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	<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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	<description>Un site participatif, lieu de partage et d'&#233;change autour des initiatives en transitions et des innovations p&#233;dagogiques dans l'enseignement sup&#233;rieur francophone.</description>
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		<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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		<title>Les ressources &#233;ducatives libres et les archives ouvertes dans le mouvement du libre acc&#232;s</title>
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		<dc:date>2020-12-01T11:13:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mokhtar Ben Henda, Sihem Zghidi</dc:creator>


		<dc:subject>Libre et communs</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Dans le parcours professionnel de tout universitaire, une question se pose r&#233;guli&#232;rement &#224; propos de l'alternance syst&#233;matique entre ses deux activit&#233;s d'enseignement et de recherche ; une ma&#239;eutique &#224; double sens qui prolonge un vieux d&#233;bat sur l'articulation complexe entre deux facettes d'un m&#234;me monde (Ramsden et Moses, 1992 ; Hattie et Marsh, 1996 ; Elton, 2001 ; Henkel, 2004 ; Poteau, 2015 ; Palali, Van Elk, Bolhaar et Rud, 2018). Notre objectif dans ce document est toutefois plus cibl&#233;. Il s'agit de jeter un &#233;clairage sur les outils de travail du personnel acad&#233;mique dans sa double fonction d'enseignement et de recherche ; plus particuli&#232;rement les conditions qui caract&#233;risent la nature des ressources qu'il produit et dont il fait usage dans l'exercice de ses activit&#233;s p&#233;dagogiques et scientifiques.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique25.html" rel="directory"&gt;Distances et M&#233;diations des Savoirs&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/mot48.html" rel="tag"&gt;Libre et communs&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Regard crois&#233; d'ing&#233;nierie p&#233;dagogique et de recherche scientifique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis son apparition dans les ann&#233;es 90 comme courant mondialis&#233;, l'univers du libre n'a cess&#233; de faire des &#233;mules. L'initiative pour les archives ouvertes (OAI) et le mouvement des ressources &#233;ducatives libres (REL) constituent aujourd'hui deux courants essentiels de la libre transmission des connaissances et de l'acc&#232;s ouvert au savoir. Or les REL en tant que produits &#171; d&#233;riv&#233;s &#187; des archives ouvertes, par l'emploi des m&#234;mes outils et des m&#234;mes approches, sont encore en qu&#234;te d'une plus grande maturit&#233; tant sur le plan technique que strat&#233;gique. &#192; notre avis, l'alignement sur le mod&#232;le de gouvernance des archives ouvertes serait certes propice aux REL, mais leur sera &#233;galement opportun pour d&#233;velopper une identit&#233; propre. Les rapports entre les deux mouvements sont encore soumis &#224; une tergiversation qu'il est question d'explorer d'un point de vue crois&#233; entre p&#233;dagogie et recherche scientifique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/dms/5347&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article&lt;/a&gt; repris de la revue distances et M&#233;diations des Svoirs, une publication CC by sa&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Sihem Zghidi et Mokhtar Ben Henda, &#171; Les ressources &#233;ducatives libres et les archives ouvertes dans le mouvement du libre acc&#232;s &#187;, Distances et m&#233;diations des savoirs [En ligne], 31 | 2020, mis en ligne le 16 octobre 2020, consult&#233; le 03 d&#233;cembre 2020. URL : &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/dms/5347&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://journals.openedition.org/dms/5347&lt;/a&gt; ; DOI : &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.4000/dms.5347&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.4000/dms.5347&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Introduction&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans le parcours professionnel de tout universitaire, une question se pose r&#233;guli&#232;rement &#224; propos de l'alternance syst&#233;matique entre ses deux activit&#233;s d'enseignement et de recherche ; une ma&#239;eutique &#224; double sens qui prolonge un vieux d&#233;bat sur l'articulation complexe entre deux facettes d'un m&#234;me monde (Ramsden et Moses, 1992 ; Hattie et Marsh, 1996 ; Elton, 2001 ; Henkel, 2004 ; Poteau, 2015 ; Palali, Van Elk, Bolhaar et Rud, 2018). Notre objectif dans ce document est toutefois plus cibl&#233;. Il s'agit de jeter un &#233;clairage sur les outils de travail du personnel acad&#233;mique dans sa double fonction d'enseignement et de recherche ; plus particuli&#232;rement les conditions qui caract&#233;risent la nature des ressources qu'il produit et dont il fait usage dans l'exercice de ses activit&#233;s p&#233;dagogiques et scientifiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes effectivement tous appel&#233;s, &#224; des moments d&#233;termin&#233;s de notre mission d'enseignement, &#224; choisir comme supports de cours, entre trois types de ressources : notre propre production p&#233;dagogique, un mat&#233;riel didactique emprunt&#233; &#224; autrui, ou des produits existants de la recherche scientifique. En revanche, dans l'exercice de notre mission de recherche, nous sommes beaucoup moins enclins &#224; faire usage de supports didactiques, aussi consistants et rigoureux soient-ils. C'est dans les r&#232;gles pr&#233;con&#231;ues d'une culture dominante qui consacre la &#171; dictature de la citation &#187; comme seul indicateur de qualit&#233; dans la carri&#232;re professionnelle d'un enseignant-chercheur. Pourtant, le num&#233;rique puis les mouvements du libre acc&#232;s, notamment les Archives ouvertes (AO) et les Ressources &#233;ducatives libres (REL), introduisent de nouvelles perceptions et de nouvelles formes d'articulation entre les deux activit&#233;s p&#233;dagogiques et de recherche scientifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De par nos exp&#233;riences respectives, nous sommes de celles et ceux qui croient que, sous l'effet de la philosophie de l'acc&#232;s libre et ouvert, l'enseignement et la recherche ont construit des voies convergentes dans la transmission des connaissances et l'acc&#232;s au savoir. Nous restons toutefois dubitatifs sur les raisons qui font que les REL &#233;voluent comme un domaine &#171; dissident &#187; des archives ouvertes alors que les deux se fondent sur une convergence historique d'outils, de m&#233;thodes et de processus. Contrairement &#224; ce qui est parfois pr&#233;tendu, la convergence entre archives ouvertes et REL n'est pas imm&#233;diate, notamment parce qu'il ne s'agit pas pour les REL de les &#171; archiver &#187;, mais plut&#244;t de continuellement les transformer. Nous consid&#233;rons que les archives ouvertes, par les voies d'&#233;dition vertes et dor&#233;es, n'ont pas non plus la vocation d'un archivage d&#233;finitif au sens d'archives historiques. L'&#233;valuation par les pairs, le &#171; versioning &#187;, le &#171; preprint &#187;, le &#171; postprint &#187; et le &#171; reprint &#187; sont autant de mesures &#233;ditoriales dynamiques et proactives dans les archives ouvertes qui ouvrent des voies de convergence et tissent des liens avec le monde des REL. C'est ce fil conducteur qui nous guidera le long de cette r&#233;flexion.