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	<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
	<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/</link>
	<description>Un site participatif, lieu de partage et d'&#233;change autour des initiatives en transitions et des innovations p&#233;dagogiques dans l'enseignement sup&#233;rieur francophone.</description>
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		<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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		<title>Digital natives (2) : la g&#233;n&#233;ration Y, l'entreprise et le p&#233;dagogue</title>
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		<dc:date>2016-04-14T12:16:17Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Beno&#238;t Meyronin, Professeur titulaire de la Chaire BNP Paribas Cardif &#034;Ing&#233;nierie &amp; culture de service&#034;</dc:creator>



		<description>&lt;div style=&#034;text-align:justify;&#034;&gt;
Le sujet des g&#233;n&#233;rations Y/Z suscite un int&#233;r&#234;t croissant en entreprise, o&#249; il vient &#171; rafra&#238;chir &#187; des th&#232;mes plus anciens tels que le management interg&#233;n&#233;rationnel, la reconnaissance, l'exemplarit&#233; ou encore la marque employeur. En tant que professeur de management, cette question m'a interpell&#233; en raison de sa pr&#233;gnance lors des discussions avec des managers, mais aussi lors de rencontres organis&#233;es autour des grandes questions de l'entreprise et du management.
Pour autant, la communaut&#233; acad&#233;mique ne s'est pas v&#233;ritablement mobilis&#233;e pour analyser la r&#233;alit&#233; des questions sous-jacentes. Ceux que l'on pourrait qualifier plus globalement de natifs digitaux (...)&lt;/div&gt;

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&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique3.html" rel="directory"&gt;Veille&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div style=&#034;text-align:justify;&#034;&gt;
&lt;p&gt;Le sujet des g&#233;n&#233;rations Y/Z suscite un int&#233;r&#234;t croissant en entreprise, o&#249; il vient &#171; rafra&#238;chir &#187; des th&#232;mes plus anciens tels que le management interg&#233;n&#233;rationnel, la reconnaissance, l'exemplarit&#233; ou encore la marque employeur. En tant que professeur de management, cette question m'a interpell&#233; en raison de sa pr&#233;gnance lors des discussions avec des managers, mais aussi lors de rencontres organis&#233;es autour des grandes questions de l'entreprise et du management.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, la communaut&#233; acad&#233;mique ne s'est pas v&#233;ritablement mobilis&#233;e pour analyser la &lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=EMR_153_0012&#034;&gt;r&#233;alit&#233; des questions sous-jacentes&lt;/a&gt;. Ceux que l'on pourrait qualifier plus globalement de natifs digitaux (pour rassembler les Y et les Z et sortir ainsi d'une approche g&#233;n&#233;rationnelle &#233;troite dont on peut d&#233;j&#224; questionner la pertinence) interpellent pourtant managers et directions des ressources humaines en raison de postures et de pratiques qui peuvent &#234;tre per&#231;ues comme &#233;tant d&#233;stabilisantes. C'est pourquoi j'ai souhait&#233;, dans le cadre d'une &lt;a href=&#034;http://www.talent-digital.fr/chaire-gem-orange-digital-natives/&#034;&gt;Chaire d'enseignement &amp; de recherche&lt;/a&gt;, mieux comprendre ce ph&#233;nom&#232;ne et ses implications pour les p&#233;dagogues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'issue d'un premier cycle de travaux r&#233;alis&#233;s avec des enseignants-chercheurs de Grenoble Ecole de Management, de l'Universit&#233; de Grenoble, de l'Institut Mines T&#233;l&#233;coms et de T&#233;l&#233;com &#201;cole de Management, cycle qui a pris la forme d'un ouvrage collectif paru en f&#233;vrier 2015 aux Presses Universitaires de Grenoble, j'aimerais partager ici quelques r&#233;flexions avec les lecteurs. Pour chacune, nous esquisserons quelles sont nos responsabilit&#233;s en tant que p&#233;dagogues.