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	<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
	<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/</link>
	<description>Un site participatif, lieu de partage et d'&#233;change autour des initiatives en transitions et des innovations p&#233;dagogiques dans l'enseignement sup&#233;rieur francophone.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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		<title>Comment les &#233;l&#232;ves apprennent : faire dialoguer science et soci&#233;t&#233; pour mieux les accompagner</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anais Racca, Laurence Picard, Maitre de Conf&#233;rences en Psychologie, Marie Mazerolle, Post-doctorante, Professeure de psychologie, Sciences Cognitives Avec et Pour la Soci&#233;t&#233; (ANR SCAPS), Universit&#233; Marie et Louis Pasteur (UMLP)</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Comment accompagner un &#233;l&#232;ve durant ses devoirs ? Ce type de probl&#233;matique &#233;ducative n&#233;cessite de tenir compte des savoirs scientifiques, des pratiques p&#233;dagogiques et des exp&#233;riences v&#233;cues par les &#233;l&#232;ves et leurs familles. Un programme de recherche croise ces approches pour mieux &#233;clairer les m&#233;canismes d'apprentissage des enfants. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un mardi soir, &#224; Besan&#231;on, familles, enseignantes et enseignants, &#233;tudiantes et &#233;tudiants, membres du monde de la recherche et simples curieux se retrouvent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique5.html" rel="directory"&gt;The conversation&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment accompagner un &#233;l&#232;ve durant ses devoirs ? Ce type de probl&#233;matique &#233;ducative n&#233;cessite de tenir compte des savoirs scientifiques, des pratiques p&#233;dagogiques et des exp&#233;riences v&#233;cues par les &#233;l&#232;ves et leurs familles. Un programme de recherche croise ces approches pour mieux &#233;clairer les m&#233;canismes d'apprentissage des enfants.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt; &lt;p&gt;Un mardi soir, &#224; Besan&#231;on, familles, enseignantes et enseignants, &#233;tudiantes et &#233;tudiants, membres du monde de la recherche et simples curieux se retrouvent pour une soir&#233;e autour des sciences cognitives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que les adultes &#233;changent avec une chercheuse autour des strat&#233;gies les plus efficaces pour m&#233;moriser, dans la salle voisine, leurs enfants fabriquent un cerveau en p&#226;te &#224; modeler et d&#233;couvrent comment les informations circulent du cerveau &#224; la main. &#192; la sortie, les participants repartent avec de nouvelles connaissances sur la mani&#232;re dont on apprend, et leurs questions nourrissent la r&#233;flexion des chercheuses et chercheurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Organis&#233;es chaque mois dans le cadre du cycle &lt;a href=&#034;https://sites.google.com/view/scaps2024/nos-actions/questions-d%C3%A9ducation&#034;&gt;&lt;em&gt;Questions d'&#233;ducation&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, ces rencontres illustrent une mani&#232;re de faire dialoguer des mondes qui se c&#244;toient sans toujours se comprendre. Le parti pris est clair : &lt;a href=&#034;https://theconversation.com/topics/intelligence-collective-59378&#034;&gt;l'intelligence collective&lt;/a&gt; est essentielle pour affronter les probl&#233;matiques &#233;ducatives, trop complexes pour &#234;tre r&#233;solues sans croiser les regards.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Croiser les regards autour des questions &#233;ducatives&lt;/h2&gt; &lt;p&gt;Pourquoi certains &#233;l&#232;ves, pourtant motiv&#233;s, ont-ils des difficult&#233;s &#224; l'&#233;cole ? Comment accompagner les &#233;l&#232;ves durant leurs devoirs ? Ce type de probl&#233;matique &#233;ducative est complexe : elle n&#233;cessite de tenir compte des savoirs scientifiques, des pratiques p&#233;dagogiques et des exp&#233;riences v&#233;cues par les &#233;l&#232;ves et leurs familles. Croiser ces regards, ceux des chercheurs et chercheuses, du monde enseignant, des parents et des &#233;l&#232;ves, c'est pr&#233;cis&#233;ment ce que nous cherchons &#224; faire avec le programme &lt;a href=&#034;https://anr.fr/Projet-ANR-23-SSAI-0021&#034;&gt;&lt;em&gt;SCAPS &#8211; Sciences Cognitives Avec et Pour la Soci&#233;t&#233;&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'hypoth&#232;se qui guide ce programme est qu'en confrontant expertises scientifiques, pratiques professionnelles et exp&#233;riences familiales, il devient possible d'aborder plus finement les questions &#233;ducatives et d'y apporter des r&#233;ponses mieux adapt&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#233;tude r&#233;cente publi&#233;e dans &lt;a href=&#034;https://www.nature.com/articles/s41598-024-52837-3&#034;&gt;&lt;em&gt;Scientific Reports&lt;/em&gt; par Baumann et ses collaborateurs&lt;/a&gt; montre que la diversit&#233; des comp&#233;tences et des approches peut certes freiner la coordination lorsqu'une t&#226;che est simple, mais qu'elle devient un atout majeur lorsqu'une t&#226;che est complexe et que les &#233;changes entre membres sont riches et fr&#233;quents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, lorsqu'un probl&#232;me est difficile, plus les interactions entre les membres d'un groupe sont nombreuses et de qualit&#233;, plus la diversit&#233; devient un levier d'efficacit&#233; collective. Dans ces conditions, les diff&#233;rences de comp&#233;tences et de perspectives cessent d'&#234;tre un obstacle pour devenir une ressource, permettant d'&#233;viter les impasses et d'explorer des solutions nouvelles.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Une d&#233;marche participative&lt;/h2&gt; &lt;p&gt;Si les questions &#233;ducatives gagnent &#224; &#234;tre abord&#233;es collectivement, encore faut-il cr&#233;er des situations o&#249; ce dialogue peut r&#233;ellement se d&#233;ployer. Concr&#232;tement, le programme s'organise autour de deux dynamiques compl&#233;mentaires, avec l'objectif de comprendre ensemble pour construire ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une exposition interactive intitul&#233;e &#171; &lt;a href=&#034;https://biome-besancon.umlp.fr/?page_id=613&#034;&gt;L'expo qui prend la t&#234;te&lt;/a&gt; &#187; a par exemple &#233;t&#233; con&#231;ue par des chercheuses et des m&#233;diatrices du service sciences, arts et culture de l'Universit&#233; Marie-et-Louis-Pasteur. Familles, groupes scolaires et curieuses et curieux d&#233;couvrent et testent, avec de r&#233;elles mises en situation, comment ils et elles m&#233;morisent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment mieux apprendre, cette question est &#233;galement pos&#233;e dans des groupes de pratiques, o&#249; des enseignantes et enseignants volontaires analysent leurs d&#233;marches p&#233;dagogiques &#224; la lumi&#232;re de la recherche et testent en classe des strat&#233;gies &#8211; comme la pratique de l'espacement des apprentissages &#8211; avant d'en discuter les effets avec des chercheurs et des enseignants form&#233;s aux sciences cognitives. Ce dialogue permet de faire un lien direct entre recherche et terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; partir de ces pistes, et parfois de sollicitations directes des familles ou des enseignants, que naissent ensuite des projets de recherches participatives o&#249; &#233;l&#232;ves, parents et/ou enseignants contribuent &#224; formuler les questions, &#224; remonter des observations ou &#224; interpr&#233;ter les r&#233;sultats.