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Un monde universitaire &#224; deux facettes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Comme entr&#233;e en mati&#232;re, nous posons d'embl&#233;e le postulat selon lequel les ressources &#233;ducatives libres sont d&#233;sormais sujettes &#224; deux arbitrages oppos&#233;s ; le premier pr&#233;conisant que celles-ci prennent progressivement une place importante dans le paysage de l'enseignement en tant que nouvelle forme de soutien &#224; l'&#233;ducation ouverte, r&#244;le que jouent depuis longtemps les logiciels libres et les archives ouvertes. Ce postulat est fond&#233; sur l'observation des accords, conventions et consensus qui continuent d'&#339;uvrer pour une nouvelle culture num&#233;rique fond&#233;e sur la conception, l'analyse et le libre partage des ressources d'apprentissage en utilisant des outils et des m&#233;canismes adapt&#233;s au milieu &#233;ducatif. Elles font d&#233;sormais l'objet de proc&#233;dures d'indexation et de r&#233;f&#233;rencement pour &#234;tre align&#233;es sur des r&#233;f&#233;rentiels normatifs et juridiques qui leur procurent des degr&#233;s avanc&#233;s de r&#233;utilisabilit&#233;, d'adaptabilit&#233;, d'interop&#233;rabilit&#233; et de durabilit&#233;. L'essor du mouvement de l'&#233;ducation ouverte leur ouvre de nouvelles opportunit&#233;s et leur donne un &#233;lan consid&#233;rable au point d'en faire un &#233;l&#233;ment-cl&#233; dans des politiques &#233;ducatives institutionnelles, nationales, r&#233;gionales et internationales (par exemple : AUF, UNESCO, Commonwealth of Learning, CE).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un deuxi&#232;me arbitrage pr&#233;tend toutefois que les REL, compar&#233;es aux produits de la recherche, sont encore sous-utilis&#233;es dans l'enseignement et l'apprentissage. C'est entre autres indiqu&#233; dans les rapports de l'UNESCO qui consid&#232;re que &#171; les REL, apr&#232;s 10 ans de plaidoyer dans le monde entier, restent &#224; int&#233;grer plus pleinement dans les politiques et les pratiques &#233;ducatives &#187; (UNESCO, 2016, p.3). Autrement dit, malgr&#233; les progr&#232;s significatifs qui ont &#233;t&#233; accomplis pour renforcer la culture num&#233;rique autour des REL, ce potentiel n'a pas &#233;t&#233; suffisant pour les int&#233;grer dans l'enseignement traditionnel comme l'ont &#233;t&#233; les produits de la recherche scientifique via les archives ouvertes et les biblioth&#232;ques num&#233;riques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partant de ce deuxi&#232;me arbitrage, il serait sans doute n&#233;cessaire de comprendre pourquoi ces progr&#232;s et ces opportunit&#233;s positives n'ont pas encore abouti &#224; une adoption et &#224; une r&#233;utilisation g&#233;n&#233;ralis&#233;e par les enseignants et les apprenants. On devrait aussi analyser le nombre encore important d'enseignants qui t&#233;l&#233;chargent du mat&#233;riel d'enseignement sur des syst&#232;mes en ligne tels que YouTube, iTunes, Google livres et Scholar et Slideshare ou dans les archives ouvertes comme Hal et arXiv et h&#233;sitent encore &#224; recourir &#224; des entrep&#244;ts de REL d&#233;di&#233;s. Dans ces hypoth&#232;ses, les freins et les obstacles &#224; l'usage des REL sont souvent per&#231;us &#224; travers des facteurs li&#233;s au temps n&#233;cessaire pour d&#233;velopper des ressources, aux probl&#232;mes technologiques et aux pr&#233;occupations relatives &#224; la licence et au droit d'auteur, &#224; la pertinence de ces ressources et leur d&#233;couverte difficile tout comme au manque de soutien institutionnel et d'incitation &#224; leur cr&#233;ation et &#224; leur utilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A notre avis, plusieurs autres raisons, et non des moindres, participent de la situation encore impr&#233;cise des REL. Citons, par exemple, la question de la plupart des entrep&#244;ts des REL qui s'appuient encore sur les mod&#232;les de d&#233;p&#244;ts de la recherche scientifique qui sont pourtant de moins en moins conformes aux nouvelles exigences structurelles et ergonomiques des ressources &#233;ducatives autant en granularit&#233; s&#233;mantique qu'en contextualit&#233; d'usage et en strat&#233;gie &#233;ditoriale. Des convergences fortes persistent, certes, comme les recoupements dans les sch&#233;mas de m&#233;tadonn&#233;es et les protocoles d'indexation (comme OAI-PMH), mais nous sommes ind&#233;niablement au croisement de deux cultures num&#233;riques dont les fronti&#232;res se d&#233;marquent, &#224; tort ou &#224; raison, au fil du temps.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;1990-2010 : deux d&#233;cennies fondatrices de l'acc&#232;s libre et ouvert&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait de prime abord admettre que l'av&#232;nement du num&#233;rique et l'&#233;mergence des mouvements du libre acc&#232;s ont chang&#233; le paysage g&#233;n&#233;ral de la transmission des connaissances et l'acc&#232;s au savoir &#224; partir des ann&#233;es 1990 : &#171; le mouvement du libre a donn&#233; lieu &#224; une id&#233;ologie [&#8230;] fond&#233;e sur les principes de libert&#233;, de partage, et de bien commun. Elle s'est rapidement &#233;tendue depuis le champ du logiciel vers tous les champs de la cr&#233;ation &#187; (Paloque-Berges et Masutti, 2013, p. 346). Il faut bien l'entendre comme r&#233;sultat d'un projet philosophique, social et politique entre le num&#233;rique et l'acc&#232;s libre et ouvert aux biens communs favorisant les conditions d'&#233;mergence de plusieurs mouvements dont les deux qui nous int&#233;ressent particuli&#232;rement : le mouvement des archives ouvertes (AO) comme produit de la philosophie de l'acc&#232;s ouvert et celui des ressources &#233;ducatives libres (REL) comme expression d'un libre acc&#232;s aux savoirs, align&#233; sur les m&#233;canismes de l'archivage ouvert. Archives ouvertes et Ressources &#233;ducatives libres v&#233;hiculent aujourd'hui des valeurs fondamentales de l'acc&#232;s ouvert aux publications et du libre acc&#232;s &#224; la connaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est toutefois n&#233;cessaire de prendre avec pr&#233;caution les deux notions de libert&#233; et d'ouverture et se demander comme le pensent beaucoup, &#171; Sous quelles conditions un &#8216;&#8216;acc&#232;s ouvert'' aux publications peut-il favoriser ce &#8216;&#8216;libre acc&#232;s'' aux savoirs ? &#187;, notamment en lien avec le sujet d&#233;licat du droit d'auteur et des licences libres (Valluy, 2017). Il sera tr&#232;s long d'en faire ici la revue, mais nous pouvons nous limiter &#224; la conclusion de Peter Suber qui a bien &#233;tudi&#233; le sujet : &#171; On le comprend, l'acc&#232;s libre est beaucoup plus lib&#233;ral, au sens o&#249; il accorde des libert&#233;s suppl&#233;mentaires, que l'acc&#232;s ouvert &#187; (Suber, 2016, p. 10). Nous le comprendrons davantage dans la suite de notre r&#233;flexion &#224; travers les rapports entre les logiciels libres et les logiciels ouverts, deux mouvements fondateurs de la culture du libre acc&#232;s et de l'acc&#232;s ouvert depuis plus de deux d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Acc&#232;s libre, acc&#232;s ouvert : la technique ouvre la marche&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement du libre acc&#232;s a commenc&#233; dans les ann&#233;es 1990 au moment o&#249; le World Wide Web (d&#233;velopp&#233; par Tim Berners Lee en 1989) devenait largement accessible et que la publication en ligne devenait une pratique courante. Comme le souligne le Forum suisse des m&#233;dias &#233;ducatifs (SFEM2017), &#171; L'Open Access tire profit des nouveaux potentiels techniques de l'&#233;dition sur Internet, ce qui a pour cons&#233;quence non seulement de