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	<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
	<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/</link>
	<description>Un site participatif, lieu de partage et d'&#233;change autour des initiatives en transitions et des innovations p&#233;dagogiques dans l'enseignement sup&#233;rieur francophone.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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		<title>Quels sc&#233;narios conversationnels pour une formation e-tandem visant &#224; int&#233;grer la dimension (inter)culturelle dans la pratique de l'oral en langue &#233;trang&#232;re ?</title>
		<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/article6158.html</link>
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		<dc:date>2020-01-14T09:06:22Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Monique Marneffe</dc:creator>



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&lt;p&gt;L'e-tandem, comme moyen de formation &#224; distance dans un dispositif hybride comprenant formation en pr&#233;sence et &#224; distance permet de d&#233;velopper la comp&#233;tence conversationnelle en langue &#233;trang&#232;re et la comp&#233;tence (inter)culturelle. Les sessions tandem constituent une extension des exercices oraux donn&#233;s dans le cadre d'une formation Bac + 1 en linguistique appliqu&#233;e. Des paires d'&#233;tudiants francophones (ULi&#232;ge) et n&#233;erlandophones (KU Leuven) se contactent chaque semaine en alternant les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique25.html" rel="directory"&gt;Distances et M&#233;diations des Savoirs&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'e-tandem, comme moyen de formation &#224; distance dans un dispositif hybride comprenant formation en pr&#233;sence et &#224; distance permet de d&#233;velopper la comp&#233;tence conversationnelle en langue &#233;trang&#232;re et la comp&#233;tence (inter)culturelle. Les sessions tandem constituent une extension des exercices oraux donn&#233;s dans le cadre d'une formation Bac + 1 en linguistique appliqu&#233;e. Des paires d'&#233;tudiants francophones (ULi&#232;ge) et n&#233;erlandophones (KU Leuven) se contactent chaque semaine en alternant les langues. Les recherches montrent que les conversations libres ne d&#233;veloppent pas de facto une comp&#233;tence interculturelle. Il faut donc r&#233;fl&#233;chir &#224; des types d'activit&#233;s langagi&#232;res qui conduisent au d&#233;veloppement des comp&#233;tences orales et (inter)culturelles. Deux types de sc&#233;narios de conversation sont test&#233;s successivement : une macro-t&#226;che (bas&#233;e sur la p&#233;dagogie du projet) visant &#224; d&#233;manteler les st&#233;r&#233;otypes (le projet se r&#233;alise sur plusieurs s&#233;ances de discussion) ; des conversations avec des sujets pr&#233;cis et ponctuels visant &#224; d&#233;velopper la conscientisation culturelle. L'analyse des perceptions des &#233;tudiants montre que les conversations ponctuelles sont plus efficaces pour le d&#233;veloppement des comp&#233;tences cibl&#233;es, car, contrairement &#224; la macro-t&#226;che, elles se r&#233;alisent uniquement oralement. Lorsque la t&#226;che est trop complexe, l'utilisation de l'&#233;crit semble in&#233;vitable. Les &#233;tudiants semblent n&#233;anmoins pr&#233;f&#233;rer le sc&#233;nario de la conversation libre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/dms/4260&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article&lt;/a&gt;de Monique Marneffe repris de la revue Distances et M&#233;diation des Savoirs, une publication sous licence CC by sa&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre propos concerne l'enseignement/apprentissage du fran&#231;ais langue &#233;trang&#232;re (d&#233;sormais LE) par des &#233;tudiants de la communaut&#233; n&#233;erlandophone de Belgique et du n&#233;erlandais, LE, par des &#233;tudiants de la communaut&#233; francophone de Belgique. Nous nous inscrivons dans un dispositif hybride organisant la formation distance/pr&#233;sence de mani&#232;re compl&#233;mentaire, chacun des deux volets de la formation pr&#233;sentant des objectifs et des m&#233;thodologies sp&#233;cifiques. C'est le volet de la formation &#224; distance qui sera d&#233;velopp&#233; ici. Une br&#232;ve introduction th&#233;orique ainsi qu'une description du cadre institutionnel dans lequel s'ancrent les &#233;changes conversationnels s'imposent pour cerner &#224; la fois l'outil, le contexte et notre question de recherche.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;L'e-tandem pour d&#233;velopper &#224; distance les comp&#233;tences langagi&#232;res et interculturelles&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D'un point de vue didactique, Tandem repose sur le principe de la r&#233;ciprocit&#233;, ce qui implique un emploi &#233;quitable des deux langues des locuteurs impliqu&#233;s, l'objectif poursuivi &#233;tant de perfectionner la ma&#238;trise de la culture et de la langue natales de l'autre. Du point de vue de la recherche sur l'apprentissage des langues &#233;trang&#232;res, la m&#233;thode Tandem peut s'appuyer sur la th&#233;orie interactionniste (Montada et Pekarek Doehler, 2004) qui consid&#232;re l'interaction sociale comme essentielle. Un certain nombre d'&#233;tudes aborde les processus d'apprentissage dans le contexte d'&#233;changes par courriel, clavardage et vid&#233;oconf&#233;rence (Tian et Wang, 2010).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Historiquement, l'apprentissage des langues et des cultures en tandem est une pratique collaborative organis&#233;e au d&#233;part par l'Office franco-allemand de la Jeunesse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;OFAJ&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale. Le but &#233;tait de favoriser le rapprochement entre les &#233;l&#232;ves fran&#231;ais et allemands &#224; travers une pratique d'&#233;changes linguistiques et culturels. Cette pratique s'est ensuite d&#233;velopp&#233;e en Europe, entre autres &#224; partir des travaux de Calvert (1999) et de Brammerts et Calvert (2003).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pratique du tandem dans l'enseignement secondaire s'est d&#233;ploy&#233;e en France et en Europe au d&#233;but des ann&#233;es 2000, notamment sous l'impulsion du programme Socrates (et plus sp&#233;cifiquement Lingua D) visant &#171; l'&#233;laboration d'outils et de mat&#233;riel d'enseignement et d'apprentissage des langues &#187; (Journal officiel des Communaut&#233;s europ&#233;ennes, 202, p. 17). Des guides paraissent &#233;galement sur l'utilisation du tandem en France dans le secondaire (voir notamment Reymond et Tardieu, 2001), et Baumann , Bricaud, Chollet, Dupuis, Falk et Herfurth, pour l'OFAJ (2007). Par ailleurs, le d&#233;veloppement des TIC a largement contribu&#233; &#224; dynamiser les pratiques tandem, les vid&#233;oconf&#233;rences &#233;tant une pratique largement pl&#233;biscit&#233;e par les jeunes. Aujourd'hui, Tandem est bien implant&#233;, tant dans le secondaire que dans les universit&#233;s et ce, dans diff&#233;rents pays europ&#233;ens, dont la Belgique. La m&#233;thode tandem fait &#233;galement des &#233;mules au Canada (Parks et Priego, 2017) et ailleurs dans le monde. (Zakir, Funo, et Telles, 2016).