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	<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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	<description>Un site participatif, lieu de partage et d'&#233;change autour des initiatives en transitions et des innovations p&#233;dagogiques dans l'enseignement sup&#233;rieur francophone.</description>
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		<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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		<title>A l'&#233;preuve d'enseigner &#224; l'Universit&#233;. Enqu&#234;te en France, par Saeed Paivandi et Nathalie Youn&#232;s</title>
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		<dc:date>2020-11-28T09:07:56Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Charlotte Pourcelot</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;R&#233;dig&#233; par Saeed Paivandi et Nathalie Youn&#232;s, cet ouvrage propose une approche scientifique du m&#233;tier d'enseignant-chercheur. Unique par ses sources pluridisciplinaires, percutant par la mobilisation d'une d&#233;marche ethnographique, ph&#233;nom&#233;nologique et compr&#233;hensive, riche par les solutions rigoureuses qu'il propose, ce manuscrit est une r&#233;f&#233;rence en p&#233;dagogie universitaire. L'enqu&#234;te men&#233;e par les deux chercheurs s'est d&#233;roul&#233;e entre 2013 et 2017 au sein de deux universit&#233;s fran&#231;aises, l'Universit&#233; de Lorraine et l'Universit&#233; de Clermont-Auvergne, dont sont issus les auteurs, dans le but de d&#233;couvrir la r&#233;alit&#233; plurielle de l'homo academicus. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;fi est r&#233;ussi.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique33.html" rel="directory"&gt;RIPES&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;dig&#233; par Saeed Paivandi et Nathalie Youn&#232;s, cet ouvrage propose une approche scientifique du m&#233;tier d'enseignant-chercheur. Unique par ses sources pluridisciplinaires, percutant par la mobilisation d'une d&#233;marche ethnographique, ph&#233;nom&#233;nologique et compr&#233;hensive, riche par les solutions rigoureuses qu'il propose, ce manuscrit est une r&#233;f&#233;rence en p&#233;dagogie universitaire. L'enqu&#234;te men&#233;e par les deux chercheurs s'est d&#233;roul&#233;e entre 2013 et 2017 au sein de deux universit&#233;s fran&#231;aises, l'Universit&#233; de Lorraine et l'Universit&#233; de Clermont-Auvergne, dont sont issus les auteurs, dans le but de d&#233;couvrir la r&#233;alit&#233; plurielle de l'homo academicus. Le d&#233;fi est r&#233;ussi. Les r&#233;sultats issus de l'observation de dispositifs et d'une enqu&#234;te qualitative men&#233;e aupr&#232;s de 49 enseignants-chercheurs originaires de 6 disciplines diff&#233;rentes viennent alimenter les r&#233;flexions sur les diff&#233;rentes caract&#233;ristiques du m&#233;tier d'universitaire et mettre en lumi&#232;re les difficult&#233;s qu'ils rencontrent et les changements possibles afin qu'ils puissent trouver un &#233;quilibre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/ripes/2806&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article&lt;/a&gt; de Charlotte Pourcelot repris de la Revue RIPES, une publication sous licence CC by sa nc&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/ripes/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;RIPES&lt;/a&gt; est la revue officielle de l'Association internationale de p&#233;dagogie universitaire. D'orientation pluridisciplinaire, elle a pour vocation d'&#233;tudier les probl&#233;matiques touchant &#224; l'enseignement sup&#233;rieur (ou postsecondaire) et &#224; ses pratiques p&#233;dagogiques. Elle vise &#224; susciter et alimenter des d&#233;bats concernant des enjeux reli&#233;s &#224; l'&#233;ducation sup&#233;rieure ainsi qu'&#224; faire conna&#238;tre des travaux de recherche, des cadres de r&#233;f&#233;rence et des pratiques susceptibles d'am&#233;liorer la compr&#233;hension et la qualit&#233; des dispositifs, des programmes et des strat&#233;gies de formation dans l'enseignement sup&#233;rieur.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Charlotte Pourcelot, &#171; A l'&#233;preuve d'enseigner &#224; l'Universit&#233;. Enqu&#234;te en France, par Saeed Paivandi et Nathalie Youn&#232;s &#187;, Revue internationale de p&#233;dagogie de l'enseignement sup&#233;rieur [En ligne], 36(2) | 2020, mis en ligne le 23 novembre 2020, consult&#233; le 28 novembre 2020. URL : &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/ripes/2806&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://journals.openedition.org/ripes/2806&lt;/a&gt; ; DOI : &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.4000/ripes.2806&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.4000/ripes.2806&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un m&#233;tier dynamique et original en constante &#233;volution&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;volution de l'universit&#233; et du m&#233;tier d'universitaire est d'abord retrac&#233;e. Les auteurs mentionnent ses origines m&#233;di&#233;vales qui en font l'un des m&#233;tiers les plus anciens au monde ainsi que le mod&#232;le humboldtien qui a contribu&#233; &#224; articuler l'enseignement et la recherche. L'histoire de la structuration de l'universit&#233; fran&#231;aise est elle aussi d&#233;crite, ce qui permet de mieux appr&#233;hender la fragmentation entre les &#233;coles, les organismes de recherche et les universit&#233;s. Le manque d'homog&#233;n&#233;it&#233; de