacit&#233; heuristique &#224; cerner trois limites que le processus de consum&#233;risation porte &#224; l'&#233;ducation universitaire (donc &#224; l'ensemble de ses trois missions que sont l'enseignement, la formation et la recherche).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Limite dans la relation &#224; son milieu&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'extractivisme polarise l'int&#233;r&#234;t du sujet pour ce qui l'entoure en une logique binaire. Les objets l'entourant sont soit des ressources (ce qui peut et est digne d'&#234;tre extrait/consomm&#233;), soit des d&#233;chets (ce qui n'est pas ou plus digne d'&#234;tre extrait/consomm&#233;). Sa connaissance de son milieu s'arr&#234;te &#224; cette dimension pratique. Cette binarit&#233; nuit &#224; la diversit&#233; des postures du sujet qui se r&#233;duisent &#224; une capacit&#233; de cat&#233;goriser ce qui peut lui servir et ce qu'il jugera inutile. Cela rejoint ici les critiques classiques de l'utilit&#233; des savoirs anciens (histoire, arch&#233;ologie, litt&#233;rature, etc.) au sein des universit&#233;s ; ceux-ci sont vus comme des objets d'&#233;tude peu productifs et donc peu pertinents pour une exploitation intellectuelle. Il se cr&#233;e donc une in&#233;galit&#233;, dans les repr&#233;sentations de l'&#233;tudiant, entre les savoirs universitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Limite dans la relation &#224; l'autre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'extractivisme, en plus de construire une binarit&#233; entre le producteur et le consommateur, se con&#231;oit au sein d'un processus de croissance infinie. M&#234;me si les ressources d'un milieu sont finies, la pluralit&#233; des milieux (constat du pluralisme) est, en droit, infinie. Ainsi, celui qui extrait a toujours quelque chose &#224; extraire et peut conserver sa posture ind&#233;finiment. Comprise de cette mani&#232;re, la relation extracteur/ressource (puis, in fine, celle de producteur/consommateur) est statique et cette rigidit&#233; de la relation emp&#234;che, au sein de l'&#233;ducation, de penser un apprentissage mutuel, car le sachant aura toujours un savoir &#224; enseigner et l'ignorant aura toujours un savoir &#224; acqu&#233;rir. C'est donc la perspective sans fin de cette relation qui nuit &#224; la diversit&#233; &#233;pist&#233;mique de l'enqu&#234;te (Frega, 2015, p. 14-15), car la relation d'&#233;galit&#233; permettant l'apprentissage mutuel est, l&#224;-aussi, sans cesse ajourn&#233;e (Ranci&#232;re, 2004)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Limite dans la relation &#224; soi&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, l'extractivisme, en &#233;tant &#224; la fois dans une relation binaire et au d&#233;veloppement infini, favorise &#224; l'inverse une d&#233;t&#233;rioration des potentialit&#233;s du sujet. En effet, si le cycle de production est infini, alors rien n'oblige le temps de la consommation &#224; durer. Aussi, si le temps de la consommation devient de plus en plus court, alors la production se mettra &#233;galement &#224; favoriser les cycles rapides de production, r&#233;duisant ainsi &#171; la dur&#233;e d'usage &#187; (c'est-&#224;-dire l'obsolescence) des objets produits. L'&#233;galit&#233; produite ici est en r&#233;alit&#233; une diminution moyenne de la qualit&#233; de l'objet. Or, pour rendre possible cette acc&#233;l&#233;ration de production/consommateur, il faut que les objets produits soient de plus en plus faciles &#224; &#171; assimiler &#187; par le sujet. Evolution qui encourage la standardisation de la production, mais &#233;galement de la consommation, et in fine, celle du sujet lui-m&#234;me. Ainsi, le sujet appauvrit la diversit&#233; de ses potentialit&#233;s (en tant que consommateur) pour rester compatible avec cette logique de l'extractivisme. Au sein de l'&#233;ducation, on comprendra bien comment l'attitude consum&#233;riste&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; des &#233;tudiants ne d&#233;veloppe pas chez eux une pluralit&#233; de postures d'apprentissage (scolaire, premi&#232;re, ludique, etc.) ou d'int&#233;r&#234;ts pour diff&#233;rentes &#233;tudes (Bucheton, Soul&#233;, 2009). Ne connaissant qu'une seule fa&#231;on d'apprendre un contenu de connaissances ou de comp&#233;tences commensurables, rien ne vient enrichir leur attitude &#233;pist&#233;mique et p&#233;dagogique d'apprentissage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'extractivisme, en tant que logique intrins&#232;que du lib&#233;ralisme p&#233;dagogique, permet donc de rendre compte de trois limites ou dangers du processus de consum&#233;risation mena&#231;ant la relation du sujet &#224; son milieu, aux autres et &#224; soi. L'effet g&#233;n&#233;ral de ces trois limites est alors double. D'une part, nous assistons &#224; une sorte de &#171; prol&#233;tarisation &#187; globale des relations humaines au sein du milieu universitaire : une &#233;galit&#233; &#171; par le bas &#187; donc. Et d'autre part, la triple limite de la relation &#233;tablie par l'extractivisme rend quasiment syst&#233;matique la pr&#233;sence d'une domination d'une entit&#233; sur l'autre (l'extractiviste sur l'extrait, le colonisateur sur le colonis&#233;, l'exploiteur sur l'exploit&#233;, le violeur sur le viol&#233;, le sachant sur l'ignorant, etc.) qui se d&#233;veloppe, encore une fois, &#224; rebours de l'exigence d'&#233;galit&#233; de droit des &#233;tudiants. En effet, l'acc&#232;s au &#171; march&#233; &#187; universitaire de la consommation ne sera pas le m&#234;me pour tous les &#233;tudiants &#224; cause des in&#233;galit&#233;s sociales que ces rapports de domination d&#233;crits ci-dessus entrainent in&#233;vitablement. C'est pourquoi, et bien que ce lib&#233;ralisme puisse &#233;galement &#234;tre remis en question sur un plan &#233;conomique et politique, nous nous proposons de r&#233;fl&#233;chir &#224; pr&#233;sent sur les moyens &#233;thiques possibles de cette lutte. Et ce, au moyen d'une exploration du concept d'hospitalit&#233; &#233;pist&#233;mique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Une &#233;thique universitaire de l'hospitalit&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Comment lutter contre ce lib&#233;ralisme extractiviste qui met en tension l'&#233;galit&#233; et la diversit&#233; au sein de la p&#233;dagogie universitaire, et qui m&#232;ne &#224; une reproduction implicite des relations de domination in&#233;galitaires ? A ce probl&#232;me, le second temps de notre proposition propose une piste : celle d'une &#233;thique de l'hospitalit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Notons que nous ne sommes pas les premiers &#224; mobiliser cette notion au sein (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Nous souhaitons d&#233;ployer ici cette notion pour r&#233;v&#233;ler le caract&#232;re &#233;galitaire de cette vertu p&#233;dagogique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous entendons ici le terme de vertu dans un sens particulier, &#233;loign&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, gr&#226;ce au &#171; pluralisme fort &#187; qu'elle rend possible. Toutefois, avant de d&#233;finir au plus pr&#232;s ce qu'est l'&#233;thique de l'hospitalit&#233; (envers un savoir &#233;tranger &#224; soi, puis envers soi-m&#234;me et enfin envers autrui), prenons le temps de la distinguer de trois autres &#233;thiques, en apparence proche de l'hospitalit&#233; : l'&#233;thique de l'appartenance, de la tol&#233;rance ou encore de la bienveillance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, il convient de distinguer l'&#233;thique de l'hospitalit&#233; de l'appartenance (Stavo-Debauge, 2017, p. 100&#8209;103). &#202;tre hospitalier ne signifie pas vouloir transformer l'autre, m&#234;me progressivement pour l'assimiler, l'int&#233;grer ou l'inclure au sein de ma communaut&#233;. En effet, pour une &#233;thique de l'appartenance, la nouveaut&#233; est toujours probl&#233;matique (et non une richesse). Celle-ci est &#171; source d'un inconfort &#233;pist&#233;mique &#187; et &#171; vecteur de troubles cognitifs qui d&#233;stabilisent &#187; (Stavo-Debauge, 2017, p. 119). En raison de cette n&#233;gativit&#233; de la nouveaut&#233;, une &#233;thique de l'appartenance sera toujours tent&#233;e de d&#233;passer le temps de l'accueil et de