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exploitation d'un dispositif hybride implique que formation &#224; distance et formation en pr&#233;sentiel soient consid&#233;r&#233;es toutes deux comme des piliers &#224; la fois compl&#233;mentaires et indispensables pour r&#233;aliser l'objectif d'apprentissage. Il est d&#233;sormais &#233;tabli que l'interaction entre pairs, tour &#224; tour experts relatifs et novices relatifs, est un processus dynamisant le d&#233;veloppement de la comp&#233;tence conversationnelle en langue &#233;trang&#232;re. Cette dynamisation est due en partie &#224; l'application de la r&#233;troaction corrective (Manoilov et Tardieu, 2015 et Marneffe, 2016), mais aussi &#224; la mise en place d'attitudes de patience, de bienveillance et d'encouragements r&#233;ciproques. (Manoilov et Tardieu, 2015). Or, comme le souligne Arnold, &#171; Attention to the emotional aspects involved in language learning can lead to more motivated learners who achieve more &#187; (Arnold, 2018, p. 9). Il y a donc dans l'approche e-tandem l'exploitation d'un atout compl&#233;mentaire &#224; la formation en pr&#233;sence de type cours universitaire d&#232;s lors que se mettent en place, &#224; distance &#8211; par l'exploitation des TICE &#8211;, des processus interactionnels de conversations &#171; authentiques &#187;, non r&#233;alisables en groupe classe. Par ailleurs, la mise en pr&#233;sence virtuelle d'interlocuteurs de cultures diff&#233;rentes permet une appropriation de la comp&#233;tence (inter)culturelle, en privil&#233;giant les voies de la d&#233;couverte progressive de l'alt&#233;rit&#233; plut&#244;t que la transmission de savoirs fig&#233;s. Comme le pr&#233;cise Zarate (2001) cit&#233;e par Durr (2016, p. 6) :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; &#171; [&#8230;] la conscientisation de l'alt&#233;rit&#233; peut &#234;tre d&#233;velopp&#233;e en lien avec la comp&#233;tence &#224; communiquer et &#224; interagir avec autrui. Pour permettre de sortir de savoirs trop st&#233;r&#233;otyp&#233;s et d&#233;contextualis&#233;s, pour permettre une v&#233;ritable appropriation de savoirs, savoir-faire et savoir-&#234;tre, l'apprenant doit &#234;tre en situation de transmission discursive, d'observation et d'exp&#233;rience. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Si le lieu de la classe permet le d&#233;veloppement de comp&#233;tences plus &#171; acad&#233;miques &#187; (pr&#233;sentation de discours argument&#233;s, animation de d&#233;bats), la formation &#224; distance pr&#233;sente l'avantage de mettre en pratique des s&#233;quences d'ajustements interactifs entre pairs ou s&#233;quences de n&#233;gociation de sens (Nicolaev, 2010 et Cappellini et Zhang, 2013) particuli&#232;rement efficaces pour l'acquisition langagi&#232;re. De plus, la mise en contact &#224; distance de personnes appartenant &#224; des cultures diff&#233;rentes ouvre des voies nouvelles par rapport &#224; un enseignement classique de savoirs culturels. La question de recherche qui sous-tend notre travail consiste &#224; &#233;tudier si l'interculturel s'invite automatiquement dans les conversations ou si des activit&#233;s langagi&#232;res sp&#233;cifiques sont &#224; envisager, et d&#232;s lors, lesquelles privil&#233;gier.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Public cible, curriculum et outils m&#233;thodologiques&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;7Le public concern&#233; pour notre recherche exp&#233;rimentale est constitu&#233; d'&#233;tudiants &#226;g&#233;s de 18 &#224; 20 ans, qui suivent un &#171; baccalaur&#233;at acad&#233;mique &#187; en linguistique appliqu&#233;e, soit une formation &#233;quivalente en France &#224; un &#171; bac +1 &#187;. &#201;tudiants francophones (ULi&#232;ge - Universit&#233; de Li&#232;ge) d'une part et &#233;tudiants n&#233;erlandophones (KU Leuven - Universit&#233; catholique de Leuven), d'autre part, choisissent de se perfectionner dans deux langues &#233;trang&#232;res, dont le fran&#231;ais pour les n&#233;erlandophones et le n&#233;erlandais, pour les francophones. Les &#233;tudiants ont au moins un niveau B1 (CECR). Le nombre de bin&#244;mes constitu&#233;s chaque ann&#233;e tourne autour de la quarantaine ; ce nombre est revu &#224; la baisse au deuxi&#232;me trimestre, vu les abandons apr&#232;s les examens de janvier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le curriculum d'&#233;tudes pr&#233;voit dans chacune des institutions des heures d'exercices oraux, heures durant lesquelles les &#233;tudiants re&#231;oivent notamment des consignes de travail pour organiser au mieux leur formation &#224; distance en e-tandem. Ils doivent se contacter une fois par semaine &#224; raison de trente minutes minimum et de dix s&#233;ances de vid&#233;oconf&#233;rence (les trimestres comportant 13 semaines de cours) ; ils parlent le fran&#231;ais (une semaine) en alternance avec le n&#233;erlandais (la semaine suivante). Durant les heures de cours en pr&#233;sence, nous consacrons ponctuellement des moments d'explications ou de pr&#233;paration d'activit&#233;s pour les contacts en tandems. En pr&#233;sentiel, et dans les deux institutions (KU Leuven et ULi&#232;ge), les professeurs pr&#233;sentent les m&#234;mes outils de travail mis &#224; la disposition des &#233;tudiants. Il s'agit du guide m&#233;thodologique et du &#171; carnet de bord &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le guide m&#233;thodologique reprend les bases de la m&#233;thode Tandem qui pr&#244;ne des rencontres r&#233;guli&#232;res, une entraide pour progresser dans l'apprentissage de la langue et la d&#233;couverte de l'autre culture, ainsi que la pratique altern&#233;e des deux langues. Le guide propose des sc&#233;narios de conversation et donne des consignes et des pistes pour stimuler les &#233;changes et pour aider les &#233;tudiants &#224; progresser, comme les techniques constructives de feedback (voir &#224; ce propos Marneffe, 2016).