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Donner la parole aux enfants&lt;/h2&gt; &lt;p&gt;Pour comprendre ce qui se joue r&#233;ellement &#224; l'&#233;cole, il faut &#233;couter celles et ceux qui y apprennent au quotidien. Dans cette perspective, nous avons men&#233; des ateliers conversationnels avec 127 &#233;l&#232;ves du CE2 au CM2 afin de recueillir leurs perceptions de l'&#233;cole, des diff&#233;rentes mati&#232;res abord&#233;es, des &#233;valuations et des devoirs. Leur parole donne acc&#232;s &#224; un savoir situ&#233;, souvent n&#233;glig&#233;, qui permet d'affiner, et parfois de d&#233;placer, nos hypoth&#232;ses de recherche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des constats saillants &#233;mergent de ces &#233;changes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, des consignes d'apprentissage similaires peuvent mobiliser des processus cognitifs tr&#232;s diff&#233;rents. Pour une m&#234;me consigne &#8211; &#171; recopie un mot pour l'apprendre &#187; &#8211;, certains &#233;l&#232;ves recopient avec le mod&#232;le sous les yeux, d'autres de m&#233;moire. Du point de vue de la recherche, ce d&#233;tail change tout : la premi&#232;re pratique rel&#232;ve de la simple r&#233;p&#233;tition, la seconde mobilise la pratique du rappel, &lt;a href=&#034;https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/16507066/&#034;&gt;deux m&#233;canismes aux effets tr&#232;s diff&#233;rents sur la m&#233;morisation&lt;/a&gt;. Ces variations fines, peu visibles depuis l'ext&#233;rieur, &#233;clairent pourquoi des pratiques a priori similaires produisent des effets diff&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, les croyances des &#233;l&#232;ves sur l'intelligence semblent d&#233;pendre des mati&#232;res scolaires, mais aussi des formes d'&#233;valuation associ&#233;es. Les arts plastiques et le sport sont jug&#233;s moins exigeants intellectuellement par les enfants, parce que g&#233;n&#233;ralement, quoi qu'ils ou elles fassent, &#171; c'est toujours bien ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela sugg&#232;re une piste rarement explor&#233;e : le lien entre les modalit&#233;s d'&#233;valuation d'une mati&#232;re et la mani&#232;re dont les &#233;l&#232;ves construisent leurs &lt;a href=&#034;https://psycnet.apa.org/record/2006-08575-000&#034;&gt;repr&#233;sentations de l'intelligence&lt;/a&gt;. Autrement dit, ce n'est peut-&#234;tre pas la mati&#232;re elle-m&#234;me, mais la fa&#231;on dont elle est &#233;valu&#233;e qui fa&#231;onne ces repr&#233;sentations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces t&#233;moignages vont au-del&#224; d'un simple constat. Si certains font directement &#233;cho &#224; des ph&#233;nom&#232;nes bien document&#233;s en sciences cognitives, ils permettent &#233;galement d'ouvrir des questions nouvelles et d'ajuster nos mod&#232;les &#224; la r&#233;alit&#233; scolaire.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Des d&#233;fis &#224; relever&lt;/h2&gt; &lt;p&gt;Ce type de dispositifs illustre la force de l'intelligence collective pour &#233;clairer les questions &#233;ducatives. Mais lorsque l'on passe du dialogue &#224; la co-construction de projets de recherche, de nouveaux d&#233;fis apparaissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.frontiersin.org/journals/sociology/articles/10.3389/fsoc.2020.613814/full&#034;&gt;Co-construire suppose en effet de concilier des temporalit&#233;s, des objectifs et des contraintes tr&#232;s diff&#233;rentes&lt;/a&gt; : celles des enseignantes et enseignants, pris dans les exigences du quotidien scolaire ; celles des familles, qui cherchent des r&#233;ponses concr&#232;tes aux difficult&#233;s rencontr&#233;es par leurs enfants ; et celles des chercheuses et chercheurs, qui doivent garantir la validit&#233; scientifique des protocoles et la qualit&#233; des donn&#233;es recueillies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les projets collaboratifs men&#233;s en &#233;ducation montrent cependant que ces diff&#233;rences peuvent &#234;tre une force lorsque les r&#244;les sont clarifi&#233;s d&#232;s le d&#233;part et que chacun peut apporter son expertise &#224; l'&#233;laboration du projet. Les recherches en sciences participatives soulignent d'ailleurs que &lt;a href=&#034;https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/09500693.2022.2067365&#034;&gt;ces d&#233;marches renforcent l'engagement, la compr&#233;hension de la d&#233;marche scientifique et parfois m&#234;me les comp&#233;tences des participants&lt;/a&gt;, &#224; condition de garantir un cadre clair, une accessibilit&#233; r&#233;elle et un sens partag&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces d&#233;fis ne sont donc pas des obstacles, mais plut&#244;t les conditions &#224; prendre en compte pour permettre &#224; la co-construction, avec le monde enseignant, les familles et les &#233;l&#232;ves, de produire des projets &#224; la fois scientifiquement solides et r&#233;ellement utiles au terrain.&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Cet article est publi&#233; dans le cadre de la F&#234;te de la science (qui a eu lieu du 3 au 13 octobre 2025), dont&lt;/em&gt; The Conversation France &lt;em&gt;est partenaire. Cette nouvelle &#233;dition porte sur la th&#233;matique &#171; Intelligence(s) &#187;. Retrouvez tous les &#233;v&#233;nements de votre r&#233;gion sur le site &lt;a href=&#034;https://www.fetedelascience.fr/&#034;&gt;Fetedelascience.fr&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L1xH1/count-85472d9e-0a0ad.gif?1764229497' alt=&#034;The Conversation&#034; width='1' height='1' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;fine-print&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;span&gt;Anais Racca a re&#231;u des financements de l'ANR - ANR-23-SSAI-0021&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;fine-print&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;span&gt;Laurence Picard a re&#231;u des financements de l'ANR - ANR-23-SSAI-0021&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;fine-print&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;span&gt;Marie Mazerolle a re&#231;u des financements de l'ANR - ANR-23-SSAI-0021&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Et si nos croyances pouvaient fa&#231;onner notre intelligence ?</title>
		<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/article24098.html</link>