raccourcir le processus de production, mais &#233;galement de minimiser son co&#251;t et d'&#233;largir sa diffusion &#224; une communaut&#233; de savoir globalis&#233;e &#187; (SFEM, 2008). Le mouvement du libre acc&#232;s cherche ainsi &#224; r&#233;soudre de nombreux probl&#232;mes d'acc&#232;s &#224; la connaissance par la mise &#224; disposition l&#233;gale et publique de contenus de recherche librement utilisable et partageable tels que les articles de revues, les livres, les logiciels et les supports multim&#233;dias comme la vid&#233;o, la musique, les discours et les produits d'arts. Cet effort n&#233;cessitait toutefois des m&#233;canismes de r&#233;gulation &#224; tr&#232;s large &#233;chelle qui ont &#233;volu&#233; au fur et &#224; mesure que des particuliers et des institutions du monde entier ont compris les avantages de la publication de texte num&#233;ris&#233; et de contenu multim&#233;dia en ligne, gratuit, souvent collaboratif et exempt de la plupart des restrictions de droits d'auteur et de licence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet effort ne pouvait pas non plus aboutir sans un engagement fort dans la philosophie du libre de la part des acteurs technologiques qui sont aux commandes des syst&#232;mes d'information et des dispositifs d'acc&#232;s aux ressources. Rappelons qu'&#224; cette &#233;poque, l'un des probl&#232;mes majeurs du travail de coordination en r&#233;seau r&#233;sidait plus particuli&#232;rement dans la d&#233;finition de normes d'interop&#233;rabilit&#233; pour les syst&#232;mes informatiques. De ces travaux pr&#233;curseurs ont &#233;merg&#233; les c&#233;l&#232;bres normes ISO/OSI (norme ISO 7498:1984), un mod&#232;le de r&#233;f&#233;rence qui d&#233;crit les concepts et les d&#233;marches &#224; suivre pour interconnecter des syst&#232;mes informatiques en r&#233;seau. La norme ISO/OSI constitue une r&#233;volution en architecture r&#233;seau et un d&#233;clenchement strat&#233;gique majeur dans le mouvement des syst&#232;mes ouverts. Elle proposait une conception syst&#233;mique totalement contrast&#233;e avec les mod&#232;les informatiques traditionnels &#171; domin&#233;s par des installations planifi&#233;es et impl&#233;ment&#233;es en tant que syst&#232;mes autonomes &#8216;&#8216;ferm&#233;s'' avec une moindre consid&#233;ration pour la possibilit&#233; de leur interfonctionnement les uns avec les autres &#187; (Russell, 2014, p. 13).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, la norme ISO/OSI avait consacr&#233; les efforts d'ouverture et de libert&#233; que les d&#233;veloppeurs de logiciels s'acharnaient &#224; proposer en substitution aux logiciels propri&#233;taires et ferm&#233;s. ISO/OSI co&#239;ncidait &#224; juste titre avec l'aboutissement en 1983 du principe de &#171; logiciel libre &#187; mis au point par Richard Stallman et le lancement de son projet de Licence publique g&#233;n&#233;rale GNU (GPL) pour le d&#233;veloppement d'un syst&#232;me d'exploitation complet sans contraintes sur l'utilisation de son code source. En 1985, Stallman cr&#233;a la Free Software Foundation (FSF) comme organisation &#224; but non lucratif pour d&#233;fendre et soutenir la libert&#233; des logiciels dans quatre types d'actions : libert&#233;s d'ex&#233;cution, d'adaptation, de redistribution et d'am&#233;lioration. Ces quatre notions fondamentales allaient plus tard trouver &#233;cho chez David Wiley dans la d&#233;finition de ses &#171; quatre R &#187; pour qualifier les ressources &#233;ducatives libres (r&#233;utilisation, r&#233;vision, remixage et redistribution).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut ensuite &#224; Eric Raymond, un hacker am&#233;ricain, d'inventer en 1998 le concept de l'Open source, popularis&#233; dans son c&#233;l&#232;bre ouvrage &#171; La Cath&#233;drale et le Bazar &#187; (Raymond, 2001). Il faut bien rappeler que le &#171; logiciel libre &#187; (Free Software) de Stallman et &#171; logiciel ouvert &#187; (Open source) de Raymond sont souvent utilis&#233;s de mani&#232;re interchangeable. Il n'en reste pas moins qu'ils repr&#233;sentent deux philosophies tr&#232;s distinctes, voire conflictuelles : &#171; pur id&#233;alisme pour le premier, r&#233;alisme pour le second &#187; titrait le journal &#171; Les &#201;chos &#187; du 24 mars 2004. Bien que le second reste toujours associ&#233; au premier et que tous les deux soient oppos&#233;s aux logiciels propri&#233;taires, la libert&#233; du logiciel invoque pour Stallman une valeur &#233;thique de libert&#233; en faveur des usagers, traduite par les quatre types d'actions pr&#233;c&#233;demment indiqu&#233;es, alors que l'ouverture du logiciel pour Raymond rime juste avec une m&#233;thode d'acc&#232;s au code source et sa distribution conform&#233;ment &#224; des crit&#232;res pr&#233;&#233;tablis. La diff&#233;rence, tr&#232;s significative dans l'histoire du libre acc&#232;s, est r&#233;sum&#233;e dans un extrait de Richard Stallman en personne : &#171; Le logiciel libre est un mouvement pour la libert&#233; et la justice. En revanche, l'id&#233;e de l'Open source valorise principalement l'avantage pratique et ne milite pas pour des principes. C'est pourquoi nous ne sommes pas d'accord avec l'Open source et n'utilisons pas ce terme &#187; (Sandoval, 2014, p. 241). Les nuances dans les valeurs &#233;thiques des droits d'usage des logiciels libres et ouverts vont ult&#233;rieurement avoir un impact sur la d&#233;finition des six niveaux des Creative Commons publi&#233;es pour la premi&#232;re fois le 16 d&#233;cembre 2002 comme nouveau m&#233;canisme de gouvernance du monde du libre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait sans doute signaler aussi qu'en 2002, un standard de m&#233;tadonn&#233;es d'objets p&#233;dagogiques (Learning Object Metadata/LOM), de son label technique &#171; IEEE 1484.12.1-2002 &#187;, a &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233; par l'IEEE-LTSC (sous-comit&#233; des technologies d'apprentissage de l'Institut des ing&#233;nieurs &#233;lectriciens et &#233;lectroniciens) pour faciliter la recherche, la r&#233;cup&#233;ration, l'acquisition et l'utilisation d'objets d'apprentissage par des apprenants, instructeurs ou par des processus logiciels. L'id&#233;e du LOM &#233;tait que des m&#233;tadonn&#233;es associ&#233;es aux ressources d'apprentissage &#233;taient n&#233;cessaires, un peu comme une fiche de catalogue de biblioth&#232;que permet de rendre des documents accessibles par leurs attributs de description comme le titre, l'auteur ou le sujet (Ehlers et Pawlowski, 2006, p. 211). Le standard IEEE-LOM a &#233;t&#233; mis en synergie avec le mod&#232;le SCORM (Shareable Content Object Reference Model), d&#233;velopp&#233; depuis 1997 par ADL (Advanced Distributed Learning) pour permettre l'interop&#233;rabilit&#233; et la r&#233;utilisabilit&#233; des ressources entre plusieurs syst&#232;mes d'information. Le LOM a &#233;t&#233; mondialement propag&#233; au point de devenir jusqu'&#224; nos jours le standard de facto, relay&#233; en 2011 par la norme MLR (ISO/IEC 19788 - Metadata for Learning Resources), en mati&#232;re de r&#233;f&#233;rencement des ressources p&#233;dagogiques (Pagani, 2008, p. 433). Le standard Dublin Core, mis au point par la DCMI (Dublin Core Metadata Initiative), l'a &#233;t&#233; depuis 1995 comme langage commun de description du contenu du Web. Logiciels et contenus faisaient ainsi chemin parall&#232;le pour l'interop&#233;rabilit&#233; des syst&#232;mes, l'acc&#232;s libre aux ressources et aux donn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;L'acc&#232;s libre et ouvert aux donn&#233;es : une mobilisation pr&#233;coce&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e