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	<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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	<description>Un site participatif, lieu de partage et d'&#233;change autour des initiatives en transitions et des innovations p&#233;dagogiques dans l'enseignement sup&#233;rieur francophone.</description>
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		<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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		<title>Rechercher et s'approprier l'information en sant&#233; mentale sur Internet : une &#233;tude qualitative aupr&#232;s d'&#233;tudiants</title>
		<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/article4538.html</link>
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		<dc:date>2019-02-17T10:56:36Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Am&#233;lie Capelle, Charl&#232;ne Chalifour, Emmanuel Langlois, Ilaria Montagni</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Les technologies de l'information et de la communication (TIC) font partie int&#233;grante de la vie quotidienne des jeunes adultes et particuli&#232;rement des &#233;tudiants inscrits dans l'enseignement sup&#233;rieur qui les utilisent largement dans le cadre de leurs &#233;tudes. En France, la quasi-totalit&#233; des 15-30 ans sont des internautes et la moiti&#233; d'entre eux ont utilis&#233; Internet au moins une fois dans les douze derniers mois pour rechercher des informations ou des conseils sur la sant&#233; en g&#233;n&#233;ral. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique31.html" rel="directory"&gt;Revue Fran&#231;aise des Sciences de l'information et de la communication&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les technologies de l'information et de la communication (TIC) font partie int&#233;grante de la vie quotidienne des jeunes adultes et particuli&#232;rement des &#233;tudiants inscrits dans l'enseignement sup&#233;rieur qui les utilisent largement dans le cadre de leurs &#233;tudes. En France, la quasi-totalit&#233; des 15-30 ans sont des internautes et la moiti&#233; d'entre eux ont utilis&#233; Internet au moins une fois dans les douze derniers mois pour rechercher des informations ou des conseils sur la sant&#233; en g&#233;n&#233;ral. Cependant, peu d'&#233;tudes ont port&#233; sur les motivations, les comp&#233;tences et l'utilisation d'Internet concernant les informations sur la sant&#233; mentale chez les &#233;tudiants. Ainsi, l'objectif de cet article &#233;tait d'examiner comment les &#233;tudiants acc&#232;dent, comprennent, &#233;valuent et appliquent l'information en sant&#233; mentale via les TIC. Dans le cadre de la litt&#233;ratie digitale en sant&#233; mentale, nous avons effectu&#233; une recherche exploratoire de type qualitatif aupr&#232;s d'&#233;tudiants de l'universit&#233; de Bordeaux pendant l'ann&#233;e universitaire 2017/2018. L'analyse de 21 entretiens semi-directifs a permis de relever que les &#233;tudiants ne savent pas r&#233;ellement o&#249; s'orienter pour se renseigner en ligne sur la sant&#233; mentale. Bien qu'accoutum&#233;s aux nouvelles technologies, ils se m&#233;fient beaucoup de la qualit&#233; des informations trouv&#233;es sur Internet et jugent les sites officiels de sant&#233; trop complexes. Dans le but ultime d'am&#233;liorer le bien-&#234;tre psychique des &#233;tudiants, il devient donc n&#233;cessaire de d&#233;velopper leur litt&#233;ratie digitale de sant&#233; mentale en proposant des formations et des outils num&#233;riques de qualit&#233; au sein des campus universitaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/rfsic/5097&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article&lt;/a&gt; d'Ilaria Montagni, Am&#233;lie Capelle, Charl&#232;ne Chalifour et Emmanuel Langlois, repris de la Revue Fran&#231;aise en Sciences de l'information et de la communication&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Introduction&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les technologies de l'information et de la communication (TIC) ont r&#233;volutionn&#233; la mani&#232;re de rechercher des informations, d'apprendre, de comprendre, de se former et de se cultiver (Burgorgue-Larsen, 2009). Aujourd'hui, l'information se veut accessible &#224; tout individu qui poss&#232;de un ordinateur, une tablette ou un smartphone avec une connexion Internet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; g&#233;n&#233;ration Y &#187; (Boenisch, 2015), voire &#171; C &#187; pour Communication, Collaboration, Connexion et Cr&#233;ativit&#233; (R&#233;jean, 2009), est tout particuli&#232;rement concern&#233;e par cette d&#233;mocratisation de l'information. Les TIC sont amplement int&#233;gr&#233;es dans la vie quotidienne de la plupart des jeunes n&#233;s &#224; partir des ann&#233;es 90 qui s'adressent &#224; Internet pour se renseigner sur plusieurs th&#233;matiques, que ce soit pour leurs &#233;tudes, pour des questions personnelles ou simplement par curiosit&#233;. En revanche, leurs comp&#233;tences cognitives et num&#233;riques de traiter de multiples sources d'information simultan&#233;ment semblent ne pas &#234;tre scientifiquement prouv&#233;s (Bennett et al., 2008).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 2010, le recours &#224; Internet pour des questions touchant le domaine de la sant&#233; concernait globalement un tiers de la population fran&#231;aise (35 %), dont la plupart (45 %) avait entre 15 et 30 ans, contre 43 % de 31-45 ans, 34 % de 46-60 ans et 20 % de 61-75 ans (Beck et al., 2013). Plusieurs recherches indiquent qu'&#224; l'&#233;chelle mondiale le pourcentage d'adolescents et de jeunes adultes qui utilisent Internet pour s'informer en mati&#232;re de sant&#233; ne cesse d'augmenter (Gray et al., 2005 ; Renahy et al., 2010 ; Rowlands et al., 2015), y compris pour des questions plus pr&#233;cises sur la sant&#233; mentale (Aux&#233;m&#233;ry, 2010). Si ces recherches ont permis de mesurer le recours &#224; l'Internet sant&#233; parmi les jeunes internautes, peu sont les &#233;tudes qui se sont focalis&#233;es exclusivement sur la population &#233;tudiante et sur les th&#233;matiques li&#233;es &#224; la sant&#233; mentale. Il s'agit pour la plupart d'&#233;tudes conduites dans des pays anglophones : Angleterre (Gorczynski et al., 2017), Australie (Chan et al., 2017), Irlande (Horgan et Sweeney, 2010) et &#201;tats Unis (Levin et al., 2017). Dans les pays francophones, un ouvrage collectif sous la direction de Christine Tho&#235;r et Joseph Josy L&#233;vy de l'Universit&#233; du Qu&#233;bec &#224; Montr&#233;al (2012) et une &#233;tude conduite sur 21 jeunes qu&#233;b&#233;cois &#226;g&#233;s de 18 &#224; 34 ans (Caron-Bouchard, 2013) ont pr&#233;sent&#233; les enjeux du d&#233;veloppement d'Internet comme source d'information sur la sant&#233; en g&#233;n&#233;ral. Dans les conclusions de leur ouvrage, Tho&#235;r et L&#233;vy invitent &#224; &#233;largir l'analyse de l'Internet sant&#233; &#224; d'autres th&#232;mes (comme la sant&#233; mentale) et &#224; d'autres populations particuli&#232;res (comme les &#233;tudiants) de mani&#232;re &#224; mieux cerner les usages des TIC pour la sant&#233; et leurs retomb&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sant&#233; mentale et la promotion du bien-&#234;tre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous employons ici la d&#233;finition donn&#233;e par l'Organisation Mondiale de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; des &#233;tudiants ont &#233;t&#233; d&#233;finies