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Mieux saisir les r&#233;alit&#233;s des mondes du travail et de la transformation num&#233;rique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Premier point, on observe que les jeunes g&#233;n&#233;rations sont elles-m&#234;mes assez critiques et plut&#244;t lucides sur leurs usages du num&#233;rique. Globalement conscientes d'&#234;tre trop connect&#233;es, d&#233;sireuses de mieux comprendre les logiques de l'&#233;conomie digitale, sans illusions excessives en ce qui concerne les potentialit&#233;s des r&#233;seaux sociaux &#8211; elles semblent leur pr&#233;f&#233;rer les &#171; vrais &#187; r&#233;seaux personnels et professionnels &#8211; les jeunes g&#233;n&#233;rations abordent la question du digital avec un certain recul d&#232;s lors qu'elles poursuivent des &#233;tudes sup&#233;rieures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles savent en effet assez peu de choses sur le digital, ses enjeux, son &#233;conomie, sa g&#233;opolitique&#8230; Elles ne s'en cachent pas et elles attendent de nous que nous les accompagnions sur le chemin d'un apprentissage de ces questions. Il est ainsi indispensable de mieux les pr&#233;parer aux enjeux et aux modalit&#233;s de la transformation digitale des organisations pour qu'ils y prennent une place plus active et moins pr&#233;suppos&#233;e (&#171; ils sont connect&#233;s, donc ils savent &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils sont (parfois) attendus sur ces questions : Georges Sampeur, co-fondateur et pr&#233;sident du groupe h&#244;telier B&amp;B, me disait r&#233;cemment lors d'un &#233;change combien il ressentait le besoin d'&#234;tre &#233;clair&#233; par ses jeunes collaborateurs &#8211; &#171; car moi je n'y entends rien ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette prise de conscience est donc un vrai sujet pour les natifs digitaux : ils doivent comprendre que &#171; leur &#187; monde ne repr&#233;sente qu'une partie de la r&#233;alit&#233; &#233;conomique et qu'ils trouveront principalement &#224; exercer leurs talents dans des entreprises qui ne rel&#232;vent pas de l'&#233;conomie num&#233;rique &#8211; ou du moins pas encore, ou pas directement.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Du mythe de l'entreprise &#171; cool &#187; &#224; l'entreprise &#171; r&#233;elle &#187;, tout un apprentissage&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De fait, la mythologie qui s'est construite autour de la Silicon Valley, de ses marques tot&#233;miques et de ses entrepreneurs embl&#233;matiques (songeons simplement &#224; ces deux figures que sont respectivement Mark Zuckerberg et Steve Jobs, personnalit&#233;s &#171; sanctifi&#233;es &#187; &#8211; certes, dans toute leur ambigu&#239;t&#233; &#8211; par le cin&#233;ma hollywoodien), y compris dans l'hexagone &#8211; les cas de Vente Priv&#233;e et de Priceminister me viennent spontan&#233;ment &#224; l'esprit &#8211; a pour limite de v&#233;hiculer l'image de &lt;em&gt;place to work&lt;/em&gt; o&#249; &#171; il fait bon vivre &#187; quand on a 25 ans&#8230; C'est tellement vrai que les grands du CAC 40 &#8211; visitez les si&#232;ges de Carrefour &#224; Massy et de BNP Paribas Cardif &#224; Nanterre &#8211; s'en inspirent pour attirer en p&#233;riph&#233;rie leurs jeunes (et moins jeunes) collaborateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or cette (re) d&#233;couverte de l'&#233;conomie traditionnelle est &#224; mon sens une vraie n&#233;cessit&#233;. D'abord, parce que nous vivons dans un monde qui tend &#224; gommer, du fait de la simplicit&#233; apparente et de la fluidit&#233; des applications num&#233;riques, les probl&#233;matiques op&#233;rationnelles des m&#233;tiers (commander un billet de train via une application pour smartphone est une chose, faire rouler des trains en est une autre&#8230;) ; ensuite, parce qu'il faut les pr&#233;parer &#224; un monde du travail qui n'est pas fait que de salles de sport et de baby-foot, o&#249; il est &#171; cool &#187; d'arriver en milieu de matin&#233;e. Les r&#233;alit&#233;s du monde du travail et les difficult&#233;s qu'ils y rencontreront doivent leur &#234;tre expos&#233;es dans toutes leurs nuances, y compris pour &#233;tudier avec eux les moyens les plus &#224; m&#234;me de les faire &#233;voluer dans le sens qui leur convient &#8211; car apr&#232;s tout, le futur leur appartient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, comme l'indique l'&lt;a href=&#034;http://chaire-immobilier-developpement-durable.essec.edu/recherches/mon-bureau-de-demain&#034;&gt;&#233;tude&lt;/a&gt; r&#233;alis&#233;e par la Chaire Immobilier et D&#233;veloppement durable aupr&#232;s de 500 &#233;tudiants de l'ESSEC concernant leurs futurs espaces de travail, &#171; &#224; l'heure des espaces partag&#233;s et du bureau sans poste fixe, &#224; l'heure du t&#233;l&#233;travail, l'influence des espaces de travail est aujourd'hui primordiale pour la G&#233;n&#233;ration Y &#187; : 93 % ne veulent plus travailler dans un bureau classique, 73 % privil&#233;gient des espaces de travail collectif, et 40 % d'entre eux consid&#232;rent que l'espace de travail est d&#233;terminant dans le choix du futur employeur. CQFD ?