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	<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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	<description>Un site participatif, lieu de partage et d'&#233;change autour des initiatives en transitions et des innovations p&#233;dagogiques dans l'enseignement sup&#233;rieur francophone.</description>
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		<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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		<title>D'&#233;l&#232;ve &#224; coll&#232;gue en 10 semaines ou d'enseignant &#224; coll&#232;gue en 10 semaines</title>
		<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/article895.html</link>
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		<dc:date>2016-09-07T08:35:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Jacovetti, Sophie Gros</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.innovation-pedagogique.fr/IMG/gif/bandeausherbrooke2013.gif' align=&#034;right&#034; height=&#034;70&#034; width=&#034;70&#034;&gt;Cet article pr&#233;sente l'&#233;volution sur sept ann&#233;es de l'unit&#233; d'enseignement &#171; Robotique et syst&#232;mes embarqu&#233;s &#187; de T&#233;l&#233;com ParisTech. Utilisant &#224; l'origine une p&#233;dagogie traditionnelle, ce cours a peu &#224; peu &#233;volu&#233; pour maintenant adopter une p&#233;dagogie active au coeur de laquelle l'&#233;l&#232;ve est ma&#238;tre de son apprentissage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mots-cl&#233;s :&lt;br class='autobr' /&gt;
P&#233;dagogie active, apprentissage par projet, motivation, autonomie&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;center text-center&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;font color=&#034;red&#034;&gt;Alexis Polti&lt;/font&gt;&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt; et &lt;font color=&#034;red&#034;&gt;Samuel Tardieu&lt;/font&gt;&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;1 T&#233;l&#233;com ParisTech, Communication et &#201;lectronique, Paris, France&lt;br class='autobr' /&gt;
2 T&#233;l&#233;com ParisTech, Informatique et R&#233;seaux, Paris, France&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique2.html" rel="directory"&gt;Retours d'exp&#233;riences&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un article publi&#233; au VI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Colloque des Questions de P&#233;dagogie dans l'Enseignement Sup&#233;rieur, Angers, 8 , 9 et 10 Juin 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;lien : &lt;a href=&#034;http://www.colloque-pedagogie.org/?q=node/511&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.colloque-pedagogie.org/?q=node/511&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;http://www.colloque-pedagogie.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.colloque-pedagogie.org/&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
D'&#201;L&#200;VE &#192; COLL&#200;GUE EN 10 SEMAINES OU D'ENSEIGNANT &#192; COLL&#200;GUE EN 10 SEMAINES&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;center text-center&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;font color=&#034;red&#034;&gt;Alexis Polti&lt;/font&gt;&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt; et &lt;font color=&#034;red&#034;&gt;Samuel Tardieu&lt;/font&gt;&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;1 T&#233;l&#233;com ParisTech, Communication et &#201;lectronique, Paris, France&lt;br class='autobr' /&gt;
2 T&#233;l&#233;com ParisTech, Informatique et R&#233;seaux, Paris, France&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;R&#233;sum&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cet article pr&#233;sente l'&#233;volution sur sept ann&#233;es de l'unit&#233; d'enseignement &#171; Robotique et syst&#232;mes embarqu&#233;s &#187; de T&#233;l&#233;com ParisTech. Utilisant &#224; l'origine une p&#233;dagogie traditionnelle, ce cours a peu &#224; peu &#233;volu&#233; pour maintenant adopter une p&#233;dagogie active au coeur de laquelle l'&#233;l&#232;ve est ma&#238;tre de son apprentissage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Mots-cl&#233;s&lt;/strong&gt; :&lt;br class='autobr' /&gt;
P&#233;dagogie active, apprentissage par projet, motivation, autonomie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;I.	INTRODUCTION&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Lors de la r&#233;forme de l'enseignement de T&#233;l&#233;com ParisTech en 2003, des enseignants-chercheurs de l'&#233;cole ont d&#233;cid&#233;, en rupture franche avec les pratiques d'alors, d'introduire un enseignement pluridisciplinaire impliquant des intervenants de plusieurs d&#233;partements. Ce module de sp&#233;cialit&#233; &#171; Robotique et syst&#232;mes embarqu&#233;s &#187; alliait informatique, &#233;lectronique num&#233;rique, automatique et, dans une moindre mesure, traitement du signal et de l'image. En plus des cours th&#233;oriques, les &#233;l&#232;ves (limit&#233;s &#224; une vingtaine par an pour des contraintes d'encadrement) devaient obligatoirement r&#233;aliser dans son int&#233;gralit&#233; un projet en groupe de 3 &#224; 5 personnes (de la conception et la r&#233;alisation &#233;lectronique jusqu'au codage informatique) en appliquant les concepts &#233;tudi&#233;s lors des cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s t&#244;t, nous avons ressenti des difficult&#233;s &#224; fournir &#224; tous un enseignement pouss&#233; et identique alors m&#234;me que les projets r&#233;alis&#233;s en parall&#232;le se r&#233;v&#233;laient extr&#234;mement diff&#233;rents les uns des autres (robot serpent, puzzle lumineux interactif, etc.). Les besoins th&#233;oriques n'&#233;tant pas les m&#234;mes, l'attention apport&#233;e aux diff&#233;rents cours d&#233;pendait fortement de leur ad&#233;quation au sujet du projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ces raisons, nous avons, au fil des ann&#233;es, gliss&#233; vers un mod&#232;le o&#249; les cours ex-cathedra sont r&#233;duits &#224; leur strict minimum. L'accent a &#233;t&#233; mis sur la r&#233;alisation d'un projet ambitieux insistant sur trois aspects fondamentaux le comportement professionnel des membres du projet, la transmission des connaissances au sein d'une &#233;quipe et entre les &#233;quipes, et la qu&#234;te autonome de connaissances, l'&#233;quipe enseignante &#233;tant une source parmi de nombreuses autres. Cette &#233;volution des objectifs de l'unit&#233; d'enseignement nous a amen&#233;s &#224; adapter notre dispositif p&#233;dagogique afin de permettre une mise en &#339;uvre et une &#233;valuation coh&#233;rentes avec cette ambition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est important de noter que nous ne sommes pas, de formation, des th&#233;oriciens des pratiques p&#233;dagogiques. Nous exposons dans cet article un retour d'exp&#233;rience de nos pratiques qui s'av&#232;rent, apr&#232;s analyse ult&#233;rieure, extr&#234;mement proches des bases de l'apprentissage par projets telles qu'&#233;tablies par, par exemple, le Buck lnstitute for Education.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir pr&#233;sent&#233; les conditions de travail et les exigences que nous avons vis-&#224;-vis des &#233;tudiants, nous montrons les &#233;tapes permettant de passer du statut d'&#233;l&#232;ve &#224; celui de professionnel. Nous concluons finalement avec une description des r&#244;les primordiaux jou&#233;s par les processus d'&#233;valuation et d'encadrement.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;II.	