comme une priorit&#233; des politiques de sant&#233; publique en France&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Plan &#201;tudiants du Minist&#232;re de l'&#201;ducation Nationale du 30 Oct. 2018&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'entr&#233;e dans la vie &#233;tudiante constitue un changement social, environnemental, &#233;conomique et psychologique important pour les jeunes (Dequir&#233;, 2007). Par ailleurs, divers probl&#232;mes psychiques (&#233;tat d&#233;pressif, id&#233;es suicidaires) et comportementaux (conduites addictives) sont tr&#232;s fr&#233;quents chez les &#233;tudiants (Boujut et al., 2009) qui sont dans l'&#226;ge o&#249; le suicide repr&#233;sente la seconde cause de mortalit&#233; apr&#232;s les accidents de la route (Patel et al., 2007). D'apr&#232;s des enqu&#234;tes transversales men&#233;es en France dans les ann&#233;es 2000 (LMDE, 2006 ; Lafay et al., 2003), 6 % des &#233;tudiants pr&#233;sentaient un &#233;pisode d&#233;pressif, 15 % avaient eu des id&#233;es suicidaires au cours des douze derniers mois, 55 % se sentaient anxieux, et presque 16 % consommaient soit des calmants, soit des excitants en p&#233;riode de stress. Des donn&#233;es plus r&#233;centes confirment l'augmentation des probl&#232;mes de sant&#233; mentale chez les &#233;tudiants fran&#231;ais&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;3 Donn&#233;es de l'&#233;tude de cohorte i-Share (Internet-Based Students Health (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant ces statistiques, il est urgent de comprendre la place des TIC dans les pratiques informationnelles des &#233;tudiants vis-&#224;-vis de la sant&#233; mentale. Si plusieurs enqu&#234;tes ont permis d'obtenir des chiffres pr&#233;liminaires sur la consultation d'Internet pour la sant&#233; mentale (Montagni et al., 2018 ; Montagni et al., 2016) et sur la fiabilit&#233; des informations rep&#233;r&#233;es (Romeyer, 2008), il reste encore des zones grises quant aux motivations des &#233;tudiants pour rechercher ces informations et, surtout, quant aux comp&#233;tences pour les comprendre et les appliquer. Cela est important d'un point de vue &#171; th&#233;orique &#187; pour d&#233;crire et analyser comment l'&#233;tudiant apprend et appr&#233;hende l'information dans ce domaine, ainsi que d'un point de vue &#171; pragmatique &#187;, comme le diraient Cormerais et coll&#232;gues (2016), pour d&#233;terminer l'impact des informations num&#233;riques en sant&#233; mentale dans la pr&#233;vention et le traitement des probl&#232;mes mentaux. Avec ce double enjeu &#171; th&#233;orique-pragmatique &#187;, l'objectif de cet article &#233;tait de comprendre pourquoi et comment les &#233;tudiants recherchent, appliquent, voire consomment les informations de sant&#233; mentale en ligne, et quelles sont leurs comp&#233;tences et perceptions vis-&#224;-vis des informations rep&#233;r&#233;es. L'articulation avec les professionnels de sant&#233; comme source d'informations &#171; traditionnelle &#187; sur le sujet a &#233;t&#233; aussi analys&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Le cadre th&#233;orique : la litt&#233;ratie digitale de sant&#233; mentale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cet article s'appuie sur la lecture des travaux en sciences de l'&#233;crit (Estivals, 2013) et tout particuli&#232;rement sur les litt&#233;raties (Le Deuff, 2012). Dans une perspective de translitt&#233;ratie (Thomas et al., 2007), nous faisons converger la litt&#233;ratie digitale de sant&#233; (eHealth literacy) et la litt&#233;ratie de sant&#233; mentale (mental health literacy) pour aboutir &#224; la litt&#233;ratie digitale de sant&#233; mentale (e-mental health literacy). La premi&#232;re renvoie &#224; la &#171; capacit&#233; d'acc&#233;der, comprendre et &#233;valuer des informations sur la sant&#233; &#224; partir des ressources en ligne, ainsi qu'&#224; la capacit&#233; d'appliquer les connaissances acquises pour adresser ou r&#233;soudre un probl&#232;me de sant&#233; &#187; (Norman et Skinner, 2006). La seconde, depuis le premier mod&#232;le de Jorm (2000), est aujourd'hui ancr&#233;e dans une dimension plus psychologique et moins informationnelle avec Kutcher et al. (2016) qui la d&#233;finissent comme &#171; la compr&#233;hension de comment obtenir et maintenir une sant&#233; mentale positive, la compr&#233;hension des troubles mentaux et de leurs traitements, la r&#233;duction de la stigmatisation li&#233;e aux troubles mentaux, et l'am&#233;lioration de l'efficacit&#233; de la recherche de support &#187;. La litt&#233;ratie digitale de sant&#233; mentale est donc un concept plus ample avec une port&#233;e psychologique intrins&#232;que et qui nait du croisement de plusieurs champs de comp&#233;tences : les comp&#233;tences digitales, les comp&#233;tences informationnelles et les comp&#233;tences en mati&#232;re de sant&#233; mentale (Le Deuff, 2015).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons att&#233;nuer le mod&#232;le de Kutcher et coll&#232;gues, pour se concentrer sur la notion d'&#171; information &#187;. Plusieurs &#233;tudes ont montr&#233; que l'information de sant&#233; influence les comportements de sant&#233; des individus et, par cons&#233;quent, leur &#233;tat de sant&#233; (Rowlands et al., 2015 ; Th&#246;er, 2013 ; S&#248;rensen et al., 2012). Dans ce sillage, nous supposons que bien s'informer sur la sant&#233; mentale est aussi important que r&#233;duire la consommation de substances psychoactives, avoir une bonne qualit&#233; de sommeil ou favoriser un climat de confiance d&#232;s la petite enfance. Vice-versa, ne pas &#234;tre inform&#233; ou &#234;tre mal inform&#233; peut avoir des cons&#233;quences n&#233;gatives sur la sant&#233; mentale : rep&#233;rage plus tardif d'un trouble, moins de confiance en ses choix concernant la sant&#233;, renoncement aux soins (Cultures&amp;Sant&#233;, 2016). L'information peut donc contribuer &#224; pr&#233;venir, voire gu&#233;rir, les troubles psychiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8Ainsi, nous allons suivre l'&#233;tudiant tout au long de son acc&#232;s &#224; l'information en ligne, sa compr&#233;hension des messages transmis, son &#233;valuation de la qualit&#233; de l'information rep&#233;r&#233;e, jusqu'&#224; l'application de cette information pour maintenir ou am&#233;liorer son propre bien-&#234;tre psychique. Nous souhaitions analyser ce parcours informationnel pour comprendre les freins et les leviers qui influencent la recherche d'informations sur la sant&#233; mentale via les TIC. Plus pr&#233;cis&#233;ment, nous essayerons de rep&#233;rer les phases plus probl&#233;matiques de ce parcours informationnel, en faisant l'hypoth&#232;se que l'acc&#232;s en ligne aux informations sur la sant&#233; mentale soit la phase plus simple pour les &#233;tudiants, tandis que la compr&#233;hension, l'&#233;valuation et l'application de ces informations posent plus de difficult&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;M&#233;thode&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cet article se base sur les donn&#233;es issues de l'&#233;tude Se-SaMe-Jeunes (Services et e-Sant&#233; Mentale des Jeunes), men&#233;e dans le cadre du projet i-Share sur la sant&#233; des &#233;tudiants universitaires en France. Conduite &#224; l'universit&#233; de Bordeaux en 2017-2018, l'&#233;tude Se-SaMe-Jeunes se composait de deux phases : (1) une enqu&#234;te quantitative par questionnaire papier aupr&#232;s de 507 &#233;tudiants approch&#233;s par des enqu&#234;teurs/&#233;tudiants relais en face-&#224;-face dans leurs campus universitaires, et (2) une enqu&#234;te qualitative par entretiens semi-directifs men&#233;s par la cheffe op&#233;rationnelle de cette &#233;tude avec 21 &#233;tudiants ayant particip&#233; &#224; l'enqu&#234;te quantitative. Tous les participants &#233;taient volontaires, &#226;g&#233;s entre 18 et 24 ans, francophones et inscrits dans une universit&#233; de Bordeaux. Dans cet article, nous nous focaliserons sur la phase qualitative, dont l'objectif &#233;tait d'explorer de plus pr&#232;s les pratiques et les perceptions des &#233;tudiants concernant la recherche d'informations sur la sant&#233; mentale via Internet (sites web, r&#233;seaux sociaux, etc.). Un article a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; sur la partie quantitative qui a permis de mesurer l'utilisation des TIC pour la recherche d'informations et de support sur toute th&#233;matique de sant&#233; confondue (Montagni et al., 2018).