l'hospitalit&#233;, parfois trop rapidement (Dewey, 1927, p. 307), pour r&#233;duire l'asym&#233;trie de d&#233;part entre l'&#233;tranger et l'h&#244;te en lui donnant un statut &#233;gal : celui d'un membre de la communaut&#233; (Dewey, 1916, p. 40). Pour ce faire, l'&#233;thique de l'appartenance n&#233;cessite une transformation de l'&#233;tranger (pour le rendre semblable &#224; ce qui est connu par la communaut&#233;) volontaire et remise en cause au premier soup&#231;on de d&#233;loyaut&#233; (Stavo-Debauge, 2014 ; 2017, p. 103). En un mot, l'&#233;thique de l'hospitalit&#233; n'est pas celle de l'appartenance, car cette derni&#232;re repousse la sym&#233;trie de la relation entre l'&#233;tranger et son h&#244;te au moment d'une identit&#233; de l'&#233;tranger &#224; son h&#244;te, alors que l'hospitalit&#233; pr&#233;sume cette sym&#233;trie au moment m&#234;me de l'accueil et ne la fait d&#233;pendre d'aucune transformation. En ce sens, une &#233;thique de l'hospitalit&#233; &#224; l'universit&#233; n'a besoin d'aucun uniforme, d'aucune revendication ethnique ou nationaliste, ni m&#234;me d'une valorisation d'appartenance de classe sociale. Elle pr&#244;nera une sym&#233;trie &#233;galitaire des relations envers tous, sans chercher &#224; transformer l'identit&#233; des &#233;tudiants, mais au contraire en respectant et promouvant &#224; &#233;galit&#233; leurs diff&#233;rences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la m&#234;me mani&#232;re, l'&#233;thique de l'hospitalit&#233; ne se confond pas avec une &#233;thique de la tol&#233;rance. En effet, si l'&#233;thique de la tol&#233;rance fait elle aussi le constat de la pluralit&#233; des &#234;tres, elle fait de cette pluralit&#233; un obstacle infranchissable &#224; l'action commune. La diff&#233;rence devient ici une source de tension qu'il convient d'&#233;carter pour emp&#234;cher les conflits ou les incivilit&#233;s (Stavo-Debauge, 2014 ; p. 2012). Comprise ainsi l'&#233;thique de la tol&#233;rance se fonde sur une compr&#233;hension h&#233;g&#233;lienne de la diversit&#233; (Hegel, 1812, p. 376&#8209;80), c'est-&#224;-dire une indiff&#233;rence &#224; la diff&#233;rence. Or, cela ne peut convenir &#224; l'hospitalit&#233; qui cherche justement &#224; d&#233;passer cette diff&#233;rence radicale de l'&#233;tranger pour la comprendre et apprendre d'elle. L'id&#233;e de communaut&#233; au sein de la philosophie pragmatiste est li&#233;e &#224; l'id&#233;e qu'un public se dotant d'outils pour communiquer peut faire &#233;merger de sa communication des biens communs (Zask, 2008). Au cours de ce processus la diversit&#233; des membres du public est un atout pour am&#233;liorer les r&#233;sultats de l'enqu&#234;te. L'hospitalit&#233; est ainsi moins &#171; prudente &#187; que la tol&#233;rance, car elle croit au gain r&#233;ciproque d'un apprentissage mutuel des diff&#233;rences (Point, 2019). Ainsi, une &#233;thique de l'hospitalit&#233; &#224; l'universit&#233; postule que les &#233;tudiants ont autant de choses &#224; apprendre aux enseignants que l'inverse. Il ne suffit pas de les tol&#233;rer mais de les accueillir, tous diff&#233;rents et nouveaux qu'ils sont, pour cr&#233;er avec eux un monde commun. En ce sens, une &#233;galit&#233; des places &#224; l'universit&#233;, justifi&#233;e par une &#233;thique de la tol&#233;rance, n'est qu'un premier pas pour une &#233;thique de l'hospitalit&#233; qui pr&#244;ne, quant &#224; elle, une &#233;galit&#233; d'apprentissage mutuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, pour distinguer l'&#233;thique de l'hospitalit&#233; de celle de la bienveillance, il faut commencer par avouer que nous ne distinguons pas ici la bienveillance de la sollicitude (Roelens, 2019, p. 26 ; Prairat, 2013, p. 183). En effet, la bienveillance peut s'entendre comme une responsabilit&#233; de soin avec l'autre, responsabilit&#233; qui nous oblige moralement &#224; veiller sur lui et ses besoins. La bienveillance postule donc dans la relation &#224; l'autre une vuln&#233;rabilit&#233;, une carence d'autonomie (Roelens, 2019, p. 24) qui justifie l'action d'aide, de don ou de transmission d'un h&#233;ritage (suivant les formes et les lieux