cette organisation est pr&#233;sent&#233; comme une faiblesse, notamment par le peu de visibilit&#233; donn&#233; aux &#233;tablissements &#233;trangers. Puis, progressivement le m&#233;tier d'enseignant-chercheur est d&#233;voil&#233;. Selon qu'il s'exerce dans une grande &#233;cole ou &#224; l'universit&#233;, ses missions sont v&#233;cues diff&#233;remment. La mondialisation de l'enseignement sup&#233;rieur impacte elle aussi le m&#233;tier. Les enseignants-chercheurs du 21e si&#232;cle sont de plus en plus contraints de rechercher des financements pour exercer leurs activit&#233;s de recherche alors que d'un point de vue p&#233;dagogique, le m&#233;tier requiert depuis plusieurs ann&#233;es de nouvelles comp&#233;tences techno-p&#233;dagogiques avec l'arriv&#233;e des jeux s&#233;rieux, des MOOCS et ou encore des robots de simulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un m&#233;tier &#224; la triple facette&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'articulation de l'enseignement, de la recherche et des t&#226;ches administratives d&#233;finissent le m&#233;tier d'enseignant-chercheur. Si l'enseignement est la mission la plus ancienne de l'universit&#233;, le travail des universitaires a fortement &#233;t&#233; impact&#233; par l'&#233;volution du public &#233;tudiant, toujours plus nombreux et h&#233;t&#233;rog&#232;ne, et par la professionnalisation des formations. Malgr&#233; la charge de travail toujours croissante, la plupart des enseignants s'astreignent &#224; &#233;tablir des liens entre leur enseignement et la recherche qui, bien que chronophage, s'av&#232;re &#234;tre la principale source de valorisation professionnelle institutionnelle. D'apr&#232;s les auteurs, le mod&#232;le humboldtien pose donc probl&#232;me aux enseignants-chercheurs actuels qui parviennent difficilement &#224; concilier enseignement et recherche dont les pratiques qui d&#233;coulent de cette articulation d&#233;pendent de strat&#233;gies personnelles et du moment de la carri&#232;re. Par contre, pour les enseignants les plus investis en p&#233;dagogie, les &#233;tudiants sont sources de reconnaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une mission d'enseignement et trois types d'approches de l'enseignement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le savoir et sa transmission pr&#233;occupent grandement les enseignants-chercheurs qui, pour la plupart, ne sont pas form&#233;s &#224; la p&#233;dagogie. Les auteurs du livre distinguent ainsi trois approches de l'enseignement. Premi&#232;rement, l'approche transmissive se d&#233;finit comme la transmission du savoir de fa&#231;on magistrale. Le caract&#232;re directif et peu interactif des enseignements est bien pr&#233;sent. A l'universit&#233;, il semble que le cours magistral soit sacralis&#233;. Il semblerait que les enseignants-chercheurs soient en panne d'id&#233;es et d'outils pour changer ou am&#233;liorer leurs pratiques p&#233;dagogiques. Deuxi&#232;mement, l'approche transmissive am&#233;lior&#233;e privil&#233;gie, quant &#224; elle, plus de participation et d'interaction. Troisi&#232;mement, l'approche centr&#233;e sur l'apprentissage &#233;tudiant porte sur la mani&#232;re de comprendre et d'apprendre. La motivation, les ressources et l'accompagnement p&#233;dagogique la caract&#233;rise. Ici, les enseignants-chercheurs d&#233;veloppent une r&#233;flexion critique et ose de nouvelles exp&#233;riences p&#233;dagogiques. Enfin, plusieurs d&#233;marches existent pour faire &#233;voluer les approches de l'enseignement telles que la communaut&#233; d'apprentissage professionnelle qui se centre sur l'apprentissage &#233;tudiant et l'am&#233;lioration de leur performance. En outre, les projets institutionnels sont aussi la source de changement des pratiques d'enseignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Se former pour se d&#233;velopper professionnellement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'importance d'apprendre &#224; enseigner a &#233;t&#233; reconnue gr&#226;ce au d&#233;cret du 9 mai 2017 qui instaure une formation p&#233;dagogique obligatoire et une d&#233;charge d'enseignement. D'apr&#232;s les auteurs, sans avoir &#233;t&#233; form&#233;s, les enseignants reproduisent ce qu'ils ont connu et les r&#233;f&#233;rences sur lesquelles ils s'appuient majoritairement pour exercer sont les exp&#233;riences p&#233;dagogiques individuelles et l'apprentissage exp&#233;rientiel, les exp&#233;riences collectives (&#233;changes, travail en &#233;quipe, observations), les exp&#233;riences en tant qu'apprenant, tandis que les moins cit&#233;es sont la formation (initiale et continue), les exp&#233;riences ant&#233;rieures (enseignants-formateurs), les activit&#233;s formatrices individuelles, l'autodidaxie et les colloques. Une large part des enseignants-chercheurs ont donc appris leur m&#233;tier sur le terrain en imitant et en exp&#233;rimentant et de fait, les connaissances qu'ils ont d&#233;velopp&#233;es sont rarement conscientis&#233;es et formalis&#233;es. Ainsi, bien que le m&#233;tier d'enseignant s'apprenne tout au long de la carri&#232;re, les chercheurs ont observ&#233; que les pratiques s'inspiraient peu des th&#233;ories d'enseignement et d'apprentissage. Alors que le d&#233;veloppement professionnel implique la r&#233;flexion sur l'action, l'enqu&#234;te de Saeed Paivandi et Nathalie Youn&#232;s r&#233;v&#232;le que les enseignants et les contextes p&#233;dagogiques sont souvent peu outill&#233;s pour vivre un d&#233;veloppement professionnel r&#233;fl&#233;chi