et la pratique de fournir un acc&#232;s libre et ouvert aux contenus ont commenc&#233; longtemps avant que les termes &#171; acc&#232;s ouvert &#187; et &#171; acc&#232;s libre &#187; ne soient popularis&#233;s. Depuis les ann&#233;es 1970, les informaticiens s'auto-archivaient d&#233;j&#224; dans des entrep&#244;ts anonymes pr&#233;parant la voie &#224; des initiatives d'acc&#232;s ouvert plus structur&#233;es. Dans un rapport r&#233;dig&#233; par le laboratoire STEF pour le compte de la Direction du num&#233;rique pour l'&#233;ducation (France), Magali Loffreda propose un condens&#233; historique de ces initiatives qui a pris source dans le mouvement &#171; des chercheurs qui, dans les ann&#233;es 1990, militent pour que les publications scientifiques soient accessibles gratuitement, s'opposant ainsi aux syst&#232;mes ferm&#233;s et payants des portails de revues propri&#233;taires, et engageant la r&#233;flexion sur la notion de propri&#233;t&#233; intellectuelle en remettant en cause le monopole des grands &#233;diteurs scientifiques. Les chercheurs, alors contraints de c&#233;der leurs droits d'auteur aux &#233;diteurs (sous des contrats de publication), s'organisent et cr&#233;ent les premi&#232;res revues &#233;lectroniques en libre acc&#232;s &#187; (Loffreda, 2017, p. 8). La &#171; crise de l'&#233;dition universitaire &#187; avait agi comme un brise-glace efficace pour le principe de l'acc&#232;s libre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce condens&#233; historique renvoie implicitement &#224; l'initiative de Paul Ginsparg, professeur de physique et d'informatique et des sciences de l'information, qui a cr&#233;&#233; en aout 1991 l'entrep&#244;t arXiv de pr&#233;publications &#233;lectroniques d'articles scientifiques. L'objectif de Ginsparg &#233;tait justement de contourner la rigueur impos&#233;e par les &#233;diteurs de revues commerciales et de permettre &#224; ses pairs d'acc&#233;der gratuitement aux pr&#233;-impressions dans le domaine de la physique (Mounier, 2010, p. 25). La cr&#233;ation d'arXiv &#233;tait un acte pr&#233;curseur du mouvement international de l'Initiative des Archives ouvertes (OAI) qui s'est r&#233;unie &#224; Santa Fe, au Nouveau-Mexique, les 21 et 22 octobre 1999, r&#233;union qui a permis de publier le 15 f&#233;vrier 2000 la Convention de Santa Fe pour l'acc&#232;s ouvert. En 2002, la d&#233;claration de Budapest sur l'initiative des archives ouvertes (BOAI) est reconnue comme l'acte fondateur du mouvement de l'acc&#232;s ouvert aux publications scientifiques d&#233;fini comme &#171; un acc&#232;s gratuit assorti du droit de copie et de redistribution &#187; (Loffreda, 2017, p. 8). La D&#233;claration de Bethesda, publi&#233;e en juin 2003 est venue, elle-aussi, soutenir la publication en acc&#232;s ouvert, suivie en octobre 2003 de la D&#233;claration de Berlin qui a mis l'accent sur l'acc&#232;s ouvert aux connaissances dans les sciences et les humanit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'effervescence de l'&#233;poque pour le libre acc&#232;s, plusieurs initiatives du monde de l'&#233;ducation n'ont pas manqu&#233; &#224; l'appel. En 1998 David Wiley, responsable acad&#233;mique principal de Lumen Learning puis charg&#233; de recherche en &#233;ducation &#224; Creative Commons, invente le terme &#171; contenu ouvert &#187; (Open content) autour duquel il a d&#233;velopp&#233;, en consultation avec Richard Stallman, les non moins c&#233;l&#232;bres licences &#171; Copyleft &#187; ou &#171; Licences de publication ouverte &#187; (OPL) destin&#233;es au mat&#233;riel &#233;ducatif (Callahan et Rogers, 2017, p. 109). Bien que les OPL aient mis plusieurs ann&#233;es &#224; &#234;tre reconnues dans les milieux de l'enseignement, le concept de contenu &#233;ducatif ouvert n'a pas cess&#233; de gagner de la visibilit&#233; en d&#233;veloppant une &#233;troite synergie avec des projets tels que l'initiative OpenCourseWare du MIT (2001), les Creative Commons (2001), les Ressources &#233;ducatives libres (2002) et les OER Commons (2007). Le monde de l'&#233;ducation commen&#231;ait ainsi &#224; prendre progressivement ses marques vis-&#224;-vis de la recherche scientifique. Le domaine des &#171; contenus &#233;ducatifs ouverts &#187; devenu d&#232;s 2002 les &#171; Ressources &#233;ducatives libres &#187; (REL), s'est, &#224; son tour, organis&#233; autour de conventions communautaires notamment celles de la D&#233;claration du Cap sur l'&#201;ducation libre (2007), la D&#233;claration de Dakar sur les Ressources &#233;ducatives libres (2009), les Lignes directrices de l'UNESCO et du Commonwealth of Learning sur les REL dans l'enseignement sup&#233;rieur (2011), la D&#233;claration de Paris sur les REL (2012) et le Plan d'action de Ljubljana sur les REL (2017). Le mouvement des REL a ainsi trac&#233; solidement ses marques au sein du monde du libre acc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;L'acc&#232;s ouvert : une philosophie de gouvernance&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;De fait, toutes les initiatives indiqu&#233;es pr&#233;c&#233;demment, et tant d'autres du m&#234;me genre, sont le r&#233;sultat de l'&#233;lan de collaboration entre les communaut&#233;s du logiciel libre qui avait permis de remettre en question les structures et les processus d'acc&#232;s aux ressources et de partage des donn&#233;es au sein des communaut&#233;s scientifiques de l'enseignement et de la recherche. Leur objectif premier &#233;tait de trouver des moyens d'int&#233;grer les philosophies du libre et de l'ouverture des syst&#232;mes d'information dans les mod&#232;les de gouvernances des &#233;tablissements universitaires (Coombe, Wershler et Zeilinger, 2014, p. 165).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, ces philosophies se perp&#233;tuent encore, cr&#233;ant des &#233;mules dans quasiment tous les domaines. Tirant profit de l'ubiquit&#233; num&#233;rique du 21e si&#232;cle, elles allaient produire un effet boule de neige qui a donn&#233; forme &#224; ce qui est convenu d'appeler &#171; science ouverte &#187; (Chartron et Sch&#246;pfel, 2017), &#171; publication en acc&#232;s libre &#187; (Louvigny, 2018), &#171; &#233;ducation ouverte &#187; (Vaujany, Bohas et Irmann, 2019), &#171; Biblioth&#232;que ouverte &#187; (Ioannis, 2010 ; Millard, 2018), etc. Comme le souligne Peter Materu, de pareils concepts sont venus ent&#233;riner le changement de paradigme technologique des &#171; e-Entit&#233;s &#187; des ann&#233;es 90 aux &#171; o-Entit&#233;s &#187; des ann&#233;es 2000 : &#171; la pr&#233;sente d&#233;cennie peut &#234;tre qualifi&#233;e de o-d&#233;cennie (code source ouvert, syst&#232;mes ouverts, normes ouvertes, archives ouvertes, tout ouvert) tout comme les ann&#233;es 1990 ont &#233;t&#233; appel&#233;es la e-d&#233;cennie &#187; (Materu, 2004). La philosophie d'ouverture a m&#234;me atteint le cercle politique avec le &#171; Gouvernement ouvert &#187;, notion que Barak Obama a ent&#233;rin&#233;e d&#232;s la prise de ses fonctions le 21 janvier 2009, dans un m&#233;morandum adress&#233; aux chefs des d&#233;partements et des agences de l'ex&#233;cutif am&#233;ricain dans lequel il insiste sur les principes de la transparence et de l'ouverture dans le fonctionnement de son gouvernement (Gingsberg, 2011, p. 10) : &#171; L'ouverture nous permettra de renforcer notre d&#233;mocratie et de favoriser l'efficacit&#233; et l'efficience au sein du gouvernement &#187; a-t-il d&#233;clar&#233; &#224; ce propos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, pour comprendre l'id&#233;ologie d'ouverture dans le monde num&#233;rique et le foisonnement d'autant d'initiatives fondatrices des syst&#232;mes ouverts