o&#249; cette relation de bienveillance s'&#233;tablit). Sans discuter les probl&#232;mes que pose cette notion par ailleurs (Michaud, 2013), nous lui reconnaissons une place essentielle au sein de l'&#233;cole (Derycke et Foray, 2018). Cependant, &#224; l'universit&#233;, n'ayant plus affaire &#224; des enfants, la responsabilit&#233; de l'enseignant nous semble autre que celle du professeur du secondaire ou du primaire. A l'universit&#233;, l'autre n'est plus une personne mineure et le soin que l'on peut lui porter ne suppose pas forc&#233;ment une vuln&#233;rabilit&#233; plus grande que la n&#244;tre. L'&#233;thique de l'hospitalit&#233; ne pr&#233;suppose pas ce d&#233;s&#233;quilibre de la vuln&#233;rabilit&#233; ou de l'autonomie (ou en tout cas la connaissance qu'en ont les acteurs de la relation) au sein de la relation &#233;ducative. Entre l'&#233;tudiant qui entre en cours et l'enseignant qui l'accueille, il nous semble que c'est sur une relation d'&#233;galit&#233; (ou en tout cas de sym&#233;trie) que l'&#233;thique de l'hospitalit&#233; va &#233;tablir une relation saine, car les deux individus vont pouvoir combler leurs besoins mutuels&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De plus, on peut distinguer la bienveillance de l'hospitalit&#233; &#224; partir des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (apprendre et enseigner).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant que nous avons distingu&#233; l'hospitalit&#233; de l'appartenance, de la tol&#233;rance et de la bienveillance, prenons le temps d'expliciter les services que peut rendre une &#233;thique de l'hospitalit&#233; &#224; notre exigence d'&#233;galit&#233;. L'id&#233;e que nous nous faisons de cette &#233;thique, lorsque nous la pensons au sein de l'espace universitaire, rel&#232;ve d'une organisation o&#249; sont valoris&#233;es certaines vertus et d&#233;nonc&#233;s certains vices. Cependant, il convient de rappeler que c'est parce qu'une une &#233;thique de la pr&#233;sence (Prairat, 2013) est possible &#224; l'universit&#233; que l'on peut imaginer &#224; sa suite une &#233;thique de l'hospitalit&#233;. Comprise ainsi, l'hospitalit&#233; est une &#233;thique en lutte contre trois vices &#233;pist&#233;miques : l'arrogance, la paresse et l'&#233;troitesse d'esprit, et ce en promouvant trois autres vertus correspondantes : l'humilit&#233;, la curiosit&#233; et l'ouverture d'esprit. Nous qualifions ces vertus et ces vices de &#171; &#233;pist&#233;mique &#187;, car l'attention est port&#233;e ici sur les cons&#233;quences de ces vertus/vices sur le statut de sujet connaissant de celui qui les poss&#232;de, c'est-&#224;-dire sur son autorit&#233; cognitive (Fricker, 2007).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cette raison que l'&#233;thique de l'hospitalit&#233; a en r&#233;alit&#233; pour but de lutter contre une culture universitaire produisant inconsciemment une hostilit&#233; &#233;pist&#233;mique envers un savoir &#233;tranger &#224; soi. Cette hostilit&#233; se manifeste quand l'&#233;tudiant est devenu trop arrogant, paresseux ou but&#233; pour accueillir les points de vue de son enseignant (et vice-versa &#233;videmment). C'est ce que Jos&#233; M&#233;dina identifie par 1/ la &#171; epistemic arrogance &#187; qui inhibe &#171; la capacit&#233; &#224; s'autocorriger et &#224; &#234;tre ouvert aux corrections des autres &#187; (Medina, 2012, p. 31), c'est-&#224;-dire l'humilit&#233; n&#233;cessaire &#224; tout dialogue v&#233;ritable. 2/ la &#171; epistemic laziness &#187; qui fuit toute &#171; r&#233;sistance &#233;pist&#233;mique qui est produite par la friction entre diff&#233;rents points de vue &#187; (Medina, 2012, p. 17). Cette paresse intellectuelle nuit ainsi &#224; la vertu de la curiosit&#233;, dont John Dewey fait par ailleurs l'&#233;loge (1934, p. 180). 