<?xml
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
	<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/</link>
	<description>Un site participatif, lieu de partage et d'&#233;change autour des initiatives en transitions et des innovations p&#233;dagogiques dans l'enseignement sup&#233;rieur francophone.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.innovation-pedagogique.fr/spip.php?id_auteur=7033&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
		<url>https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L64xH64/siteon0-b9b71.png?1691667292</url>
		<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/</link>
		<height>64</height>
		<width>64</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Les jeunes veulent-ils encore la d&#233;mocratie ?</title>
		<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/article24595.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.innovation-pedagogique.fr/article24595.html</guid>
		<dc:date>2025-12-30T11:17:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne Muxel, Directrice de recherches (CNRS) au Cevipof, Sciences Po</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Droitisation de la jeunesse, d&#233;samour de la d&#233;mocratie des moins de 35 ans, distanciation de la politique des seniors : &#171; Fractures fran&#231;aises &#187;, dix ans d'enqu&#234;te men&#233;e par le Cevipof, nous apprennent les &#233;volutions du rapport au politique de diff&#233;rentes g&#233;n&#233;rations. &lt;br class='autobr' /&gt;
Contrairement &#224; ce qui est souvent ass&#233;n&#233;, les jeunes ne sont ni en voie de d&#233;politisation, ni d&#233;sint&#233;ress&#233;s de la politique. Ils expriment des choix politiques et adoptent des comportements dans un cadre renouvel&#233; du rapport (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique5.html" rel="directory"&gt;The conversation&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Droitisation de la jeunesse, d&#233;samour de la d&#233;mocratie des moins de 35 ans, distanciation de la politique des seniors : &#171; Fractures fran&#231;aises &#187;, dix ans d'enqu&#234;te men&#233;e par le Cevipof, nous apprennent les &#233;volutions du rapport au politique de diff&#233;rentes g&#233;n&#233;rations.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt; &lt;p&gt;Contrairement &#224; ce qui est souvent ass&#233;n&#233;, les jeunes ne sont ni en voie de d&#233;politisation, ni d&#233;sint&#233;ress&#233;s de la politique. Ils expriment des choix politiques et adoptent des comportements dans un cadre renouvel&#233; du rapport &#224; la citoyennet&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les donn&#233;es de l'enqu&#234;te annuelle &lt;a href=&#034;https://www.sciencespo.fr/cevipof/fr/etudes-enquetes/enquete-fractures-francaises/r%C3%A9colt%C3%A9es&#034;&gt;Fractures fran&#231;aises&lt;/a&gt;, depuis 2013, permettent de saisir les &#233;volutions les plus rep&#233;rables du rapport &#224; la politique dans la cha&#238;ne des g&#233;n&#233;rations, en en mesurant les &#233;carts ou les similitudes entre les plus jeunes et les plus vieux, &#224; l'&#233;chelle d'une dizaine d'ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;volution de l'int&#233;r&#234;t pour la politique en fonction de l'&#226;ge (%)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compar&#233;s &#224; leurs a&#238;n&#233;s, les jeunes font preuve d'un niveau d'int&#233;r&#234;t pour la politique certes moindre mais assez stable. Les fluctuations enregistr&#233;es, ob&#233;issant aux effets de la conjoncture politique et aux p&#233;riodes &#233;lectorales, suivent globalement celles qui sont enregistr&#233;es dans l'ensemble de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si l'on compare le niveau de l'int&#233;r&#234;t politique des classes d'&#226;ge les plus jeunes &#224; celui qui est enregistr&#233; dans les classes d'&#226;ge plus &#226;g&#233;es, au fil du temps, ils ont plut&#244;t tendance &#224; se rapprocher. L'int&#233;r&#234;t pour la politique des plus jeunes augmente plut&#244;t tandis que celui des autres classes d'&#226;ge a tendance au mieux &#224; rester stable, voire &#224; r&#233;gresser. En l'espace de dix ans, l'&#233;cart de niveau d'int&#233;r&#234;t pour la politique entre les moins de 35 ans et les plus de 60 ans est pass&#233; de - 25 points &#224; - 7 points.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il y a d&#233;politisation, distanciation envers la politique, cette &#233;volution est donc loin de ne concerner que les jeunes, elle est aussi visible, et peut &#234;tre encore plus significative, dans les segments de la population plus &#226;g&#233;s. C'est un r&#233;sultat qui va &#224; l'encontre de bien des id&#233;es re&#231;ues.