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		<dc:date>2025-10-27T08:17:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anais Racca, Laurence Picard, Maitre de Conf&#233;rences en Psychologie, Ma&#238;tre de Conf&#233;rences en Psychologie Cognitive et des Apprentissages, Marie Mazerolle, Post-doctorante, Professeure de psychologie, R&#233;mi Dorgnier, Sciences Cognitives Avec et Pour la Soci&#233;t&#233; (ANR SCAPS), Universit&#233; de Rouen Normandie, Universit&#233; Marie et Louis Pasteur (UMLP)</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Les croyances que l'on entretient sur l'intelligence mod&#232;lent nos mani&#232;res d'apprendre, avec des cons&#233;quences directes sur la r&#233;ussite scolaire. Un constat de la recherche qui invite &#224; d&#233;velopper plus d'actions pour &#171; apprendre &#224; apprendre &#187; aux &#233;l&#232;ves. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#202;tre imbattable &#224; la console, r&#233;ussir une pavlova ou jongler avec trois balles : rien de tout cela n'arrive du premier coup, &#233;videmment ! Tout le monde sait qu'il faut s'entra&#238;ner, &#233;chouer, recommencer encore et encore, et s'inspirer des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique5.html" rel="directory"&gt;The conversation&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les croyances que l'on entretient sur l'intelligence mod&#232;lent nos mani&#232;res d'apprendre, avec des cons&#233;quences directes sur la r&#233;ussite scolaire. Un constat de la recherche qui invite &#224; d&#233;velopper plus d'actions pour &#171; apprendre &#224; apprendre &#187; aux &#233;l&#232;ves.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt; &lt;p&gt;&#202;tre imbattable &#224; la console, r&#233;ussir une pavlova ou jongler avec trois balles : rien de tout cela n'arrive du premier coup, &#233;videmment ! Tout le monde sait qu'il faut s'entra&#238;ner, &#233;chouer, recommencer encore et encore, et s'inspirer des conseils de personnes plus exp&#233;riment&#233;es. Cela nous para&#238;t &#233;vident dans ces domaines, du sport &#224; la cuisine&#8230; mais beaucoup moins lorsqu'il s'agit de nos capacit&#233;s intellectuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui n'a jamais entendu un &#233;l&#232;ve affirmer qu'il n'est pas &#171; fait pour l'&#233;cole &#187;, ou, &#224; l'inverse, qu'une mati&#232;re &#171; est faite pour lui &#187;, comme si ses aptitudes &#233;taient fix&#233;es une fois pour toutes d&#232;s la naissance ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre intelligence serait-elle donc la seule comp&#233;tence qui r&#233;siste &#224; l'entra&#238;nement et &#224; l'apprentissage ? Assur&#233;ment pas. Et pourtant, les croyances sur ce sujet restent tr&#232;s r&#233;pandues, avec des effets bien r&#233;els sur la motivation et la r&#233;ussite scolaire.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Deux mani&#232;res de concevoir l'intelligence&lt;/h2&gt; &lt;p&gt;Depuis une trentaine d'ann&#233;es, les &lt;a href=&#034;https://www.taylorfrancis.com/books/mono/10.4324/9781315783048/self-theories-carol-dweck&#034;&gt;recherches en psychologie&lt;/a&gt; ont montr&#233; que &lt;a href=&#034;https://psycnet.apa.org/record/2006-08575-000&#034;&gt;deux conceptions de l'intelligence coexistent dans la soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;. La premi&#232;re, dite fixe, repose sur l'id&#233;e que l'intelligence est un don naturel, une capacit&#233; inn&#233;e que l'on poss&#232;de &#8211; ou non &#8211; &#224; la naissance, et qu'il serait impossible de faire &#233;voluer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les personnes qui adh&#232;rent &#224; cette conception per&#231;oivent les situations d'apprentissage comme des &#233;valuations de leur valeur. Elles cherchent avant tout &#224; prouver leurs comp&#233;tences et se concentrent sur les bons r&#233;sultats. De ce fait, elles &#233;vitent les situations &#224; risque d'&#233;chec, puisque l'&#233;chec est alors interpr&#233;t&#233; comme la preuve d'un manque de comp&#233;tence &#8211; per&#231;u comme d&#233;finitif. C'est pourtant dommage : en privil&#233;giant les t&#226;ches qu'elles ma&#238;trisent d&#233;j&#224;, elles se privent de pr&#233;cieuses occasions d'apprendre et de progresser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un autre registre, imaginez si Meryl Streep avait renonc&#233; apr&#232;s qu'on lui eut dit, lors d'une audition pour &lt;em&gt;King Kong&lt;/em&gt;, qu'elle n'avait pas un physique de cin&#233;ma : elle se serait alors priv&#233;e de devenir l'une des plus grandes actrices de sa g&#233;n&#233;ration. De la m&#234;me mani&#232;re, un &#233;l&#232;ve persuad&#233; qu'il n'est &#171; pas fait pour les maths &#187; aura tendance &#224; &#233;viter cette mati&#232;re &#8211; et, en s'y exposant moins, progressera moins, confirmant ainsi sa croyance initiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde conception de l'intelligence, dite mall&#233;able, propose une vision plus dynamique de nos capacit&#233;s. Elle repose sur l'id&#233;e que, quelles que soient nos comp&#233;tences initiales, nous pouvons toujours les d&#233;velopper gr&#226;ce &#224; l'effort, &#224; la pers&#233;v&#233;rance et &#224; l'adoption de strat&#233;gies efficaces. Les personnes qui partagent cette vision recherchent les situations qui leur permettent de progresser, m&#234;me si elles comportent un risque d'&#233;chec. Pour elles, l'&#233;chec n'est pas une preuve d'incomp&#233;tence, mais une occasion d'apprendre : les erreurs font partie du processus, car elles indiquent ce qu'il reste &#224; am&#233;liorer et soulignent le chemin parcouru.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin d'&#234;tre un simple d&#233;tail, notre conception de l'intelligence est susceptible d'&lt;a href=&#034;https://www.researchgate.net/publication/394344550_Conceptions_de_l%E2%80%99intelligence_motivation_et_reussite_scolaire_une_revue_de_litterature&#034;&gt;influencer profond&#233;ment notre mani&#232;re d'apprendre&lt;/a&gt;, d'enseigner et, plus largement, de r&#233;ussir &#224; l'&#233;cole.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Quand les croyances influencent les comportements scolaires&lt;/h2&gt; &lt;p&gt;Depuis trente ans, la question des conceptions de l'intelligence a donn&#233; lieu &#224; une abondante litt&#233;rature scientifique, permettant d'&#233;valuer pr&#233;cis&#233;ment l'impact de ces croyances sur nos comportements et nos performances. Par exemple, en synth&#233;tisant les r&#233;sultats d'&#233;tudes men&#233;es aupr&#232;s de plus de 400 000 personnes, des chercheuses ont montr&#233; que &lt;a href=&#034;https://www.frontiersin.org/journals/psychology/articles/10.3389/fpsyg.2018.00829/full&#034;&gt;plus les apprenants avaient une conception mall&#233;able de l'intelligence, meilleures &#233;taient leurs performances scolaires&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque les croyances influencent la motivation et la r&#233;ussite, que se passerait-il si l'on parvenait &#224; convaincre les apprenants que leurs capacit&#233;s peuvent &#233;voluer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le savoir, des chercheurs ont men&#233; des &#233;tudes interventionnelles visant &#224; modifier les conceptions de l'intelligence, puis ont mesur&#233; l'impact sur la motivation et les r&#233;sultats scolaires. Concr&#232;tement, ils intervenaient