3/ la &#171; close-mindedness &#187; qui refuse d'exploiter &#171; les avantages du conflit productif &#187;, conflit qui nous oblige &#224; &#171; reconna&#238;tre et valoriser la connaissance situ&#233;e et h&#233;t&#233;rog&#232;ne de divers agents &#187; (Medina, 2012, p. 6). Ce faisant, cette &#233;troitesse d'esprit emp&#234;che la formation d'une ouverture d'esprit (Dewey, 1933, p. 136) capable de faire un bon usage de ce conflit (Pappas, 2008, p. 188). Ainsi, l'hospitalit&#233;, &#224; l'inverse de l'hostilit&#233;, cherche &#224; accueillir le point de vue d'autrui en &#233;tant humble, curieux et ouvert d'esprit. Fonder une &#233;thique de ces vertus &#233;pist&#233;miques fait alors de l'hospitalit&#233; une &#233;thique pragmatiste particuli&#232;rement exigeante, mais indispensable &#224; la qualit&#233; scientifique de l'universit&#233; (Stitzlein, 2014).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comprise ainsi, cette &#233;thique de l'hospitalit&#233; propose aux enseignants d'installer &#171; dans leur pratique de classe un intermonde de traduction, un espace mutuel de dialogue o&#249; chacun tente de devenir un peu plus compr&#233;hensible &#224; l'autre &#187; (Moreau, 2007, p. 70). Et cette t&#226;che ne peut se d&#233;clarer r&#233;ussie que si l'&#233;tudiant, au terme de sa formation, poss&#232;de et conna&#238;t la valeur des vertus de l'humilit&#233;, de la curiosit&#233; et de l'ouverture d'esprit. Cette &#233;thique oriente donc le travail p&#233;dagogique d'une mani&#232;re particuli&#232;re. Mais pour l'instant, on peut remarquer que la responsabilit&#233; &#233;thique de l'enseignant &#224; l'universit&#233; op&#232;re au sein du difficile paradoxe de la vuln&#233;rabilit&#233; et de la fragilit&#233; (Pierron, 2010 ; Piterbraut-Merx, 2020). Le processus &#233;thique propos&#233; ici consiste &#224; transformer des fragilit&#233;s (arrogance, paresse et &#233;troitesse d'esprit) en des vuln&#233;rabilit&#233;s (humilit&#233;, curiosit&#233; et ouverture d'esprit). Ce qui distingue les deux, c'est la capacit&#233; des vertus de vuln&#233;rabilit&#233;s &#224; accepter les limites et les faiblesses de leurs id&#233;es, l&#224; o&#249; les vices rendront ces derni&#232;res fragiles, car incapables de toute remise en question. Ainsi, l'&#233;thique pragmatiste de l'hospitalit&#233; que nous pr&#244;nons ici ne promet de rendre meilleurs les acteurs universitaires qu'&#224; condition que ces derniers soient capables de s'avouer leurs faiblesses et limites. C'est &#224; cette condition d'accepter cette &#233;thique de &#171; l'&#233;pist&#233;mologie des domin&#233;s &#187; (Frega, 2013, p. 981) qu'une &#233;thique universitaire peut v&#233;ritablement &#234;tre hospitali&#232;re, car attentive et attentionn&#233;e envers les plus vuln&#233;rables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;thique de l'hospitalit&#233;, bien que difficile et exigeante, poursuit un objectif clair : partager la conception positive d'un &#171; pluralisme fort &#187;. Cette &#233;thique, en promouvant les vertus de l'humilit&#233;, de la curiosit&#233; et de l'ouverture d'esprit, lutte contre l'hostilit&#233; que les individus peuvent d&#233;velopper contre les savoirs. Cependant, cette &#233;thique de l'hospitalit&#233;, par ces trois vertus &#233;pist&#233;miques, si elle rend possible et souhaitable une diversit&#233; des savoirs (c'est-&#224;-dire qu'elles d&#233;veloppent une capacit&#233; chez l'individu &#224; appr&#233;hender plusieurs points de vue, plusieurs perspectives sur un objet particulier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est-&#224;-dire, avec &#171; la capacit&#233; de ne pas &#234;tre trop d&#233;concert&#233; par les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), ne se limite pas &#224; la promotion de ce rapport hospitalier aux savoirs. En effet, cette &#233;thique de l'hospitalit&#233;, nous l'avons d&#233;j&#224; dit, peut se penser sur le plan &#233;pist&#233;mique du rapport aux savoirs qu'elle permet, mais &#233;galement dans le rapport &#224; soi et aux autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment nommer cette capacit&#233; &#224; &#234;tre hospitalier envers soi-m&#234;me ? A ne pas se sentir soi-m&#234;me &#233;tranger et ind&#233;sirable au gr&#233; d'une pluralit&#233; de situations quotidiennes ? Sur ce point, il nous semble que le terme le plus ad&#233;quat pour parler de cette hospitalit&#233; &#224; soi, et du travail personnel qu'elle n&#233;cessite, est celui de la l&#233;gitimit&#233;. Se