et collectivement assum&#233; et travaill&#233;. N&#233;namoins, ces pratiques &#233;voluent, en France par exemple, la formation formelle, l'autoformation et la formation en situation de travail se d&#233;veloppent progressivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'importance du collectif p&#233;dagogique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'enseignement sup&#233;rieur, la libert&#233; acad&#233;mique pr&#233;vaut. Les enseignants-chercheurs ont peu l'habitude de travailler en &#233;quipe lorsqu'il s'agit d'enseigner. Or, les exigences du minist&#232;re, des universit&#233;s et des publics ont chang&#233;, et il est de plus en plus attendu que les enseignants collaborent avec leurs coll&#232;gues, leurs &#233;tudiants et des partenaires professionnels ext&#233;rieurs. L'approche de l'enseignement est individualiste et le travail interdisciplinaire est rendu difficile par diff&#233;rents clivages et notamment, par la sp&#233;cialisation de la recherche et la semestrialisation des formations. Les rencontres coop&#233;ratives entre les enseignants sont difficiles &#224; mettre en place, notamment car les espaces communs sont souvent d&#233;sert&#233;s. De plus, la charge de travail croissante des enseignants que nous &#233;voquions pr&#233;c&#233;demment est &#233;galement responsable de cet isolement p&#233;dagogique et du manque de concertation. Du point de vue des ressources humaines, l'augmentation du nombre de personnels contractuels temporaires - recrut&#233;s pour pallier la multiplication des effectifs &#233;tudiants notamment - a nuit &#224; la coh&#233;sion des &#233;quipes, tout comme la multiplication des dipl&#244;mes qui incite par essence &#224; la dispersion des enseignants dans diff&#233;rentes formations. Une perte du sens de la communaut&#233; est constat&#233;e et la rivalit&#233; entre les universitaires est &#233;galement cit&#233;e pour traduire l'absence d'esprit d'&#233;quipe. Ainsi, l'enqu&#234;te r&#233;alis&#233;e par Saeed Paivandi et Nathalie Youn&#232;s pointe une absence de r&#233;flexion collective autour de la p&#233;dagogie. Contrairement aux temps collectifs qui semblent plus nombreux en &#233;cole d'ing&#233;nieurs, une solitude p&#233;dagogique pr&#233;domine &#224; l'universit&#233;. Cette absence de dynamique collective freine l'am&#233;lioration de la qualit&#233; de l'enseignement et la qualit&#233; de vie des enseignants. La solution pourrait se trouver aupr&#232;s des responsables de formation qui d&#233;tiennent les r&#233;sultats aux &#233;valuations des enseignements par les &#233;tudiants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Enseigner et faire apprendre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons-le, l'acte d'enseigner est le fait d'apprendre comment les &#233;tudiants apprennent. L'approche de l'enseignement de l'enseignant est li&#233;e &#224; sa fa&#231;on de percevoir les &#233;tudiants. Pour pouvoir faire apprendre, une bonne connaissance du monde &#233;tudiant est donc essentielle, car celle-ci contribue &#224; la conception et &#224; l'ajustement d'une d&#233;marche p&#233;dagogique. L'enqu&#234;te men&#233;e par Saeed Paivandi et Nathalie Youn&#232;s s'est justement int&#233;ress&#233;e aux repr&#233;sentations des enseignants sur les &#233;tudiants. D'apr&#232;s les t&#233;moignages recueillis, les enseignants-chercheurs d&#233;plorent le niveau de connaissances des &#233;tudiants et expriment un doute quant &#224; la pertinence de leur pr&#233;sence &#224; l'universit&#233;. La difficile transition entre l'enseignement secondaire et l'enseignement sup&#233;rieur est &#233;galement &#233;voqu&#233;e, l'acculturation et l'adaptation qu'elle n&#233;cessite semblant toujours &#234;tre aussi ardues. Un d&#233;calage relatif au rapport au savoir est aussi point&#233;. Les &#233;tudiants manqueraient de curiosit&#233;, de motivation, et d'implication contrairement aux universitaires pour lesquels le savoir est une passion. L'accompagnement p&#233;dagogique est regrett&#233; des enqu&#234;t&#233;s, c'est pourquoi la plupart disent &#234;tre dans l'incapacit&#233; d'aider les &#233;tudiants en difficult&#233; dont le manque d'int&#233;r&#234;t intellectuel et l'attitude utilitariste et consum&#233;riste conduisent parfois &#224; l'&#233;chec. Les auteurs rappellent avec justesse que ces simplifications peuvent faire obstacle au d&#233;veloppement d'une r&#233;flexion p&#233;dagogique critique, les emp&#234;chant de r&#233;pondre aux besoins des &#233;tudiants. Selon eux, les enseignants-chercheurs se nourrissent parfois de connaissances artisanales non formalis&#233;es et non explicit&#233;es qui devraient &#234;tre confront&#233;es aux connaissances provenant de la recherche universitaire. Ils encouragent ainsi la lecture et l'appropriation des th&#233;ories et des recherches sur les &#233;tudiants, l'apprentissage et les pratiques d'&#233;tudes &#224; l'universit&#233;, car adjointes &#224; l'exp&#233;rience et aux repr&#233;sentations, ces sources se nourrissent mutuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;valuation de l'enseignement par les &#233;tudiants, une cl&#233; pour l'am&#233;lioration de la qualit&#233; de l'enseignement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;valuation de l'enseignement par les &#233;tudiants a &#233;t&#233; mise en place &#224; des fins de gestion de la carri&#232;re et d'am&#233;lioration de la qualit&#233; de l'enseignement. Au travers de leur enqu&#234;te, Saeed Paivandi et Nathalie Youn&#232;s ont rep&#233;r&#233; trois