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La phase qualitative s'est d&#233;roul&#233;e du novembre 2017 au f&#233;vrier 2018. Les participants ont tous sign&#233; un formulaire de consentement &#233;clair&#233;, apr&#232;s information orale et &#233;crite concernant l'&#233;tude. Les entretiens, d'une dur&#233;e moyenne de 35 minutes, ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s dans des lieux choisis par les &#233;tudiants pour qu'ils puissent se sentir &#224; l'aise (ex. restaurants universitaires, caf&#233;s dans la ville de Bordeaux). Les &#233;tudiants interrog&#233;s se voyaient offrir deux places de cin&#233;ma chacun. Les entretiens &#233;taient enregistr&#233;s &#224; l'aide d'un dictaphone puis retranscris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un guide d'entretien a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; en guise de support lors des entretiens. Quatre grands th&#232;mes ont &#233;t&#233; trait&#233;s : (i) La sant&#233; (g&#233;n&#233;rale) de l'&#233;tudiant ; (ii) La vie &#233;tudiante (le rythme des &#233;tudes de l'&#233;tudiant) ; (iii) La sant&#233; mentale de l'&#233;tudiant (maladies mentales, bien-&#234;tre psychique, prise en charge) et (iv) L'utilisation des TIC en faveur de la sant&#233; mentale. Cet article se concentre sur ce quatri&#232;me th&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;R&#233;sultats&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Parmi les 21 participants, 15 &#233;taient des femmes et 6 des hommes, tous &#226;g&#233;s entre 20 et 24 ans pour une moyenne d'&#226;ge de 21 ans et demi. Six d'entre eux &#233;tudiaient Droit Sciences Politiques &#201;conomie et Gestion, cinq M&#233;decine, quatre Sciences Sociales et Humaines, trois faisaient des &#233;tudes en Sant&#233; (dentaire, kin&#233;, sage-femme), et trois en Sciences et Technologies. Ainsi, toutes les fili&#232;res &#233;taient repr&#233;sent&#233;es, tout comme les ann&#233;es d'&#233;tude, de la Licence 1 au Master 2. Sur le plan de la sant&#233; mentale, deux &#233;tudiantes &#233;taient diagnostiqu&#233;es d&#233;pressives, dont l'une qui d&#233;clarait avoir aussi des probl&#232;mes de consommation d'alcool. De plus, une troisi&#232;me &#233;tudiante a d&#233;clar&#233; avoir eu un &#233;pisode d&#233;pressif il y a quelques ann&#233;es et avoir des probl&#232;mes d'insomnie au cours de l'entretien. Trois &#233;tudiants avaient une maladie chronique (&#233;r&#233;thisme cardiovasculaire, hypersomnie, hypothyro&#239;die). Les autres &#233;tudiants se disaient &#234;tre principalement en bonne sant&#233;, mais montraient quelques signes de fragilit&#233;s psychologiques : &#171; Je suis plut&#244;t quelqu'un de facilement angoiss&#233; &#187; ou &#171; Alors je suis de nature stress&#233;e, je m'angoisse pour tout et n'importe quoi, je me mets tr&#232;s facilement la pression &#187;. La moiti&#233; des &#233;tudiants avaient eu une probl&#233;matique physique dont le point de d&#233;part &#233;tait le stress li&#233; aux &#233;tudes (maux de ventre, tremblements, mal de dos, troubles digestifs, migraines, naus&#233;es, zona, perte d'app&#233;tit, malaise vagal) : &#171; Quand je suis stress&#233;e j'ai du mal &#224; le g&#233;rer et mon corps me le fait vite savoir &#187;. Plus d'un &#233;tudiant sur deux avait d&#233;j&#224; consult&#233; au moins un professionnel de sant&#233; (m&#233;decin g&#233;n&#233;raliste, psychologue, psychiatre, infirmier) pour parler de sant&#233; mentale. Des &#233;tudiants d&#233;claraient avoir eu recours &#224; un m&#233;dicament pour le stress, l'anxi&#233;t&#233;, la d&#233;pression, le sommeil. C'&#233;taient uniquement des femmes. Il s'agissait d'une prise d'antid&#233;presseurs pour les cas les plus avanc&#233;s (plus d'un an), et d'anxiolytique ou hypnotique pendant une courte dur&#233;e (entre 2 et 21 jours) et ponctuellement lors d'examens. D'autres &#233;tudiants avaient eu recours &#224; des traitements ou techniques alternatives pour r&#233;duire leurs probl&#232;mes de sant&#233; mentale (hom&#233;opathie, fleurs de Bach, huiles essentielles, yoga, relaxation). Seulement deux &#233;tudiants hommes n'avaient jamais consult&#233; un professionnel de sant&#233; pour des questions de sant&#233; mentale, ni jamais pris de traitements prescrits ou alternatifs pour la sant&#233; mentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Acc&#232;s aux informations sur la sant&#233; mentale via les TIC&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La quasi-totalit&#233; des &#233;tudiants ont d&#233;clar&#233; avoir effectu&#233; des recherches d'informations sur Internet concernant leur sant&#233;, dont la plupart pour des questions sur leur bien-&#234;tre psychique (sommeil, relaxation et m&#233;ditation) ou les probl&#232;mes de sant&#233; mentale (mal-&#234;tre, tristesse prolong&#233;e, d&#233;pression, stress). D'ailleurs, le sommeil &#233;tait la principale th&#233;matique recherch&#233;e par les femmes et par les hommes. Aucun &#233;tudiant homme n'a dit avoir utilis&#233; Internet pour s'informer sur les probl&#232;mes de sant&#233; mentale s&#233;v&#232;res incluant anxi&#233;t&#233;, d&#233;pression, tentative ou comportement suicidaire. Deux &#233;tudiantes n'ont jamais fait de recherches sur Internet pour des questions concernant leur propre sant&#233;. Elles venaient toutes les deux de la fili&#232;re M&#233;decine et ont expliqu&#233; se rendre sur Internet uniquement pour les cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ces &#233;tudiants, le point de d&#233;part de leurs recherches sur Internet &#233;tait le moteur de recherche. Ils ont dit taper leur questionnement (mots cl&#233;s) dans la barre de recherche pour ensuite soit s'orienter vers les premiers sites, soit s&#233;lectionner ceux qui leur convenaient : &#171; &#199;a va &#234;tre Google et apr&#232;s je vais voir en fonction de ce qui tombe et cliquer un peu au hasard sur les liens qui sortent &#187;. Parmi les sites consult&#233;s, les &#233;tudiants ont cit&#233; surtout Doctissimo, Wikip&#233;dia, Aufeminin, Marie Claire, Madmoizelle ou encore Vulgaris M&#233;dical. Des &#233;tudiants avaient d&#233;j&#224; regard&#233; des vid&#233;os en lien avec la sant&#233; sur YouTube et eu recours aux sites officiels de sant&#233; comme le portail de l'Haute Autorit&#233; de Sant&#233; (HAS).