LA RIGUEUR COMME FONDATION INDISPENSABLE&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les objectifs sont annonc&#233;s aux &#233;tudiants lors de la premi&#232;re s&#233;ance. Le premier point sur lequel nous insistons est la n&#233;cessaire rigueur acad&#233;mique de leur d&#233;marche. Pour s'habituer &#224; cette rigueur, deux exercices leur sont impos&#233;s lors des trois premi&#232;res semaines : la pr&#233;sentation de l'&#233;tat de l'art sur des sujets choisis par les enseignants et la r&#233;daction d'un article scientifique sur un sujet diff&#233;rent. Ces exercices ont pour but de leur faire comprendre que nous n'acceptons pas les approximations ils doivent &#234;tre en mesure d'expliquer leurs choix techniques &#224; tout moment. Nous insistons sur le fait qu'il vaut mieux avancer plus lentement et comprendre ce qui est fait plut&#244;t que d'obtenir plus en ne sachant pas exactement quels sont les m&#233;canismes en jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;tudiants doivent &#233;galement adopter de bonnes pratiques en terme de gestion de documents, qu'il s'agisse de codes sources, de sch&#233;mas ou de textes. L'utilisation d'un gestionnaire de versions est obligatoire ; la d&#233;faillance d'un disque dur n'est alors plus une excuse recevable. Les biblioth&#232;ques tierces et documents ext&#233;rieurs sont tout &#224; fait acceptables d&#232;s lors que les licences d'exploitation sont respect&#233;es et que les sources sont correctement cit&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prise de conscience de la hi&#233;rarchisation des ressources mises &#224; leur disposition est &#233;galement un jalon primordial dans l'objectif d'apprentissage de l'autonomie des &#233;tudiants. Ils sont invit&#233;s &#224; utiliser, dans l'ordre, la documentation de r&#233;f&#233;rence, les moteurs de recherche, les autres &#233;tudiants puis, en dernier recours, les enseignants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, les &#233;tudiants doivent &#234;tre capables de restituer les connaissances acquises et de faire passer des informations lors de pr&#233;sentations. Ain d'&#234;tre mieux pr&#233;par&#233;s aux impond&#233;rables de la vie professionnelle, ils doivent pouvoir pr&#233;senter leurs travaux dans un environnement surprenant, comp&#233;titif, difficile voire m&#234;me parfois hostile.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;III. LE PROJET, MOTEUR D'APPRENTISSAGE&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D'ann&#233;e en ann&#233;e, le projet a pris une place de plus en plus importante dans cette unit&#233; d'enseignement. En 2004, lors de la premi&#232;re occurrence, il occupait avec ses soutenances 60 heures dans l'emploi du temps, ce qui correspondait avec les crit&#232;res en vigueur &#224; T&#233;l&#233;com ParisTech &#224; 90 heures au total (&#224; chaque heure programm&#233;e &#224; l'emploi du temps doit correspondre un travail personnel d'environ 30 minutes). Aujourd'hui, le projet occupe plus de 110 heures programm&#233;es, soit un effort minimum attendu de 165 heures par &#233;tudiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus de choix des projets et de constitution des &#233;quipes de 3 &#224; 5 &#233;l&#232;ves s'effectue lors de la premi&#232;re s&#233;ance de trois heures. L'&#233;quipe enseignante pr&#233;sente les diff&#233;rents sujets propos&#233;s et invite les &#233;l&#232;ves &#224; &#233;ventuellement y ajouter leurs propres id&#233;es. &#192; la fin de ces trois heures, chaque &#233;tudiant sait sur quel projet il travaillera pendant 10 semaines, s'est choisi une &#233;quipe et dispose de l'intitul&#233; du sujet dont il devra pr&#233;senter l'&#233;tat de l'art.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re pr&#233;sentation d'&#233;quipe a lieu d&#232;s la deuxi&#232;me s&#233;ance. Chaque groupe d'&#233;l&#232;ves doit expliquer son sujet et les verrous technologiques auxquels ils se heurteront probablement et proposer une liste d'&#233;tapes dot&#233;es de crit&#232;res d'&#233;valuation binaires (succ&#232;s ou &#233;chec). Chaque crit&#232;re (ou PSSC pour projet-specific success criteria) doit pouvoir &#234;tre facilement test&#233; et donner lieu &#224; une r&#233;ponse incontestable. Par exemple, dans le cadre d'un projet consistant &#224; r&#233;aliser un robot &#233;quilibriste, &#171; le robot tiendra presque en &#233;quilibre &#187; ne r&#233;pond pas &#224; ces exigences. Par contre, &#171; le robot appliquera &#224; ses roues une correction dans le sens visant &#224; r&#233;tablir son &#233;quilibre &#187; est un crit&#232;re interm&#233;diaire acceptable. Ces crit&#232;res interm&#233;diaires et finaux deviennent apr&#232;s discussion (et &#233;ventuellement n&#233;gociation) le cahier des charges du projet que les &#233;tudiants s'engagent &#224; respecter. Ils serviront &#233;galement de mesure objective d'avancement &#224; l'usage des &#233;tudiants eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce processus d'&#233;laboration des crit&#232;res de succ&#232;s responsabilise fortement les &#233;tudiants tout en leur permettant d'&#234;tre extr&#234;mement ambitieux. Ils choisissent les points sur lesquels ils seront &#233;valu&#233;s par la suite, leur interdisant par l&#224;-m&#234;me de critiquer ces objectifs s'ils ne sont pas remplis. Cette s&#233;paration entre les objectifs obligatoires et les fonctionnalit&#233;s suppl&#233;mentaires optionnelles a le double avantage de prioriser les diff&#233;rentes &#233;tapes du projet tout en permettant d'avancer en regardant au-del&#224; de l'aspect scolaire de la notation.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;IV.	&#202;TRE PROFESSIONNEL EN TOUTES CIRCONSTANCES&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En plus de la rigueur qu'on est en droit d'exiger d'un ing&#233;nieur &#224; qui on a confi&#233; une t&#226;che, on doit pouvoir compter sur sa capacit&#233; &#224; partager ses informations, ses connaissances et les probl&#233;matiques auxquelles il est confront&#233;. Ainsi, au cours de leur projet, les &#233;tudiants auront &#224; pr&#233;senter quatre ou cinq points d'avancement. Lors de ces points d'avancement, chaque &#233;tudiant devra pouvoir r&#233;pondre avec exactitude et pr&#233;cision &#224; toutes les questions sur les travaux du groupe pos&#233;es par les encadrants ou les autres &#233;tudiants, y compris si la question porte sur une partie du projet dans laquelle il n'&#233;tait pas directement impliqu&#233;. Il est primordial pour chacun de se tenir inform&#233; de l'ensemble des travaux du groupe, afin de pouvoir prendre la place d'un coll&#232;gue qui serait soudainement absent par exemple. De m&#234;me, chacun pourra &#234;tre interrog&#233; sur les travaux d'un autre groupe, sans qu'on puisse bien entendu exiger le m&#234;me niveau de d&#233;tail dans les connaissances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ain de les pr&#233;parer &#224; savoir pr&#233;senter leurs travaux en toutes circonstances, nous organisons r&#233;guli&#232;rement des &#171; surprises &#187; lors de certaines soutenances. Par exemple, il arrive qu'un vid&#233;o-projecteur &#171; tombe en panne &#187; au beau milieu d'une pr&#233;sentation, ou qu'un membre du groupe soit &#171; brutalement indispos&#233; &#187; et que sa partie doive alors &#234;tre adopt&#233;e par le reste du groupe. La &#171; visite impromptue d'un industriel &#233;tranger non francophone tr&#232;s int&#233;ress&#233; par le projet &#187; les oblige &#224; pr&#233;senter en anglais sans qu'ils n'aient pu le pr&#233;voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces m&#233;thodes, qui pourraient sembler brutales si nous n'&#233;tions pas intimement convaincus de leurs vertus p&#233;dagogiques, s'av&#232;rent avoir un effet extr&#234;mement b&#233;n&#233;fique sur les &#233;tudiants. Plusieurs anciens &#233;l&#232;ves nous ont par la suite racont&#233; comment ces soutenances leur avaient &#233;vit&#233; de se retrouver totalement d&#233;sar&#231;onn&#233;s lorsqu'ils ont eu &#224; faire face &#224; des changements de derni&#232;re minute dans leur milieu professionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soutenance finale se d&#233;roule en pr&#233;sence d'enseignants-chercheurs externes au cours et d'industriels du domaine, et est ouverte &#224; tous. &#192; cette occasion, les &#233;tudiants doivent valoriser leur projet et r&#233;pondre aux questions, techniques ou non, de l'ensemble du public. Ils sont amen&#233;s &#224; pr&#233;senter leur r&#233;alisation sous le meilleur jour possible, sans jamais avoir le droit de mentir sur ce qui a &#233;t&#233; fait ou sur ce qui fonctionne.