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Une demande pressante de d&#233;mocratie directe&lt;/h2&gt; &lt;p&gt;La distanciation envers les partis politiques et, plus largement, la d&#233;fiance &#224; l'encontre du personnel et des institutions politiques sont bien rep&#233;r&#233;s dans les analyses de sociologie politique et &#233;lectorale r&#233;centes en France. Celles-ci &lt;a href=&#034;https://www.pug.fr/produit/2168/9782706156915/le-vote-sans-issues&#034;&gt;montrent&lt;/a&gt; une mont&#233;e d'une citoyennet&#233; plus critique, plus expressive, plus individualis&#233;e, et de fait moins normative et moins institutionnalis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attachement &#224; la d&#233;mocratie domine toujours dans les jeunes g&#233;n&#233;rations et reste au c&#339;ur de leur r&#233;pertoire politique. N&#233;anmoins, les demandes de d&#233;mocratie directe et de participation accrue des citoyens, sans la m&#233;diation des organisations ou des institutions politiques se font de plus en plus pressantes, et de fa&#231;on encore plus marqu&#233;e au sein de la jeunesse que dans l'ensemble de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rouages de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative sont mis en cause et les jeunes ont endoss&#233; encore plus que leurs a&#238;n&#233;s les habits d'une citoyennet&#233; critique, o&#249; la protestation est devenue un mode d'expression familier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;a href=&#034;https://www.jean-jaures.org/publication/politiquement-jeune/&#034;&gt;triptyque d&#233;fiance-intermittence du vote-protestation&lt;/a&gt; d&#233;finit le cadre d'un mod&#232;le de participation politique o&#249; les formes non conventionnelles sont assez largement investies, au risque m&#234;me de la radicalit&#233;. Ainsi, parmi les moins de 35 ans, la justification de la violence pour d&#233;fendre ses int&#233;r&#234;ts entra&#238;ne l'adh&#233;sion d'environ 30 % d'entre eux ces cinq derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les seniors de plus de 60 ans, celle-ci reste tr&#232;s en retrait sur l'ensemble de la p&#233;riode (15 points de moins que les moins de 35 ans en 2025).&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Un cadre renouvel&#233; du rapport &#224; la citoyennet&#233;&lt;/h2&gt; &lt;p&gt;On observe dans les nouvelles g&#233;n&#233;rations des signes palpables d'une &lt;a href=&#034;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-tour-du-monde-des-idees/le-risque-sous-estime-de-la-deconsolidation-democratique-3852815&#034;&gt;&#171; d&#233;consolidation d&#233;mocratique &#187;&lt;/a&gt;, &#224; savoir un affaiblissement de la croyance dans l'efficacit&#233; de la d&#233;mocratie pour gouverner et r&#233;pondre aux attentes des citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le politologue Yasha Mounk utilise cette notion pour rendre compte de l'&#233;rosion de la confiance accord&#233;e aux institutions politiques repr&#233;sentatives dans nombre de d&#233;mocraties contemporaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la dynamique g&#233;n&#233;rationnelle, cette d&#233;consolidation peut ouvrir la voie &#224; de nouvelles formes de radicalit&#233;s marqu&#233;es par une polarisation aux deux extr&#234;mes de l'&#233;chiquier politique et partisan &#224; l'issue d&#233;mocratique incertaine. La mont&#233;e des populismes et des leaderships autoritaires en Europe et bien au-del&#224; en est l'un des sympt&#244;mes les plus patents.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Des seniors plus attach&#233;s &#224; la d&#233;mocratie que les moins de 35 ans&lt;/h2&gt; &lt;p&gt;Parmi les moins de 35 ans, plus de quatre jeunes sur dix (42 %) sont d'accord avec l'id&#233;e que d'autres syst&#232;mes politiques sont aussi bons que la d&#233;mocratie. Si l'on remonte dix ans en arri&#232;re, en 2014, ils &#233;taient 29 % &#224; partager le m&#234;me avis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'ensemble de la population, cette opinion a aussi progress&#233; mais &#224; un niveau plus faible, passant de 19 % &#224; 34 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, et c'est une &#233;volution notable, elle a nettement r&#233;gress&#233; parmi les seniors de plus de 60 ans, passant de 36 % &#224; 23 %, soit une &#233;volution en sens inverse par rapport aux plus jeunes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la d&#233;mocratie doit tenir, c'est donc davantage du c&#244;t&#233; des seniors qu'elle trouvera ses d&#233;fenseurs que parmi les plus jeunes. Un constat qui peut dans l'avenir &#234;tre lourd de cons&#233;quences politiques.