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	<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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	<description>Un site participatif, lieu de partage et d'&#233;change autour des initiatives en transitions et des innovations p&#233;dagogiques dans l'enseignement sup&#233;rieur francophone.</description>
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		<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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		<title>Mod&#232;le psycho-social et impens&#233; num&#233;rique dans l'&#233;laboration d'un dispositif p&#233;dagogique</title>
		<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/article4273.html</link>
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		<dc:date>2019-04-19T14:35:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Aude Seurrat</dc:creator>



		<description>&lt;p class=&#034;resume&#034;&gt;L'article op&#232;re un retour analytique sur une exp&#233;rience de participation &#224; un programme du Conseil de l'Europe et vise &#224; mettre en exergue les diff&#233;rentes questions qui ont &#233;t&#233; soulev&#233;es lors de l'adaptation de ce dispositif p&#233;dagogique centr&#233; sur les relations interculturelles aux m&#233;dias num&#233;riques. Cet article permettra plus pr&#233;cis&#233;ment de montrer en quoi le mod&#232;le psycho-social des relations interpersonnelles s'adapte mal &#224; l'appr&#233;hension des sp&#233;cificit&#233;s des m&#233;diations de la communication &#224; distance et produit une forme d'impens&#233; num&#233;rique.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique2.html" rel="directory"&gt;Retours d'exp&#233;riences&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Introduction&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'Autobiographie de rencontres interculturelles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (ARI) de la division des Politiques Linguistiques du Conseil de l'Europe est un outil &#233;ducatif qui a &#233;t&#233; con&#231;u en 2009 par un groupe de travail d'experts afin d'&#234;tre utilis&#233; dans des cadres d'&#233;ducation formelle (primaire, coll&#232;ge, lyc&#233;e) ou informelle &#171; pour soutenir et encourager le d&#233;veloppement des comp&#233;tences n&#233;cessaires afin de s'engager dans une relation interculturelle respectueuse de l'Autre &#187; (Byram, Barrett, Ipgrave, Jackson et M&#233;ndez Garcia, 2009, p. 2). Cet outil p&#233;dagogique est t&#233;l&#233;chargeable ligne gratuitement sur le site du Conseil de l'Europe et peut &#234;tre utilis&#233; par les enseignants ou les m&#233;diateurs jeunesse dans le cadre de diff&#233;rents cours ou activit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2010, j'ai &#233;t&#233; contact&#233;e par la division des Politiques Linguistiques pour rejoindre le groupe d'experts afin de travailler &#224; une adaptation de l'outil aux m&#233;dias visuels. Exp&#233;riment&#233;e tout d'abord entre 2011 et 2012 dans dix-huit pays (Linder et M&#233;ndez Garcia, 2014), cette adaptation a donn&#233; lieu &#224; la publication en 2013 de Repr&#233;sentations de l'Autre. L'Autobiographie de rencontres interculturelles par le biais des m&#233;dias visuels (Barrett, Byram, Ipgrave et Seurrat, 2013). Puis, en 2015, j'ai particip&#233; &#224; la mise &#339;uvre un troisi&#232;me volet centr&#233; sur &#171; les rencontres interculturelles via Internet &#187; (dispositif qui n'est pas encore en ligne, car il est en cours d'exp&#233;rimentation dans des &#233;coles de quinze pays membres du Conseil de l'Europe). Ces deux projets s'inscrivent dans la d&#233;marche de promotion de l'&#233;ducation interculturelle du Conseil de l'Europe et notamment dans le cadre de son mod&#232;le de la comp&#233;tence interculturelle. Or ce mod&#232;le qui semble tr&#232;s pertinent pour analyser des rencontres en face &#224; face soul&#232;ve un certain nombre de questions lorsqu'il s'agit de le transposer &#224; l'examen des pratiques m&#233;diatiques et, plus sp&#233;cifiquement des pratiques num&#233;riques. Cet article traite ainsi des paradigmes disciplinaires et de la difficult&#233; &#224; penser la place des m&#233;diations techno-s&#233;miotiques dans le cadre de la pr&#233;pond&#233;rance de l'approche psycho-sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir pr&#233;sent&#233; la d&#233;marche de l'Autobiographie et le mod&#232;le de la comp&#233;tence interculturelle dans lequel le dispositif p&#233;dagogique s'inscrit, l'article se penchera plus sp&#233;cifiquement sur la difficile prise en compte des sp&#233;cificit&#233;s des m&#233;diations m&#233;diatiques au sein d'une approche centr&#233;e sur les relations interpersonnelles. Je questionnerai tout d'abord en quoi l'approche psycho-sociale des relations interculturelles naturalise les m&#233;diations sp&#233;cifiques &#224; la communication &#224; distance. Puis je verrai que, malgr&#233; les am&#233;nagements qui ont &#233;t&#233; faits, la logique qui pr&#233;side &#224; l'outil p&#233;dagogique r&#233;siste et participe &#224; la construction d'un impens&#233; num&#233;rique. En effet, comme le souligne Yves Jeanneret, &#171; le pouvoir de l'informatique repose fondamentalement sur le caract&#232;re impens&#233; de son pouvoir &#187; (Jeanneret 2014, p. 239). Comme je le verrai, le fait d'envisager des dispositifs num&#233;riques dits &#171; sociaux &#187; comme de simples facilitateurs de l'&#233;change interpersonnel contribue &#224; occulter le fait qu'ils sont fa&#231;onn&#233;s par des enjeux &#233;conomiques et qu'ils contribuent &#224; configurer l'&#233;conomie politique (M&#339;glin, 2015) de la communication contemporaine.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;La d&#233;marche de l'&lt;i&gt;Autobiographie&lt;/i&gt; et l'inscription dans le mod&#232;le de la comp&#233;tence interculturelle du Conseil de l'Europe&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;le Livre blanc sur le dialogue interculturel&lt;/i&gt;, publi&#233; &#224; la suite du sommet de Varsovie de 2005, les r&#233;dacteurs du Conseil de l'Europe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Conseil de l'Europe est une organisation politique intergouvernementale (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; soulignent qu'il faut mettre en place des outils compl&#233;mentaires &#171; afin d'encourager les &#233;l&#232;ves &#224; exercer un jugement critique et autonome y compris &#224; porter un regard critique sur leurs propres r&#233;actions et attitudes face &#224; d'autres cultures &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Livre blanc sur le dialogue interculturel &#171; Vivre ensemble dans l'&#233;gale (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&lt;i&gt;Autobiographie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le terme &#171; autobiographie &#187; ne recouvre pas les m&#234;mes significations en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; de rencontres interculturelles&lt;/i&gt; s'inscrit dans cette lign&#233;e, car son objectif est d'inciter les apprenants &#224; adopter une r&#233;flexion critique sur une rencontre interculturelle qu'ils ont eux-m&#234;mes d&#233;j&#224; v&#233;cue. Destin&#233; &#224; des enseignants ou des animateurs jeunesse, l'outil se pr&#233;sente sous la forme d'une s&#233;rie de documents t&#233;l&#233;chargeables gratuitement en ligne sur le site du Conseil de l'Europe : un document sur le contexte, les concepts et les th&#233;ories &#8211; &#224; destination des enseignants &#8211; un document simplifi&#233; &#171; Concepts pour discussion &#187;, qui permet de vulgariser ces concepts aupr&#232;s des jeunes, et des s&#233;ries d'exemples. Et surtout, au c&#339;ur du dispositif documentaire se trouve un guide de questions, destin&#233; &#224; orienter les jeunes, &#233;tape par &#233;tape, dans l'&#233;laboration d'un r&#233;cit r&#233;trospectif et analytique d'une rencontre interculturelle qu'ils ont v&#233;cue. Ce parcours r&#233;trospectif doit leur permettre d'analyser leur propre comportement et celui de l'autre dans cette rencontre, et d'en tirer des enseignements pour leurs futures rencontres interculturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette documentation p&#233;dagogique est bas&#233;e sur le mod&#232;le de la comp&#233;tence interculturelle qui a &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233;e dans diff&#233;rents travaux men&#233;s au sein du Conseil de l'Europe (Byram, 2003 ; Barrett, 2004). &#171; La comp&#233;tence s'entend non pas simplement comme un ensemble de facult&#233;s appliqu&#233;es dans un contexte donn&#233;, mais comme une combinaison d'attitudes, de connaissances, de compr&#233;hension et de facult&#233;s qui sous-tend l'action dans certaines situations &#187; (Barrett, 2004, p. 82).Le mod&#232;le distingue quatre composantes de la comp&#233;tence interculturelle : les attitudes (le respect, la curiosit&#233;, l'ouverture d'esprit, la tol&#233;rance &#224; l'ambigu&#239;t&#233;), les connaissances et la compr&#233;hension (qui incluent la conscience de ses propres st&#233;r&#233;otypes et pr&#233;jug&#233;s), les facult&#233;s (l'empathie, le sens critique, la facult&#233; d'adaptation, les facult&#233;s linguistiques et la flexibilit&#233; cognitive) et enfin, les actions (la recherche de situations interculturelles, la coop&#233;ration et l'encouragement des attitudes positives &#224; l'&#233;gard de l'alt&#233;rit&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'Autobiographie des rencontres interculturelles&lt;/i&gt; invite l'apprenant &#224; choisir une rencontre interculturelle pour le premier volet, une image repr&#233;sentant une alt&#233;rit&#233; (culturelle, religieuse, sociale) pour le