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; carnet de bord &#187; (Demaizi&#232;re, 2008) ou &#171; journal d'&#233;tonnement &#187; (Develotte, 2008) poursuit quant &#224; lui un double objectif. Premi&#232;rement, il permet un contr&#244;le par l'enseignant de la r&#233;alisation des activit&#233;s tandem : les &#233;tudiants y notent des donn&#233;es factuelles comme la dur&#233;e de la conversation, le th&#232;me, les mots de vocabulaire appris, les corrections apport&#233;es par le partenaire, les d&#233;couvertes culturelles etc. Deuxi&#232;mement, Il permet &#224; l'&#233;tudiant de prendre une certaine distance (ou attitude m&#233;tacognitive) par rapport &#224; son apprentissage. Note-t-il r&#233;guli&#232;rement les m&#234;mes erreurs ? Dispose-t-il d'assez de vocabulaire pour parler de mani&#232;re fluide avec un locuteur natif ? Parvient-il &#224; comprendre 70% ou plus de la conversation ? Fait-il r&#233;p&#233;ter plusieurs fois ? Recourt-il souvent &#224; sa langue maternelle pour exprimer ce qu'il veut dire ? Comment g&#232;re-t-il un malentendu d&#251; &#224; une mauvaise compr&#233;hension d'un item li&#233; au vocabulaire ou &#224; un r&#233;f&#233;rent culturel inconnu ? Est-il capable d'adopter une attitude d'ouverture et de d&#233;passer ses craintes et/ ou ses a priori ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tandems sont constitu&#233;s de mani&#232;re al&#233;atoire par les professeurs titulaires des exercices oraux, et ce d&#232;s le d&#233;but de l'ann&#233;e acad&#233;mique. Les activit&#233;s langagi&#232;res se d&#233;roulent sur deux trimestres (octobre-d&#233;cembre et f&#233;vrier-avril) ; les sc&#233;narios conversationnels propos&#233;s varient d'un trimestre &#224; l'autre, en fonction des questions de recherche abord&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un point de vue plus g&#233;n&#233;ral, nous tentons d'accorder la m&#233;thodologie et les objectifs vis&#233;s avec le cadre fix&#233; par le Conseil de l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;De la didactique des Langues &#224; la didactique des langues et des cultures &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2010, le Conseil de l'Europe pr&#244;ne le d&#233;veloppement de curricula valorisant une &#233;ducation plurilingue et interculturelle. &#192; cet effet Beacco et al. (2010) pr&#233;sentent la typologie de Byram (1997) qui distingue le savoir et le savoir comprendre (ou le d&#233;veloppement de savoirs sur les diff&#233;rences culturelles), le savoir agir (o&#249; la capacit&#233; de d&#233;cider ensemble des strat&#233;gies &#224; suivre pour mener &#224; bien un projet interculturel) et le savoir s'engager (critical cultural awareness) ou travailler &#224; prendre conscience des valeurs inconscientes &#224; la base des pr&#233;jug&#233;s pour prendre de la distance par rapport &#224; ceux-ci. Monica Bastos rel&#232;ve de son c&#244;t&#233; que &#171; les politiques linguistiques et &#233;ducatives les plus r&#233;centes, notamment supranationales, attirent l'attention sur l'importance du d&#233;veloppement d'une Comp&#233;tence de communication interculturelle (CCI) dans l'enseignement/apprentissage de langues &#187;. (Bastos, 2015, p. 13)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2018, le CECRL propose un volume compl&#233;mentaire du cadre reprenant de nouveaux descripteurs (CECR/CV) avec pour objectif, de &#171; Construire des soci&#233;t&#233;s inclusives par l'enrichissement de l'&#233;ducation plurilingue et pluriculturelle &#187;. L'ouverture d'un apprentissage de la langue (au sens strict) &#224; la probl&#233;matique (inter)culturelle est d'autant plus pertinente que la pratique de l' e-tandem met en contact des apprenants de langues et de cultures diff&#233;rentes, ce qui constitue donc un terrain de travail id&#233;al. Penser cependant que cette ouverture se fait automatiquement d&#232;s lors que deux personnes de langue et de culture diff&#233;rentes se contactent est sans doute un leurre, comme nous allons tenter de le d&#233;montrer ci-apr&#232;s. D'o&#249; l'int&#233;r&#234;t de r&#233;fl&#233;chir &#224; des sc&#233;narios de conversations adapt&#233;s &#224; ce double objectif.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Une recherche exploratoire &#171; &#233;volutive &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Comme annonc&#233; d'entr&#233;e de jeu, l'objectif pour nous consiste &#224; int&#233;grer la dimension interculturelle dans la formation &#224; distance visant le d&#233;veloppement de la comp&#233;tence orale. Outre les carnets de bord (&#233;voqu&#233;s ci-dessus), notre corpus de recherche est &#233;galement constitu&#233; d'enqu&#234;tes men&#233;es aupr&#232;s des &#233;tudiants. Elles nous permettent d'&#233;valuer la pertinence des sc&#233;narios propos&#233;s et leurs ad&#233;quations par rapport aux objectifs poursuivis. La recherche s'inscrit donc dans une d&#233;marche appliqu&#233;e de type &#171; exploratoire &#187; &#224; caract&#232;re &#233;volutif. Si une quarantaine de tandems est bien constitu&#233;e chaque ann&#233;e, le nombre de r&#233;pondants aux enqu&#234;tes est moins &#233;lev&#233; que le nombre de tandems de d&#233;part vu les abandons d'&#233;tudes en cours de route. Nous faisons le point, ann&#233;e apr&#232;s ann&#233;e, sur l'&#233;volution des sc&#233;narios de conversations propos&#233;s pour stimuler un autoapprentissage collaboratif &#224; la fois conversationnel et interculturel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sc&#233;narios de conversation et interculturalit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour plus de clart&#233; dans l'expos&#233;, nous reprenons, ci-dessous, ann&#233;e par ann&#233;e, les diff&#233;rents constats dress&#233;s sur la base de l'analyse des carnets de bord et des enqu&#234;tes r&#233;alis&#233;es aupr&#232;s de nos &#233;tudiants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ann&#233;e acad&#233;mique 2015-2016 : quid des &#171; d&#233;couvertes (inter) culturelles &#187; ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2015-16, nous analysons particuli&#232;rement la rubrique du carnet de bord qui s'intitule &#171; d&#233;couvertes (inter)culturelles &#187;. Le corpus des &#233;tudiants n&#233;erlandophones consiste en 41 carnets de bord, comprenant 390 fiches. Seules 245 fiches (63 %) pr&#233;sentent la rubrique &#171; d&#233;couvertes culturelles &#187; compl&#233;t&#233;e. Le corpus des &#233;tudiants francophones comprend 47 carnets de bord, avec 439 fiches. Seules 219 fiches (50 %) pr&#233;sentent la rubrique culturelle compl&#233;t&#233;e. Les remarques &#171; spontan&#233;es &#187; demeurent assez superficielles : elles sont davantage li&#233;es &#224; des constats de diversit&#233;/ similitude par rapport aux villes d'&#233;tudes (Anvers et Li&#232;ge), au curriculum universitaire, aux habitudes culinaires ou encore aux manifestations folkloriques estudiantines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sujets de conversations sont &#171; libres &#187; tout au long de l'ann&#233;e : nous invitons simplement les &#233;tudiants &#224; varier les types de discours (d&#233;crire sa chambre d'&#233;tudiant et sa ville d'&#233;tude, raconter une anecdote de vacances, se positionner pour ou contre par rapport &#224; un sujet soci&#233;tal&#8230;) Les conversations libres permettent le d&#233;veloppement de l'expression orale, mais ne m&#232;nent pas de facto &#224; de r&#233;elles prises de conscience d'un &#171; fonctionnement &#187; culturel, qui serait semblable ou diff&#233;rent. Par &#171; fonctionnement culturel &#187;, nous