dans les classes pour pr&#233;senter les notions de plasticit&#233; c&#233;r&#233;brale, le r&#244;le constructif des erreurs, ou encore des exemples de personnalit&#233;s ayant r&#233;ussi gr&#226;ce &#224; leurs efforts et leur pers&#233;v&#233;rance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://psycnet.apa.org/doiLanding?doi=10.1037%2Fbul0000368&#034;&gt;Les r&#233;sultats sont tr&#232;s encourageants&lt;/a&gt; : de telles interventions permettent aux &#233;l&#232;ves &#8211; en particulier ceux issus de milieux d&#233;favoris&#233;s ou &#224; risque de d&#233;crochage &#8211; de &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.1037/bul0000384&#034;&gt;faire &#233;voluer leur conception de l'intelligence&lt;/a&gt;, de renforcer leur motivation et d'&lt;a href=&#034;https://doi.org/10.1038/s41586-019-1466-y&#034;&gt;am&#233;liorer leurs performances&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Restons toutefois prudents : ces effets, bien que r&#233;els, restent d'amplitude modestes, surtout lorsque les interventions ne s'accompagnent pas d'un apprentissage explicite de strat&#233;gies permettant d'investir efficacement ses efforts.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Apprendre &#224; mieux apprendre&lt;/h2&gt; &lt;p&gt;Et si la cl&#233; n'&#233;tait pas seulement d'aider les &#233;l&#232;ves &#224; concevoir l'intelligence comme une capacit&#233; mall&#233;able, mais aussi de leur apprendre &#224; apprendre &#8211; pour que leurs efforts soient dirig&#233;s vers les bonnes strat&#233;gies ? C'est ce que nous avons test&#233; dans une &lt;a href=&#034;https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/00220671.2024.2431695&#034;&gt;&#233;tude r&#233;cemment publi&#233;e dans le &lt;em&gt;Journal of Educational Psychology&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Spoiler : de courtes interventions en classe permettent bel et bien de modifier les croyances et de promouvoir l'adh&#233;sion &#224; une conception mall&#233;able de l'intelligence et l'utilisation de strat&#233;gies de m&#233;morisation efficaces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons rencontr&#233; des &#233;l&#232;ves de CM1 et CM2 de l'acad&#233;mie de Besan&#231;on (Doubs). Pendant quatre semaines, tous ont particip&#233; &#224; des s&#233;ances p&#233;dagogiques d'une heure anim&#233;es par un chercheur. Les &#233;l&#232;ves avaient &#233;t&#233; r&#233;partis al&#233;atoirement en deux groupes. Dans le premier, dit groupe exp&#233;rimental, les &#233;l&#232;ves travaillaient sur la mall&#233;abilit&#233; de l'intelligence, la plasticit&#233; c&#233;r&#233;brale et d&#233;couvraient des strat&#233;gies de m&#233;morisation efficaces. Dans le second, dit groupe contr&#244;le, ils participaient &#224; des s&#233;ances de science sans lien avec la motivation ou l'apprentissage (par exemple, sur la thermor&#233;gulation chez les animaux).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant et apr&#232;s les interventions, nous avons recueilli les conceptions de l'intelligence des &#233;l&#232;ves &#224; l'aide d'un questionnaire, et test&#233; leurs performances de m&#233;moire. Les r&#233;sultats sont clairs : apr&#232;s l'intervention, les enfants du groupe exp&#233;rimental, et uniquement ceux-ci, &#233;taient plus convaincus que l'intelligence se d&#233;veloppe gr&#226;ce aux efforts, utilisaient de meilleures strat&#233;gies pour apprendre&#8230; et obtenaient de meilleurs scores aux t&#226;ches de m&#233;moire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, il est possible &#8211; et utile &#8211; de mener des interventions en classe pour aider les &#233;l&#232;ves &#224; comprendre que l'intelligence se d&#233;veloppe gr&#226;ce aux efforts. Mais pour qu'elles soient pleinement b&#233;n&#233;fiques, ces interventions doivent aussi fournir des outils concrets pour apprendre plus efficacement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce changement de regard ne peut toutefois pas reposer uniquement sur les enfants : parents et enseignants jouent un r&#244;le essentiel dans la mani&#232;re dont ils valorisent l'effort, les erreurs et les progr&#232;s. &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.1007/s11218-023-09870-3&#034;&gt;Les &#233;tudes r&#233;centes&lt;/a&gt; montrent d'ailleurs que les programmes qui associent &#233;galement les enseignants ont un &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.1177/09567976211028984&#034;&gt;impact plus durable sur la motivation et la r&#233;ussite scolaire&lt;/a&gt;. En somme, changer les croyances sur l'intelligence, c'est l'affaire de tous !&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Cet article est publi&#233; dans le cadre de la F&#234;te de la science (qui a lieu du 3 au 13 octobre 2025), dont&lt;/em&gt; The Conversation France &lt;em&gt;est partenaire. Cette nouvelle &#233;dition porte sur la th&#233;matique &#171; Intelligence(s) &#187;. Retrouvez tous les &#233;v&#233;nements de votre r&#233;gion sur le site &lt;a href=&#034;https://www.fetedelascience.fr/&#034;&gt;Fetedelascience.fr&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L1xH1/count-cc2ce8d3-c5eb9.gif?1761639520' alt=&#034;The Conversation&#034; width='1' height='1' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;fine-print&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;span&gt;Laurence Picard a re&#231;u des financements de l'Agence Nationale de la Recherche, de la Fondation de France, de la r&#233;gion Bourgogne Franche-Comt&#233;. &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;fine-print&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;span&gt;Anais Racca a re&#231;u des financements de l'Agence nationale de la recherche (ANR).&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;fine-print&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;span&gt;Marie Mazerolle a re&#231;u des financements de l'Agence nationale de la recherche (ANR), de la Fondation de France, de la R&#233;gion Bourgogne Franche-Comt&#233;. &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;fine-print&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;span&gt;R&#233;mi Dorgnier a re&#231;u des financements de la r&#233;gion Bourgogne Franche-Comt&#233;.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pourquoi la souffrance psychologique des &#233;tudiants est difficile &#224; appr&#233;hender</title>
		<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/article8410.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.innovation-pedagogique.fr/article8410.html</guid>
		<dc:date>2020-12-11T08:36:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ariel Frajerman, Inserm, INSERM U1266, Maitre de Conf&#233;rences en Psychologie, PhD Student in Institute of Psychiatry and Neuroscience of Paris, psychologue clinicien, Universit&#233; Paris Nanterre &#8211; Universit&#233; Paris Lumi&#232;res, Yannick Morvan</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le nombre d'&#233;tudiants souffrant d'un &#233;pisode d&#233;pressif majeur est estim&#233; &#224; pr&#232;s de 15 % en France chaque ann&#233;e. Image by Vicki Nunn from Pixabay, CC BY &lt;br class='autobr' /&gt;