second et sur une exp&#233;rience interculturelle en ligne pour le troisi&#232;me. Le questionnaire au c&#339;ur de l'Autobiographie des rencontres interculturelles est construit en quatre parties : la premi&#232;re (Qui suis-je ?) invite &#224; une introspection personnelle pour penser son rapport &#224; l'alt&#233;rit&#233;, la seconde porte sur les connaissances de l'apprenant sur la culture de l'autre et le contexte, la troisi&#232;me centr&#233;e sur les &#233;motions ressenties lors de la rencontre et enfin la quatri&#232;me traite des actions &#224; venir afin de d&#233;velopper la qualit&#233; de ses futures rencontres interculturelles. L'objectif est de faire &#233;merger, par la m&#233;diation du r&#233;cit, une compr&#233;hension de soi et de l'autre en situation. Or, l'usage des m&#233;dias, et plus sp&#233;cifiquement des m&#233;dias num&#233;riques peut-elle se raconter comme une rencontre interpersonnelle v&#233;cue ? La transposition des cadres pour penser les rencontres interculturelles en pr&#233;sence aux &#233;changes m&#233;diatis&#233;s par les dispositifs num&#233;riques soul&#232;ve un certain nombre de probl&#232;mes pour un chercheur en sciences de l'information et de la communication, questions qui sont au c&#339;ur de cet article.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cadre d'&#233;laboration du premier volet, lorsque j'ai int&#233;gr&#233; l'&#233;quipe en 2010, ce mod&#232;le de la comp&#233;tence interculturelle &#233;tait &#233;galement pos&#233; comme un cadre de r&#233;f&#233;rence pour l'&#233;laboration du deuxi&#232;me volet et du troisi&#232;me volet. Il ne s'agissait pas de le mettre en d&#233;bat, mais de le mettre en application. Or il n'est pas ais&#233; pour un chercheur de s'inscrire dans un cadre conceptuel qu'il n'a pas particip&#233; &#224; &#233;laborer. Les savoirs th&#233;oriques sur les m&#233;dias pour lesquels mon expertise &#233;tait requise devaient devenir des savoirs d'actions (Barbier, 2011) s'inscrivant dans ce mod&#232;le &#233;labor&#233; en amont. Ainsi que le souligne Christine Plasse-Bouteyre, &#171; dans une approche par comp&#233;tences, les savoirs deviennent des ressources au service de l'action et de la r&#233;flexion sur l'action. Elles doivent donc &#234;tre facilement mobilisables dans des situations singuli&#232;res. &#187;( Plasse-Bouteyre, 2007, p. 130).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;La difficile appr&#233;hension des m&#233;diations m&#233;diatiques dans le cadre d'une approche psycho-sociale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le choix du titre de l'adaptation Autobiographie des rencontres interculturelles via &lt;i&gt;Internet&lt;/i&gt; m&#233;rite tout d'abord d'&#234;tre questionn&#233;. Peut-on parler de &#171; rencontre &#187; pour qualifier une exp&#233;rience m&#233;diatique ? Le risque n'est-il pas d'&#233;vincer les sp&#233;cificit&#233;s des m&#233;diations m&#233;diatiques ? Le terme &#171; d'exp&#233;rience &#187; semblerait plus appropri&#233;, comme en t&#233;moigne l'introduction du deuxi&#232;me volet : &#171; L'ARIMV (L'Autobiographie des Rencontres Interculturelles via les M&#233;dias Visuels) est fond&#233;e sur l'Autobiographie de Rencontres Interculturelles (ARI), mais elle se distingue fondamentalement de cette derni&#232;re dans la mesure o&#249; elle tient compte de la mani&#232;re dont les m&#233;dias visuels influencent notre exp&#233;rience de &#171; l'autre &#187;. N&#233;anmoins, comme l'ARI, cet outil vise &#224; nous aider &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; notre exp&#233;rience d' &#171; autrui &#187; et d'autres &#171; cultures &#187;, loin ou pr&#232;s de nous, en temps et en lieu. &#187; (Barrett, Byram, Ipgrave et Seurrat, 2013, p. 3). Si le terme de &#171; rencontre &#187; a &#233;t&#233; conserv&#233; dans le sous-titre, il semblerait que ceci est en partie aussi li&#233; au fait que le terme &#171; &lt;i&gt; encounter&lt;/i&gt; &#187; en Anglais recouvre une acception plus large que celui de &#171; rencontre &#187; en fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, l'&#233;change de contenus ou la pratique de gestes s&#233;miotis&#233;s sur Internet (&lt;i&gt;like, share, post,&lt;/i&gt; etc.) n'impliquent pas forc&#233;ment qu'un lien interpersonnel, comme dans les rencontres en face &#224; face, se tisse entre les acteurs d'un m&#234;me dispositif num&#233;rique. C'est pourquoi le groupe a choisi de centrer le choix du cas trait&#233; par l'apprenant sur des &#171; interactions en ligne &#187;. Mais, ici encore, l'&#233;paisseur des m&#233;diations m&#233;diatiques induit que la participation &#224; un dispositif num&#233;rique ne peut pas &#234;tre le reflet de l'interaction sociale. Le groupe de travail a donc &#233;t&#233; amen&#233; &#224; d&#233;finir trois types d'&#233;changes : l'&#233;change unidirectionnel (lorsque quelqu'un lit le &lt;i&gt;blog&lt;/i&gt; de quelqu'un d'autre par exemple), l'&#233;change bidirectionnel (comme lorsque quelqu'un r&#233;pond &#224; un message d'un &#171; ami &#187; sur Facebook) et enfin, l'&#233;change multidirectionnel (par exemple lorsqu'un internaute participe &#224; un d&#233;bat sur un forum). M&#234;me s'il est ais&#233; de comprendre que les besoins p&#233;dagogiques (&lt;i&gt;a fortiori&lt;/i&gt; pour des jeunes apprenants) n&#233;cessitent de d&#233;finir les situations types pour le jeune choisisse une exp&#233;rience &#224; questionner &#224; partir du guide, notons que cette typologie ne prend pas en compte la complexit&#233; des pratiques d'&#233;criture propres aux dispositifs informatis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le primat des mod&#232;les d'analyse des relations interpersonnelles pour penser les pratiques des dispositifs num&#233;riques s'inscrit dans une conception de la communication comme &#171; conversation &#187;. Ce &#171; mod&#232;le conversationnel &#187; est issu du &#171; &lt;i&gt;Cluetrain Manifesto&lt;/i&gt; &#187; ou &#171; manifeste des &#233;vidences &#187; qui est un texte publi&#233; en 1999 sur Internet puis en 2000 sous forme d'ouvrage par Rick Levine, Christopher Locke et David Weinberger. Cet ouvrage qui a eu un grand succ&#232;s dans les agences-conseils en marketing et communication d&#233;veloppe l'id&#233;e selon laquelle, avec Internet, &#171; les march&#233;s deviennent des conversations entre les entreprises et les consommateurs potentiels &#187; (Levine, Locke et Weinberger, 2000, p. 14). Cette conception est analys&#233;e par Val&#233;rie Patrin- Lecl&#232;re pour qui, &#171; le mod&#232;le conversationnel &#187;, &#171; &#224; l'image du fauteuil &#233;ponyme invent&#233; au XVIIe si&#232;cle pour faciliter les confidences (deux places assises t&#234;te-b&#234;che), la &#171; conversation &#187; appara&#238;t ici telle une mise en condition, un dispositif caract&#233;ris&#233; par l'intention de favoriser la communication entre les possibles participants. Le terme d&#233;signe donc tout &#224; la fois un imaginaire et une pratique possible sans &#234;tre n&#233;cessairement av&#233;r&#233;, dans la mesure o&#249; le dispositif pr&#233;existe et survit &#224; l'usage qui pourrait en &#234;tre fait &#187; (Patrin-Lecl&#232;re, 2011, p. 4). Ce mod&#232;le de la conversation participe ainsi &#224; occulter les m&#233;diations techniques et symboliques propres aux dispositifs informatis&#233;s, &#224; naturaliser les pratiques qui y sont associ&#233;es afin de mettre en avant une conception utopique bas&#233;e sur la sym&#233;trie de l'&#233;change.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, le terme d'&#233;change ne peut suffire &#224; qualifier la pluralit&#233; des gestes d'&#233;criture/lecture propres &#224; la pratique des dispositifs num&#233;riques. Comme le souligne Yves Jeanneret, &#171; toute mod&#233;lisation informatique porte de fait un projet de transformation des processus de communication, dont la nature et l'ampleur ne constituent nullement une grammaire fixe &#187;(Jeanneret, 2005, p. 195). Or, comme l'explique Pierre M&#339;glin, cette transformation des processus de communication op&#232;re &#171; la r&#233;duction tendancielle de l'activit&#233; cr&#233;atrice &#224; la production de traces, si rudimentaires soient-elles (&lt;i&gt;like&lt;/i&gt;, notations &#233;l&#233;mentaires, simples manifestations d'une pr&#233;sence g&#233;olocalis&#233;e, etc.) [&#8230;]. Et cette r&#233;duction conforte le sch&#233;ma en circuit ferm&#233; d'une circulation &#224; l'&#233;tat pur &#187; (M&#339;glin, 2005, p. 60).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dispositifs num&#233;riques n'impliquent pas uniquement un changement dans l'&#233;chelle relationnelle (pouvoir &#234;tre en lien avec une multitude d'individus sur une m&#234;me plateforme), ils impliquent &#233;galement des changements de nature dans les formes relationnelles. Les r&#233;seaux sociaux num&#233;riques permettent notamment la fabrique d'identit&#233;s factices ou encore l'anonymat, ils impliquent surtout certaines logiques dans la mani&#232;re de penser les identit&#233;s et la circulation des discours (Gomez-Mejia, 2016). Facebook, Instagram, Twitter et autres r&#233;seaux sociaux num&#233;riques sont des architextes qui produisent les conditions de l'&#233;change communicationnel. L'architexte est un cadre d'&#233;criture dont &#171; le principe consiste en cette forme particuli&#232;re de l'&#233;criture permise par l'informatique, qui se place en amont de toute &#233;criture particuli&#232;re pour en d&#233;finir le cadre et les conditions &#187; (Jeanneret et Tardy, 2005, p. 16). L'architexte informatique participe &#171; aux transformations de la communication en industrialisant et en d&#233;pla&#231;ant les conditions de ce va-et-vient entre dispositifs et