entendons, entre autres, la prise de conscience de normes et de valeurs &#224; la base de nos comportements et de nos &#171; jugements de valeur &#187;, nos modes de fonctionnement dans la vie de tous les jours, par exemple notre rapport aux autres, au temps et &#224; l'espace, les attitudes &#233;motionnelles que nous nous permettons d'exprimer ou non, notre mani&#232;re de planifier les t&#226;ches &#224; effectuer, etc. Il s'agit en quelque sorte de codes int&#233;gr&#233;s par notre &#233;ducation qui facilitent notre appartenance culturelle, mais dont nous n'avons pas n&#233;cessairement conscience. Les filtres qui guident nos perceptions de tous ordres et qui sont pour la plupart inconscients font partie du concept &#171; fonctionnement culturel &#187; au sens o&#249; nous l'entendons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Force est de constater que le sc&#233;nario de la conversation libre ne permet pas en soi d'atteindre les objectifs du nouveau cadre (voir &#233;galement &#224; ce propos Marneffe 2017a et 2017b). Nous d&#233;cidons d&#232;s lors de proposer de nouveaux sc&#233;narios de conversation tout en maintenant la conversation libre au d&#233;but des &#233;changes, et ce pour plusieurs raisons rep&#233;r&#233;es dans les enqu&#234;tes : les &#233;tudiants appr&#233;cient de parler spontan&#233;ment, sans contrainte, d'aborder les sujets qui leur font plaisir, de d&#233;velopper sans (trop de) stress des strat&#233;gies d'auto et d'h&#233;t&#233;ro-correction pour progresser dans la ma&#238;trise de la langue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ann&#233;e acad&#233;mique 2016-17 : p&#233;dagogie du projet en proie aux st&#233;r&#233;otypes&#8230;o&#249; il est question du &#171; savoir agir &#187; et du &#171; savoir s'engager &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement aux conversations libres du premier trimestre 2016 (octobre-d&#233;cembre), nous proposons &#224; nos tandems de r&#233;aliser un &#171; projet interculturel &#187; (deuxi&#232;me trimestre f&#233;vrier-avril 2017). Le trimestre f&#233;vrier-avril 2017 se focalise sur les axes 2 et 3 de la typologie de Byram, &#224; savoir la capacit&#233; de d&#233;cider ensemble des strat&#233;gies &#224; suivre pour mener &#224; bien un projet interculturel et la prise de conscience des pr&#233;jug&#233;s. Nous nous orientons vers la p&#233;dagogie par objectifs en proposant aux &#233;tudiants de r&#233;aliser une &#171; macro-t&#226;che &#187; : la langue est ici un moyen plut&#244;t qu'une fin en soi. Concr&#232;tement, il s'agit de r&#233;aliser &#224; deux la cr&#233;ation d'un &#171; objet interculturel &#187;, &#224; savoir un script de sc&#233;nario pour un clip belge de campagne de sensibilisation aux st&#233;r&#233;otypes. Ce clip de sensibilisation a pour objectif soci&#233;tal de promouvoir un mieux vivre ensemble et une meilleure compr&#233;hension entre les deux communaut&#233;s culturelles concern&#233;es (les Flamands et les Wallons). La r&#233;alisation de la t&#226;che devrait d&#233;velopper des strat&#233;gies de n&#233;gociation et de collaboration permettant de finaliser un m&#234;me objectif. Les &#233;tudiants sont appel&#233;s &#224; produire une PAO devant le groupe classe (pour rappel, le dispositif est hybride et comporte le volet en pr&#233;sence et &#224; distance, avec, ponctuellement, des compl&#233;mentarit&#233;s se tissant entre l'un et l'autre volet).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les st&#233;r&#233;otypes sont pr&#233;alablement abord&#233;s dans le cadre des cours d'exercices oraux Nous nous basons sur les travaux de Mar&#233;chal, 2005, pour pr&#233;senter une liste de st&#233;r&#233;otypes aux &#233;tudiants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La macro-t&#226;che se d&#233;cline en diff&#233;rentes &#233;tapes. Il s'agit de &#171; d&#233;monter &#187; le st&#233;r&#233;otype en montrant son caract&#232;re restrictif et caricatural. Il convient de s'appuyer sur des donn&#233;es historiques (l'origine de l'id&#233;e pr&#233;con&#231;ue) et statistiques (consultation de donn&#233;es factuelles) et d'interroger des membres de sa propre communaut&#233; &#224; propos du st&#233;r&#233;otype. La recherche est men&#233;e dans les deux langues, &#224; partir de documents &#233;manant des deux communaut&#233;s culturelles. Le projet du clip de sensibilisation est pr&#233;sent&#233; dans la LE. Un vote est ensuite organis&#233; dans le cadre d'une simulation : les &#233;tudiants jouent le r&#244;le de fonctionnaires de la Communaut&#233; Wallonie-Bruxelles et de la Communaut&#233; flamande et donnent une cote d'appr&#233;ciation en vue de l'octroi de budget pour la r&#233;alisation de la proposition la plus convaincante. Cette macro-t&#226;che pr&#233;sente l'int&#233;r&#234;t de construire un lien dialectique entre l'activit&#233; du groupe classe (premi&#232;re discussion en pr&#233;sentiel &#224; propos des st&#233;r&#233;otypes), la pratique du tandem (activit&#233;s langagi&#232;res &#224; distance) et enfin, le partage avec les groupes classes &#224; la KU Leuven et &#224; l'ULi&#232;ge (activit&#233; de nouveau en pr&#233;sentiel).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les enqu&#234;tes d'appr&#233;ciation font suite &#224; l'exp&#233;rience. Notre hypoth&#232;se est que ce projet men&#233; &#224; deux am&#232;ne &#224; d&#233;couvrir des modes de fonctionnement &#171; professionnel &#187; diff&#233;rents et entra&#238;ne des n&#233;gociations sur les mani&#232;res de proc&#233;der. Nous n'imposons pas de fr&#233;quence de contacts : seule existe l'obligation de r&#233;sultat. En fin de parcours, la t&#226;che est per&#231;ue comme tr&#232;s (voire trop) complexe, d'o&#249; une r&#233;partition &#171; spontan&#233;e &#187; des t&#226;ches entre &#233;tudiants du tandem. De t&#226;che collaborative (ce que nous souhaitions et ce qui suppose un engagement mutuel et une coordination des efforts pour r&#233;soudre ensemble &#171; le probl&#232;me &#187;), le projet est davantage appr&#233;hend&#233; comme une t&#226;che coop&#233;rative (ce qui implique plut&#244;t un partage du travail, chacun &#233;tant individuellement responsable de sa partie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;valuation de l'exp&#233;rience se r&#233;v&#232;le donc assez d&#233;cevante, par rapport &#224; l'objectif poursuivi. Par ailleurs, l'enqu&#234;te montre que, pour &#171; plus d'efficacit&#233; &#187;, le travail s'est surtout effectu&#233; par chat (et non oralement), malgr&#233; nos consignes de travailler principalement &#224; l'oral. Les &#233;changes oraux n'ont donc pas &#233;t&#233; autant stimul&#233;s que lors des conversations libres, ce qui a entra&#238;n&#233; une certaine d&#233;ception chez les &#233;tudiants. Pour les donn&#233;es chiffr&#233;es (r&#233;ponses des &#233;tudiants traduites en pourcentages), nous renvoyons &#224; Marneffe, 2018.Le point fort de la macro-t&#226;che, point fort reconnu par l'ensemble