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les vid&#233;os sur YouTube avaient &#233;t&#233; aussi consult&#233;es pour des questions de sant&#233; par trois &#233;tudiants : &#171; Je regarde pas mal de vid&#233;os, euh YouTube et c'est parce que en g&#233;n&#233;ral, j'y trouve beaucoup plus d'int&#233;r&#234;t pour appendre les choses &#187;. Les &#233;tudiants ont d&#233;clar&#233; consulter aussi les forums pour rechercher un r&#233;confort moral : &#171; C'&#233;tait pour voir que je n'&#233;tais pas toute seule, c'&#233;tait plus &#231;a, ouai. &#187;. Enfin, aucun participant n'a d&#233;clar&#233; utiliser les r&#233;seaux sociaux pour des informations concernant la sant&#233; mentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Compr&#233;hension des informations rep&#233;r&#233;es sur Internet sur la sant&#233; mentale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des &#233;tudiants interrog&#233;s a avou&#233; ne pas conna&#238;tre les sites officiels et institutionnels (ex. Sante publique France, HAS) : &#171; Le Minist&#232;re doit avoir son site avec des informations, je n'y suis jamais all&#233; &#187;, &#171; J'imagine bien que la qualit&#233; de l'information n'est pas la m&#234;me&#8230; par rapport &#224; des sites r&#233;f&#233;renc&#233;s de sant&#233; mais je dois avouer que je ne connais pas trop des sites de&#8230; euh r&#233;f&#233;renc&#233;s de sant&#233; o&#249; on peut&#8230; euh on peut se renseigner sur des sympt&#244;mes ou des maladies &#187; ou &#171; Je ne suis jamais all&#233;e dessus ! Je suppose que &#231;a existe (rires) &#187;. Seulement ceux qui cherchaient des informations sur des probl&#232;mes plus aigus de sant&#233; mentale, dont ils avaient une premi&#232;re connaissance, consultaient et comprenaient plus facilement ces sites officiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;tudiants ont aussi point&#233; du doigt la complexit&#233; des informations en ligne, notamment pour l'emploi du jargon m&#233;dical et les phrases trop longues : &#171; Il faut faire des trucs plus intuitifs les gars ! [rires] Bah d&#233;j&#224;, avant d'&#234;tre en sant&#233; je n'avais jamais entendu parler de l'HAS donc bah voil&#224;, euh l'ANSM [Agence nationale de s&#233;curit&#233; du m&#233;dicament et des produits de sant&#233;] et compagnie, m&#234;me encore maintenant c'est limite un peu flou, pourtant je sais que c'est des r&#233;f&#233;rentiels &#187;. &#201;galement, les participants ont soulign&#233; la difficult&#233; de comprendre les informations des sites &#224; cause d'un design non intuitif (&#171; C'est pas tr&#232;s guid&#233; &#187;). Enfin, des &#233;tudiants ont soulign&#233; le fait que l'information sur Internet doit &#234;tre facilement compr&#233;hensible pour qu'elle ait un impact sur leurs pratiques de sant&#233; : &#171; Je pense qu'il y a des trucs que je n'aurais jamais pu savoir, je pense qu'il y a des trucs que je peux &#233;viter, que j'ai vu sur Internet et qui peut aider la sant&#233; donc je dirais que &#231;a peut am&#233;liorer la sant&#233; mais il faut l'utiliser &#224; bon escient quoi &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;valuation des informations sur la sant&#233; mentale via les TIC&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains &#233;tudiants ont exprim&#233; prendre des sites au hasard dans les r&#233;sultats du moteur de recherches et se fier au visuel d'un site pour d&#233;terminer sa cr&#233;dibilit&#233; : &#171; Je trouve que c'est assez compliqu&#233; de v&#233;rifier tout ce qui est dit parce qu'il nous faudrait des connaissances &#187;, &#171; Je recherche sur n'importe quel site, c'est pas tr&#232;s efficace et en plus ce n'est pas une tr&#232;s bonne information [&#8230;] si euh j'avais la possibilit&#233; de trouver plus facilement des sites fiables &#187;, &#171; Apr&#232;s les informations je ne sais pas si elles sont justes parce que je n'ai pas l'analyse m&#233;dicale n&#233;cessaire pour v&#233;rifier &#187;, &#171; Je fais vraiment visuellement en fonction de ce qu'ils proposent &#187;, et &#171; Plus en voyant le site, comment il est fait, si il n'y a pas de fautes d'orthographes, si c'est plut&#244;t bien &#233;crit, bien pr&#233;sent&#233;, c'est d&#233;j&#224; mieux qu'un site o&#249; il y a des fautes &#224; tous les mots, des choses comme &#231;a apr&#232;s je ne suis pas s&#251;r &#224; 100 % que le site soit forc&#233;ment fiable mais c'est d&#233;j&#224; mieux&#8230; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres &#233;tudiants ont d&#233;clar&#233; tenter de suivre un processus de v&#233;rification, de comparaison, en prenant notamment du recul, en se m&#233;fiant de la source : &#171; J'essaye d'avoir un peu du recul mais apr&#232;s je vais essayer de comparer avec plusieurs sites, pour voir s'ils disent la m&#234;me chose &#187;. Presque tous les participants ont dit utiliser surtout et presque exclusivement des sites informatifs tels que Doctissimo. Cependant ces sites suscitent de vives critiques quant &#224; leur fiabilit&#233; : &#171; Il m'arrive de regarder Wikip&#233;dia, mais je ne vais pas prendre pour content ce qu'il y a marqu&#233; &#187;, &#171; J'&#233;vite Doctissimo [rires], tout simplement parce que voil&#224; j'ai entendu plusieurs fois, donc j'&#233;vite parce que, que ce soit faux ou vrai, je pr&#233;f&#232;re, enfin je pr&#233;f&#232;re pas tenter le coup &#187; et &#171; Il faut faire attention aux informations qu'on lit &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout type de forum, personnel ou institutionnel, &#233;taient &#233;galement utilis&#233;, mais ils n'&#233;taient pas du tout pris au s&#233;rieux : &#171; Il n'y a pas d'avis m&#233;dical et genre &#224; chaque fois c'est des gens qui racontent des trucs mais c'est de pire en pire [&#8230;] c'est n'importe quoi mais je lis quand m&#234;me &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour des &#233;tudiants, les professionnels de sant&#233; dans leur entourage &#233;taient une source d'information plus fiable qu'Internet : &#171; Justement je vais voir mon m&#233;decin traitant parce que je veux des r&#233;ponses [&#8230;] j'ai plut&#244;t confiance en elle parce que euh&#8230; je ne fais pas partie de ceux qui vont v&#233;rifier et checker sur Internet apr&#232;s ce que dit mon m&#233;decin traitant &#187; et &#171; Je sais que parfois ce n'est pas la meilleure id&#233;e d'aller chercher sur Internet et que parfois il vaut peut-&#234;tre mieux directement en parler &#224; un m&#233;decin &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Application des informations sur la sant&#233; mentale via les TIC&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des participants ont d&#233;clar&#233; se rendre sur Internet pour obtenir des informations avant de consulter un professionnel de sant&#233; (m&#233;decin g&#233;n&#233;raliste, psychologue, psychiatre&#8230;). Ainsi, Internet faisait en quelque sorte le lien entre eux et le professionnel de sant&#233;. Pour ces &#233;tudiants, il s'agissait de juger de la gravit&#233; d'une probl&#233;matique pour d&#233;cider s'il &#233;tait n&#233;cessaire de consulter un professionnel de sant&#233; : &#171; Internet me sert juste &#224; savoir si je dois aller justement chez le m&#233;decin ou pas &#187; et &#171; Je vais aller un peu sur Internet pour voir si euh &#231;a vaut vraiment le coup d'aller voir un m&#233;decin &#187;. Ces &#233;tudiants disaient faire un pr&#233;-autodiagnostic de leur probl&#233;matique. Seulement pour un &#233;tudiant, les informations trouv&#233;es sur Internet avaient remplac&#233; une consultation. L'&#233;tudiant avait consid&#233;r&#233; que son probl&#232;me de sant&#233; n'&#233;tait pas urgent et que les informations rep&#233;r&#233;es en lignes &#233;taient suffisantes pour