usages ou plus exactement entre &#233;conomie scripturaire industrielle et production &#233;crite ordinaire &#187; (Jeanneret, 2014, p. 170).Or ce sont justement ces transformations de la communication ainsi que ceux relatifs &#224; son industrialisation qui ne sont pas pris en compte lorsque les usages des r&#233;seaux dits sociaux ne sont envisag&#233;s que comme une interaction sociale. En effet, on ne confirme pas son profil, on ne configure pas de la m&#234;me mani&#232;re son &#171; r&#233;seau &#187; et on n'&#233;change pas des textes, des images, des vid&#233;os ou des signes d'&#233;valuation de la m&#234;me mani&#232;re sur tous les dispositifs num&#233;riques. Les modalit&#233;s de la &#171; rencontre interculturelle &#187; sont alors intimement li&#233;es aux modalit&#233;s pr&#233;vues, prescrites, pr&#233;&#233;crites au sein les dispositifs informatis&#233;s. Comme le soulignent Yves Jeanneret et Emmanu&#235;l Souchier, &#171; dans le cadre d'un tel questionnement, il est primordial de porter un regard attentif aux objets informatiques les plus &#8223;banals&#8221; : ceux par lesquels s'exprime aujourd'hui l'emprise des logiques informatiques sur l'ordre du texte &#233;crit. La question de l'&#233;criture et de sa dimension &#233;ditoriale ne tient pas seulement &#224; l'initiative que peut avoir tel ou tel acteur &lt;i&gt;autour&lt;/i&gt; des objets techniques. Elle s'incarne avant tout &lt;i&gt;au sein&lt;/i&gt; du d&#233;veloppement de ces objets &#187; (Jeanneret et Souchier, 2005, p. 9). En cela, l'analyse r&#233;trospective d'une exp&#233;rience en ligne ne peut faire fi d'une prise de conscience du r&#244;le configurant de l'architexte dans le rapport aux autres usagers (Galinon-M&#233;l&#233;nec, 2011).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appr&#233;hension des pratiques num&#233;riques &#224; l'aune des modes d'appr&#233;hension des relations interpersonnelles conduit &#224; une certaine occultation de la dimension mat&#233;rielle des dispositifs num&#233;riques et, de fait, &#224; un impens&#233; des m&#233;diations techniques et s&#233;miotiques. Il est int&#233;ressant de souligner que le concept de m&#233;diation tient une place importante dans le mod&#232;le de la comp&#233;tence interculturelle du Conseil de l'Europe. Pour les auteurs de l'ouvrage &lt;i&gt;La comp&#233;tence interculturelle&lt;/i&gt;, trois conceptions de la m&#233;diation, compl&#233;mentaires entre elles, sont envisag&#233;es : &#171; la m&#233;diation comme espace de mise en relation de partenaires, en situation de d&#233;couverte. Initiateurs qui rendent intelligibles pour des nouveaux venus les contextes culturels et linguistiques que ces derniers inaugurent ; la m&#233;diation en situation de conflit ou de tension, quand langues et rep&#232;res culturels produisent de l'exclusion et de la violence sociale. Diff&#233;rentes situations de rem&#233;diation seront pr&#233;sent&#233;es, dans un processus o&#249; est d'abord explicit&#233; l'objet du conflit, o&#249; ensuite est mis en place un dispositif qui aboutit ou non &#224; une r&#233;solution ; la m&#233;diation insufflant des dynamiques propres aux espaces tiers, alternatives aux affrontements linguistiques et culturels. Dans cet espace pluriel, la diff&#233;rence y est nomm&#233;e, n&#233;goci&#233;e, r&#233;am&#233;nag&#233;e &#187; (Neuner, Parmenter, Starkey et Zarate, 2003, p. 104).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, dans le cadre des travaux en sciences de l'information et de la communication qui se penchent sur les m&#233;diations m&#233;diatiques, la m&#233;diation recouvre d'autres aspects et pose d'autres cadres de probl&#233;matisation. Dans la d&#233;finition ci-dessus, la m&#233;diation est envisag&#233;e comme une pratique sociale de mise en relation. Or, dans les cadres th&#233;oriques que nous mobilisons, le concept de m&#233;diation, en interrogeant les port&#233;es symboliques et politiques des dispositifs techno-s&#233;miotiques, permet de penser la distance, les discontinuit&#233;s propres aux situations de communication m&#233;diatis&#233;es. La m&#233;diation ne se r&#233;duit pas &#224; la mise en relation par un tiers, elle permet de penser l'alt&#233;ration (dans le sens neutre de devenir alter et non dans le sens n&#233;gatif de d&#233;pr&#233;ciation) des &lt;i&gt;&#234;tres culturels&lt;/i&gt; (Jeanneret, 2008). Pour Yves Jeanneret, la nature du processus de communication m&#233;diatis&#233;e invite justement &#224; penser le &#171; lien discontinu &#187; de la communication (Jeanneret, 2008). L'auteur pose alors la question du d&#233;fi m&#233;thodologique qui vise &#224; analyser une communication fondamentalement h&#233;t&#233;rog&#232;ne. Penser les m&#233;diations invite &#224; prendre en compte ces formes infra-ordinaires qui peuvent sembler insignifiantes (Souchier, 2007). Cette prise en compte permet d'avancer que