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;&#171; Des jeunesses &#187; plut&#244;t qu'&#171; une jeunesse &#187;&lt;/h2&gt; &lt;p&gt;S'ajoutent &#224; ce tableau, des fractures intrag&#233;n&#233;rationnelles qui rappellent les fractures sociales, culturelles, et politiques qui traversent la jeunesse. Celle-ci n'est pas une entit&#233; homog&#232;ne. Elle est plurielle et divis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces fractures peuvent prendre le pas sur celles qui s'expriment au niveau interg&#233;n&#233;rationnel. Certains segments de la jeunesse, touch&#233;s par la pr&#233;carit&#233; du travail et plus faiblement dipl&#244;m&#233;s, ne sont pas exempts d'un repli identitaire favorable aux leaderships autoritaires d'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;A contrario&lt;/em&gt;, dans la population &#233;tudiante et dipl&#244;m&#233;e, &#224; l'autre bout du spectre politique, plus active dans les mobilisations collectives, la tentation de la radicalit&#233; &#224; gauche s'exprime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, au sein de la jeunesse issue de l'immigration, l'adh&#233;sion &#224; certains communautarismes, non d&#233;nu&#233;s de sectarisme et de s&#233;paratisme, peut remettre en cause &lt;a href=&#034;https://www.puf.com/la-tentation-radicale-enquete-aupres-des-lyceens&#034;&gt;l'universalisme r&#233;publicain&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Une droitisation qui touche les jeunes g&#233;n&#233;rations&lt;/h2&gt; &lt;p&gt;Les positionnements politiques des jeunes t&#233;moignent d'une certaine d&#233;saffiliation id&#233;ologique et partisane : 30 % des moins de 35 ans ne se sentent proches d'aucun parti, davantage les jeunes femmes que les jeunes hommes (respectivement 35 % et 27 %, soit un &#233;cart similaire &#224; celui que l'on observe dans l'ensemble de la population).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi ceux qui se reconnaissent dans un camp politique, compar&#233;s &#224; leurs a&#238;n&#233;s, la gauche reste mieux plac&#233;e : 34 % (contre 25 % des 60 ans et plus, et 31 % dans l'ensemble de la population). Le tropisme de gauche de la jeunesse r&#233;siste encore dans le renouvellement g&#233;n&#233;rationnel mais il a perdu de son acuit&#233;. En effet, les positionnements de droite (38 %), certes toujours inf&#233;rieurs en nombre par rapport &#224; ce que l'on constate chez leurs a&#238;n&#233;s (44 % des plus de 60 ans et 41 % dans l'ensemble de la population), y sont d&#233;sormais plus nombreux. Le reste, se d&#233;clare au centre (28 %), qui est une position la plupart du temps utilis&#233;e comme refuge et expression d'un non-positionnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En l'espace de cinq ans (2020-2025), parmi les moins de 35 ans, les positionnements de droite sont pass&#233;s de 28 % &#224; 38 % (soit + 10 points), tandis que dans le m&#234;me intervalle de temps les affiliations &#224; la gauche n'ont quasiment pas progress&#233; (33 % en 2020, 34 % en 2024). Un mouvement de droitisation est donc bien visible dans la jeunesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;volution des positionnements &#224; gauche et &#224; droite selon l'&#226;ge, 2020-2024 (%)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La proximit&#233; d&#233;clar&#233;e envers le Rassemblement national a nettement progress&#233;. En l'espace de quatre ans, elle est pass&#233;e de 10 % &#224; 22 % (+ 12 points) dans l'ensemble de la population, de 10 % &#224; 19 % (+ 9 points) parmi les moins de 35 ans, et de 7 % &#224; 20 % parmi les 60 ans et plus (+ 13 points). La progression de l'attractivit&#233; du Rassemblement national concerne donc tous les &#226;ges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gauche m&#233;lenchoniste, port&#233;e par La France insoumise, p&#233;n&#232;tre davantage les jeunes g&#233;n&#233;rations que les plus anciennes. Entre 2017 et 2025, on enregistre un faible surcro&#238;t (+ 3 points) de la proximit&#233; d&#233;clar&#233;e &#224; La France insoumise qui passe de 11 % &#224; 14 %, avec un pic en 2021 &#224; 21 %. Parmi les 60 ans et plus, cette proximit&#233; a plut&#244;t diminu&#233;, restant &#224; un niveau bas, sans fluctuation, passant de 7 % &#224; 3 % (soit - 4 points).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;volution de la proximit&#233; envers le Rassemblement national selon l'&#226;ge (%)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La proximit&#233; ressentie pour le Rassemblement national supplante celle que suscite La France insoumise, y compris dans les jeunes g&#233;n&#233;rations. Certes &#224; un niveau l&#233;g&#232;rement moindre que parmi les 60 ans et plus, mais le parti lep&#233;niste appara&#238;t plus ancr&#233; en termes de dynamique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;volutions les plus rep&#233;rables des positionnements politiques dans la cha&#238;ne des g&#233;n&#233;rations mettent donc en &#233;vidence l'&#233;quivoque de nombre d'id&#233;es re&#231;ues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plut&#244;t que de s'affaisser, l'int&#233;r&#234;t des jeunes pour la politique s'est tendanciellement rapproch&#233; du niveau de celui de leurs a&#238;n&#233;s. Par ailleurs, nos r&#233;sultats ne r&#233;v&#232;lent pas de ruptures ou de discontinuit&#233;s majeures entre les g&#233;n&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;carts