Avec la deuxi&#232;me vague de l'&#233;pid&#233;mie de Covid-19 et le retour du confinement, la question de la sant&#233; mentale des &#233;tudiants en France, d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233;e lors du premier confinement, a ressurgi. Or, il n'existe pas dans notre pays de mesures syst&#233;matis&#233;es de la sant&#233; mentale des &#233;tudiants. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les sources d'informations principales sont les &#233;tudes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique5.html" rel="directory"&gt;The conversation&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;figure&gt;&lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L496xH329/file-20201126-13-05ea2242-32341.jpg?1706947328' width='496' height='329' /&gt;&lt;figcaption&gt;&lt;span class=&#034;caption&#034;&gt;Le nombre d'&#233;tudiants souffrant d'un &#233;pisode d&#233;pressif majeur est estim&#233; &#224; pr&#232;s de 15 % en France chaque ann&#233;e.&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;attribution&#034;&gt;&lt;span class=&#034;source&#034;&gt;Image by Vicki Nunn from Pixabay&lt;/span&gt;, &lt;a class=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by/4.0/&#034;&gt;CC BY&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Avec la deuxi&#232;me vague de l'&#233;pid&#233;mie de Covid-19 et le retour du confinement, la question de la sant&#233; mentale des &#233;tudiants en France, &lt;a href=&#034;https://theconversation.com/covid-19-quelles-consequences-sur-la-sante-mentale-137242&#034;&gt;d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233;e lors du premier confinement&lt;/a&gt;, a ressurgi. Or, il n'existe pas dans notre pays de mesures syst&#233;matis&#233;es de la sant&#233; mentale des &#233;tudiants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sources d'informations principales sont les &#233;tudes men&#233;es par l'Observatoire de la Vie &#233;tudiante (OVE), les enqu&#234;tes des organisations et mutuelles &#233;tudiantes ou encore celles r&#233;alis&#233;es par diverses &#233;quipes de recherches. Les &#233;tablissements d'enseignement sup&#233;rieur ne sont pas tenus aujourd'hui de disposer d'indicateurs sur la sant&#233; mentale de leurs &#233;tudiants et, de fait, tr&#232;s peu en ont.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte la question du choix desdits indicateurs est primordiale. En effet, si l'on souhaite pouvoir &#233;valuer les politiques de pr&#233;vention et la prise en charge des &#233;tudiants, il est important de pouvoir comparer les r&#233;sultats, d'une part &#224; d'autres populations, et d'autre part, sur plusieurs p&#233;riodes temporelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, &#224; l'heure actuelle, cet exercice est compliqu&#233; par l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; des m&#233;thodologies et des outils d'&#233;valuation.&lt;/p&gt;
&lt;div data-react-class=&#034;Tweet&#034; data-react-props=&#034;{&#034;tweetId&#034;:&#034;1328241401704964097&#034;}&#034;&gt;&lt;/div&gt;&lt;h2&gt;Qu'entend-on par &#171; sant&#233; mentale &#187; ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un des pr&#233;alables pour bien &#233;valuer la sant&#233; mentale consiste avant tout &#224; &lt;a href=&#034;https://psyarxiv.com/8rkuq/&#034;&gt;bien d&#233;finir&lt;/a&gt; ce que recouvre cette expression, afin de s'entendre sur la mesure des ph&#233;nom&#232;nes et donc d'&#234;tre capable d'apporter une aide utile aux &#233;tudiants. Le concept de sant&#233; mentale est en effet un ensemble h&#233;t&#233;rog&#232;ne, qui regroupe des notions diverses, elles-m&#234;mes h&#233;t&#233;rog&#232;nes : d&#233;pression, souffrance psychologique, mal-&#234;tre, etc. &#192; tel point que l'on s'autorise &#171; &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.1176/appi.ajp.160.1.4.&#034;&gt;l'illusion confortable que tout le monde comprend de quoi l'on parle &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit plus de dire que toutes les formes de mal-&#234;tre sont identiques, mais plut&#244;t de disposer de d&#233;finitions communes pour pouvoir s'accorder sur les mesures &#224; mettre en place. Cependant, si cet exercice de standardisation vient clarifier l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; en la r&#233;duisant &#224; des d&#233;finitions utiles, il convient de rappeler que la nature des troubles psychiques et de leurs d&#233;finitions &lt;a href=&#034;https://psyarxiv.com/zaadn/&#034;&gt;font toujours l'objet de d&#233;bats scientifiques&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;&#201;pisode d&#233;pressif majeur ou syndrome d&#233;pressif ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En pratique, on distingue &lt;a href=&#034;https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2017-10/depression_adulte_fiche_de_synthese_diagnostic.pdf&#034;&gt;l'&#233;pisode d&#233;pressif majeur&lt;/a&gt; du syndrome d&#233;pressif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;pisode d&#233;pressif majeur correspond &#224; la pr&#233;sence de 9 sympt&#244;mes retenus pour la d&#233;finition de la d&#233;pression au sein des classifications internationales (la classification internationale des maladies &lt;a href=&#034;https://icd.who.int/dev11/f/en#/http%3A%2F%2Fid.who.int%2Ficd%2Fentity%2F334423054&#034;&gt;(CIM)&lt;/a&gt; de l'Organisation mondiale de la Sant&#233; ou le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux &lt;a href=&#034;https://www.psychiatry.org/psychiatrists/practice/dsm&#034;&gt;(DSM)&lt;/a&gt; de l'association am&#233;ricaine de psychiatrie). Ces sympt&#244;mes doivent (pour un minimum de cinq d'entre eux) s'accompagner d'un certain seuil de fr&#233;quence et d'intensit&#233; (&#234;tre pr&#233;sent en m&#234;me temps pendant au moins deux semaines et presque tous les jours) d'une part ainsi qu'un impact significatif (souffrance importante, alt&#233;ration du fonctionnement social ou professionnel) d'autre part. Le syndrome d&#233;pressif fait quant &#224; lui davantage reposer la d&#233;finition de la d&#233;pression sur la mesure de sympt&#244;mes parfois plus h&#233;t&#233;rog&#232;nes, &#233;valu&#233;s par diff&#233;rentes &#233;chelles qui se recoupent plus ou moins entre elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; titre d'exemple &lt;a href=&#034;https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2017-10/depression_adulte_argumentaire_diagnostic.pdf&#034;&gt;l'&#233;chelle CES-D&lt;/a&gt; a &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233;e par le National Institute of Mental Health (NIMH) dans le but de regrouper diff&#233;rentes &#233;chelles de sympt&#244;mes existantes. Elle mesure la pr&#233;sence de 20 sympt&#244;mes en fonction de quatre fr&#233;quences d'apparition sur une semaine (de jamais pour moins d'un jour &#224; tout le temps pour cinq jours ou plus). Une source de variabilit&#233; dans l'usage des &#233;chelles consiste &#224; utiliser des m&#233;triques diff&#233;rentes. Ainsi, chaque sympt&#244;me interrog&#233; pourra &#234;tre &#233;valu&#233; diff&#233;remment selon l'outil : par exemple, sur la base de sa pr&#233;sence, de sa fr&#233;quence ou encore de son impact sur la personne.