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;V.	UNE &#201;VALUATION STRUCTURANTE, SUPPORT AU PROJET&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Alors que la nature du projet &#233;voluait au fil des ann&#233;es, les m&#233;thodes d'&#233;valuation ont &#233;galement subi de forts changements. D'une &#233;valuation classique, o&#249; l'on notait les soutenances, les rendus et les travaux pratiques, nous sommes pass&#233;s &#224; une avalanche de micro-notes (plus d'une vingtaine) composant ainsi la note finale.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'utilisation de micro-notes nous permet d'&#234;tre extr&#234;mement stricts quant au contr&#244;le du respect des consignes. Nous nous autorisons facilement &#224; mettre z&#233;ro lorsque les objectifs ne sont pas remplis, sachant qu'une telle &#233;valuation n'a pas un caract&#232;re d&#233;finitif sur le dossier scolaire d'un &#233;tudiant, car elle peut toujours &#234;tre compens&#233;e par une autre micro-note.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;VI.	DU R&#212;LE DE L'ENSEIGNANT&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce type de p&#233;dagogie demande, de la part de l'enseignant, un investissement en temps et en &#233;nergie extr&#234;mement important. L'enseignant joue quatre r&#244;les distincts : celui de client, qui juge l'ad&#233;quation du produit au cahier des charges, celui d'expert technique, en cas de difficult&#233; bloquante, celui de chef d'entreprise lorsque cela s'impose et que des d&#233;cisions autoritaires (concernant les co&#251;ts, les d&#233;lais ou les m&#233;thodes) doivent &#234;tre prises pour emp&#234;cher l'&#233;chec du projet, et enfin le r&#244;le traditionnel de tuteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;l&#232;ve &#233;tant acteur de son apprentissage, la motivation et l'envie d'apprendre sont essentielles. L'enseignant doit sans cesse provoquer l'int&#233;r&#234;t, en trouvant par exemple des sujets de projets r&#233;pondant aux crit&#232;res ludiques de la population cibl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous insistons &#233;norm&#233;ment sur le fait que ce que dit l'enseignant doit &#234;tre per&#231;u comme un point de d&#233;part. Lorsqu'une m&#233;thode ou une technique est &#233;voqu&#233;e, cela ne signifie nullement qu'il n'existe pas une approche plus adapt&#233;e au probl&#232;me consid&#233;r&#233;. Les &#233;tudiants sont encourag&#233;s &#224; questionner ce que dit l'enseignant, et &#224; admettre qu'il y a plusieurs mani&#232;res d'aborder les difficult&#233;s. Pour leur faciliter la t&#226;che, lorsqu'un enseignant dispense un cours magistral, un autre enseignant est pr&#233;sent dans la salle et joue un double r&#244;le : il apporte &#233;ventuellement des points de clarification &#224; travers une formulation alternative et il n'h&#233;site pas &#224; poser des questions, parfois volontairement na&#239;ves, afin de d&#233;sinhiber les &#233;l&#232;ves qui n'oseraient pas intervenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin de la session 2010, un &#233;l&#232;ve est venu nous voir et nous a fait part d'un glissement de perception de sa part ; d'enseignant au d&#233;but de la p&#233;riode d'enseignement, il en &#233;tait venu par la suite &#224; nous consid&#233;rer comme des coll&#232;gues lorsque nous discutions d'aspects techniques. Cette &#233;volution, que nous ressentions &#233;galement mais n'avions jamais cherch&#233; &#224; verbaliser, correspond &#224; l'effet que nous recherchons &#224; travers ce mode d'enseignement. Nous-m&#234;mes ne voyons plus les &#233;l&#232;ves uniquement comme des &#233;tudiants mais &#233;galement comme de futurs ing&#233;nieurs avec lesquels nous serons peut-&#234;tre amen&#233;s &#224; travailler.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;VII.	CONCLUSION&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce glissement progressif des positions respectives de l'enseignant et de l'apprenant vers des individus poss&#233;dant une culture scientifique commune et capables d'&#233;changer entre pairs nous semble correspondre &#224; l'id&#233;al vis&#233; d'une &#233;cole d'ing&#233;nieurs et &#224; l'attente des entreprises. Ce processus d'int&#233;gration sera d'autant plus facilement r&#233;p&#233;t&#233; qu'il a pr&#233;alablement &#233;t&#233; v&#233;cu avec succ&#232;s, ce que nous confirment les anciens &#233;l&#232;ves avec lesquels nous sommes rest&#233;s en contact.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;volution que nous avons connue au cours de ces sept ann&#233;es d'existence de ce module est consid&#233;rable. Le temps consacr&#233; aux projets (par opposition aux cours th&#233;oriques) a presque doubl&#233; ceux-ci sont l'occasion de v&#233;ritables acquisitions et transmissions de connaissances et de savoir-faire. Cependant, le caract&#232;re original des projets rend l'investissement des enseignants difficilement capitalisable d'ann&#233;e en ann&#233;e et entra&#238;ne ind&#233;niablement un surcro&#238;t de travail et d'investissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;duction drastique du volume de cours magistraux conduit n&#233;cessairement &#224; une diminution des connaissances expos&#233;es par les enseignants. Apr&#232;s une courte p&#233;riode d'adaptation due &#224; la perte des rep&#232;res scolaires habituels, celles-ci sont remplac&#233;es par un savoir-faire, un savoir-&#234;tre et un savoir-apprendre acquis en mode projet qui paraissent convenir aux &#233;l&#232;ves et &#224; leurs employeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, l'utilisation de ces techniques d'enseignement avec une population diff&#233;rente et h&#233;t&#233;rog&#232;ne n'est pas automatiquement acquise. Une r&#233;cente mise en &#339;uvre avec des &#233;l&#232;ves issus de licence professionnelle et d'origines diverses a mis en exergue la difficult&#233; de ne pas pouvoir s'appuyer sur des bases communes. Une bonne connaissance du niveau de d&#233;part et des exp&#233;riences pass&#233;es des &#233;tudiants semble n&#233;cessaire &#224; une mise en &#339;uvre effective et efficace de ce processus d'apprentissage.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;R&#201;F&#201;RENCES&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;GLiP&lt;/strong&gt;(2010). Puzzle lumineux interactif, projet de robotique et syst&#232;mes embarqu&#233;s, &lt;a href=&#034;http://www.glip.fr/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.glip.fr/&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Perrenet, J.C., Bouhuijs P.A., Smits J.G.M.M.&lt;/strong&gt; (2000). &#171; The Suitability of Problem- based Learning for Engineering Education Theory and Practice &#187;. ln Teaching in Higher Education, Volume 5, lssue 3 July 2000, pages 345-358. &#201;diteur Routledge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Savin-Baden, M.&lt;/strong&gt; (2000). Problem-based Learning in Higher Education Untold Stories. lSBN : 978-0335203383. &#201;diteur : Open University Press.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Universit&#233; de Sherbrooke&lt;/strong&gt; (2002). L'apprentissage par probl&#232;mes et par projets en ing&#233;nierie, &lt;a href=&#034;http://www.usherbrooke.ca/gelecinfo/fr/prog-etudes/appi/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.usherbrooke.ca/gelecinfo/fr/prog-etudes/appi/&lt;/a&gt; (page visit&#233;e en d&#233;cembre 2010).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des &#233;tudiants r&#233;alisent un sketch th&#233;atral ou un clip vid&#233;o pour faire &#233;voluer leurs pr&#233;conceptions</title>