des &#233;tudiants, toutes communaut&#233;s confondues, est cependant l'apport culturel du projet (r&#233;flexion &#224; propos des st&#233;r&#233;otypes). Le point faible est le manque de balisages et le peu de temps disponible en pr&#233;sentiel pour l'encadrement du projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ann&#233;es acad&#233;miques 2017-18, 2018-2019 : conversations ponctuelles ax&#233;es explicitement sur le comparatisme en termes d' &#171; attitudes culturelles (in)conscientes &#187;&#8230; o&#249; il est principalement question d'apprendre &#224; mieux conna&#238;tre ses propres filtres d'appropriation du r&#233;el et de d&#233;couvrir ceux de l'autre&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; notre exp&#233;rience assez peu concluante avec la macro-t&#226;che de 2016-17, nous renon&#231;ons &#224; la p&#233;dagogie du projet ; nous maintenons les conversations libres au premier trimestre et proposons de nouveaux sc&#233;narios conversationnels au deuxi&#232;me trimestre, l'objectif &#233;tant de susciter une prise de parole syst&#233;matique et d'&#233;viter le clavardage. Nous d&#233;clinons les &#233;l&#233;ments ci-apr&#232;s en deux parties : tout d'abord, les principes m&#233;thodologiques g&#233;n&#233;raux, ensuite un positionnement culturel d'un tandem collect&#233; dans un carnet de bord &#224; titre illustratif ainsi que notre premi&#232;re hypoth&#232;se d'interpr&#233;tation des r&#233;sultats (d&#233;pouillement des fiches des carnets de bord).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Des s&#233;quences de conversations ax&#233;es sur les positionnements culturels &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les s&#233;quences ou activit&#233;s langagi&#232;res ponctuelles ax&#233;es &#224; la fois sur la pratique de l'oral et sur la conscientisation culturelle s'inscrivent ici dans l'axe 3 revisit&#233; de la typologie de Byram (critical cultural awareness). Pour &#233;viter la programmation &#171; floue &#187; telle que per&#231;ue pour la macro-t&#226;che, nous d&#233;cidons que chaque activit&#233; sera r&#233;alis&#233;e dans le cadre d'une seule conversation, avec une pr&#233;paration pr&#233;alable &#224; la maison : 30 &#224; 40 minutes de conversation pr&#233;supposant une pr&#233;paration de 20 &#224; 30 minutes (r&#233;flexion culturelle, recherche de vocabulaire, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un cours magistral (similaire) est donn&#233; (&#224; la KU Leuven et &#224; l'ULi&#232;ge) sur des concepts utiles pour stimuler une r&#233;flexion interculturelle. Nous nous basons principalement sur les travaux de Nunez et al. (2017) pour proposer des activit&#233;s de conversation en tandem &#224; partir de diverses notions th&#233;oriques relatives au domaine culturel : les standards culturels visibles et les modes de pens&#233;e moins visibles et parfois peu pr&#233;sents &#224; la conscience, les particularit&#233;s des cultures &#224; haut et &#224; bas contexte , les attitudes dans le rapport &#171; gestion d'activit&#233;(s) et temps (polychronie/ monochronie) &#187;, est-on plut&#244;t quelqu'un qui fait une chose &#224; la fois ou plut&#244;t plusieurs choses &#224; la fois, est-on plut&#244;t lin&#233;aire-actif (introverti et aimant un travail rigoureusement planifi&#233;) ou multi-actif (extraverti et ouvert &#224; l'improvisation) (cat&#233;gorisations reprises dans Lewis, 2006) ; comment per&#231;oit-on l'espace (o&#249; s'arr&#234;te l'espace public, o&#249; commence l'espace priv&#233; ?), comment se positionne-t-on par rapport &#224; &#171; travailler pour vivre &#187; (culture de l' &#171; &#234;tre &#187;) ou &#171; vivre pour travailler &#187; (culture du &#171; faire &#187;) , etc. Les &#233;tudiants sont invit&#233;s &#224; discuter ensemble de ces diff&#233;rentes cat&#233;gories culturelles et &#224; se positionner par rapport &#224; elles, le but &#233;tant de les faire r&#233;fl&#233;chir &#224; leurs propres fonctionnements (individuels ou culturels) et d'apprendre &#224; conna&#238;tre ceux de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Exemple de positionnement culturel et premi&#232;re hypoth&#232;se&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exemple concerne la th&#233;matique suivante (reprise dans Nunez et al., 2017, p. 64) : suis-je plut&#244;t quelqu'un qui vit pour travailler (je serais alors une personnalit&#233; ax&#233;e sur le &#171; faire &#187; ) ou suis-je plut&#244;t quelqu'un qui travaille pour vivre (je serais alors une personnalit&#233; ax&#233;e sur l'&#171; &#234;tre &#187;) ? Qu'ai-je appris de mon partenaire par rapport &#224; son positionnement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ton positionnement&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; Je (&#233;tudiant flamand) pr&#233;f&#232;re la culture &#8216;travailler pour vivre', mais je pense que nous vivons dans une culture plut&#244;t &#8216;vivre pour travailler'. Tout le monde a un horaire fixe, et on essaie de gagner le plus d'argent possible. Je pense que le choix entre les relations avec des gens autour de soi et l'argent est un choix qui d&#233;pend de la situation personnelle.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ce que tu as appris du partenaire repr&#233;sentant l'autre culture (Similarit&#233;s&gt;&lt; Diff&#233;rences ?)&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; Elle (&#233;tudiante wallonne) pr&#233;f&#232;re aussi la culture d'&#171; &#234;tre &#187;, c'est important pour elle d'avoir une bonne relation avec les autres, mais elle pense aussi que nous vivons dans une culture de &#171; faire &#187;. Elle pense que la diff&#233;rence entre les cultures pourrait &#234;tre une diff&#233;rence entre le nord et le sud d'un pays/de l'Europe, mais elle pense que la diff&#233;rence entre la culture flamande et la culture wallonne n'est pas trop grande. Pour elle, il est important de prendre beaucoup de temps ensemble, l'argent est important aussi, mais les relations sont plus importantes. Elle pense aussi que &#231;a d&#233;pend de la situation personnelle.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;tudiants choisissent ici de parler de leur situation personnelle extrapol&#233;e ensuite &#224; la question de savoir si la cat&#233;gorisation est individuelle ou culturelle. Chaque th&#233;matique de discussion donne aux &#233;tudiants une grande libert&#233; de traitement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re remarque que l'on peut faire pour cette fiche du carnet de bord, c'est qu'il y a assez peu de diff&#233;rences significatives entre les deux communaut&#233;s culturelles. Plus de la moiti&#233; des &#233;tudiants pr&#233;f&#232;re se positionner en une culture de l'&#171; &#234;tre &#187; plut&#244;t qu'en une culture du &#171; faire &#187;. Une minorit&#233; dit se retrouver dans les deux &#224; la fois, l'&#171; &#234;tre &#187; et le &#171; faire &#187; et un tiers se reconna&#238;t plut&#244;t dans le &#171; faire &#187;. Cette similitude des perceptions n'a rien d'&#233;tonnant : nous sommes &#171; travaill&#233;s &#187; par des identit&#233;s multiples et dynamiques et nos &#233;tudiants ont beaucoup de traits en commun (tranche d'&#226;ge, orientation d'&#233;tudes, un m&#234;me pays de culture occidentale&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne l'&#233;tude des positionnements culturels des deux communaut&#233;s, le d&#233;pouillement des carnets de bord est en cours, mais nous faisons l'hypoth&#232;se que les &#233;tudiants se sont d&#233;couvert beaucoup de points communs et comme l'a soulign&#233; un &#233;tudiant dans ses fiches, les activit&#233;s interculturelles permettent avant tout de mieux se conna&#238;tre et de d&#233;couvrir une autre personne (et pas sp&#233;cialement une culture).