le politique se joue aussi au sein des formes symboliques. Ainsi, pour toutes ces raisons, l'appr&#233;hension des m&#233;diations semble &#234;tre une posture qui permet d'envisager la complexit&#233; inh&#233;rente &#224; toute approche communicationnelle. &#192; ce propos, Jean Davallon souligne que &#171; les sciences de l'information et de la communication n'&#233;tudient jamais la communication et l'information en elles-m&#234;mes ou pour elles-m&#234;mes, c'est-&#224;-dire comme des &#234;tres abstraits (elles seraient alors une id&#233;ologie), mais bien en tant qu'elles sont mat&#233;rialis&#233;es, institutionnalis&#233;es et op&#233;rationnalis&#233;es dans la soci&#233;t&#233; &#187; (Davallon, 2004, p. 35). Le cadre de la comp&#233;tence interculturelle pose d&#232;s lors une mani&#232;re d'envisager la m&#233;diation centr&#233;e sur les questions d'intervention sociale de tiers qui laissent peu de place &#224; la prise en compte des m&#233;diations mat&#233;rielles et symboliques propres aux dispositifs m&#233;diatiques et, dans le cas qui nous occupe, des architextes informatis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La construction d'un impens&#233; num&#233;rique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les questions soulev&#233;es ci-dessus ont fait l'objet de plusieurs d&#233;bats au sein du groupe d'experts du Conseil de l'Europe. Je tiens &#224; souligner que les diff&#233;rentes s&#233;ances de travail se sont d&#233;roul&#233;es dans un r&#233;el souci d'&#233;coute et de valorisation des optiques de tous les membres. Les questionnements que je soul&#232;ve dans cet article ne viennent pas pointer un manque de volont&#233; d'adapter le cadre ou un manque d'ouverture des experts, mais une r&#233;elle difficult&#233;, &#224; partir du moment o&#249; ce cadre &#233;tait &#224; la base du projet, de prendre en compte les sp&#233;cificit&#233;s de la communication &#224; distance dans un cadre conceptuel tel que celui-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les membres du groupe se sont accord&#233;s pour ajouter quelques questions sp&#233;cifiques aux dispositifs num&#233;riques comme : &#171; Pensez-vous que le site Web ou le r&#233;seau social sur lequel vous avez rencontr&#233; le contenu publi&#233; par cette personne a influenc&#233; la fa&#231;on dont le contenu en ligne a &#233;t&#233; exprim&#233; ? &#187; ou encore : &#171; Pensez-vous que le contenu post&#233; par cette personne aurait &#233;t&#233; exprim&#233; diff&#233;remment s'il avait mis sur un autre site web ou sur un autre r&#233;seau social ? &#187;. Ces questions viennent pointer le fait que la configuration de la communication n'est pas la m&#234;me en fonction de la configuration du dispositif num&#233;rique mobilis&#233; par l'apprenant. Ces questions sont principalement pr&#233;sentes dans la deuxi&#232;me section, li&#233;e aux connaissances dans le mod&#232;le de la comp&#233;tence interculturelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, les modifications ne pouvaient pas se r&#233;duire &#224; l'ajout de questions, il aurait fallu que le cadre de la comp&#233;tence interculturelle soit repens&#233; dans ses fondements au regard des sp&#233;cificit&#233;s socio-&#233;conomiques, socio-politiques et techno-s&#233;miotiques des dispositifs informatis&#233;s. Il aurait fallu pour cela, en amont, mettre en &#339;uvre un d&#233;bat conceptuel entre les conceptions de la communication interpersonnelle et celles de la communication m&#233;diatis&#233;e et industrialis&#233;e. Ceci implique de revisiter le socle du mod&#232;le de la comp&#233;tence interculturelle du Conseil de l'Europe &#224; l'aune des sp&#233;cificit&#233;s des dispositifs num&#233;riques. Par exemple, &#224; la section &#171; Qui suis-je ? &#187; la question des identit&#233;s et/ou plus pr&#233;cis&#233;ment des fabriques identitaires ne se pose pas dans les m&#234;mes termes lorsqu'une personne se pr&#233;sente directement &#224; une autre personne et lorsqu'un usager compose un profil sur un &#171; r&#233;seau social &#187; (Coutant, 2011). Plut&#244;t que &#171; Qui suis-je &#187;, il s'agirait plut&#244;t d'amener l'apprenant &#224; se questionner sur la mani&#232;re dont il configure son identit&#233; au regard des formes impos&#233;es par tel ou tel dispositif num&#233;rique. Dans la derni&#232;re section consacr&#233;e aux actions futures, les formes et les modalit&#233;s de l'action diff&#232;rent grandement lorsqu'il est question d'appr&#233;hender des relations interpersonnelles et lorsqu'il est question d'aborder des gestes s&#233;miotis&#233;s dans des architextes informatis&#233;s. L'ajout de ces questions ponctuelles ne transforme d&#232;s lors pas la posture qui pr&#233;side &#224; la construction de l'outil p&#233;dagogique : la logique psycho-sociale centr&#233;e sur l'id&#233;e de rencontre et bas&#233;e sur les