sentir l&#233;gitime &#224; &#234;tre l&#224;, dans la plus grande diversit&#233; possible de situation, malgr&#233; ses vuln&#233;rabilit&#233;s, n'est pas qu'un travail psychologique mais &#233;galement une d&#233;marche &#233;thique. Le complexe psychologique de l'imposteur (Chassange et Callahan, 2017) qui entra&#238;ne un fort sentiment d'inauthenticit&#233; et une importante autod&#233;pr&#233;ciation montre &#224; quel point la capacit&#233; &#224; accepter la pluralit&#233; des facettes qu'un individu peut pr&#233;senter est aussi difficile &#224; cultiver qu'indispensable au bien-&#234;tre de chacun. L'imposteur est celui qui n'accepte pas ses vuln&#233;rabilit&#233;s, qui se transforment alors en fragilit&#233;s qu'il cherchera &#224; cacher plut&#244;t qu'&#224; accueillir en lui. Ainsi, une &#233;thique de l'hospitalit&#233; &#224; soi, luttant contre le sentiment d'imposture, aura &#224; c&#339;ur de cr&#233;er &#224; l'universit&#233; un &#171; climat &#187; hospitalier o&#249;, par exemple, chaque &#233;tudiant se sente l&#233;gitime &#224; &#234;tre en cours, &#224; poser des questions, &#224; rendre des travaux, etc. (Studdard, 2002 ; Brems et al., 1994).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la capacit&#233; &#224; &#234;tre hospitalier envers autrui est peut-&#234;tre plus facile &#224; penser. Notamment, gr&#226;ce au concept de perplexit&#233; d&#233;velopp&#233; par Jane Addams (Addams, 1913, p. 12&#8209;13, p. 77-78, p. 112-113 ; Seigfried, 1999). Celui-ci permet bien de saisir l'attitude demand&#233;e par une hospitalit&#233; envers un autre, &#233;tranger ou inconnu, dont l'alt&#233;rit&#233; ne doit pas &#234;tre ni&#233;e ou contourn&#233;e trop rapidement par une suppos&#233;e ressemblance avec quelque chose de connu. Ici, le pragmatisme de Jane Addams nous fait cadeau de ce temps de la perplexit&#233; pour accepter cette alt&#233;rit&#233;. Elle ouvre une dimension &#233;thique qui d&#233;passe le temps de l'accueil pour nourrir celui du s&#233;jour. L'hospitalit&#233; envers autrui, en tant que travail &#233;thique, nous demande de renouveler ce temps de la perplexit&#233; &#224; chaque rencontre, de se mettre &#224; &#233;galit&#233; devant celui que nous ne comprenons pas instinctivement. Si on prend l'exemple des &#233;tudiants Erasmus en France, cette &#233;thique de l'hospitalit&#233; envers autrui inciterait les enseignants &#224; ne pas pr&#233;juger des connaissances du syst&#232;me universitaire de la part de ses &#233;tudiants, mais, &#224; l'inverse, d'&#234;tre attentif, de rester perplexe, face &#224; leurs m&#233;thodes de travail, leurs r&#233;f&#233;rences culturelles, leurs exigences, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
Conclusion : Vers une p&#233;dagogie de l'hospitalit&#233; &#224; l'universit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire de l'universit&#233; un lieu o&#249; aucun probl&#232;me humain ne me soit &#233;tranger ; voici l'id&#233;al de l'&#171; hospitality of mind &#187; (1924, p. 201) de John Dewey lorsqu'on la pense au sein de l'universit&#233;. Cette capacit&#233; &#224; accueillir et s'ouvrir &#224; tous les probl&#232;mes humains, &#224; partir de sa vuln&#233;rabilit&#233;, peut ainsi devenir une arme pour lutter contre l'&#233;go&#239;sme de l'extractivisme, source de toutes les in&#233;galit&#233;s du lib&#233;ralisme. Explorer les richesses du pluriel n'est donc pas qu'une injonction po&#233;tique. Mais c'est la proposition d'une attitude pragmatiste complexe et difficile pour le p&#233;dagogue cherchant &#224; travailler &#171; de mani&#232;re positive, offensive et constructive la compr&#233;hension et la bienveillance essentielle &#224; une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique &#187; (Dewey, 1938, p. 301).