attitudes vis-&#224;-vis de l'&#233;valuation de l'enseignement par les &#233;tudiants : la vision n&#233;gative, la position normative et la position affirmative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les aspects normatifs du questionnaire et l'interpr&#233;tation qui peut en &#234;tre faite sont critiqu&#233;s, d'autant que le m&#233;tier d'universitaire a des sp&#233;cificit&#233;s que les &#233;tudiants ne peuvent &#233;valuer. L'&#233;valuation de l'enseignement par les &#233;tudiants est aussi per&#231;ue comme une proc&#233;dure bureaucratique qui alimente la vision &#233;conomique de l'universit&#233;, dans ce cas une d&#233;marche non institutionnalis&#233;e serait alors appr&#233;ci&#233;e. Mais face aux multiples demandes des &#233;tudiants, les auteurs ont identifi&#233; quatre types de r&#233;action : le refus d'ajustement, l'impossibilit&#233; de changer, le changement marginal et la r&#233;flexion critique sur l'enseignement. Les enqu&#234;t&#233;s ont ainsi exprim&#233; des difficult&#233;s &#224; faire face aux opinions contradictoires. Il semblerait que les enseignants qui utilisent une approche transmissive seraient moins ouverts aux r&#233;sultats de l'&#233;valuation de l'enseignement par les &#233;tudiants. A contrario, plus l'enseignant tient compte de l'apprentissage &#233;tudiant, plus il est &#224; l'&#233;coute des opinions des &#233;tudiants et &#224; m&#234;me d'am&#233;liorer sa p&#233;dagogie. Le feed-back &#233;tudiant devient alors une source essentielle de d&#233;veloppement professionnel. Pour porter fruit et r&#233;duire l'asym&#233;trie p&#233;dagogique, l'&#233;valuation de l'enseignement par les &#233;tudiants devrait &#234;tre adjointe &#224; une formation, &#224; un accompagnement, &#224; une analyse critique des pratiques d'enseignement ou &#224; une r&#233;flexion p&#233;dagogique individuelle ou collective. Ce dispositif deviendrait ainsi un outil formatif de d&#233;veloppement professionnel. Du c&#244;t&#233; des &#233;tudiants, il semblerait que ce dispositif soit vecteur d'implication et d'engagement. Enfin, s'il est &#224; regretter qu'un seul outil soit mobilis&#233; pour &#233;valuer un objet multidimensionnel, les auteurs sugg&#232;rent d'int&#233;grer l'opinion des enseignants vis-&#224;-vis des &#233;tudiants, les difficult&#233;s rencontr&#233;es, et l'avis des alumni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Enseignant-chercheur, des m&#233;tiers&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;tier d'enseignant-chercheur est constitu&#233; de multiples dimensions, surtout en France o&#249; la carri&#232;re est ponctu&#233;e de sp&#233;cificit&#233;s institutionnelles. Les auteurs rappellent que les postes de professeurs des universit&#233;s et de ma&#238;tres de conf&#233;rences diminuent d'ann&#233;e en ann&#233;e au profit de recrutements de personnels temporaires. Une meilleure gestion des ressources humaines universitaires est donc souhait&#233;e, tout comme le soutien d'une parit&#233; entre l'enseignement et la recherche. Les auteurs d&#233;crivent une vision d&#233;senchant&#233;e de l'universit&#233; au travers de divers t&#233;moignages, o&#249; les choix politiques, &#233;conomiques et gestionnaires sont questionn&#233;s. Malgr&#233; tout, la plupart des enseignants-chercheurs interview&#233;s ressentent un r&#233;el plaisir pour leur m&#233;tier et emprunteraient la m&#234;me voie si c'&#233;tait &#224; refaire. L'enqu&#234;te de Saeed Paivandi et Nathalie Youn&#232;s montre ainsi que le m&#233;tier d'enseignant-chercheur poss&#232;de diff&#233;rentes configurations selon les moments de la carri&#232;re, les pr&#233;f&#233;rences personnelles, les parcours et les contextes locaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vers le d&#233;veloppement de la p&#233;dagogie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Largement consacr&#233; &#224; un &#233;tat de l'art de la d&#233;finition du concept de &#171; d&#233;veloppement professionnel &#187;, ce chapitre est foisonnant. Saeed Paivandi et Nathalie Youn&#232;s rel&#232;vent d'abord qu'il n'existe pas de consensus. Les auteurs proposent aussi plusieurs pistes de r&#233;flexion quant au d&#233;veloppement p&#233;dagogique. En la mati&#232;re, les initiatives li&#233;es &#224; la r&#233;flexion sur la pratique d'enseignement se multiplient. A titre d'exemple, puisqu'innover est une comp&#233;tence attendue des enseignants-chercheurs, ils sont encourag&#233;s &#224; &#233;changer sur leurs pratiques et &#224; conna&#238;tre les initiatives de leurs coll&#232;gues. Nous retiendrons qu'il est essentiel pour tout enseignant de se distancer et de r&#233;fl&#233;chir sur ses pratiques p&#233;dagogiques. Le collectif p&#233;dagogique a ici un r&#244;le d'une grande importance &#224; jouer. De nouvelles collaborations sont &#224; cr&#233;er, et la mise en commun et le partage sont pl&#233;biscit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une universit&#233; qui vit et se transforme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'universit&#233; fran&#231;aise et ses acteurs vivent une transformation &#224; plusieurs &#233;gards. Dans ce contexte, la valeur de cet ouvrage tient au fait que la parole soit donn&#233;e aux universitaires, ce qui est rare. On y d&#233;couvre une approche contemporaine du m&#233;tier due en particulier &#224; la pluralit&#233; de configurations entre les missions d'enseignement, de recherche et d'administration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet ouvrage est unique dans le sens o&#249;, peu