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Le probl&#232;me de la variabilit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Selon les crit&#232;res issus des classifications internationales, en France le nombre d'&#233;tudiants souffrant d'un &#233;pisode d&#233;pressif majeur est estim&#233; &#224; &lt;a href=&#034;http://www.ove-national.education.fr/publication/la-sante-des-etudiants/&#034;&gt;pr&#232;s de 15 %&lt;/a&gt; chaque ann&#233;e. Pourtant, des enqu&#234;tes men&#233;es pour &#233;valuer le &#171; mal-&#234;tre &#187; des &#233;tudiants r&#233;v&#232;lent qu'&lt;a href=&#034;https://osf.io/2cvnu/&#034;&gt;entre un tiers et trois-quarts&lt;/a&gt; de cette population en seraient atteint. Pourquoi &lt;a href=&#034;http://www.i-share.fr/sites/default/files/cp-enquete-sante-etudiants-smerep-2013.pdf&#034;&gt;une telle diff&#233;rence&lt;/a&gt; de proportions ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une explication tient &#224; la &lt;a href=&#034;https://psyarxiv.com/8rkuq/&#034;&gt;variabilit&#233;&lt;/a&gt; existant dans la d&#233;finition du mal-&#234;tre, et donc de sa mesure. Autrement dit, un grand nombre d'&#233;tudiants peuvent &#233;prouver des sympt&#244;mes sans n&#233;cessairement souffrir d'une pathologie psychiatrique selon les classifications internationales.&lt;/p&gt;
&lt;figure&gt; &lt;iframe width=&#034;440&#034; height=&#034;260&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/X-Yp2s44Zb8?wmode=transparent&amp;start=0&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen=&#034;&#034;&gt;&lt;/iframe&gt; &lt;figcaption&gt;&lt;span class=&#034;caption&#034;&gt;Le mal-&#234;tre &#233;tudiant (Lumni, novembre 2019)&lt;/span&gt;&lt;/figcaption&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Si les d&#233;finitions des ph&#233;nom&#232;nes psychiques peuvent &#234;tre h&#233;t&#233;rog&#232;nes, il est coh&#233;rent que leurs outils de mesure le soient &#233;galement, ce qui complique la comparaison de leurs r&#233;sultats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agissant de la mesure des sympt&#244;mes de d&#233;pression, pouvoir comparer entre eux les r&#233;sultats obtenus via les nombreux outils de mesure disponibles constitue d&#233;j&#224; un enjeu majeur, comme l'ont r&#233;v&#233;l&#233; les analyses du chercheur &lt;a href=&#034;https://eiko-fried.com/about/&#034;&gt;Eiko Fried&lt;/a&gt;. S'int&#233;ressant aux 280 instruments de mesure des sympt&#244;mes d&#233;pressifs recens&#233;s, il a analys&#233; &lt;a href=&#034;https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S016503271631312X&#034;&gt;sept &#233;chelles&lt;/a&gt; parmi les plus utilis&#233;es dans les &#233;tudes d'efficacit&#233; des traitements antid&#233;presseurs et des psychoth&#233;rapies. Prises ensemble, celles-ci repr&#233;sentent 125 questions distinctes, qui &#233;valuent en r&#233;alit&#233; 52 sympt&#244;mes diff&#233;rents. Seuls 12 % d'entre eux se sont av&#233;r&#233;s communs aux 7 &#233;chelles, et 40 % d'entre eux n'apparaissent que dans une seule d'entre elles (la CES-D).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce manque de recoupement n'est pas le seul probl&#232;me qui complique les comparaisons.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;La question des seuils et de la dur&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Des scores dits &#171; seuil &#187; sont fr&#233;quemment utilis&#233;s par les &#233;chelles employ&#233;es pour &#233;valuer les ph&#233;nom&#232;nes psychiques : si le r&#233;sultat obtenu par le sujet d&#233;passe un seuil donn&#233;, il est consid&#233;r&#233; comme &#171; malade &#187;. Or, ce score seuil correspond en r&#233;alit&#233; &#224; diff&#233;rents niveaux de probabilit&#233;s, qui ne peuvent &#234;tre connus qu'&#224; partir des &#233;tudes qui ont abouti &#224; la validation de ces outils aupr&#232;s de populations sp&#233;cifiques : en population g&#233;n&#233;rale, ou &#233;tudiante, en m&#233;decine g&#233;n&#233;rale ou souffrant de troubles chroniques&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une des difficult&#233;s est notamment de conna&#238;tre le nombre de faux positifs et de faux n&#233;gatifs &#224; l'issue d'une prise de mesure par une &#233;chelle, en comparant ses r&#233;sultats &#224; un diagnostic obtenu selon les crit&#232;res des classifications internationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, les seuils retenus (et les probabilit&#233;s correspondantes) peuvent parfois varier. Ainsi, dans &lt;a href=&#034;https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2589340&#034;&gt;une m&#233;ta-analyse&lt;/a&gt; portant sur la d&#233;pression chez les &#233;tudiants en m&#233;decine a recens&#233; l'usage de quatre seuils diff&#233;rents pour l'&#233;chelle HAD (Hospital Anxiety and Depression scale &#8211; &#233;chelle qui permet &lt;a href=&#034;https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2014-11/outil__echelle_had.pdf&#034;&gt;d'&#233;valuer rapidement les sympt&#244;mes anxieux et d&#233;pressifs&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux exemples concrets permettent de comprendre en quoi cette h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; est probl&#233;matique. Une &#233;tude a &#233;t&#233; men&#233;e pour &#233;valuer la pertinence de l'emploi de l'&#233;chelle HAD &lt;a href=&#034;https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28654189/&#034;&gt;comme &#171; test de d&#233;pistage &#187; de la d&#233;pression chez des patients souffrant de cancers&lt;/a&gt;. Selon ces travaux, un score sup&#233;rieur ou &#233;gal &#224; 10 menait &#224; une confirmation diagnostique de la d&#233;pression dans 15 % des cas pour ceux des malades qui d&#233;passaient ce seuil. Ceux qui ne le d&#233;passaient pas ne pr&#233;sentaient effectivement pas de diagnostic de d&#233;pression dans 96 % des cas. Des travaux qu&#233;b&#233;cois visant &#224; &lt;a href=&#034;https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0165032712007082&#034;&gt;valider l'emploi de la version en langue fran&#231;aise de la HAD&lt;/a&gt; ont quant &#224; eux montr&#233; que ces probabilit&#233;s &#233;taient respectivement de 39 % et 89 % pour le score seuil sup&#233;rieur ou &#233;gal &#224; 7 mais aupr&#232;s d'une population plus h&#233;t&#233;rog&#232;ne au cours d'un premier contact avec des structures soins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;riode sur laquelle est effectu&#233;e la mesure est &#233;galement importante, notamment parce que l'un des objectifs de ces enqu&#234;tes est d'obtenir un taux de pr&#233;valence (le nombre de cas &#171; malades &#187; sur 100 sujets, &#224; un moment donn&#233; du temps). Les r&#233;sultats sont en effet diff&#233;rents selon qu'on interroge le sujet sur les deux derni&#232;res semaines, le dernier mois, les douze derniers mois ou la vie enti&#232;re. Il est donc &lt;a href=&#034;https://jean-jaures.org/nos-productions/la-sante-mentale-des-etudiants-en-medecine&#034;&gt;important de la pr&#233;ciser&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les questionnaires n'interrogeant pas la m&#234;me p&#233;riode, il est possible d'obtenir des taux de pr&#233;valences &lt;a href=&#034;https://psyarxiv.com/j7c5z/&#034;&gt;qui diff&#232;rent de fa&#231;on &#171; artificielle &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Autres facteurs de variabilit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En plus des probl&#232;mes cit&#233;s pr&#233;c&#233;demment, il faut prendre en compte d'autres facteurs de variabilit&#233; li&#233;s aux caract&#233;ristiques des populations incluses dans les &#233;tudes, tels que le nombre de sujets par &#233;tude, l'ann&#233;e d'&#233;tude, l'&#226;ge moyen, le pourcentage de femmes et d'hommes, les taux de r&#233;ponse&#8230; Ainsi, lorsqu'on se penche &#224; nouveau sur la m&#233;ta-analyse portant sur l'emploi de l'&#233;chelle HAD pour &#233;valuer la d&#233;pression chez les &#233;tudiants en m&#233;decine, on constate une grande h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; de ces caract&#233;ristiques.&lt;/p&gt;