th&#233;ories des relations interpersonnelles produit tout de m&#234;me une certaine naturalisation des dispositifs informatis&#233;s et r&#233;siste, par l&#224;-m&#234;me, &#224; la prise en compte des sp&#233;cificit&#233;s des m&#233;diations m&#233;diatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Bernard Mi&#232;ge, les th&#233;ories qui ont une vis&#233;e d'explication g&#233;n&#233;rale sur la communication pr&#233;sentent toutes des limitations et des carences assez voisines : le r&#233;ductionnisme, l'abstraction, le primat accord&#233; &#224; un paradigme et la confusion, volontaire ou inconsciente, des instances envisag&#233;es. Pour l'auteur, &#171; c'est tout particuli&#232;rement le cas lorsque la communication interpersonnelle ou langagi&#232;re est suppos&#233;e &#171; repr&#233;senter &#187; toute la communication dans la soci&#233;t&#233; &#187; (Mi&#232;ge, 2004, p. 185). En cela, il appara&#238;t que le primat de la relation interpersonnelle pour penser la communication &#224; distance produit ce que Pascal Robert nomme &#171; l'impens&#233; num&#233;rique &#187;. En effet, les dispositifs informatis&#233;s tels que les &#171; r&#233;seaux sociaux &#187; sont pens&#233;s comme des facilitateurs voire des multiplicateurs de l'&#233;change. Leur pr&#233;sence et leur configuration participent de l'&#233;vidence. &#171; Est &#233;vident ce qui est mis en position de ne pas &#234;tre interrog&#233;, et/ou ce dont le questionnement n'est pas/plus l&#233;gitime, ce qui n'a pas &#224; se justifier ou, pour le dire autrement ce qui retir&#233; des &#233;preuves de justification politiques &#187; (Robert, 2017, p. 3).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impens&#233; num&#233;rique se caract&#233;rise par une naturalisation du num&#233;rique et ne permet pas de poser certaines questions comme celles des strat&#233;gies et int&#233;r&#234;ts des grands groupes internationaux (les &#171; GAFA &#187;) qui &#233;laborent et tirent parti des &#171; industries m&#233;diatisantes &#187; (Jeanneret, 2014). Pour Pascal Robert, &#171; l'impens&#233; offre une repr&#233;sentation naturalis&#233;e et simpliste des TIC &#224; l'ombre de laquelle le glissement de la pr&#233;rogative politique peut se d&#233;ployer en toute impunit&#233;, puisqu'il n'est ni rep&#233;r&#233; ni questionn&#233; &#187; (Robert, 2018, p. 7). Pour l'auteur, cet impens&#233; produit une occultation des logiques politiques &#224; l'&#339;uvre dans l'&#233;conomie num&#233;rique. C'est aussi la position d'Yves Jeanneret pour qui, &#171; au moment o&#249; les batailles font rage sur la fa&#231;on de qualifier ce qui est pr&#233;sent&#233; comme l'&#233;piphanie de la v&#233;ritable soci&#233;t&#233; (&lt;i&gt;les m&#233;dias sociaux&lt;/i&gt;) et o&#249; l'on prend l'habitude d'employer le mot &lt;i&gt;social&lt;/i&gt; pour d&#233;signer les bases de donn&#233;es, Youtube, Facebook, Twitter, Pinterest r&#233;alisent une boucle courte entre industrie des passages et financiarisation des donn&#233;es. Pourquoi ? Parce que ce sont des panoplies documentaires con&#231;ues autour de petites formes &#233;crites, qui tiennent toute leur force de la transmutation s&#233;miotique de tous nos &#233;nonc&#233;s &#187; (Patrin-Lecl&#232;re et Seurrat, 2014, p. 42). Penser les pratiques num&#233;riques sur ce que l'on nomme &#171; les r&#233;seaux sociaux &#187; comme de simples lieux d'&#233;changes interpersonnels am&#232;ne d&#232;s lors &#224; mettre de c&#244;t&#233; les enjeux financiers et politiques &#224; l'&#339;uvre dans ces industries m&#233;diatisantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'outil p&#233;dagogique d&#233;velopp&#233; par le Conseil de l'Europe me semble s'inscrire dans une d&#233;marche d'&#233;ducation interculturelle tr&#232;s pertinente (en ce qu'il ne prescrit pas tel ou tel comportement chez l'apprenant, mais l'invite &#224; se questionner, par la m&#233;diation du r&#233;cit, sur ses propres pratiques et repr&#233;sentations), il peine par contre &#224; s'inscrire dans une d&#233;marche d'&#233;ducation aux m&#233;dias. Une &#233;ducation aux m&#233;dias qui &#171; se concentre sur l'analyse, la compr&#233;hension et la r&#233;flexion critique de messages m&#233;diatiques et traite des contextes sociaux, politiques, &#233;conomiques, technologiques et culturels dans lesquels ces messages sont produits, diffus&#233;s et re&#231;us &#187; (Landry et Basque, 2015 p. 49). Pour cela, il faudrait que les m&#233;dias ne soient pas pens&#233;s comme de simples instruments de communication, mais comme des m&#233;dias au sens de dispositifs socio-techniques qui sont &#224; la fois &#171; produits et producteurs de langage et de lien social &#187; et &#171; sont &#233;videmment un enjeu de pouvoir et donc potentiellement le lieu de d&#233;veloppement de strat&#233;gies de pouvoir &#187; (Davallon, 1993, p. 103).