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette attitude nous a pouss&#233; &#224; questionner le rapport entre l'&#233;galit&#233; et la diversit&#233;, et ce, pour r&#233;v&#233;ler toute la complexit&#233; de cette hospitalit&#233;. Nous avons d&#233;couvert alors que cette derni&#232;re est une notion (bien diff&#233;rente de l'appartenance, de la tol&#233;rance ou de la bienveillance) qui, dans sa qu&#234;te de la diversit&#233;, peut se diriger vers trois directions diff&#233;rentes : envers soi (faire en sorte que l'on se rende capable de se sentir l&#233;gitime dans le plus grand nombre possible de situations), envers autrui (&#234;tre en mesure de se donner un temps de perplexit&#233; pour appr&#233;hender pleinement les diff&#233;rences d'autrui) et envers les savoirs (d&#233;velopper les vertus de l'humilit&#233;, de la curiosit&#233; et de l'ouverture d'esprit vis-&#224;-vis d'un savoir qui nous est &#233;tranger). Par ces trois directions, l'&#233;thique de l'hospitalit&#233; lutte contre une triple hostilit&#233; : envers soi (se sentir imposteur ou l&#233;gitime dans un seul domaine tr&#232;s sp&#233;cialis&#233;), envers autrui (r&#233;duire ou invisibiliser la richesse de l'alt&#233;rit&#233; d'autrui sous l'unit&#233; de ce qui est d&#233;j&#224; connu) et envers les savoirs nouveaux (au moyen de trois vices &#233;pist&#233;miques que sont l'arrogance, la paresse et l'&#233;troitesse d'esprit). Or, en luttant contre cette hostilit&#233;, elle rend possible &#224; la fois &#171; un pluralisme fort &#187; et une &#233;galit&#233; puissante pour la p&#233;dagogie universitaire. Comprise au sein de ce projet &#233;galitaire, un des objectifs de cette derni&#232;re serait de former peu &#224; peu les &#233;tudiants &#224; &#234;tre capables d'accueillir de mani&#232;re hospitali&#232;re les perspectives de tous, &#224; &#233;galit&#233;, au lieu de les ignorer ou de les m&#233;priser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, entre autres, nous continuerons &#224; organiser les &#171; s&#233;ances photos &#187;, &#233;voqu&#233;es au d&#233;but de notre r&#233;flexion, pour accueillir les &#233;tudiants de premi&#232;re ann&#233;e &#224; l'universit&#233;. Pour les accueillir en &#233;gaux, en leur offrant le droit d'&#234;tre ensemble sur une seule photo et dans une m&#234;me universit&#233;, la seule que nous ayons v&#233;ritablement en commun.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Stitzlein, S. M. (2014). Habits of Democracy : A Deweyan Approach to Citizenship Education in America Today. Education and Culture, 30(2), 61&#8209;86.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Studdard, S.S. (2002). Adult women students in the academy : impostors or members ? Journal of Continuing Higher Education, 54, 24&#8209;37.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troncin, T. (2011). Pourquoi et comment ancrer la question de la diversit&#233; des &#233;l&#232;ves au c&#339;ur de la formation des enseignants ? La nouvelle revue de l'adaptation et de la scolarisation, 55(3), 123&#8209;32.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zask, J. (2008). Le public chez Dewey : une union sociale plurielle. Trac&#233;s. Revue de Sciences humaines, 15, 169&#8209;89.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;f&#233;rence &#233;lectronique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christophe Point, &#171; Hospitalit&#233; &#233;pist&#233;mique et p&#233;dagogie universitaire : l'&#233;galit&#233; et ses probl&#232;mes &#187;, &#201;ducation et socialisation [En ligne], 58 | 2020, mis en ligne le 31 d&#233;cembre 2020, consult&#233; le 03 janvier 2021. URL : &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/edso/13112&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://journals.openedition.org/edso/13112&lt;/a&gt; ; DOI : &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.4000/edso.13112&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.4000/edso.13112&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Auteur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christophe Point&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Doctorant en philosophie de l'&#233;ducation, LISEC, Universit&#233; de Nancy et ATER, ECP, Universit&#233; Jean Monnet de Saint-&#201;tienne&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En effet, la promotion de l'&#233;galit&#233; et du pluralisme est une des convictions philosophiques les plus cons&#233;quentes de l'&#339;uvre de John Dewey (Garreta, 2007). Qu'il s'agisse de sa r&#233;ticence &#224; la sp&#233;cialisation, de sa d&#233;fiance envers la bureaucratie, de son rejet du monisme ontologique, ou encore de ses doutes pour les r&#233;formes nationales &#171; top-down &#187;, partout il s'agit de la m&#234;me protection et de la m&#234;me promotion de la diversit&#233; et de l'&#233;galit&#233; qui sont &#233;voqu&#233;es pour s'opposer &#224; ces id&#233;es. Ainsi, ses perspectives sur l'universit&#233; n'&#233;chappent pas &#224; ce prisme, comme, par exemple, son opposition aux frais de scolarit&#233; &#233;lev&#233;s ou encore &#224; un service militaire impos&#233; aux &#233;tudiants pour cette m&#234;me raison.