		<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/article842.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.innovation-pedagogique.fr/article842.html</guid>
		<dc:date>2016-08-25T14:42:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Jacovetti, Sophie Gros</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.innovation-pedagogique.fr/IMG/gif/bandeauangers2011.gif' align=&#034;right&#034; height=&#034;70&#034; width=&#034;70&#034;&gt;Des futurs ing&#233;nieurs abordent l'enseignement sup&#233;rieur avec de nombreuses pr&#233;conceptions erron&#233;es et/ou lacunaires &#224; la fois au niveau des connaissances, des comp&#233;tences et des attitudes. Pour &#233;viter que celles-ci constituent des obstacles &#224; un apprentissage scientifique durable, il est indispensable de faire &#233;prouver aux &#233;tudiants les limites de leur cadre de r&#233;f&#233;rence et de les motiver &#224; r&#233;aliser l'effort n&#233;cessaire pour le r&#233;organiser et l'enrichir. Cet article pr&#233;sente deux dispositifs de formation d'&#233;tudiants ing&#233;nieurs, l'un en dynamique de groupe, l'autre en m&#233;canique classique, qui font &#233;merger les repr&#233;sentations initiales des &#233;tudiants, pour ensuite les transformer en profondeur, par le moyen de la cr&#233;ation en petits groupes d'un sketch th&#233;&#226;tral pour le premier dispositif, d'un clip vid&#233;o pour le second.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mots-cl&#233;s :&lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#233;conceptions, conflit socio-cognitif, s&#233;quence vid&#233;o, th&#233;&#226;tre, m&#233;canique classique, dynamique de groupe&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font color=&#034;red&#034;&gt; Pascale Corten-Gualtieri, Olivier Fournout, Marcel Lebrun, Jim Plumat, Jean-Didier Legat, Roland Keunings, Beno&#238;t Raucent,Val&#233;rie Beaudouin, Pierre Ollier, Nicolas Flipo, Isabelle Cojan, M&#233;dard Thiry &lt;/font&gt; et &lt;font color=&#034;red&#034;&gt; Caroline Mehl &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique2.html" rel="directory"&gt;Retours d'exp&#233;riences&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un article publi&#233; au VI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Colloque des Questions de P&#233;dagogie dans l'Enseignement Sup&#233;rieur, Angers, 8 , 9 et 10 Juin 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;lien : &lt;a href=&#034;http://www.colloque-pedagogie.org/?q=node/511&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.colloque-pedagogie.org/?q=node/511&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;http://www.colloque-pedagogie.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.colloque-pedagogie.org/&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;{}&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;DES &#201;TUDIANTS R&#201;ALISENT UN SKETCH TH&#201;&#194;TRAL OU UN CLIP VID&#201;O POUR FAIRE &#201;VOLUER LEURS PR&#201;CONCEPTIONS&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font color=&#034;red&#034;&gt;Pascale Corten-Gualtieri&lt;/font&gt;&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt;, &lt;font color=&#034;red&#034;&gt;Olivier Fournout&lt;/font&gt;&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;, &lt;font color=&#034;red&#034;&gt;Marcel Lebrun&lt;/font&gt;&lt;sup&gt;3&lt;/sup&gt;, &lt;font color=&#034;red&#034;&gt;Jim Plumat&lt;/font&gt;&lt;sup&gt;4&lt;/sup&gt;, &lt;font color=&#034;red&#034;&gt;Jean-Didier Legat&lt;/font&gt;&lt;sup&gt;5&lt;/sup&gt;, &lt;font color=&#034;red&#034;&gt;Roland Keunings&lt;/font&gt;&lt;sup&gt;5&lt;/sup&gt;, &lt;font color=&#034;red&#034;&gt;Beno&#238;t Raucent&lt;/font&gt;&lt;sup&gt;5&lt;/sup&gt;,&lt;font color=&#034;red&#034;&gt;Val&#233;rie Beaudouin&lt;/font&gt;&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;, &lt;font color=&#034;red&#034;&gt;Pierre Ollier&lt;/font&gt;&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;, &lt;font color=&#034;red&#034;&gt;Nicolas Flipo&lt;/font&gt;&lt;sup&gt;6&lt;/sup&gt;, &lt;font color=&#034;red&#034;&gt;Isabelle Cojan&lt;/font&gt;&lt;sup&gt;6&lt;/sup&gt;, &lt;font color=&#034;red&#034;&gt;M&#233;dard Thiry&lt;/font&gt;&lt;sup&gt;6&lt;/sup&gt; et &lt;font color=&#034;red&#034;&gt;Caroline Mehl&lt;/font&gt;&lt;sup&gt;6&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 Universit&#233; Catholique de Louvain, Institut de P&#233;dagogie universitaire et des Multim&#233;dias, IACCHOS, Louvain-la-Neuve, Belgique&lt;br class='autobr' /&gt;
2 T&#233;l&#233;com ParisTech, D&#233;partement des Sciences &#233;conomiques et sociales, Paris, France&lt;br class='autobr' /&gt;
3 Universit&#233; Catholique de Louvain, Facult&#233; de Psychologie et des Sciences de l'&#201;ducation &amp; Institut de P&#233;dagogie universitaire et des Multim&#233;dias, IACCHOS, Louvain-la-Neuve, Belgique&lt;br class='autobr' /&gt;
4 Universit&#233; Catholique de Louvain, Laboratoire de Didactique de la physique, Louvain-la-Neuve, Belgique&lt;br class='autobr' /&gt;
5 Universit&#233; Catholique de Louvain, Ecole Polytechnique de Louvain, Louvain-la-Neuve, Belgique&lt;br class='autobr' /&gt;
6 &#201;cole des Mines ParisTech, Centre de G&#233;osciences, Fontainebleau, France&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;center text-center&#034;&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;Pascale.corten@uclouvain.be&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;{}&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;R&#233;sum&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Des futurs ing&#233;nieurs abordent l'enseignement sup&#233;rieur avec de nombreuses pr&#233;conceptions erron&#233;es et/ou lacunaires &#224; la fois au niveau des connaissances, des comp&#233;tences et des attitudes. Pour &#233;viter que celles-ci constituent des obstacles &#224; un apprentissage scientifique durable, il est indispensable de faire &#233;prouver aux &#233;tudiants les limites de leur cadre de r&#233;f&#233;rence et de les motiver &#224; r&#233;aliser l'effort n&#233;cessaire pour le r&#233;organiser et l'enrichir. Cet article pr&#233;sente deux dispositifs de formation d'&#233;tudiants ing&#233;nieurs, l'un en dynamique de groupe, l'autre en m&#233;canique classique, qui font &#233;merger les repr&#233;sentations initiales des &#233;tudiants, pour ensuite les transformer en profondeur, par le moyen de la cr&#233;ation en petits groupes d'un sketch th&#233;&#226;tral pour le premier dispositif, d'un clip vid&#233;o pour le second.