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, cette exp&#233;rience de plusieurs ann&#233;es au sein de ce programme du Conseil de l'Europe me semble montrer que les d&#233;bats li&#233;s &#224; la dimension internationale et &#224; la dimension pluridisciplinaire de la recherche n'ont ni les m&#234;mes modalit&#233;s et ni les m&#234;mes enjeux lorsqu'il s'agit de d&#233;battre scientifiquement (par exemple dans le cadre d'un colloque) et lorsqu'il s'agit de produire collectivement un dispositif p&#233;dagogique concret. Malgr&#233; les d&#233;bats tr&#232;s riches qui ont aliment&#233; la production de ces dispositifs p&#233;dagogiques et la volont&#233; des membres de l'&#233;quipe d'int&#233;grer des questions sp&#233;cifiques aux m&#233;dias et aux dispositifs num&#233;riques, la logique qui pr&#233;side &#224; l'outil p&#233;dagogique r&#233;siste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exemple de ce programme montre que pour &#233;laborer un dispositif de formation sur les &#171; m&#233;dias sociaux &#187;, le mod&#232;le psycho-social des relations interpersonnelles s'adapte mal &#224; l'appr&#233;hension des sp&#233;cificit&#233;s des m&#233;diations de la communication &#224; distance. La question centrale que soul&#232;ve cet article est donc celle de l'adaptabilit&#233; et donc de la pertinence du mod&#232;le psycho-social d'analyse des relations interpersonnelles pour penser les m&#233;diations num&#233;riques. Il n'est pas question d'occulter le fait qu'il y a bien des personnes r&#233;elles qui se saisissent de ces dispositifs num&#233;riques, mais, la pr&#233;pond&#233;rance des questions relationnelles, en vient &#224; participer &#224; un impens&#233; num&#233;rique qui n'est pas d&#233;nu&#233; d'enjeux politiques.&lt;/p&gt;
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&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Pour citer cet article&lt;/h3&gt;
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&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Auteur&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aude Seurrat&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Universit&#233; Paris 13&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;aude.seurrat@univ-paris13.fr&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Droits d'auteur&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Licence Creative Commons &lt;strong&gt; CC BY SA&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mis &#224; disposition selon les termes de la &lt;strong&gt;licence Creative Commons Attribution - Partage dans les M&#234;mes Conditions 4.0 International&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remerciement &#224; DMS-DMK pour la mise &#224; disposition de cet article.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.coe.int/en/web/autobiography-intercultural-encounters&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.coe.int/en/web/autobiography-intercultural-encounters&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le Conseil de l'Europe est une organisation politique intergouvernementale cr&#233;&#233;e en 1949 et bas&#233;e &#224; Strasbourg. Sa mission consiste &#224; garantir la d&#233;mocratie, les droits de l'Homme et l'&#233;tat de droit en Europe. Aujourd'hui 47 pays sont membres du Conseil de l'Europe. Son objectif est de promouvoir &#171; une soci&#233;t&#233; coh&#233;sive &#187; d&#233;finie comme &#171; une communaut&#233; solidaire d'individus libres poursuivant des objectifs communs par des moyens d&#233;mocratiques &#187;, Strat&#233;gie de coh&#233;sion sociale r&#233;vis&#233;e approuv&#233;e par le Comit&#233; des Ministres du Conseil de l'Europe, 31 mars 2004, &lt;a href=&#034;https://www.coe.int/en/web/portal/home&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.coe.int/en/web/portal/home&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Livre blanc sur le dialogue interculturel&lt;/i&gt; &#171; Vivre ensemble dans l'&#233;gale dignit&#233; &#187;, lanc&#233; par les Ministres des Affaires &#201;trang&#232;res du Conseil de l'Europe lors de leur 118&#232;me session minist&#233;rielle, Strasbourg, mai 2008, p. 12.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le terme &#171; autobiographie &#187; ne recouvre pas les m&#234;mes significations en Anglais et en Fran&#231;ais. En Anglais, il renvoi plus &#224; toute exp&#233;rience de r&#233;cit introspectif alors qu'en Fran&#231;ais il est adoss&#233; &#224; un genre litt&#233;raire sp&#233;cifique. Pour Philippe Lejeune, l'autobiographie est &#171; le r&#233;cit r&#233;trospectif en prose qu'une personne r&#233;elle fait de de sa propre existence, lorsqu'elle met l'accent sur sa vie individuelle, en particulier sur l'histoire de sa personnalit&#233; &#187; (Lejeune, 1997, p. 23).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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