observ&#233;s sont dus &#224; des ph&#233;nom&#232;nes d'amplifications des effets de conjoncture et de p&#233;riode touchant l'ensemble de la population et qui sont plus visibles au sein des populations juv&#233;niles. N&#233;anmoins, les signes de d&#233;consolidation d&#233;mocratique sont plus marqu&#233;s dans ces derni&#232;res, ce qui fragilise les conditions de viabilit&#233; et de renouvellement des r&#233;gimes d&#233;mocratiques dans l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L1xH1/count-d8cbf98a-bbfac.gif?1767179863' alt=&#034;The Conversation&#034; width='1' height='1' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;fine-print&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;span&gt;Anne Muxel ne travaille pas, ne conseille pas, ne poss&#232;de pas de parts, ne re&#231;oit pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'a d&#233;clar&#233; aucune autre affiliation que son organisme de recherche.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Comment les jeunes s'engagent</title>
		<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/article16617.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.innovation-pedagogique.fr/article16617.html</guid>
		<dc:date>2023-11-28T10:14:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne Muxel, Directrice de recherches (CNRS) au Cevipof, Sciences Po</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Contrairement &#224; ce qui est souvent mis en avant dans les discours dominants, les jeunes n'ont pas d&#233;missionn&#233; de tout investissement dans la chose publique. Des enqu&#234;tes r&#233;centes ont montr&#233; qu'ils sont m&#234;me plus engag&#233;s que les moins jeunes, relativisant certaines id&#233;es re&#231;ues, les d&#233;crivant comme massivement repli&#233;s sur un individualisme frileux et enferm&#233;s dans une apathie civique. En tout cas dans la perception qu'ils ont d'eux-m&#234;mes. Alors que 72 % des 18-24 se consid&#232;rent engag&#233;s (9 (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique5.html" rel="directory"&gt;The conversation&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Contrairement &#224; ce qui est souvent mis en avant dans les discours dominants, les jeunes n'ont pas d&#233;missionn&#233; de tout investissement dans la chose publique. Des enqu&#234;tes r&#233;centes ont montr&#233; qu'ils sont m&#234;me plus engag&#233;s que les moins jeunes, relativisant certaines id&#233;es re&#231;ues, les d&#233;crivant comme massivement repli&#233;s sur un individualisme frileux et enferm&#233;s dans une apathie civique. En tout cas dans la perception qu'ils ont d'eux-m&#234;mes. Alors que 72 % des 18-24 se consid&#232;rent engag&#233;s (9 points de plus que la moyenne), dont 17 % &#171; tr&#232;s engag&#233;s &#187;, &lt;a href=&#034;https://www.jean-jaures.org/publication/les-francais-sur-le-fil-de-lengagement/&#034;&gt;55 % seulement des personnes &#226;g&#233;es de 65 ans et plus se disent engag&#233;es&lt;/a&gt;, soit 8 points de moins que la moyenne (63 %), selon les donn&#233;es d'une enqu&#234;te de 2021.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'enqu&#234;te &lt;em&gt;Jeunes en France&lt;/em&gt;, commandit&#233;e par The Conversation et r&#233;alis&#233;e dans la premi&#232;re quinzaine d'octobre 2023 par l'institut George(s), ce sont six jeunes sur dix parmi les 18-24 ans qui se disent &lt;em&gt;engag&#233;s&lt;/em&gt;, et parmi eux, 12 % &lt;em&gt;tr&#232;s engag&#233;s&lt;/em&gt;. Seul un tiers des jeunes (35 %) se d&#233;partit de toute id&#233;e d'engagement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'engagement de la jeunesse en France est palpable, reste &#224; comprendre ce que recouvre cette disposition &#224; l'engagement.&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;&lt;figure class=&#034;align-right &#034;&gt; &lt;img alt=&#034;&#034; src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L237xH237/file-20231121-27-4ec4cf4f-c2fb5.png?1706882564' srcset=&#034;https://images.theconversation.com/files/560782/original/file-20231121-27-k31c2c.png?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=600&amp;h=600&amp;fit=crop&amp;dpr=1 600w, https://images.theconversation.com/files/560782/original/file-20231121-27-k31c2c.png?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=30&amp;auto=format&amp;w=600&amp;h=600&amp;fit=crop&amp;dpr=2 1200w, https://images.theconversation.com/files/560782/original/file-20231121-27-k31c2c.png?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=15&amp;auto=format&amp;w=600&amp;h=600&amp;fit=crop&amp;dpr=3 1800w, https://images.theconversation.com/files/560782/original/file-20231121-27-k31c2c.png?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=754&amp;h=754&amp;fit=crop&amp;dpr=1 754w, https://images.theconversation.com/files/560782/original/file-20231121-27-k31c2c.png?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=30&amp;auto=format&amp;w=754&amp;h=754&amp;fit=crop&amp;dpr=2 1508w, https://images.theconversation.com/files/560782/original/file-20231121-27-k31c2c.png?