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mots-cl&#233;s&lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;conceptions, conflit socio-cognitif, s&#233;quence vid&#233;o, th&#233;&#226;tre, m&#233;canique classique, dynamique de groupe&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;I. INTRODUCTION&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;De Brabandere et Mikolajczak [2009, p.24] expliquent que tout individu subit &#171; [.] l'emprise du biais de disponibilit&#233;. Cette tendance consiste &#224; utiliser de pr&#233;f&#233;rence des informations facilement disponibles, qui nous viennent le plus spontan&#233;ment &#224; l'esprit : les informations r&#233;centes, emmagasin&#233;s en m&#233;moire il y a peu de temps, les &#233;l&#233;ments plus vivants, spectaculaires ou charg&#233;s d'&#233;motions, les &#233;l&#233;ments bien connus, familiers &#187;. L'apprentissage ne fait pas exception &#224; cette r&#232;gle : face &#224; un probl&#232;me, &#224; une situation nouvelle, l'individu r&#233;agit sous l'emprise du biais de disponibilit&#233; et met tout en &#339;uvre pour r&#233;soudre le probl&#232;me sur la base de ce qu'il conna&#238;t d&#233;j&#224;, sans chercher &#224; apprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s les ann&#233;es 80, c'est dans le domaine de l'enseignement des sciences que des didacticiens comme Martinand [1986], Giordan et de Vecchi [1990], Astolfi et Develay [2002], Viennot [1996], ou encore, dans la litt&#233;rature anglo-saxonne, Posner et al [1990] ou Davis [2001], ont d&#233;montr&#233; que tout apprentissage interf&#232;re avec un &#171; d&#233;j&#224; l&#224; &#187; conceptuel un cadre de r&#233;f&#233;rence pour raisonner, agir ou se comporter, &#233;labor&#233; &#224; partir des exp&#233;riences ant&#233;rieures de l'apprenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la litt&#233;rature, de nombreuses appellations renvoient &#224; ce savoir pr&#233;alable et peuvent &#234;tre utilis&#233;es indiff&#233;remment : pr&#233;conceptions, conceptions ou repr&#233;sentations initiales, conceptions na&#239;ves, savoirs familiers, pens&#233;e naturelle ou encore sens commun... Ce syst&#232;me de compr&#233;hension, d'interpr&#233;tation et de pr&#233;diction de la r&#233;alit&#233; s'est construit &#224; partir des exp&#233;riences de l'apprenant (exp&#233;riences de vie et d'&#233;tude) il est donc coh&#233;rent et op&#233;rationnel. Cependant, par rapport aux connaissances, comp&#233;tences et attitudes &#171; savantes &#187;, il comporte des erreurs ou des lacunes, qui rel&#232;vent rarement de simples &#171; m&#233;connaissances d'un savoir ponctuel &#187;, mais plut&#244;t d'une &#171; fa&#231;on de penser profond&#233;ment enracin&#233;e &#187; [Giordan, 1996]. Il en r&#233;sulte que les conceptions initiales constituent fr&#233;quemment une entrave &#224; un nouvel apprentissage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Giordan [1996], pour vaincre les repr&#233;sentations initiales de l'apprenant, il ne suffit pas de leur pr&#233;senter le savoir correct, la m&#233;thode ou l'attitude ad&#233;quate. (D)&#233;noncer les erreurs fr&#233;quentes, mettre en &#233;vidence les difficult&#233;s les plus courantes n'assure pas non plus, &#224; l'enseignant, une action p&#233;dagogique efficace. En effet, dans le meilleur des cas, ces deux modes de pr&#233;sentation du savoir am&#232;nent l'apprenant &#224; faire coexister, dans sa structure cognitive, son mod&#232;le familier et le mod&#232;le &#171; savant &#187;. Et ce dernier est vou&#233; &#224; &#234;tre rapidement oubli&#233; au profit du mod&#232;le plus ancien, mieux ancr&#233;, d&#232;s que l'apprenant sort du contexte d'apprentissage. Selon De Vecchi et Giordan [1989] et Giordan [1996], ignorer les conceptions pr&#233;alables des apprenants (&#171; faire sans &#187;) ou les r&#233;futer (&#171; faire contre &#187;) ne fournit donc qu'un faible &#171; rendement didactique &#187; (un faible rapport entre le savoir acquis par les apprenants et le temps pass&#233; &#224; enseigner).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s les m&#234;mes auteurs, la cl&#233; d'un enseignement-apprentissage durable consiste &#224; faire &#233;merger les pr&#233;conceptions et &#224; s'appuyer sur elles pour les transformer (&#171; faire avec pour aller contre &#187;) et remanier profond&#233;ment la structure mentale de l'apprenant. Pour qu'il y ait apprentissage, il s'agit d'abord que l'&#233;l&#232;ve trouve de l'int&#233;r&#234;t, du sens &#224; d&#233;passer ses savoirs familiers : pour ce faire, &#171; un ensemble d'&#233;l&#233;ments convergents et redondants &#187; doit &#234;tre mis en place par l'enseignant pour faire prendre conscience &#224; l'&#233;l&#232;ve des limites explicatives et pr&#233;dictives de ses conceptions initiales [Giordan, 1996]. Il s'agit d'introduire une &#171; dissonance &#187; dans le r&#233;seau conceptuel de l'apprenant, afin de rompre certains liens (d&#233;construction), puis d'en cr&#233;er de nouveaux (reconstruction) qui int&#232;grent les informations nouvelles dont le champ de validit&#233; est plus important. Car &#171; tout savoir ma&#238;tris&#233; se situe tout &#224; la fois dans le prolongement des acquis ant&#233;rieurs qui fournissent le cadre de questionnement, de r&#233;f&#233;rence et de signification, et dans le m&#234;me temps par rupture avec eux, du moins par d&#233;tour et transformation du questionnement. &#187; [Giordan, 1996].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure actuelle, les p&#233;dagogues s'accordent &#224; consid&#233;rer que les facteurs qui influencent un changement conceptuel ne sont pas uniquement d'ordre cognitif, mais aussi contextuels, affectifs et sociaux, ce qui met en avant l'int&#233;r&#234;t p&#233;dagogique des activit&#233;s d'apprentissage de type coop&#233;ratif [Hewson, Beeth et Thorley, 1998 ; Bourgeois et Chapelle, 2006].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'efficience de l'action p&#233;dagogique rel&#232;ve donc des capacit&#233;s du professeur &#224; g&#233;n&#233;rer chez les apprenants un conflit cognitif - ou mieux, socio-cognitif -, et ensuite &#224; g&#233;rer ce conflit pour faire en sorte que les apprenants int&#232;grent l'information nouvelle dans leur cadre de r&#233;f&#233;rence [Giordan, 1996].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la question centrale revient &#224; d&#233;terminer quelle activit&#233; mettre en place pour faire &#233;merger les repr&#233;sentations initiales des apprenants et les amener &#224; les confronter en &#233;quipe... Dans cet article, nous proposons deux exemples de traitement des pr&#233;conceptions de futurs ing&#233;nieurs, au d&#233;part d'une situation- probl&#232;me originale et ludique, consistant en la r&#233;daction d'un sc&#233;nario et sa mise en production.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;II.	SKETCH TH&#201;&#194;TRAL ET DYNAMIQUE DE GROUPE&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans le domaine de la dynamique de groupe, le travail sur les pr&#233;conceptions des &#233;tudiants rencontre plusieurs difficult&#233;s propres au champ des relations humaines. D'une part, il est souvent impossible de porter un jugement de type vrai/faux. Les pr&#233;conceptions ne sont pas identifiables &#224; des erreurs. D'autre part, elles ne se laissent pas objectiver facilement. La situation initiale est un v&#233;cu sur les relations, plut&#244;t qu'un ensemble de faits parfaitement visibles. Enfin, pour faire &#233;voluer la pr&#233;conception, la connaissance intellectuelle ne suffit pas. Il faut int&#233;grer cette connaissance dans les comportements, dans les actions, dans les paroles, dans la communication non verbale, dans les mani&#232;res d'interagir effectivement avec les autres, au quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons quelques exemples de ces pr&#233;conceptions que de jeunes &#233;tudiants&lt;br class='autobr' /&gt;