de recherches ont &#233;t&#233; conduites en France aupr&#232;s des enseignants-chercheurs et, qui plus est, pour explorer leur point de vue sur leur m&#233;tier. Il enrichit &#224; la connaissance de la condition universitaire et le paysage p&#233;dagogique et humain de l'universit&#233;. De notre point de vue, il am&#232;ne &#224; r&#233;fl&#233;chir sur sa propre p&#233;dagogie et contribue &#224; une p&#233;dagogie plus coop&#233;rative, o&#249; les enseignants prennent conscience du r&#244;le des pratiques p&#233;dagogiques dans l'apprentissage et la r&#233;ussite des &#233;tudiants. Il apporte des &#233;l&#233;ments de r&#233;ponse &#224; plusieurs questionnements fondamentaux et nous &#233;claire sur les caract&#233;ristiques d'un enseignement universitaire de qualit&#233;. En d'autres termes, il donne les cl&#233;s d'un climat favorable &#224; la transformation p&#233;dagogique et oriente vers de bonnes pratiques tourn&#233;es vers l'estime de soi acad&#233;mique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paivandi, S. et Youn&#232;s, N. (2019). A l'&#233;preuve d'enseigner &#224; l'Universit&#233;. Enqu&#234;te en France. Peter Lang.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Universit&#233;s : innover ou sombrer, par P. Fauconnier</title>
		<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/article5104.html</link>
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		<dc:date>2019-05-27T09:52:09Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Charlotte Pourcelot</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;En France, l'&#233;chec au premier cycle universitaire, la difficile insertion professionnelle des jeunes dipl&#244;m&#233;s, la baisse du taux de rendement des dipl&#244;mes et le ph&#233;nom&#232;ne d'inflation scolaire ont tendance &#224; d&#233;valoriser les formations universitaires g&#233;n&#233;ralistes au profit des formations professionnalisantes et des fili&#232;res prestigieuses des grandes &#233;coles. L'enseignement sup&#233;rieur fran&#231;ais semble donc tourment&#233;, raison pour laquelle le gouvernement, &#233;lu en mai 2017, entend accompagner chaque apprenant vers la r&#233;ussite gr&#226;ce &#224; une nouvelle r&#233;forme qui met en &#339;uvre le &#171; Plan Etudiants &#187; et la loi &#171; Orientation et r&#233;ussite &#233;tudiantes &#187;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique33.html" rel="directory"&gt;RIPES&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Recensions de livre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Universit&#233;s : innover ou sombrer, par P. Fauconnier&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Charlotte Pourcelot&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, l'&#233;chec au premier cycle universitaire, la difficile insertion professionnelle des jeunes dipl&#244;m&#233;s, la baisse du taux de rendement des dipl&#244;mes et le ph&#233;nom&#232;ne d'inflation scolaire ont tendance &#224; d&#233;valoriser les formations universitaires g&#233;n&#233;ralistes au profit des formations professionnalisantes et des fili&#232;res prestigieuses des grandes &#233;coles. L'enseignement sup&#233;rieur fran&#231;ais semble donc tourment&#233;, raison pour laquelle le gouvernement, &#233;lu en mai 2017, entend accompagner chaque apprenant vers la r&#233;ussite gr&#226;ce &#224; une nouvelle r&#233;forme qui met en &#339;uvre le &#171; Plan Etudiants &#187; et la loi &#171; Orientation et r&#233;ussite &#233;tudiantes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, le dernier ouvrage de Patrick Fauconnier (2017), journaliste fran&#231;ais sp&#233;cialiste de l'&#233;ducation et plus pr&#233;cis&#233;ment de l'enseignement sup&#233;rieur, interpelle de par la marche &#224; suivre qu'il indique : &#171; Universit&#233;s : innover ou sombrer &#187;. Ce manuscrit, bien que non-scientifique et non-acad&#233;mique, m&#233;rite toutefois que l'on y porte attention bien qu'il ne soit pas destin&#233; aux sp&#233;cialistes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En septi&#232;me page, l'auteur avertit le lecteur que l'ouvrage ne s'adresse pas (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En tant que chercheure en sciences de l'&#233;ducation, il nous para&#238;t pertinent de nous y int&#233;resser et d'une certaine fa&#231;on, d'y r&#233;pondre au travers de cette note de lecture, car des sujets multiparam&#233;triques et complexes &#224; appr&#233;hender y sont abord&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouvrage se compose d'une partie introductive, de trois volets et d'une partie conclusive. Il ambitionne d'analyser la dualit&#233; du syst&#232;me d'enseignement sup&#233;rieur, avec d'un c&#244;t&#233;, les grandes &#233;coles et de l'autre, l'universit&#233;. Au-del&#224; du constat de non-efficience, l'auteur propose quatre mesures &#224; mettre en &#339;uvre dans un court d&#233;lai pour rentrer dans la course des classements internationaux et bonifier l'universit&#233; fran&#231;aise pour que celle-ci puisse rena&#238;tre et rayonner, deux objectifs urgents selon lui. Le manuscrit est foisonnant - nous noterons au passage l'absence de bibliographie et de sitographie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il est aussi regrettable de relever plusieurs fautes d'orthographe/de frappe (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; - le but de cette contribution n'est donc pas de rapporter de mani&#232;re exhaustive les propos et les id&#233;es qui y sont expos&#233;es mais d'en pointer d'abord les &#233;l&#233;ments saillants pour en proposer ensuite une analyse et ouvrir le d&#233;bat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'introduction est principalement ancr&#233;e dans les champs &#233;conomique, politique et historique. Tous trois constituent d'ailleurs la toile de fond de l'ouvrage. Elle entend retracer les difficult&#233;s rencontr&#233;es ces huit derni&#232;res d&#233;cennies par la population fran&#231;aise &#224; savoir : un &#171; taux de ch&#244;mage record &#187;, une &#171; industrie d&#233;vast&#233;e &#187;, un &#171; commerce ext&#233;rieur en berne &#187;, une &#171; dette abyssale &#187;, &#171; 8 millions de pauvre &#187; (Fauconnier, 2017, p. 14), et ce, sans langue de bois comme en t&#233;moignent ces quelques extraits. Selon le journaliste, les &#233;tablissements d'enseignement sont la cause de notre &#171; panade actuelle &#187; (Fauconnier, 2017, p. 15). Il rappelle qu'&#171; en Allemagne, en Suisse et en Autriche, l'enseignement sup&#233;rieur est un puissant vecteur de formation professionnelle, par le biais d'universit&#233;s techniques et de &#171; polytechnicum &#187; mondialement renomm&#233;s, facteur de plein emploi dans ces pays &#187; (Fauconnier, 2017, p. 16). D&#232;s les premi&#232;res pages, le lecteur saisit que le scindement universit&#233;s/grandes &#233;coles ne rendrait pas service &#224; ses usagers et la premi&#232;re partie de l'ouvrage y est consacr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re partie intitul&#233; &#171; Un enseignement sup&#233;rieur inefficient &#187; vise &#224; d&#233;peindre l'ensemble des faiblesses de l'universit&#233;. Avec certaines longueurs parfois, Fauconnier (2017) d&#233;crit l'&#233;tat de d&#233;labrement que connaissent certains campus notamment &#224; cause d'un manque d'argent et de coh&#233;rence architecturale. Les campus universitaires fran&#231;ais, &#171; constitu&#233;s d'alignements massifs de blocs de b&#233;ton organis&#233;s &#224; angles droits comme des casernes &#187; (Fauconnier, 2017, p. 30) et &#171; mornes &#187; (Fauconnier, 2017, p. 31) ne sont pas louables. Avec raison, l'auteur plaide pour &#171; de vrais campus interdisciplinaires &#187; (Fauconnier, 2017, p. 33), sans division, auxquels seraient rattach&#233;s les Instituts Universitaires de Technologie fr&#233;quemment g&#233;ographiquement &#233;loign&#233;s. Selon lui, les campus ont besoin d'&#234;tre repens&#233;s pour ne plus &#234;tre &#233;parpill&#233;s et pouvoir g&#233;n&#233;rer un sentiment d'appartenance (Mucchielli, 1980) n&#233;cessaires &#224; la r&#233;ussite des usagers. Nous notons au passage que le journaliste ne fait pas allusion &#224; la pr&#233;sence de cellule d&#233;di&#233;e &#224; la vie du campus et &#224; la vie &#233;tudiante dans la plupart des &#233;tablissements, preuve selon nous que les gouvernances ont compris l'enjeu et l'importance de ces facteurs et qu'elles s'en pr&#233;occupent avec les moyens dont elles disposent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fauconnier (2017) &#233;nonce ensuite ce qui selon lui a &#233;t&#233; pr&#233;judiciable pour l'enseignement sup&#233;rieur fran&#231;ais. Nous retiendrons notamment : l'&#233;clatement de certaines universit&#233;s renomm&#233;es comme celle de La Sorbonne, &#171; l'irruption de stupides appellations technocratiques &#034;Paris-1, Paris-2, etc.&#034; &#187; (Fauconnier, 2017, p. 37), la nomination de nombreux hommes et femmes politiques au minist&#232;re de l'Enseignement Sup&#233;rieur et de la Recherche&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Notons que depuis l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2017, ce minist&#232;re s'appelle (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et la succession de politiques &#233;ducatives. &#171; Ces &#034;rat&#233;s&#034; &#224; r&#233;p&#233;tition sont autant de preuves &#233;clatantes que nos hauts dirigeants, issus pour la majorit&#233; des grandes &#233;coles et des grands corps, se sont moqu&#233;s de l'universit&#233; &#187; (Fauconnier, 2017, p. 59). En somme, la premi&#232;re partie de l'ouvrage s'attache &#224; d&#233;montrer que &#171; l'universit&#233; et la science reste les parents pauvres du syst&#232;me &#187; (Fauconnier, 2017, p. 76) et &#224; illustrer le &#171; m&#233;pris des gouvernants &#224; l'&#233;gard des universit&#233;s &#187; (Fauconnier, 2017, p. 77).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agissant de l'enseignement, l'auteur note &#233;galement l'absence d'int&#233;r&#234;ts pour des champs pourtant porteurs d'emplois comme le design, la mode, le luxe, la criminologie ou encore le renseignement. Il est toutefois regrettable que la place de l'enseignement, l'une des trois fonctions principales de l'enseignant-chercheur avec la recherche et l'administration &#8211; rappelons-le &#8211; ne soit &#233;luder qu'en quelques pages, et qu'aucune solution ne soit propos&#233;e pour valoriser l'acte d'enseigner et par la m&#234;me occasion, la qualit&#233; de l'enseignement universitaire. En effet, les diff&#233;rents facteurs qui pourraient expliquer le d&#233;sint&#233;r&#234;t de certains pour l'enseignement ne sont pas pr&#233;sent&#233;s, Fauconnier (2017) rappellant uniquement que les enseignants-chercheurs sont &#171; soumis &#224; la dictature du &#034;publish or perish&#034; &#187; (Fauconnier, 2017, p. 82) sans contextualiser et sans &#233;mettre de pistes pour que l'enseignement soit (re)consid&#233;r&#233;. Nous ne pouvons que regretter la r&#233;flexion s'arr&#234;te &#224; ce