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une question importante demeure : quels sont les sc&#233;narios de conversations pr&#233;f&#233;r&#233;s des &#233;tudiants ? Pour mieux nous inscrire dans les nouveaux axes du CECRL, nous nous sommes tourn&#233;e vers des sc&#233;narios amenant &#224; discuter de positionnements culturels. Qu'en pensent les principaux int&#233;ress&#233;s ? Sont-ils motiv&#233;s par ce type de conversations ? La question est cruciale, car dans la formation &#224; distance, la motivation intrins&#232;que est capitale pour que les activit&#233;s soient men&#233;es avec application et s&#233;rieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conversations libres ou conversations ax&#233;es sur une r&#233;flexion (inter)culturelle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre propos s'appuie sur les enqu&#234;tes collect&#233;es fin avril, d&#233;but mai pour chacune des ann&#233;es acad&#233;miques concern&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'ann&#233;e acad&#233;mique 2016-17&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les questions sont propos&#233;es sous forme d'assertions &#224; appr&#233;cier sur une &#233;chelle de Likert allant de 1 &#224; 5 : 1 tout &#224; fait d'accord, 2 assez d'accord, 3 neutre, 4 plut&#244;t pas d'accord, 5 pas du tout d'accord. Deux assertions sont propos&#233;es :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; Je trouve que l'activit&#233; &#171; campagne de lutte contre les st&#233;r&#233;otypes &#187; (macro-t&#226;che) est plus utile pour d&#233;velopper ma comp&#233;tence linguistique que les conversations libres du premier trimestre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Je trouve que la macro-t&#226;che du deuxi&#232;me trimestre est plus amusante que les conversations libres du premier trimestre.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Sans entrer dans le d&#233;tail des pourcentages (voir Marneffe, 2018), les &#233;tudiants des deux communaut&#233;s (41 KU Leuven et 38 ULi&#232;ge) s&#233;lectionnent le sc&#233;nario de la conversation libre (items 4 et 5) comme plus amusant et plus utile pour d&#233;velopper la comp&#233;tence linguistique que les conversations g&#233;n&#233;r&#233;es dans le cadre du projet. Les raisons du &#171; ratage &#187; de la p&#233;dagogie du projet ont &#233;t&#233; expos&#233;es sommairement dans le point 5.2. (Pour le d&#233;tail, nous renvoyons &#224; Marneffe, 2018)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'ann&#233;e acad&#233;mique 2017-18&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2017-18, 34 les &#233;tudiants de l'ULi&#232;ge compl&#232;tent le questionnaire contre 44 &#224; la KU Leuven. L'assertion est formul&#233;e comme suit :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;J'ai pr&#233;f&#233;r&#233; les conversations libres (trimestre 1) aux conversations interculturelles ponctuelles (trimestre 2). (1-2-3-4-5)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;f&#233;rence pour la conversation libre est l&#233;g&#232;rement plus marqu&#233;e en Flandre qu'en Wallonie. 61 % de n&#233;erlandophones contre 49 % de francophones (s&#233;lection des items 1 et 2 de l'&#233;chelle de Likert).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les commentaires libres soulignent en tout cas l'int&#233;r&#234;t de varier les activit&#233;s (conversations libres versus activit&#233;s langagi&#232;res visant la conscientisation (inter)culturelle) ; les conversations libres permettent d'exercer la fluidit&#233; verbale (&#233;vocation de choses famili&#232;res avec une ma&#238;trise relative du vocabulaire) alors que les conversations interculturelles demandent une recherche de vocabulaire, une pr&#233;paration, ce qui constitue un avantage, pour certains, un d&#233;savantage, pour d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'ann&#233;e acad&#233;mique 2018-19&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La formulation de l'assertion est cette fois identique &#224; celle de 2017-18. Le nombre de r&#233;pondants est plus petit : 33 KU Leuven et 20 ULi&#232;ge. (Il y a moins d'&#233;tudiants cette ann&#233;e &#224; la KU Leuven et les coll&#232;gues de l'ULi&#232;ge n'ont pas exig&#233; la remise du questionnaire en fin d'ann&#233;e).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tendance observ&#233;e est la m&#234;me : en additionnant les items 1 et 2, nous constatons que la conversation libre est pr&#233;f&#233;r&#233;e &#224; la conversation interculturelle : les &#233;tudiants wallons choisissent &#224; 80 % (!) plut&#244;t la conversation libre contre 63 % en Flandre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mieux comprendre ce qui motive les &#233;tudiants &#224; s&#233;lectionner un type de conversation plut&#244;t qu'un autre, nous soumettons les &#233;l&#233;ments suivants (question semi-ouverte) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous s&#233;lectionnez 1 ou 2 (choix de la conversation libre), dites pourquoi ; s&#233;lection item(s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; plus spontan&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; - moins de travail&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; - autre : &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous s&#233;lectionnez 4 ou 5 (pr&#233;f&#233;rence en creux pour la conversation interculturelle), dites pourquoi ; s&#233;lection item(s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; plus int&#233;ressant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; apprentissage de vocabulaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; sensibilisation culturelle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; autre : &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les motivations de choix de la conversation libre, la spontan&#233;it&#233; est l'item le plus souvent s&#233;lectionn&#233;. Vient ensuite le fait que cela demande moins de travail. Les explications propos&#233;es en &#171; autre &#187; ne sont pas sans int&#233;r&#234;t :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la t&#226;che &#233;tant moins complexe, on avait le temps de mettre