&lt;figure&gt; &lt;iframe width=&#034;440&#034; height=&#034;260&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/trsHSQTKCGo?wmode=transparent&amp;start=0&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen=&#034;&#034;&gt;&lt;/iframe&gt; &lt;figcaption&gt;&lt;span class=&#034;caption&#034;&gt;Quel impact a la crise sanitaire sur la sant&#233; mentale des &#233;tudiants ? (Brut, octobre 2020)&lt;/span&gt;&lt;/figcaption&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, nombre d'&#233;tudes sont aujourd'hui r&#233;alis&#233;es en ligne. Or les personnes souffrant de troubles psychiatriques, ainsi que celles ayant des difficult&#233;s &#233;conomiques, risquent de ce fait de &lt;a href=&#034;https://www.thelancet.com/journals/lanpsy/article/PIIS2215-0366(20)30237-6/fulltext&#034;&gt;moins y participer&lt;/a&gt;. Enfin, il peut &#233;galement exister un biais de s&#233;lection, avec une implication plus forte de certaines personnes qui se sentent davantage concern&#233;es par le sujet de l'enqu&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour toutes ces raisons, afin de pouvoir &#233;valuer la repr&#233;sentativit&#233; d'une enqu&#234;te, il est important d'avoir acc&#232;s &#224; une description d&#233;taill&#233;e de la population sur laquelle elle a port&#233;, ainsi qu'&#224; la m&#233;thodologie employ&#233;e et au taux de r&#233;ponse.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Un cas d'&#233;cole : la pr&#233;valence de la d&#233;pression chez les &#233;tudiants confin&#233;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'extrapolation des r&#233;sultats d'enqu&#234;tes &#224; l'ensemble de la population &#233;tudiante n'est pas ais&#233;e. &#192; titre d'exemple une &#233;tude r&#233;cente retrouve une pr&#233;valence de la d&#233;pression &lt;a href=&#034;https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/article-abstract/2772154&#034;&gt;de 16 % chez des &#233;tudiants interrog&#233;s durant la p&#233;riode de confinement&lt;/a&gt;. Une autre &#233;tude r&#233;alis&#233;e par l'&lt;a href=&#034;http://www.ove-national.education.fr/wp-content/uploads/2018/11/Reperes_sante_etudiants_2018.pdf&#034;&gt;Observatoire de la Vie Etudiante (OVE) en 2016&lt;/a&gt; retrouvait une pr&#233;valence de d&#233;pression de 15 %. On pourrait croire que ces deux chiffres sont concordants, pourtant, en r&#233;alit&#233;, ils diff&#232;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier (16 %) est mesur&#233; &#224; l'aide d'une &#233;chelle (la BDI-13) et rapporte une mesure de symptomatologie &#171; dite s&#233;v&#232;re &#187; (selon un score seuil sup&#233;rieur &#224; 15) au cours des 4 derni&#232;res semaines &#233;coul&#233;es. Le second (15 %) est mesur&#233; &#224; l'aide des crit&#232;res diagnostics internationaux (CIDI-SF), qui indiquent la pr&#233;sence d'un &#233;pisode d&#233;pressif majeur (EDM) quelle que soit l'intensit&#233; de ce dernier (l&#233;ger &#224; s&#233;v&#232;re) au cours des 12 derniers mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on consid&#232;re qu'il possible de comparer ces pr&#233;valences (dans la mesure ou un score seuil sup&#233;rieur &#224; 15 &lt;a href=&#034;https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK63744/bin/app20_et1.pdf&#034;&gt;donne une probabilit&#233; de 99 % d'&#234;tre confirm&#233; avec les crit&#232;res diagnostic internationaux&lt;/a&gt;), alors il nous faut envisager l'hypoth&#232;se d'une tr&#232;s forte augmentation de &#171; la d&#233;pression &#187; durant la p&#233;riode de confinement. Cependant, outre les m&#233;thodologies de ces enqu&#234;tes, il faut &#233;galement regarder dans quelle mesure elles sont comparables du point de vue de leurs populations de r&#233;pondants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re &#233;tude a inclus pr&#232;s de 70 000 sujets tandis que la seconde ne comptait &#171; que &#187; 19 000 &#233;tudiants environ, ce qui nous am&#232;nerait &#224; consid&#233;rer davantage les r&#233;sultats de l'&#233;tude avec le plus de participants. Et pourtant&#8230; Le taux de r&#233;ponse &#224; cette &#233;tude &#233;tait bas (4,3 %), et pr&#232;s de la moiti&#233; des &#233;tudiants &#233;taient en 1&#232;re ann&#233;e, avec un &#226;ge m&#233;dian de 20 ans. La seconde &#233;tude, en revanche, est dite &#171; repr&#233;sentative &#187;, car l'&#233;chantillon des participants a pu &#234;tre &#171; pond&#233;r&#233; &#187; pour &#234;tre &#171; projet&#233; &#187; sur la population nationale &#233;tudiante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, en connaissant les caract&#233;ristiques pr&#233;cises des participants, l'OVE peut attribuer plus ou moins de &#171; poids &#187; a certains d'entre eux, afin que l'&#233;chantillon des r&#233;pondants ait les m&#234;mes caract&#233;ristiques (d'&#226;ge, de pourcentage de femmes et d'hommes, du poids des diff&#233;rentes r&#233;gions les &#233;tudiants sont inscrits&#8230;) en moyenne que les 2,7 millions d'&#233;tudiants en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au regard de l'ensemble de ces &#233;l&#233;ments, il conviendrait de davantage consid&#233;rer les r&#233;sultats de l'OVE. Nuan&#231;ons cependant : bien que se rapprochant d'autres &lt;a href=&#034;https://www.cambridge.org/core/journals/psychological-medicine/article/trends-in-selfreported-psychological-distress-among-college-and-university-students-from-2010-to-2018/E9862CD4488EF57520327DF36A794C4A&#034;&gt;&#233;tudes du m&#234;me type en Europe&lt;/a&gt;, le taux de participation de 18,9 % y demeurait &#233;galement bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;finitive, il est donc toujours difficile de r&#233;pondre &#224; la question que l'on se pose sur une aggravation de la &#171; d&#233;pression &#187; des &#233;tudiants durant la p&#233;riode de confinement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Observatoire de la Vie &#233;tudiante a &#233;galement r&#233;alis&#233; une &lt;a href=&#034;http://www.ove-national.education.fr/enquete/la-vie-detudiant-confine/&#034;&gt;enqu&#234;te sur la vie d'&#233;tudiant confin&#233;&lt;/a&gt;. La pr&#233;valence de la d&#233;tresse psychologique (qui se refl&#232;te dans des sympt&#244;mes anxio-d&#233;pressifs) &lt;a href=&#034;http://www.ove-national.education.fr/wp-content/uploads/2020/07/La-vie-de%CC%81tudiant-confine%CC%81-enque%CC%82te-2020.pdf&#034;&gt;en 2020&lt;/a&gt; (31 %) est compar&#233;e avec celle mesur&#233;e &lt;a href=&#034;http://www.ove-national.education.fr/wp-content/uploads/2018/11/Reperes_sante_etudiants_2018.pdf&#034;&gt;en 2016&lt;/a&gt; (21 %).