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=15&amp;auto=format&amp;w=754&amp;h=754&amp;fit=crop&amp;dpr=3 2262w&#034; sizes=&#034;(min-width: 1466px) 754px, (max-width: 599px) 100vw, (min-width: 600px) 600px, 237px&#034; width='237' height='237' /&gt; &lt;figcaption&gt; &lt;span class=&#034;caption&#034;&gt;&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;attribution&#034;&gt;&lt;a class=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by/4.0/&#034;&gt;CC BY&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; &lt;/figcaption&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Retrouvez l'enqu&#234;te exclusive &lt;a href=&#034;https://cdn.theconversation.com/static_files/files/2949/Jeune%28s%29_en_France_-_THE_CONVERSATION.pdf&#034;&gt;&#171; Jeune(s) en France &#187;&lt;/a&gt; r&#233;alis&#233;e en octobre 2023 pour The Conversation France par le cabinet George(s). Une &#233;tude aupr&#232;s d'un &#233;chantillon repr&#233;sentatif de plus de 1000 personnes qui permet de mieux cerner les engagements des 18-25 ans, les causes qu'ils d&#233;fendent et leur vision de l'avenir.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;&lt;h2&gt;Leurs d&#233;clinaisons de l'engagement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Alors m&#234;me que la participation au vote s'affaiblit dans les nouvelles g&#233;n&#233;rations, plus perplexes face au choix &#233;lectoral qui leur est offert, l'attachement au principe de l'&#233;lection continue de s'imposer dans leur conception d'une citoyennet&#233; engag&#233;e. Ainsi observe-t-on un &#233;cart entre la norme du vote, qui reste forte, et la pratique, qui s'amenuise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, c'est dans cet &#233;cart que peut s'engouffrer une certaine fragilisation de la d&#233;mocratie, en tout cas dans sa dimension d'organisation de la repr&#233;sentation politique. Mais la reconnaissance de la matrice du mod&#232;le d'engagement d&#233;mocratique que repr&#233;sente le vote r&#233;siste. Dans l'enqu&#234;te &#171; Jeune(s) en France &#187;, lorsqu'ils sont invit&#233;s &#224; s&#233;lectionner et &#224; hi&#233;rarchiser les preuves d'engagement qui sont pour eux les plus significatives (r&#233;ponse &lt;em&gt;tout &#224; fait&lt;/em&gt;), c'est &lt;em&gt;le vote&lt;/em&gt; qui appara&#238;t en premier dans les r&#233;ponses des jeunes, &#224; &#233;galit&#233; avec le fait &lt;em&gt;d'&#234;tre aidant et de s'occuper d'une personne d&#233;pendante ou malade&lt;/em&gt; (39 % respectivement de leurs r&#233;ponses). S'impose ensuite le fait de &lt;em&gt;donner de son temps aux autres en g&#233;n&#233;ral&lt;/em&gt; (34 %).&lt;/p&gt;
&lt;iframe id=&#034;Mu9yh&#034; class=&#034;tc-infographic-datawrapper&#034; src=&#034;https://datawrapper.dwcdn.net/Mu9yh/4/&#034; height=&#034;400px&#034; width=&#034;100%&#034; style=&#034;border: none&#034; frameborder=&#034;0&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;L'importance accord&#233;e &#224; ces preuves d'engagement est embl&#233;matique de la fa&#231;on dont les jeunes g&#233;n&#233;rations articulent aujourd'hui l'engagement pour le collectif et l'engagement au niveau individuel. Ils consid&#232;rent l'engagement sur les deux sc&#232;nes, citoyenne et personnelle, politique et intime. Ainsi &lt;em&gt;&#234;tre membre d'un mouvement ou d'une association&lt;/em&gt; est une activit&#233; consid&#233;r&#233;e comme &lt;em&gt;tout &#224; fait&lt;/em&gt; une preuve d'engagement par 31 % des jeunes, mais aussi le fait &lt;em&gt;d'emm&#233;nager avec quelqu'un&lt;/em&gt; (32 %). Et c'est du reste dans ces deux registres aussi que s'expriment et prennent forme leurs engagements concrets, nous le verrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'individuation des engagements a nettement progress&#233;, ce qui ne veut pas dire que toute dynamique collective a disparu. Il n'y a plus un seul collectif r&#233;f&#233;rentiel, ni non plus plusieurs grands collectifs faisant syst&#232;me, mais de multiples collectifs, plus fragment&#233;s, plus dispers&#233;s, qui d&#233;finissent autant d'ancrages identitaires et autant de vecteurs d'engagements circonstanci&#233;s et contextualis&#233;s. Les all&#233;geances politiques et syndicales traditionnelles sont minimis&#233;es : &lt;em&gt;&#234;tre membre d'un parti politique&lt;/em&gt; n'est consid&#233;r&#233; comme tout &#224; fait une preuve d'engagement que par 22 % des jeunes et &lt;em&gt;&#234;tre membre d'un syndicat&lt;/em&gt; que par 20 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'on remarquera enfin, que la protestation politique &#8211; &lt;em&gt;participer &#224; une manifestation&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;participer &#224; une gr&#232;ve&lt;/em&gt;, ou encore &lt;em&gt;participer &#224; un blocage d'une universit&#233; ou d'une entreprise&lt;/em&gt; (respectivement 23 %, 22 % et 17 %), ne sont pas particuli&#232;rement une preuve d'engagement &#224; leurs yeux. En revanche, le fait de choisir en priorit&#233; des produits respectueux de l'environnement, les dons d'argent ou encore le boycott d'entreprises apparaissent plus haut dans la hi&#233;rarchie (respectivement 31 %, 29 % et 27 %).