et du libre acc&#232;s en si peu de temps, il faudrait en venir aux forces organisationnelles, &#233;conomiques, politiques et culturelles qui y ont contribu&#233;. D&#233;passant le cadre de notre pr&#233;sente r&#233;flexion, nous en faisons plut&#244;t des renvois &#224; des travaux qui les ont trait&#233;s en d&#233;tail d'un point de vue de la r&#233;volution du logiciel libre et des communaut&#233;s autor&#233;gul&#233;es (Meyer et Montagne, 2007 ; Stallman, Williams et Masutti, 2011), du retour des communs face &#224; la crise de l'id&#233;ologie propri&#233;taire (Collectif, 2015), ou encore de l'histoire, l'id&#233;ologie et les r&#233;seaux de la culture du libre (Bollier, 2014 ; Paloque-Berges et Masutti, 2013 ; Russell, 2014). Parmi les analyses propos&#233;es dans ces travaux se d&#233;gagent plusieurs questions centrales relatives aux fondements num&#233;riques des syst&#232;mes ouverts et de leur approche pour mettre en &#339;uvre des engagements en mati&#232;re de transparence, de d&#233;centralisation et d'innovation. Il est surtout question des points de convergence et de divergence entre les nouveaux syst&#232;mes ouverts et les syst&#232;mes ant&#233;rieurs des r&#233;gimes de contr&#244;le centralis&#233; ainsi que de la convergence historique et la divergence naissante entre archives ouvertes et ressources &#233;ducatives libres&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Entre REL et AO, une convergence territoriale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un des indicateurs classiques &#224; l'origine du d&#233;s&#233;quilibre territorial entre ressources &#233;ducatives et documents de recherche, est dans l'inconscience collective qui lie de mani&#232;re syst&#233;matique les produits de la recherche aux bases de donn&#233;es, biblioth&#232;ques num&#233;riques et archives ouvertes alors qu'il est moins &#233;vident pour beaucoup d'enseignants-chercheurs que des lieux sp&#233;cifiques puissent exister sur internet o&#249; l'on peut accumuler et partager des ressources &#233;ducatives comme les entrep&#244;ts d&#233;di&#233;s aux REL. Deux &#233;tudes r&#233;centes publi&#233;es en 2017 et 2018 par le Babson Survey research Group l'ont bien d&#233;montr&#233;, gr&#226;ce &#224; des enqu&#234;tes men&#233;es aupr&#232;s d'acteurs acad&#233;miques (corps professoral et administrateurs) &#224; propos du degr&#233; de leur conscience du mat&#233;riel p&#233;dagogique utilis&#233; dans l'enseignement sup&#233;rieur am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la premi&#232;re &#233;tude, centr&#233;e sur une population constitu&#233;e de 2700 universitaires, une majorit&#233; (56%) a d&#233;clar&#233; qu'ils n'&#233;taient pas au courant des REL. Seulement 10% ont d&#233;clar&#233; en &#234;tre tr&#232;s bien inform&#233;s et savaient comment les utiliser alors que 20% ont affirm&#233; qu'ils en connaissaient juste quelques cas d'usage. Les autres 15% ont d&#233;clar&#233; qu'ils n'en &#233;taient que tr&#232;s vaguement inform&#233;s (Seaman et Seaman, 2017, p. 16). Dans la deuxi&#232;me &#233;tude, une majorit&#233; (54%) des 4000 pr&#233;sidents de facult&#233;s et de d&#233;partements, a d&#233;clar&#233; ignorer globalement l'existence des REL, 13% seulement en &#233;taient bien inform&#233;s, et un nombre l&#233;g&#232;rement sup&#233;rieur (18%) en connaissaient quelques cas d'usage. Les autres 15% ont d&#233;clar&#233; n'en &#234;tre que tr&#232;s peu inform&#233;s (Seaman et Seaman, 2018, p. 7).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces indicateurs, provenant d'un pays pourtant fondateur du libre acc&#232;s comme les USA, confirment que les REL ne sont pas encore au stade d'une culture commune partag&#233;e et encore moins d'un territoire bien balis&#233;, d'autant plus que la m&#234;me &#233;tude pr&#233;cise que la connaissance du terme &#171; ressources &#233;ducatives libres &#187; exprim&#233;e par les deux populations cibles ne garantit pas qu'elles comprennent parfaitement les id&#233;es li&#233;es de la licence ouverte et des principes de la r&#233;utilisation et du remixage des contenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Europe, la situation d'un point de vue institutionnel n'est point diff&#233;rente comme le souligne un rapport de 2016, publi&#233; par la Commission europ&#233;enne, pr&#233;sentant les r&#233;sultats de l'&#233;tude &#171; OpenSurvey &#187; sur les pratiques, les croyances et les strat&#233;gies d'&#233;ducation ouverte dans les &#233;tablissements d'enseignement sup&#233;rieur de cinq pays europ&#233;ens (France, Allemagne, Pologne, Royaume-Uni et Espagne). Dans ces pays, seulement 51% des &#233;tablissements d'enseignement sup&#233;rieur encouragent l'utilisation des REL, ce qui en soi constitue un important progr&#232;s compar&#233; &#224; l'utilisation d'autres supports num&#233;riques dans les pratiques p&#233;dagogiques (Casta&#241;o Mu&#241;oz, Punie, Inamorato dos Santos, Mitic et Morais, 2016, p. 15). Dans &#171; Eurydice Report &#187;, un plus r&#233;cent rapport de la Commission europ&#233;enne, publi&#233; en 2019 sur l'&#233;ducation num&#233;rique, dans 11 des syst&#232;mes &#233;ducatifs europ&#233;ens (39.29 % sur un total de 28 pays membres), &#171; les REL ne sont pas discut&#233;es s&#233;par&#233;ment, car elles sont g&#233;n&#233;ralement trait&#233;es dans la cat&#233;gorie plus large des ressources d'apprentissage num&#233;riques et font rarement l'objet de mesures sp&#233;cifiques &#187; (EC/EACEA, 2019, p. 98).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; notre sens, les r&#233;sultats de ces &#233;tudes ent&#233;rinent les fondements anciens d'une culture scientifique dominante qui n'&#233;tablit pas de distinctions claires entre les deux univers. Depuis longtemps, la communaut&#233; scientifique alternait souvent l'usage des m&#234;mes ressources pour la recherche et l'enseignement selon le contexte et les objectifs jusqu'&#224; ce qu'elle se soit rendu compte qu'il fallait bien une d&#233;marcation plus nette entre ses deux profils m&#233;tiers, l'un pour la recherche scientifique et l'autre pour la p&#233;dagogie et l'enseignement. Le projet OpenCourseWare, lanc&#233; en 2001 par le MIT (Massachussetts Institute of Technology), a &#233;t&#233; dans ce sens une initiative fondatrice, quoique non dissidente, d'un mouvement autour des REL qui &#171; avait fait le choix d'une publication ouverte &#224; tous des contenus de ses enseignements. Il s'&#233;tait m&#234;me fix&#233; pour objectif que l'ensemble de ses cours issus de ses trente-trois disciplines acad&#233;miques et de ses cinq &#233;tablissements soit en ligne &#187; (Trestini, Coulibaly, Rossini et P&#233;bayle, 2016, p. 28). En suivant les traces du mouvement des archives ouvertes, les deux mouvements se partagent, non sans points de divergences, les m&#234;mes principes de l'ouverture et de l'acc&#232;s libre aux ressources et desservent les m&#234;mes communaut&#233;s de pratique selon les besoins et les affinit&#233;s dict&#233;s par le double profil des enseignants-chercheurs universitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui encore, les deux mouvements des archives ouvertes et des ressources &#233;ducatives libres h&#233;ritent et b&#233;n&#233;ficient quasiment des m&#234;mes mod&#232;les et outils de fonctionnement technique et &#233;conomique. Construits autour de dispositifs technologiques et d'entrep&#244;ts de ressources num&#233;riques (scientifiques et &#233;ducatives), les archives ouvertes et les entrep&#244;ts de REL proc&#232;dent par une collecte de ressources qui sont index&#233;es par des m&#233;tadonn&#233;es inspir&#233;es des m&#234;mes r&#233;f&#233;rentiels (Dublin Core, Learning