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, en 2016, la d&#233;tresse psychologique a &#233;t&#233; mesur&#233;e sur les quatre derni&#232;res semaines &#233;coul&#233;es alors qu'en 2020, en reformulant les questions pour les adapter &#224; la p&#233;riode de confinement, l'enqu&#234;te a port&#233; sur une p&#233;riode deux fois plus longue (huit semaines). Plusieurs raisons peuvent donc expliquer la diff&#233;rence de pr&#233;valence observ&#233;e entre les deux enqu&#234;tes :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;une aggravation de la d&#233;tresse psychologique des &#233;tudiants li&#233;e au confinement ;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;une diff&#233;rence d'effet de mesure li&#233;e au doublement de la p&#233;riode temporelle &#233;tudi&#233;e ;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;une modification des repr&#233;sentations cognitives et des seuils de r&#233;ponses li&#233;e &#224; la modification de la consigne mentionnant explicitement la p&#233;riode de confinement ;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;une diff&#233;rence dans les profils des r&#233;pondants et des taux de r&#233;ponse ;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;une interaction entre les 4 explications ci-dessus.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Il n'est malheureusement pas possible de faire la part entre ces diff&#233;rentes explications en l'absence d'analyses plus pouss&#233;es, mais &#233;galement par manque d'&#233;tudes longitudinales aupr&#232;s de cohortes repr&#233;sentatives d'&#233;tudiants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule &#233;tude longitudinale &#233;tudiante d'envergure existant en France actuellement est l'enqu&#234;te &lt;a href=&#034;http://www.i-share.fr/&#034;&gt;i-share&lt;/a&gt;, qui compte plus de 20 000 &#233;tudiants, mais son mode de participation ne repose pas sur un &#233;chantillon al&#233;atoire et repr&#233;sentatif comme les enqu&#234;tes de SPF ou de l'OVE. L'OVE a cependant entam&#233; un projet de suivi longitudinal de son enqu&#234;te &lt;a href=&#034;http://www.ove-national.education.fr/lenquete-conditions-de-vie-des-etudiants/&#034;&gt;Conditions de Vie 2020&lt;/a&gt; dont sont issus les r&#233;sultats de &lt;a href=&#034;http://www.ove-national.education.fr/enquete/la-vie-detudiant-confine/&#034;&gt;l'enqu&#234;te sur la vie d'&#233;tudiant confin&#233;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;&#201;valuer l'impact de la pand&#233;mie sur les &#233;tudiants et les autres&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il est difficile d'ignorer l'impact de la pand&#233;mie et ses cons&#233;quences sur les conditions de vie des personnes comme &lt;a href=&#034;https://linkinghub.elsevier.com/retrieve/pii/S2215036620304624&#034;&gt;les potentiels liens&lt;/a&gt; du &lt;a href=&#034;https://theconversation.com/covid-19-quelles-consequences-sur-la-sante-mentale-137242&#034;&gt;virus avec la sant&#233; mentale&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;a href=&#034;https://www.santepubliquefrance.fr/etudes-et-enquetes/covid-19-une-enquete-pour-suivre-l-evolution-des-comportements-et-de-la-sante-mentale-pendant-l-epidemie&#034;&gt;l'enqu&#234;te COVIPREV&lt;/a&gt;, les taux de personnes consid&#233;r&#233;es comme souffrant de difficult&#233;s psychologiques (anxi&#233;t&#233; ou d&#233;pression) ont vari&#233; au fil du temps. Durant la p&#233;riode de confinement, les pr&#233;valences &#233;taient plus &#233;lev&#233;es, puis se sont stabilis&#233;es sur la p&#233;riode de juillet &#224; septembre 2020 pour &lt;a href=&#034;https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/maladies-et-infections-respiratoires/infection-a-coronavirus/documents/bulletin-national/covid-19-point-epidemiologique-du-12-novembre-2020&#034;&gt;s'aggraver &#224; nouveau depuis novembre&lt;/a&gt;. Une des interpr&#233;tations possibles de ces r&#233;sultats va dans le sens du &lt;a href=&#034;https://psyarxiv.com/y2gx5/&#034;&gt;mod&#232;le des troubles psychiques comme des syst&#232;mes complexes&lt;/a&gt;, en &#233;quilibres instables, &#233;voluant selon les influences multiples auxquels ils sont soumis. Cependant certaines questions cruciales demeurent :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;comment identifier les personnes pour lesquelles cet impact va amener &#224; une transition vers un trouble psychique grave et potentiellement chronique ?&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;comment, &#224; d&#233;faut de pr&#233;venir cette transition, pouvons-nous intervenir sans trop tarder pour &#233;viter une aggravation ?&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;comment mettre en place les moyens d'une action soutenue sur le long terme et non pas uniquement dans une gestion de crise ?&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Mettre en place des syst&#232;mes d'&#233;valuation de la sant&#233; mentale des &#233;tudiants pourrait aider &#224; r&#233;pondre &#224; ces questions. Cela permettrait en effet non seulement de pouvoir comparer les r&#233;sultats obtenus avec ceux d'autres populations, mais aussi de comparer les r&#233;sultats sur plusieurs p&#233;riodes temporelles. Enfin, si mieux cerner les populations &#233;tudiantes les plus vuln&#233;rables comme les strat&#233;gies d'interventions les plus utiles pour am&#233;liorer leurs situations demeurent pertinentes, des prises en charge rapides et soutenues dans le temps, bien coordonn&#233;es entre de multiples acteurs de la pr&#233;vention et des soins restent encore &#224; d&#233;velopper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&#034;https://counter.theconversation.com/content/149590/count.gif&#034; alt=&#034;The Conversation&#034; width='1' height='1' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;fine-print&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;span&gt;Yannick Morvan a re&#231;u des financements de l'universit&#233; Paris Nanterre, de l'Inserm, du GHU Paris Psychiatrie Neurosciences, de la Fondation de France, de la Fondation Pierre Deniker. Yannick Morvan est ou a &#233;t&#233; membre de diff&#233;rentes organisations professionnelles et scientifiques de ou impliquant des psychologues (AEPU, AFTCC, AFRC, APA, APS, IdPsy, IEPA, FFPP, SFP). Il est &#233;galement membre du coll&#232;ge scientifique de l'Observatoire National de la Vie Etudiante (OVE) et du comit&#233; scientifique du congr&#232;s de l'Enc&#233;phale. Yannick Morvan est sollicit&#233; comme expert par le cabinet Ernst &amp; Young.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;fine-print&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;span&gt;Ariel Frajerman a re&#231;u des financements de Agence Nationale de la Recherche (ANR), ARS Ile-de-France.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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