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce passage en revue des registres d'engagement rend compte de la r&#233;alit&#233; de la place de la politique dans leurs conceptions de l'engagement, mais cette place coexiste avec d'autres dimensions relevant du domaine de la vie personnelle et priv&#233;e (&lt;em&gt;avoir un enfant&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;signer un CDI&lt;/em&gt;, respectivement 26 % et 31 % des r&#233;ponses).&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Leurs pratiques d'engagement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;S'il existe en mati&#232;re d'engagement un &#233;cart entre la norme et la pratique, il existe aussi un d&#233;calage entre l'intention et le passage &#224; l'acte. Les jeunes mettent en &#339;uvre des engagements concrets qui ne correspondent pas n&#233;cessairement &#224; la hi&#233;rarchie avec laquelle ils d&#233;clinent les dimensions de l'engagement &#224; leurs yeux les plus significatives. N&#233;anmoins, &#224; ce jeu, on observe davantage de correspondances que de dissonances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En termes de passage &#224; l'acte, et parmi les engagements mentionn&#233;s, c'est le fait de &lt;em&gt;s'informer&lt;/em&gt; qui est la pratique la plus cit&#233;e : plus des deux tiers des jeunes (68 %) reconnaissent &lt;em&gt;s'informer&lt;/em&gt; r&#233;guli&#232;rement (&lt;em&gt;je l'ai d&#233;j&#224; fait plusieurs fois&lt;/em&gt;). Vient ensuite la capacit&#233; de &lt;em&gt;donner de son temps aux autres en g&#233;n&#233;ral&lt;/em&gt; mentionn&#233;e par plus de la moiti&#233; d'entre eux (52 %) qui reconnaissent l'avoir fait plusieurs fois. En troisi&#232;me position, on retrouve &lt;em&gt;le vote&lt;/em&gt; : 48 % ont d&#233;j&#224; vot&#233; &#224; plusieurs reprises. On constate la coexistence de la sc&#232;ne personnelle et collective, l'attention port&#233;e &#224; l'engagement citoyen et &#224; l'altruisme moral qui les rend disponibles aux autres.&lt;/p&gt;
&lt;iframe id=&#034;zZ9XZ&#034; class=&#034;tc-infographic-datawrapper&#034; src=&#034;https://datawrapper.dwcdn.net/zZ9XZ/1/&#034; height=&#034;400px&#034; width=&#034;100%&#034; style=&#034;border: none&#034; frameborder=&#034;0&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;L'espace de la vie priv&#233;e et des interactions personnelles offre aux jeunes un d&#233;bouch&#233; &#224; des pratiques d'engagement que l'on pourrait qualifier de proximit&#233;. Leur confrontation &#224; la &lt;a href=&#034;https://www.odilejacob.fr/catalogue/psychologie/psychologie-generale/autre-a-distance_9782738157621.php&#034;&gt;gestion de la pand&#233;mie de Covid-19&lt;/a&gt; ces deux derni&#232;res ann&#233;es a &#233;t&#233; l'occasion d'&#233;prouver &#224; la fois leurs capacit&#233;s de r&#233;silience personnelle et collective, faisant preuve d'initiatives en plus grand nombre que les plus &#226;g&#233;s pour apporter de l'aide &#224; leur entourage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des solidarit&#233;s &#233;tudiantes notamment ont pu s'exprimer. Des groupes de discussion sur les r&#233;seaux sociaux ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s par les jeunes (29 % des 18-24 ans et 26 % des 25-34 ans contre 14 % de l'ensemble des Fran&#231;ais). Cela repr&#233;sente un nombre assez consid&#233;rable de personnes impliqu&#233;es et s'effor&#231;ant &#224; leur mani&#232;re de contribuer &#224; &lt;a href=&#034;https://www.seuil.com/ouvrage/en-immersion-jerome-fourquet/9782021467376&#034;&gt;r&#233;duire les cons&#233;quences n&#233;gatives de la pand&#233;mie&lt;/a&gt; dans la vie quotidienne des Fran&#231;ais. De fa&#231;on nettement plus marginale mais significative de ces engagements de proximit&#233;, 8 % des Fran&#231;ais ont fait &#224; cette occasion du soutien scolaire en direction des jeunes en difficult&#233;, et les jeunes ont &#233;t&#233; plus nombreux &#224; s'engager dans ce type d'activit&#233; (18 % des 18-24 ans et 14 % des 25-34 ans), et 7 % ont organis&#233; des &lt;a href=&#034;https://www.jean-jaures.org/publication/les-francais-sur-le-fil-de-lengagement/&#034;&gt;groupes de soutien et d'&#233;change pour des personnes seules&lt;/a&gt; ou en difficult&#233;s psychologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise en &#339;uvre concr&#232;te de l'engagement fait aussi appara&#238;tre un certain nombre d'actions protestataires qui, si elles ne sont pas apparues comme les plus embl&#233;matiques de l'engagement pour eux au plan normatif, occupent n&#233;anmoins une place significative dans leur exp&#233;rience politique : 31 % disent avoir sign&#233; &#224; plusieurs reprises une p&#233;tition, 23 % ont boycott&#233; plusieurs fois des produits ou des entreprises, 18 % ont particip&#233; &#224; une manifestation plusieurs fois aussi, et 14 % &#224; une gr&#232;ve, 11 % &#224; un blocage d'entreprise ou d'universit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette relative familiarit&#233; avec la culture politique protestataire est une caract&#233;ristique de la &lt;a href=&#034;https://editionsdelaube.fr/catalogue_de_livres/politiquement-jeune/&#034;&gt;politisation des jeunes g&#233;n&#233;rations&lt;/a&gt; dans la plupart des d&#233;mocraties europ&#233;ennes, dont la France. Mais l'enqu&#234;te fait appara&#238;tre aussi un nombre non n&#233;gligeable de jeunes mentionnant &lt;em&gt;&#234;tre ou avoir &#233;t&#233; membre d'un parti politique&lt;/em&gt; (19 %) ou &lt;em&gt;d'un syndicat&lt;/em&gt; (16 %). Ces proportions sont importantes, m&#234;me si l'on retiendra que de toutes les formes d'engagement, ce sont celles qui font le plus l'objet d'un repoussoir : respectivement 59 % et 60 % des jeunes n'envisagent en aucun cas de le faire. En revanche, le secteur associatif appara&#238;t nettement plus attractif : 44 % des jeunes ont pu adh&#233;rer &#224; ce type d'organisation, 27 % &lt;em&gt;ne l'ont jamais fait mais pourrait le faire&lt;/em&gt;, seuls 30 % &lt;em&gt;n'envisagent pas de le faire&lt;/em&gt;. Dans ce registre b&#233;n&#233;vole et militant, la disponibilit&#233; des jeunes est r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La participation num&#233;rique est consistante : 39 % des jeunes reconnaissent partager &#224; plusieurs reprises des contenus sur les r&#233;seaux sociaux qui sont des vecteurs d'information, de communication et potentiellement de mobilisation. Les jeunes utilisent les ressources du num&#233;rique : ils sont 40 % &#224; partager leurs opinions sur les r&#233;seaux sociaux (contre 27 % des Fran&#231;ais en moyenne), et 43 % &#224; relayer des &lt;em&gt;posts&lt;/em&gt; d'influenceurs sur les causes qui leur tiennent &#224; c&#339;ur (&lt;a href=&#034;https://editionsdelaube.fr/catalogue_de_livres/politiquement-jeune/&#034;&gt;contre 25 % en moyenne&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la question environnementale est un vecteur de plus en plus actif pour mobiliser les jeunes : 40 % d&#233;clarent avoir &#224; plusieurs reprises choisi en priorit&#233; des produits respectueux de l'environnement et de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Un engagement pour des causes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Certains enjeux forts tels que l'&#233;cologie et les in&#233;galit&#233;s occupent une place pr&#233;pond&#233;rante dans le r&#233;pertoire de leurs pr&#233;occupations et peuvent susciter un passage &#224; l'acte d'engagement. Le r&#233;pertoire d'actions s'est &#233;largi, notamment en raison d'une diversification des causes &#224; d&#233;fendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les causes qui mobilisent le plus les jeunes interrog&#233;s dans le cadre de l'enqu&#234;te &#171; Jeune(s) en France &#187;, le &lt;em&gt;gaspillage alimentaire&lt;/em&gt; arrive en premier, suivi par la &lt;em&gt;d&#233;fense de l'environnement&lt;/em&gt;. Plus de quatre jeunes sur dix reconnaissent s'&#234;tre d&#233;j&#224; engag&#233;s pour l'une d'entre elles (respectivement 45 % et 43 %), et une proportion quasi &#233;quivalente d&#233;clare qu'ils pourraient envisager de s'engager pour les d&#233;fendre (respectivement 39 % et 41 %). L'attention port&#233;e aux questions des discriminations et des violences s'impose &#233;galement. La &lt;em&gt;lutte contre les violences faites aux femmes&lt;/em&gt; mobilise plus de quatre jeunes sur dix, et les jeunes femmes en plus grand nombre (46 % contre 30 % des jeunes hommes), ou encore le &lt;em&gt;combat contre le racisme et les discriminations&lt;/em&gt; (42 % d&#233;j&#224; engag&#233;s, et 39 % qui pourraient s'engager). Le &lt;em&gt;bien-&#234;tre animal&lt;/em&gt; est aussi un point d'attention : 42 % des jeunes se sont d&#233;j&#224; engag&#233;s pour cette cause.&lt;/p&gt;
&lt;iframe id=&#034;FCKlt&#034; class=&#034;tc-infographic-datawrapper&#034; src=&#034;https://datawrapper.dwcdn.net/FCKlt/1/&#034; height=&#034;400px&#034; width=&#034;100%&#034; style=&#034;border: none&#034; frameborder=&#034;0&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;On notera pour finir que si le patriotisme n'est pas une valeur d'engagement qui domine, il t&#233;moigne n&#233;anmoins d'un certain regain visible dans plusieurs enqu&#234;tes r&#233;centes, une &#233;volution que l'enqu&#234;te &#171; Jeune(s) en France &#187; enregistre aussi. Un jeune sur cinq (20 %) reconna&#238;t que c'est une cause pour laquelle il s'est d&#233;j&#224; engag&#233; et 40 % d&#233;clarent envisager de le faire. Dans les r&#233;pertoires d'engagement, les traces de l'antimilitarisme se sont