l'accent sur la correction linguistique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; (&#8230;) nous ne pouvions pas les pr&#233;parer .C'&#233;tait un meilleur exercice pour notre fran&#231;ais. Nous avions aussi plus &#224; nous dire et nos sujets &#233;taient aussi plus int&#233;ressants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; on peut poser des questions plus personnelles &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les conversations &#233;taient plus amusantes et plus longues&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains nuancent leur choix :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; C'&#233;tait plus naturel et on parlait de plus de choses aussi. Mais les conversations interculturelles restaient n&#233;anmoins int&#233;ressantes et enrichissantes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Parfois les th&#232;mes des conversations interculturelles &#233;taient trop difficiles. Pourtant, j'ai appris beaucoup et les discussions interculturelles avaient une certaine profondeur.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas d'une non-pr&#233;f&#233;rence pour la conversation libre (que l'on peut logiquement interpr&#233;ter comme une pr&#233;f&#233;rence pour la conversation interculturelle), nous constatons que le groupe est moins important, comme dit ci-dessus, mais nous &#233;pinglons qu'aucun &#171; 5 &#187; n'a &#233;t&#233; s&#233;lectionn&#233;. Lorsque le 4 est s&#233;lectionn&#233;, les 3 items propos&#233;s pour la justification sont r&#233;guli&#232;rement coch&#233;s : int&#233;ressant, apprentissage de vocabulaire et sensibilisation interculturelle. La rubrique &#171; autre &#187;mentionne ici un autre argument : &#171; Nous n'avions pas grand-chose &#224; nous dire, donc c'&#233;tait int&#233;ressant qu'il y ait des sujets propos&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mieux cerner les souhaits des &#233;tudiants, nous soumettons la question suivante suivie de quatre assertions au choix : Si vous deviez modifier pour l'ann&#233;e prochaine la programmation des t&#226;ches, vous choisiriez quelle programmation ? (Merci de s&#233;lectionner (surmarquage ou soulignement) une seule lettre : A, B, C ou D)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; A. La m&#234;me chose que cette ann&#233;e (un &#233;quilibre entre conversations libres et conversations interculturelles guid&#233;es)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; B. Plus de conversations libres et moins de conversations interculturelles guid&#233;es&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; C. Moins de conversations libres et plus de conversations interculturelles guid&#233;es avec des d&#233;fis linguistiques (Chiffres, vocabulaire)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; D. Un parcours &#224; la carte o&#249; on n'impose pas les types de conversation, mais o&#249; les &#233;tudiants sont libres de choisir leurs activit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous pouvez justifier votre choix si vous le souhaitez :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous proposons le tableau des pourcentages pour plus de clart&#233; dans l'expos&#233; du dernier point : discussion et conclusion.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4456 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L475xH281/tab1-e0c06.jpg?1578992866' width='475' height='281' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Plus de la moiti&#233; des n&#233;erlandophones se prononce pour un partage &#233;quilibr&#233; entre les deux types de conversation (A.) (56 %), les francophones souhaitent davantage de libert&#233; de choix (D.) 55 %. Une francophone propose &#233;galement un travail en alternance : une conversation libre alternant avec une conversation interculturelle. Il est &#233;galement frappant de constater qu'une seule &#233;tudiante de la KU Leuven choisit C (Plus de conversations interculturelles) et une seule &#233;galement &#224; l'ULi&#232;ge et que ces deux &#233;tudiantes ne font pas partie du m&#234;me tandem.&lt;br class='autobr' /&gt;
Discussion et conclusion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;El-Hariri (2016) rel&#232;ve que l'apprentissage des langues en e Tandem pr&#233;sente un grand potentiel pour l'apprentissage non formel des langues et que les recherches concernant la conception des t&#226;ches sont encore assez rares. Selon sa recherche qualitative sur la pr&#233;f&#233;rence des t&#226;ches (une vingtaine de tandems d'apprenants d'espagnol de Vienne (Autriche) et d'apprenants d'allemand d'Espagne (Alicante), les attentes seraient surtout focalis&#233;es sur des t&#226;ches qui rel&#232;vent de situations de conversation naturelle avec des sujets &#233;troitement li&#233;s &#224; la vie quotidienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;sultats ne sont bien entendu pas extrapolables &#224; l'ensemble des apprenants en tandem : il s'agit d'une &#233;tude de cas tr&#232;s limit&#233;e, il faut prendre en consid&#233;ration diff&#233;rents param&#232;tres comme l'&#226;ge des apprenants, les motivations d'&#233;tudes, le curriculum, etc. Force est cependant de constater qu'en ce qui concerne notre public, la conversation libre est plut&#244;t bien appr&#233;ci&#233;e, toutes communaut&#233;s confondues, et ce durant trois ann&#233;es acad&#233;miques de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la base des diff&#233;rents pourcentages, nous formulerons trois remarques. La premi&#232;re remarque est de type psycholinguistique. Lorsque nous avons abord&#233; la probl&#233;matique de la motivation dans la pratique de l'e-tandem (Marneffe, 2018), nous avons constat&#233; que le sc&#233;nario de la conversation libre motivait davantage les &#233;tudiants que la p&#233;dagogie du projet parce qu'ils avaient davantage l'impression de progresser dans leur pratique langagi&#232;re (vocabulaire et r&#233;troaction). En fait, l'accent pouvait &#234;tre mis sur la forme alors que dans la p&#233;dagogie du projet, la &#171; rentabilit&#233; &#187; en termes de progr&#232;s langagiers semblait moins &#233;vidente. Dans les conversations interculturelles, certains &#233;tudiants rel&#232;vent &#233;galement que la complexit&#233; du propos concentre l'attention sur le fond au d&#233;triment de la forme. Et si centration sur la forme il y a, dans les conversations interculturelles, c'est plut&#244;t au niveau de l'utilisation d'un vocabulaire inconnu avant la pr&#233;paration de la rencontre. Comme motivation et perception d'efficacit&#233; sont intimement li&#233;es et que nos &#233;tudiants en langue souhaitent avant tout se voir progresser dans la ma&#238;trise de la langue, on comprend mieux le choix de la conversation libre : elle se d&#233;veloppe plus naturellement, s'apparente davantage &#224; des &#233;changes &#171; normaux &#187; , il est plus facile de revenir sur des erreurs de langue, parce qu'en fait, on parle pour parler jusqu'au moment