Object Metadata/LOM). Ces m&#233;tadonn&#233;es sont ensuite moissonn&#233;es conform&#233;ment au m&#234;me protocole OAI-PMH (protocole pour la collecte de m&#233;tadonn&#233;es de l'Initiative pour les Archives ouvertes). Sur le plan &#233;conomique, nous connaissons tous l'histoire militante des archives ouvertes pour contourner l'h&#233;g&#233;monie des &#233;diteurs commerciaux sur l'acc&#232;s aux produits de la recherche, d'o&#249; le fameux principe de l'embargo commercial comme forme de consensus entre les deux circuits, libre et payant, de l'&#233;dition scientifique. Aujourd'hui, les REL connaissent quasiment le m&#234;me combat via des mouvements du type &#171; Dipl&#244;mes &#224; co&#251;t z&#233;ro &#187; (Z-Degree) qui d&#233;montrent, notamment dans le monde anglo-saxon, leur potentiel &#224; r&#233;soudre efficacement les probl&#232;mes des co&#251;ts exorbitants des manuels scolaires auxquels sont confront&#233;s les &#233;tudiants. Les REL sont en effet le moyen le plus pratique pour &#233;tablir des dipl&#244;mes &#224; co&#251;t z&#233;ro au m&#234;me titre que les archives ouvertes qui ont permis, d&#232;s le d&#233;but de l'auto-archivage des ann&#233;es 1990, de lib&#233;rer les chercheurs des prix faramineux des abonnements payants aux revues scientifiques. Aujourd'hui c'est m&#234;me devenu une politique d'&#233;tat consid&#233;rant le programme Horizon2020 de la Commission europ&#233;enne qui consid&#232;re que les productions scientifiques obtenues dans le cadre de projets financ&#233;s par l'Union europ&#233;enne doivent &#234;tre gratuitement et librement accessibles &#224; tous les utilisateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont l&#224; des indicateurs majeurs de la filiation qui lie les deux mouvements malgr&#233; la dissonance (voulue ou inconsciente) qui se d&#233;gage de beaucoup de rapports et d'&#233;tudes enthousiastes sur les REL ignorant cette &#171; consanguinit&#233; &#187; forte. Le mot &#171; archives &#187; dans &#171; archives ouvertes &#187; peut parfois &#234;tre porteur d'une connotation d&#233;routante sur les caract&#233;ristiques proactives et dynamiques des ressources scientifiques &#171; d&#233;pos&#233;es &#187; dans ce qui aurait pu &#234;tre plus judicieusement d&#233;nomm&#233; &#171; d&#233;p&#244;ts ouverts &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait sans doute rappeler aussi que l'av&#232;nement du num&#233;rique dans les deux contextes de l'enseignement et de la recherche n'a pas &#233;t&#233; concomitant, surtout que le monde de l'&#233;ducation, contrairement &#224; celui de la recherche, a longtemps r&#233;sist&#233; aux influences du num&#233;rique sur les aspects p&#233;dagogiques par crainte de voir se d&#233;shumaniser et se standardiser l'acte cognitif de la cr&#233;ativit&#233; intellectuelle dans la transmission du savoir (Mishra et Henriksen, 2017). On le constate encore aujourd'hui au bilan mitig&#233; de l'introduction de l'e-learning et des Moocs dans la gouvernance universitaire, alors que la recherche, historiquement ancr&#233;e dans les pratiques acad&#233;miques de l'acc&#232;s et la diffusion de l'information scientifique et technique, a tr&#232;s vite adopt&#233; le changement num&#233;rique comme prolongement naturel de l'automatisation des sources des donn&#233;es et des circuits virtuels de l'&#233;dition et de la diffusion scientifique. Les archives ouvertes &#233;taient le plus souvent constitu&#233;es d'entrep&#244;ts ouverts au service de tous les besoins de la recherche scientifique sans distinction disciplinaire y compris pour l'enseignement et la formation. Comme le soulignaient Joachim Sch&#246;pfel et Christiane Stock, &#171; les archives ouvertes constituent une formidable ressource documentaire pour la formation et l'autoformation &#224; distance, en particulier dans l'enseignement sup&#233;rieur &#187; (Sch&#246;pfel &amp; Stock, 2009). Vues sous cet angle, les activit&#233;s de l'enseignement et de la recherche scientifique exprimaient les m&#234;mes besoins et les m&#234;mes exigences en nature et qualit&#233; de sources d'information. Il a bien fallu que de nouveaux facteurs viennent consacrer, non sans raison, un regard divergent entre les deux univers.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Les traits dichotomiques entre REL et AO&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En revenant &#224; notre question de d&#233;part sur la filiation au sein du libre acc&#232;s entre REL et AO, on peut poser la question triviale suivante : en quoi une ressource num&#233;rique (ou analogique), en tant que produit de la recherche scientifique, est-elle diff&#233;rente d'une ressource &#233;ducative pour laquelle un enseignant-chercheur aurait investi autant d'&#233;nergie, de r&#233;flexion et de temps de travail ? Tous les enseignants attesteront qu'ils passent des nuits blanches &#224; pr&#233;parer leurs mati&#232;res d'enseignement, sans pour autant avoir le m&#234;me retour sur investissement en termes de notori&#233;t&#233; scientifique et de valorisation de carri&#232;re. Pourquoi l'id&#233;e de r&#233;utiliser un cours d'autrui, ou juste une partie, m&#234;me sous couvert des principes du libre acc&#232;s et des licences ouvertes, ne s'est pas encore traduite en une culture communautaire comme ce fut dans la recherche scientifique ? Beaucoup de facteurs participent sans doute de cette dichotomie entre objet de recherche et objet d'enseignement : facteurs &#224; chercher dans la nature des ressources, dans le cadre institutionnel et r&#233;glementaire de leur conception, diffusion et usage voire dans les comportements et les mentalit&#233;s des enseignants-chercheurs eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Caract&#233;ristiques endog&#232;nes des REL et des documents scientifiques&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'un des crit&#232;res importants dans la distinction entre REL et document scientifique est sans doute dans l'intention &#8211; p&#233;dagogique ou scientifique &#8211; exprim&#233;e dans tous types de ressources. Selon les concepteurs du cours OpenMed de l'Union europ&#233;enne sur l'&#233;ducation ouverte, &#171; la nature &#233;ducative des ressources n'est pas d&#233;termin&#233;e par leurs cr&#233;ateurs, mais par le contexte de leur utilisation &#187; (OpenMed, s.d.). Autrement dit, les REL ne sont pas essentiellement des mat&#233;riaux cr&#233;&#233;s par des &#233;ducateurs pour des apprenants, mais plut&#244;t des objets de toutes natures mis dans un contexte d'apprentissage pour transf&#233;rer une connaissance et d&#233;velopper un savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, plusieurs d&#233;finitions ignorent, &#224; tort, cet aspect en exigeant qu'une REL ait un objectif &#233;ducatif explicitement d&#233;clar&#233; alors que cette vocation ne peut &#234;tre impos&#233;e &#224; des ressources issues d'autres domaines, mais pouvant potentiellement &#234;tre int&#233;gr&#233;es dans un contexte d'apprentissage. Un article d'actualit&#233;, un livre, un discours ou un film n'est en rien moins important qu'un syllabus de cours, pouvant tous &#234;tre extr&#234;mement utiles pour faciliter l'apprentissage dans une discipline donn&#233;e, m&#234;me si ces ressources n'ont pas &#233;t&#233; cr&#233;&#233;es &#224; cette fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs d&#233;finitions des REL se limitent aussi aux supports num&#233;riques, tandis que l'&#233;ducation peut bien se faire &#224; partir d'objets libres de toutes autres natures, y compris d'objets de la vie quotidienne. Nous pouvons l'envisager par exemple en consid&#233;rant les mules de Marie-Antoinette, conserv&#233;es au mus&#233;e Lambinet &#224; Versailles, comme reliques charg&#233;es d'enseignement sur l'histoire de la mode au XVIIIe si&#232;cle, ou en traitant une vulgaire bouteille en plastique corrod&#233;e comme un objet d'exp&#233;rience dans un cours de chimie pour &#233;tudier l'acidit&#233; des eaux de pluie, ou encore faire du pont de pierre &#224; Bordeaux un chef-d'&#339;uvre de ma&#231;onnerie de l'&#232;re napol&#233;onienne auquel des &#233;tudiants de l'&#201;cole nationale des ponts et chauss&#233;es rendent une visite d'&#233;tude. C'est l&#224; une autre preuve que les REL et les produits de la recherche scientifique (ou tout objet mat&#233;riel) sont &#233;troitement li&#233;s, la diff&#233;rence fondamentale &#233;tant le contexte dans lequel ils sont produits ou utilis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manifestement, dans l'enseignement sup&#233;rieur en particulier, il existe un chevauchement entre les deux concepts, car les publications de recherche constituent g&#233;n&#233;ralement une partie importante de l'ensemble des documents auxquels &#233;tudiants et chercheurs ont besoin pour pouvoir mener &#224; bien leurs travaux, en particulier au niveau postdoctoral. Ceci confirme que les lignes entre ce qui compte comme REL ou produit de la recherche peuvent &#234;tre floues, poreuses, al&#233;atoires et temporelles. L'essentiel, comme le confirment plusieurs &#233;tudes, n'est pas de s'attacher &#224; savoir si le mat&#233;riel est mieux class&#233; en tant que REL ou en document de recherche, mais de mettre l'accent sur l'importante intention sous-jacente de la ressource et si elle est ouvertement et librement disponible (Eaton, 2017).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre l'intentionnalit&#233;, l'un des points de divergence entre REL et document scientifique est l'int&#233;grit&#233; physique. Les documents de recherche sont g&#233;n&#233;ralement des produits finis dans des formats uniformes, codifi&#233;s selon des &#171; consignes aux auteurs &#187; ou des formats canoniques de publication tel le mod&#232;le IMRAD pour les articles scientifiques. Par contre, de nombreuses versions ou variantes d'une ressource d'apprentissage peuvent exister selon les ann&#233;es ou les niveaux d'instruction. Il y a donc moins d'incitation &#224; vouloir boucler un support p&#233;dagogique puisque les mises &#224; jour sont p&#233;riodiques dans le cadre des r&#233;visions des programmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La condition d'int&#233;grit&#233; physique est &#233;troitement li&#233;e au principe de granularit&#233; qu'une ressource &#233;ducative destin&#233;e &#224; la r&#233;utilisation se doit de respecter. Contrairement &#224; une publication scientifique qui doit pr&#233;server son unit&#233; physique et logique, la granularit&#233; est le fait de d&#233;composer une ressource &#233;ducative en autant de petits grains (chunks) de sens, trait&#233;s s&#233;par&#233;ment par identifiants et m&#233;tadonn&#233;es propres afin de les r&#233;utiliser dans des sc&#233;narios p&#233;dagogiques diff&#233;rents. &#171; D&#232;s lors, cet effort de formalisation permet &#224; l'enseignant de s'adapter &#224; diverses situations en redisposant les grains en fonction de l'objectif vis&#233; &#187; (Durance, Boullier et Kaplan, 2014). Pourtant, cette pratique n'est malheureusement pas encore tr&#232;s courante parmi les enseignants. Elle n&#233;cessite certainement un minima de technicit&#233; et donc une formation qui devrait &#234;tre transversale comme ce fut le cas avec la m&#233;thodologie de la recherche comme module dispens&#233; dans la plupart des cours de licence et de master.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Les environnements des REL et des documents de recherche&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les environnements de production et d'usage des REL et des documents scientifiques ont &#233;galement un r&#244;le influent sur les modes d'articulation entre les deux types de produits. D'abord, les REL sont le plus naturellement r&#233;duites &#224; une proximit&#233; restreinte de conception (espace de l'enseignant) et d'usage (espace d'apprentissage). Ces deux types de proximit&#233;s conf&#232;rent aux ressources &#233;ducatives un cadre de contr&#244;le-qualit&#233; souvent moins rigoureux qu'en recherche o&#249; les espaces de production et d'usage sont plus ouverts et d&#233;centralis&#233;s, mais soumis &#224; des processus plus contraignants (&#233;valuation par les pairs, circuits de distribution, facteur d'impact et visibilit&#233;). La publication acad&#233;mique vise en effet &#224; permettre &#224; un auteur de publier un article complet, revu par des pairs, dans une revue prestigieuse qui lui procure le plus haut facteur de citation possible alors que l'essentiel des supports p&#233;dagogiques, et par extension des REL, est qu'elles soient utilis&#233;es dans un cadre plus limit&#233; d'enseignement/apprentissage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur un autre plan, de nombreux mat&#233;riels didactiques peuvent aussi &#234;tre n&#233;buleux : des id&#233;es brutes et inachev&#233;es, des concepts et des ressources que certains enseignants ne sont peut-&#234;tre pas pr&#234;ts &#224; publier. &#201;videmment, cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'int&#233;r&#234;t &#224; partager largement le contenu &#233;ducatif, mais les motivations initiales du non-partage des REL peuvent &#234;tre diff&#233;rentes. Dichev et Dicheva (2012, p. 2) identifient une premi&#232;re raison li&#233;e &#224; la m&#233;diatisation, un objectif convoit&#233; par les chercheurs qui veillent &#224; ce que leurs travaux de recherche soient promus et rendus publics. Alors qu'il en existe peu autour des circuits des REL, les communaut&#233;s savantes proposent beaucoup plus de moyens d'incitations &#224; la publication : pr&#233;publication, autor&#233;f&#233;rencement, citation, etc. Pour les REL, Ben Henda identifie deux raisons de nature d&#233;ontologique : &#171; Le premier est la r&#233;tention des donn&#233;es de formation ou de recherche par crainte de se faire d&#233;rober ses id&#233;es ou ses travaux [&#8230;]. Le deuxi&#232;me aspect est relatif &#224; l'origine et &#224; l'originalit&#233; des contenus des cours dispens&#233;s. Beaucoup d'enseignants &#233;vitent de diffuser les contenus de leurs cours par crainte de d&#233;voiler des passages plagi&#233;s&#8230; &#187; (Ben Henda, 2016, p. 59).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ces diff&#233;rentes raisons et autres, il peut y avoir une certaine appr&#233;hension dans le partage des REL. Cela va sans dire que le travail de conception de ressources &#233;ducatives puisse se faire dans un cadre d'attente publique plus large et de contrainte de qualit&#233; plus stricte. Un enseignant peut &#233;ventuellement vouloir, ou &#234;tre mandat&#233; pour, concevoir des ressources pour un groupe de coll&#232;gues ou pour une formation &#224; distance assur&#233;e par un tiers-tuteur. Le concepteur est alors dans l'obligation de fournir des ressources moins d&#233;pendantes de sa propre pratique p&#233;dagogique, car &#171; une trop grande ad&#233;quation entre des ressources et l'utilisation personnelle qui en est faite peut constituer un obstacle &#224; leur circulation et &#224; leur partage &#187; (Loffreda, 2017, p. 34).