au fil du temps effac&#233;es. Aujourd'hui, ce sont pr&#232;s des deux tiers des jeunes Fran&#231;ais (65 %) qui affirment que si besoin est ils seraient pr&#234;ts &#224; &lt;a href=&#034;https://www.bva-xsight.com/sondages/les-francais-et-l-engagement/&#034;&gt;s'engager pour d&#233;fendre leur pays&lt;/a&gt; en cas de conflit, et un sur deux (51 %) se dit pr&#234;t &#224; risquer sa vie pour cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit ainsi cohabiter dans la jeunesse fran&#231;aise une diversit&#233; d'engagements effectifs ou potentiels, allant du plus proche au plus lointain, de l'humanitaire au militaire, en passant par les engagements relevant de l'altruisme moral et de la solidarit&#233; au fondement de nos d&#233;mocraties et du vivre ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;L'importance de la socialisation familiale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sultats de l'enqu&#234;te &#171; Jeune(s) en France &#187; confirment l'importance du mod&#232;le parental dans la formation des engagements pr&#233;sents et &#224; venir de leur prog&#233;niture et la place de la &lt;a href=&#034;https://www.seuil.com/ouvrage/toi-moi-et-la-politique-anne-muxel/9782020962490&#034;&gt;&#171; politisation intime &#187;&lt;/a&gt; qui op&#232;re dans le cadre du microcosme familial, notamment au travers des discussions. &lt;a href=&#034;https://sciencespo.hal.science/view/index/identifiant/hal-03459728&#034;&gt;Si l'on ne parle pas que de politique dans la famille&lt;/a&gt;, loin de l&#224;, c'est n&#233;anmoins dans le cadre familial que l'on en parle le plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les processus de &lt;a href=&#034;https://hal.science/hal-03609521/&#034;&gt;socialisation politique&lt;/a&gt; au sein du groupe primaire que constitue la famille jouent toujours un r&#244;le d&#233;terminant dans la fabrique des citoyens. Plus de la moiti&#233; (56 %) des jeunes interrog&#233;s dans l'enqu&#234;te citent en tout premier leurs parents pour &#233;voquer les personnes dont l'exemple a pu leur donner envie de s'engager et 52 % d'autres membres de leur famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;em&gt;Plus de 85 000 lecteurs font confiance aux newsletters de The Conversation pour mieux comprendre les grands enjeux du monde&lt;/em&gt;. &lt;a href=&#034;https://memberservices.theconversation.com/newsletters/?nl=france&amp;region=fr&#034;&gt;Abonnez-vous aujourd'hui&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n'exclut pas le r&#244;le et l'importance des agents de la socialisation secondaire, &#224; savoir les pairs ou encore d'autres interlocuteurs notamment dans le cadre scolaire. Ainsi les jeunes sont-ils nombreux &#224; &#233;voquer les gens de leur g&#233;n&#233;ration (52 %) ou des gens plus &#226;g&#233;s (49 %) qu'ils ont rencontr&#233;s, mais aussi des professeurs (40 %). Les deux instances de la socialisation que sont la famille et l'&#233;cole, d&#233;cisives dans l'exp&#233;rience juv&#233;nile et l'apprentissage de la citoyennet&#233;, ont donc du point de vue des jeunes toujours une r&#233;alit&#233; et une efficacit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les influenceurs agissant sur les r&#233;seaux sociaux ou les journalistes n'arrivent que loin derri&#232;re (respectivement 29 % et 27 %). Mais de loin, ce sont les personnalit&#233;s politiques, les autorit&#233;s religieuses, soit des tutelles institutionnelles et id&#233;ologiques, qui arrivent en dernier (respectivement 25 % et 19 %).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On retiendra des r&#233;sultats de l'enqu&#234;te &#171; Jeune(s) en France &#187;, la vitalit&#233; des forces d'engagement dans les jeunes g&#233;n&#233;rations, mais d'un engagement qui s'est affranchi des vecteurs institutionnels et traditionnels. Celui-ci s'est privatis&#233; et se vit sans doute de fa&#231;on plus intermittente, voire changeante que par le pass&#233;, &#233;tant plus d&#233;pendant des enjeux de l'actualit&#233; et d'une sensibilit&#233; &#224; des causes jug&#233;es essentielles, dans un r&#233;pertoire allant du plus universel au plus particulier.&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Cet article est publi&#233; dans le cadre de l'enqu&#234;te exclusive &#171; Jeune(s) en France &#187; r&#233;alis&#233;e en octobre 2023 pour The Conversation France par le cabinet d'&#233;tudes George(s).&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L1xH1/count-d1faf01a-a6e24.gif?1706882564' alt=&#034;The Conversation&#034; width='1' height='1' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;fine-print&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;span&gt;Anne Muxel ne travaille pas, ne conseille pas, ne poss&#232;de pas de parts, ne re&#231;oit pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'a d&#233;clar&#233; aucune autre affiliation que son organisme de recherche.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