constat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant les grandes &#233;coles, les comparaisons avec le syst&#232;me anglo-saxon sont r&#233;currentes. Selon le journaliste, pour plus de coh&#233;rence et d'efficience, il conviendrait de rapprocher les grandes &#233;coles et de rompre la culture communautaire. Il plaide ainsi pour une ouverture &#224; un plus grand nombre d'&#233;tudiants d'origines diverses, la diversification des modes de recrutement et le d&#233;veloppement de cours relatifs au &#171; behavior &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me partie au titre prescriptif &#171; [i]l faut r&#233;unifier notre enseignement sup&#233;rieur &#187; d&#233;nonce le morcellement et la fragmentation des &#233;tablissements d'enseignement et de recherche, et invite &#224; une r&#233;flexion sur &#224; la mutualisation des atouts de ces sites. Selon l'auteur, une fusion permettrait de former un &#171; Cambridge fran&#231;ais &#187; (Fauconnier, 2017, p. 150) qui pourrait &#234;tre un important moteur de puissance &#233;conomique et de rayonnement scientifique. Fauconnier (2017) milite pour le rapprochement des universit&#233;s, des grandes &#233;coles et des entreprises, et l'&#233;mergence d'une culture commune &#224; ces trois entit&#233;s. L'universit&#233; est aussi invit&#233;e &#224; s'impliquer dans la formation professionnelle. L'auteur &#233;voque ainsi les Initiatives D'EXcellence (IDEX) dont le but est de cr&#233;er sur le territoire fran&#231;ais des ensembles pluridisciplinaires d'enseignement sup&#233;rieur et de recherche de rang mondial. Il cite &#233;galement les Initiatives Science Innovation Territoires &#201;conomie (ISITE) initi&#233;es par la loi n&#176;2013-660 du 22 juillet 2013 relative &#224; l'enseignement sup&#233;rieur et &#224; la recherche qui promeut l'&#233;mergence de p&#244;les universitaires et de recherche de taille nationale et internationale gr&#226;ce aux actions volontaristes des Programmes d'Investissements d'Avenir (PIA). Selon le journaliste, &#171; notre pays a tout &#224; gagner &#224; ce qu'&#233;coles, universit&#233;s et organismes de recherche progressent en r&#233;putation en unissant leurs moyens, afin d'obtenir un meilleur soutien des milieux &#233;conomiques &#187; (Fauconnier, 2017, p. 191-192).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vocabulaire parfois fleuri en dit long sur l'exasp&#233;ration de l'auteur et son intention de d&#233;noncer un syst&#232;me d&#233;ficient. Militant, en sa qualit&#233; d'analyste et d'expert, il plaide en faveur d'un p&#244;le scientifique d'envergure mondiale et pour la constitution d'universit&#233;s capables de se hisser au rang des meilleures. Il rappelle d'ailleurs &#224; plusieurs reprises l'absence d'&#233;tablissements fran&#231;ais dans les classements internationaux (Palmar&#232;s de Shanghai et Palmar&#232;s du Times&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Aujourd'hui encore, la s&#233;lection reste, avec la scolarit&#233; payante, et le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;). L'approche comparatiste &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne et mondiale invite les acteurs de l'enseignement sup&#233;rieur &#224; s'allier pour cr&#233;er une strat&#233;gie enseignement/recherche qui reposerait sur le renforcement de son attractivit&#233; gr&#226;ce &#224; l'internationalisation de l'universit&#233; et sa professionnalisation. &#171; C'est un fait : notre enseignement sup&#233;rieur affiche un ahurissant &#233;parpillement de ses structures de formation, causant une fragmentation des ressources qui entrave tout le rendement du syst&#232;me &#187; (Fauconnier, 2017, p. 204). Ces propos peuvent &#233;garer un lecteur peu sensible &#224; ces crit&#232;res, fussent-ils accompagn&#233;s d'une analyse &#233;conomique comme ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me partie intitul&#233;e &#171; Les quatre mesures &#224; prendre vite &#187; prescrit : une prop&#233;deutique et des &#171; colleges &#187; comme aux USA ; une universit&#233; &#233;valu&#233;e et not&#233;e, payante et d&#233;mocratique, et enfin s&#233;lective. Comment ? L'auteur sugg&#232;re d'harmoniser les pratiques acad&#233;miques des universit&#233;s, des grandes &#233;coles et des grands organismes en mettant fin &#224; la fracture culturelle qui les caract&#233;rise. L'auteur sugg&#232;re une refondation du syst&#232;me d'enseignement sup&#233;rieur qui doit commencer d&#232;s le lyc&#233;e et concerner la formation et l'orientation des n&#233;o-bacheliers. La premi&#232;re ann&#233;e universitaire devrait ainsi devenir une ann&#233;e prop&#233;deutique interdisciplinaire et sans s&#233;lection, consacr&#233;e &#224; l'apprentissage des m&#233;thodes de travail propres &#224; l'enseignement sup&#233;rieur et &#224; l'&#233;laboration d'une orientation. Un nouveau corps d'enseignants, exclusivement d&#233;volu au premier cycle, devrait alors &#234;tre envisag&#233;. Ces solutions peuvent s'entendre, n&#233;anmoins s'agissant de la notation des universit&#233;s par les &#233;tudiants pour aider &#224; l'orientation, nous pensons qu'il s'agit d'un leurre et qu'elle ne conduirait qu'&#224; la mise en concurrence des &#233;tablissements dont les plus petits souffriraient. Dans cette partie, nous aurions grandement appr&#233;ci&#233; que l'humain soit au c&#339;ur de l'argumentaire et que des outils comme l'accompagnement ou la coop&#233;ration fassent partie des mesures &#224; adopter en urgence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fauconnier (2017) adopte un discours franc et surtout exempt de toute rh&#233;torique. Sa force argumentaire r&#233;side en partie dans les anecdotes et le ton sarcastique pour lequel il opte r&#233;guli&#232;rement et qui participe &#224; r&#233;v&#233;ler toute la complexit&#233; et les faiblesses de l'enseignement sup&#233;rieur avec originalit&#233;. Avec ses lunettes d'&#233;conomiste, il d&#233;nonce avec conviction les aberrations du syst&#232;me d'enseignement sup&#233;rieur fran&#231;ais, propose, va droit au but et soutient &#224; sa mani&#232;re la fiert&#233; universitaire en d&#233;livrant un message d'espoir dont on peut toutefois s'&#233;tonner et regretter que le vocable &#171; enseignement &#187; soit quasiment absent. L'auteur accuse, r&#233;cuse. Cet ouvrage secoue, bouscule, parce qu'il recense de nombreux probl&#232;mes que cumulent l'enseignement sup&#233;rieur fran&#231;ais. Fauconnier (2017) se fait le porte-voix de ses handicaps et sugg&#232;re un autre mode de fonctionnement, fond&#233; sur le rapprochement des grandes &#233;coles et des universit&#233;s pour am&#233;liorer son rayonnement scientifique et technologique, cl&#233; de la performance acad&#233;mique selon lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, certains propos en faveur d'un syst&#232;me r&#233;unifi&#233; ne sont pas suffisamment nuanc&#233;s, plusieurs informations affirmatives ne comportent aucune source, ce qui laisse planer le doute. Et les propos, parfois tr&#232;s orient&#233;s, laissent entendre une transformation du syst&#232;me &#233;ducatif en un business &#224; inscrire dans la &#171; comp&#233;tition internationale &#187; (Fauconnier, 2017, p. 232), avis que nous ne partageons pas. L'ouvrage est aussi parfois r&#233;p&#233;titif. &#192; plusieurs reprises le lecteur a l'impression de &#171; tourner en rond &#187; et de ne pas progresser dans l'argumentaire, d'autant que les lacunes sont imm&#233;diatement adoss&#233;es &#224; des actions solutives pas toujours concr&#232;tes et difficilement applicables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant que chercheure en sciences de l'&#233;ducation, la principale limite de l'ouvrage et non des moindres, est l'absence de recours aux travaux scientifiques. Hormis Fran&#231;ois Dubet (Fauconnier, 2017, p. 184), Christine Musselin (Fauconnier, 2017, p. 199) et Fran&#231;ois Gar&#231;on (Fauconnier, 2017, p. 220), les &#233;minents travaux men&#233;s par des chercheurs de renomm&#233;e internationale comme : Emmanuelle Annoot, Denis Berthiaume, Laurent Cosnefroy, Amaury Daele, Marie Duru-Bellat, Marianne Frenay, Genevi&#232;ve Lameul, Jo&#235;lle Demougeot-Lebel, Christelle Lison, Christophe Michaut, Sophie Morlaix, Saeed Pa&#239;vandi, Cathy Perret, Nicole Poteaux, Marianne Poumay, Sophie Orange, Marc Romainville, Agn&#232;s Van Zanten, Jo&#235;l Zaffran &#8211; et bien d'autres encore &#8211; sont pass&#233;s sous silence alors qu'ils m&#233;riteraient d'&#234;tre investis dans un tel ouvrage, aussi vulgaris&#233; soit-il. L'auteur occulte d'importantes contributions fond&#233;es sur la recherche qui questionnent, en autres, les politiques &#233;ducatives propres &#224; l'enseignement sup&#233;rieur et qui contribuent &#224; son am&#233;lioration. La place manque ici pour d&#233;velopper les apports des sciences de l'&#233;ducation dans ces domaines complexes, mais ceux-ci existent et m&#233;ritent d'&#234;tre port&#233;s &#224; la connaissance des &#171; non-initi&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour clore cette note de lecture, nous retiendrons principalement la n&#233;cessit&#233; de faire rena&#238;tre une fiert&#233; universitaire en France, message r&#233;sum&#233; par Andr&#233; Brahic qui soutient qu'il y a trois priorit&#233;s absolues pour le pays : l'&#233;ducation, la recherche et la culture.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Bibliographie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fauconnier, P.&lt;/strong&gt; (2017). Universit&#233;s : innover ou sombrer. Paris, France : Fauves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mucchielli, R.&lt;/strong&gt; (1980). Le travail en groupe. Paris, France : &#201;ditions ESF.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Cet article est initialement paru dans la revue RIPES.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est consultable &#224; cette URL : &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/ripes/1929#bodyftn2&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://journals.openedition.org/ripes/1929#bodyftn2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En septi&#232;me page, l'auteur avertit le lecteur que l'ouvrage ne s'adresse pas aux sp&#233;cialistes mais aux non-initi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il est aussi regrettable de relever plusieurs fautes d'orthographe/de frappe et l'absence de signes de ponctuation.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Notons que depuis l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2017, ce minist&#232;re s'appelle &#171; Minist&#232;re de l'Enseignement Sup&#233;rieur, de la Recherche et de l'Innovation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Aujourd'hui encore, la s&#233;lection reste, avec la scolarit&#233; payante, et le syst&#232;me de nomination des profs, l'un des trois derniers verrous qui barrent l'acc&#232;s de l'universit&#233; fran&#231;aise aux standards internationaux &#187; (p. 66).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

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