ing&#233;nieurs peuvent se faire des rapports humains :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.	&#171; Il est naturel qu'il y ait dans les groupes un bouc &#233;missaire, et cela peut m&#234;me aider &#224; forger le groupe. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.	&#171; Exercer une autorit&#233;, en gros, c'est faire faire des &#171; corv&#233;es de chiottes &#187; aux autres sans possibilit&#233; de discuter les ordres. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.	&#171; Il n'y a pas d'enjeu relationnel important dans un cours scientifique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4.	&#171; La r&#234;verie individuelle dans un groupe est une fuite, en r&#233;action &#224; l'ennui ou pour &#233;chapper &#224; l'emprise du leader. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5.	&#171; L'implicite dans un groupe est une mani&#232;re de cacher des choses &#224; certaines personnes, voire de se liguer contre elles. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6.	&#171; C'est mauvais d'avoir des conflits, et il faut tout faire pour les &#233;viter. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces affirmations sont discutables sous de multiples angles. L'enseignement peut faire &#233;voluer ces pr&#233;conceptions dans diff&#233;rentes directions :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.	&#233;voquer les effets de ces pr&#233;conceptions, &#233;ventuellement n&#233;gatifs, montrer les effets de repr&#233;sentations alternatives ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.	ouvrir la palette des comportements possibles &#224; disposition des apprenants, &#234;tre dans le &#171; Oui, mais encore ? &#187;, plut&#244;t que dans le &#171; Non, mais. &#187; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.	affiner les observations de la complexit&#233; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4.	entra&#238;ner &#224; la responsabilisation, c'est-&#224;-dire : d&#233;naturaliser les pr&#233;conceptions (elles ne vont pas de soi), ouvrir le champ des possibles et s'exercer &#224; un choix averti tant individuel que collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Corps des Mines, au sein de l'&#233;cole des Mines ParisTech et de T&#233;l&#233;com ParisTech, d&#233;livre un enseignement de trois ans &#224; une vingtaine d'&#233;l&#232;ves destin&#233;s &#224; la haute fonction publique en France. La premi&#232;re semaine de cours est consacr&#233;e &#224; un enseignement de g&#233;ologie sur le terrain, assur&#233; par l'&#233;quipe p&#233;dagogique Mines ParisTech. En 2009, l'&#233;quipe enseignante de &#171; Formation Humaine &#187; (comp&#233;tences et &#233;thique relationnelles) de T&#233;l&#233;com ParisTech a &#233;t&#233; sollicit&#233;e pour enrichir cette semaine de formation d'un volet &#171; dynamique de groupe &#187;. La formule, propos&#233;e en 2009 et r&#233;it&#233;r&#233;e en 2010, repose sur une forte communaut&#233; de p&#233;dagogie entre l'enseignement de la g&#233;ologie et l'enseignement de la dynamique de groupe : la p&#233;dagogie est inductive et participative, proche de ce qui est propos&#233; en apprentissage par probl&#232;mes (APP). Les &#233;tudiants de chaque groupe &#171; g&#233;ologie &#187; observent leur dynamique de groupe et leurs relations telles qu'elles &#233;mergent au cours de leur formation en g&#233;ologie. Ils doivent d&#233;crire trois th&#232;mes li&#233;s aux situations v&#233;cues. Puis, il leur est demand&#233; de cr&#233;er un sketch th&#233;&#226;tral illustrant ces trois th&#232;mes. D'une certaine fa&#231;on, la sc&#233;narisation th&#233;&#226;trale est aux situations v&#233;cues de dynamique de groupe ce que le dessin d'observation est au terrain g&#233;ologique. De plus, dans les deux cas, les points de vue individuels se confrontent les uns aux autres, soit par la discussion, soit par les dessins, soit par les jeux d'acteurs, d&#233;bouchant sur une n&#233;gociation. La d&#233;construction des a priori individuels s'engage dans une d&#233;marche d'intelligence collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.	La mise en &#339;uvre du volet &#171; dynamique de groupe &#187; passe par un tutorat qui fournit des bases th&#233;&#226;trales aux &#233;tudiants, puis accompagne les sous-groupes tout au long du processus. Les &#233;tapes &#233;tal&#233;es sur deux jours sont les suivantes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.	une s&#233;ance de trois heures est consacr&#233;e &#224; des exercices de th&#233;&#226;tre introduisant &#224; l'expression de soi, corporelle et vocale, &#224; l'&#233;coute des autres, &#224; la narration, &#224; la mise en espace, aux r&#232;gles de l'improvisation et au dialogue ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.	les &#233;tudiants d&#233;cident d'un sc&#233;nario (un &#171; pitch &#187;), illustrant les th&#232;mes observ&#233;s, incluant un r&#244;le pour tous les membres de leur sous-groupe et utilisant des objets trouv&#233;s dans la nature, comme accessoires, &#233;l&#233;ments de d&#233;cors ou de costumes ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4.	ils r&#233;p&#232;tent et r&#233;alisent au moins deux &#171; filages &#187; (c'est-&#224;-dire deux pr&#233;sentations compl&#232;tes du sketch jou&#233;, dans un &#233;tat de travail interm&#233;diaire) devant l'&#233;quipe encadrante. Cette derni&#232;re rel&#232;ve les points forts, marque quelques zones de progr&#232;s, sugg&#232;re des id&#233;es. Les &#233;tudiants restent cependant ma&#238;tres de leur choix ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5.	les &#233;tudiants jouent devant tous leurs camarades et l'ensemble des encadrants (g&#233;ologie, dynamique de groupe, direction du Corps de Mines) : ils pr&#233;sentent quatre sketchs de 15 min (qui sont par ailleurs film&#233;s) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6.	lors de la s&#233;ance finale de d&#233;briefing en grand groupe (2h30), les th&#232;mes trait&#233;s sont r&#233;examin&#233;s, g&#233;n&#233;ralis&#233;s, compl&#233;t&#233;s et confront&#233;s &#224; des apports conceptuels, des r&#233;f&#233;rences th&#233;oriques, des parall&#232;les avec la vie dans les organisations. Les interpr&#233;tations sont discut&#233;es, le champ des possibles valid&#233;, quand il n'est pas envisageable de trancher par un jugement de v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le passage par le sketch - qui d&#233;signe en anglais &#224; la fois le &#171; dessin &#187; et la &#171; sayn&#232;te &#187; th&#233;&#226;trale - pr&#233;sente plusieurs avantages pour travailler les pr&#233;conceptions et les faire &#233;voluer. Le th&#233;&#226;tre fait voir les pr&#233;conceptions. Il les rend manifestes, aux yeux de tous, en public, par un acte fort de repr&#233;sentation. Comme un jeu de r&#244;le, il les fait vivre, et revivre, dans toute leur richesse, &#224; la fois de l'int&#233;rieur et en interaction avec les autres. La mise en th&#233;&#226;tre fait exp&#233;rimenter des comportements &#233;motionnels, corporels et cognitifs &#8211; qu'il s'agisse de clich&#233;s ou d'alternatives possibles &#224; ces clich&#233;s. Le sketch th&#233;&#226;tral entra&#238;ne une compr&#233;hension qui ne reste pas qu'intellectuelle. Celle-ci est d&#232;s lors mieux int&#233;gr&#233;e et retenue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise en th&#233;&#226;tre fait fortement &#233;voluer les pr&#233;conceptions, par l'improvisation et la cr&#233;ativit&#233;. Deux facteurs principaux expliquent les &#233;volutions :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.	dans un premier temps, le processus de cr&#233;ation est &#233;maill&#233; de discussions &#224; propos des pr&#233;conceptions : comment les mettre en sc&#232;ne, &#224; quoi correspondent-elles, quels sont les effets qu'elles provoquent ? D&#233;j&#224;, par la discussion au d&#233;but des r&#233;p&#233;titions, les positions &#233;voluent, se complexifient, s'amendent, se diversifient ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.	