r&#233;pondre &#224; ses doutes : &#171; C'est plus du renseignement, j'aime bien savoir comment le corps humain fonctionne &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus en g&#233;n&#233;ral, les &#233;tudiants recherchaient des informations dans une d&#233;marche de pr&#233;vention pour pouvoir agir sur leur sant&#233; avant toute probl&#233;matique, pour d&#233;celer une maladie ou une probl&#233;matique le plus t&#244;t possible, soit pour intervenir sur leur probl&#233;matique de sant&#233; pour en &#233;viter la progression. Les &#233;tudiants en Sant&#233;, et principalement ceux qui &#233;taient en M&#233;decine, ont exprim&#233; ne pas avoir besoin d'utiliser Internet car ils avaient leurs cours &#224; disposition : &#171; Si j'ai un doute sur une maladie ou quoi, je vais voir mes bouquins et euh&#8230; j'ai l'information beaucoup plus rapidement que euh aller chercher sur Internet &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si pour certains &#233;tudiants, l'usage d'Internet pour obtenir des informations avait l'effet de r&#233;duire leurs peurs concernant sympt&#244;mes et maladies (&#171; &#199;a permet de rassurer en se disant qu'il y a d'autres personnes &#224; qui &#231;a arrive &#187; et &#171; Je pense que &#231;a me rassure plus enfaite &#187;), pour la plupart des participants &#224; notre &#233;tude, les informations rep&#233;r&#233;es g&#233;n&#233;raient du stress. En particulier, deux &#233;tudiants ont soulign&#233; que les r&#233;ponses trouv&#233;es sur Internent pouvaient augmenter leur inqui&#233;tude vis-&#224;-vis de leur &#233;tat de sant&#233; : &#171; Pour moi &#231;a angoisse plus qu'autre chose, parce que si on se dit mince c'est &#231;a, souvent on voit des choses plus graves limite sur Internet &#187; et &#171; Je ne le fais plus [chercher des informations sur Internet] parce que je sais tr&#232;s bien que c'est encore plus source d'angoisse qu'autre chose &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, suite &#224; leur recherche, la moiti&#233; des &#233;tudiants se sont d&#233;clar&#233;s plut&#244;t angoiss&#233;s, jusqu'&#224; la psychosomatisation (maux de ventre, troubles du sommeil, tremblements, etc.) : &#171; La derni&#232;re fois &#231;a m'a vraiment fait peur et je me suis rendu compte que plus je cherchais plus j'y pensais et plus j'y pensais et plus &#231;a me&#8230; &#231;a m'a angoiss&#233; quoi &#187;. Parmi les raisons &#233;voqu&#233;es par les &#233;tudiants lors des entrevues, il y avait le ton souvent tr&#232;s dramatique et alarmiste des informations trouv&#233;es en ligne. Les &#233;tudiants qui disaient avoir un temp&#233;rament anxieux, avouaient se sentir plus percut&#233;es, voire impressionn&#233;s par ces informations : &#171; &#199;a m'a encore plus angoiss&#233;, je l'&#233;tais assez. En me tapant vertige et fatigue depuis deux, trois mois on avait les pires trucs possibles donc non, c'&#233;tait une b&#234;tise &#187; et &#171; J'ai tendance &#224; &#234;tre beaucoup plus angoiss&#233;e et &#231;a va me rendre encore plus malade &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Analyse et discussion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;26Nous avons fourni une premi&#232;re analyse du parcours informationnel de l'&#233;tudiant concernant la sant&#233; mentale sur les TIC en le d&#233;coupant dans les quatre phases de la litt&#233;ratie de mani&#232;re &#224; comprendre sur quelles comp&#233;tences et capacit&#233;s il faudrait travailler en priorit&#233; pour am&#233;liorer la litt&#233;ratie en sant&#233; mentale des &#233;tudiants et, in fine, leur bien-&#234;tre psychique. La n&#233;cessit&#233; de cette analyse s'impose face au d&#233;veloppement croissant de l'e-sant&#233; mentale et &#224; l'impact de plus en plus important de l'information de sant&#233; sur les choix d'hygi&#232;ne de vie des jeunes (Ghaddar et al., 2012).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant l'acc&#232;s &#224; l'information, nos &#233;tudiants utilisaient beaucoup Internet pour obtenir des informations surtout sur le bien-&#234;tre psychique (sommeil, alimentation, hygi&#232;ne de vie) et dans une moindre mesure sur les probl&#232;mes de sant&#233; mentale plus aigus (d&#233;pression, suicide, anxi&#233;t&#233;). Ces r&#233;sultats sont coh&#233;rents avec des enqu&#234;tes nationales (Beck et al., 2013 et 2014). Les &#233;tudiants n'&#233;taient pas en recherche d'une information m&#233;dico-scientifique (sauf si pour leurs &#233;tudes), mais ils souhaitent surtout avoir des explications, am&#233;liorer leurs connaissances, comprendre les sympt&#244;mes d'une maladie mentale ou apprendre des techniques pour palier &#224; une probl&#233;matique. Pour eux, la sant&#233; mentale &#233;tait source d'interrogation, de questionnement et parfois de curiosit&#233;. De ce fait, l'information en sant&#233; mentale ne semble pas &#234;tre diff&#233;rente de tout autre type d'information pour ces jeunes internautes qui prennent l'initiative et le plaisir d'accro&#238;tre leurs connaissances sur le net (Caron-Bouchard, 2013 ; Boub&#233;e, 2011). Pour les jeunes, l'acc&#232;s &#224; l'information est majoritairement motiv&#233; par le d&#233;sir de comprendre, apprendre et d&#233;couvrir (M&#233;diam&#233;trie 2018). Le manque de temps et parfois aussi d'argent (Amsellem-Mainguy, 2015), pourrait justifier ult&#233;rieurement le fait que les &#233;tudiants ont recours tr&#232;s souvent &#224; Internet : facile, rapide, gratuit, Internet offre une pluralit&#233; d'informations en peu de temps et sans co&#251;ts suppl&#233;mentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'acc&#232;s aux informations semble ne pas &#234;tre probl&#233;matique pour les &#233;tudiants, les trois autres dimensions de la litt&#233;ratie digitale de sant&#233; mentale (compr&#233;hension, &#233;valuation, application des informations) soul&#232;vent plus de questions. En ce qui concerne la compr&#233;hension, lors des entretiens, il est ressorti &#224; plusieurs reprises que les &#233;tudiants n'avaient pas les connaissances et les comp&#233;tences n&#233;cessaires pour appr&#233;hender les informations rep&#233;r&#233;es. Si d'habitude on reconnait &#224; Internet un langage plus adapt&#233; et profane par rapport aux instituions ou aux professionnels de sant&#233; (Romeyer, 2008), les jeunes de notre &#233;chantillon ont d&#233;clar&#233; que l'information rep&#233;r&#233;e sur des sites officiels est souvent trop sp&#233;cialis&#233;e et scientifique. En d&#233;pit d'une qualit&#233; et d'une v&#233;racit&#233; s&#251;res, ces informations sont jug&#233;es comme peu compr&#233;hensibles par les &#233;tudiants. En g&#233;n&#233;ral, les &#233;tudiants faisaient l'association, d'une part, entre &#171; information officielle &#187; (ex. sur le site HAS) et &#171; information incompr&#233;hensible &#187;, et, d'autre part, entre &#171; information grand public &#187; (ex. sur le site Doctissimo) et &#171; information peu fiable &#187;. Selon Norman et Skinner (2006), certains facteurs sociod&#233;mographiques peuvent influencer la compr&#233;hension des informations, comme le genre, l'&#233;tat de sant&#233;, l'&#233;ducation. Dans notre &#233;chantillon, les femmes et les &#233;tudiants en Sant&#233; et M&#233;decine avaient plus de connaissances et comp&#233;tences pour d&#233;cerner l'information-sant&#233;. Ces &#233;tudiants ont acquis durant leur formation des moyens de reconna&#238;tre les sympt&#244;mes d'une maladie mentale, ils ont appris &#224; interpr&#233;ter, traduire l'information, tandis que les &#233;tudiants d'autres fili&#232;res risquent de mal s'informer car la lecture de certains sites r&#233;sulte plus complexe pour eux. Les femmes sont, plus t&#244;t que les gar&#231;ons, amen&#233;es &#224; g&#233;rer leur sant&#233; avec une plus forte exigence de litt&#233;ratie en raison du suivi gyn&#233;cologique, selon ce que les sociologues et les th&#233;oriciens du care reconnaissant comme le &#171; privil&#232;ge d'irresponsabilit&#233; &#187; des hommes (Le Goff, 2008).