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;finitive, ces diff&#233;rentes conditions sont de nature &#224; donner lieu &#224; une culture dominante en faveur de l'ordre &#233;tabli qui fait des ressources &#233;ducatives un &#171; sous-ensemble &#187; de la production scientifique. Ce &#171; sous-produit &#187; est certes n&#233;cessaire et incontournable, mais il reste, pour beaucoup, tr&#232;s peu visible et gu&#232;re valorisant dans la carri&#232;re professionnelle d'un enseignant-chercheur, notamment quand il s'agit de scientom&#233;trie et de e-r&#233;putation. &#192; notre avis, la valorisation acad&#233;mique des enseignants (r&#233;putation, visibilit&#233; et calcul d'impact) qui passe outre l'&#233;valuation des ressources &#233;ducatives produites par les enseignants-chercheurs est un imp&#233;ratif &#224; r&#233;soudre. Car, il faut bien admettre qu'en cons&#233;quence &#224; ce d&#233;s&#233;quilibre, et malgr&#233; les progr&#232;s consid&#233;rables r&#233;alis&#233;s autour de l'&#233;ducation ouverte, la production et l'utilisation des REL n'est toujours pas reconnue comme faisant partie int&#233;grante des activit&#233;s de la plupart des &#233;tablissements d'enseignement dans le monde, y compris dans de nombreux programmes proposant des REL (Plotkin, 2010, p. 18).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Conclusion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; l'autod&#233;termination que cultive le mouvement des REL vis-&#224;-vis du mouvement des archives ouvertes, les deux courants ne cessent d'engager des processus crois&#233;s d'enrichissement mutuel dans un esprit &#224; la fois comp&#233;titif, mais aussi de complicit&#233; et de solidarit&#233;. Si l'&#233;ducation a souvent puis&#233; dans les r&#233;serves de la recherche scientifique pour fournir aux enseignants une mati&#232;re p&#233;dagogique de qualit&#233; &#8212; c'est ce que nous faisons tous en tant qu'enseignants universitaires pour pr&#233;parer nos supports de cours &#8212; la recherche commence, quoiqu'&#224; des degr&#233;s moindres, &#224; fournir un volume grandissant de produits scientifiques centr&#233;s sur l'objet p&#233;dagogique comme mati&#232;re d'&#233;tude et d'analyse. Un &#233;quilibre avec les archives ouvertes est certes encore &#224; atteindre, notamment sur le plan des mod&#232;les &#233;conomiques (voie verte et voie dor&#233;e), de la rigueur dans la pratique des licences libres (les Creative Commons en particulier), de l'engagement institutionnel et du financement public, dans l'application des r&#233;f&#233;rentiels d'indexation et de moissonnage des m&#233;tadonn&#233;es, voire dans une s&#233;mantisation de ressources p&#233;dagogiques dans un Web s&#233;mantique &#233;ducatif, etc. C'est sans doute d&#251; &#224; des facteurs comme l'ant&#233;c&#233;dence chronologique des archives ouvertes, le taux de r&#233;sistance au changement de la part des acteurs p&#233;dagogiques, le faible cadre r&#233;glementaire et promotionnel des REL au sein des institutions universitaires, l'absence d'initiatives en faveur de m&#233;canismes de citation et d'&#233;valuation par les pairs, etc. Mais tout indique que ces &#233;carts sont en cours de r&#233;vision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, du moment que le mouvement des REL &#233;volue sur les traces du mouvement des archives ouvertes, il serait l&#233;gitime, &#224; notre avis, de se demander s'il y a r&#233;ellement int&#233;r&#234;t &#224; creuser davantage le foss&#233; entre les deux univers alors qu'ils ont toujours eu des liens intrins&#232;ques et indissociables. Il est certes vrai que le mouvement des REL se doit de garder un fort ancrage dans les pratiques p&#233;dagogiques, mais tout schisme avec le monde de la recherche ne peut que lui porter pr&#233;judice. Le plaidoyer autour des REL devrait au contraire garder un ancrage solide dans le mouvement des archives ouvertes pour &#339;uvrer en tandem vers des objectifs convergents de transmission des connaissances. Plusieurs solutions de convergence issues des technologies actuelles des donn&#233;es connect&#233;es, donn&#233;es ouvertes, Intelligence artificielle, internet des objets, etc. peuvent &#234;tre &#233;tudi&#233;es dans ce sens. Nous les inscrivons comme objets de prochaines &#233;tudes et de projets de recherche-action.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Bibliographie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ben Henda, M. (2016). Recherche en TICE dans les pays francophones de l'Asie Pacifique. Entre ambitions et r&#233;alit&#233; du contexte. Frantice.net, (12&#8209;13), 51&#8209;71.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bollier, D. (2014). Think Like a Commoner : A Short Introduction to the Life of the Commons. Gabriola : New Society.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Callahan, M. et Rogers, J. (2017). A Critical Guide to Intellectual Property. London : Zed Books.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Casta&#241;o Mu&#241;oz, J., Punie, Y., Inamorato dos Santos, A., Mitic, M. et Morais, R. (2016) : How are Higher Education Institutions Dealing with Openness ? A Survey of Practices, Beliefs and Strategies in Five European Countries. Institute for Prospective Technological Studies. JRC Science for Policy Report, EUR 27750EN ; doi:10.2791/709253&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chartron, G. et Sch&#246;pfel, J. (2017). Libre acc&#232;s aux publications et sciences ouvertes en d&#233;bat. Revue fran&#231;aise des sciences de l'information et de la communication, (11). R&#233;cup&#233;r&#233; de : &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.4000/rfsic.2868&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.4000/rfsic.2868&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Collectif (2015). Le retour des communs&#8239;&amp; la crise de l'id&#233;ologie propri&#233;taire. Paris : Les liens qui lib&#232;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Coombe, R., Wershler, D et Zeilinger, M. (2014). Dynamic Fair Dealing : Creating Canadian Culture Online. Toronto : University of Toronto Press.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dichev, C. et Dicheva, D. (2012). Is it time to change the OER repositories role ? Dans JCDL '12 : Proceedings of the 12th ACM/IEEE-CS joint conference on Digital Librarie (p. 31&#8209;34). R&#233;cup&#233;r&#233; de : &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.1145/2232817.2232826&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.1145/2232817.2232826&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durance, P., Boullier, D. et Kaplan, D. (2014). Les MOOC, et apr&#232;s ? Journal de l'&#233;cole de Paris du management, 109(5), 22&#8209;30.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eaton, S. E. (2017). Understanding the difference between Open Access (OA) and Open Educational Resource (OER) [Blog pour &#233;ducateurs]. R&#233;cup&#233;r&#233; de : &lt;a href=&#034;https://drsaraheaton.wordpress.com/2017/04/03/understanding-the-difference-between-open-access-oa-and-open-educational-resource-oer/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://drsaraheaton.wordpress.com/2017/04/03/understanding-the-difference-between-open-access-oa-and-open-educational-resource-oer/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;EC/EACEA. (2019). Digital Education at School in Europe : Eurydice Report. No EC-01-19-528-EN-C. Luxembourg : Publications Office of the European Union. R&#233;cup&#233;r&#233; de : &lt;a href=&#034;https://eacea.ec.europa.eu/national-policies/eurydice/sites/eurydice/files/en_digital_education_n.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://eacea.ec.europa.eu/national-policies/eurydice/sites/eurydice/files/en_digital_education_n.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Universit&#233; Bordeaux Montaigne&lt;br class='autobr' /&gt;
mbenhenda@u-bordeaux-montaigne.fr&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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