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce lib&#233;ralisme p&#233;dagogique est ici d&#233;fini en tant qu'ensemble coh&#233;rent de normes et de valeurs orientant les objectifs et les pratiques p&#233;dagogiques en faveur d'une libert&#233; individuelle maximale, elle-m&#234;me comprise au sein d'une relation d'offre et de demande entre un sujet et des connaissances.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En effet, le concept de marchandisation et celui d'extractivisme ne construisent pas le m&#234;me sch&#232;me de r&#233;ification de l'objet produit/consomm&#233;. Celui de la marchandise l'oriente plut&#244;t vers les domaines de la production et de l'&#233;change, alors que celui de l'extractivisme l'&#233;claire davantage sur le terrain de l'exploitation et de la consommation. Ces deux approches ne s'opposent pas mais se compl&#232;tent sans s'identifier compl&#232;tement cependant, et il serait possible de voir ici un nouveau lieu de dialogue entre le marxisme et le pragmatisme o&#249; se tisserait une critique complexe du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Notons que nous ne sommes pas les premiers &#224; mobiliser cette notion au sein de l'&#233;thique scolaire (Prairat, 2015 ; Kolly, 2018). Cependant, nous n'avons pas connaissance &#224; ce jour de travaux universitaires qui d&#233;ploient ensemble la notion d'hospitalit&#233; avec le souci d'une attention &#233;galitaire &#224; soi, &#224; autrui et aux savoirs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nous entendons ici le terme de vertu dans un sens particulier, &#233;loign&#233; d'Aristote (Prairat, 2013). Il s'agit de concevoir les vertus comme un des ensembles complexes de convictions (constitu&#233;es &#224; la fois de sentiments et d'habitudes) qui constituent l'ethos moral individuel d'une personne et que l'on peut modifier et reconstruire par un travail &#233;thique, travail restreint ici &#224; la sph&#232;re professionnelle et institutionnelle des universitaires.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;De plus, on peut distinguer la bienveillance de l'hospitalit&#233; &#224; partir des distinctions habituelles entre les relations de don et d'&#233;change. La bienveillance est l'attitude d'un sup&#233;rieur capable de donner de son temps ou de son &#233;nergie &#224; un inf&#233;rieur, et ce sans rien attendre en retour explicitement. Alors que l'hospitalit&#233; est l'attitude d'un &#233;gal accueillant chez lui un &#233;tranger (mais dont on pr&#233;suppose l'&#233;galit&#233;), et ce en demandant implicitement, mais en reconnaissant explicitement, une r&#233;ciprocit&#233; dans le respect de sa vuln&#233;rabilit&#233;. Dans un cas, celui de la bienveillance, l'attendu implicite de la relation est une transformation du mineur par le majeur, alors que dans l'autre cas, celui de l&#8216;hospitalit&#233;, cet attendu de la relation d'aide et de soin d'un &#233;gal est une co-transformation. Particuli&#232;rement lorsque cette relation d&#233;passe le temps de l'accueil pour se prolonger dans le s&#233;jour, cette responsabilit&#233; mutuelle dans le soin de la relation devient de plus en plus explicite.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est-&#224;-dire, avec &#171; la capacit&#233; de ne pas &#234;tre trop d&#233;concert&#233; par les diff&#233;rences avec soi-m&#234;me, de ne pas r&#233;agir de fa&#231;on agressive &#224; ces diff&#233;rences &#187; (Badley, 2016, p.479).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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