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant l'&#233;valuation, Internet manque de fiabilit&#233; pour les &#233;tudiants qui jugent les informations (hors des sites officiels) comme &#233;tant le plus souvent non-v&#233;rifi&#233;es. Cette m&#233;fiance se retrouve dans de nombreuses enqu&#234;tes (Caron-Bouchard, 2013 ; Tonsaker et al., 2014) qui confirment que la qualit&#233; des informations de sant&#233; en ligne est un probl&#232;me primordial de l'e-sant&#233;. N&#233;anmoins, un ph&#233;nom&#232;ne paradoxal est constat&#233; : malgr&#233; cette m&#233;fiance et le stress ou m&#234;me l'angoisse parfois g&#233;n&#233;r&#233;s par les informations trouv&#233;es sur Internet, l'&#233;tudiant r&#233;it&#232;re son exp&#233;rience et poursuit ses recherches d'informations. Il d&#233;cide de retourner sur les m&#234;mes sites critiqu&#233;s auparavant. Ce ph&#233;nom&#232;ne paradoxal se retrouve dans des &#233;tudes conduites en population g&#233;n&#233;rale (Powell et Clarke, 2006) et chez des &#233;tudiants irlandais (Horgan et Sweeney, 2009). Alors, v&#233;rifier la source, comparer les sites, ou prendre du recul, sont les pr&#233;cautions prises par certains &#233;tudiants (Levert-Gagnon, 2015). D'autre part, celui qu'ils reconnaissent comme l&#233;gitime en mati&#232;re d'information de sant&#233; reste tout de m&#234;me le professionnel de sant&#233;, r&#233;sultat qui est coh&#233;rent avec d'autres &#233;tudes sur les jeunes et les plus ain&#233;s (Renahy et al., 2010 ; Romeyer, 2008).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Relativement &#224; l'application de l'information num&#233;rique en sant&#233; mentale, Internet semble endosser surtout un &#171; r&#244;le pr&#233;ventif &#187;. Les &#233;tudiants font des recherches sur Internet principalement par curiosit&#233; ou pour des probl&#232;mes de moindre s&#233;v&#233;rit&#233; qui ne n&#233;cessitent pas de consulter un professionnel dans l'urgence. Les &#233;tudiants s'informent car ils ont besoin d'une r&#233;ponse rapide &#224; une interrogation, qu'Internet peut leur donner. Ces interrogations ne n&#233;cessitent pas d'aller chez un professionnel de sant&#233;, c'est pourquoi Internet prend cette place. De plus, certains &#233;tudiants d&#233;clarent consulter Internet en amont d'une consultation avec un professionnel de sant&#233; afin de juger s'il est n&#233;cessaire de s'y rendre ou non. Ainsi, il s'agit d'un outil informatif o&#249; l'&#233;tudiant fait son propre diagnostic vis-&#224;-vis des informations recens&#233;es sur Internet concernant sa sant&#233; mentale en consultant les sympt&#244;mes et en d&#233;finissant sa probl&#233;matique. Le recours &#224; Internet permet &#224; ces &#233;tudiants de v&#233;rifier si l'alerte subjectivement ressentie correspond &#224; des probl&#232;mes ou des sympt&#244;mes r&#233;pertori&#233;s dans les discours savants et m&#233;dicaux. L'avantage est d'&#233;viter la consultation d'un professionnel de sant&#233; pour des raisons futiles, mais l'inconv&#233;nient est que l'&#233;tudiant diagnostique mal sa probl&#233;matique (Tonsaker et al., 2014) et n'aille pas chez le professionnel de sant&#233;, empirant sa sant&#233; mentale. Le risque est double : d'un c&#244;t&#233; les informations rep&#233;r&#233;es sur Internet peuvent d&#233;clencher des phases de consultation non appropri&#233;es, et, de l'autre c&#244;t&#233;, elles peuvent laisser des troubles &#233;mergents dans une zone d'ignorance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant les &#233;tudiants avec un probl&#232;me de sant&#233; mentale, nous retrouvons dans notre &#233;tude la m&#234;me articulation entre l'Internet sant&#233; et les consultations m&#233;dicales que chez la population g&#233;n&#233;rale (Tho&#235;r, 2013). Dans un premier temps, les &#233;tudiants utilisent Internet pour trouver de l'information sur le probl&#232;me auquel ils sont confront&#233;s, en comprendre la gravit&#233; et identifier la n&#233;cessit&#233; d'une consultation. Apr&#232;s la consultation, les &#233;tudiants ont recours &#224; l'Internet sant&#233; pour trouver des informations suppl&#233;mentaires sur leur diagnostic, les traitements prescrits ou pour mieux g&#233;rer leur probl&#232;me. L'information reste en tout cas un compl&#233;ment &#224; la consultation, surtout si le probl&#232;me &#224; traiter est s&#233;v&#232;re, voire urgent.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Conclusions et implications pratiques&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;A l'issue de ce travail, plusieurs perspectives d'interventions peuvent &#234;tre envisag&#233;es. Il serait par exemple int&#233;ressant de proposer la cr&#233;ation d'un site simple d'utilisation r&#233;alis&#233; par des autorit&#233;s dans le monde de la sant&#233; concernant la sant&#233; mentale et le bien-&#234;tre psychique. Les sites officiels de sant&#233;, parfois consid&#233;r&#233;s comme peu intuitifs devraient &#233;viter le jargon m&#233;dical. Enfin, on devrait illustrer aux &#233;tudiants les sites offrant une information fiable. Ces sites pourraient &#234;tre relay&#233;s par l'universit&#233; elle-m&#234;me, en contact direct avec les &#233;tudiants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, pour am&#233;liorer la litt&#233;ratie en sant&#233; mentale et permettre une meilleure compr&#233;hension de l'information dans l'environnement num&#233;rique, il serait n&#233;cessaire de mieux former les &#233;tudiants aux &#171; agilit&#233;s num&#233;riques &#187; (Lavielle-Gutnik et Massou, 2017), des comp&#233;tences qui sont autant des questions de savoir, que de savoir-faire et de savoir-&#234;tre. Il s'agirait donc de ne pas r&#233;duire les connaissances des &#233;tudiants &#224; une &#171; culture technique &#187;, &#224; savoir la seule ma&#238;trise de l'informatique (domaine o&#249;, d'ailleurs, ils se sentent d&#233;j&#224; plut&#244;t &#224; l'aise), mais d'introduire dans l'enseignement tertiaire une &#233;ducation &#224; l'information digitale qui devrait d&#233;velopper un esprit critique vis-&#224;-vis d'Internet et qui devrait faire prendre conscience du risque ou des b&#233;n&#233;fices des sites concernant la sant&#233; mentale. Dans une optique plus large, il serait question de r&#233;fl&#233;chir &#224; la place des Sciences de l'Information et de la Communication dans l'&#233;ducation aux TIC pour la sant&#233; mentale dans nos formations universitaires, en proposant des s&#233;minaires, en pr&#233;sentiel ou &#224; distance, visant &#224; fournir aux &#233;tudiants les instruments et les comp&#233;tences pour augmenter leurs niveaux de litt&#233;ratie en sant&#233; mentale.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Bibliographie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Des DOI (Digital Object Identifier) sont automatiquement ajout&#233;s aux r&#233;f&#233;rences par Bilbo, l'outil d'annotation bibliographique d'OpenEdition.