&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;La g&#233;n&#233;ration Y et l'&#233;conomie de l'attention&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Second point, ils ne sont pas multit&#226;ches (pas plus que vous ou moi d'ailleurs) et ils doivent donc apprendre &#224; vivre d&#233;connect&#233;s pour pouvoir produire des livrables requ&#233;rant une r&#233;elle concentration. Avec Caroline Cuny et Ga&#235;l Allain, nous l'avons mesur&#233; dans le cadre d'un cours d'&#233;tude de march&#233; et la d&#233;monstration est sans appel : lorsqu'ils n'ont pas l'usage d'un PC, les &#233;tudiants obtiennent des r&#233;sultats nettement sup&#233;rieurs &#224; l'&#233;valuation du TD. Il convient donc de les aider &#224; prendre conscience de cela et de la fatigue qu'entra&#238;ne chez eux le fait de se croire plus agiles qu'ils ne le sont.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au global, il me semble essentiel de les aider &#224; mieux conscientiser leurs repr&#233;sentations et leurs pratiques digitales pour en questionner la pertinence et les risques : ne plus se concentrer sur une seule t&#226;che par exemple, apprendre &#224; prioriser et g&#233;rer son temps&#8230; et donc son attention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous appartient donc de les amener &#224; r&#233;fl&#233;chir sur les fondamentaux de cette &#171; &#233;conomie de l'attention &#187; et ses modalit&#233;s de captation des consciences, de la valeur &#233;conomique et des donn&#233;es nous concernant &#8211; captation qui se joue au d&#233;triment d'autres formes d'attention (y compris la leur !) et qui doit &#234;tre probl&#233;matis&#233;e. Sur cette notion, nous renvoyons le lecteur vers l'ouvrage collectif coordonn&#233; par &lt;a href=&#034;https://lejournal.cnrs.fr/articles/lattention-un-bien-precieux&#034;&gt;Yves Citton&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Et si la g&#233;n&#233;ration Y nous donnait finalement, &#224; nous, l'occasion de changer ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tout ce qui pr&#233;c&#232;de nous ram&#232;ne in fine vers des consid&#233;rations d'ordre g&#233;n&#233;ral sur le management et sur la mani&#232;re de travailler. Leur apprendre &#224; l'&#233;cole et &#224; l'universit&#233;, via leurs pratiques du digital (questionn&#233;es, probl&#233;matis&#233;es), &#224; travailler (&#224; g&#233;rer leur temps, &#224; ce concentrer&#8230;), et, en entreprise, &#224; reconsid&#233;rer quelques fondamentaux du management au travers de ces m&#234;mes pratiques et des points d'interrogation qu'elles soul&#232;vent, est donc plut&#244;t une chance : une chance pour eux de mieux prendre leur place dans le monde digitalis&#233; qui s'est ouvert et une chance pour nous, qui ne sommes pas des natifs digitaux, de les voir et de nous regarder autrement &#8211; en questionnant nos pratiques manag&#233;riales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est alors essentiel de ne pas sombrer dans les clich&#233;s (&#171; ils sont incapables de se concentrer ! &#187; ; &#171; ils ne sont pas engag&#233;s dans le travail ! &#187;), ni de les surestimer (cette &#171; pr&#233;somption de comp&#233;tences &#187; relative &#224; leurs pratiques du digital qui en feraient des champions pr&#233;sum&#233;s de la question) : faisons leur confiance, tout simplement, et accompagnons-les, car ils ont beaucoup &#224; nous apprendre sur nous-m&#234;mes. &#192; travers eux, c'est le monde d'aujourd'hui qui se cristallise dans toute sa complexit&#233;. Accueillons-les avec un esprit d'ouverture et un esprit critique qui leur sera pr&#233;cieux &#8211; &#224; eux autant qu'&#224; nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img alt=&#034;The Conversation&#034; height='1' src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L1xH1/count-6a944d70-2e047.gif?1707003373' width='1' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;span&gt;Beno&#238;t Meyronin a re&#231;u des financements de BNP Paribas et Orange pour des chaires. Il est conseiller scientifique de la fondation de recherche ServiceLab, financ&#233;e par ERDF et l'Acad&#233;mie du Service. &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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