o&#249; il faut dissiper un malentendu ou d&#233;passer un blocage par manque de vocabulaire . Si ce raisonnement est suivi, il conviendrait de r&#233;fl&#233;chir &#224; des t&#226;ches interculturelles qui ne demandent pas un investissement trop lourd en apprentissage de vocabulaire nouveau afin de donner &#224; la discussion une allure assez &#171; naturelle &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, la question de l'ad&#233;quation au public cible est capitale. Nous revenons un instant sur le profil de la seule &#233;tudiante flamande &#224; avoir demand&#233; plus de conversations interculturelles (nous mettons de c&#244;t&#233; l'&#233;tudiante wallonne dont la motivation &#233;tait d'&#233;viter les blancs dans les conversations libres). L'&#233;tudiante flamande est une adulte (la seule sur l'ensemble des r&#233;pondants) engag&#233;e dans la vie professionnelle (enseignante en sciences) qui a choisi l'option langue des signes et le fran&#231;ais. Il s'agit donc d'une personne plus m&#251;re et ouverte &#224; l'exp&#233;rience de l'alt&#233;rit&#233; : sa motivation est de pouvoir enseigner &#224; des malentendants. Aborder les sc&#233;narios de conversation interculturelle avec plaisir et motivation impliquerait-il une certaine maturit&#233; favorisant une envie de d&#233;couverte de soi et de l'autre ? Il conviendrait d&#232;s lors de r&#233;fl&#233;chir &#224; des t&#226;ches qui seraient parlantes et int&#233;ressantes pour des jeunes de 18 ans (notre public cible). D'ailleurs, nous rappelons que 56 % des &#233;tudiants n&#233;erlandophones estiment que la r&#233;partition moiti&#233;-moiti&#233; (conversations libres versus conversations culturelles) est &#224; maintenir pour 2019-20. Il n'y a donc pas rejet des conversations interculturelles au profit des conversations libres. Loin de l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;mement remarque est de type programmatique. Comment d&#233;velopper la &#171; comp&#233;tence &#224; g&#233;rer la communication linguistique et culturelle en contexte d'alt&#233;rit&#233; &#187; (voir les descripteurs du CARAP) sans mettre en place des activit&#233;s langagi&#232;res sp&#233;cifiques qui favoriseraient ce d&#233;veloppement ? La traduction concr&#232;te de cette aspiration de la didactique des langues et des cultures passe n&#233;cessairement par une r&#233;flexion pour cr&#233;er des t&#226;ches qui ne mettent pas uniquement l'accent sur le progr&#232;s linguistique, mais qui stimulent &#233;galement le questionnement (inter)culturel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me remarque est de type pragmatique. Selon Guichon 2017, les t&#226;ches qui portent sur des contenus socio-culturels seraient favorables &#224; l'engagement interactionnel parce qu'elles pr&#233;sentent un enjeu r&#233;aliste pour l'apprenant d&#233;sireux de partager sa culture tout en s'informant sur celle de l'autre. La pratique de l'e-tandem inscrite dans un apprentissage des langues et cultures &#224; distance est un outil id&#233;al pour favoriser un rapprochement culturel ; elle permet des discussions on line, avec n&#233;gociations de sens, entra&#238;nement &#224; la correction de malentendus, l'approche de rituels d'interaction, partage et d&#233;couvertes de pratiques culturelles nouvelles, bref, elle dispose d' un ensemble d'atouts moins directement disponibles dans le cadre d'un cours classique de langue en mode pr&#233;sentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, la pratique e-tandem ax&#233;e sur des micro-activit&#233;s langagi&#232;res d&#233;bouchant sur une conscientisation culturelle nous semble une voie &#224; explorer dans le cadre d'un dispositif hybride. Veiller &#224; proposer des t&#226;ches assez simples, au d&#233;part, est important, pour que les &#233;tudiants puissent participer assez &#171; naturellement &#187; aux &#233;changes, sans avoir n&#233;cessairement besoin d'un vocabulaire sp&#233;cifique et inconnu. Le maintien en alternance, d'une semaine &#224; l l'autre, et non d'un trimestre &#224; l'autre, de conversations libres, semble &#234;tre &#233;galement une voie prometteuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Parks, S. et Priego, S. (2017). L'approche en tandem de l'apprentissage des langues : envisager autrement l'enseignement et l'apprentissage de l'ASL-FLS au Canada. R&#233;flexions, 36(3), 31-33. R&#233;cup&#233;r&#233; de : &lt;a href=&#034;https://tandem.ulaval.ca/articles/Tandem_Reflexions_CASLT_ACPLS.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://tandem.ulaval.ca/articles/Tandem_Reflexions_CASLT_ACPLS.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Union europ&#233;enne (2002). Programme Socrates. Journal officiel des Communaut&#233;s europ&#233;ennes, 103, 16-20. R&#233;cup&#233;r&#233; du site EUR-Lex : &lt;a href=&#034;https://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:C:2002:103:0016:0020:FR:PDF&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:C:2002:103:0016:0020:FR:PDF&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tian, J. et Wang, J. (2010). Taking language learning outside the classroom : Learners' perspectives of e Tandem learning via Skype. Innovation in Language Learning and Teaching, 4(3), 181&#8211;197.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zakir, M. A., Funo, L. B. A. et Telles, J. A. (2016). Focusing on culture-related episodes in a teletandem interaction between a Brazilian and an American student. Innovation in Language Learning and Teaching, 10(1), 21&#8211;33.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zarate, G. (2001). Les comp&#233;tences interculturelles : d&#233;finition, place dans les curriculums. Dans J. Richard (dir.), Actes du s&#233;minaire : L'enseignement des langues vivantes, perspectives. Versailles : CRDP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;f&#233;rence &#233;lectronique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monique Marneffe, &#171; Quels sc&#233;narios conversationnels pour une formation e-tandem visant &#224; int&#233;grer la dimension (inter)culturelle dans la pratique de l'oral en langue &#233;trang&#232;re ? &#187;, Distances et m&#233;diations des savoirs [En ligne], 28 | 2019, mis en ligne le 16 d&#233;cembre 2019, consult&#233; le 14 janvier 2020. URL : &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/dms/4260&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://journals.openedition.org/dms/4260&lt;/a&gt; ; DOI : 10.4000/dms.4260&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Auteur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monique Marneffe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Universit&#233; KU Leuven&lt;br class='autobr' /&gt;
monique.marneffe@kuleuven.be&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;OFAJ &lt;a href=&#034;https://www.ofaj.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ofaj.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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