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les utilisateurs des institutions abonn&#233;es &#224; l'un des programmes freemium d'OpenEdition peuvent t&#233;l&#233;charger les r&#233;f&#233;rences bibliographiques pour lesquelles Bilbo a trouv&#233; un DOI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;AMSELLEM-MAINGUY Ya&#235;lle, &#171; &#192; la fin, tu penses que tu vas mourir, mais tu y retournes ! &#187;, Jeunes, sant&#233; et Internet, rapport d'&#233;tude, INJEP, 2015. Disponibilit&#233; et acc&#232;s &lt;a href=&#034;http://mda34.org/sites/default/files/mda/resources/2015_04_sante_internet_ok.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://mda34.org/sites/default/files/mda/resources/2015_04_sante_internet_ok.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;AUXEMERY Yann, &#171; Risque et utilit&#233; du Web en sant&#233; mentale chez l'adolescent, &#233;volutions et perspectives &#187;, Neuropsychiatrie de l'enfance et de l'adolescence, 58, n&#176; 8, 2010, p. 500-506.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BECK Fran&#231;ois, RICHARD Jean-Baptiste, NGUYEN-THANH Vi&#234;t, MONTAGNI Ilaria, PARIZOT Isabelle, RENAHY &#201;milie, &#171; Use of the Internet as a health information resource among French young adults : results from a nationally representative survey &#187;, Journal of Medical Internet Research, 16, n&#176; 5, 2014, p. e128.&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.2196/jmir.2934&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BECK Fran&#231;ois, NGUYEN-THANH Vi&#234;t, RICHARD Jean-Baptiste, RENAHY &#201;milie, &#171; Usage d'internet : les jeunes, acteurs de leur sant&#233; ? &#187;, Agora d&#233;bats/jeunesses, 63, n&#176; 1, 2013, p. 102-112.&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.3917/agora.063.0102&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BENNETT Sue J., MATON Karl A., KERVIN Lisa K., &#171; The 'digital natives' debate : a critical review of the evidence &#187;, British Journal of Educational Technology, 39, n&#176; 5, 2008, p. 775-786.&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.1111/j.1467-8535.2007.00793.x&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BOENISCH Gilles, &#171; Monique Dagnaud, G&#233;n&#233;ration Y. Les jeunes et les r&#233;seaux sociaux, de la d&#233;rision &#224; la subversion &#187;, Questions de communication, 27, 2015, p. 370-372.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;BOUJUT Emilie, KOLECK Mich&#232;le, BRUCHON-SCHWEITZER Marilou, BOURGEOIS Marc Louis, &#171; La sant&#233; mentale chez les &#233;tudiants : suivi d'une cohorte en premi&#232;re ann&#233;e d'universit&#233; &#187;, In Annales M&#233;dico-psychologiques, revue psychiatrique, 167, n&#176; 9, 2009, p. 662-668.&lt;br class='autobr' /&gt;
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&lt;p&gt;BURGORGUE-LARSEN Laurence, &#171; Les Nouvelles Technologies &#187;, Pouvoirs, 130, n&#176; 3, 2009, p. 65-80.&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.3917/pouv.130.0065&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CARON-BOUCHARD Monique, &#171; La recherche d'information sant&#233; hors ligne et en ligne chez les 18-34 ans : une &#233;tude exploratoire &#187;, Communiquer, 10, 2013, p. 67-86.&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.4000/communiquer.520&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CHAN Jade KY, FARRER Louise M., GULLIVER Amelia, BENNETT Kylie, GRIFFITHS Kathleen M., &#171; University students' views on the perceived benefits and drawbacks of seeking help for mental health problems on the Internet : a qualitative study &#187;, JMIR Human Factors, 3, n&#176; 1, 2016, p. e3.&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.2196/humanfactors.4765&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CORMERAIS Franck, LE DEUFF Olivier, LAKEL Amar, PUCHEU David, &#171; Les SIC &#224; l'&#233;preuve du digital et des Humanit&#233;s : des origines, des concepts, des m&#233;thodes et des outils &#187;, Revue Fran&#231;aise des Sciences de l'information et de la communication [En ligne], 2016, 8. Disponibilit&#233; et acc&#232;s : &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/rfsic/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://journals.openedition.org/rfsic/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.4000/rfsic.1820&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CULTURES&amp;SANTE, &#171; La litt&#233;ratie en sant&#233; : D'un concept &#224; la pratique [Health literacy : from concept to practice] &#187;, 2016, Brussels, Cultures&amp;Sant&#233;.&lt;/p&gt;
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DOI : 10.3917/pp.014.0095&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ESTIVALS Robert, MEYRIAT Jean, RICHAUDEAU Fran&#231;ois (dir.), Les sciences de l'&#233;crit (encyclop&#233;die internationale de bibliologie), Paris, Les encyclop&#233;dies du savoir moderne, 1993, 576 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GHADDAR Suad F., VALERIO M&#233;lissa A., GARCIA Carolyn M., HANSEN Lucy, &#171; Adolescent Health Literacy : The Importance of Credible Sources for Online Health Information &#187;, Journal of School Health, 82, 2012, p. 28-36.&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.1111/j.1746-1561.2011.00664.x&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GORCZYNSKI Paul, SIMS-SCHOUTEN Wendy, HILL Denise, WILSON Claire, &#171; Examining mental health literacy, help seeking behaviours, and mental health outcomes in UK university students &#187;, The Journal of Mental Health Training, Education and Practice 12, n&#176; 2, 2017, p. 111-120.&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.1108/JMHTEP-05-2016-0027&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GRAY Nicola J., KLEIN Jonathan D., NOYCE Peter R., SESSELBERG Tracy S., CANTRILL Judith A. &#171; Health information-seeking behaviour in adolescence : the place of the internet &#187;, Social Science &amp; Medicine, 60, n&#176; 7, 2005, p. 1467-1478.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;HORGAN Aine, SWEENEY John, &#171; Young students' use of the Internet for mental health information and support &#187;, Journal of psychiatric and mental health nursing, 17, n&#176; 2, 2010, p. 117-123.&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.1111/j.1365-2850.2009.01497.x&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JORM Anthony F., &#171; Mental health literacy : public knowledge and belief about mental disorders &#187;, The British Journal of Psychiatry, 177, n&#176; 5, 2000, p. 396-401.&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.1192/bjp.177.5.396&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;KUTCHER Stan, WEI Yifeng, CONIGLIO Connie, &#171; Mental Health Literacy : Past, Present, and Future &#187;, Canadian Journal of Psychiatry. Revue Canadienne de Psychiatrie, 61, n&#176; 3, 2016, p. 154-158.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LAFAYN Nicolas, MANZANERA Cyril, PAPET Nathalie, MARCELLI Daniel, SENON Jean-Louis, &#171; Les &#233;tats d&#233;pressifs de la post-adolescence. R&#233;sultats d'une enqu&#234;te men&#233;e chez 1521 &#233;tudiants de l'universit&#233; de Poitiers &#187;, Annales m&#233;dico-psychologiques, 2, n&#176; 161, 2003, p. 147-151.