dans un second temps, les &#233;tudiants, pris par le processus cr&#233;atif en r&#233;p&#233;tition, oublient momentan&#233;ment le th&#232;me de la dynamique de groupe. Ils se laissent guider par la logique th&#233;&#226;trale, par l'histoire, par leurs improvisations, par l'envie d'int&#233;resser le public, par le plaisir. La logique th&#233;&#226;trale provoque des d&#233;placements sur les pr&#233;conceptions qui ne r&#233;sultent pas d'un acte de volont&#233; m&#251;rement r&#233;fl&#233;chi, mais qui &#233;mergent des rebonds de la narration. Par exemple le bouc &#233;missaire ne se laisse par faire, il prend le risque de s'opposer et peut, avec le temps, devenir le nouveau chef ; le petit dictateur affronte des r&#233;voltes et des scissions dans le groupe ; de nouveaux enjeux relationnels interd&#233;pendants apparaissent autour du th&#232;me illustr&#233; ; le conflit d&#233;bouche sur une solution innovante et satisfaisante pour tous ; la r&#234;verie appara&#238;t comme un moment de d&#233;tente qui pr&#233;pare une phase plus productive du groupe ; le partage des r&#244;les dans le groupe, qui s'annon&#231;ait au mieux, passe par une phase de chaos, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un point plus g&#233;n&#233;ral &#224; souligner est que la mise en fiction th&#233;&#226;trale lib&#232;re certes l'imagination, mais une imagination qui se rapporte au possible du r&#233;el [Fournout, 2004]. Le destinataire d&#233;couvre dans le r&#233;cit fictionnel &#171; une paraphrase de sa propre existence, au moins en partie &#187; [Esquenazi, 2009]. Le sketch th&#233;&#226;tral, comme le film long m&#233;trage, entre alors de plein droit dans les supports potentiels de formation [Fournout, 2005].&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;III.	CLIP VID&#201;O ET M&#201;CANIQUE CLASSIQUE&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis sa r&#233;forme p&#233;dagogique, mise en &#339;uvre en 2000, l'&#201;cole Polytechnique de Louvain (EPL) privil&#233;gie la p&#233;dagogie active, essentiellement au travers de l'apprentissage par probl&#232;mes (APP) et de travaux de groupes [Raucent et al., 2004]. &#192; chaque rentr&#233;e acad&#233;mique, les quelque 360 &#233;tudiants qui int&#232;grent la premi&#232;re ann&#233;e &#224; l'EPL b&#233;n&#233;ficient d'un dispositif de formation particulier l'APP0. Les cours traditionnels sont remplac&#233;s par toute une semaine d'apprentissage par probl&#232;me, en &#233;quipes de cinq &#224; six &#233;tudiants [de Theux et al., 2006]. Il s'agit d'une semaine de socialisation des nouveaux &#233;tudiants, de d&#233;couverte du contexte, ainsi que des m&#233;thodes p&#233;dagogiques et des exigences des &#233;tudes d'ing&#233;nierie civile dans lesquelles ils s'engagent. Mais les objectifs de cette semaine d'&#171; immersion &#187; sont plus ambitieux encore. Il s'agit en effet d'apprendre aux &#233;tudiants &#224; travailler en &#233;quipe, &#224; appliquer une m&#233;thodologie scientifique pour r&#233;soudre un probl&#232;me, &#224; communiquer les r&#233;sultats d'un travail collaboratif et, par ailleurs, &#224; (re)mettre &#224; niveau des notions fondamentales (des pr&#233;requis disciplinaires) pour aborder leur formation universitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une ann&#233;e &#224; l'autre, les situations-probl&#232;mes propos&#233;es aux &#233;tudiants s'ancrent dans des champs disciplinaires diff&#233;rents. En septembre 2011, c'est la m&#233;canique classique qui permettra de contextualiser cette premi&#232;re semaine de formation.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; leur entr&#233;e &#224; l'universit&#233;, les &#233;tudiants devraient ma&#238;triser une s&#233;rie de lois et de concepts de la m&#233;canique, dont celui de force et tous ceux lui &#233;tant associ&#233;s (lois de Newton, force centrip&#232;te et effet centrifuge, attraction, gravitation, frottement, chute libre, acc&#233;l&#233;ration, r&#233;sultante de forces, etc.). Or, les enseignants de l'EPL constatent que ces concepts et ces lois sont fr&#233;quemment associ&#233;s &#224; des erreurs ou des lacunes. Dans l'optique de trouver un &#171; rem&#232;de &#187; &#224; cette situation, l'&#233;quipe d'enseignants en charge de la physique a con&#231;u un projet innovant, en partenariat avec des enseignants de p&#233;dagogie, de didactique et d'&#233;pist&#233;mologie de la physique, ainsi qu'avec l'Institut de P&#233;dagogie universitaire et des Multim&#233;dias de l'UCL.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III.1 Se faire pi&#233;ger par des clips vid&#233;o&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point de d&#233;part de ce projet consistera &#224; projeter aux &#233;tudiants quelques clips vid&#233;o pour : 1) faire &#233;merger leurs conceptions initiales, 2) susciter des confrontations de celles-ci au sein des groupes et 3) prendre appui sur les conflits socio-cognitifs qui en r&#233;sulteront, pour lancer les &#233;tudiants dans une d&#233;marche active d'apprentissage - &#171; [.] une s&#233;rie d'investigations et de structurations progressives [.] &#187; de connaissances nouvelles, telle que la pr&#233;conise Giordan [1996].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III.2 Puis r&#233;aliser un clip destin&#233; &#224; pi&#233;ger les copains&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; o&#249; le dispositif est r&#233;ellement in&#233;dit &#224; notre connaissance, c'est qu'il ne s'agira pas exclusivement de projeter des s&#233;quences vid&#233;o aux &#233;tudiants, mais aussi de les outiller progressivement pour qu'ils puissent r&#233;aliser eux-m&#234;mes, en &#233;quipe, un clip susceptible de d&#233;clencher l'explicitation des pr&#233;conceptions de leurs camarades.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce projet se fonde sur l'hypoth&#232;se que le travail de sc&#233;narisation de ce clip vid&#233;o sera l'occasion, pour chaque groupe, de faire le point sur leurs conceptions pr&#233;alables, d'entrer en conflit &#224; ce propos et de r&#233;aliser un apprentissage en profondeur. avant de mettre au point un sc&#233;nario vid&#233;o qui &#171; tienne la route &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif de production &#224; atteindre en fin de semaine consistera, pour les groupes d'&#233;tudiants, &#224; r&#233;aliser eux-m&#234;mes un clip vid&#233;o (prise de vue et montage compris) susceptible d'induire une &#171; dissonance &#187; cognitive chez les groupes travaillant sur une th&#233;matique et des concepts de m&#233;canique diff&#233;rents. Cet objectif de production finale n'est, on l'aura compris, qu'un pr&#233;texte qui soutiendra les apprentissages des &#233;tudiants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fil de la semaine, une succession de situations-probl&#232;mes am&#232;nera progressivement les &#233;tudiants &#224; passer du r&#244;le de spectateur d'un clip vid&#233;o &#8211; un spectateur au regard critique &#8211;, &#224; celui de sc&#233;nariste puis de r&#233;alisateur. Les premi&#232;res situations-probl&#232;mes seront construites autour de l'analyse de courtes s&#233;quences vid&#233;o. Des vid&#233;os qui pr&#233;senteront diff&#233;rents &#171; cas de figure &#187;, comme par exemple une situation qui semble possible mais qui entre en contradiction avec les lois de la physique, une situation apparemment fausse mais scientifiquement valide, une situations &#233;nigmatique par rapport &#224; laquelle les &#233;tudiants devront pr&#233;voir le d&#233;nouement, etc. Il s'agira de