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LAVIELLE-GUTNIK, MASSON Luc (dir.), Enseigner &#224; l'universit&#233; avec le num&#233;rique. Louvain-la-Neuve (Belgique), De Boeck Sup&#233;rieur, 2017, 272 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE DEUFF Olivier, &#171; La litt&#233;ratie digitale de sant&#233; : un domaine en &#233;mergence &#187;, dans Les &#233;cosyst&#232;mes num&#233;riques et la d&#233;mocratisation informationnelle : Intelligence collective, D&#233;veloppement durable, Interculturalit&#233;, Transfert de connaissances, 2015, Schoelcher, France. Disponibilit&#233; et acc&#232;s &lt;a href=&#034;https://hal.univ-antilles.fr/hal-01258315/document&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://hal.univ-antilles.fr/hal-01258315/document&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE DEUFF Olivier, &#171; Litt&#233;raties informationnelles, m&#233;diatiques et num&#233;riques : de la concurrence &#224; la convergence ? &#187;, &#201;tudes de Communication, 38, 2012, p. 131-147.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE GOFF Alice, &#171; Care, empathie et justice Un essai de probl&#233;matisation &#187;, Revue du MAUSS, 32, n&#176; 2, 2008, p. 203-241.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LEVERT-GAGNON Val&#233;rie, &#171; L'&#233;valuation de la fiabilit&#233; de sites web sur la sant&#233; par les usagers reguliers de l'internet sant&#233; : le cas des &#233;tudiants universitaires &#187;, 2015, Universit&#233; d'Ottawa, Canada. Disponibilit&#233; et acc&#232;s &lt;a href=&#034;https://ruor.uottawa.ca/handle/10393/32596&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://ruor.uottawa.ca/handle/10393/32596&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LEVIN Michael L., STOCKE Krista, PIERCE Benjamin, LEVIN Crissa, &#171; Do college students use online self-help ? A survey of intentions and use of mental health resources &#187;, Journal of College Student Psychotherapy, 32, n&#176; 3, 2017, p. 181-198.&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.1080/87568225.2017.1366283&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LMDE, La sant&#233; des &#233;tudiants 2005-2006. Enqu&#234;te nationale et synth&#232;ses regionals, Paris : Ed. de la Vie Universitaire, 2006, 300 p.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;MONTAGNI Ilaria, CARIOU Tanguy, FEUILLET Tiphaine, LANGLOIS Emmanuel, TZOURIO Christophe, &#171; Exploring Digital Health Use and Opinions of University Students : Field Survey Study &#187;, JMIR mHealth and uHealth, 6, n&#176; 3, 2018, p. e651.&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.2196/mhealth.9131&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MONTAGNI Ilaria, DONISI Valeria, TEDESCHI Federico, MOTRICO Emma, PARIZOT Isabelle, HORGAN Aine, &#171; Internet use for mental health information and support among European university students : The e-MentH project &#187;, Digital Health, 2, 2016, p. 2055207616653845.&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.1177/2055207616653845&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NORMAN Cameron D., SKINNER Harvey A., &#171; eHealth literacy : essential skills for consumer health in a networked world &#187;, Journal of Medical Internet Research, 8, n&#176; 2, 2006, p. e9.&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.2196/jmir.8.2.e9&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PATEL Vikram, FLISHER Alan J., HETRICK Sarah, MCGORRY Patrick, &#171; Mental health of young people : a global public-health challenge &#187;, The Lancet, 369, n&#176; 9569, 2007, p. 1302-1313.&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.1016/S0140-6736(07)60368-7&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POWELL John, CLARKE Aileen, &#171; Internet information-seeking in mental health : population survey &#187;, The British Journal of Psychiatry, 189, n&#176; 3, 2006, p. 273-277.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;REJEAN Roy, &#171; G&#233;n&#233;ration C : Les 12-24 ans - Moteurs de transformation des organisations-Rapport de synth&#232;se &#187;, 2009, Qu&#233;bec City : CEFRIO (Centre francophone d'informatisation des organisations).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;RENAHY Emilie, CADOT Emmanuelle, ROUSTIT Christelle, PARIZOT Isabelle, CHAUVIN Pierre, &#171; Recherche d'information en sant&#233; sur Internet : une analyse contextuelle des donn&#233;es de la cohorte SIRS &#187;, Sant&#233; Publique, 21, n&#176; HS2, 2010, p. 27-40.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ROMEYER H&#233;l&#232;ne, &#171; TIC et sant&#233; : entre information m&#233;dicale et information de sant&#233; &#187;, Tic&amp;Soci&#233;t&#233;, 2, n&#176; 1, 2008.&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.4000/ticetsociete.365&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ROWLANDS Ingrid Jean, LOXTON Deborah, DOBSON Annette, MISHRA Gita Devi, &#171; Seeking health information online : association with young Australian women's physical, mental, and reproductive health &#187;, Journal of Medical Internet Research, 17, n&#176; 5, 2015, p. e120.&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.2196/jmir.4048&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#216;RENSEN Kristine, VAN DEN BROUCKE Stephan, FULLAM James, DOYLE Gerardine, PELIKAN J&#252;rgen, SLONSKA Zofia, BRAND Helmut, (HLS-EU) Consortium Health Literacy Project European, &#171; Health literacy and public health : a systematic review and integration of definitions and models &#187;, BMC Public Health, 12, n&#176; 1, 2012, p. 80.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;THO&#203;R Christine, &#171; Internet : un facteur de transformation de la relation m&#233;decin-patient ? &#187;, Communiquer, 10, 2013, p. 1-24.&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.4000/communiquer.506&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;THO&#203;R Christine, LEVY Joseph Josy, &#171; Internet et sant&#233; &#8211; Acteurs, usages et appropriations &#187;, 2012, Qu&#233;bec, Canada : Presses de l'Universit&#233; du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;THOMAS Sue, JOSEPH Chris, LACCETTI Jess, MASON Bruce, MILLS Simon, PERRIL Simon, PULLINGER Kate, &#171; Transliteracy : crossing divides &#187;, First Monday, 12, n&#176; 12, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TONSAKER Tabitha, BARTLETT Gillian, TRPKOV Cvetan, &#171; Information Sur La Sant&#233; Dans Internet : Mine D'or Ou Champ de Mines &#187;, Canadian Family Physician, 60, n&#176; 5, 2014, p. 419-420.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nous employons ici la d&#233;finition donn&#233;e par l'Organisation Mondiale de la Sant&#233; (Gen&#232;ve, 2010, 1, 333-338) : la sant&#233; mentale correspond &#224; &#171; un &#233;tat de bien-&#234;tre qui permet &#224; chacun de r&#233;aliser son potentiel, de faire face aux difficult&#233;s normales de la vie, de travailler avec succ&#232;s et de mani&#232;re productive et d'&#234;tre en mesure d'apporter une contribution &#224; la communaut&#233; &#187;. En ce sens, la sant&#233; mentale repr&#233;sente plus qu'une absence de maladies mentales (schizophr&#233;nie, trouble bipolaire, d&#233;pression, etc.) et englobe des notions comme la satisfaction personnelle, les habitudes et les modes de vie sains, le sommeil, etc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Plan &#201;tudiants du Minist&#232;re de l'&#201;ducation Nationale du 30 Oct. 2018&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;3 Donn&#233;es de l'&#233;tude de cohorte i-Share (Internet-Based Students Health Research Enterprise) accessibles en ligne : &lt;a href=&#034;http://www.i-share.fr/actualite/les-etudiants-et-le-suicide&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.i-share.fr/actualite/les-etudiants-et-le-suicide&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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