d&#233;velopper le regard critique des &#233;tudiants, face &#224; l'imagerie &#171; populaire &#187; - des extraits de films de (science) fiction, par exemple -, qui v&#233;hicule des conceptions na&#239;ves. Il s'agira aussi de d&#233;velopper chez les &#233;tudiants des aptitudes &#224; la r&#233;flexivit&#233; leur faire prendre conscience qu'ils ont des pr&#233;conceptions, et que les images &#171; populaires &#187; leur offrent des opportunit&#233;s de questionner celles-ci et de les mettre en d&#233;faut. pour les faire &#233;voluer. Les &#233;tudiants seront amen&#233;s &#224; identifier ce qui peut constituer un obstacle cognitif, ce qui peut les amener &#224; surmonter celui-ci et &#224; int&#233;grer de nouvelles connaissances scientifiques. Ce bilan r&#233;flexif leur permettra d'imaginer plusieurs grands types de sc&#233;narios vid&#233;o possibles, pour stimuler les conceptions initiales de leurs camarades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fin de semaine, le meilleur clip - du point de vue de sa capacit&#233; &#224; faire &#233;merger les conceptions initiales des &#233;tudiants, et non pas du point de vue de la qualit&#233; de sa r&#233;alisation technique &#8211; sera projet&#233; en grand groupe, pour permettre &#224; l'enseignant d'introduire la s&#233;quence d'enseignement-apprentissage ult&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dispositif en construction pr&#233;sente de multiples dimensions motivationnelles pour les &#233;tudiants, dont les principales sont :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.	l'int&#233;gration, dans le cadre d'un enseignement-apprentissage, d'images faisant partie de leur quotidien (films de fiction, clips publicitaires, extraits de journal t&#233;l&#233;vis&#233;, etc.) qu'il s'agira d'apprendre &#224; regarder &#171; autrement &#187; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.	la possibilit&#233; de faire usage, dans le cadre d'un apprentissage, d'un outil technologique qui fait &#233;galement partie de leur quotidien : leur GSM ou leur smartphone (pour filmer), &#224; d&#233;faut d'un appareil photo num&#233;rique ou d'un cam&#233;scope ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.	la possibilit&#233; de choisir les concepts de m&#233;canique qui feront l'objet de leur clip vid&#233;o, de les inscrire dans un contexte de leur choix (une th&#233;matique, un ph&#233;nom&#232;ne concret), d'&#233;crire eux-m&#234;mes le sc&#233;nario et de r&#233;aliser la prise de vue et le montage &#224; l'aide de logiciels opensource ou mis &#224; leur disposition ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4.	le fait que le meilleur clip sera projet&#233; en grand groupe &#224; l'issue de la semaine, et que les &#233;tudiants eux-m&#234;mes auront eu leur mot &#224; dire dans la proc&#233;dure de s&#233;lection.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;IV.	CONCLUSION&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les deux dispositifs de formation d'&#233;tudiants ing&#233;nieurs civils pr&#233;sent&#233;s dans cette communication s'ancrent dans des champs disciplinaires tr&#232;s diff&#233;rents : la dynamique de groupe d'une part, la m&#233;canique classique d'autre part. Ils pr&#233;sentent cependant des points communs importants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.	ils visent tous deux &#224; faire &#233;merger des pr&#233;conceptions, en vue de lever l'obstacle &#224; un apprentissage en profondeur par les &#233;tudiants ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.	ils exploitent le groupe comme &#171; r&#233;sonateur &#187;, pour faire &#233;merger les pr&#233;conceptions de chacun des membres de l'&#233;quipe ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.	ils proposent une t&#226;che qui a du sens pour les &#233;tudiants, qui appr&#233;cient g&#233;n&#233;ralement inventer des sketchs et r&#233;aliser de courtes s&#233;quences film&#233;es ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4.	ils familiarisent les &#233;tudiants avec des modes de m&#233;diatisation courants aujourd'hui, notamment sur internet, et qui font la part belle &#224; la mise en sc&#232;ne du quotidien ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5.	et enfin, ils conf&#232;rent &#224; l'enseignant un r&#244;le diff&#233;rent il n'est plus un &#171; magister &#187; qui d&#233;nonce leurs erreurs et/ou leurs lacunes, mais un &#171; metteur en sc&#232;ne &#187; qui con&#231;oit des situations d'apprentissage stimulantes et accompagne les &#233;tudiants dans leur r&#233;solution [de Theux et al, 2006].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux dispositifs sont complexes &#224; mettre en &#339;uvre, surtout lorsqu'ils concernent de grandes &#171; cohortes &#187; d'&#233;tudiants. Mais peut-on envisager s&#233;rieusement de construire une s&#233;quence d'enseignement-apprentissage durable sur des&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; fondations &#187; instables et douteuses, des conceptions famili&#232;res ? Est-il r&#233;aliste de penser qu'il suffit d'informer les apprenants des limites de leurs pr&#233;conceptions, pour que celles-ci &#233;voluent ? N'est-il pas, enfin, utopiste de croire qu'un apprenant puisse seul donner du sens au travail long et douloureux qui consiste &#224; faire &#233;voluer radicalement ses pr&#233;conceptions, condition sine qua non de tout apprentissage non superficiel ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;R&#201;F&#201;RENCES&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Astolfi, J.-P., Develay, M.&lt;/strong&gt; (2002). La didactique des sciences, Paris Presses Universitaires de France (Collection &#171; Que sais-je ? &#187;), 6&#232;me &#233;dition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bouilloud, J.-Ph.&lt;/strong&gt; (1997). Sociologie et soci&#233;t&#233;. &#201;pist&#233;mologie de la r&#233;ception, Paris : Presses Universitaires de France, p. 228.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bourgeois, E. et Chapelle, G.&lt;/strong&gt; (2006). Apprendre et faire apprendre. Paris : Presses Universitaires de France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Davis, J. &lt;/strong&gt; (2001). Conceptual change from emerging perspectives on learning, teaching and technology. http //projects.coe.uga.edu/epltt/index. php ?title=Conceptual_Change (page visit&#233;e en novembre 2007).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De Brabandere, L. et Mikolajczak, A. &lt;/strong&gt; (2009). Petite philosophie de nos erreurs quotidiennes, Paris : Eyrolles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De Theux, M.-N., Jacqmot, C., Wouters, P. et Raucent, B.&lt;/strong&gt; (2006). &#171; Comment pr&#233;parer les &#233;tudiants &#224; la p&#233;dagogie active &#187;. In Vander Borght, C. et Raucent, B. (dir). Magister ? Metteur en sc&#232;ne ?, Louvain-la-Neuve De Boeck (Collection &#171; P&#233;dagogies en d&#233;veloppement &#187;), pp. 304-313.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De Vecchi, G. et Giordan, A.&lt;/strong&gt; (1989). L'enseignement scientifique comment faire pour que &#171; &#231;a marche &#187; ?, Nice : Z'&#233;ditions, p. 88.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Esquenazi, J.-P.&lt;/strong&gt; (2009). La v&#233;rit&#233; de la fiction. Comment peut-on croire que les r&#233;cits de fiction nous parlent s&#233;rieusement de la r&#233;alit&#233; ?, Paris : Hermes, Lavoisier, p.18.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fournout, O.&lt;/strong&gt; (2004). &#171; L'imagination en n&#233;gociation &#187;. Communication &amp; Langages, n&#176;142, pp. 53-70.&lt;/p&gt;
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